Commandes février 2021 ouvertes !
Vous pouvez passer une commande de fiction ici !
Pour cela, vous pouvez reviewer cette histoire en précisant ce que vous voulez (l'univers, le couple, les personnages...). Voilà, on s'occupe du reste ! Vous pouvez également passer commande sur notre
Forum ou notre page Facebook, à retrouver tous deux sous le nom de Comptoir des auteurs.
Mais qui sommes nous ? Nous sommes un collectif d'une vingtaine d'auteurs qui souhaitons faire plaisir en répondant à des commandes sur des univers variés !
Et si ?
- si nous ne connaissons pas l'univers ? Nous prenons la commande tout de même car nous augmentons nos rangs (quelqu'un sera alors apte à y répondre)
- je veux passer plusieurs commandes ? Pas de soucis !
- d'autres questions ? Nos mp vous sont ouverts !
- L'équipe du Comptoir -
Et maintenant, place à la deuxième partie de ce chapitre : la fic !
Petite note générale sur la fic : Cette histoire est une co-écriture entre deux auteurs du Comptoir, Angelica R et Marina.
Pour ce onzième chapitre, c'est Marina Ka-Fai qui est à la plume.
Disclaimer :OUAT et GOT ne m'appartiennent pas (on s'en serait pas doutés…)
Chapitre 11
La salle du trône n'était pas comble mais elle n'était pas vide non plus. Le cas du transfert d'un écuyer était une chose rare, d'autant plus quand le jeune apprenti quittait un roi pour un chevalier, pour un régicide. Les rumeurs étaient allées bon train : personne n'avait ignoré l'horrible accident de Lancel et certains avaient évoqué la possibilité que les Lannister en tenaient rigueur à Robert. Ce fut Cersei qui trouva comment contourner le problème en expliquant que son époux était trop pris par sa fonction royale pour pouvoir instruire dignement un aspirant chevalier et qu'il était grand temps qu'un guerrier de la trempe de son jumeau en eut un. Aux côtés d'Hades, Zelena regardait avec fierté son petit protégé passer aux mains d'un homme certes faillible mais qui ne le traiterait plus comme la dernière des déjections animales. Personne n'y fit attention, l'amitié improbable entre la dame et me jeune homme n'étant plus un secret pour personne.
- N'est-ce pas trop décevant pour vous, cousin, de quitter un roi pour un chevalier ? Dit la reine
- La peste qu'est cette femme ! Pensa la sorcière
- Je me considère le plus chanceux des hommes, Votre Grâce. Répondit Lancel. J'aurais eu l'honneur de servir deux légendes vivantes.
- Voilà qui est bien répondu ! Murmura Hades à l'oreille de son grand amour
Lancel tourna son attention vers Robert, le visage neutre, l'air digne.
- Je tenais à vous remercier, Votre Grâce, pour tous les enseignements, tant sur le plan militaire que sur la nature humaine, que vous avez eu la bonté de me donner.
Zelena se mordait la langue pour ne pas rire et si les yeux de Kevan trahirent sa surprise, ils semblèrent vite apprécier le trait d'esprit. Où était donc passé son garçon timide et discret ? Côtoyer Zelena, dont la langue pouvait se montrer acerbe et ironique, l'avait décidément bien aidé à sortir de sa coquille. Robert semblait d'ailleurs déstabilisé avant de se reprendre et de marmonner :
- Je te donne ma bénédiction, Lancel. Puisse Ser Jaime être satisfait de tes services comme j'ai pu l'être.
La cérémonie se finit et le jeune homme retrouva vite son cousin. Il avait été trop longtemps négligé et avait beaucoup à rattraper mais pas avant d'avoir été félicité par son père.
Zelena brossait avec application et délicatesse la longue chevelure d'or de Cersei. La Méchante Sorcière de l'Ouest devait admettre que la reine n'était pas une maîtresse cruelle ou tyrannique avec ses dames de compagnie ou bien ses servantes. En fait, la plupart du temps, elle les ignorait et quand elle leur parlait, si elles n'étaient pas son égale, au moins, elle ne les prenait pas de haut avec la condescendance dont Regina pouvait faire preuve parfois. Cependant, la sorcière craignait toujours de devoir converser avec elle. Cersei n'était pas idiote, loin de là et était assez fine, capable de voir à travers des lignes très minces.
- Votre amitié pour mon cousin est touchante, Lady Zelena. Lança Cersei en reposant son verre de vin.
- Lancel est un être touchant, Votre Grâce. Eluda-t-elle
- Je ne l'avais jamais remarqué. Vous devez le voir d'une manière différente, je suppose. Il doit se sentir responsable de vous, en un sens. Deux personnes ignorant tout de la cour...
- Son aide m'a été très précieuse, en effet.
- Vous semblez aussi très proche de Steffon Frey.
La main de Zelena se figea malgré elle et Cersei ne put qu'en rire.
- Je ne vous blâme pas ! Dit-elle. Il est vrai qu'il a un charme particulier et beaucoup de prestance. Et de vous à moi, ce n'est pas moi qui vous blâmerai de vouloir autre chose que Robert.
La jeune femme préféra se taire, reprenant son activité.
- Vous voudriez l'épouser, n'est-ce pas ?
La perfidie faite femme. Zelena savait que c'était une question piège : le mariage protégerait sa réputation mais épouser un Frey, toute noble qu'était la famille, était vu comme une mésalliance par toutes les grandes maisons. Cersei la testait.
- Je serai profondément honorée d'être considérée comme une épouse digne de l'intelligence de Lord Steffon. Commença-t-elle prudemment. Mais je ne saurais me marier sans l'approbation du roi qui m'a mise à votre service, Votre Grâce. Ce que je veux n'a donc ni poids ni importance.
Epouser Hades... L'idée lui semblait belle, sublime et elle se voyait aisément dans un petit coin avec lui, avec Robyn, pour y couler des jours heureux. Mais était-elle prête pour le mariage, elle qui avait mis tant de temps à accepter l'évidence ? Le voudrait-il ? Elle préférait d'abord savourer ces jours heureux car oui, elle osait l'admettre, elle était heureuse ici, à Westeros. Elle avait l'homme qu'elle aimait à ses côtés, l'amitié de Lancel, une position, l'estime de Ser Kevan... La seule ombre au tableau était l'absence de sa fille. Elle se demanda s'il était possible de la retrouver pour revenir à Port-Réal. Il y aurait toute une histoire à justifier mais elle trouverait bien une couleuvre à leur faire avaler. Cersei, elle, la regardait, à la fois surprise par sa réponse, impressionnée mais, comme toujours, méfiante.
- Vous avez raison. Conclut-elle. Hélas, dans ce monde, ce que les femmes veulent n'ont pas de poids.
- Je n'aime pas cette femme ! Non, je ne l'aime pas !
- Tu n'aimes aucune femme, Cersei. Plaisanta Jaime
Sa jumelle lui jeta un regard noir.
- Pourquoi te méfies-tu tant d'elle ? Jusqu'à maintenant, sa présence n'a absolument rien changé.
- Parce qu'elle n'a pas changé Lancel, peut-être ?
- Depuis quand tu te soucies de Lancel ?
- Je pourrais te retourner la question !
Le visage de Jaime se ferma.
- Le secourir, soit. C'est l'un des nôtres. Aller lui rendre visite une fois ou deux, c'est ton devoir. Mais depuis quand t'inspire-t-il une telle piété filiale au point que tu le prennes sous ton aile ?
- Ce n'est pas parce que tu laisses Robert frapper Joffrey que je dois suivre ton exemple pour Lancel.
Cersei le gifla et il porta sa main à sa joue endolorie. Le chevalier ne se laissa pas démonter pour autant.
- Si Lancel s'est tourné vers Zelena, c'est parce qu'elle lui a offert ce que nous, son sang, lui avons refusé : de la reconnaissance et du respect. Nous ne le voyons même pas comme un membre de cette famille à part entière, il ne l'est que quand on a besoin de lui. Alors oui, si tu t'inquiètes de son influence sur notre cousin, c'est entièrement de notre faute. Et n'ose pas me dire que tu ne savais pas que Robert maltraitait Lancel.
- Et ? Tu fais preuve d'un sentimentalisme digne d'une femme, c'est écoeurant.
Alors qu'elle s'éloignait, Jaime l'enlaça, l'empêchant de partir.
- Si tu ne veux pas penser du côté moral, pense du côté pragmatique. Lui glissa-t-il à l'oreille. En devenant le mentor de Lancel, d'autant plus qu'il m'admire depuis qu'il sait marcher, je peux le ramener dans le giron de notre famille. L'éloigner de Zelena. Le roi finira bien par se lasser d'elle et elle partira comme elle est venue. Et puis, ne me dis pas que Lancel remettant ce gros tas à sa place ne t'a pas fait plaisir.
Eloigner Lancel de Zelena ? Non, ça, Jaime ne le ferait pas. Pas quand elle semblait avoir une influence si positive sur le garçon. Il se méfiait toujours d'elle, il y avait toujours beaucoup trop de zones d'ombre entourant le personnage, mais elle avait un réel souci pour le jeune homme. Et elle avait réussi à gagner l'estime, peut-être même la confiance de leur oncle Kevan, qui était bien loin d'être sot ou manipulable.
- Oublie-la, tu veux ? Poursuivit-t-il, son souffle sur la nuque de sa sœur, sa main remontant vers sa poitrine. De toute façon, tu le sais, non, qu'il n'y a que toi qui compte ici bas ?
Cersei sembla se détendre et bientôt, ils ne firent plus qu'un.
Assise à l'ombre d'une corniche, Zelena observait Jaime qui entraînait Lancel. Le chevalier était strict mais faisait montre de patience et d'une étonnante bienveillance. Elle se demanda un instant si cela était dû à un reste de culpabilité vis-à-vis de son cousin ou s'il était réellement ainsi. Mais Lancel semblait réellement apprécier, il se donnait du mal, beaucoup de mal et révélait une persévérance et une pugnacité qu'elle ne lui aurait pas soupçonnées.
- Madame. Lui dit une voix qui la fit sursauter.
Brienne venait d'arriver.
- Pardonnez-moi de vous avoir fait peur.
- Ce n'est rien, Ser Brienne. Je rêvais.
Le Régicide l'aperçut.
- Ah ! Brienne ! Mes excuses, il est vrai que je vous avais promis un combat d'entraînement mais j'ai perdu la notion du temps. Lui lança-t-il
La jeune femme lui sourit. C'était étrange à dire mais elle venait à voir Jaime Lannister comme un ami. Renly Baratheon était un ange, le servir était un honneur et un plaisir et elle l'aimait profondément. Mais il y avait quelque chose en Jaime, une chose indéfinissable, qui l'attirait. Elle se demandait si c'était parce qu'il avait été là pour l'accueillir à la capitale, le premier à la soutenir, à ne pas essayer de la convaincre de quitter ses épées pour enfiler des jupons. Il appréciait réellement échanger quelques passes avec elle. La roue avait peut-être tourné en sa faveur, qui savait ?
- Je comprends, Ser Jaime. Ne vous en faites pas.
- A moins que vous ne vouliez vous entraîner avec nous ?
- Si cela ne dérange pas votre cousin.
- Ser Jaime m'a vanté votre rapidité. Lui confia l'écuyer. Je serai heureux de pouvoir m'entraîner avec vous.
Zelena les observa donc à trois. Ils formaient un triumvirat étonnant mais assez touchant.
- Je savais que je vous trouverais ici, Lady Zelena.
Kevan venait d'arriver, accompagné d'Hades.
- J'ai écrit à mon frère pour lui faire part des derniers événements. Il vous remercie de l'intérêt que vous portez à Lancel.
Ainsi donc, Tywin Lannister la remerciait ? Voilà qui était intéressant pour la suite. Elle ne l'avait jamais rencontré mais sa réputation le précédait. S'il y avait un homme qu'elle craignait, c'était peut-être bien lui. Et Baelish. Ne jamais faire confiance à Petyr Baelish, lui avait-on dit.
- Vous avez les yeux d'une mère, Lady Zelena.
Elle tressaillit. Il était vrai qu'elle n'était pas spécialement discrète. Et elle devait rester à sa place. Peu importait combien elle tenait à Lancel, il n'était pas son enfant et ne le serait jamais.
- Je sais que Lancel n'est pas mon enfant, Ser. Commença-t-elle douloureusement. Je ne voudrais pas prétendre prendre une telle place dans sa vie.
- Vous vous méprenez. Sourit-il. Je pense vous connaître assez pour savoir que ce n'est pas le cas et je connais assez mon fils pour savoir que cela ne sera jamais le cas. Mais quand vous le regardez, vous le regardez avec les yeux d'une mère. Vous avez un enfant, n'est-ce pas ?
- Oui... Avoua-t-elle, une boule dans la gorge en pensant à son bébé. Une petite fille de quelques mois. Ma demi-soeur la garde tout à elle. Je sais qu'elle sera bien traitée. Mais je...
Avant même qu'elle ne puisse finir sa phrase, un bruit immense les stoppa suivi d'un cri. La branche massive d'un arbre, fragilisée par une tempête de vent quelques jours plus tôt, cédait sous son propre poids, menaçant d'écraser Brienne. Hades comme Zelena n'eurent pas le temps de réagir :
L'objet flottait dans les airs, entouré d'une légère lumière verte, émanant de la main de Lancel qui, par réflexe, avait tendu le bras comme pour pousser la jeune femme en dehors de sa trajectoire.
Lancel Lannister venait ni plus ni moins de révéler aux personnes présentes, son père y compris, qu'il était, lui aussi, un sorcier.
A Suivre
