J'étais à l'hôpital pour me faire retirer mon plâtre, accompagné par Deku qui avait demandé à ne pas travailler ce soir pour pas que je sois seul. Que putain de mère poule celui-la.

- Tu sais tu étais pas obligé de venir franchement.

- Si ! Déclara t'il fier de lui.

Shoto travaillait. J'avais hâte de le retrouver, une grande première pour moi. J'étais avec Deku et je pensais à quelqu'un d'autre. On m'appela pour voir le médecin. Je rentrais dans la pièce suivi par Deku. Le médecin me fit asseoir sur son truc pour vous ausculter. Il posait quelques questions et me dit qu'il allait enlever le plâtre. Il sorti sa scie. Je tournais la tête pour regarder Deku. Il se tenait près de moi, il me regardait avec ses grands yeux verts. Heureux d'être là pour moi. Est ce qu j'allais oser faire ca ? Non. Si ? Bordel ! L'occasion était trop parfaite et je ne savais pas quand elle se reproduirait.

- Rends toi utile, lui dis je en tendant ma main vers lui.

- Quoi ?

Il fronça les sourcils puis fini par capter. Il prend ma main dans la sienne. Elle est chaude, douce. Mon coeur bat un peu plus fort.

- Tu as peur Kacchan ? Dit il d'un ton moqueur.

- Jamais, déclarais-je, sûr de moi.

- hum hum.

Je laissais courir mon imagination, qu'est ce que j'imaginais ? Que Deku était mon petit ami. A moi. Quoi vous pensez vraiment que je pense qu'au cul hein ? Ben non ça m'arrive d'avoir des sentiments aussi et cette main dans la mienne, elle me faisait chaud au coeur. Putain. Le docteur m'enleva mon plâtre bien trop vite Deku retira sa main de la mienne. Voilà c'était fini. Dommage. Radio et blabla médical, j'expédiais le tout au plus vite. Je regardais l'heure en sortant... Encore 3h avant de rejoindre shoto. Et Deku était là rien qu'à moi. Pas de naine dans les parages. Shoto qui travaille. Que faire pour profiter ?

- On va prendre une bière pour fêter ça ?

- Si tu veux et c'est moi qui offre.

On se rendit à un bar qu'on aimait bien et commandait des pintes.

- Alors c'est le grand amour avec Shoto ? me demanda Deku.

Oui, il adore parler de ca. Et moi ca va vite me gonfler.

- Ca va.

- Tu parles jamais de ça, hein ? Mais pour une fois c'est pas qu'un plan cul ?

- Non, clairement pas...

- Vous avez pas encore baisé ?!

- Mais ca te regarde pas putain !

- Wahou, ca te ressemble pas. Mais c'est bien. Tu fais des efforts. Attends ?! Tu le trompe pas quand même ?

- Ca va, je peux passer un mois sans aller voir ailleurs quand même !

- Ouf, j'ai eu peur.

- Tchhhhh

- Je suis heureux, en plus j'adore passer du temps avec Shoto, si on s'entend tous très bien on restera tous ensemble pour toujours ! Tu crois qu'il sera d'accord pour habiter une maison avec Ochako, toi et moi ?

- Heuuu... je crois qu'on en est vraiment pas à ce point. Tu penses finir ta vie avec Ochako ? Je veux dire tu penses à des trucs comme ca ?

- Peut être bien. Je sais pas. Pour l'instant je me prend pas trop la tête la dessus, mais oui, tu restes pas si longtemps avec quelqu'un si t'es pas capable d'imaginer un futur non ?

- Peut être.

On fini notre première pinte, puis on en commanda une autre. Deku refaisait le monde, parlait de son futur, d'un film qu'il avait vu avec Ochako, se plaignit d'une fille de sa classe qui apparement était casse pied en cours, me demanda des nouvelles d'Eijiro et de sa relation avec Mina... Le temps passait, on buvait, on discutait et je commençais à être un peu éméché. J'aimais bien, je me retenais moins de regarder Deku et comme il tenait moins bien l'alcool que moi, il ne remarquait rien de mes regards insistants. Je me demandais comment on pouvait être observateur comme il l'était et être tellement aveugle quand ca vous concerne. Je fini par recevoir un sms de Shoto.

De Shoto à 22:12
On se rejoint où ?

Je lui donnais l'adresse du bar où on se trouvait et il arriva rapidement. Deku le salua, déposant un bisou sur sa joue, comme il le fait parfois avec moi. Il n'a aucune gène et se montre vite affectueux, surtout quand il a bu un peu. Il s'approche de moi et fait de même en déclarant qu'il va nous laisser, m'adressant un petit clin d'oeil avant de filer. Shoto qui s'était contenu en présence du nerd, se mit en colère immédiatement.

- Je te retrouve juste avant notre rendez vous, bourré avec le mec que tu aimes en secret depuis toujours. T'es sérieux ?

Je me tu. J'avais l'impression d'avoir décuvé d'un seul coup. Il avait raison, je m'étais comporté comme un connard, ca avait été plus fort que moi, je cède à la moindre occasion de passer un peu de temps en tête à tête avec le nerd.

- Ca me fait du mal de te voir avec lui. Ca me fait du mal de te voir souffrir. Et putain, je suis jaloux alors qu'il est même pas gay !

Je n'avais rien à dire et je savais même pas si je regrettais. Et j'étais surpris de le voir perdre son sang froid comme ca. J'avais vraiment dû le blesser pour qu'il réagisse comme ca. Mais après tout je n'avais rien fait avec Deku, comme il l'a dit, il est même pas gay.

- Je suis tellement en colère contre toi de me faire ressentir ca. Et dis quelque chose !

Mais je n'avais rien à dire, je ne sais pas, d'habitude je passe mon temps à gueuler mais là, il n'y avait rien qui sortait et devant mon silence, il parti. Je ne le retint pas. J'avais pensé qu'à moi. j'avais oublié qu'il pouvait être blessé. Quel con. Aussi c'est lui là qui clame qu'il va m'aider. résultat je n'ai pas pensé que lui aussi il avait des blessures à guérir. Il n'avait jamais vraiment aimé auparavant, et je ne sais pas si il m'aime. On n'en a pas encore parlé, mais si c'est le cas il aurait difficilement pu choisir pire.

Je suis rentré et je tourne en rond. Je l'appelle ? Je passe chez lui ? Qu'est ce que je veux ? Pourquoi je me prend la tête pour ce con ? Merde, j'aurais des sentiments pour lui ? Ça craint ça non ? Non. C'était exactement ce que je voulais. Peut être. Ou pas. Parce que là, c'est pire non ? Je me jetais sur mon lit. Je déteste ça, les sentiments ça ne sert qu'à me blesser. Je voudrais en faire une ablation. Rien ressentir, ça peut pas être pire que de souffrir comme ça. Je suis en colère aussi, va savoir pourquoi, c'est vrai que c'est pas très légitime. Mais ça m'empêche de m'excuser. J'aime Deku, il le sait, j'avais l'occasion de passer un peu de temps seul avec lui et ça arrive pas souvent en ce moment. Il ne s'est rien passé, il ne peut rien se passer. Alors pourquoi il réagit comme ça. L'amour ça vous rend con. Susceptible. Colérique. Oh putain, je suis l'incarnation de l'amour. Mon téléphone vibre me sortant de mes pensées.

De Shoto 23:43
Je suis désolé, je savais dès le départ que tu était amoureux d'Izuku. Je ne reviens pas sur ce que je t'ai dis que je ressens. Mais je ne devrais pas t'en vouloir, tu m'avais prévenu et c'est moi qui m'entête malgré tout.

A Shoto 23:43
Alors tu abandonnes ?

De Shoto 23:44
A ton avis ?

A Shoto 23:44
Tant mieux, parce que c'est possible que je commence à bien t'aimer.

De Shoto 23:46
J'espère que tu te rend compte que tu allonge ta phrase juste pour pas dire simplement "je t'aime bien".

A Shoto 23:46
Non, tu rêve, je nuance mon propos parce que mes sentiments sont nuancés.

De Shoto 23:47
Non, tu as peur mais tout ce dont tu as envie c'est venir me rejoindre.

Quel con...

Il avait raison ce con.

De Shoto 23:47
Je t'attend.

Sa m****** la ******. Je pourrais juste pas lui répondre et rester chez moi. Pour le punir de sa prétention. Comment on peut être aussi arrogant. Sûr de soi. Quel connard. Qu'il aille se faire voir ! Et puis merde. Je me lève, prend mes affaires, claque la porte et pars le rejoindre

Je chopais limite le dernier métro. J'arrivais pas bien à comprendre l'état dans lequel je me trouvais. Il y avait de l'impatience, de l'excitation et de la rage. Parce que je suis toujours en colère.

Je montais les escaliers et frappais à sa porte qui s'ouvrit rapidement. Il se recula pour me laisser entrer, puis referma la porte derrière moi. On se regardait et je savais pas trop ce qui allait se passer. Il avait ce petit sourire, très léger mais qui me donnais l'impression qu'il savait. Il n'avait pas eu de réponse à ses derniers sms mais il savait que je viendrais, j'avais l'impression qu'il était fier de lui, fier de deviner ce que je pouvais penser ou ressentir. Et moi j'aimais ça autant que ça m'énervait. Je voulais lui dire qu'il se trompait, juste pour me protéger, pour pas qu'il ai raison. L'insulter et repartir.

Mais je voulais rester aussi, me laisser aller. Je fronçais les sourcils, le toisant avec rage et son sourire s'agrandit. Je ne pu retenir un petit grognement de mécontentement, j'aime pas avoir l'impression de me faire manipuler et pourtant... Il ne dit rien, de toute façon, qu'est ce qu'on avait à se dire là. Il s'approcha et vint réclamer ma bouche. Je le laissais prendre possession de moi, j'aurais voulu lui crier dessus, le repousser, m'énerver, je ne sais pas. J'avais mal, j'étais en colère, mais j'étais surtout fatigué. Fatigué d'avoir mal et d'être en colère. J'avais envie qu'on prenne le contrôle sur tout ça. Tout oublier un instant et qu'on prenne un peu soin de moi pour une fois. Arrêter de repousser de toute mes forces les autres et arrêter de me forcer à tenir debout, arrêter de me montrer fort malgré la douleur. A quoi ça servait de toute façon. J'étais déjà perdu, j'étais à terre.

Son baiser était doux, tendre. J'étais venu avec l'idée d'une baise brutale pour répondre au besoin qu'on avait l'un de l'autre, mais alors que ses lèvres caressent doucement les miennes, sa main vient se poser sur ma joue. Quelque chose s'effondre en moi, j'agrippe son t-shirt de toutes mes forces et je pleure. Putain je pleure. Non, pas ça. Je sens sa paume chaude sur ma joue, son autre main sur ma nuque me serrer un peu plus contre lui. Il arrête de m'embrasser et sa tête se dépose au creux de mon cou. Il ne dit rien mais me serre plus fort. Et moi aussi. Je crois bien que c'est la première fois que je me laisse aller comme ça. Je ne sais même pas si j'ai envie de me calmer. Shoto, c'est pas grave, il sait que je suis triste, il sait que j'ai mal et j'ai pas besoin de faire semblant. Et si ça lui plait pas il peut partir.

Je crois...

Alors je laisse même venir quelques sanglots. Je ne sais même pas pourquoi je pleure. Mais l'espace d'un instant ça me libère. Il me relâche et se recule un peu alors que je me calme, je ne veux pas le regarder dans les yeux, je fixe son torse. Il enlève mon pantalon. Je pleure et il veut baiser ? Je ne sais même plus si j'en ai envie là. Mais non, il enlève aussi le sien. Il m'attrape par la main, me tire vers le lit, éteins la lumière. Il s'allonge à côté, tire la couverture sur nous. Il se colle à moi.

- Ça va aller ? me demanda t-il.

- Oui, ça va aller. Tu me prends pour qui ? Lui répondis-je.

J'étais un peu blessé dans mon orgueil de lui avoir montrer ça.

- T'es pas obligé de faire semblant d'être fort avec moi.

- Je fais pas semblant. Je suis fort. C'était la première et la dernière fois que tu me vois pleurer.

- hum hum

- Tu me crois pas ?!

- Je m'en fou. Je voudrais juste que tu sois moins triste.

Je grognais en guise de réponse. Il devrait pas s'occuper de ça. Il a déjà assez de soucis à régler comme ça non ? Ça m'embête vraiment, j'aime pas qu'on s'inquiète pour moi. Y a pas besoin déjà. Et puis ça me donne l'impression d'être faible. Je peux tout encaisser. Je vais déjà mieux.

- Pourquoi tu t'entêtes avec moi ? Ça sert à rien tu vois bien. Je suis une loque. Je suis vide. Je peux pas t'offrir grand chose.

- Tu veux vraiment m'entendre dire que je t'aime, hein?

- J'ai pas dis ça !

- Si. Ça craint si tu t'en rends même pas compte.

- J'ai pas envie que tu m'aimes. Tu vas juste souffrir.

- Comme tu souffres là, maintenant ? Pourtant toi aussi tu m'aimes. Peut-être pas comme Izuku. Mais ça commence à venir, non ? Tu l'as dit.

- Je ressens un truc, c'est possible.

- Je vais m'accrocher à ça. Te faire oublier Izuku. Avec moi ça sera facile, je te rendrais heureux, je pense que je peux le faire.

- Moi, je vais te rendre malheureux.

- Je ne crois pas. Je crois que c'est la première fois que je ressens vraiment de l'amour.

- T'as un soucis vraiment, tu pouvais pas tomber amoureux d'un mec normal ?

- On est cassé tous les deux, moi je trouve ça plutôt logique au fond.

Je soupirais. Il glissa sa main dans mes cheveux, caressait doucement mon visage. Je me laissais faire docilement. Comme je l'ai dit je n'avais pas envie de lutter ce soir. Mais il avait pas intérêt à s'habituer à ça. Les caresses et la respiration de Shoto me berçaient et je finis par m'endormir.