Les craintes de Lucy sur son fiancé n'avaient guère diminué. Surtout quand la petite princesse lui avait raconté qu'à la Cour bon nombre de femmes semblaient déjà prêtes à avoir sa tête sur un plateau. Elle qui pensait le Prince impopulaire à cause des rumeurs sur son charme discutable, elle devait s'être trompée. Après tout quelles femmes ne rêvaient pas de devenir Reine un jour.

Lucy était bien loin de cette idée. Elle espérait au contraire que le Roi de Fiore vive le plus longtemps possible. En regardant les étoiles brillées de mille feux, elle pria, pour son salut, pour celui de son père, de la petite Wendy, de Levy, du Roi de Fiore, et de son fiancé. Plus le Roi vivrait longtemps moins Lucy aurait la pression de donner un enfant rapidement à son futur mari. Elle avait écouté bon nombre de récit de femmes qui lui avaient compté leurs grossesses et accouchements. Lucy en avait un peu peur. On avait beau lui dire que c'était son devoir, et qu'avoir des enfants étaient la plus belle grâce qu'on avait offert à la femme, elle avait quand même du mal à le croire.

Lucy voulait avoir des enfants, surtout une petite fille. Elle voulait être mère, mais pas si vite. Elle voulait d'abord se préoccuper d'autre chose, plutôt que de passer son temps couché pour mettre à bas. Elle espérait de tout cœur que son fiancé ne la presserait pas. Elle s'accrochait au fait que peut être toujours attachée à son ancienne fiancée, il lui faudrait du temps avant qu'il considère Lucy comme son épouse avec des devoirs conjugaux. C'était sans doute la seule chose positive au fait qu'il avait eu une autre fiancée par le passé.

Lucy après avoir frissonnée à cause d'un courant d'air, décida de retourner dans sa chambre. Elle referma la porte fenêtre du balcon et puis tira le rideau. Elle alla ensuite se glisser sous les draps, gardant sa couverture avec elle. Pour un mois de mai, il faisait quand même un peu frais la nuit. Cela changeait les habitudes de Lucy qui venait d'un pays vraiment chaud au printemps et en été. Elle ne mit pas très longtemps à s'endormir.


Cela faisait bien vingt minutes maintenant que Lucy et sa suite était bloquée dans la ville de la capitale. La population s'était tellement amassée dans les rues que les carrosses ne pouvaient plus circuler jusqu'au palais royale qui pourtant n'était plus si loin.

Lucy qui se trouvait dans son carrosse avec Wendy, ne pouvait s'empêcher de regarder par la fenêtre le sourire aux lèvres. Elle ne s'était pas trompée en pensant que le peuple de la ville de Crocus serait autant ravie de l'accueillir que celui d'Hargeon. Elle avait l'impression d'être déjà aimée alors qu'elle n'avait encore rien fait pour.

« Pourquoi sont-ils tous si heureux de me voir ? »

Elle ne put s'empêcher de le demander, alors même que possiblement Wendy n'avait pas la réponse. Sauf que Lucy ne pouvait tout simplement pas contenir ce qu'elle ressentait. Elle était tellement rassurée et elle avait envie d'embrasser chaque personne qui lui souhaitait la bienvenue.

Wendy de son coté rouspétait un peu, elle trouvait cela normal qu'on fasse un tel accueil à une princesse mais pas au point de bloquer leur passage. La petite n'était pas très patiente, elle n'aimait pas attendre, l'idée d'être coincée à quelque minute du palais l'ennuyait.

« Quand le ministre de Père est revenu de votre royaume, après vous avoir rencontré ; il a fait un portrait sublime de vous. Il répétait à tout le monde qu'il n'avait jamais vu une femme aussi rayonnante et raffinée. »

Lucy se souvenait avoir rencontré un homme du royaume de Fiore quelque jours après que son père lui ai annoncé son mariage à venir. C'était une après midi du mois de mars, il faisait encore assez froid mais Lucy avait mis ses plus beaux bijoux. Le Roi de Stella avait même fait confectionner une très belle robe pour sa fille à l'occasion, robe que Lucy avait d'ailleurs emmenée.

Toute l'après midi durant, elle avait passé son temps à répondre aux questions de ce ministre, en lui faisant visiter leur palais. Lucy se souvenait d'un petit homme à la moustache blanche, très joyeux et qui avait tenté plusieurs fois de la toucher d'un peu trop près quand elle se retrouvait seule avec lui. Il lui avait fait un nombre incalculable de baise main, lui avait frôler la hanche au point de rendre la jeune princesse assez mal à l'aise.

Elle avait voulu lui hurler de reculer mais elle avait préféré ne rien dire. Elle craignait que le ministre se sente offensé et qu'il fasse au Roi de Fiore un descriptif catastrophique d'elle. Lucy fut contente de savoir qu'endurer cette longue après midi, n'avait pas été vain d'intérêt.

« Puis les rumeurs sur votre beauté se sont répandus bien plus vite qu'on ne l'aurait cru, tout le monde voulait savoir s'il disait la vérité. Surement le peuple est pressé de voir la future femme du Prince. »

Lucy acquiesça. Elle se demanda finalement si elle était aussi jolie que ce qu'avait pu dire le ministre. Elle connaissait ses atouts physiques, son visage était sans imperfection, et sa silhouette tout ce qu'il y a de plus magnifique. Seulement est-ce que la beauté était suffisante pour faire d'elle une princesse idéale pour ce royaume ?

Elle frappa contre la paroi du carrosse pour obtenir l'attention du cocher. Elle lui fit signe à travers la vitre de ne pas chercher à se frayer un chemin à travers la foule. Il s'ordonna et arrêta les chevaux. Sous les yeux ébahis de Wendy, Lucy se leva et ouvrit la portière du carrosse.

En la voyant sortir, les gardes qui tentaient d'empêcher la population de s'approcher redoublèrent d'effort. Les gens s'agitèrent en la voyant, criant un peu plus forts. Lucy sur la première marche de son carrosse, fit une petite révérence comme pour saluer la population, pour amplifier son geste, elle secoua sa main droite en souriant. Ses dames de compagnie sortir également de leur diligence en voyant leur princesse dehors. Elles s'indignèrent, mais Levy ne fut nullement surprise.

Elle avait supplié sa Princesse pour pouvoir être avec elle mais Lucy voulait être seule avec Wendy. Pourtant la dame de compagnie savait très bien comment elle était, et se doutait bien qu'elle sortirait pour saluer la foule. Ce qu'une grande femme du monde ne faisait pas, ou du moins pas de ce contexte là. Pire que cela, elle vit Lucy descendre complètement du carrosse pour s'approcher de la population.

Lucy resta néanmoins derrière les gardes qui s'amassaient de plus en plus autour d'elle pour la protéger. Étrangement Lucy se sentait en sécurité, et ne craignait pas les habitants. Ils étaient tous si joyeux, certains enfants dans les bras de leurs mères hurlaient. Lucy put s'approcher d'une de ces femmes dont l'enfant tendait vers Lucy une très belle rose orangée qui étincelait. Lucy trouva la fleur magnifique.

Les personnes autour de la jeune mère se calmèrent en voyant la princesse proche d'eux. Ils étaient comme choqués de pouvoir la voir de si près. Lucy n'osa prendre la rose que la petite fille lui tendait.

« Tu es si jolie ! »

La jeune princesse sentit son cœur fondre alors que la mère de l'enfant se décomposa, sachant très bien que sa pauvre condition de femme de commerçant ne lui permettait pas de s'adresser à une femme de la noblesse, encore moins à une Princesse royale, et surtout pas de manière si personnelle. Ses jambes se mirent à trembler si violemment qu'elle en tomba à genoux. Elle sera un peu plus fort sa petite fille dans ses bras qui ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait et continuait de tendre la rose vers la princesse en souriant.

Lucy regarda sans réagir cette maman obligée sa fille à s'agenouiller à son tour en guise de pardon pour l'offense qu'elle avait commise. Un silence c'était installé autour d'eux et pourtant la foule en fonds continuait d'hurler ne voyant pas ce qu'il se passait. Lucy se sentit mal à l'aise, elle attrapa la petite fille et la fit se remettre sur ses deux pieds. Lucy détestait qu'on oblige si jeune les enfants à se plier aux codes et règles de la société.

« Merci pour ta rose. »

La Princesse prit la fleur et recula, laissant de nouveau les gardes se mettre entre elle et la foule qui braya encore plus fort qu'avant. Lucy renifla les effluves de la rose, c'était divin. Elle vit le regard sévère que lui lança Levy, mais elle s'en moquait. Elle avait toujours traiter chacun personne comme son égal, et elle ne comptait pas changer cela. Elle savait qu'un roi, une reine, un prince ou une princesse n'était rien sans l'affection de son peuple.

La petite Wendy qui avait observé la scène à travers la fenêtre du carrosse se décida enfin à sortir le bout du nez. Elle était très divisée sur ce que venait de faire Lucy. D'un coté elle était admirative car Wendy avait une peur bleue de son peuple, jamais elle n'oserait l'approcher ; d'un autre elle était un peu consternée, pourquoi une princesse devrait perdre son temps à saluer des personnes si basses dans l'échelle sociale ?

Quand la petite princesse sortit à son tour du carrosse, la foule s'agita encore plus. Si les habitants jusqu'à présent hurlaient des « Bienvenue ! » ou des « Longue vie à la Princesse ! », cette fois on distinguait également des « Vive son Altesse Royale ! ». Seulement Wendy resta de marbre, très habituée à ce qu'on l'acclame. C'était normal et du à son rang. Elle rejoignit Lucy en même temps que les dames de compagnies. Les domestiques étaient également sorti de leur diligence et ceux qui marchaient à pieds s'étaient groupés pour aider les gardes à maintenir la foule.

Lucy était toujours dans son petit monde, émerveillée par un si bel accueil, qu'elle ne vit pas un groupe de personne se frayer un chemin jusqu'à eux.

« Votre Altesse Princesse de Stella, Votre Altesse Royale Princesse de Fiore, Mesdames, je suis désolée pour ce contretemps ! Je vais dégager la route d'ici peu. »

Lucy vit la personne lui faire la révérence puis à Wendy. Elle se demanda bien qui elle était, elle cru d'abord que c'était un homme aux vues de ses vêtements masculins mais sa longue chevelure rousse séparée en deux grosses nattes, ses traits fins, et sa poitrine mal dissimulés sous sa couche de vêtements permirent à Lucy de conclure que c'était une femme.

« Je suis Eileen de la lignée Belserion, Marquise de Dragonof et ministre de la Sécurité du Royaume. C'est un honneur de vous rencontrer. »

La femme fit une deuxième révérence à Lucy, puis elle ordonna à la troupe d'hommes qu'elle avait amenée avec qu'elle d'user de magie pour faire reculer la foule. Elle stipula bien qu'elle ne voulait aucun blessé même malencontreux. Elle pria Lucy, Wendy et toutes les autres personnes de regagner leur place. A contrecœur, la Princesse de Stella s'exécuta, remontant dans son carrosse.

En un temps record, un spacieux chemin à travers la foule se créa. Lucy put voir de sa fenêtre quelque éclat magique dont elle ne perçut pas les sortilèges. Elle fut quand même chagrinée de devoir en arriver là. Elle avait voulu proposer de finir le chemin à pied, mais ce n'était pas digne de son rang. Une Princesse ne marche pas, elle se fait conduire.

Lucy vit pourtant que la foule bien qu'écartée n'avait pas diminuée. Pendant la dizaine de minute de trajet qu'il resta à faire Lucy sentit le stresse monter d'un cran. Elle allait rencontrer toute la Cour aujourd'hui, ou du moins une grande partie. Elle se demandait comment la Reine allait l'accueillir.

« Mère va être furieuse que je sois venue vous voir… »

Lucy eut un petit sourire au coin des lèvres, d'une certaine manière, Wendy était tout aussi angoissée qu'elle à cause de la même personne.

« Elle te pardonnera surement, tenta Lucy pour la rassurer.

— Oh si tu savais, elle se sent si vite trahie. Sa susceptibilité est insupportable ! »

Lucy rit légèrement, son père était un peu dans le même genre. Les deux se seraient bien entendus s'ils avaient eu l'occasion de se rencontrer. Lucy se dit que cela arriverait peut-être un jour. Après tout, si tout se passait bien et qu'elle réussissait à s'attirer la sympathie de la Cour et du Roi, elle pourrait sans doute faire venir son père au royaume pour un séjour.


Hello ! Comment vous allez, je suis heureuse de vous retrouvez malgré ce nouveau confinement. J'espère que vous le vivez au mieux. Bon courage à ceux/celles qui doivent aller à l'école, aller au travail, et ainsi qu'à ceux qui sont en télétravail.

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensez de l'attitude de Lucy, et de son arrivée à la capitale. Les choses vont s'accélérer dans les prochains chapitres ! :)