J'arrête de promettre de publier régulièrement, ça ne marche ja-mais. JAMAIS. Je suis une calamité, un fléau, que dis-je? Je suis la boîte de Pandore, je suis le pêché, je suis... Ok vous n'êtes pas là pour ça et vous avez compris l'idée. J'ai envie de dire : à très bientôt mais oserais-je ?
Xoxo,
à très vite ! (hum)
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Si t'as l'impression que personne te comprend, c'est parce que personne te comprend
C'est plus facile à vivre une fois que t'en es conscient
Comment tu peux leur en vouloir tu t'comprends pas toi-même
Souvent seul avec tes problèmes, c'est souvent toi l'problème
Orelsan _ Notes pour trop tard (feat. Ibeyi)
Chapitre Quatorze.
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Draco s'étirait, faisant craquer ses paumes au-dessus de sa tête en étendant les bras vers le plafond.
Il patientait dans le hall d'entrée de l'immeuble de Blaise sous le regard hargneux de la mégère du rez-de-chaussée – elle avait déjà fait sortir sa chatte, la fameuse Miss Teigne, trois fois juste pour le surveiller.
Ledit Blaise devait arriver, d'une minute à l'autre avait-il dit, mais comme toujours il se faisait désirer. Draco étouffa un énième soupir et tâcha de prendre son mal en patience. Il n'attendait que depuis cinq minutes, au final, ce n'était pas la mer à boire.
Du moins, tâchait-il de s'en convaincre.
Car la patience était une denrée rare dans la composition d'un parfait petit Malfoy. On l'avait éduqué à se faire désirer, à soigner ses entrées, à justement faire patienter. Pas à attendre. Jamais.
La satisfaction immédiate, il connaissait, le plaisir induit par un objet convoité et inaccessible, ça, il maîtrisait moins. Cette analyse le ramena de facto à Hermione Granger.
Et au fait qu'il s'était, près d'une heure auparavant, fait botter les fesses par cet abruti congénital de Potter. Qui avait poussé l'audace jusqu'à lui claquer la porte au nez en se gondolant.
Sale type.
En prime, il avait découvert la copie de la clé qu'il avait été faire un matin où il flânait chez elle et où elle devait partir travailler.
« Confisqué » avait claironné ce satané Potter dans un sourire de mauvais augure. Et de fait, Granger avait eu l'air plutôt énervée quand elle lui avait sonné juste après.
Bon, certes, il n'avait peut-être pas joué très finement, sur ce coup là. Il aurait sans doute dû éviter d'insulter Potter, elle avait l'air de le materner comme si ce sale gosse était le sien. Et il aurait également pu –du, même- lui expliquer ses raisons.
Elles étaient à peu près bonnes, pour une fois, en plus.
À la base, c'était uniquement pour pouvoir descendre s'acheter des cigarettes ou à manger plus tard dans la journée sans laisser le logement de la brune ouvert aux quatre vents. Sait-on jamais qu'une personne mal intentionnée tenterait de la cambrioler. L'idée lui tira un rictus et il dodelina de la tête.
L'appartement-témoin était aussi peu sujet aux convoitises qu'Harry Potter. Quoiqu'il paraissait que ce débile-là fut presque aussi riche que lui. Un scandale.
Il grogna, chassa de ces pensées sa Némésis d'adolescent, et jeta un regard courroucé à sa montre.
12h34.
Là, ce n'était plus du retard, c'était du foutage de gueule.
Il attrapa son portable, ouvrit son journal d'appel, constata qu'il avait eu Blaise en ligne à 11h48 précisément pendant 24 secondes et verrouilla l'appareil en soupirant.
«- J'arrive, j'arrive, je suis en chemin. D'ici une minute ou deux, tu verras ma splendide personne passer la porte ! gnagnagnagnagna » Parodia Draco d'une voix criarde sous le regard dédaigneux d'une Miss Teigne attentive « Rho toi, ça va hein ! »
« - Contrôlez vos manières, jeune homme, ou je vous prierai de quitter cet immeuble ! » Cracha la harpie depuis sa porte entrebâillée, d'où elle exhiba sa canne en signe de représailles.
Voilà qu'il allait se faire agresser par une nonagénaire, tous les résidents de ce bâtiment voulait-il sa peau ?
Il laissa sa tête tomber en arrière, se cognant durement contre le mur en béton, et coula de nouveau un regard vers sa montre : 12h36. Donc, le temps s'était arrêté. Parfait. Génial. Sensationnel.
Il jura bruyamment et la porte de la mégère s'ouvrit avec une vigueur étonnante pour une dame de cet âge.
Elle boitilla jusqu'à lui, les traits révulsés par le dégout manifeste que tout être vivant lui procurait –à part son affreux chat obèse- et s'arrêta sous le regard expectatif de l'importun.
Dans un grand mouvement, que le blond n'avait pas du tout anticipé, elle lui décrocha un coup de canne dans la cheville. Un craquement lugubre résonna dans le hall et dans un petit « Hn » de contentement sadique, elle tourna les talons, boitillant jusqu'à son logis dont elle claqua vigoureusement la porte.
Avant de la rouvrir et de minauder : « Viens ma jolie, ne reste pas avec le vilain monsieur. » pour mieux la refermer dès l'horrible félin disparu.
Draco, choqué, se rua sur sa cheville brisée –c'était certain- et se retint de gémir. Il la palpa, fit tourner son pied, chercha les signes d'une fracture aggravée qui le handicaperait. Mais ne nota rien mis à part un bleu léger qui s'étendrait certainement dans les prochaines heures.
Bon, il avait surévalué la force de la tarée. Tant mieux, il survivrait. Mieux, il n'aurait nul besoin d'amputation. Quelle chance inouïe.
12h41.
Et ce salaud de Blaise qui n'arrivait pas. Quasiment une heure qu'il poireautait là comme le dernier des clébards moche et triso d'une portée de bâtards.
Il refoula l'envie d'envoyer un message d'insultes à celui qui était supposé être son meilleur ami et se focalisa sur ce qu'il se passait autour de lui. Autrement dit : rien.
Un calme affolant, aucun passage, même la vieille sénile ne montrait plus le bout de son nez crochu.
Puis, alors qu'il allait craquer et envoyer un rappel de son existence à Zabini, quelqu'un dévala les escaliers dans les étages, courant comme un dératé et sautant les marches avec la douceur d'un pachyderme.
Intrigué, Draco délaissa son téléphone et attendit patiemment que le sprinteur fou apparaisse.
Il misait sur qui ? Il réfléchit aux possibilités selon les occupants et en vint à estimer que le plus probable était le mec actuel de sa tante adorée, ce Voldemort un peu creepy. Peut-être son trafic d'être humain venait-il d'être découvert ?
Draco plissa les yeux, impatient, en entendant les pas se rapprocher de plus en plus.
Et ce fut Potter qui déboula comme un clown hors de sa boîte, le percutant quasiment, et hurlant en le reconnaissant :
« - Hermione est inconsciente ! »
Le blond était sur le point de se moquer de lui, de sa mine affolée, de ses yeux exorbités et de ses cheveux plus en bataille encore que d'habitude mais il ravala son fiel, coupé net.
« - Quoi ? » S'entendit-il demander bêtement.
« - Elle est tombée d'un coup, elle est dans une chambre, je dois… je dois… » Le souffle court, plié en deux, Potter semblait en proie à la panique.
« - Ok, Potter, calme-toi. » Soupira Malfoy en ouvrant la porte du hall. « Viens, je t'emmène. »
Et il s'avança dans la rue sans l'attendre. Il ne fallait pas exagérer, il avait assez attendu pour aujourd'hui.
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Le silence pesant qui régnait dans l'habitacle n'était entrecoupé que du bruit -oh combien régulier et oh combien exaspérant- des doigts de ce maudit Potter qui compulsait sur le plastique de la portière.
« - Prends à gauche. » Indiqua le balafré de ce ton pincé et autoritaire qui lui portait sur les nerfs.
« - Nop. »
Et il accéléra brutalement, coupant la route à une vieille camionnette rouillée qui le klaxonna abondamment, avant de s'engager sur une voie réservée aux riverains, ralentissant momentanément aux abords d'une école –il n'était pas un tueur d'enfants, quand même- avant de pousser violemment sur la pédale, faisant bondir sa sportive sur les pavés de la chaussée.
Il sentit Potter se crisper considérablement malgré sa tentative pour paraître à l'aise.
« - À gauche. » S'écria Potter d'une voix trahissant sa peur, en passant prudemment ses doigts autour de la poignée de la portière.
« - Mais tu tiens vraiment à ce qu'on passe l'après-midi dans les bouchons ou quoi ? Laisse-moi conduire ! » Grogna Draco en rejoignant une artère plus large. Où il entreprit de doubler tous les véhicules se trouvant sur son chemin, zigzaguant à toute vitesse d'une part à l'autre des trois bandes, tandis que Potter se taisait et... Ah, il avait fermé les yeux.
Quelle mauviette.
Draco débraya, s'insinua dans la bretelle pour sortir et, quand le panneau « Hôpital Général de Sainte-Mangouste » apparut, il héla son passager :
« - Dis-moi que tu n'as pas souillé mes sièges, Potter… »
« - On est enfin arrivés ? » Rétorqua l'autre en réponse, un peu trop pâle et tremblant pour être crédible.
« - Enfin ? Tu voulais arriver plus vite, Potter ? Non parce que… » S'amusa le blond en lui servant sa moue la plus innocente.
« - Tu m'as compris, Malfoy. Là, tu te la boucles, tu te gares et on va voir Hermione. » Abdiqua son passager dans un geste d'épaules lassé.
« - Rho, si on ne peut plus rire. » Roula des yeux le concerné en se mettant en quête d'une place libre. « Et tu paies le parking. » Annonça-t-il.
« - Et même un café, mais juste… Tais-toi, ok ? Tu me donnes des envies meurtrières à chaque fois que j'entends ta voix. » Avoua Harry en le dédaignant, son regard obstinément tourné vers la fenêtre.
Pour le coup, ça troubla le blond qui ne trouva rien à rétorquer. Ils se taquinaient juste, non ? Plus ou moins violemment, parfois ils allaient un peu loin d'accord, mais…
Ce n'était pas sérieux, n'est-ce pas ?
À vrai dire, il ne détestait pas Potter. Ce type l'exaspérait souvent parce qu'il était aux antipodes de ses propres principes, de son monde, mais c'était plus une blague devenue habitude qu'une vraie haine acharnée.
Et si cet imbécile d'Harry Potter avait considérer tout cela sérieusement ?
Le doute le saisit et il coula un regard, un brin choqué, vers son compagnon de route.
Il évitait globalement de s'appesantir sur l'adolescent hautement désagréable qu'il avait été. Il avait conscience, au fond, d'avoir été un petit con arrogant et que le fait qu'il était jeune n'excusait pas tout. Il était de la famille Malfoy, il s'était trop souvent caché derrière cette croyance –enseignée jeune et profondément ancrée- qu'il avait le monde à ses pieds, qu'on lui devait respect et tout un tas de conneries fumeuses qu'il avait adoré gober.
Mais cette croyance s'était effritée, au fil des ans, il était devenu adulte –contre son gré, d'ailleurs- faisant ainsi l'horrible découverte que le monde ne tournait pas autour de lui. Sacrilège.
Un mal pour un bien, au fond.
Il avait arrêté de ne penser qu'à sa belle gueule et s'était ouvert aux autres.
Ou plutôt à quelques autres.
Ou, pour être totalement honnête, à de très rares élus.
Ces insupportables amis excessivement énervants qu'il gardait précieusement étaient en réalité les seuls à comprendre ce revirement, cette remise en question nécessaire et ce besoin de s'éloigner de sa filiation malsaine.
« - Tu comptes fixer cette barrière longtemps ? » S'impatienta son passager.
Il reconnecta avec une certaine stupeur, fixa effectivement la barrière quelques secondes, cligna des yeux, baissa sa fenêtre comme un automate et attrapa le petit ticket permettant d'accéder au parking de l'hôpital.
« - Heu Potter, pour le café… Trois sucres pour moi. » S'entendit-il dire d'une voix étranglée qui lui donna l'envie de se frapper.
Le brun haussa un sourcil mais ne dit rien.
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Il s'échappa de la chambre au bout d'une heure, après le bref réveil d'Hermione, asphyxiant dans l'environnement immaculé et dans ce silence pesant. Potter semblait un peu mort de l'intérieur et il avait l'envie saugrenue de le secouer mais n'y parvenait pas réellement : même ses répliques manquaient de vie.
Alors, il avait annoncé qu'il allait prendre l'air. Le brun avait hoché brièvement la tête en signe de compréhension et il s'était carapaté.
On se serait cru à un enterrement, l'ambiance était anxiogène et il marchait sur des œufs en continu avec le balafré.
Il ne respira correctement qu'une fois qu'il eut passé les lourdes portes des urgences, l'air glacé lui vrillant les poumons et le léger vent le sortant de sa torpeur. Il se dirigea d'un pas nonchalant vers la zone fumeur, tâtant instinctivement sa poche à la recherche de son paquet et de son briquet, la tête un peu ailleurs.
Ailleurs mais pas bien loin, à vrai dire, puisqu'il lui semblait qu'il ne parvenait pas à décrocher son attention du corps chétif et endormi allongé quelques quatre étages plus haut.
Il avait été surpris par sa pâleur, en entrant dans la pièce. Puis, plus tard en repositionnant les couvertures parce qu'elle semblait frissonner, il avait entraperçu la minceur de ses membres sous la fine chemise d'hôpital qu'on lui avait enfilée à la hâte.
Fragile.
C'était ce qui se dégageait d'Hermione ainsi allongée, inconsciente, sans artifices.
Pas de gros pull en laine pour se masquer, pas de grands sourires pour camoufler les traits tirés, pas de crème sur les cernes violacées. Brute, dans ces draps blancs, il avait vu ce qu'elle s'efforçait de planquer.
Une mal-être dévorant. Gigantesque.
Et il en tira une fureur incompréhensible.
Il s'était moqué de Potter, plus tôt, en lui disant qu'il n'avait pas le monopole de l'empathie mais du moins, lui, en possédait. Parce que Draco doutait soudainement que cela soit son cas.
Il avait squatté honteusement chez Hermione, l'avait poussée parfois dans ses retranchements, l'avait fait rire parfois également, ils avaient parlés de tout et de rien.
Surtout de rien, au final.
Dans le cas contraire, il ne serait pas là à se dire qu'il était le dernier des abrutis aveugles. Parce que jamais, pas une seule foutue fois, il n'avait vu à quel point la brune allait mal.
Potter avait lâché du bout des lèvres « qu'elle cachait mieux son jeu », ça il voulait bien l'admettre. Mais de là à ce qu'il se laisse avoir comme un bleu par ses petits sourires et ses tocs de miss perfection. Quel boulet.
Il enfonça sa tête dans ses mains, espérant se calmer un peu, quand la sonnerie stridente de son portable retentit. Le bruit soudain de la marche impériale le fit sursauter et il fustigea Blaise –parce qu'il s'agissait de ce lâcheur- de se manifester au pire moment. Comme d'habitude.
« - Ah, t'es vivant ? » Grinça Draco en guise d'introduction tout en calant une tige de tabac entre ses lèvres pâles.
« - Sorry vieux, j'ai eu cette fille super bien roulée, tu sais la blonde du bar ? Elle m'a sonné parce que son chat avait escaladé son balcon et… »
Draco décrocha totalement des couleuvres que son 'ami' mettait tant de vigueur à lui faire avaler.
Blaise était un coureur, c'était notoire, un de ceux qui ne sont jamais casé, perpétuellement en chasse. Un insatiable. Toujours sur un coup, un répertoire à rallonge et, la technologie moderne aidant, quelques applications dûment utilisées qui lui permettait de sévir en toute impunité.
Mais présentement, Draco n'avait pas envie de s'engueuler avec le métis parce qu'une paire de fesses étaient passée avant lui dans sa liste d'impératif de la journée. Et il était peu emballé par la perspective de discuter du chat se prenant pour Spiderman, il avait eu son lot de matou avec cette maudite Miss Teigne, alors il laissa couler jusqu'à ce que son ami remarque le silence s'éternisant au bout du fil.
« - Dray ? »
« - Yep ? » Répondit-il tout en expirant de la fumée cancérigène dans l'air glacé.
« - T'es où, là ? » Demanda d'une voix suspicieuse le grand conquérant de ces dames.
« - À l'hôpital. » Asséna platement Draco en fixant le bout brûlant de sa cigarette s'effriter entre ses doigts.
« - Ah, c'est ça les sirènes que j'entends. Tu ne vas quand même pas encore voir cette fille ? »
Le ton était accusateur et Draco sentit la colère, nichée près de son cœur, resurgir. 'Cette fille', pour Blaise égalait à 'cette perte de temps'. Il lui avait fait un long topo, quelques jours auparavant, sur le ridicule de cette situation. Elle le remballait sans cesse et il courrait derrière tel un petit chien à mémère, pour le paraphraser. Il lui avait expliqué longuement, entrecoupé par des verres de Gin aux arômes exotiques, que rien de bon n'en ressortirait, qu'il devait se la sortir de la tête, ils étaient trop différents et patati et patata.
Exactement comme à cet instant, Draco avait cessé de l'écouter et l'avait laissé se forger son opinion seul. Parce qu'en matière de filles faciles, Blaise était un séducteur né, mais quand il s'agissait d'attraper une femme de l'envergure de Granger, il n'avait aucune chance. Et peut-être était-ce pour cela qu'il était convaincu que Draco allait se casser les dents.
Et sans doute avait-il raison, après tout.
Mais il voulait tout de même le tenter. Ne serait-ce que pour s'assurer que la sensation d'être légitime, intéressant et appréciable sans artifices, perdurait.
Parce qu'il était sûr que si, et c'était du conditionnel, Hermione finissait par l'apprécier vraiment, ce ne serait jamais pour son ascendance ou l'héritage qui en découlait. Elle était trop entière pour ça. Et l'idée était plaisante.
« - Bordel, Dray ! C'est encore ça, pas vrai ? » S'agaça son interlocuteur « Je te comprends vraiment pas, sur ce coup. »
« - Écoute, j'ai pas envie d'avoir un autre monologue sur la multitude de femmes prêtes à écarter leurs jambes que je pourrais obtenir, j'en ai ma claque de ça. Je pense que ça ne m'intéresse juste pas, en ce moment, ok ? Alors, s'il te plaît… »
Son ton suppliant les surprit tous deux car un bref silence s'étira.
« - Ca roule. Tu sais où me trouver si besoin. » Articula un Blaise ébahi avant de raccrocher dans un « Prends soin de toi, Hugh Grant ! » clairement moqueur.
Draco observa la photo de Blaise –étalé au milieu de vidanges, comateux et en slip- s'effacer de son écran sous la mention 'Appel terminé : 5min04' et soupira longtemps.
« - Humhum. »
Draco regarda autour de lui, se rendant compte qu'il n'était pas seul. Quelques malades en chemises blanches, une dame en chaise roulante et un ambulancier se tenait à proximité, concentrés sur leur addiction à la nicotine.
Puis, en dehors de la zone fumeur, Potter, les mains dans les poches et l'air mal à l'aise au possible, l'observait.
Depuis quand était-il là, au juste ? Un doute assailit Draco sur ce que Potter avait pu surprendre de sa conversation. En réalité, il n'était déjà plus très sûr de ce qu'il avait dit. Il avait l'idée général, le remballage de Blaise et le stop monumental à ses tentatives pour éloigner Granger, mais il n'en avait plus les termes exacts et il espéra ne pas avoir été trop … Malfoy, juste Malfoy.
« - Le professeur Firenze vient d'arriver. » Lui annonça le brun en le scrutant longuement. Très longuement.
Le blond acquiesça vaguement, sans avoir la moindre idée de qui était l'homme en question, et écrasa sa cigarette –qu'il avait à peine touchée, au final, mais dont il ne restait que le mégot- puis s'avança vers l'entrée du bâtiment sans un mot, précédé par son vieil ennemi qui ne le lâchait pas des yeux.
L'examen visuel de Potter se poursuivit dans le hall, puis tout le long de la montée de l'ascenseur menant au couloir face à la chambre d'Hermione. Il le fixait depuis le bout de la cabine appuyé nonchalamment contre le miroir, droit dans les yeux. Son visage impassible étudiait chacun de ses gestes et s'appesantissant sur toutes ses réactions, rendant l'héritier de plus en plus inconfortable et nerveux.
« - Punaise Potter, arrête ça ! » Craqua-t-il finalement « T'as l'air d'un vautour ayant repéré une proie, ça fait froid dans le dos. » Il mima un tremblement qui, contre toute attente, tira un demi-sourire tordu aux lèvres pourtant pincées depuis des heures de l'autre.
Le balafré lui indiqua d'un signe de tête le bout du couloir quand l'appareil tinta , signe qu'ils étaient arrivés à destination. À peine firent-ils quelques mètres, qu'il vit apparaître un vieil homme. Il se dirigeait d'un pas indolent dans leur direction, le visage avenant et les yeux pétillants d'une joie presque anormale. Tout dans ce personnage haut en couleur paraissait anormale, en réalité.
Taré, décréta Draco en passant en revue de la mine réjouie de l'homme, à sa queue de cheval longue et grisonnante, sa canne dorée ornée d'animaux en tous genres jusqu'à son manteau de fourrure multicolore. Il se déplaçait le dos droit et plutôt rapidement malgré une raideur évidente du genou, le faisant trottiner de façon cocasse. Ses boots aux bouts cloutés tintaient sur le carrelage aseptisés de l'hôpital dans un claquement rappelant étrangement le trot d'un équidé.
« - Docteur ! Je suis soulagé de vous voir ! » S'exclama Potter en s'avançant pour lui serrer la main.
« - Harry, pas de manières entre nous, allons, allons. » Se rengorgea le Docteur Maboul en pressant tout de même tendrement le poignet du garçon. « Comme se porte ma petite protégée ? »
Harry grimaça et haussa une épaule en signe d'ignorance.
« - Je ne sais pas, elle semblait aller bien hier soir, c'est… » Tenta Potter d'une voix coupable. « Je suis passé à côté des signaux, visiblement. »
Il semblait profondément mortifié et Draco se demanda dans quelle mesure le brun savait ce qu'il se passait. Lui, il manquait d'éléments, il avait aussi loupé tous les signes -si signes il y avait eu - montrant que la brune était proche du claquage. Et il en était profondément choqué. Pas autant que Potter, vraisemblablement, mais tout de même. Ce n'était pas rien de taquiner sans relâche quelqu'un qui apparemment était au plus bas. Il en tirait une certaine culpabilité déplaisante qui le fit grimacer.
Les yeux clairs du professeur, d'un bleu pâle saisissant assez proche de ceux de Narcissa, sondèrent les deux hommes en s'arrêtant un rien plus longtemps sur lui. Pile au moment où sa bouche se tordait de dépit. Parfait. Mais loin de s'en offusquer, le vieil homme retrouva sa bonhomie instantanément et se glissa jusqu'à lui sans faire cas du visage crispé de Potter.
« - Monsieur Malfoy, je présume ? C'est bien de vous avoir avec nous. » Il dodelina de la tête vaguement, comme savourant une plaisanterie connue de lui seul. Il sourit d'un air cachotier, puis replongea ses yeux étonnants dans ceux de son vis-à-vis : « Si vous alliez lui tenir compagnie, le temps que je m'entretienne avec le chef de service ? Harry peux-tu me montrer le bureau d'Hermione puis la salle du personnel ? Tu connais bien les lieux, n'est-ce pas ?»
Et ce fut acté. Potter lui lança un regard d'avertissement, Firenze un sourire ravageur et il fut poussé dans la petite chambre sombre sans autre forme de procès.
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Draco entra précautionneusement dans la chambre calfeutrée. Sur la pointe des pieds, il s'approcha et se figea presque instantanément.
Elle pleurait.
Il la regardait s'agiter, se tortillant dans tous les sens, son souffle court et anarchique soulevant son buste tandis que des sillons humides parcouraient ses joues pâles. Ses yeux gonflés étaient clos et elle avait les lèvres légèrement entrouvertes laissant passés quelques gémissements à peine audibles. Et lui, il était figé.
Il détestait quand les gens pleurait, il ne savait jamais comment se comporter. Devait-il se montrer compatissant à l'envi, frotter leur dos et leur dire que tout irait bien - quitte à mentir ? Ou au contraire ne pas entrer dans leur jeu et dire que ce n'était rien ? Ou encore nier leur chagrin et faire comme si de rien était ? Quelle était la bonne marche à suivre? Et dans le cas présent, devait-il la consoler ou tenter de discuter avec elle ? Il était perdu et il détestait cela.
Cette situation toute entière le mettait incroyablement mal.
Elle gémit un peu plus fort, hoqueta un sanglot, s'étrangla brièvement et il sorti de sa torpeur. S'insuflant du courage, ils'approcha, doucement, pour ne pas l'effrayer.
Avait-elle conscience de sa présence ?
Il en doutait.
Il savait que ce n'était pas sa place, qu'il n'était pas apte à gérer ça.
Bon sang, il se gérait déjà à peine lui-même !
Draco passa une main agacée dans ses mèches folles –il avait l'impression de ne faire que ce geste depuis des plombes- et s'approcha encore.
Lentement, il se plaça sur le côté du lit et l'observa, si frêle, si fragile. Un pincement au coeur le prit par surprise et il resta un instant figé à l'observer.
Puis, presque par automatisme, se doigts bougèrent et écartèrent les quelques mèches tombant devant son visage. Cela devait lui chatouiller le nez, personne n'aimait cette sensation. Il replaça les boucles brunes avec précaution derrière son oreille et savoura le contact tiède de sa peau sur la pulpe de ses doigts.
Il s'était justement coupé les ongles ce matin, il ne risquait pas de la griffer, songea-t-il de façon surprenante. Mais ses pensées quand il était déstabilisé étaient toujours un peu à côté de la plaque alors il ne s'en formalisa pas outre-mesure. Perdu dans sa contemplation des traits crispés de la jeune femme, il continua ses caresses du bout des doigts. Résolument tendre avec elle, plus qu'il ne pensait en être capable.
Soudainement, elle lova sa joue humide contre sa paume.
« - Hermione ? » Chuchota-t-il, vérifiant si elle était consciente.
Elle se figea, ses sanglots cessèrent quelques instants et même son souffle parut en suspens. Elle était réveillée et elle ne savait pas comment réagir, analysa Malfoy en poursuivant ses caresses, montant vers sa chevelure et arrangeant tranquillement les mèches hirsutes.
Il passa sur son cuir chevelu, soulevant les masses de cheveux avec délicatesse pour laisser libre court à ses doigts. Elle ne bougeait toujours pas.
La porte couina avec une soudaineté qui fit froncer les sourcils à Draco. Était-ce trop demander de maintenir le calme ? Bon sang, quel genre de sagouin ouvrait ainsi une chambre d'hôpital en imposant cette lumière crue dans le cocon de la patiente? Sans parler du couinement atroce des gonds.
« - Le professeur Firenze est là. » Déclara sans surprise la voix de Potter. Qui d'autre?
Il rajouta autre chose mais Draco n'écoutait pas vraiment, perdu dans les ondulations de la brune, ses gestes se faisaient mécaniques tandis que son esprit était parti au loin.
Puis Hermione ouvrit les yeux et le plongea dans les siens. De surprise, il se figea totalement. Le contact visuel était intense et il chercha des réponses à ses questions dans les orbes noisette de la jeune femme. Elle semblait torturée, aux prises avec un ennemi invisible et il se retint de jurer face à la gravité de son regard. Aucune étincelles dorées, pas l'ombre d'un éclat amusé, seulement cette gravité qui faisait peser cent kilos sur ses épaules.
« - Malfoy. » insista l'autre, brisant à nouveau la quiétude de la pièce.
Plus pour ne pas déranger davantage la brune que par envie, il décida de sortir voir ce que voulait cet abruti de Potter. Replaçant les mèches, dégageant son front et contemplant son ouvrage, il estima qu'elle avait l'air plus sereine malgré son air maladif et ce regard troublé. Il récupéra sa main, se déplia lentement du bord du lit où il était perché et, prêt à s'éloigner, la sonda une dernière fois.
Elle allait mal, tout son corps l'indiquait, mais quelque chose dans ses yeux le rendait fou. Elle paraissait avoir abandonné toute joie et se noyer. Il détesta cette image d'elle, aux antipodes de la Hermione furieuse et amusante qu'il avait rencontrée et plissa le front, incertain sur ce qu'il devait faire.
Lentement, plongé dans ces considérations, il se détourna et gagna la sortie. Potter l'attendait, tenant la porte entrebâillée. Le vieux docteur hocha la tête en le voyant approcher et lui adressa un rictus désabusé qui le troubla.
Que se passait-il ? Encore une fois, il avait la sensation de ne pas tout comprendre.
« - Elle va comment ? » Souffla Potter quand l'homme fut entrer dans la chambre.
« - Mal. » Répondit simplement Draco. Il ne servait à rien de tourner autour du pot. « Qu'est-ce qu'il se passe, au juste? »
« - Elle est suspendue jusqu'à nouvel ordre, le docteur Firenze estime qu'elle est actuellement trop instable. » Expliqua contre toute attente le brun.
Il n'avait pas ce masque d'hostilité habituel, en fait il semblait plus abattu que belliqueux.
« - Elle va disjoncter. » Affirma le premier en secouant la tête en tout sens.
« - Malfoy, je compte sur toi pour ne pas te comporter en gros con. » Murmura soudainement le second, dans un souffle, comme s'il avait puisé dans ses ressources pour sortir cette phrase.
« - Le gros con va y réfléchir. » Ne put s'empêcher le dit gros con.
« - Fais donc ça. »
Un silence s'installa, ils attendaient tous deux que Firenze revienne et leur explique un peu mieux comment il voyait les choses. Aucun des deux ne savaient réellement comment réagir, en réalité.
Avec brusquerie, Potter se décolla du mur sur lequel il était appuyé:
« - Je t'ai promis un café, non ? » Et il tenta un sourire tout de travers qui était plus effrayant qu'autre chose.
« - Pitié Potter, ne me sourit plus jamais. » S'exclama le blond en prenant une mine horrifiée.
« - Bon, tu le veux ce café ou pas ? » S'agaça immédiatement le garçon, toute trace de pseudo-sourire ayant déserté ses traits.
« - Ah, voilà qui est mieux ! » Approuva Draco dans un rictus moqueur. « Et je vais y aller, j'en ai marre d'attendre. »
Potter haussa les épaules, indiqua qu'il buvait du thé Earl Grey avec un nuage de lait et une pincée de sucre, Draco affirma que c'était une vieille mégère aigrie donc qu'il n'était pas étonné et la mégère lui fit un splendide doigt d'honneur. Tout rentrait dans l'ordre.
Oh et, le brun lança deux pièces issues de la poche de son jeans à son vieil ennemi d'un geste un peu maladroit: « J'avais dit que c'était moi qui rinçait ! » clama-t-il dans le couloir désert alors que Draco les attrapait d'un geste habile et tournait déjà les talons. Il leva le bras par dessus son épaule et disparu en quête du distributeur à café le plus proche.
Mû par une réminiscence de conversation avec la brune, il décida d'aller chercher son café dans le hall des arrivées. N'avait-elle pas dit une fois que cette machine en particulier faisait le meilleur café de l'hôpital ?
Haussant les épaules et ses pensées tourbillonnant autour d'Hermione, il s'enfonça dans les entrailles du centre hospitalier.
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« - Un combat de limace ? » S'écria-t-il, proprement stupéfait. « Mais attendez, je ne comprends pas, comment est-ce que… »
« - Oh, au début c'était bon enfant, j'ôtais toutes ces bestioles visqueuses de mon potager et je les glissais par dessus la clotûre. Ni vu ni connu. »
« - Ca n'explique toujours pas comment vous en êtes arrivé là ! » Clama l'autre.
« - J'y viens, j'y viens. Bon, il n'a pas tardé à comprendre ce que je faisais, mon gros lourdeau d'imbécile de voisin. Du coup, pour une bestiole par les airs, j'en recevais deux en retour. Parce que, voyez vous, son potager est à la même hauteur de clôture que le mien, donc on se les renvoient mutuellement dans nos salades. C'pas pratique, enfin soit. »
« - M'okay. Jusque là, c'est gentillet. »
« - Une vulgaire bataille de gastéropodes, oui. Puis il y a eu les escargots, ce qui est plus désagréable à recevoir sur le crâne, mais passe encore, on en reste là quelques semaines. Mais voilà que je me lève un matin et que je découvre qu'il a jeté toutes ses mauvaises herbes dans mes plants de tomates ! »
« - Ah oui, c'est l'escalade ! » Se scandalisa l'interlocuteur.
« - Exactement ! Du coup je balance toute mes herbes fraîchement coupées par dessus sa cloture, Paf sur ses bégonias. Et pour faire bon genre je glisse une partie des branches de haie que je viens de tailler. »
« - Faut pas vous chercher, dites donc ! »
« - Ah ça mon p'tit, qui s'y frotte s'y pique. Bref, de là, c'est parti en cacahuètes. Des branches, des bûches de chêne, des bidons d'insecticides, des binettes, des sécateurs, un tuyau d'arrosage, une bêche, … Tout y passait. Si bien que j'osais plus trop aller à mon potager de peur de ce qui allait me tomber sur la tête. »
« - Une vraie furie, votre voisin. »
« - Ah ça... Et là, ce soir, je me dis "mon gros Dédé, il fait presque nuit, si tu vas cueillir quelques courgettes il ne te verra pas." Et la suite, vous la connaissez. »
« - Il vous a vu. » Approuva platement l'homme .
« - Pas directement, non. Il y avait pleins de morceaux de tuiles dans mon beau parterre de pomme de terre, donc ni une ni deux, je rebalance tout chez lui. Paf, en plein sur ses fraisiers. C'est même pas la saison, donc je faisais pas trop de dégats. Et donc, là, mon voisin lance une hache en guise de représaille et pouf, plus de pouce ! » Expliqua d'une voix tranquille l'homme. Appuyé contre la banquette usée des urgences, son pouce dans une glacière à ses côtés et pressant sa main dans un chiffon rouge de sang.
« - Ah c'est pas de chance. » Afirma Draco, complètement fasciné par l'histoire de ce bon gros Dédé.
« - À qui l'dis-tu, comment je vais planter mes choux moi, sans mon pouce ? »
Le blond opina vaguement, inquiet, comment diable le pauvre bougre allait-il faire? Et plus important, qu'est-ce qui l'attendait à son retour dans son potager ? Le bon gros Dédé était-il en danger ?
« - Punaise Malfoy, on t'a cherché partout ! Qu'est-ce que tu fabriques ? » Glapit soudain la voix hystérique de Potter sur sa droite en le trouvant affalé sur le siège des urgences, sirotant tranquillement son second café.
« - Ah, Dédé, je te présente Potter. Potter, voici… Oh et puis on s'en fiche. »
L'importun roula des yeux sans s'offusquer outre-mesure, blasé des comportements Malfoyen.
« - Hermione peut sortir, on t'attends sur le parking. » Annonça-t-il simplement en tournant les talons.
« - Hé Potty, tu oublies ton thé ! » Glapit le blond en trottinant pour le rattraper. « Salut Dédé, je suis sûr que tout va rouler ! » Clama-t-il en arrière en levant son pouce avant de pouffer comme un gamin sous le regard éberlué de la foule.
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« - Donc, tu dois prendre ces cachets là le soir et ceux-là le matin ? » récapitula le parasite en lorgnant les boîtes alignées devant lui. « Et ça, c'est quoi ? » indiqua-t-il d'un geste du menton quand elle eut approuvé.
« - Des somnifères, Malfoy. Je viens de te le dire. »
« - Désolé, j'étais captivé par Weaslette qui se dandinait pour les beaux yeux de Diggory. Pire danse jamais vue.» S'amenda-t-il en indiquant la télévision qui tournait en sourdine sur l'émission de séduction. « Une planche à pain qui s'essaie à la sensualité, c'est du jamais vu ! HÉ POTTY, TU AS VU TON EX FAIRE LA SARDINE À LA TÉLÉ ? » Hurla-t-il dans l'appartement à l'intention du brun qui était occupé à ranger les vêtements propres d'Hermione dans son armoire.
Ils avaient, d'un étonnant commun accord, décrétés qu'elle ne pouvait rien faire de fatiguant et avaient pris en charge le ménage et les tâches courantes, lui laissant le seul soin de s'occuper d'elle. Chose qu'elle ne vivait pas très bien.
Dans la foulée, ils avaient gobés avec assiduité le programme où les greluches se battaient pour Cédric Diggory et, malheureusement pour Potter, son ancienne idylle avec la rouquine avait été décortiquée dans les rires.
Devant Parkinson et Zabini, de surcroît. Dieu seul savait ce qu'ils fichaient à l'appartement d'Hermione quand ils rentrèrent de l'hôpital, la veille, mais ils étaient là et, pire, étaient restés toute la soirée. Autant pour le repos d'Hermione.
« - AUGMENTEZ LE VOLUME, J'ENTENDS RIEN ! » Brailla Potter depuis ce qui semblait être la buanderie à présent. Il faisait le linge de la brune, se moquant ouvertement de ses regards noirs et de ses menaces.
Hermione fit glisser la télécommande sur la table à l'aide de son pied avant de s'en saisir quand elle fut suffisamment proche.
« - Et là, j'lui dit mais t'es qui pour me dire ça, bouffonne, t'as cru on a élevé les lapins ensemble ?! »
« - AH, LAVENDER A ÉTÉ ÉLIMINÉE ?! » S'écria le brun en déboulant dans le salon comme une tornade. « Punaise, vous auriez pu m'appeler ! Comment est-ce… »
« - Chut ! » Lui répondirent les deux autres, suspendu à la télévision et aux lèvres botoxées de la plantureuse greluche.
« - Et là, il me dit avec ses yeux de truites frites qu'il mélange pas les tourterelles et les faucons et qu'on peut pas continuer l'aventure ensemble alors que j'avais déjà mon monokini prêt pour Cancun et que j'avais fait vingt-huit séances de bronzage pour préparer ma peau à l'abus de soleil et tout. C'est complètement dégueu! »
Hermione pouffa derrière sa paume et Draco tourna lentement la tête, presque au ralenti pour l'observer. Son demi-sourire moqueur ne le quittant pas mais ses yeux attentifs suivant les rires de la jeune femme avant bienveillance. Potter fut presque gêné d'assister à ce moment d'intimité Malfoyenne. Ce malaise augmenta considérablement lorsque la jeune femme se rendit compte de l'attention de son voisin et rougit copieusement sous le pli de lèvre moqueur de ce dernier. Harry ne savait pas ce qu'il se passait -où s'était passé- exactement entre ces deux là mais il savait qu'il en était exclus et qu'il n'avait aucune, mais aucune, envie d'y participer. Cette complicité entre sa meilleure amie et ce gdblfjgj de Malfoy l'indignait toujours, certes moins qu'avant, mais quand même.
« - Au fait, qu'est-ce qu'on mange ? » S'enquit soudain Harry, quelques temps plus tard tandis que le générique de fin résonnait dans le living.
« - Pizza ? » Proposa Draco en dégainant déjà son téléphone. « Y'a ce petit italien au coin de la rue, une tuerie ! »
« - Ah parce que vous restez souper ? » S'étonna la brune. C'était le deuxième soir, elle pensait qu'ils allaient repartir d'où ils venaient : Harry loin de Londres, de retour à Nimbus pour assurer son rôle de bras droit et Malfoy, Merlin savait où faire Morgane savait quoi.
« - Ah mais si tu crois que je vais te laisser seule maintenant, tu te fourres le doigt dans l'oeil et jusqu'au coude ! » Répondit du tac-au-tac son ami d'enfance en la foudroyant du regard.
« - Je ne peux pas partir et t'abandonner avec Potter, tu risquerais de faire une tentative de suicide. Et franchement, l'hôpital, c'est bon hein, j'ai donné ! » Justifia quant à lui le blond tout en pianotant sur son smartphone.
Hermione soupira. Longuement. Passa une main fébrile sur ses yeux toujours un peu gonflés et re-soupira.
« - Ok, pizza. » Abdiqua-t-elle sans lutter.
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RAR:
Salma : Désolée pour le retard, du coup j'ai loupé ton anniversaire, zut de flûte de crotte de bique ! Bon vieillissement à toi tout de même, j'espère que la fête fut du tonnerre et les cadeaux en abondance! Merci pour tes reviews régulières et tes petits commentaires toujours touchants, à très vite j'espère !
L : Merci pour ta review et j'espère que la suite te plaira !
Sakhina : Ravie que le choix de film te plaise, j'adore également le côté glauque de Tarantino héhéhé et désolée d'avoir perverti la magie d'Ollivander mais c'était vraiment beaucoup beaucoup beaucoup trop tentant ! Il me fallait un cas d'école et donc… Bref ! Sorry ! Merci en tout cas pour ta longue review qui m'a bien redonné la pêche ! J'espère que la suite te plaira !
The cat with blue eyes : Exactement, tu as tout compris. Quand on froce trop, à moment donné ça lâche… Le corps c'est plus fragile qu'on ne le croit parfois (et le psychologique n'en parlons même pas. ) Merci pour ton retour, en tout cas ! A très vite j'espère !
Dame Lylith : Toi qui trouvais que tu mettais longtemps pour écrire des reviews, il m'en faut 100x plus pour y répondre ! Merci en tout cas de prendre la peine de commenter systématiquement, c'est très touchant! J'espère que la suite te plaira (l'explication des clés est dans le chapitre mais elle n'est pas folle, pour une fois j'ai fait simple ! ) À bientôt !
