Chapitre 15 : Team Bonding
— Qu'est-ce que tu as raconté à Scott ?
Isaac se tourna vers son mentor et déglutit bruyamment.
Ils roulaient en direction du loft après avoir récupéré des pizzas sur le chemin et Derek n'avait pas ouvert la bouche depuis leur départ du bowling, jusqu'à maintenant.
— Rien, il s'est juste imaginé que tu t'étais confié à moi à propos de ton ex…
Derek grogna à ce mot et Isaac se ratatina sur son siège.
— Ce qui est complètement grotesque, pas vrai ? Tu ne te confies jamais sur rien… C'est bien simple, j'en ai appris plus ce soir à ton sujet en épiant la conversation que vous aviez au comptoir que depuis que je te connais et j'ai pourtant habité chez toi pendant des semaines !
Le ton de reproche n'était même pas camouflé et Derek fut quelque peu surpris de ce brusque changement d'ambiance et de la rancœur de son louveteau.
Il soupira… Son protégé n'avait pas tort.
Il avait fortement apprécié leur fraternisation de la soirée.
Peut être était-il temps qu'il s'ouvre davantage aux autres, lui qui avait décidé de ne plus s'attacher à personne depuis l'incendie.
Isaac était son Bêta, il était comme un fils…
— C'est vrai, je suis amoureux de Stiles ! avoua-t-il dans un murmure après un court silence.
Le louveteau se tourna vers lui les yeux écarquillés, plus incrédule d'entendre la confidence que de son réel contenu. Il secoua la tête et se reprit très vite.
— Je ne vais pas prétendre que je comprends tes goût en la matière, rit il pour alléger l'ambiance. Derek… Pourquoi vous n'êtes plus ensemble ? Je pensais que c'était de la faute de Stiles, mais… après ce soir, je…
Derek prit le temps de se garer et de couper le contact avant de se tourner complètement vers son interlocuteur.
— Je crois qu'on a besoin de quelques bières et de ces délicieuses pizzas pour avoir cette conversation. Montons avant qu'elles ne refroidissent !
Isaac se sentit ému même s'il n'en montra rien. Il ne put s'empêcher de penser à son père et à leur relation destructrice… Jamais il ne s'était senti si entier, si serein que ce soir. Il se sentait enfin accepté. Il avait enfin l'impression de faire partie d'une vraie famille !
oOo
Scott alla ouvrir la porte avec énergie, une serviette dans ses cheveux humides qu'il frictionnait de sa main gauche.
— Entre, Isaac, tu connais la maison, fait comme chez-toi, invita-t-il avant de retourner vers la salle de bain.
Le jeune loup avait habité un temps chez l'Alpha et sa mère après le décès de Boyd.
C'était avant qu'il ne se décide à prendre contact avec sa dernière famille en vie : une tante du côté de sa mère qu'il ne connaissait que très peu malgré le fait qu'ils habitent tous deux dans la même ville.
— Je suis un peu à l'arrache, désolé, cria le fils McCall depuis la salle d'eau. J'ai traîné hier soir et je me suis levé à midi !
— Chanceux, s'amusa son invité dans un murmure en faisant le tour du salon en observant chacune des photos présentes.
Derek était un lève-tôt et comme il dormait dans le canapé du salon, Isaac suivait le même rythme que l'adulte. Pas de grâce matinée pour lui, donc !
— Tu veux boire un truc ? proposa le maître des lieux en revenant dans le séjour.
— Scott, arrête de tourner autour du pot et viens-en au fait. Tu voulais me parler de Stiles ?
L'Alpha soupira et se laissa tomber lourdement dans le canapé.
— Je fais en sorte de ne pas me mêler de l'histoire entre Stiles et Derek parce que ça ne concerne pas la meute… commença-t-il en guise de préambule. Mais ton comportement d'hier soir a fait beaucoup de mal à Stiles. Je ne peux pas permettre que ce genre de comportement fragilise les liens de la meute.
Isaac pinça les lèvres et resta silencieux quelques secondes avant de s'asseoir en face de lui sur la table basse.
— J'accepte de ne plus m'en prendre à Stiles si tu acceptes de m'aider, dit-il en laissant ses mains pendre entre ses jambes, le buste courbé en avant vers le chef de meute.
— Isaac, je n'aime pas faire ça, mais je te le demande en tant qu'Alpha… Je n'ai…
— Tais-toi et laisse moi parler, répliqua le bouclé.
Le brun crispa la mâchoire, mais hocha la tête malgré tout.
— J'ai besoin de ton aide pour convaincre Derek d'assumer ses sentiments pour Stiles.
Scott se redressa vivement dans le canapé, les yeux écarquillés. Cette fois, Isaac avait sa totale attention.
— Ses sentiments ? Quels sentiments ? Qu'est-ce que tu sais ?
Isaac sourit avec insolence et se redressa à son tour, amusé.
— Tout… Je sais absolument tout !
oOo
Stiles se réveilla doucement, éblouis par la lumière trop vive à peine filtrée par le rideau de sa chambre.
Il grogna encore groggy de sommeil et resta un moment dans son lit à fixer le plafond, le temps d'émerger totalement du royaume des rêves.
Aussitôt, son esprit divagua et une image de Derek s'imposa à lui.
Il se demandait ce qu'il faisait, s'il était chez lui… Faisait-il du sport ? Pensait-il à lui ?
Il soupira avec lassitude et regarda l'heure sur son radio-réveil.
Comme stimulé par l'information, son estomac grogna de mécontentement.
La veille, il était rentré et avait trouvé un mot de son père l'informant de ne pas l'attendre et qu'il était retenu au bureau pour une urgence.
Complètement épuisé par sa soirée riche en émotions, il s'était traîné jusqu'à son lit et s'était enroulé dans les couvertures sans manger.
Aussi, à plus de treize heures, il était affamé.
Il se leva et étira son corps fourbu d'être resté si longtemps allongé et se dirigea d'un pas traînant vers la cuisine où il trouva son père en train de cuisiner.
— 'jour ! marmonna-t-il la bouche encore pâteuse d'avoir trop dormi.
— Bonjour, marmotte !
Stiles ouvrit la bouche avec un sourire aux lèvres et son père leva la spatule qu'il avait en main avec un regard d'avertissement.
— Ou loir, ou paresseux, coupa-t-il ne voulant pas réentendre le discours de son fils à ce sujet.
Stiles rit doucement avant de s'installer à table, sa tête dans sa main.
— J'ai préféré te laisser te reposer, c'est tellement rare que tu dormes autant !
— Ouais… Faut croire que j'avais accumulé beaucoup de sommeil en retard, soupira le fils Stilinski.
Après le dérapage avec Derek, il avait accumulé les insomnies, mais ce n'était rien en comparaison des nuits pitoyables qu'il enchaînait depuis leur « rupture »… Pouvait-on seulement appeler ça une rupture ? Il n'avait jamais vraiment eu de relation ! Juste du sexe !
Noah le regarda avec une moue triste avant de poser une assiette bien garnie devant son fils. Il se servit à son tour et s'installa à sa place.
— Stiles… Je… Je sais que c'est dur. Les peines de cœur ne guérissent pas dans un claquement de doigts, mais… Peut-être que c'est une bonne chose au fond ?
L'hyperactif soupira en hochant la tête. Il avait besoin de tout sauf d'avoir cette conversation une fois de plus avec son père…
— Tu es intelligent, je sais que tu pourras comprendre ce que je dis ! S'il ne t'aimait pas en retour, il a eu bien raison de mettre un terme à tout ça !
— Et je suis censé cesser de l'aimer parce qu'il ne m'aime pas ? Si seulement c'était si simple, répliqua l'hyperactif parfaitement réveillé à présent.
— Ce n'est pas ce que j'ai dit, répliqua le shérif d'une voix calme. Je n'aime pas te voir comme ça…
— Je sors avec quelqu'un ! lâcha Stiles de but en blanc.
Noah lâcha sa fourchette qui retomba dans un bruit métallique sur l'assiette en céramique tandis qu'il le fixait avec de grands yeux étonnés.
— Il a mon âge, on va dans le même lycée, il est gentil, sans histoire et il est humain… Tu vas pouvoir te réjouir ! assena l'hyperactif sans réussir à s'expliquer cette soudaine colère qui lui vrillait soudainement l'âme et dont son père faisait les frais. Je n'ai pas faim… Excuse-moi, ajouta-t-il en quitter la table sans un regard de plus pour l'homme qui baissa la tête complètement démuni.
Non décidément, il n'aimait pas voir son fils dans cet état.
Le lycéen remonta les marches, l'estomac toujours aussi vide que quelques minutes plus tôt et attrapa son Adderall avant de se glisser sous la douche.
Le jet d'eau tiède détendit ses muscles encore endoloris de sa nuit et il apprécia la chaleur réconfortante qui l'enveloppa comme une étreinte rassurante. Il ferma les yeux, souhaitant ne penser à rien sans pour autant en être capable.
Avec un nouveau soupir, il sortit pour s'occuper le corps et l'esprit et éviter de réfléchir trop. Lâcher prise… C'est ce qu'il devait s'obliger à faire… Mais c'était tout sauf simple !
Une fois habillé, il attrapa son téléphone pour s'apercevoir qu'il avait reçu de nombreux messages, il commença par celui de son meilleur ami.
Réunion de meute à 16 h. Tu as pu avoir la liste des nouveaux habitants de la ville ?
Merde ! Il avait complètement oublié ce détail.
Il avait alloué tout son temps libre à Maxime.
L'avantage, c'est qu'il n'avait jamais été aussi à jour dans ses cours.
Il regarda une nouvelle fois l'heure.
Aurait-il le temps de mener à bien ses recherches en moins de deux heures ? Rien n'était moins sûr !
Il pinça les lèvres avant d'ouvrir les messages de Max.
Salut mon ange, bien dormi ?
P.s. : puisque tu n'aimes pas « mon cœur », j'en tente d'autres... celui-là te plaît ?
Stiles eut un petit rire amusé face au message.
Le châtain était comme lui au fond, il ne baissait pas facilement les bras, et même si lui-même ne se montrait pas très impliqué dans leur relation pour l'instant, le jeune homme donnait du cœur à l'ouvrage pour la construire pour eux deux. Il continua la lecture des messages que le lycéen lui avait écrit.
Je m'ennuie et pas de nouvelle de toi. Tu dors encore ? Je pense à toi.
Tu vas te réveiller et découvrir tous mes messages et te dire que je suis un psychopathe qui te harcèle, mon dieu !
Plus sérieusement, je m'inquiète. Tout va bien ? Un simple smiley de ta part et je te laisse tranquille...
Stiles eut le cœur douloureux en découvrant les autres messages... Lui n'avait pas eu une seule pensée pour le jeune homme depuis son réveil... Il avait pensé à Derek, comme toujours...
Il s'en voulut aussitôt ! Maxime était une personne incroyable et gentille... Le comportement qu'il avait à son égard le blessait.
Il se hâta de lui répondre.
;-)
Il rit de sa propre bêtise avant d'enchaîner avec un second message.
Je me suis réveillé à 13 h et ne vois tes messages que maintenant. Tu m'as donné le sourire et rien que pour ça, j'adopte le « mon ange » !
Il ne fallut que quelques secondes au châtain pour répondre à nouveau.
Et toi, tu me fais rire avec ton clin d'œil. Ne serais-tu pas en train de flirter avec moi ?!
Fichtre, me voilà découvert... Je ne peux donc rien te cacher !
S'en suivit un échange de SMS badin qui remit du baume au cœur au jeune homme qui oublia une fois de plus de se pencher sur sa mission pour la meute.
— Je dois aller au poste… résonna la voix incertaine de son père derrière la porte après qu'il eut frappé deux coups légers contre le panneau.
Stiles soupira et se leva pour lui ouvrir.
Son père le regarda avec un mélange de gène et de tristesse qui fit flancher l'adolescent.
— Désolé de te faire faux bond une fois de plus un dimanche…
— Désolé ! coupa Stiles d'une voix forte qui surprit son père. Pour tout à l'heure… Désolé.
Stiles se mordit la lèvre supérieure et serra ses poings, penaud !
— Je m'en prends à toi alors que tu n'y es pour rien… Je…
Il finit sa phrase par un soupir… Que dire de plus ? Il ne faisait que se conduire comme un idiot ces derniers temps ! Il n'avait aucune excuse.
— Oh, viens par là ! rouspéta son père en l'attirant dans une étreinte brutale et maladroite qui redonna malgré tout le sourire au jeune homme.
— C'est moi qui m'excuse, ok ? J'ai été maladroit de te parler de Derek comme ça…
— Hum ! T'as pas l'impression qu'on se comporte comme des femmes à se câliner en s'excusant mutuellement ? s'amusa Stiles incapable de rester concentré sur les réconciliations avec son shérif de père.
Noah s'en amusa et laissa un rire léger lui échapper avant de mettre fin à l'étreinte.
Il assena deux tapes viriles sur l'épaule de son fils dont le sourire s'élargit d'avantage.
— C'est mieux ?
Cette fois Stiles rit sans retenu.
— C'était parfait, approuva-t-il.
Il y eu un petit moment de flottement, durant lequel aucun des deux ne sut comment réagir.
— Bon, je dois vraiment filer. Ça va aller ?
Stiles hocha la tête et regarda son père s'engager dans la cage d'escalier quand une idée le frappa comme un éclair et il cligna des yeux pour l'assimiler.
— Papa, attends ! cria-t-il en lui courant après. Je peux te tenir un peu compagnie ? Je dois rejoindre Scott pour seize heures et je n'ai rien d'autre à faire en attendant…
Il avait surtout une occasion en or de pouvoir fouiller dans les registres de la ville auxquels les ordinateurs de la brigade avaient accès !
oOo
Derek avait l'impression de revivre toujours la même scène.
Il attendait assis sur les marches du bas de son escalier en colimaçon, l'arrivée des membres de la meute.
Depuis l'apparition des loups en ville, les rassemblements s'étaient nettement multipliés, mais pas au point d'en faire deux en deux jours…
Ce qui était le cas en ce dimanche de printemps.
Isaac était rentré depuis un moment et Scott était le premier arrivé comme à son habitude. Ne manquait plus que les deux filles et l'hyperactif et ils seraient au complet.
Le propriétaire du loft ne savait plus trop comment se comporter avec l'adolescent.
Leurs interactions de la veille avaient été cordiales et sans heurt, mais ses récentes confidences sur ses sentiments avait fait ressortir beaucoup trop d'émotion.
Comment pourrait-il un jour parvenir à oublier ce gosse alors qu'il ne pensait qu'à lui nuit et jour et qu'il préférait souffrir de le voir avec un autre que de le rayer de sa vie ?
Les filles arrivèrent ensemble et comme souvent, Stiles était le dernier !
Il se passa quelques minutes sans que le fils du shérif ne daigne pointer le bout de son nez, mais les autres adolescents étaient tous bien trop occupés à discuter ou à se bécoter pour remarquer le retard du garçon.
Seule Lydia le regardait de façon un peu trop appuyée ce qui mit le loup mal à l'aise d'être ainsi le centre de l'attention de la banshee et ex-petite-amie en titre de Stiles.
Finalement, ce dernier daigna faire son entrée, complètement essoufflé comme s'il avait couru.
— Tu n'aurais pas pu choisir un des appartements du dessous, ronchonna-t-il à l'attention du loup de naissance tandis qu'il reprenait son souffle. Je veux dire, tout le bâtiment et vide de toute façon !
Derek sourit amusé.
— J'aime la vue ?! répliqua-t-il en guise de justification.
— C'est surfait, riposta Stiles en souriant, le visage et le cou colorés par son effort lui donnant une allure affriolante.
— Tout comme les ascenseurs, apparemment ! conclut le lycanthrope en se relevant de son perchoir pour se rapprocher du reste de la meute.
Le jeune homme fit un tour de salle pour saluer tout le monde et quand il eut fini, Derek se trouvait à ses côtés. Il se figea le cœur battant, sans savoir comment saluer l'homme.
Éprouvé par sa conversation de la veille avec son louveteau, ce fut l'adulte qui prit l'initiative en attirant le jeune homme dans une accolade tout ce qu'il y a de plus amicale, mais qui les perturba tous les deux.
Sentir à nouveau le torse de l'autre contre le sien. Percevoir sans mal les battements de cœur trop rapides pour être innocent. Respirer l'odeur de l'autre. Sentir le souffle sur la peau sensible de la nuque. Les mains dans leur dos…
C'était tellement trop, mais surtout tellement pas assez…
Ils se détachèrent en évitant de se regarder, tous les deux trop gênés pour affronter un contact de plus et se tournèrent vers Scott dans une posture un peu trop rigide pour être naturelle.
— Bon, je ne vais pas tourner autour du pot pendant des heures, commença Scott en faisant un petit sourire à Isaac ce qui amena Stiles à froncer les sourcils ! Je voulais qu'on face le point sur Maxime.
Cette fois, il lança un petit regard désolé vers Stiles qui soupira, mais ne fit aucune remarque.
Au fond, il comprenait que le jeune homme fasse partie des suspects, même si la méfiance de la meute à son égard l'agaçait.
Il avait pourtant un bon instinct pour ce genre de chose. Pourquoi personne ne lui faisait confiance sur ça ?
— Derek, tu en as pensé quoi ?
Ce dernier croisa les bras sur sa poitrine et prit quelques secondes de réflexion avant de parler.
— Il a l'air tout ce qu'il y a de plus humain. Le reste de mon expertise ne regarde que moi, se sentit-il malgré tout obligé d'ajouter.
— Moi, je le trouve bizarre, enchaîna Isaac. Quoi ? se défendit-il aussitôt face au regard écarlate de Scott et noir de Derek.
— J'y ai réfléchi, intervint l'hyperactif en se grattant le front. Il y a un moyen simple de repérer un loup-garou, pas vrai ? Je mettrais un plant d'aconit dans mon sac à dos. Scott tu te souviens de ce que ça t'a fait quand je l'avais récupéré..?
Il ne termina pas sa phrase pour ne pas évoquer devant Derek le cadavre de sa sœur, mais Scott hocha la tête, admiratif face à l'idée pourtant si simple de son meilleur ami.
— Bon plan !
— Je sais, sourit Stiles faussement prétentieux. Quoi qu'il en soit, j'ai bien fait mes devoirs, ajouta-t-il en sortant de son sac à dos plusieurs feuilles. Voici la liste des nouveaux habitants de Beacon Hills. Je suis remonté plusieurs mois avant que tu ne repères les trois loups-garous. Qui sait depuis combien de temps ils sont là, puisqu'ils prennent un malin plaisir à nous éviter ?
Si les loups du groupe n'avaient pas repéré à plusieurs reprises des traces fugaces de leurs odeurs dans la forêt, il aurait été évident que les trois métamorphes n'avaient été que de passage. Malheureusement pour eux, ce n'était pas le cas, et leur présence commençait à mettre la meute de Scott sur les nerfs.
— J'ai entouré les groupes de trois. Qui aurait pensé que Beacon Hills attire autant de monde ?
— Avec les adresses, on aura vite fait le tour. On remet en place les équipes de deux et les rondes à partir de demain soir, décida l'Alpha parfaitement dans son rôle de leader.
— Euh… non, pas demain ! On a sélection de Lacrosse demain… c'est toi qui as demandé au Coach de refaire une session pour Maxime, tu te souviens ?
— Oh ! Bro'… J'avais complètement zappé, râla Scott en se massant la nuque.
— Ça attendra mardi, décida Derek qui n'avait pas décroisé les bras.
Il y eut un petit silence durant lequel ni Derek ni Stiles n'osa évoquer la question des équipes de deux par peur de froisser l'autre, mais à la fois inquiets à l'idée d'une si grande proximité entre eux. Heureusement, Allison les sortit de cette mauvaise passe.
— Pour les équipes, on garde nos duos ?
— Oui, s'empressa de valider Scott au moment où Stiles ouvrait la bouche pour ajouter son grain de sel. C'est la meilleure répartition en vue de nos qualités respectives, ajouta le chef du groupe en appuyant son regard vers son meilleur ami qui hocha doucement la tête pour montrer son accord.
Aucun des trois loups ne pouvait ignorer son rythme cardiaque affreusement rapide face à cette perspective, mais à présent, à part Allison, toute la meute semblait au courant de son histoire avec Derek.
La réunion prit fin, et une fois n'est pas coutume, le loup de naissance lança une idée inédite.
— Je me disais que ça pourrait être sympa de passer du temps tous les six en-dehors des réunions… C'était plutôt sympa hier soir, non ?
Stiles ouvrit la bouche, choqué, et Isaac lui fit un coup de coude dans les côtes avec un rire moqueur.
— Super idée, Derek, pourquoi pas vendredi soir ? proposa-t-il ensuite.
Tout le monde approuva l'idée au plus grand dam de l'hyperactif.
— Stiles ? demanda l'homme en tournant son regard vert-pâle vers lui.
— Bien sûr ! Avec plaisir… Soirée télé et popcorns ?
— Et pizzas, ajouta Scott enthousiaste de voir sa meute resserrer ses liens.
— Pourquoi pas soirée pyjama, se moqua légèrement Allison amusée du comportement de son petit ami mais elle déchanta quand les deux louveteaux se tournèrent vers elle avec des yeux pétillants d'envie comme des gosses au pied du sapin.
— Oh ouais… approuva Isaac. Si tu es d'accord, bien sûr, ajouta-t-il en se tournant vers le propriétaire du loft qui se contenta de hocher la tête pour accepter.
Ce fut des cris d'euphorie de la part des deux autres loups qui accueillirent cette idée et les deux garçons se tapèrent dans la main, plus proche que jamais, tandis que Lydia, Allison et Stiles étaient plus sur la réserve.
Avec bonne humeur la meute se sépara sur les coups de dix-huit heures et Derek retint Stiles par l'épaule avec douceur.
— Si tu ne veux pas venir, je comprendrais, prévins le loup à voix basse. Pareil pour les rondes, je peux les faire seuls si tu préfères.
C'était avenant de sa part et Stiles apprécia le geste.
— Je fais partie de la meute… Je serais là ! se contenta-t-il de répondre avec un sourire qu'il voulait éblouissant. À mardi, Derek !
Il rejoignit les autres et tous les quatre partagèrent le même ascenseur.
Derek laissa son sourire se faner sur ses lèvres, le regard toujours braqué sur la porte d'entrée, la respiration lourde et profonde.
La main d'Isaac se posa sur son épaule en signe de soutiens et Derek se força à reprendre le contrôle de ses émotions.
— Tu ne résisteras jamais. C'est comme avoir une friandise sous le nez sans pouvoir y toucher, ajouta Isaac. Tu craqueras !
Derek baissa les yeux en soupirant. Craquer, il ne le devait surtout pas, malheureusement.
Isaac ne pouvait pas comprendre.
Ce qu'il faisait avait un but précis : protéger Stiles de lui. S'il lui arrivait du mal, il ne se le pardonnerait jamais.
Il n'apportait que malheur et mort autour de lui.
Pire encore, il ne supporterait pas de perdre une personne de plus. La perte de Boyd, son Bêta, quelques mois plus tôt, l'avait ébranlé plus qu'il ne l'avait montré. Vivre ça encore serait au dessus de ses forces !
