« Zoé ! Drago est arrivé ! S'exclama May.
- J'arrive ! »
Notre héroïne était arrivée la veille et n'avait pas tardé à retrouver ses repères. Les retrouvailles avec ses cousins avaient été énergiques...
Flash-back :
La jeune fille avait à peine posé un pied dans la maison qu'une tornade multicolore lui sauta dessus.
« Rox, tu m'étouffes ! Rigola Zoé.
- T'es revenue !
- Oui, je crois que je suis au courant.
-Gnagana gna.
La jeune femme lui tira la langue.
- Je suis contente de te revoir.
- Moi aussi. Elle baissa ses grands yeux bleus vers le visage souriant de la brune et lui embrassa le front. Tu viens ? Les garçons sont dans le salon.
- J'te suis. » L'adolescente tira sa cousine par la manche et l'emmena dans la pièce ouverte et colorée qui faisait office de salon. Trois adolescents les attendaient là, le plus âgé berçant son frère dans ses bras.
L'ainé de tout ce petit groupe s'appelait Alex. C'était un jeune homme attentionné, passionné et optimiste. Il adorait le cinéma. Ces suites d'images qui, à force de successions racontaient une histoire, le subjuguaient. Il était assez grand pour son âge mais maigre comme un clou. Ses cheveux courts, châtains, décoiffés lui donnaient un petit côté négligé et ses deux yeux noisettes faisaient tourner la tête de plus d'une fille.
Sacha, son frère, était déjà un peu plus costaud, son crâne était orné de magnifiques boucles blondes et ses yeux remplis de douceur étaient d'un joli vert d'eau qui lui donnaient un certain charme. Véritable fan de théâtre, l'adolescent adorait se donner en spectacle et n'hésitait pas à montrer le fond de sa pensée.
Noha, lui, était un peu plus discret que ses deux cousins. Passionné par la musique, il avait commencé cet art très jeune. Véritable virtuose à la voie d'or, jouer lui était devenu presque aussi vital que respirer. C'était un garçon de taille moyenne, assez chétif. Ses cheveux argentés pourtant déjà court, tombaient perpétuellement devant ses yeux bleus-gris qui étaient d'une pureté incroyable. Il avait la même peau laiteuse que sa sœur ainsi que ses yeux mais leurs ressemblances s'arrêtaient là.
Roxanne, sœur jumelle de Noha était très élancée et avait un corps athlétique. Ses longs cheveux teints de toutes les couleurs possibles et imaginables lui tombaient à peine en dessous des épaules et ses deux yeux bleus animés par leur perpétuel éclat rieur lui donnaient une apparence pour le moins singulière. La jeune femme adorait le sport et plus particulièrement ceux se rapportant au combat.
Elle était passée maîtresse dans l'art du duel et il était préférable de ne pas trop la provoquer si on tenait à ses dents.
Le plus jeune de la famille, Diego, du haut de ses deux petites années d'expériences sur la Terre était un bambin calme et très curieux. Il passait son temps à observer le monde de ses deux grands yeux bruns, s'émerveillant de tout ce qui l'entourait.
Zoé enlaça un à un ses cousins puis s'assit sur le divan aux côtés d'Alex. Elle regarda le benjamin avec tendresse et sourit devant le body jaune du petit.
« Tu seras un taxi mon fils. »
Un grand éclat de rire parcoura le petit groupe enfin réuni. Notre héroïne tenta de reprendre une respiration normale avant de sourire de manière machiavélique. Ses cousins connaissant parfaitement le sens de ce sourire fermèrent toutes les portes et tous les rideaux avant de s'asseoir devant Zoé.
« Mes chers confrères, j'ai un plan… »
Fin du Flash-Back :
« Zoé !
- Oui, c'est bon, j'arrives ! S'exclama la sorcière excédée. Bon Sacha, tu prends la relève. Tu tiens cette corde et tu ne la lâche sous aucun prétexte. Tu attends que Noha revienne avec le mousqueton, ok ?
- T'inquiètes l'ancêtre, je gère. La brune prit un air offensé.
- Je vous demanderais un peu plus de respect pour vos ainés jeune homme. » Elle lui colla une petite claque à l'arrière de la tête. Le blond ricana avant de prendre la corde alors que sa cousine se levait pour accueillir son ami.
Sa tante était dans le hall avec Drago qui abordait un sourire qui aurait donné au plus passif d'entre nous l'envie irrésistible de lui claquer sa belle gueule. Lorsqu'il aperçut la lionne, le sourire du sorcier devint encore plus lumineux.
« Bonjour Zoé. Comment vas-tu en cette magnifique journée d'hiver ?
- Actuellement mon seul et unique rêve est de t'écorcher vif avant de te balancer dans le fleuve, malheureusement, ceci n'étant pas très légal je vais me contenter de l'imaginer très fort.
- Je vois que tu meurs d'envie de découvrir la tenue que je t'ai choisi pour le bal de ce soir.
- J'en rêve ! » Ironisa la jeune femme avant de lancer un regard assassin à sa tante qui la regardait avec amusement. C'est à cet instant précis que son père entra dans la pièce. Il s'arrêta net en apercevant son filleul et lança un regard interrogateur à sa fille. Zoé en apercevant peut-être une échappatoire à cet enfer qu'étaient les mondanités, attrapa son père par le bras et le tira vers la porte.
« Je peux savoir ce que tu fais ? Demanda Severus.
- C'est décidé papa, on ne part pas au bal, on va se pendre à un platane. Le potioniste poussa un soupir fatigué.
- Zoé, cette soirée ne m'enchante pas plus que toi mais, tu es sûre que ce n'est pas un peu exagéré là ?
- C'est soit ça, soit je me flingue pendant le discours des Parkinson. L'air sérieux de sa progéniture inquiéta quelque-peu le professeur qui lança un regard las à la jeune fille.
- Ecoute Zoé, on ne peut pas y couper, ni toi, ni moi. Si notre absence était remarquée, ça leur apparaîtrait comme la pire des insultes.
- Dans ce genre de fête tout est faux. Les gens se haïssent mais s'invitent à danser. Ils se sourient mais s'insultent dès qu'ils se tournent le dos. Ils se font passer pour alliés avant de se trahir sans remords pour des alliances plus prometteuses.
- Tout ce que je te demande, c'est de faire acte de présence et d'éviter de faire sauter le manoir de nos hôtes. Tu t'en sens capable ?
-…
- Ne me regarde pas comme ça, tu sais aussi bien que moi qu'à chaque instant que tu passes dans leur manoir, il y a une chance qu'il explose.
Un sourire amusé fendit ses lèvres.
- Pour les héritiers comme Drago, ce bal est d'une importance capitale. C'est leur introduction officielle dans le monde des sang-pur. Pour toi, ce n'est qu'un long moment à passer, je te l'accorde, mais vois le bon côté des choses, il y aura quelques amis à toi là-bas. Drago sera là, Pansy forcément, j'ai aussi entendu dire que Théodore et Blaise seront de la partie. Tu ne seras pas toute seule.
- Mouais, tu n'as pas tort. J'ai juste peur de m'ennuyer.
- Zoé la dernière fois que tu « t'ennuyais », tu as pris un bout de corde, un ceintre et tu t'es fais une tyrolienne improvisée qui reliait la fenêtre du 2ième à l'arbre qui surplombe le lac en bas de la colline. Je te fais confiance pour trouver une occupation digne de toi.
- Tu sais quoi papa ?
- Non, dis-moi ?
- Je t'aime. Severus émit un petit rire.
- Un truc dans le genre moi aussi. »
« Bien. L'aristocrate tapa dans ses mains. On va commencer. Tu vas être superbe.
- Je dois m'inquiéter ?
- Non du tout. Tu vas aller prendre une douche ensuite, Noha va s'occuper de te coiffer, pendant ce temps, je prépare ta tenue. Tu arrives ici, tu enfiles la robe, Daphnée s'occupe de ton maquillage. Tu mets tes bijoux, Daphnée et Noha terminent les ajustements pendant que je me prépare et on part pour le bal. Simplissime non ?
- Sans mentir, j'ai décroché à partir du moment où tu as parlé de la douche. Le blond poussa un gémissement désespéré sous le regard moqueur de son amie.
Zoé se mira dans la glace, elle avait l'impression inconfortable de porter un costume. Ses cheveux étaient coiffés en un chignon faussement lâche qui cassait le côté parfait de la tenue. Son maquillage était très sobre et enjolivait son teint tout en soulignant ses yeux. Sa robe oscillait entre le noir et le bleu nuit et était très échancrée. Drago avait respecté sa seule consigne qui était qu'elle ne voulait pas d'une robe trop provoquante, après tout, elle n'avait que treize ans et n'était pas une marchandise. Le bustier était très soft lui laissant uniquement une épaule à nu. Il était magnifié par une rose noire délicate qu'avait ajouté Noha avec un sourire gêné. Pour finir, Daphnée avait apporté quelques bijoux telles que deux boucles d'oreilles pendantes qui supportaient chacune une aventurine bleue taillée en ovale. Elles étaient assorties au somptueux collier qui lui décorait la poitrine. Les escarpins que lui avait offert sa tante était d'un noir sobre qui s'accordait parfaitement avec le reste de la toilette.
La jeune femme sursauta quand Drago entra dans la salle de bain.
« On frappe avant d'entrer. Grogna -t-elle.
- J'ai toqué mais tu n'as pas répondu. Le blond haussa les épaules avant de darder sur elle un regard calculateur. Il manquait quelque chose.
- Quoi encore ? Soupira la sorcière. Le serpent lui offrit un sourire énigmatique avant de sortir de sa poche un petit paquet.
- Ça reste entre nous bien sûr. Zoé déchira le papier, intriguée et ouvrit l'écrin en velours noir. Elle écarquilla les yeux de surprise.
- C'est…
- Je me suis dit que ça te ferait plaisir. »
La brune acquiesça sans même avoir compris le sens de la phrase. Elle était bien trop subjuguée par le cadeau de son, elle pouvait se le dire, frère de cœur. Un ras-de-cou noir sur lequel était accrochée une petite pieuvre argentée aux yeux onyx. Le jeune homme lui prit le bijou des mains avant de lui attacher autour du cou. Il lui sourit et l'embrassa tendrement sur la tempe.
« Et voilà, tu es parfaite. La lionne se jeta dans ses bras répétant comme une litanie sans fin « merci, merci, merci… ». L'adolescent rit de bon cœur avant de lui demander. Prête ?
- Prête !
La brune descendit dans le hall de la maison, souriante. Son père l'attendait là et elle ne put s'empêcher d'admirer son élégance presque arrogante et sa posture d'aristocrate. Il suintait d'une beauté désinvolte et presque accidentelle tandis que sa tenue chic réhaussait son charisme naturel. Des chaussures aux boutons de manchette, tout était noir à l'exception de son veston de style victorien qui était d'un joli bleu foncé. Il avait attaché ses cheveux en un simple catogan et le tout lui donnait un je-ne-sais-quoi d'hypnotisant.
Zoé se demandait pourquoi son père refusait obstinément de refaire sa vie. Il était jeune, intéressant et on ne pouvait pas nier qu'il avait un certain charme. Elle ne savait pas si s'était par respect pour sa mère ou par peur d'engager une nouvelle relation mais elle était sûre d'une chose, il fallait que son père se décide. L'adolescente n'avait pas particulièrement envie d'une belle mère ou même d'un beau-père, elle s'inquiétait surtout pour celui qui l'avait mise au monde. Le problème était bien là, elle n'était pas éternelle, elle ne se faisait pas d'illusions, sa maladie prenait chaque jour un peu plus de terrain. Il était absolument hors de question que son père se retrouve seul quand elle partirait rejoindre sa mère.
Cette soirée était l'occasion rêvée de trouver lui quelqu'un. Même si ce n'était pas une relation sérieuse, il fallait qu'il rencontre de nouvelles personnes et ça, elle le jurait, elle allait s'y appliquer.
Drago descendit à son tour. Il portait une tenue très chic, presque trop. Elle était d'un bleu froid, assortie à ses yeux aciers. Ses souliers étaient vernis, sa robe de sorcier repassée au millimètre près et notre héroïne fut impressionnée de voir que son ami était maintenant un adulte, un noble important de l'aristocratie anglaise. Il descendit les quelques marches qui les séparaient mais au lieu de la serrer dans ses bras comme elle s'y était d'abord attendue, il prit sa main et déposa un baiser sur le dos de cette dernière.
« My lady. Souffla-t-il un sourire taquin aux lèvres.
- My lord. Lui répondit-elle sur le même ton tout en s'inclinant.
Ils se tournèrent vers Severus qui les regardait, un éclat malicieux au fond des yeux.
- Parés pour cette mission d'enfer ?
- Chef, oui chef ! Scandèrent-ils en cœur.
- Eh bien en avant soldats. »
Les deux adolescents attrapèrent l'un des bras du potioniste et dans un « Pop » sonore, ils transplanèrent.
Voilà enfin la suite des aventures de notre poulpe. Prochain chapitre, le bal tant attendu. J'espère qu'il vous aura plu. Moi j'ai adoré l'écrire. J'attends vos avis. Et en attendant la suite, je vous dis à bientôt !
