Bonsoir !
Le chemin fut long mais je suis de retour. J'ai été très absente car j'ai une coupure internet qui dure depuis plus de deux mois et impossible d'avoir une connexion suffisamment stable pour corriger et poster mes chapitres... du coup je culpabilisée beaucoup de ne pas pouvoir poster. Enfin, actuellement, je n'ai toujours pas de connexion, mais on nous a prêté une clé 4g qui fait le job, je peu donc poster de nouveau et c'est top !
Je vais tenter de reprendre le rythme d'un chapitre par semaine !
Sur ce je m'excuse pour les trois mois d'absence et je vous laisse avec le chapitre 11
Edith
Chapitre 11
"L'impossible vérité, par Ginny Weasley"
Hermione donna le mot de passe à la grosse dame, puis elle entra dans la salle commune tapissée de rouge et d'or. Il y faisait chaud, de la musique passait en fond sonore et donnait à la pièce une allure chaleureuse qu'elle avait toujours aimé. Lorsque la préfète entra, les regards se tournèrent vers elle et le silence se fit et seul, les crépitements du feu de cheminée se firent entendre. Hermione, gênée face à tant d'attention chercha un regard amical et tomba sur Parvati qui vint vers elle.
-Hermione ? Que fais-tu ici ? Demanda-t-elle un peu mal à l'aise, probablement vis-à-vis de Lavande et Ron.
-Et bien, Dumbledore pense qu'il vaut mieux que les préfets surveillent les salles communes pendant quelques jours.
-Oh, je vois. Et bien… Bienvenu. Elle sourit et fila dans les dortoirs, sûrement pour prévenir Lavande.
-Hermione ? intervint une voix qui ne lui était pas inconnue.
-Harry !
Harry était assis à une table en compagnie de Dean et Seamus. Hermione avança vers eux, posa son sac près d'elle et prit Harry dans ses bras. Dès qu'il serra son amie dans ses bras, Harry la sentit trembler et comprit que quelque chose n'allait pas et qu'elle n'avait pas donné à Parvati la vraie raison de son retour. Elle lui murmura qu'ils en parleraient plus tard, puis elle monta dans son dortoir afin de poser ses affaires. Son lit était fait et semblait n'attendre qu'elle. Les tentures rouges, les franges dorées, le coffre au pied de son lit. Cela lui avait tout de même manqué, mais son autre chez-elle lui manquait bien plus. Lavande était debout au milieu du dortoir, elle était occupée à plier des vêtements, mais une fois face à la préfète, elle préféra s'éclipser avec Parvati qui adressa un petit sourire à Hermione.
Une fois le dortoir vide, Hermione s'allongea sur son lit, mais elle ne se sentait pas chez elle pour autant. Elle s'était trop habituée à son autre salle commune, à son autre quotidien avec son homologue. Cette salle à la magnifique cheminée au rebord couvert de livres, la table à laquelle elle aimait s'asseoir pour travailler, penser en fixant le feu ronflant et parler avec son homologue. Hermione, tout en fixant sa table de chevet se demanda comment s'en sortait Drago. Son retour devait être bien plus compliqué et stressant pour lui. Elle espéra le revoir vite et cette pensée la fit rougir. C'était à présent systématique, le rouge aux joues, cette agréable douleur au cœur. Des pensées sans cesse tournées vers lui, son regard tantôt doux, tantôt dur comme la pierre, ses mèches de cheveux qui barraient son visage fin aux traits mystérieux. Son caractère aussi complexe qu'un labyrinthe.
Après un moment sans bouger, dans le silence, elle repensa en secret à ce que le serpentard lui avait dit. Elle se souvint de la douceur de sa voix, de sa promesse de la revoir. Hermione sourit sans même s'en rendre compte et entreprit de défaire ses affaires et de lire un livre pour tenter de se détendre. L'Histoire de Poudlard n'offrit cependant pas le repos auquel elle aspirait. Elle ferma son précieux livre et décida de rejoindre Harry et les autres en bas, au coin du feu.
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Pendant ce temps, plus loin, dans les entrailles de l'école, dans la salle commune des Serpentards, l'ambiance n'était pas la même que chez les gryffondors. Drago n'avait pas décroché un seul mot depuis son entrée dans la salle et s'était dirigé immédiatement vers son dortoir.
Il était à présent allongé sur son lit qu'il trouvait terriblement inconfortable et priait pour fuir aussi vite que possible, tout en ruminant sa colère. Il ne voulait voir personne, il refusait d'écouter encore les bruits alentour qui provenaient des profondeurs du lac et résonnaient dans la salle commune, lui donnant parfois des airs d'épave reposant sous l'eau. Cette salle qu'il avait tant aimée avait perdu de sa chaleur et de sa beauté. Il se sentait oppressé dans cet endroit et des souvenirs qu'il cherchait à oublier commencèrent à revenir, à creuser pour arriver jusqu'à lui. Il se souvint des nuits passées, enfermé entre les rideaux de son lit, à regarder sa marque tout en se demandant pourquoi avait-il fait cela ? Quand avait-il décidé qu'il voulait devenir l'un d'eux ? Son bras se mit instantanément à trembler et il frémit. Son cœur battit plus vite, plus fort et plus violemment. Il aurait voulu qu'elle soit là. Il continuait de refuser de se l'avouer, mais la présence de son homologue lui était devenue si agréable qu'il se sentait mieux en sa présence. Il se sentait moins sombre, moins sauvage et toutes ses pensées se dirigeaient ailleurs et souvent vers elle. Drago ferma les yeux et alors qu'il se remémorait les derniers instants passés auprès de sa si douce homologue.
En bas, il entendait Pansy se plaindre de ne pas l'avoir vu revenir. Rien que pour cela, il était prêt à s'enfermer dans le dortoir. Il avait aimé Pansy, mais ce n'était plus le cas et sa jalousie maladive avait tout détruit y comprit son affection et son amitié pour elle.
Soudain, la porte du dortoir s'ouvrit sur Blaise. Drago tourna instinctivement la tête vers lui et le foudroya du regard. Il n'aurait pas cru pouvoir ressentir une telle haine vis-à-vis de son meilleur ami. La colère ne cessait de le consumer et il fit de son mieux pour ne pas céder à son envie de frapper le mur le plus proche. Il ne voulait pas retourner à l'infirmerie.
-Je n'ai pas envie de parler.
-Ecoute Drago. Commença Blaise, l'air désolé. On voulait simplement…
-Me prouver que ce n'était pas une bonne idée ? Continua Drago. Et bien… tu avais raison…
Surprit, Blaise leva la tête et ouvrit de grands yeux intrigués.
-Je me suis trompé sur son compte. Quand mon père est venu, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, elle s'est brusquement retournée contre moi et on a eu une violente dispute après votre départ. Bref… je réitère. Je n'ai pas envie de parler.
-Tu es sérieux ? Demanda Blaise septique.
-J'ai l'air d'avoir envie de te mentir là ?
Il avait sa tête des mauvais jours, son humeur sombre et son regard grisâtre.
-Je pense qu'elle a découvert que je n'étais pas non plus très honnête…
-Honnête ?
-Tu penses vraiment que j'ai pu vraiment y attacher ? Demanda Drago en se redressant.
-Tu aurais au moins pu me le dire.
-Rien n'aurait été si… « authentique ». Comme tu t'es attaché à me le dire et à presque me le jeter en pleine figure dés que l'occasion s'est présenté, j'ai une marque qui symbolise mon appartenance à un groupe qui souhaite des informations et elle était la source la plus directe que je pouvais avoir dans mon entourage. Dans tous les cas, tu peux douter de ma sincérité, je ne t'en voudrais pas. Cependant, sois honnête. Tu n'aurais pas pu t'en empêcher et tu aurais fini par me trahir sans le vouloir. Je te connais Blaise et je ne parlerais pas de Pansy.
-Pas faux… affirma Blaise.
-Maintenant, si tu veux bien, je voudrais ruminer ma vengeance en paix.
Il n'adressa pas un regard à Blaise et se contenta de fixer sa chevalière. Depuis le temps, il avait appris à connaître Blaise et savait qu'il n'allait pas tenter d'en parler plus et qu'il ne ferait plus de vagues pendant un moment. Pourtant, Drago savait qu'il ne devait pas baisser sa garde. Il allait devoir mentir et jouer la comédie. Si Blaise était endormi pour l'instant, il n'en garderait pas moins quelques doutes et continuerait certainement à l'observer.
Sentant le regard insistant de son ami, Drago souffla d'agacement et se leva pour lui faire face.
-Tu as quelque chose à dire peut-être ? Demanda le serpentard d'une voix glaciale et sèche.
-Non, rien de plus. Tu veux aller faire un tour avec nous ?
-Sans façon. De plus, j'ai des affaires à ranger.
Les deux jeunes hommes s'affrontèrent du regard et se jaugèrent jusqu'à ce que Blaise recule d'un pas vers la porte du dortoir.
-Bien, je te laisse. Blaise se tourna vers la porte.
-Au fait ! continua Drago. J'ai peut-être être joué avec le feu, mais je me souviens de chaque mot que tu as prononcé. Mieux vaut que tu ne m'approches pas une fois les portes de la commune passées après les cours. On s'en portera mieux toi et moi.
Blaise hocha la tête et quitta le dortoir.
-Un jeu. Tu ne sais plus si bien mentir Drago. Murmura Blaise pour lui-même. En espérant que je me trompe, puis il s'éloigna vers le grand salon.
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Pendant que Drago était à la recherche de motivation pour ranger ses affaires, dans la salle commune des gryffondors beaucoup se réjouissaient du retour d'Hermione. Assise sur un canapé près de Harry et Ginny, Hermione était occupée à décrire en détail la salle commune des préfets en chef et Ginny gonflait les joues de jalousie.
-Pourquoi on n'en a pas des comme ça ?
-Parce qu'on n'est pas préfet. Répondit Harry.
-On est dans l'équipe de Quidditch, ça pourrait compter, tu crois ?
-Arrête. Fit Seamus, McGonagall pourrait nous faire loger dans les vestiaires juste pour nous faire râler.
-En tout cas, Fit Neville. Je suis content que tu sois de nouveau avec nous.
Ginny mourrait d'envie de prononcer le nom de Malfoy pour en savoir plus, mais Harry l'arrêta, car ce n'était pas le moment. Pas devant tout le monde. Il lui fit un signe de la tête puis il se leva.
-Allons manger, il y a des petits pains au raisin en dessert.
Les élèves présents dans la salle se levèrent comme un seul homme et sortirent de la salle commune avant que les petits pains ne disparaissent. Hermione en sortant au bras de Ginny évita de croiser Ron et Lavande qui ne s'étaient étrangement pas montrés depuis un moment. Elles ignorèrent les nouvelles tentatives ratées de la grosse dame pour tenter de chanter de façon correcte, puis elles rejoignirent Harry qui s'était avancé.
Tous trois marchèrent un moment quand ils croisèrent le professeur Shlugorn qui ne les salua pas tant il était plongé dans la lecture d'un parchemin. Ginny fit la moue après avoir étiré son cou de façon à tenter de lire par-dessus l'épaule du professeur.
-Je suis certaine qu'il va encore chercher à organiser une soirée pour son petit club. On va encore manger ses histoires farfelues et manger de la nourriture qui est plus jolie qu'elle n'est bonne.
-Pitié… souffla Hermione. Je ne supporterai pas une soirée de plus aux côtés de Cormac. Je m'en souviens enc…
Mais la gryffondor ne termina pas sa phrase. Elle venait de se faire bousculer et son sac tomba, étalant ses affaires par terre. Il y eut un moment de latence jusqu'à ce qu'elle ne se retourne pour fixer l'idiot qui l'avait poussé.
-Je ne t'avais pas vu. Dit-il d'une voix glaciale tintée de moquerie. Faut dire que tu n'es pas la personne la plus voyante de l'univers, sauf si on parle de ton énorme tête.
-Et c'est toi qui parles. Cracha Hermione sans vraiment se contrôler.
Elle faisait face à Drago. Il avait les bras croisés, son regard était de marbre et il regardait la jeune femme comme si elle n'était rien d'autre qu'une saleté sous sa chaussure. Les deux préfets se jaugèrent un instant, puis Hermione baissa la tête pour aller ramasser ses affaires. Le serpentard eut un léger rire et lâcha.
-Je préfère ça Granger.
Brusquement et sans comprendre la façon dont elle réagissait, Hermione se redressa, le visage rougi par la colère et foudroya son homologue du regard. Il ne cilla pas. Son regard n'était plus le même, mais au fond d'elle Hermione sentit qu'il mentait comme un arracheur de dents. Il le lui avait dit, il allait falloir jouer pendant un temps. Cependant, elle n'avait pas pensé que le jeu pouvait être si brutal. Un fin sourire s'étirait sur le visage de son homologue et lui donnait un air presque démoniaque. Elle frissonna, puis elle le vit. Elle vit le regard du serpentard se perdre dans le sien. Il céda l'espace de quelques secondes pour la rassurer puis il se ressaisit. Derrière lui se tenaient Crabbe et Goyle qui avaient retrouvé leur place. Elle fit de même et se redressa de sorte à tenter de se mettre presque à sa hauteur. Son cœur cessa de battre, puis elle se laissa emporter par le jeu sous les yeux de Ginny et Harry qui ne comprenaient plus rien.
-Je regrette d'avoir perdu mon temps avec toi. Siffla la jeune femme.
-Tu ne crois pas si bien dire. Répondit brusquement le serpentard. Maintenant, si tu pouvais te pousser.
Mais elle ne bougea pas, comme si elle était collée au sol. Agacé, Drago contourna Hermione et fit signe à Crabbe et Goyle de le suivre.
-Je préfère ça. Sourit Hermione en se tournant vers son homologue qui se stoppa net.
Drago fit signe à Crabbe et Goyle qui continuèrent leur chemin sans le serpentard qui fit demi-tour. Il n'aimait toujours pas qu'on se moque de lui de la sorte. Elle le savait et apprécia l'instant, même si elle savait qu'elle risquait de le regretter.
-Je peux m'en sortir. Sourit Hermione. Vous pouvez y aller. Elle fit signe à Harry et Ginny qui après une courte hésitation tournèrent les talons pour aller attendre Hermione un peu plus loin.
-On devrais… Commença Harry.
-T'en fais pas, viens. On se fera trucider les premiers si on reste. Répondit Ginny en tirant son petit ami par le bras.
Drago revint vers son homologue en quelques enjambées et lui fit face pour la seconde fois. Ils restèrent silencieux jusqu'à ce que le couloir soit vide. Ils ne pouvaient pas se toucher, ils ne pouvaient pas agir librement et se sentaient comme consumés par un brasier dont l'autre était à l'origine. Ils gardèrent une distance raisonnable et restèrent là un moment. Drago avait retrouvé un regard presque doux et bleu comme l'océan. Plus il regardait Hermione, plus il sentait les défenses qu'il avait installé un peu plus tôt s'effondrer comme un château de cartes. Il aurait à cet instant donné tout ce qu'il possédait pour lever la main vers elle et la toucher, frôler sa chevelure, profiter encore de ses joues rosâtres, et pourtant, il devait s'en empêcher. Néanmoins et après avoir regardé aux alentours afin de savoir s'ils étaient observés, il se retourna vers Hermione et lui adressa un mince sourire qui la rassura. Il sentit son homologue se radoucir et baisser sa garde.
-Je ne pensais pas que tu attaquerais si vite. Dit-elle.
-Je suis très doué pour ça.
-Pour l'attaque ?
-Ne me tente pas. Tu sais que j'en connais un rayon sur le sujet.
Il afficha ce sourire mince qui faisait apparaître deux fossettes sur ses joues et le rendait étrangement attirant. Hermione sourit alors, comme une idiote et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, un peu comme une enfant gênée. Parfois, elle ne parvenait pas à se comprendre elle-même, surtout quand Drago Malfoy était là.
-On va rester comme ça combien de temps ? Demanda la préfète.
-Le temps qu'il faudra. On trouvera bien un moyen pour que… enfin, tu vois.
-Oui, oui, je vois.
-En attendant, sache que rien n'est vrai. Fit Drago presque en paniquant, comme s'il avait peur qu'elle ne le croit pas.
Elle acquiesça.
-Rien n'est vrai. Répéta Hermione d'une voix douce.
Le serpentard resta là et se contenta de chercher comment agir tout en sachant qu'il ne pouvait se comporter comme il en avait pris l'habitude avec elle. Il se demanda l'espace d'un instant comme ntil avait pu se montrer si méchant avec elle durant tant d'années. A présent le simple fait de la foudroyer du regard lui brisait le cœur. Il recula et tout en se tournant, fit voler sa cape de sorte que personne ne put voir sa main frôler affectueusement le poignet de son homologue qui frissonna.
-A plus tard Granger. Dit-il, dos à elle alors qu'il se dirigeait vers la grande salle.
A son tour Hermione entra dans la grande salle pour aller prendre place près de Ginny et Harry qui n'osèrent rien dire durant quelques secondes. Hermione semblait aller bien, elle était calme et posa son sac près d'elle pour se servir un verre d'eau. Mais Ginny n'y tint plus.
-C'était quoi ça ?
-Rien du tout. Répondit simplement Hermione. Disons… On a eu une violente dispute et… c'est mieux comme ça.
-Très bien mais…
-Je n'ai pas très envie d'en parler pour le moment. Fit Hermione sur un ton un peu plus froid et en attaquant son plat à coup de fourchette. J'ai juste perdu mon temps en pensant que c'était quelqu'un de bien.
Plus Hermione parlait, plus elle avait l'impression de se découvrir des talents de comédienne, ce qui la surprit. Ginny de son côté n'en croyait pas un mot, mais elle décida de laisser le temps à son amie qu'elle connaissait par cœur.
-D'accord. Dit-elle. Mais tu sais que si tu me mens, je le saurai. Puis elle entama son plat.
Hermione ne répondit pas et préféra garder la tête baissée vers son poisson.
-En tout cas… fit Harry. Si tu veux parler…
-Merci.
Harry hocha la tête tout en se demandant lequel des membres de Drago, il allait briser en premier.
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Pendant ce temps, à la table des serpentards, Drago avait décrété qu'il n'avait pas très faim. La nourriture du jour ne lui faisait que très peu envie. La proximité de Pansy l'agaçait, les sous-entendus incessants de Blaise devenaient de plus en plus pénibles et être entouré à nouveau de Crabbe et Goyle lui donnait l'impression d'être enfermé dans une cage. Il tenta de participer à quelques conversations, mais se lassa très vite de tous les sujets, car le seul qui pouvait titiller sa curiosité était assis plus loin. Afin de pouvoir céder à la curiosité sans trop attirer l'attention de ses chiens de garde bien trop pris par leur conversation sur les derniers ragots du château, Drago entreprit de détailler sa petite cuillère. L'avantage de l'observation minutieuse de cette petite cuillère qu'il tenait devant ses yeux était qu'il pouvait aussi croiser le regard embrumé et légèrement perdu de son homologue qui manqua de sursauter en croisant le sien. Il n'était pas discret et pourtant, personne ne sembla s'en apercevoir. Hermione émit un petit sourire et dû se cacher pour rougir sans qu'on ne la voit. Son cœur brûla et sa respiration cessa durant quelques secondes. Quand les élèves commencèrent à se lever pour retourner en cours, Hermione en profita et rendit son regard au jeune homme qui en fit tomber sa cuillère, ce qui le ramena subitement à la réalité.
-Ne joue pas avec ta cuillère. Siffla Pansy. Un jour, tu vas la faire tomber et te tâcher.
-Hein ? ah, oui oui. Répondit-il sans vraiment prêter attention à ce qu'il disait.
-Allons-y. Fit Blaise, légèrement méfiant.
Plus loin, Hermione s'était levée pour suivre Harry et Ginny en grande conversation à propos des nouveaux exercices à faire lors des entraînements de quidditch. Une fois hors de la salle, Hermione prit la direction opposée à la leur.
-Je vais à la bibliothèque. Leur dit-elle.
-On se rejoint plus tard à la salle commune ? Demanda Ginny en embrassant la joue de son amie.
-Bien sûr ! À plus tard !
Hermione leur fit un signe de la main, puis elle s'éloigna en direction de l'endroit qui était à ses yeux, le plus rassurant. Bien entendu, maintenant, il y avait sa salle commune, celle qu'elle partageait avec Drago, mais la bibliothèque avait une place à part, une toute autre résonnance en elle. C'était un lieu calme, chaleureux, mystérieux et l'odeur des livres et des bougies flottants dans les allées lui étaient si agréable qu'elle ne pouvait s'en passer. Si elle ne pouvait plus parler à son homologue, elle préférait flâner en silence dans les rayonnages à la recherche de la perle rare.
Tandis qu'elle marchait vers la bibliothèque, Hermione repensa au regard de son homologue. Cet œil curieux derrière une petite cuillère. A la pensée de ce geste presque enfantin, elle sentit tout son corps réagir et se réchauffer. Elle toucha de ses mains glaciales, ses joues brûlantes et s'arrêta au milieu du couloir. Elle ne se contrôlait plus quand il s'agissait de son étrange homologue et si cela avait été pénible au début, elle commençait à s'y faire, mais la raison de tout ça lui restait encore inconnue, ou bien se la cachait-elle volontairement ? Elle ne savait pas et laissa de petits papillons voleter dans son estomac, faisant naître en elle une sensation si douce qu'elle ferma les yeux et apprécia cette douleur délicate. La préfète revint à la réalité lorsque des éclats de voix se firent entendre à l'autre bout du couloir. Hermione rajusta son écharpe sur ses joues, baissa la tête et fonça dans la bibliothèque.
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Une fois assise à sa place attitrée, tout au fond de la bibliothèque là où se trouvait les livres d'histoire de la magie, Hermione posa ses affaires devant elle et ferma les yeux pour apprécier le silence, l'atmosphère du lieu et les chuchotements des élèves. Elle hocha la tête quand madame Pince passa devant elle et lui sourit. Hermione était bien la seule élève que la bibliothécaire appréciait, car elle savait que la gryffondor prenait tout autant soin de ses livres qu'elle. Madame Pince acceptait donc parfois de céder quelques raretés à la préfète pour qu'elle les feuillète. Une fois un regard échangé avec Hermione, madame Pince retrouva son air sévère et retourna raser les murs à la recherche de la moindre infraction ou le moindre sacrilège officiait par un élève à l'encontre de l'un de ses précieux livres et laissa Hermione seule. Du moins, c'était ce que cru la jeune femme.
Non loin de là, debout dans un rayonnage, le visage caché par un livre, Drago décortiquait les gestes de son homologue dans ce lieu qu'elle aimait tant. Quand il fut sûr qu'elle ne le verrait pas, il posa le livre qu'il tenait et avança un peu plus près pour pouvoir l'observer à travers les rayonnages. Il la regarda se lever et commencer à filer le long des étagères, d'un pas léger. Elle leva la main et se mit à parcourir les reliures des livres du bout des doigts comme si elle touchait de précieuses reliques. Elle devait parfois se mettre sur la pointe des pieds et se mordait la langue tout en tendant le bras pour accéder à l'ouvrage qu'elle souhaitait regarder, elle ressemblait à une enfant. C'était une vision douce aux yeux du serpentard qui malgré cela sentait son cœur s'effriter un peu plus à la pensée qu'il était plus que probable que rien ne se passe jamais. Il n'osa pas se demander pourquoi il continuait sur ce chemin. Il n'avait de toute manière pas la réponse et quelque chose en lui, le poussait à marcher toujours plus vite vers la gryffondor. Les cheveux de la jeune femme flottaient derrière elle, en cadence avec les mouvements de son corps. Drago se demanda comment de simples livres pouvaient-ils capter son attention de la sorte. Elle ne le remarquait pas. Il se passa un moment durant lequel le blond observa son homologue, dans le plus grand silence, tout en la détaillant, de la courbe de ses yeux jusqu'au minuscule grain de beauté sur sa main gauche qui absorba tellement son attention qu'il ne se rendit pas compte qu'elle avait fini par le repérer. Il sursauta et chercha une sortie, mais il n'en eut pas le temps.
Hermione se trouvait à présent de l'autre côté de l'étagère derrière laquelle se trouvait Drago. Elle déplaça un livre afin de savoir si elle avait bien vu. Elle resta silencieuse, le regard perdu dans celui de son homologue qui sentait son corps devenir si lourd qu'il aurait été incapable de faire le moindre mouvement. Le temps sembla s'arrêter. L'atmosphère et le silence qui régnaient dans la bibliothèque rendaient tout presque irréel. Le regard lointain de la gryffondor transperça le corps du serpentard. Elle fit un pas sur le côté comme pour chercher un livre, il fit de même, comme si chacun se trouvait face à un miroir. L'ambiance de l'instant était si étrange. Hermione ressentait un intense besoin d'approfondir le contact aussi étrange qu'il était. Elle avait envie d'explorer ce qui se créait tout autour d'eux. Le regard du serpentard dans la pénombre était gris, mystérieux et étrangement beau. Une mèche blonde barrait son front. Il la replaça d'un bref geste de la main. Aucun n'osa élever la voix de peur que tout ne s'arrête. De plus, il ne fallait pas que quelqu'un les vois tous les deux. C'est pour cela que Drago décida de s'éloigner. Son corps sembla se fondre dans la pénombre comme s'il y avait toujours appartenu, puis il disparu aussi discrètement qu'il était venu, laissant une Hermione surprise face à une étagère dont elle n'avait au final que faire. Elle retourna alors s'asseoir pour étudier, mais toujours en gardant un œil tout autour d'elle.
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Dans le couloir, Drago marchait à vive allure pour rejoindre les autres avant qu'ils ne se fassent des idées sur son absence. Il s'était remis à gratter maladroitement la paume de sa main qui avait cicatriser. Il devait se débarrasser en surface de toute trace de ce qu'il venait de se passer. Il savait que Blaise allait remarquer quelque chose en le voyant revenir avec un air lointain sur le visage. Il aurait été capable de sentir le parfum de la gryffondor sur sa robe de son ami.
Après avoir enfoui au fond de lui les images de son homologue, Drago ravala sa salive, respira profondément et entra dans sa salle commune d'une éternelle froideur. Pansy était allongée sur un canapé, face à Blaise qui avait conquit le second canapé. Tous deux levèrent la tête vers les escaliers de l'entrée quand Drago se montra.
-Ah enfin ! Fit Pansy en se relevant. Mais où étais-tu passé ?
-Tu n'es pas ma mère. Rétorqua Drago sans laisser à Pansy le temps de continuer sa phrase.
-Non, je ne suis pas ta mère, mais…
-Y a pas de « mais » qui tienne. Cesse de faire comme si je devais encore tout partager avec toi, jusqu'à mes rognures d'ongle.
-Par Merlin Drago ! S'emporta la serpentard. Que t'arrive-t-il ? C'est moi !
-Et ? Je te signale que j'ai failli avoir d'énormes problèmes par votre faute ! Je suis peut-être de retour au dortoir, mais je ne reviendrais pas vers toi pour autant. Le passé, c'est le passé et tu sais que je déteste y revenir. Il vaut mieux pour toi que tu le comprennes. Est-ce clair ?
-Comme de l'eau. Répondit-elle d'une voix presque inaudible.
-Je vais me reposer. Je viens d'arriver et j'ai déjà envie de repartir.
Drago souffla et disparut pour aller dormir un peu. Il n'avait pas envie de rester près de Pansy, car il savait qu'elle allait déballer son sac durant des heures et que cela allait mal se terminer. Il n'avait pas envie de hurler, ils s'étaient trop disputés par le passé pour qu'il retente l'expérience.
Dans la salle, Pansy bouillonnait. Il ne fallut que quelques secondes pour qu'elle explose, faisant sursauter Blaise.
-Je vais faire de cette fille mon prochain repas. Je jure que moi vivante, elle n'approchera plus Drago. Grogna la jeune femme le visage rouge de colère.
-Pansy. Ca suffit. On n'a pas le temps pour ça.
-Pas le temps ? tu te moques de moi ? Cette fille, c'est comme si elle aspirait son âme et tout ce qu'il est ! Et tu comptes la laisser faire ?
-On doit tenir jusqu'aux vacances de Noël.
-Pourquoi cela ?
-Il va les passer chez moi. Ca lui remettra les idées en place.
-Je peux au moins lui briser un bras ? Demanda la jeune femme qui mourrait d'envie d'éliminer toute trace de sa nouvelle rivale.
-Non, tu ne vas rien lui faire où ça va faire empirer la situation. Il saura que c'est nous et tu peux être sûr qu'il nous tuera. On va le tenir à l'œil et ne jamais le laisser seul avec elle. Tant qu'il restera ici ça ira.
-J'ose espérer que tu as raison. Grogna Pansy en fixant le feu qui dansait de façon saccadée dans l'âtre.
Plus loin, dans le dortoir des garçons, Drago n'avait plus vraiment envie de se reposer comme il l'avait craché quelques minutes plus tôt. Il ne savait pas ce qu'il voulait faire en attendant le prochain cours de la journée, mais rester là était tout bonnement proscrit. Crabbe et Goyle entrèrent et fixèrent Drago comme s'ils attendaient ses ordres.
-Vous êtes capables de vivre sans moi ? Demanda Drago qui était exaspéré.
-Heu.. oui. Répondit Crabbe, quelque peu hébété.
-Et bien voilà ! Vous n'êtes pas aussi abruti qu'on le dit ! Drago ouvrit les bras. Alors continuez à vivre hors de mon espace vital. Termina le serpentard quittant la pièce en soufflant.
Drago longea le couloir pour atterrir dans le salon. Il n'adressa pas le moindre regard à Blaise et Pansy qui parlaient probablement encore de lui.
-Où vas-tu ? Demanda Pansy en sautant du canapé.
-Le plus loin possible de toi. Lui répondit Drago sur un ton si nonchalant que la jeune femme retomba sur le canapé. Autre chose ?
Personne ne répondit.
-Parfait. Puis il partit.
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Sans rien à faire, le jeune homme marcha un moment au hasard dans le château. Il serait bien parti à la recherche de son homologue favorite, mais il se ravisa. Deux fois dans la même journée, ça allait se voir et il n'était cette fois, pas sûr de résister à l'envie de rester près d'elle. C'est alors qu'il se rendit compte que son errance l'avait amené devant le tableau qui mené à la salle commune qu'il partageait avec Hermione. Il prit le temps d'observer un peu plus en détail le tableau.
La jeune femme était assise dans un coin de la pièce. Elle cachait son visage derrière un livre qu'elle ne lisait pas, car son regard était rivé sur le jeune homme qui partageait le tableau avec elle. Il était debout contre un mur et la regardait lui aussi. Il ne se passait rien de plus, mais on pouvait sentir une étrange tension entre eux. Drago s'approcha du tableau et alors qu'il se disait que le jeune homme du tableau lui ressemblait étrangement, une voix l'interpella.
-Il faut qu'on parle ! Maintenant, tout de suite ! Immédiatement !
Drago se tourna.
-Weasley ? où est Potter ? Vous n'avez pas encore fusionné à force d'être collé l'un à l'autre ?
-On y pense, mais ce n'est pas ce qui m'importe actuellement. Ginny s'arrêta face au serpentard.
Elle avait un regard tenace et n'avait pas peur de lui.
-Que me vaut de tels hurlements ? Demanda Drago.
-Tu sais très bien ce qui m'amène. Je t'avais prévenu ! Elle pointa un doigt accusateur sur le torse du jeune homme. Tu ne devais pas la faire souffrir. Et qu'as-tu fait ? Elle était en proie à une colère noire.
-Weasley baisse ta main et calme-toi. Fit le blond en reculant pour éviter de devenir borgne.
-Elle ne va pas bien et c'est de ta faute !
-Oh par pitié, comme si j'allais bien de mon côté ! Arrête de croire que tout ne tourne que dans votre direction ! Lâcha machinalement Drago avant de se taire, mais il n'y parvint pas. Tu penses que cette décision vient de nous ? Tu penses qu'après tant d'efforts, j'aurai pu abandonner aussi facilement ? C'est très mal me connaître ! Je ne lâche pas ce à quoi, je tiens. Puis il se tut en comprenant ce qu'il venait de dire.
Le visage de Ginny changea du tout au tout. A présent elle oscillé entre surprise et curiosité. La jeune femme abaissa sa main et décida de tendre un peu plus l'oreille.
-Tu peux… répéter ?
-Non.
-Si, si. Je pense avoir mal entendu.
Drago resta sans voix. Il avait tout fait pour ne pas se l'avouer et pourtant. Il tenait à Hermione Granger bien plus qu'il ne tentait de le nier. Il le savait, il le ressentait, il y pensait, mais n'osait pas mettre de vrais mots sur ces sentiments. Un feu s'éveilla et s'infiltra jusque dans les parties les plus cachées de son corps. Il manqua de perdre l'équilibre. Il n'aimait pas se rendre compte de tout ça. Il l'avait déjà vécu, avait tenté de reculer, mais si tout lui revenait en plein visage c'était pour une bonne raison. Tout était vrai.
Il aimait Hermione Jeanne Granger et il ne pouvait plus lutter pour se le cacher.
Drago resta silencieux et immobile au milieu du couloir un moment. Ginny n'osa pas interrompre la révélation qui faisait rougir de plus en plus le serpentard. S'il y a bien une chose qu'elle n'avait pas vu venir avant qu'Hermione ne lui en parle, c'était bien ça. Un cœur chez un Malfoy, des sentiments chez Drago. Le destin était capable des tours les plus étranges, mais là, c'était un coup de maître. Ginny observa le serpentard comprendre et chercher la réaction appropriée à la situation. Il se gratta la nuque signe de son malaise, puis il leva les yeux vers Ginny qui attendait toujours.
-Ecoute… commença Drago.
-Salle sur demande. Ordonna Ginny en pointant du doigt le couloir qui menait à la salle.
-Mais…
-MAINTENANT !
Il ne chercha pas à la contredire. Cette fille était suffisamment folle pour lui couper les jambes et le traîner jusqu'à la salle à la seule force de ses bras. Le jeune homme ne demanda pas son reste et fila en direction de la salle sur demande.
En entrant, il reconnut les tentures colorées, la petite table basse, les poufs de formes diverses et le service à thé. Pendant que la théière volait pour servir les deux tasses, Drago prit place en face de Ginny. Étrangement, la lueur chaleureuse du lieu la rendait moins effrayante, mais cela ne calma pas pour autant les angoisses du serpentard. Ginny trouva qu'il n'y avait pas suffisamment de thé décida d'en reverser un peu dans chaque tasse malgré les protestations de la théière qui fuma de colère. Drago préféra ne pas toucher à sa tasse au cas où la gryffondor aurait verser quelque chose de peu légal dans le thé.
Pendant que Drago regardait avec méfiance sa tasse de thé, Ginny l'observa un peu plus. Elle savait qu'il faisait tout éviter de croiser son regard, car cela entamerait automatiquement une conversation et il n'en avait pas la moindre envie. Il tripotait machinalement ses boutons de manchette, la veine de sa tempe gauche ressortait sous sa tignasse blonde et il ne cessait de se mordiller les lèvres, signe évident de la panique intérieure à laquelle il cherchait à échapper. Il était amoureux et visiblement, c'était un calvaire, ce que Ginny pouvait comprendre. Personne ne pourrait jamais accepter ça, surtout pas dans la famille de Drago, surtout pas dans son camp. S'avouer cela, le faire ressortir au grand jour, c'était signer son arrêt de mort et celui d'Hermione. Il devait être pris entre la peur de la révélation et la peur que tout se sache et que cela détruise des vies car tout pouvait arriver. Pourtant, malgré la gravité de l'instant, Ginny ne put se retenir de sourire face au malaise plus qu'apparent du Serpentard. Le voir perdre ses moyens avait comme un goût de victoire. Elle savoura l'instant avant de prendre les devants. Il allait exploser.
-On peut dire que tu es un vénard.
-J'ai pas besoin d'entendre ça. Siffla le serpentard.
-Tu devrais devenir sourd, ce sera bien mieux.
-J'y songe fortement.
-Quel dommage, ce sera compliqué de parler à Hermione.
Il rougit si fort qu'il piqua un fard.
-Coulé. Sourit Ginny, avant de retrouver son sérieux. Maintenant, explique-moi ce qu'il se passe. Je te déconseille de me dire que ce ne sont pas mes affaires parce qu'on va passer la nuit ici. Je suis tenace comme personne. Elle croisa les bras et fixa le jeune homme qui souffla.
-T'es vraiment la pire emmerdeuse du monde magique, tu le sais ?
-Je vais prendre ça comme un compliment. Maintenant, parle ou tu vas devenir roux.
-Je.. je ne sais pas…
-Je vais t'aider. Aimes-tu Hermione ?
C'était la question la plus directe et la pire qu'elle aurait pu lui poser. C'était aussi la question qui allait enfin le fixer sur cette histoire et qui allait tout changer. Il se sentit trembler, il commença à avoir chaud, très chaud et son cœur se mit à battre jusqu'à être douloureux. Il aurait voulu mentir, mais il n'y parvint pas, il devait être honnête s'il ne voulait pas la perdre définitivement. C'était la décision la plus difficile qu'il ait eut à prendre depuis l'acceptation de sa marque. Drago ferma les yeux, tenta de respirer normalement puis il se mit à lorgner la couture grossière d'un coussin près de lui. Il ne supportait pas cette mise à nu soudaine.
-Cela ne te regarde pas. Parvint-il à répondre au désespoir de Ginny qui sentait la situation s'enfoncer comme dans des sables mouvants.
-On va y passer la nuit… murmura son interlocutrice. Du thé ?
Il ne fut à cet instant pas contre une tasse de thé. Il prit sa tasse et en avala quelques gorgées sans la moindre méfiance. Elle était peut-être complètement folle, mais pas au point de l'empoisonner. N'ayant pas envie de s'attarder sur ses sentiments vis-à-vis du joli minois de son homologue, Drago remercia rapidement Ginny avant de se prendre son sac et de se lever pour quitter la pièce qui se mit étrangement à tourner.
Drago se sentit mal et reprit sa place. Il attendit un peu et leva alors la tête vers le sourire triomphant de Ginny Weasley qui posa face au serpentard une petite fiole vide.
-Qu'est-ce … ?
-Oh trois fois rien ! Elle sourit.
-Wealsey ! Conspua le jeune homme qui tenta de se lever pour tuer Ginny, sans y parvenir.
-Oh calme-toi, C'est rien. Du veristaserum. Les effets sont un peu violents quand on est soumis au stress, alors tu devrais respirer, ça pourrait peut-être te tuer, mais ne t'en fais pas. Je sais où mettre ton cadavre.
-Le seul cadavre qu'il faudra dissimuler sera le tien. Grogna le serpentard.
-Très honnête comme réaction. Sourit Ginny. En tout cas prends tes aises, tu es là pour un moment. On va avoir une longue conversation toi et moi. Ou alors elle sera courte, mais pleine de rebondissements ! Elle se frottait déjà les mains.
-Je te jure que tu vas crever. Murmura le jeune homme qui tenait sa tête qu'il sentait s'alourdir de minute en minute. Oh, ma tête.
-Je sais, ça ajoute au challenge. Alors. Première question. C'est quoi cette histoire ?
Il Refusait de parler. Il n'avait aucune envie de répondre à la moindre question posée par Ginny Weasley. Drago fit de son mieux pour garder la bouche fermée et tenta de penser à autre chose qu'à la réponse, mais la question de la gryffondor se mit à résonner dans sa tête jusqu'à en devenir insupportable. Il sentit sa tête tourner puis soudain, ses lèvres s'entrouvrir sans qu'il ne parvienne à se contrôler. Il fut lors pris d'une incontrôlable envie de se confier, de parler et de répondre à la question. Même si sa tête cherchait à éluder la question par tous les moyens, il ne parvint pas à se contrôler et répondit.
Il enfouit son visage dans ses mains.
-C'est un mensonge. Une stratégie. Tu es satisfaite ?
Il se maudit intérieurement et se jura de la jeter du haut de la tour d'astronomie dés qu'il en aurait l'occasion. Ginny, quant à elle, secoua la tête, l'air incrédule.
-Un mensonge ? mais… pourquoi ?
-Tu poses vraiment la question ? tu sais qui tu as en face de toi là ?
Ginny réfléchit.
-Oui, au final, c'est tout à fait… logique. Mais Hermione est mon amie et je ne supporte pas la voir comme ça. Elle a beau dire qu'elle s'en fiche, que tout va bien, je sens que ce n'est pas le cas. Je te conseille donc vivement de répondre. Siffla Ginny.
Drago fit son possible pour tout garder pour lui. Il ne voulait pas impliquer plus de monde dans cette histoire, mais il n'y parvint pas et pria pour que les effets de la potion ne durent pas plus de quelques minutes.
-Blaise et Pansy ont envoyé une lettre à mon père pour lui dire que je m'entendais bien avec Her… Granger. On a donc été obligés de jouer la comédie pour que rien ne s'ébruite. Je me fiche des conséquences pour moi, mais je sais que ça pourrait être dévastateur pour elle. Je connais mon père, je sais comment lui mentir. Il a cru à tout ça et a simplement demandé à ce qu'on retourne chacun dans nos salles communes respectives. A présent je suis surveillé de près par Blaise et Pansy, le mieux est donc de rester à bonne distance l'un de l'autre. Mais je me rassure, ton toutou de frangin va veiller au grain non ? Demanda Drago d'une voix mauvaise, presque aigrie.
-Laisse Ron où il est !
Ces quelques mots firent frissonner Drago et une vague de colère s'empara de lui. Non, Ginny Weasley ne savait probablement pas le quart de tout ce qu'il se passait. Elle n'avait conscience de rien et surtout pas de l'étrange obsession de son frère pour Hermione.
-Quand on ne sait pas, on la boucle Weasley !s'emporta le vert et argent en frappant du poing sur la table. Tu penses que tout ça m'amuse ? Tu penses que je ne préférerais pas ne rien ressentir ? J'aurais franchement voulu me passer de la vision de mon homologue en larmes sur le sol du salon, pour un abruti comme ton frère ! Si elle est comme ça, c'est aussi de sa faute, à lui ! C'est moi qui l'aie consolé à même le sol ! J'ai pris sur moi pour rester à ses côtés parce que quelque chose en moi me disait de rester, et je l'ai fait. Je suis resté là, près d'elle et j'ai fait ce que personne ne pouvait faire sur le moment ! J'ai passé la nuit à la veiller, tout ça pour quoi ? Parce que ton crétin de frère est incapable de la moindre réflexion et à préférer aller voir ailleurs pour la faire souffrir. Alors ne me demande pas de me calmer et de le laisser en dehors de ça parce qu'il a tout à voir avec cette histoire.
Excédé, il avait attrapé Ginny par son col de chemise pour pouvoir la regarder droit dans les yeux.
-Tu vois, c'est pour ça que je n'aime pas m'attacher aux autres. Je deviens sensible et imprévisible. De plus, ma situation actuelle est compliquée, alors crois bien que sa présence n'arrange pas tout. Mais cette complexification des choses à quelque chose de très agréable et étrangement, je tuerai pour que personne ne touche à ça, ou ne la touche elle.
Ginny fixa Drago et put apercevoir dans son regard, la haine, la douleur et la colère. A cet instant, la jeune femme comprit que le préfet était près à plus qu'elle n'aurait pu le penser pour protéger le secret qui le liait à Hermione. Si elle n'en avait pas souvent parlé à Hermione, elle aurait eu du mal à le croire.
Drago était sous le coup d'une violente colère et son rythme cardiaque ne cessait d'accélérer. Il serra encore un peu l'emprise de sa main sur le col de chemise de Ginny qui sentait ses pieds quitter le sol.
-Lâche-moi. S'il te plaît. Demanda-t-elle.
Se rendant compte de son geste, Drago lâcha lentement Ginny avant de commencer à faire les cent pas dans la salle sur demande. Il se mordillait les lèvres, tripotait nerveusement ses boutons de manchette et murmurait tout bas. Ginny ne pouvait l'entendre, mais elle sentait de là où elle se trouvait qu'il était torturé.
-Pourquoi as-tu des sentiments pour elle ? Demanda enfin la gryffondor.
-Et pourquoi je devrais te répondre ? Sa voix tremblait.
-Je protège mon amie. Elle est sensible malgré les apparences et je refuse de la laisser souffrir. Elle a réussi à se mettre dans la tête qu'elle pouvait t'aider et cette histoire a pris un tournant complètement dingue et maintenant, elle...
-Bon sang, mais je ne lui veux aucun mal ! Je… Il respira profondément pour tenter de se calmer et de contrôler le flot continu de pensées qui se bousculaient dans sa tête. Oui, j'ai des sentiments pour elle. Je ne peux pas être plus sincère avec toi à cause de la saleté que tu m'as donnée ! Il retourna alors s'asseoir et se calma. A ses yeux, je ne suis pas le monstre que j'ai l'impression d'être et tu ne peux pas savoir à quel point c'est agréable quand on vous regarde avec humanité et pas avec peur, gêne ou pitié. Pour la première fois depuis longtemps, quelqu'un me regarde comme un être humain et me fait confiance. C'est vers moi qu'elle vient quand elle souffre, c'est parfois pour moi qu'elle sourit. J'ai l'impression que maintenant, je ne pourrais pas vivre sans ça, même si je sais que les risques sont énormes, pour une fois… je m'en fiche, je veux faire comme j'en ai décidé. Je veux essayer de faire quelque chose de bien pour une fois.
Plus il parlait, plus Drago se calmait, comme si la simple pensée d'Hermione l'apaisait. Il se passa un instant durant lequel Drago parvint à retrouver un fil de pensées tout en fixant une Ginny surprise de l'entendre parler de sa meilleure amie de la sorte. Elle avait eu des doutes, elle lui avait parlé et à présent tout semblait se concrétiser et elle n'en revenait pas. La pire menace pour Hermione avait fini par tomber pour elle.
Lorsque Drago n'eut plus la moindre envie de se confier et que ses nausées furent passées, il se leva et fixa Ginny de son regard le plus sérieux.
Il se maudit intérieurement et se jura de la jeter du haut de la tour d'astronomie dés qu'il en aurait l'occasion. Ginny, quant à elle, secoua la tête, l'air incrédule.
-Sache que ce genre de petit jeu est terminé. Je ne me ferai plus avoir comme ça et si jamais j'apprends qu'elle y est passée, tu auras intérêt à te cacher de moi. Tu ne sais pas ce que c'est que de mettre en colère et tu ne veux pas le savoir.
Il tourna les talons et se dirigea vers la porte de la salle sur demande, mais il se ravisa et se retourna vers Ginny.
-Ah oui, une dernière chose. Si, qui que ce soit est au courant, je te tuerais et cette fois, je n'hésiterai pas.
Le serpentard quitta la pièce avant de tester la vitesse de chute d'un corps humain du haut de la tour d'astronomie avec Ginny.
Une fois seul dans les couloirs, il se mit à marcher en silence, les poings serrés. Il s'était toujours cru plus solide, il avait toujours été un bon occluman, mais Ginny avait fini par le percer à jour et cela ne signifiait rien de bon pour la suite. Pourrait-il cacher son secret à ceux qui ont toujours su lire en lui ? A la pensée que Blaise ne soit au courant, Drago s'arrêta au milieu du couloir et frissonna. Comment avait-il pu se laisser berner une fois de plus par Ginny Weasley ? Une fois aurait dû lui suffire à se méfier et pourtant, il s'était de nouveau fait avoir et de la plus stupide des manières et pour révéler son secret le plus intouchable. Seul, Drago frappa doucement son front contre un mur en se murmurant combien il était idiot.
-Abruti. Crétin. Nul. Idiot…
Lentement, il se remémora ce qu'il avait dévoilé à Ginny. Il avait fini par dire à voix haute ce qu'il avait tant de mal à se dire à lui-même. Il était parvenu à se dire que c'était peut-être juste une passade, mais étrangement, le dire à voix haute avait donné à ce qu'il ressentait une autre résonnance. Son cœur battait plus vite, plus fort et une étrange se faisait ressentir à chaque parole dont il se souvenait. Etait-il donc amoureux ? Il semblait que oui était la réponse. C'était terrifiant. Comme une suite logique, une question vient alors à l'esprit du jeune homme. Depuis quand ? Il s'adossa au mur, les yeux fixant le plafond.
Il se souvint qu'elle l'avait frappé en plein visage en troisième et que cette expérience l'avait rendu bien amer envers elle. Pourtant, parallèlement à la haine qu'il avait pu ressentir à son égard, depuis ce jour, il n'avait plus vu Hermione de la même manière. Elle n'était plus une sang de bourbe, elle n'était plus juste l'amie de Potter à la tête aussi remplie que la bibliothèque de l'école. Elle s'était révélée outrageusement courageuse et différente. Une différence intrigante. Il se souvint s'être mis à l'observer quand elle avait le dos tourné, quand personne ne pouvait le voir, quand ses cheveux dansaient autour d'elle et qu'un doux parfum fleurit flottait là où elle passait. Elle était devenue en peu de temps une personne réellement digne de son intérêt.
Le bal de quatrième année lui revint en tête et il se murmura une nouvelle fois combien il était idiot. Il avait brutalement regretté d'y être allé avec Pansy en voyant la gryffondor passer les portes de grande salle au bras du champion de Durmstrang. Il se rappela du concert pendant lequel il s'était retrouvé derrière elle. Il l'avait vu danser comme si sa vie en dépendait, ses cheveux volaient autour d'elle, son sourire illuminait la salle et sa robe la rendait si jolie. Il avait alors fui la salle, car il s'était rendu compte de la façon dont il regardait la jeune femme. Il n'en avait jamais parlé de peur de passer pour un fou, mais il avait commencé à se poser des questions.
Il n'avait pas trop de souvenirs de sa cinquième année. Il l'avait passé dans les bras de Pansy. Il l'avait aimé, au début et puis la jeune femme était devenue jalouse et bien trop possessive. Il était alors parti, mais même encore aujourd'hui elle ne comprenait pas.
Il se rappela cette douloureuse sixième année. Le regard d'Hermione noyé dans les larmes, ce n'était pas les premières causées par Weasley, mais c'était les premières à l'avoir fait réagir lui. Il n'avait jamais compris pourquoi durant les mois suivants, il avait cherché à capter le regard triste et ailleurs de la jeune femme. Il se demandait encore pourquoi il s'était si brutalement radoucit avec elle. Peut-être était-ce son envie de parler, de se sentir normal après la déchéance de sa famille. Son sentiment de culpabilité l'avait impacté au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il en était arrivé à vouloir se confier, à vouloir parler, à prier pour devenir invisible et le seul être humain qui semblait pouvoir l'aider c'était elle, cette demoiselle à l'air mélancolique à laquelle il était arrivé de sourire au détour d'une de ses blagues, ou d'une porte ouverte pour la laisser passer. Des choses simples qui lui avaient fait se sentir meilleur, mais aussi monstrueux. Il se souvint de ses regards inquiets, de cette seule et unique fois où elle s'était aventurée à lui demander comment il allait et son cœur se serra.
Il s'adossa au mur et glissa le long de celui-ci jusqu'à se retrouver assit à même le sol. Il n'aurait pas cru qu'assumer ses sentiments était si dur et si lourd. Il l'aimait et cela ne datait pas d'hier, bien au contraire.
Il maudissait Ginny et son veritaserum, mais il n'avait d'autre choix que de la remercier, car il pouvait enfin mettre des mots sur ce qu'il ressentait, il pouvait répondre à toutes ses questions restées sans réponse depuis tant d'années. Il comprenait sa jalousie, sa haine quand il la voyait si triste, son brutal attachement à elle dés lors qu'ils s'étaient retrouvés seuls dans cette salle commune. Drago soupira.
-Quelle merde.
Il regarda alors l'heure. Il était presque l'heure du dîner. Il avait en réalité passé un temps fou dans la salle sur demande et peut-être bien plus à réfléchir, la moitié de la journée avait fini par passer. Il était partagé entre l'envie de manger et celle d'aller chercher un trou de souris pour s'y cacher et ne plus en sortir. Il céda finalement quand son ventre gronda et que ses pieds prirent la direction de la grande salle.
S'il ne croisa personne pendant la majeure partie de son trajet jusqu'à la grande salle, à proximité de celle-ci, il se trouva entouré d'une nuée d'élèves qui marchaient rapidement vers leur assiette. Le repas du soir était un peu le grand moment de la journée, les cours étaient terminés, on pouvait souffler, manger à son rythme sans se soucier d'arriver en retard, on pouvait penser librement à la soirée et à son lit.
Une fois près de la porte, il s'apprêtait à entrer quand un éclat de rire lui transperça le cœur de part en part se fit entendre. Hermione était avec Ginny et toutes deux regardaient leurs boursouflets qui roulaient dans le creux de leurs mains tout en changeant de couleur, passant de bleu à vert puis à jaune. Hermione était attendrie par sa nouvelle amie et ne pouvait s'empêcher de caresser le dessus de son petit crâne, la faisant rosir. Lorsque la gryffondor aperçu son homologue, elle osa un léger sourire dans sa direction. Il fit de son mieux pour le lui rendre avant de s'éclipser dans la grande salle, il ne fallait pas trop en faire. Ginny tapota alors le bras d'Hermione pour qu'elle avance, car Harry et Ron n'étaient pas loin.
-Tu ne trouves que pas que Dr… Malfoy est étrange ? Il semble… perdu. Demanda Hermione.
-Oh tu sais, il a toujours l'air paumé, ça ne le change pas vraiment. Rétorqua Ginny.
-Surtout, depuis que tu lui as parlé. Siffla Hermione. Franchement Ginny, utiliser du veritaserum sur lui, tu es devenu folle ! Murmura la gryffondor pour qu'on ne l'entende pas. Tu aurais pu lui soutirer des informations sur sa famille d'une autre façon, surtout qu'en ce moment sa situation n'est pas facile.
-Ecoute Hermione, papa m'a demandé des informations, alors j'ai fait au plus vite et au plus simple. Puis au final, il n'a rien dit de ce que je voulais donc…
-Ah bon ?
-Que veux-tu ? Répondit Ginny en haussant les épaules avant de se plonger dans l'analyse de la nourriture servie.
De son côté, Hermione promena son regard à travers la grande salle et trouva son homologue, seul en bout de table. Il n'avait pas encore touché à son plat et fixait son verre comme l'objet le plus intéressant du monde. Même si elle n'avait pas été présente dans la salle sur demande, sa conversation avec Ginny avait certainement était éprouvante pour lui. Il devait être chamboulé, car maintenant qu'elle le connaissait, qu'elle savait combien il pouvait souffrir, elle avait l'impression de lire jusque sur sa peau ce qu'il ressentait. C'est alors qu'il leva la tête et croisa son regard. Elle était inquiète. Il eut un léger rire, presque imperceptible. La moue inquiète de la rouge et or lui donnait envie de lui pincer les joues tout en se moquant d'elle. Elle était jolie avec ses petites joues rosies, son regard inquiet et curieux à la fois, ses doigts entortillant machinalement des mèches de cheveux pour palier à la nervosité qu'elle ressentait. Il aurait à cet instant donné ce qu'il avait pour passer une main envieuse dans sa chevelure brune, il aurait mis à feu des villes entières pour enflammer son regard ambré. Il aurait fait bien des choses pour l'effleurer même un peu, puis réalisant où le menait ses pensées il se ravisa, secoua la tête et se mit à manger dans un silence quasi religieux.
-S'il vous plaît. La voix de Dumbledore raisonna subitement dans la salle.
Le directeur se leva, fit le tour de la table des professeurs et vint se placer devant son pupitre dont l'aigle déploya ses immenses ailes d'or.
-J'ai une annonce à vous faire. L'année dernière certains événements ont fortement impacté l'école, pour cela, vos professeurs et moi-même avons décidé de mettre en place un bal à l'occasion de la soirée d'Halloween. Le thème sera celui des contes de fées. Venez par deux et tentez d'assortir vos costumes, il se pourrait qu'un prix vous soit décerné en fin de soirée, sourit le directeur. L'inventivité est donc de mise ! J'ai aussi demandé aux frères Weasley de venir décorer la grande salle à cette occasion.
-Oh non. Désespéra Ron en enfouissant son visage dans ses mains. On va tous mourir.
-Bien, cette joyeuse annonce faite, terminez votre plat et allez tous dormir.
Dumbledore retourna à sa place et termina son verre de vin en compagnie de Minerva qui avait décidé de faire une petite entorse à son repas pour boire un peu.
.
La grande salle commença alors à se vider. Ginny et Hermione tardèrent un peu pour continuer à parler, mais Ginny fila comme une flèche quand elle prit conscience que Dean était parti avec sa baguette. Hermione regarda Ginny partir en insultant Dean de tous les noms possibles et inimaginables puis elle rangea ses affaires pour partir elle aussi. Il ne restait presque plus personne. Les lumières commencèrent à baisser, signe qu'il fallait y aller.
Une fois hors de la salle Hermione prit machinalement le chemin de la salle qu'elle partageait avec Drago puis elle s'arrêta au détour d'un escalier. Elle devait faire demi-tour. Son cœur se serra, elle grimaça et prit le chemin de la tour des gryffondors.
Elle entendait ses pas résonner dans le couloir qu'elle traversait seule, pourtant au bout d'un moment, Hermione se sentit suivie et accéléra le pas. Il y avait une présence et celle-ci faisait battre son cœur. Alerte, elle chercha une solution puis bifurqua brutalement dans un autre couloir, mais cela ne sembla pas surprendre son agresseur qui avait vu le coup venir et parvint à attraper le bras de la rouge et or pour l'entrer dans un placard à balais. Il plaqua une main sur la bouche de la jeune femme qui paniqua jusqu'à sentir le parfum de cette forme humaine. Elle se détendit lentement, mais se jura qu'elle le tuerait.
-Bonsoir.
Sa voix était sulfureuse, glaciale, envieuse, attirante, inquiétante. Il ne bougea pas, la gardant sous sa coupe, elle s'immobilisa et ferma les yeux pour écouter sa respiration saccadée, pour sentir la pression du corps de son homologue contre le sien. Elle ressentait à cet instant que quelque chose avait changé. Elle le laissa glisser timidement ses bras autour d'elle, mais elle n'avait pas l'intention de partir. Il faisait sombre, si elle le distinguait mal, elle sentait ses mains remonter lentement sur son dos, puis sa main vint effleurer son cou, le contour de son visage, elle frissonna et le laissa faire encore et encore, dans un silence d'une rare douceur. Il approcha alors son visage du sien et frôla simplement sa joue, il la sentit brûler de l'intérieur, lui, il implosait.
-Je ne te savais pas joueur à ce point. Fini par murmurer Hermione pour tenter de prendre le dessus sur une situation qui lui échappait.
-Il fait sombre, personne ne saura. Répondit Drago Malfoy d'une voix qui fit céder la gryffondor.
Il chercha à s'approcher encore, mais elle posa une main sur le torse du jeune homme.
-Non. Il… je ne sais pas…
Drago s'écarta.
-Lumos.
Il éclaira alors le placard et le visage rougit de la jeune femme. Il la comprenait, mais lui, il ne se comprenait pas. Il n'était pas comme ça.
-Excuse-moi.
-Ce n'est rien. Simplement, tout est tellement… étrange… je ne sais jamais comment je dois agir.
-Il nous faudrait probablement un coup de pouce pour y voir plus clair. Répondit Drago.
-Comment cela ? Demanda Hermione interloquée.
Drago chercha un instant dans la poche de sa robe, puis il agita un petit flacon de liquide transparent sous les yeux de la jeune femme qui n'eut pas besoin de beaucoup de temps pour savoir ce que refermait la fiole.
-Où as-tu eu ce veritaserum ?
-On ne peut vraiment rien te cacher.
-En effet. Répondit vaguement Hermione en tendant la main vers la fiole, mais Drago leva un peu plus le bras.
-Je peux savoir où tu vas ? Demanda le serpentard.
-Je veux juste voir.
-Il faudra le mériter. Tu ne veux pas savoir ce que j'ai souffert pour l'obtenir cette fiole.
Elle avait des doutes mais préféra les taire. Il avait dû subtiliser la fiole à Ginny pour se venger plus tard.
-Le mériter ? Demanda alors Hermione sur un ton de défi qu'elle ne connaissait pas.
-Je suppose que tu souhaites connaître les règles ?
-Peut-être. Cela dépend de ce que j'y gagne.
Il n'en fallut pas plus au jeune homme. La faible luminosité de sa baguette éclairait à peine le visage d'Hermione et cela lui donnait une apparence presque irréelle, délicate, douce et intrigante. Ils se fixèrent un moment à la lueur de la baguette de Drago, mais celle-ci était trop proche et Hermione posa sa main sur la sienne pour l'écarter et pouvoir mieux voir son homologue. Ce contact manqua de tuer le serpentard qui posa son autre main sur celle d'Hermione qui sursauta. Il ne voulait pas qu'elle parte, il ne voulait pas rompre ce contact d'une douceur et d'une chaleur qu'il avait peur de ne plus ressentir. A cet instant, Hermione se sentit importante pour lui, elle avait l'impression qu'il tenait debout grâce à elle. Elle vit le regard lointain et bleu du jeune homme, il était comme hypnotisé par quelque chose dans ses yeux. Hermione sentit son cœur battre plus vite, plus fort au point d'en devenir douloureux. Elle le sentait en souffrance et accentua alors la pression de sa main sur celle de son homologue qui ne parvint pas à se contrôler.
Il s'approcha encore d'elle, et son visage disparu dans la nuque de la jeune femme. Elle ferma de nouveau les yeux. Il garda son visage là un instant, puis elle sentit les lèvres du jeune homme frôler sa peau. Elle rougit et entrelaça ses doigts avec ceux de son homologue qui cette fois vint embrasser la nuque délicate de son ennemie de toujours. Il ne voulait pas lui faire peur et recula simplement pour effleurer de nouveau sa peau. Il n'y avait personne, seuls les murs sauraient. C'est alors qu'il sentit la main libre de la jeune femme venir s'agripper à son col de chemise pour le rapprocher d'elle. Drago ne chercha pas et se jeta à corps perdu sur le cou de son homologue. Elle le laissa lui arracher la peau sans rien dire. Elle se concentra sur ces nouvelles sensations, jamais elle n'avait fait cela, c'était son vrai premier contact avec un garçon, mais plus encore avec son homologue et étrangement, cette donnée changeait tout ce qu'il se passait et tout ce qu'elle ressentait à ce moment-là. De sa tête qui ne parvenait plus à penser de manière cohérente à ses jambes qui ne tenaient plus seules, Hermione se sentait étrangement bien, elle ferma les yeux et s'accrocha un peu plus à lui. Il aurait presque voulu avoir honte de son propre comportement, mais il n'y parvint pas. Elle en avait le droit et personne ne saurait. La honte face au désir perdait toute crédibilité et se faisait écraser.
La peau de la jeune femme était chaude, douce, parfumée, Drago profita de l'instant jusqu'à ce que les tableaux au-dehors ne se mettent à protester.
-Pardon, pardon, fit une voix que connaissaient les préfets.
- Merde...C'est la ronde de Lovegood et McMillan... Chuchota Drago.
- Vas-t'en. Murmura Hermione en s'écartant de lui et en remettant son col de chemise en place.
Il n'attendit pas et s'enfuit aussi vite et silencieusement qu'il n'était arrivé. Hermione replaça ses cheveux et reboutonna sa chemise qui avait perdu un bouton dans la bataille. Elle attendit que Luna et Ernie soient passés puis elle remonta vers la tour des gryffondors afin de dormir.
.
Le lendemain matin, Hermione se sentait légère, comme si l'événement de la veille lui avait ôté un poids des épaules. Elle entra dans la grande salle et prit place en face de Ginny.
- Bonjour, chantonna-t-elle en posant son sac près d'elle.
Il se passa à peine quelques secondes avant que la jeune femme ne se heurte au regard surprit de Ginny qui lorgnait le cou de son amie tout en reposant lentement sa fourchette. Soudain, la rousse se jeta à la recherche de quelque chose dans son sac et fit le tour de la table à une vitesse fulgurante pour venir prendre place près d'Hermione qui ne comprenait toujours pas ce qu'il se passait.
- Quoi ? Demanda Hermione qui se demandait ce que pouvait bien regarder Ginny avec de si grands yeux.
- T'as un… « truc » sur le cou. S'étrangla Ginny, une légère pointe d'hystérie dans la voix.
Hermione prit le miroir tendu par Ginny, souleva ses cheveux et regarda son cou avant de se décomposer.
- Par Merlin...
- Hermione ne me dit pas que c'est lui... Supplia Ginny.
Mais Hermione tournait déjà un regard de détresse vers le Serpentard qui passait juste devant elle et qui sembla remarquer le ''truc » dans le cou de son homologue. Il sursauta, grimaça, lui faisant comprendre son malaise, mais ne pouvait rien faire de là où il était. Il partit s'installer à sa table faisant en sorte de se trouver face à son homologue pour surveiller celle-ci avant qu'elle ne fasse un malaise.
-Cache ça ! Manqua de hurler Ginny en ordonnant à Hermione de mettre son écharpe. Harry et Ron ne doivent surtout pas voir ça.
