Chapitre 13 :
Chats noirs
"Dis, Rem's… pour mon anniversaire, je peux avoir un chat ?"
Ils n'avaient plus vraiment reparlé de Poudlard. Harry avait gagné le droit d'en discuter et il avait confiance. Son adulte avait un cerveau aux capacités très acceptables et lui était suffisamment mature pour savoir qu'il valait mieux attendre. Pour le moment, ça lui semblait beaucoup plus important de négocier son cadeau d'anniversaire.
"Un… chat ?" répéta Remus qui n'était pas sûr d'avoir bien entendu. "Où est-ce que tu veux que je te trouve un chat ?! J'arrive déjà pas à payer les loyers…"
"Alors ça tombe bien que tu parle de ça parce que j'ai repéré une association qui..."
"Harry."
"… recueille que des chats noirs, comme nous ! Pour les soins vétérinaires, tu pourras utiliser ta magie et moi, je peux sacrifier un bout de mes repas pour le nourrir. Ensuite, on..."
"Stooop."
Harry était sur le point de verser son yaout dans son lait dans son chocolat dans ses céréales dans le pot de miel sur la tartine de pain grillée alors il arrêta sa main à quelques centimètres de la table, les muscles figés et il continua de peaufiner les détails :
"… n'aura pas besoin de tellement plus de place, tu sais, les chats sont petits. Il pourra dormir avec moi, on l'appelera Merlin sauf s'il a déjà un autre nom et..."
"Harry, arrête de parler."
Il s'arrêta de parler, toujours immobile.
"Ah et continue de manger, bien sûr."
Remus le regarda reprendre son repas et il se demanda s'il n'avait obéit de manière trop littérale mais à côté de la plaque juste pour continuer de manière sournoise. Puis il repensa à l'épisode de HouHou le hibou et se dit que c'était une possibilité mais qu'il restait très naïf, à sa façon.
"J'suis sûr que William, lui, il a un chat." grommela-t-il.
"Je te demande pardon ?"
"William, il a tout ce qu'il veut."
William Potter, le Survivant.
Fils tant aimé par Lily et James, acclamé par toute la communauté magique. Plusieurs exploits à son actif du haut de ses onze ans notamment la Démolition du plus grand Mage Noir de cette décennie (entre nous, il n'y en a pas vraiment eu d'autres en dix ans), vainqueur du Tournoi de Quidditch Junior de sa région et presque Deuxième au concours Britannique de sculpture sur glace… spécialité vanille-fraise.
Accessoirement, frère jumeau d'Harry.
"Je n'arrive pas à croire que tu puisse être aussi jaloux de ton frère alors que vous ne vivez pas dans la même maison !"
"Justement."
Lily Potter avait proposé qu'on laisse Harry grandir dans un milieu moldu. Elle savait que ce monde était vraiment sympathique et chaleureux, elle y avait vécu pendant dix ans et elle avait pensé que son fils serait plus heureux s'il ne connaissait rien du monde de la magie. James avait suivit, ce n'était pas une si mauvaise idée que ça... en fait, c'était plutôt un bon choix fait par amour et ils en avaient souffert. Ils en souffraient encore mais se consolaient en imaginant que leur fils était plus heureux loin de la magie. Loin de sa famille… loin d'eux.
"William n'a pas de chat." répondit Remus. "Il n'a qu'un hibou, deux chiens, un élevage de boursoufflets (mais ça, faut pas le dire car c'est un loisir pour les bébés) et un cheval-ailé mais il reste dans les écuries, très loin du Manoir Potter. C'est une donation d'un fan et... on ne va peut-être pas parler de ça."
"Tu as oublié Diana." critiqua Harry.
"Non. Ta petite soeur ne compte pas comme un animal de compagnie."
"Ah bon ? Mais c'est petit, mignon et un peu casse-pied alors je croyais."
"Euh... non."
L'horloge magique sonna minuit, le disjoncteur sauta et le robot géant en forme de banane carrée se leva pour aller allumer les bougies avec son bras lance-grenades. Après sept 'bip' de plus en plus inquiétants, le gâteau d'anniversaire explosa et les murs furent recouverts de chocolat.
"Harry, je croyais t'avoir interdit les lances-flammes à l'intérieur."
"C'était un lance-grenades."
"Je sais... mais... je…"
L'adulte eut beau réfléchir, il ne savait pas comment être suffisamment précis pour éviter la prochaine catastrophe. Quand on interdit le feu, Harry utilise un gaz toxique et si on interdit le gaz toxique alors il s'amuse avec de la nitroglycérine et où a-t-il trouvé ce morceau de plutonium BOOORDEL ???
En vérité, il n'y avait qu'un seul endroit où il pourrait être protégé. L'endroit le plus sûr au monde où des enfants s'amusent avec des bâtons explosifs, à partir de onze ans et où on peut mourir aux détours d'un escalier. Poudlard était habitué à gérer des bombes à retardement (autrement dit 'jeunes adolescents') et les rendaient chaque été à leurs parents, à peu près dans un état normal et pas trop blessés.
"Est-ce que tu penses qu'aller à Poudlard serait raisonnable ?"
Harry avait entièrement détruit la tartine de pain pour chopper le miel et il était allé récupérer quelques bouts de chocolats carbonisé pour les tremper dans son lait. Il donna les restes du gâteau à Remus et secoua la tête.
"Bien sûr que non. C'est de la pure folie !" répondit-il.
"Et tu veux vraiment y aller..."
"Oui."
Le robot n'avait plus d'instructions après avoir allumé les bougies… ouais, enfin, plus ou moins quoi... alors il tournait en rond dans le salon, détruisant tour à tour divers livres, vêtements et câbles électriques. Déjà qu'ils avaient perdu beaucoup d'affaires après leur dernier incident, ça ne pouvait plus trop durer.
"D'accord, Harry. Tu iras à Poudlard."
"Joyeux anniversaire à moi !!!" cria Harry.
"J'ai certaines conditions." nuança Remus.
Il y eût un grand boum émanant du salon et les rideaux s'embrasèrent… c'était la deuxième fois depuis qu'ils avaient emménagés ici.
"Oh. Il semblerait que AïeBordelMonPouce ait trébuché sur mon stock de baguettes explosives... mais ne t'inquiètes pas, Rem's. Comme je vais à Poudlard, je vais devoir toutes les retravailler pour devenir un Cracmol NINJAAA !!!"
Remus sauva les rideaux, le canapé et une partie de leurs livres. Sa décision était prise : garder Harry enfermé dans un appartement moldu à Londres n'était pas une solution viable. Ni pour eux, ni pour l'appartement, ni pour Londres toute entière. Un jour, son petit faon allait dénicher un explosif plus puissant que tous les autres... il finissait toujours par bidouiller des circuits plus inflammables que les précédents.
"Je veux que tu poursuives un cursus scolaire classique par correspondance, en parallèle à tes cours de magie. Tu n'es pas obligé d'être l'élève le plus performant, contente-toi de réussir à passer les programmes de ton âge." expliqua-t-il. "Et je veux que tu réussisse à te faire des amis."
"Combien ?"
"La moyenne suffira."
"Combien d'amis ?"
Remus observa très sérieusement Harry : son pyjama rose trop grand pour lui et le dessin trop enfantin d'une princesse-licorne à paillettes, ses lunettes brisées dans plusieurs expériences scientifiques impliquant des explosions, sa chaussette trouée (et l'autre qu'il refusait de porter car son pied en avait décidé ainsi), son lanceur de toile d'araignée bricolé et attaché à son bras avec du scotch (c'est pratique, ça, le scotch...), sa cuillère à soupe avec laquelle il détruisait très consciencieusement son repas car le lait a un meilleur goût quand il souffre et sa paille courbée en plastique pour faire des bulles. Il voyait mal comment il pourrait s'adapter…
"Un seul, ça serait déjà bien." répondit-il.
"D'accord." dit Harry et il fronça les sourcils pour réfléchir. "Mais du coup, pour le chat ?"
"Non."
"C'est un non comme Oh non, tu ne resteras pas avec moi car je n'ai pas le droit de garder un enfant à cause de ma condition… ou un Non, Harry, tu ne pourras jamais aller à Poudlard… ou un Oh mon dieu, touche pas à ça, pitié, ça va explos- BOUM ?"
Les yeux verts le scrutaient comme s'ils cherchaient la moindre faille et le loup-garou songea qu'il devrait peut-être commencer dès maintenant à se préparer pour accueillir un chat. On peut dire non à Harry Potter mais lui, il comprendra toujours Ouiii, bien sûr. Le non n'est finalement qu'un oui avec un délais d'exécution.
"C'est ton anniversaire alors je ne vais pas pouvoir rester avec toi. Tu peux casser des petits objets si tu n'arrives pas à tenir en place mais surtout, n'abîme pas les meubles car j'ai envie de manger, ce mois-ci et les murs doivent impérativement rester à leur place."
"Évidemment, il a fallut que ce soit toi, le parrain de William… il a toujours le meilleur du meilleur du meilleur. Moi, j'ai le cabot… sérieux ?!"
"Tu es né avant lui alors tu as le premier choix de prénom et… tout le reste." répéta Remus. "Et puis Sirius est vraiment cool... je suis sûr qu'il serait ravi de t'aider à exploser tout ce que tu n'as pas réussi à faire péter."
"Oh mais voyons, je ne provoque pas le chaos pour la beauté du chaos. Je suis un grand scientifique, c'est vraiment très différent."
BOUM ! Bzzz… bzzz… bz- zz ? La tête du robot avait rencontré la mansarde du couloir et AïeBordelMonPouce avait été très malencontreusement décapité. Paf. Crack. Son bras lance-grenades s'aggripa au coussin et tira trois coups désespérés. BOUM ! BOUM !!! BOUUUM !!! Les vitres explosèrent et un courant d'air froid, de cette nuit d'été s'engouffra dans leur salon. Quelques schémas s'envolèrent… Harry se précipita pour sauver les résultats de ses expériences.
"Ah oui ?" plaisanta Remus. "Je ne vois vraiment pas la différence..."
"Tu sais… si j'avais un chat, il ferait tellement de bêtises que tu ne serais plus obligé d'être tout le temps en colère contre moi."
-Fin du 13ème chapitre-
…à suivre…
L'auteur (c'est moi) a chopé le.a covid et est actuellement en train de cracher ses poumons. J'ai donc décidé de faire une pause d'écriture, dessin et travail... tout naturellement, j'ai écris un chapitre entier (celui-ci) et j'ai déjà fait les six premières pages du magazine pro que je dois faire imprimer avant la semaine prochaine. Bref, ça marche pas très bien... mais j'essaie vraiment de me reposer, ça signifie moins de chapitre. Si j'y arrive.
