Résumé : Il y eut un cri dans la nuit, au milieu d'une lueur rougeâtre, et soudain, ils disparurent. Leurs noms furent appelés des jours durant, mais peine perdue. Shikamaru et Sakura n'étaient plus de ce monde.
Disclaimer : Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas, cependant il est évident que le scénario et chacun des mots mis bout à bout pour la rédiger viennent de mes petites mains.
DOUZE :
« La vie est juste un rêve. La mort est juste une nouvelle vie. »
— Skia.
— Rappelle-moi ce qu'on fait là, marmonna Sakura.
Shikamaru lui lança un regard amusé et secoua la tête en redressant la lanière de son sac. Dieu que c'était étrange de se trouver là, avec un disciple d'Hokage, prêt à faire sa première journée à l'université, dans un monde inconnu. Enfin, presque inconnu. Ils avaient pu grappiller un maximum d'informations depuis leur arrivée, en achetant des livres d'histoire, de littérature et de géographie.
Après l'annonce de Fugaku, Shikamaru et Sakura avaient discuté. Les métiers les mieux payés de ce monde semblaient être dans la médecine ou le droit, ça avait été la raison principale de leur choix. Néanmoins, ils avaient fini par convenir, après une journée de réflexion, qu'il leur fallait connaître les règles régissant ce monde et ses États. Petit génie de poche, grand stratège, le brun avait alors émis l'idée de s'orienter vers une carrière juridique. Sakura avait été légèrement réticente à l'idée de se séparer durant la journée, alors même qu'ils ne connaissaient pas les lieux et ses dangers. Cela dit, elle dû concéder la logique de son raisonnement. Ensemble, ils avaient alors appelé le chef de la police de Kumano et l'avaient informé de leur volonté de changer la filière du jeune homme.
Par chance, l'Uchiha n'avait pas encore rédigé leur dossier d'inscription avec les informations et avait pu prendre en compte leur demande.
Après quoi, ils avaient été, avec les parents Nara, acheter un ordinateur chacun, complétant la dépense avec la bourse accordée à Sakura en sa qualité d'étudiante orpheline et temporairement hébergée par les parents d'un ami. Elle doutait fortement du caractère temporaire de son hébergement, mais elle avait tout de même profité de cet apport pour acheter des manuels et rembourser une partie des courses effectuées par Shikaku et Yoshino.
— On va à la fac. Pour apprendre la médecine et le droit.
La rose leva les yeux au ciel en entendant la réponse de son meilleur ami. Évidemment qu'elle savait ce pour quoi elle était présente. Ce n'était pas une nouveauté, merci bien. C'était d'ailleurs une question purement rhétorique.
— Tu sais très bien ce que je veux dire. Je n'ai aucune envie de me trouver là, pour être honnête avec toi. On va devoir travailler.
Shikamaru tourna la tête vers elle en la poussant vers les grilles de l'université. Le complexe universitaire était presque une ville dans la ville, avec quelques restaurants, des cafés, un McDonalds®, un Starbucks® et deux boutiques de vêtements. Les bâtiments dédiés aux amphithéâtres, salles de cours et laboratoires s'étendaient à perte de vue, encadrés par un mur d'enceinte relativement haut. Les sorties étaient nombreuses et les portails constamment ouverts, mais on se sentait effectivement dans un lieu dédié à l'enseignement. Les bibliothèques également, étaient réparties selon les sections. La bibliothèque concernant la médecine se trouvait dans la rue dédiée à la discipline, de même pour la biologie, les langues, le droit et toutes les autres filières.
— Pourtant je crois me souvenir que tu étais une des meilleures de ta classe, à l'Académie, protesta Shikamaru. Et tu t'aventures sur un domaine que tu connais assez bien.
La jeune femme haussa les épaules. Elle avait désormais dix-huit ans, et elle était sortie de l'académie à douze ans. Ses derniers cours théoriques avaient été il y a, semblait-il, une éternité. Cela dit, en médecine, elle avait peu de chance d'avoir beaucoup de devoirs rédactionnels. C'était pour Shikamaru qu'elle s'inquiétait, de ce côté-là.
— La dernière fois que tu as été dans une salle de classe pour suivre un cours, c'était il y a combien de temps ?
Son ami marqua un temps d'arrêt. Combien de temps ? Lui-même fit rapidement le calcul dans sa tête.
Sept ans.
— Oh.
La jolie rose hocha la tête, comprenant qu'il venait de saisir où elle voulait en venir. Elle gloussa dans sa manche en avisant l'horreur sur le visage du stratège et le tira à son tour en le voyant faire demi-tour.
— Ah non ! C'est toi qui m'a tirée de mon lit pour venir ici, alors ne te défile pas !
Shikamaru se laissa faire dans un soupire désespéré et tenta pendant quelques secondes de convaincre Sakura de rentrer à la maison avec lui. Allez, un regard de chien battu devrait bien suffire, non ? … apparemment non. Depuis quand était-elle immunisée contre ce genre de choses ?
— Tu ferais presque peur, As.
Ah.
— Merci, râla-t-il.
La jeune femme saisît son bras en douceur, prête à l'entraîner avec lui, lorsqu'une voix les interrompit.
— Elle a raison.
Sakura se figea.
Sasuke.
Son meilleur ami baissa les yeux sur elle et posa sa main sur la sienne, soucieux. Les apparitions surprises du déserteur commençaient sérieusement à ébranler la kunoichi et il pouvait parfaitement le voir. D'ailleurs, ça avait quelque chose d'agaçant, considérant le fait qu'ils ne l'avaient même pas entendu venir. Le brun tourna les yeux vers l'origine de la voix, et bloqua à son tour.
Temari.
— Bah putain, souffla Sakura tout bas.
Le jeune homme approuva mentalement. Étaient-ils maudits ou bénis ? Non parce que pour le coup, il commençait sérieusement à se poser des questions. Voulaient-ils même voir ceux qu'ils avaient perdus ?
Au début, Shikamaru avait naturellement pensé que c'était une aubaine de pouvoir retrouver la femme de sa vie, celle qu'il avait voulu épouser, à qui il avait fait sa demande. Il n'avait, de prime abord, pas compris la réaction de son amie lorsqu'elle avait refusé de passer du temps avec Sasuke. Il avait même mis cela sur le compte du mal que lui avait fait ce dernier. Pourtant, lorsqu'il s'était retrouvé dans ce café avec la blonde, il avait réalisé combien le mal était grand. Il la voyait évoluer, rire, et vivre sa vie sans lui, sans ce manque et ce trou béants qu'il ressentait dans sa poitrine, juste à la place du cœur.
C'était comme s'il n'avait aucune existence dans la vie de la femme de sa vie. Comme si le deuil qu'il avait fait n'avait plus de sens, comme si ses pleurs et ses angoisses s'étaient perdus dans le néant. Se dire qu'il n'avait pas de réelle existence dans ce monde n'avait aucune influence. Il avait le cœur brisé. Dans cette vie, il ne faisait pas partie de celle de Temari, lui qui avait cru que l'éternité serait leur réunion. Elle avait vécu d'autres vies, d'autres tourments, dans cet univers, loin des combats sanglants et des pertes du sien.
Il était bancal, mal construit, probablement rendu défaillant par tout ce qu'il avait vu, par ce qu'il avait fait. Elle était stable, vivant une petite vie d'étudiante rangée, côtoyant son groupe d'amis et même son ex. Uh. Son ex. Temari, sa Temari, était sortie avec Hidan, le déserteur complètement fou, adepte du culte de Jashin et probablement un brin masochiste. Pour être franc, il avait du mal à se défaire de l'image mentale qui réunissait les deux anciens ennemis. Et ça l'empoisonnait.
— Est-ce que ça va ?
Le grand brun cessa de fixer la blonde pour reporter son regard sur le brun qui venait de prendre la parole de nouveau.
—Oui, tout va bien. On appréciait seulement la… grandeur des lieux, répondit Sakura.
Parce qu'après tout, que pouvait-elle répondre de plus ? Qu'ils se remémoraient tous les souvenirs qu'ils avaient ensemble, le moment ou Shikamaru avait appris la mort de Temari, et celle ou Sasuke avait cherché à la tuer ?
Ils n'auraient pas compris. Pire, ils les auraient fait renvoyer dans l'hôpital psychiatrique d'Ayame.
— Shikamaru, je voulais justement te voir avant que tes cours ne commencent, avoua Sasuke après avoir hoché la tête.
Les deux ninjas échangèrent un regard, avant de regarder à nouveau le grand brun. Sasuke voulait parler à Shikamaru ? Dans leur univers, au dernières nouvelles, ces derniers ne s'étaient pourtant jamais vraiment adressé la parole, alors que pouvait-il bien lui vouloir ?
— Itachi, Hidan et Kakuzu sont tous les deux en droit. Ils ne sont pas dans le même master, mais ils sont dans la même rue que toi. Ils m'ont proposé de te faire passer leurs numéros, au cas où tu aurais des difficultés pour te repérer ou à suivre tes cours.
Sakura cligna des yeux.
Pardon ? Est-ce que des Nukenin* venaient vraiment de proposer leur aide à Shikamaru ? La jeune femme soupira, déjà épuisée par la situation. Peut-être fallait-il qu'ils cessent de penser à eux en tant que ninjas ? Leurs amis et leurs ennemis ici, n'étaient pas des criminels, ne s'étaient rendus coupable de rien. Ils étaient seulement des civils, des étudiants menant leur vie tranquillement, sans causer de grabuge.
— Eh bien… c'est très gentil, je dois dire, bafouilla Shikamaru.
Les mots lui écorchaient la bouche. Sakura comprenait pourquoi, mais leurs deux interlocuteurs prirent cela pour de la timidité. Le brun hocha la tête dans un sourire, soulagé. Avaient-ils fait si mauvaise impression auprès d'Itachi et de ses amis ? Ils se savaient particuliers, compte tenu de leur vécu, mais pas à ce point-là.
Sasuke s'avança de quelques pas et tendit un papier au stratège, qui le prit sans réfléchir, et le mit dans sa poche.
— N'hésite pas à faire appel à eux, ils t'aideront avec plaisir. Pour précision, selon ce que tu penses prendre plus tard comme spécialité, Itachi est en droit international, Hidan en droit pénal, et Kakuzu en droit fiscal.
Hidan en droit pénal ? Sakura manqua d'éclater de rire sans raison apparente, mais se retint heureusement de justesse. En revanche, elle ne manqua aucunement le sourire poli et légèrement crispé du jeune homme. Il les trouvait clairement étranges. Elle le soupçonna un moment de leur rendre service pour faire plaisir à son père, et d'être présent pour eux le temps qu'ils se fassent des amis.
Quelle plaie.
— Merci, en tous cas, intervint Sakura pour casser le malaise s'installant.
Sasuke hocha à nouveau la tête et tourna les yeux vers la gauche pour répondre à l'appel provenant de la ruelle sur sa gauche. Surgissant de l'ombre, un beau blond aux yeux bleus, accompagné d'Hidan, Neji et Hinata trottina vers lui. Le sourire poli du grand brun laissa place à une expression agacée démentie par un sourire en coin presque tendre.
— Salut Naruto !
Les deux étudiants se tapèrent dans la main et tous échangèrent des salutations plus ou moins chaleureuses selon les affinités, mais toujours amicales. Par exemple, Sasuke salua un peu froidement Hidan, au contraire de Temari, qui échangea une étreinte avec lui, mais qui fit à peine la bise à Hinata. Les deux jeunes femmes semblaient, par ailleurs, légèrement en froid.
Sakura nota distinctement l'hésitation de la jolie Hyûga dans sa direction, mais se contenta d'un signe de tête. Contrairement à Sasori, elle n'avait, jusque-là, éveillé aucun souvenir d'elle. Ses souvenirs de la jeune femme se résumaient à ce qu'elle connaissait d'elle en tant que kunoichi.
— Pour ceux qui n'étaient pas là la semaine dernière, voici Sakura Haruno et Shikamaru Nara.
— Je sais, coupa Hinata, à la surprise de tout le monde. Je me souviens.
La rose en revanche, détourna le regard pour éviter de croiser ceux de l'étudiante. Que dire ? Elle ne pouvait décemment pas lui balancer qu'elle était une parfaite inconnue, à ses yeux. Enfin presque. Ou plutôt, cette version d'elle était une inconnue pour elle.
Pourtant, ce fut la brune qui prit les devant. Elle s'avança vers l'Anbu, et tendit sa main vers elle, un sourire avenant au coin des lèvres. Dans un univers comme dans l'autre, la jeune femme semblait incapable de faire preuve de méchanceté gratuite ou d'en vouloir sérieusement à quelqu'un. Sakura ne l'avait par ailleurs jamais vue s'énerver.
— Je suis Hinata Hyûga, enchantée. Tu ne dois pas t'en souvenir, mais nous avions l'habitude de jouer ensemble quand nous étions petites.
La rose loucha sur la main tendue pendant une seconde, avant qu'un des garçons n'intervienne pour détendre l'atmosphère.
— Si je peux me permettre, vous êtes toujours petites !
Le rire d'Hinata répondit à la pique lancée par Kiba qui arrivait avec Sai. Les deux jeunes hommes s'avancèrent également, presque au niveau de leur amie, et se présentèrent à leur tour.
— Moi c'est Kiba, et lui c'est Sai. Bienvenue à Kumano.
Shikamaru haussa un sourcil, mais s'empressa d'acquiescer. Ils étaient plutôt bien accueillis, ce n'était pas le moment de tout faire foirer.
— Enchanté. Je suis Shikamaru, et-
Sakura prit la décision de le couper. Elle pouvait encore se présenter toute seule, et n'était pas suffisamment impolie pour refuser une main amicale. Elle serra le plus doucement possible celle de son ancienne amie en prenant le relais.
— Et moi c'est Sakura. Je ne me souviens pas encore de tout, mes souvenirs ne se sont pas tous remis en place, mais je suis persuadée que nous pourrons redevenir amies si tu le veux bien.
La jeune Hyuga n'était pas particulièrement excentrique, ni même démonstrative, mais ne semblait pas aussi écrasée et timide que celle qu'elle avait connue à sa sortie de l'Académie. Elle avait l'air à l'aise. Cela dit, le Neji de ce monde semblait bien plus serein également et ne paraissait pas avoir particulièrement envie de dépasser ou faire de mal à sa cousine. Il la surveillait même du coin de l'œil.
— Il va être temps d'aller en cours, rappela ce dernier. J'ai cru comprendre que Sakura tu allais faire médecine ? Kiba pourra te montrer, il est dans la rue juste derrière. Il veut être vétérinaire.
Kiba, vétérinaire ? Ça collait plutôt bien avec celui qu'ils avaient connu. Ça, au moins, n'allait pas trop les dépayser. Quoique l'absence d'Akamaru soit légèrement perturbante. Leur Kiba n'allait jamais loin sans. La rose hocha la tête et relâcha Shikamaru, lequel avait toujours une main sur la sienne, et s'approcha du jeune homme. Celui-ci avait un visage plus harmonieux que celui de leur monde, et ses cheveux mi-longs décoiffés retombaient sur deux grands yeux noirs abyssaux. La chemise blanche qu'il arborait mettait en valeur une musculature affirmée, et la jeune femme dû reconnaître qu'il avait un charme certain.
— En route belle demoiselle, ou nous allons être en retard.
Dans un rire, il lui présenta son bras et l'entraîna plus loin, à travers les rues arborées et fleuries, alors qu'Hidan embarquait avec lui Shikamaru. L'étudiant était nettement plus grand que le stratège, lequel devait reconnaître qu'avec sa teinture grise, ses yeux auburn presque rougeâtres et sa mâchoire effilée, le déserteur était beau. Il admettait que son succès, ou que le fait que Temari ait été séduite n'était pas incohérent ou fou. D'ailleurs, étaient-ils tous beaux dans ce groupe ?
Le jeune homme l'emmena jusqu'au Bâtiment D.1, le bâtiment de droit réservé aux premières années.
— Si tu regardes sur l'emploi du temps numérique de ton intranet, tu devrais avoir le numéro de ton amphithéâtre. Ils sont tous rangés dans l'ordre alphabétique. Au rez-de-chaussée, tu as l'administration et un café, au premier tu as les amphithéâtres numérotés de un à sept, et au sous-sol, tu as ceux qui sont numérotés de huit à quatorze. Normalement, en dehors des examens, tu ne devrais pas avoir besoin de descendre dans les petits amphithéâtres des étages inférieurs, vous êtres trop nombreux en L1 pour les utiliser. Les salles de TD sont dans le bâtiment d'en face et sont numérotées dans l'ordre également.
Le grisé consulta sa montre et esquissa une grimace et recula de quelques pas, prêt à partir.
— Il faut que j'y aille, je vais être en retard. Envoie-moi un message si tu es perdu ou si tu as besoin de quelque chose. Tu finis à midi ?
Shikamaru acquiesça en haussant un sourcil, à peine désorienté par la quantité d'informations que venait de lui livrer son aîné. Il était habitué à retenir de tête un impressionnant flot d'informations, en sa qualité de chef Anbu. C'était son rôle, après tout.
— Parfait, alors je viendrai te chercher ici même à midi pile. Kiba fera sûrement pareil avec ton amie. En général, le premier jour, on arrive à tous manger ensemble le midi.
Il adressa un signe de main au plus jeune pour le saluer, et s'en alla presque en courant rejoindre son cours. Shikamaru le regarda partir, un peu perturbé. Karin lui avait bien fait comprendre, une semaine plus tôt, qu'Hidan était très protecteur avec Temari. Il n'avait pas dû manquer ses regards insistants, et pourtant, s'était appliqué à lui donner toutes les informations avec une précision et une gratuité étonnantes.
Le stratège secoua la tête et entra dans le bâtiment par le hall principal, fouillant dans son téléphone pour trouver le screenshot de son emploi du temps. Son cours de… d'introduction au droit devait démarrer dans cinq minutes dans l'amphithéâtre C, apparemment.
Le jeune homme parcourut rapidement la liste des cours de la semaine et constata qu'il n'avait, étonnamment, que ce cours-là lors des deux premières semaines. Apparemment, l'université s'appliquait à donner à tous les étudiants le même socle de connaissance avant de les jeter dans le grand bain. Il aurait même six heures de travaux dirigés dans cette matière, et ses partiels seraient le quatre avril. Sans doute pour bien leur laisser le temps de réviser.
C'était au moins déjà ça. Dans trois mois il aurait ses partiels de premier semestre, soit en Juin, puis deux mois de vacances, reprise en Septembre et partiels durant la première semaine de décembre. Sachant qu'il ne reprenait pas les cours avant le mois de mars l'année prochaine, ça lui faisait une sacrée période de vacances… pas sûr qu'il parvienne à s'en sortir sans rien faire autant de temps dans l'année. Il se demanda, en s'installant à sa place, si Sakura avait autant de temps, elle. Probablement pas. Apparemment, les cours de médecine étaient plus étalés que les siens, plus denses.
— Bonjour à tous, interrompit la voix du maître de conférence en bas des escaliers devant le micro. Je suis le professeur Mizuki et je vous enseignerai l'introduction au droit pour les deux prochaines semaines, et probablement même un peu plus. Pour être clair avec vous, seulement un tiers de votre amphithéâtre passera la première année pour aller en L2. Regardez la personne à votre droite, celle à votre gauche, et dîtes-vous qu'un seul aura son année. Ce sont les statistiques, je n'y peux rien.
Shikamaru leva un sourcil, à nouveau. Un tiers ? C'était peu. Cela dit, c'était peut-être plus que les diplômés de l'Académie à devenir Genins du premier coup. Il avait du mal à s'en rendre compte.
— Certains d'entre vous se rendront compte que le droit n'est pas leur tasse de thé, d'autres se réorienteront, ou diront que c'est trop dur pour eux et les derniers échoueront tout simplement aux examens. Bonne chance à tous. Maintenant ouvrez vos pages Word et tâchez de suivre le rythme.
Le stratège ayant déjà ouvert sa page se tint donc prêt, les doigts postés juste au-dessus des touches. Aux premiers mots, il parcourut le clavier pour prendre en notes son cours, son intérêt piqué des les premiers mots.
«Il n'existe pas, à proprement parler, d'introduction au droit ou de premiers éléments sur lesquels s'appuyer et qui pourraient constituer les fondations d'études juridiques. Cependant les cours et manuels de cette matière sont repris pour passer le concours d'agrégation du supérieur car ce sont des connaissances fondamentales. En droit, vous n'aurez pas d'enseignement graduel, mais vous pourrez trouver un enseignement du plus général au plus particulier. L'objectif de nos heures ensemble sera donc de tenter de donner une vision d'ensemble du droit et quelques clés pour poursuivre ses études.
Introduction :
Quelques généralités sur le droit, à commencer par une définition se trouvant dans Le digeste, une compilation de textes qui vient du VIème siècle AP J.C écrits par des grands juristes de l'époque et compilés par l'empereur Justinien sont à venir. Notre tradition juridique s'est formée à cette période (droit romain) et il est considéré que la quasi-totalité des règles du CC nous viennent de ce droit romain.
Le Digeste définissait par Ulpien : « Le droit, c'est l'art du bon et du juste. » Cette définition part du principe que pour vivre en société, les individus doivent trouver une manière de s'organiser entre eux, d'ordonner leur conduite autour de règles formelles ou informelles qui constituent un ensemble, le droit. Robinson Crusoé n'a pas besoin de règles de droit car il n'a pas besoin d'opposer à un autre individu telle ou telle règle car il est tout seul. Le droit ne peut se former qu'en compagnie d'autre(s) individu(s).
Le droit est aussi un phénomène social et humain qui dans nos sociétés occidentales a une place prépondérante. Il a pour objectif de régir les relations entre les individus entre eux (relations horizontales) mais aussi vocation de régir les relations entre les hommes et l'État (relations verticales). Le droit doit s'appuyer sur d'autres matières, le droit, la philo, la socio, l'anthropologie, la psychanalyse, et est ainsi une science poreuse, évolutif et dynamique. Cette étude est indispensable pour comprendre l'organisation des rapports sociaux et les sociétés.
Le droit est partout dans notre société. L'on fait du droit à chaque achat car il constitue en un contrat : les règles d'un contrat s'appliquent lorsqu'on passe un contrat, même oral, il constitue en une exécution, forcée ou non en résultat. »**
À la fin du cours, Shikamaru avait les mains en feu, peu habitué à utiliser ses doigts de façons aussi souple et précise sur des touches étroites, mais était pleinement satisfait. Son maître de conférence avait réussi à rendre sa matière agréable, et les quatre heures de cours passées ensemble l'avaient ravi. Le droit était peut-être fait pour lui, après tout.
À midi, comme promis, Hidan vint le chercher. Il le guida à travers le campus, sachant que son cadet n'avait plus cours après, et le mena jusqu'au McDonalds® du coin.
— Je te préviens, nous sommes nombreux. Pas de raison de paniquer, mais nous sommes vraiment beaucoup quand nous sommes tous réunis.
Sakura et Kiba les rejoignirent sur la route, Hidan et ce dernier s'étant mis d'accord concernant un point de rencontre, et ils entrèrent tous les quatre dans un fast food plein à craquer… d'un groupe beaucoup trop imposant pour eux. Pas sûr qu'ils puissent même se mettre tous à la même table d'ailleurs. En fait, c'était même carrément impossible.
Sakura échangea un regard avec lui et soupira de dépit. Leur solitude de ninja et leur vie habituelle à deux leur manquaient déjà. Et pourtant, il y avait leurs amours perdus, dans ce McDonalds® !***
* Est-ce qu'on met au pluriel Nukenin ?
** Comment ça j'ai meublé mon chapitre avec un de mes cours de L1 ?
*** Et comment ça j'ai encore trois mois de retard ?
PS : Je n'ai absolument pas corrigé ce chapitre, encore une fois, hehe.
Un petit coucou à ma lectrice Johanna Schott (parce qu'apparemment je ne l'avais pas fait lors de la publication du chapitre onze) que je remercie pour son travail pendant cette pandémie COVID. Un grand merci donc à tout.e.s les aides-soignant.e.s, médecins, infirmier.e.s et personnel hospitalier comme toi !
