Quand Stefan rentra au château, un jour plus tard, Vladimir ne sortit pas de sa chambre, jusqu'à ce qu'on tape à sa porte. Il ouvrit, l'air hagard. Le brun jeta un coup d'oeil derrière son épaule, et avisa une dizaine de poches de sang éventrées, les rideaux fermés au complet, et la totalité de la bibliothèque sur le sol. Il lui tendit son manteau, et son téléphone. Vladimir les prit et les jeta sur le lit.

-Carlisle est arrivé ?

-Oui, depuis quelques heures. Elle va bien. Elle se repose. Elle a des gros bleus, mais ils vont finirent par disparaître. Mais elle aura une cicatrice.

-Merci.

Il referma la porte au nez de son ami, qui toqua de nouveau. Le blond ré ouvrit la porte, l'air agacé.

-Quoi ?

-Elle voudrait te voir.

-Non.

Il referma la porte.

-Elle a dit qu'elle voulait te parler.

-Non.

Stefan soupira.

-Tu sais que si tu y vas pas, elle va venir elle ?

-Décourage là, je la laisserais pas entrer de toute manière.

Le brun leva les yeux au ciel et repartit, laissant Vladimir seul dans sa chambre. Le vampire blond posa son téléphone sur son bureau et récupera une poche de sang. Il se mit dans un coin de la pièce et croqua dedans, buvant peu à peu, les yeux rivés sur le peu d'extérieur qu'il voyait entre ses rideaux. De sa chambre, il voyait une partie de la forêt, mais surtout le seul chemin menant au château. Il resta immobile, allant juste chercher des poches de sang de temps en temps. Parfois Stefan venait toquer à sa porte après un appel d'Aiden, lui disant encore une fois qu'elle demandait à le voir. Il l'ignorait toujours, de la même manière qu'il ignorait les appels de la jeune fille avant que son téléphone ne s'éteigne par manque de batterie. Il fallut une semaine et demie avant qu'Aiden ne débarque devant sa porte. Elle toqua une première fois, et Vladimir ne répondit pas.

-Vladimir ? Stefan m'a dit que tu étais là. Tu peux m'ouvrir... ?

Il ne dit rien ni ne bougea, alors elle re toqua.

-Vladimir ?

Elle essaya d'ouvrir la porte, mais elle était fermée.

-Ouvre cette porte, ou je la défonce.

-Et comment tu vas faire ça ? C'est du chêne massif.

-Chais pas... Je vais la faire brûler ?

Il grogna.

-Pitié Aiden, tu vas pas le faire. Ça ferai brûler le château, et tu le sais très bien.

-Ouvre moi alors.

Il se tut de nouveau.

-Vladimir, je veux juste parler.

-Parle de là où tu es.

-Quoi, t'as peur de moi peut être ?

-Non.

-Alors ouvre.

Elle grogna.

-Je vais patienter devant ta porte jusqu'à ce que tu m'ouvre.

Elle s'assit contre la porte.

-Tu en auras marre avant moi.

-Pas forcément. J'ai à boire, des trucs à manger, mon carnet à dessin, mon téléphone chargé à bloc. J'peux tenir plusieurs heures.

Il ne répondit rien et la laissa s'installer devant sa porte. Une heure passa sans qu'aucun des deux ne bougent, Aiden dessinait, et Vladimir se concentrait sur sa musique et son fredonnement. Une deuxième heure passa, puis une troisième. Aiden commença à gigoter devant la porte à partir de cette heure là, et ça s'intensifia au fil des heures. Elle finit par se mettre à marcher devant la porte. Le bruit de ses talons résonnant comme le tic tac d'une horloge exaspéra rapidement Vladimir.

-Va aux toilettes par pitié ! J'en ai marre de t'entendre tourner !

-Ça te donnera raison, donc non. Je reste.

-Tu vas te faire dessus.

-Mais non, je sais me retenir.

Et effectivement, une heure plus tard, elle n'avait pas quitté son poste et marchait toujours devant la porte. Le vampire peinait à se retenir de lui crier dessus, mais il finit par céder et aller ouvrir la porte de sa chambre.

-Pitié va aux toilettes.

La blonde lui sourit et partit dans la salle de bain en quatrième vitesse. Elle partit une minute après, et avisa la chambre désordonnée et Vladimir, qui était toujours à côté de la porte.

-Maintenant que je suis entré, n'espère même pas me faire sortir.

Il leva les yeux au ciel et claqua la porte avant de retourner à sa place précédente, dans le coin de sa chambre. Elle leva les yeux au ciel et retira son manteau et son écharpe, dévoilant un pansement sur le côté gauche de son cou. Vladimir détailla sans un mot les traces noirs violacées en forme de main sur sa peau. Elle, ne faisait pas du tout attention à ça, et ramassait les poches de sang vides sur le sol pour les mettre dans la poubelle. Elle posa les nombreux vêtements sur le sol sur le lit, remit les tiroirs de l'armoire à leur place, puis ramassa les livres pour en faire des piles. Vladimir lui ne bougeait pas. Il ne comprenait pas ce qu'elle faisait là, il avait faillit la tuer, lui avait dit des choses affreuses, mais elle venait quand même de faire le pied de grue depuis plus de sept heures juste pour le voir, et maintenant elle rangeait la chambre qu'il avait dévastée sous plusieurs excès de rage. Elle s'assit par terre et commença à trier les livres par ordre alphabétique.

-Est ce que tu sais la douleur que tu m'inflige en venant ici ?

Il avait chuchoté, et sous l'absence de réaction de la blonde il pensa l'avoir fait trop bas, alors il reprit.

-Maintenant que j'ai goûté ton sang, je ne vais plus avoir en tête autre chose que d'y goûter de nouveau.

-Dès que j'aurais atteint de nouveau un taux correct, tu pourras le refaire.

Il grogna sous sa réponse.

-Est tu idiote ou juste inconsciente ? Je pourrais te tuer.

-Carlisle m'a donné de quoi augmenter ma production sanguine. C'est si tu en bois pas que ce sera un problème pour moi.

-Je ne vais pas te mordre de nouveau. Et si je ne m'arrête pas ?

-Ma technique de la dernière fois avait plutôt bien marchée.

-Comment est ce que tu as eu connaissance de ça par ailleurs ?

-Mon père. Tu crois qu'il m'a envoyé en Roumanie sans me donner un petit tips ou deux au cas où ça dégénère ?

Elle se releva et rangea les livres dans la bibliothèque avant de s'asseoir sur le lit et le regarder.

-Vladimir, de toute manière ton besoin de mon sang va finir par devenir insupportable.

-J'ai bien tenu jusqu'ici.

-En vidant la moitié du stock de sang que Stefan et toi avez en cas d'urgence. Et avec le groupe de vingt randonneurs trouvés dans la forêt. Et malgré ça tu as encore les yeux noirs.

-J'ai pas bu depuis ton arrivée.

-Un vampire normal devrait pouvoir se retenir de sang pendant plus de sept heures.

-Je ne veux pas boire ton sang.

-C'était pas une question. Vladimir...

Le vampire se colla encore plus contre les murs en resta à fixer obstinément ailleurs que la jeune fille.

-Je refuse de te tuer.

-Ce ne sera pas le cas.

-Ni de te transformee parce que je n'ai pas d'autres choix pour te garder auprès de moi.

-Ça n'arrivera pas.

-Je ne veux pas te tenir de nouveau dans mes bras, agonisante en train de te vider de ton sang par ma faute.

-Je t'ai juste tenu à l'écart trop longtemps, tu as besoin de ton âme soeur, et ton côté vampirique profond a surgi et tu as réclamé ton dû...

-J'aurais pu te tuer.

-Mais tu l'as pas fais. Plus de peur que de mal.

-Plus de peur que de mal ?!

En une seconde il fut près d'elle. Il la prit par le bras et la tira dans la salle de bain avant de la placer devant le miroir. Il dégagea ses cheveux de ses épaules et retira son pansement, laissant apparaître une plaie de la taille d'un poing ayant difficilement commencé à cicatriser, en plus de mettre encore plus en évidence les gros bleus autour de son cou.

-Plus de peur que de mal, vraiment ?! Je t'ai arraché la moitié du cou !

-Te sevrer ne va te rendre que plus violent !

-Pas si tu reste loin de moi !

-Tu seras violent auprès des autres, tu vas tuer encore plus d'humains, tu vas attirer l'attention, et tu sais ce qui arrive à ce qui enfreigne la loi...

-Rien ne pourrait plus me soulager que mourir. Je serais assuré de ne plus être une menace pour toi.

Il la relâcha et retourna dans sa chambre. Aiden le suivit.

-Ça va pas de dire ça ?! Tu sais la douleur que ça fait de perdre son âme soeur ! Tu veux vraiment de ça pour moi, vu que visiblement tu t'en inquiète !

-Tu t'en remettrais. Avec un autre homme.

-Comme l'a fait Marcus tu veux dire ?! Tu sais, mon oncle qui a perdu son âme soeur il y a des siècles, et qui est brisé par ça ?!

Vladimir récupéra les affaires d'Aiden et rangea tout dans son sac.

-Vladimir, je te parle ! Rien ne sera pire pour moi que ta mort. Tu me condamnerais à une vie d'errance et de solitude, de désespoir infini ! Ça a l'air tellement horrible que j'arrive même pas à le décrire !

-Ton oncle va mieux grâce à toi.

-Il n'en reste pas moins brisé ! Et j'ai moyen envie de passer plusieurs siècles à déprimer sans pouvoir rien faire avant d'avoir un sauveur.

-Ton frère fera des enfants avec Stefan bien assez tôt. tu n'auras pas à patienter plus de quelques années.

-Mais c'est pas le problème ! Cette discussion n'a aucun sens y en aura toujours un pour ré enchérir ! Vladimir, je veux pas que tu meurs !

Il ne répondit rien et lui tendit son manteau et son sac. Elle les ignora et chercha le regard fuyant du vampire. Quelques larmes roulèrent sans qu'elle ne puisse les retenir.

-Vladimir, s'il te plait...

Il posa les affaires de la blonde sur le bas de la porte et la prit par les épaules, la faisant reculer jusqu'à elles.

-Vlad ! Écoute moi !

Il la lâcha et la regarda.

-On ne se connait même pas alors arrête. Si je meurs, je ne te manquerais même pas en tant que personne. Alors arrête. Essaye de bien t'entourer, je vais essayer de me retenir le plus possible pour que tu vive ça le mieux possible. Et tu devrais retourner auprès de tes parents en Italie.

-Vladimir... Laisse moi t'aider... C'est que du sang...

Il ferma la porte à clé. Aiden tambourina dessus avec ses poings en l'appelant.

-Juste écoute moi ! Vladimir ! T'as pas à te sacrifier pour moi ! On peut arriver à un équilibre !

Il ne répondit rien et elle donna un dernier coup en pleurant.

-S'il te plait ne meurs pas...

Elle resta silencieusement à attendre qu'il ouvre la porte, mais au bout de plusieurs minutes, elle reprit ses affaires et partit à contre coeur.