Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Bonne année à tous ! Merci d'être toujours là, malgré mon incapacité à être régulière pour poster.
Bref, reprenons notre histoire. La Princesse est désormais Reine et nos loulous vont se marier. Yay.
Comme toujours, les personnages ne sont pas de moi, mais de Oda.
Enjoy ;)
L'amour comme une fleur
...
Chapitre 11
...
Zoro et Robin sont en pleine réunion de préparation dans l'un des petits salons privés de la Reine Jewelry, lorsque la porte s'ouvre avec fracas et que le maître entre, en expirant sans élégance.
- Maître ! s'exclame Bonney. Puis-je connaître les raisons de votre fracassante entrée ?
- Il fallait que je vous voie… Vous et votre frère… à propos de votre sœur…
- Quoi ? s'écrie Zoro en se levant. Elle est malade ? Elle s'est blessée ?
Robin, assise légèrement en retrait, sourit doucement devant la réaction de son fiancé. Bonney lui lance un regard, terminant la discussion qu'elles avaient précédemment.
- Et nous pourrons inviter ces personnes pour le bal. Cela vous va ?
- Merci, Majesté.
- Bien. À présent que cela est fait, maître, la parole est à vous mais je vous préviens, nous n'avons pas beaucoup de temps.
Il s'incline, essayant de respecter l'étiquette malgré son essoufflement.
- Majesté, Monsieur… Mademoiselle… Euh, Majesté, je souhaitais savoir si vous aviez reçu des propositions de mariage concernant votre sœur récemment.
- Oui.
- Beaucoup ?...
- Oui. Sans compter celles que Grand-Mère m'a laissées avant de me transmettre la couronne.
- Et… Y avez-vous répondu ?
- Bien sûr que non ! Vous pensez que j'ai eu le temps ? Je suis Reine depuis à peine 1 mois, j'ai une charge monstrueuse de travail, sans compter l'investissement personnel que je place dans la préparation du mariage de mon frère ! Pourquoi cette question ?
- Oh, euh… Pour rien.
- Maître, déclare Zoro. Vous n'avez pas fait tout ce chemin pour cela. Exprimez sans crainte le fond de votre pensée. Nous sommes tout ouïs.
Devant tant d'éloquence, surtout sur ce ton taquin, Bonney fronce les sourcils en observant le maître. Gêné, hésitant, il se dandine sur place un instant avant de lever la tête et de déclarer, dans un filet de voix presque inaudible :
- Je suis venu demander la main de votre sœur… Monsieur, Majesté…
Il se passe un instant sans qu'aucun bruit ne vienne troubler cette scène. Puis, Bonney se lève, droite comme un piquet. Ses bras lentement se dressent vers le ciel et son visage se fend d'un immense sourire. Elle s'écrie :
- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Oui oui oui oui oui oui !
- Du calme, Bonney, soupire Zoro alors que Robin a vraiment très envie de rire.
La jeune femme regarde le maître. Il est devenu tout rouge, il a baissé le regard et il se tortille maladroitement d'un pied sur l'autre. Zoro lève les yeux au ciel et s'approche de lui. Il le prend par les épaules et le secoue un peu.
- Maître ! gronde-t-il avec douceur. Nous en avons conscience depuis longtemps. Merci de continuer à prendre soin de notre sœur. À présent, qu'avez-vous l'intention de faire ? Rester ici ou bien rentrer au manoir ?
La Reine s'approche d'eux et pose sa main dans le dos du maître. Elle lui sourit et déclare :
- Vous avez toute notre approbation, maître. Je n'imagine pas un seul instant ma sœur avec un autre homme que vous. Je vais envoyer à tous ces prétendants de pacotille un petit mot de remerciement et dans quelques mois, nous fêterons votre union.
- Beuh, souffle Zoro. Notre mariage va passer à la trappe.
Bonney lui lance un regard plein d'amertume.
- Tu te fiches de moi ? Nous le préparons très sérieusement et il sera parfait.
- Zoro, déclare Robin d'une voix douce et timide.
Aussitôt, trois paires d'yeux se fixent sur elle. Mais elle ne voit que le regard froncé de son fiancé. Elle sourit timidement et déclare :
- Je crois que votre sœur a plus hâte de marier sa jeune sœur que son têtu de frère. Même si elle vous aime tous deux, elle a clairement une préférence pour Mademoiselle Perona. Cela peut se comprendre, n'en soyez pas jaloux. Mademoiselle Perona est très impatiente d'être à votre mariage.
Zoro a envie de la corriger, de lui dire « notre mariage » mais le maître intervient. Lui donnant une tape dans le dos, il souffle :
- Elle parle bien.
- Rentrez maître, lui ordonne la Reine Jewelry. Rentrez. Ma sœur vous attend. Zoro et Robin restent dîner avec moi ce soir. Nous avons encore quelques détails à régler… Bonne soirée, maître.
Il s'incline en souriant. Lorsqu'il redresse la tête, ses yeux sont humides. Il souffle un « merci » destinée aux trois personnes en face de lui puis, il sort du petit salon, courant presque. Zoro le regarde faire en ricanant. Bonney se rassoit auprès de Robin et pousse un long soupir. Son sourire est immense lorsqu'elle déclare :
- Je savais que Perona ferait un beau mariage !
Elle regarde son frère l'air taquin puis, elle s'empresse de préciser :
- Mais le tien, mon cher frère, porte une symbolique différente. Il va sauver cette ravissante jeune femme.
- Merci Majesté même si je me sens bien insignifiante dans cette histoire.
- Et cela est parfaitement normal, précise Bonney. Écoutez Robin. Mon frère n'est pas du genre à exprimer clairement ses pensées alors, je vais parler pour lui. Clairement, il n'a pas eu de coup de foudre, il ne faut pas vous leurrer… Mais, la première fois qu'il vous a vue lors de ce bal à Alubarna, il a vu la prisonnière en vous. Et cela lui a fait si mal qu'il s'est dit que s'il pouvait faire la moindre chose pour vous aider, il le ferait.
Robin se met à sourire distraitement. Zoro prend place à côté d'elle et lui prend la main.
- Mon ami Luffy avait clairement eu un coup de cœur pour votre amie Nami. Comme Crocodile et Arlong semblaient de mèche, j'ai supposé que Luffy et moi pouvions faire quelques choses pour vous, pupilles sans liberté. Luffy a tout de suite marché. J'ai profité de l'appui de mon aïeule et vous voici, à deux pas de votre liberté.
- Je sais que c'est une chose étrange, commente Bonney, de voir le mariage comme une délivrance. Mais je puis vous assurer, Mademoiselle, que c'est exactement ce que mon frère souhaite. Voyez ce mariage comme une occasion de pouvoir enfin décider de ce que vous allez faire de votre vie.
Robin comprend doucement ce que cela signifie. Elle ouvre deux grands yeux ronds et déclare :
- Cela signifie que je pourrais faire ce que je veux ?
Le frère et la sœur approuvent du chef.
- Même… Même partir ? demande-t-elle en serrant le poing sur sa poitrine.
Bonney lui répond :
- Bien sûr. À quoi sert la liberté autrement ?
Robin est sous le choc. Elle n'avait vraiment rien compris des intentions du jeune homme depuis le départ. Elle pose son regard sur lui. Il a le visage neutre mais elle voit les muscles de ses mâchoires qui sont fermement serrés. Elle a la respiration hachée et trop rapide. Elle a envie d'être libre. Partir lui semble être une bonne idée. Mais quand elle regarde cet homme, cet homme qui l'a sauvée, elle ne trouve pas cela juste.
Quelque chose se met à battre à contretemps dans sa poitrine. Quelque chose tortille ses entrailles.
A-t-elle vraiment envie de quitter ce regard si franc, si sûr ?
Ne serait-elle pas en train de tomber amoureuse ?
Elle serre la main de Zoro avec une force qu'elle n'imagine pas. Elle serre cette main qu'il lui a tendue et qui sera bientôt celle de son époux. Elle la serre fortement entre ses doigts. Et elle se décide qu'elle ne s'en éloignera pas.
Bonney pousse soudainement un cri.
- Par tous les dieux des mers, vous avez vu l'heure ? Il faut que j'aille à mon bain ! Je vous laisse. Vous pouvez vous promener dans les jardins. On se retrouve pour le dîner.
Elle embrasse son frère sur le front et s'éloigne en faisant un petit signe de la main à sa future belle-sœur. Puis, elle disparait par une porte dérobée, invisible lorsqu'elle est fermée. Robin et Zoro se retrouvent en tête à tête. L'homme soupire.
- Que voulez-vous faire ? demande-t-il au bout d'un moment.
- J'ai une suggestion. Pour le mariage.
- Je vous écoute.
Elle ouvre le carnet de préparatif.
- Je ne veux pas de blanc.
Zoro prend le temps d'intégrer cette information. Il hoche du chef.
- Nous pouvons faire un gâteau avec du coulis de chocolat ou de fruits rouges. Pour votre robe, le tailleur vous trouvera bien quelque chose.
- Et pour votre costume ?
- Je vais rester sur mon idée de départ. Pas de blanc, je vous l'assure.
Il lui sourit. Elle prend des notes.
- Pour les décorations ? demande-t-elle.
- C'est Bonney qui s'en charge. Nous lui dirons au dîner. Et les invitations, changeons le blanc pour de l'écru. Ça passera très bien. J'ai une question.
- Je vous écoute ?
Zoro lui sourit. Il demande :
- Et pour les invités ?
- Justement. Eux, seront en blanc.
Le jeune homme incline la tête.
- Comme il vous plaira, Mademoiselle.
Robin se met à sourire.
- Merci, lui souffle-t-elle.
Il n'ajoute rien et se lève, lui tendant sa main pour l'inviter à le suivre.
- Une petite promenade avant de passer à table ?
- Avec plaisir.
Ils sortent dans les jardins silencieux. Ils ne se disent rien. Ils n'en ont pas vraiment besoin. Puis, ils entendent la cloche annonçant le dîner et rentrent, toujours en silence, retrouver la Reine et ses repas bruyants.
...
Et pendant ce temps, le maître rentre à son manoir. Il arrive pile au moment où le cuisinier en chef dépose la marmite de soupe sur la table. Voyant le maître de maison, il s'incline respectueusement. Perona, assise à sa place, seule sur cette immense table, déclare :
- Vous ne pouviez pas faire une meilleure entrée, maître. Pile à l'heure. Lavez-vous les mains et passez à table.
Le maître ne dit rien et file se changer en vitesse tandis que le chef sert les assiettes.
Lorsqu'il revient, Perona attend sagement, mains posées sur la table. Elle lui sourit alors qu'il s'assied en face d'elle.
- Vous avez passé une bonne après-midi ? interroge-t-elle en entamant le dîner.
- Euh… oui.
- Qu'est-ce que c'est que cette réponse ? s'étonne la jeune fille.
- Ce n'est rien, Mademoiselle. Bon appétit.
- Merci, maître. À vous aussi.
Le dîner est étrangement calme. Le maître ne sait pas quoi dire. Il est extrêmement gêné de ces silences. Pourtant, Perona n'a pas l'air perturbée le moins du monde. Elle est songeuse. Fronçant un sourcil, le maître déclare :
- Vous avez l'air ailleurs…
- J'ai lu un très bon roman, maître.
- Ah. Je vois.
- Mais vous-même avez particulièrement l'air ailleurs…
Elle le regarde avec attention. Sans malice et avec une inquiétude sincère. Le maître souffle par le nez en s'essuyant les lèvres sur sa serviette.
- C'est que je suis passé voir votre sœur, tout à l'heure.
Il fait signe au chef de servir la suite. Une assiette de gratin est déposée sous leurs nez. Le maître commence en soufflant. Perona l'imite.
- Pourquoi être passé voir ma sœur sans m'en faire part, maître ? Je suis particulièrement jalouse !
- Oh, vous n'aurez pas pu lui parler longuement. Elle était très occupée avec votre frère, Mademoiselle.
- Tsss, persiffle Perona. Il n'y en a que pour lui en ce moment.
Le maître éclate de rire.
- Mademoiselle ! Qu'est-ce donc que cette insensée jalousie ? Votre frère prépare son mariage. Il est normal que la Reine passe du temps avec lui.
Perona n'ajoute rien et dîne en silence. Lorsque le dessert arrive, le maître renvoie discrètement le chef et les serveurs.
- Mademoiselle, je ne suis pas allé voir votre sœur pour constater à quel point elle est prise par le mariage de votre frère.
Il laisse couler un temps que la jeune fille ne met pas à profit pour lui faciliter la tâche. Enfermée dans son mutisme, elle déguste sa part de tarte en vitesse avant de se lever avec force et de quitter la table.
- Mademoiselle ! gronde le maître. Je n'ai pas terminé.
Mais elle ne fait pas demi-tour. Elle claque derrière elle la porte du salon. Le maître ferme les yeux et pousse un soupir en se disant que son mauvais caractère est un vrai problème. Mais…
Il pose la main sur sa poitrine. Son cœur bat la chamade à l'intérieur. Un sourire ingénu se dessine sur ses lèvres. Oui. Il aime cette jeune personne.
...
Il prend le temps de terminer sa tarte et se lève ensuite avec lenteur. Il va demander au cuisinier de lui préparer son verre de vin du soir et de lui apporter dans la bibliothèque avec une eau chaude.
Dans la bibliothèque, Perona est assise dans le canapé de velours taupe, dans une position fermée à la discussion. Mihawk s'installe en face, dans son fauteuil rouge favoris. Il prend le journal du jour qu'il n'a pas pris le temps de terminer et le lit en silence. La porte s'ouvre dans son dos et un serviteur dépose sur le guéridon le verre de vin et la tisane. Puis, le serviteur s'éloigne et la porte se referme dans un léger claquement.
- Mademoiselle…
Il lui tend la tasse fumante. Perona le regarde longuement, semblant indécise entre céder ou continuer à bouder. Sa bonne éducation finit par prendre le dessus. Elle prend la tasse en le remerciant à mi-mots. Elle s'assied dans une posture noble et élégante pour déguster sa boisson chaude. Le maître l'observe avec passion.
Perona ressemble beaucoup à sa mère. Et Mihawk avait eu le coup de foudre pour cette femme fougueuse. Malheureusement, il était le meilleur ami de celui pour qui elle avait eu un coup de cœur. Avec le recul, Mihawk se dit que la situation est peut-être mieux ainsi. Il a pris beaucoup de sérieux pour élever les trois enfants quand ses amis sont décédés. Il a développé une relation très professionnelle avec Bonney, une relation de maître et apprenti avec Zoro, une relation plus intime avec Perona. Si intime, qu'il avait fini par tomber sous le charme de la jeune fille. Mais au-delà de la ressemblance avec sa mère, c'est surtout pour son caractère passionné et inquiet que Mihawk s'est trouvé démuni face à la jeune femme. Il est tombé amoureux d'elle parce qu'elle est exactement la femme qu'il a toujours recherché sans jamais trouver…
- Maître, vous me fixez depuis au moins deux minutes. Vous m'en voulez tant que ça d'avoir quitter la table alors que vous n'aviez pas terminé de manger ?
Comme il ne répond rien, elle pousse un soupir en déposant la tasse sur la table basse.
- Je suis désolée, maître. C'était extrêmement mal poli de ma part. Je vous prie de m'excuser
Le maître replie le journal et le dépose sur le guéridon. Il avale une gorgée de vin. Puis une autre.
- Je vous pardonne, jeune fille.
Il lui sourit. Elle prend un air soulagé.
- Mais je suis déçu de votre attitude car j'avais à vous parler.
- Zut. Est-il trop tard ?
- Bien sûr que non, Mademoiselle. C'est pour cela même que je me suis déplacé jusqu'à vous.
Il avale une autre gorgée de vin. Elle garde son regard fixé sur lui, reprenant sa tasse et la portant à ses lèvres.
- En vérité, poursuit le maître, je suis allé voir la Reine pour lui demander si elle avait reçu des demandes de mariage.
Perona pousse un soupir.
- Pour moi, je présume ?
- En effet.
- Et la réponse est ?...
- Elle en a reçu des tas.
- Oh ! J'imagine que je vais avoir le droit à une cérémonie de présentation longue et ennuyeuse…
- Non.
Elle papillonne des paupières.
- Pardon ?
- J'ai dit, non, Mademoiselle. J'ai personnellement demandé à votre sœur de refuser toutes vos demandes.
- Hein ?! ne peut s'empêcher de crier sans élégance la demoiselle.
Le maître lui sourit. Mais ce n'est pas un sourire taquin. C'est un sourire tendre. Un sourire amoureux. Perona se sent rougir. Elle commence à comprendre. Ses joues prennent une teinte rose.
- Maître… commence-t-elle.
- J'ai effectivement dit à votre sœur que ces procédures étaient caduques, la coupe le maître.
Un silence dure, il boit une gorgée de vin, elle termine sa tisane.
- Mademoiselle, souffle le maître. Perona…
Il se lève et vient s'asseoir à côté de la jeune femme. Il la regarde dans le fond des yeux et demande, en glissant ses doigts dans les siens :
- Vous permettez ?
Elle hoche du chef en signe d'approbation. Alors, il se met à sourire. Leurs doigts s'emmêlent. Perona sourit ingénument. Elle a clairement compris ses intentions à présent. Mais lorsque le maître s'approche pour déposer ses lèvres sur les siennes, elle a un petit instant de surprise avant de fermer les yeux et de se laisser porter par ce baiser.
- Perona, souffle-t-il lorsqu'ils se séparent. Je crois que je vous aime depuis un certain moment. Je souhaite vous épouser, je souhaite faire de vous une femme. Me suivrez-vous dans cette histoire ?
- Sans hésiter, Mihawk.
Elle lui sourit, de cet immense sourire franc qu'elle tient de son père, et se jette à son cou pour l'enlacer. Mihawk n'avait jamais été ainsi traité. Il serre la jeune femme contre lui alors qu'elle lui souffle à l'oreille :
- Moi, j'ai toujours été amoureuse de toi.
Il l'embrasse dans le cou en fermant les yeux. Il n'a jamais été aussi heureux... Et ce n'est que le début…
NdZ Et voilà un nouveau pairing en route. Je l'affectionne particulièrement celui-ci, désolée si ça vous vrille un peu cette étrange relation. Bonne année encore une fois et merci d'avoir lu !
