28
- Un médecin cria Alice, Swan ! Swan ! Reste avec nous, parle-moi, je t'en prie Swan !
Gilbert en ayant vu l'état de Laurence à son arrivée avait immédiatement fait venir une ambulance. Aussitôt, un médecin et des infirmiers arrivèrent dans la pièce. Ils écartèrent doucement Alice pour s'occuper de Laurence.
L'ayant ausculté, ils lui donnèrent de l'oxygène et un sédatif pour qu'il souffre moins. En ouvrant la chemise, ils ne purent que constater des hématomes, sans doute des côtes fracturées. Il fallait être vigilant sur son état de santé et une éventuelle hémorragie.
A peine l'avait-il retrouvé qu'elle pouvait le perdre.
Elle accompagna Laurence dans l'ambulance refusant de se séparer de lui. Elle lui tint la main, caressa son visage mal rasé, coiffant sa mèche rebelle. Elle avait besoin de le toucher, de le sentir pour lui redonner vie.
- Tu vas pas me lâcher, tu n'as pas le droit, d'accord Swan ? Sinon tu vas passer un sale quart d'heure !
Elle sentit la pression de la main de Swan sur la sienne, heureuse qu'il sache qu'elle était là.
Arrivée aux urgences, elle dut le quitter pour qu'on s'occupe de lui. Elle retrouva Alexina et Thierry. Marlène et Tim les rejoignirent avertis par Gilbert. Ensemble ils attendaient des nouvelles.
Plusieurs heures s'écoulèrent. Tricard et Gilbert passèrent. Il prit Alice à part.
- Je rentre à Paris, Alice. Je vais m'occuper de ce que l'on a prévu pour Colbert, dit-il.
Gilbert était mal à l'aise d'évoquer la situation de Colbert.
Alice le regarda.
- Faites. Il faut rendre justice à tous ces malheureux, et qu'il paie. Il a failli me faire perdre les êtres les plus importants de ma vie. Nous n'avons rien de commun lui et moi, je le sais maintenant mais à quel prix !
- Je comprends, tenez-moi au courant pour Laurence. On a besoin de lui.
Ils s'embrassèrent et Gilbert salua tout le monde avant de partir.
Au bout d'heures interminables, un médecin vint finalement les voir.
- Mme Laurence ? dit le médecin.
- Oui répondirent Alexina et Alice en même temps.
- M. Laurence est hors de danger mais il a fallu l'opérer. Une des côtes fracturées a provoqué une hémorragie mais tout est rentré dans l'ordre. Ne vous inquiétez pas son visage est assez contusionné mais d'ici quelques jours cela va passer. Il a deux doigts fracturés à la main droite mais nous avons mis des attelles. Il va rester quelques jours avec nous sous surveillance.
- On peut le voir ?demander Alice.
- Oui mais pas tous en même temps, il est encore un peu désorienté. Je vous conduis vers lui et je repasserai le voir plus tard.
- Merci docteur dit Alexina.
- Alexina, Thierry, allez y, moi je resterai avec lui cette nuit.
Thierry et Alexina suivaient le médecin pour voir Laurence.
Des calmants le faisaient dormir mais il sentit une présence près de lui. D'un œil, il vit sa mère et son fils près de lui.
- On est content de te voir Papa dit Thierry, ému.
- Mon fils… toujours à ramasser des cocards, dit Alexina pour cacher son émotion.
Mais elle craqua.
- Tu m'as fait si peur !
Laurence avait du mal à parler mais dans ses yeux, ils voyaient qu'il était heureux de les retrouver aussi.
- Mon fils, je suis content que tu ailles bien, chuchota Laurence.
- Tu m'as sauvé.
- Tu es mon fils, c'est comme ça, résuma Laurence, toujours laconique et précis.
- On revient te voir demain, du monde veut t'embrasser. A demain.
Ils se quittèrent. Tim et Marlène firent un bref passage, heureux de le voir et l'encourager dans sa guérison.
Enfin Alice entra, à petits pas. Il avait hâte de la voir, de la sentir près de lui, de lui parler.
Elle s'assis à ses côtés. Ils n'osaient pas se parler. Laurence essaya de retrouver un peu de voix pour soulager sa conscience.
- Est-ce que tu me pardonnes ? demanda Laurence.
Il jouait toute sa vie dans la réponse d'Alice.
- Ne t'inquiète pas, lui murmura Alice, en caressant son visage faisant attention de ne pas lui faire mal.
- Je t'aime Alice, dit Swan pour la première face à elle.
- Je t'aime Swan, ….comme je n'imaginais pas.
Le soulagement de Swan n'aurait pas pu être plus grand, les paroles d'Alice lui donnaient une force. Il y aurait une grande explication, il n'y couperait pas mais il y avait peut-être quelque chose à sauver entre eux.
Vaincu, il s'endormit, ne quittant pas la main d'Alice. Elle avait voulu la retirer pour changer de position mais Swan, même dans son sommeil, refusait de la lâcher.
Le lendemain, Alice fut gentiment mais fermement invitée à rentrer chez elle par les infirmières. Malgré ses objections, rien n'y fit. Laurence avait besoin de soins.
Elle se résolut à rentrer. Elle retrouva Thierry et Alexina. Heureux de la fin de ce triste épisode.
Elle prit une douche et partit au Journal. Elle avait oublié son énième démission et Jourdeuil ne fut pas surpris de la voir arrivée.
Jourdeuil lui demanda quand même quelques explications mais Alice n'avait pas envie d'entrer dans les détails des derniers jours. Elle ne tenait pas à évoquer les derniers jours.
Au moment ils finissaient de discuter, elle vit arriver un jeune pigiste se précipiter sur Jourdeuil tenant un scoop.
- Patron, Patron ! Une source de l'hôpital vient de me dire que le Commissaire Laurence était aux soins intensifs.
Jourdeuil haussa les sourcils jetant un œil interrogatif à Alice. Alice regardait ses chaussures. Le pigiste reprit.
- Mon indic m'a dit que sa femme est restée à ses côtés. Personne ne sait ce qui lui est arrivé.
Le pigiste ignorait lui, les liens entre Alice et Laurence et ne comprenait pas les regards de Jourdeuil à Alice qui regardait désormais le plafond à la recherche de toiles d'araignée invisibles.
- Ah, vraiment, sa femme ?
- C'est dingue ! dit le pigiste, je retourne aux infos pour savoir ce qui s'est passé !
- Alice ?
- Je n'ai rien à dire …
- Je ne savais qu'il était marié…. Tu le savais toi ?
Alice ne voulait pas se faire tirer les vers du nez…. Les journalistes quels cafards se dit elle, maudissant sa corporation au moment où elle avait plus que jamais besoin qu'on respecte la vie privée de Laurence et désormais la sienne.
- Alice tu vas aller à la pêche aux infos…
- Non.
- Non ? Tu ne veux pas savoir ce qui est arrivé à ton cher Laurence ?
- Non
- Alice, c'est ton boulot, tu vas le faire !
- Non
- Et pourquoi ?
- Je ne peux pas …
- Depuis quand tu as arrêté de coller aux basques de Laurence ?
- Il y a eu un peu de changement dernièrement ….
- C'est à dire?
Jourdeuil faisait preuve d'une curiosité de midinette qui commençait à lui taper sérieusement sur le système. Elle le prit par le bras et elle s'enferma dans son bureau.
Elle prit une respiration pour ce qui allait être bientôt un secret de polichinelle.
- Nous sommes mariés.
Jourdeuil imaginait entre eux une histoire mais là, c'était digne de Paris Match !
- Quoi ! Mais tu le supportes pas !
- La haine, l'amour tout ça, c'est jamais très loin l'un de l'autre ! C'est compliqué…
- Ben mazette !
- Jourdeuil je te le demande comme un service : arrête ton stagiaire dans ses recherches et ne publie rien.
- Laurence est à l'hôpital ?
- C'est juste un accident.
- Alice je vois bien qu'il se passe quelque chose. Ça ne va pas depuis un moment, tu es partie complètement hystérique d'ici il y a deux jours, tu reviens, Laurence est blessé et vous êtes mariés !
- C'est une affaire privée, laisse tomber.
- Sinon quoi ?
- Sinon, je pars vraiment et tu peux compter sur Laurence pour que les infos sortant du commissariat aillent en primeur à la concurrence, compris ?
Sur ce, elle tourna le dos et partait dans son bureau mettre de l'ordre et gérer les affaires courantes.
Jourdeuil ne doutait pas de la démission d'Alice cette fois-ci.
Jourdeuil, misogyne notoire, admirait depuis longtemps l'audace d'Avril. Indépendante, il savait que son aveu avait dû couter à Alice. Mieux ne valait ne pas se fâcher avec Laurence et surtout son épouse !
- Alice, lui cria Jourdeuil
- Oui ? dit Alice exaspéré.
- Tu as ma parole.
Elle lui sourit reprenant son chemin.
Personne ne vint s'intéresser à Laurence dans le Voix du Nord.
En début d'après-midi, Laurence reçut la visite de Thierry. Il était seul. Alexina viendrait plus tard. Elle se reposait.
- Bonjour Papa
- Bonjour fils, ça va ?
- Maintenant oui, merci pour tout.
- Non, ne dis rien je suis heureux que l'on est passé tout cela.
UN silence se fit entre eux.
- Que vas-tu faire désormais Thierry ?
- Je ne sais pas trop, je suis un peu perdu.
- Pourquoi ne pas reprendre des études ?
- Je ne suis pas fait pour ça….je pense que je vais devancer l'appel et faire mon service militaire.
- Ah….
- Tu n'approuves pas ?
- Si… si tu penses que tu dois le faire mais je n'imaginais pas que l'armée t'emballerait.
- Franchement pas vraiment mais il faut le faire. Et puis j'ai pensé à toi.
- Ah ?
- Je veux me sentir utile, ça m'aidera peut-être à trouver ma voie, de servir mon pays, je pense. Avec l'armée c'est un début. Je ne veux pas faire n'importe quoi non plus, j'ai donné. Et Maman est d'accord.
- Je suis fier de toi mais il faut aussi que tu t'amuses, tu as l'âge de te faire plaisir. Prends le temps de réfléchir à tout ça.
Laurence réfléchit et reprit.
- Tu vas retourner à Paris, demanda Laurence triste de voir son fils s'éloigner.
- Non, pas vraiment je vais récupérer mes affaires. Et Mammy m'a proposé de vivre chez elle avant de partir à l'armée.
- C'est bien mais ne la suis pas dans ses virées, tu n'arriverais pas à garder le rythme !
Thierry rit de bon cœur.
- C'est bon de te voir… je vais te laisser. Je reviens dans quelques jours.
Ils s'embrassèrent. Laurence se reposa encore bien fatigué.
Laurence sentit un regard sur lui. Il se réveillait de sa petite sieste. Alexina le veillait.
- Ouh la la dit en se redressant lentement torturé par son corps endolori.
- Tu ferais n'importe quoi pour épater une fille, ironisa Alexina.
- Merci beaucoup maman, je vois que tout revient dans l'ordre, tu as peu de pitié pour ton fils !
- Il le faut bien sinon on va étouffer avec tout cette compassion ! lui dit Alexina portant les couleurs flamboyantes qu'elle aimait tant.
- Mouais….
- Sinon comment vas-tu ? dit elle plus sérieusement.
- Je ne saurais pas te dire, tout ce qu'on a vécu ces derniers jours….J'ai l'impression qu'un siècle s'est passé et rien ne sera plus comme avant.
- Comment peut il en être autrement ?
Un silence se fit entre eux.
- Comment va Alice ? demanda Laurence.
- Cela a été très dur pour elle….
- Je n'ose imaginer tout ce qu'elle a traversé.
Alexina lui raconta comment Colbert lui avait retourné le cerveau quand elle l'avait vu à Paris. Ainsi que la façon dont tout le monde s'était soudé pour expliquer la situation. L'interrogatoire de Colbert par Gilbert avait aussi été déterminant pour lui ouvrir les yeux mais surtout dévastateur. Elle expliqua combien ils avaient eu peur pour lui, à juste titre, vu son état.
- Ca prendra du temps pour qu'elle digère tout cela.
- Oui et tu as intérêt à ne pas trop la ramener mon fils !
- De quoi tu parles ?
- Tu lui en as fait baver, involontairement peut être mais désormais c'est à toi de l'aider et de la soutenir.
- Je ne voyais pas les choses autrement !
- Pour l'instant tout va bien mais un jour tout va exploser et je t'interdis de lui faire du mal ! Tu t'écraseras. Sinon tu auras affaire à moi.
- Ca va maman j'ai compris, je sais tout ça !
- Oui excuse moi mais ça m'a retourné ! s'émut Alexina emportée par sa fougue naturelle.
Laurence attendit qu'elle se calme.
- Sinon j'ai appris que tu allais avoir un chaperon, faisant référence à Thierry.
- Ah il t'a dit ! Ce n'est que temporaire. Il veut suivre les traces de son père !
- Tu n'exagères pas un peu là ?
- Non je t'assure , tu as un bon gamin, il a muri.
- Tant mieux. J'espère qu'il va se trouver.
Laurence commençait à somnoler à nouveau.
Alexina prit congés.
- Je t'aime mon fils.
- Maman…..
Laurence n'arrivait pas à s'habituer à l'exaltation maternelle. Elle lui donna un baiser claquant avant de le quitter.
Le temps passa entrecoupé de visites de ses chers amis. Marlène et Glissant passèrent heureux de le voir en meilleur état, de même que Tricard qui espérait rapidement le retour de son fin limier. Il fit un bref passage ; Carmouille l'attendait pour diner.
Il s'inquiétait de ne pas avoir vu Alice de la journée. Le sommeil l'emporta.
Il rouvrit les yeux.
- La belle au bois dormant a une sale gueule aujourd'hui !
- Mais quelle est drôle ! sourit-il en la voyant devant lui dans sa traditionnelle tenue de journaliste. J'ai cru ne pas te voir aujourd'hui dit il en se redressant non sans douleur.
Alice se pencha pour l'embrasser doucement sur les lèvres. Elle avait du mal à trouver sur son visage un endroit qui ne soit pas intact.
Laurence accueillit ce baiser avec soulagement. Il la retint vers lui en lui prenant la main. Il voulait gouter ces lèvres et sa bouche après l'avoir tant espéré dans les moments les plus sombres.
- Doucement, sinon je pourrai abuser d'un pauvre convalescent !
Laurence sourit.
- Pour quelques temps encore, tu n'as rien à craindre pour ta vertu…. ;
- Dommage….
Sa présence lui faisait grand bien. Elle s'assit à ses côtés. Il reprit sa main. Il vit l'alliance à son doigt.
- Tu l'as trouvé ? dit il curieux de sa réaction.
- Oui et j'ai la tienne là, lui montrant la chaine et l'alliance autour de son cou.
Elle détacha la chaine et fit glisser l'alliance de Laurence. Elle remit sa chaine. Elle prit la main gauche de Laurence qui était curieusement intact de toute ecchymose. Elle lui glissa l'alliance à son doigt. Le regardant droit dans les yeux elle porta la main de son mari à ses lèvres pour l'embrasser.
- Pour le meilleur et pour le pire.
- J'espère que le pire est derrière nous lui dit il cherchant les pensées d'Alice dans son regard.
- Pas aujourd'hui, d'accord ? Alice n'avait pas le cœur de revenir sur les jours passés heureuse de profiter du présent.
Laurence secoua la tête.
- Qu'as-tu fait aujourd'hui ?
- Je suis allée au journal et j'ai fait mon Laurence !
- C'est quoi faire « mon Laurence » ?
- Faire taire les journalistes !
- Vaste programme mais je crois que je n'ai jamais réussi !
- Et ben là, j'y suis arrivée.
- C'est-à-dire ?
- Un pigiste a su que tu étais à l'hôpital. Une femme à tes côtés. Ta femme.
Laurence haussa les sourcils.
- Les nouvelles vont vite !
- Mais elles n'ont pas couru longtemps, j'ai menacé Jourdeuil que si l'info circulait , le commissariat serait fermé à la Voix du Nord
- Non !
- Oui j'ai mis ma démission dans la balance…
- Encore !
- Il sait que je suis sérieuse, j'ai dû lui dire pour notre mariage….
- Et il va se taire ?
- Tu sais combien il est courageux….
Elle le voyait se fatiguait à vue d'œil.
- Je vais te laisser…
- Je suis d'une piètre compagnie, désolé…
- Ne t'en fais pas on se rattrapera. Promis.
Joignant le geste à la parole. Sa main était posée sur la cuisse de Laurence. Elle la fit remonter lentement le long de son torse, s'arrêta dans l'échancrure de la blouse de malade à la naissance de son cou. Tout en continuant le long de son visage mal rasé, elle finit par effleurer ses lèvres. Pour les caresser doucement elle se rapprocha de son visage, presque bouche à bouche .
- Guéris vite.
Et elle l'embrassa à pleine bouche, avec expertise. Leurs langues se retrouvèrent pour revivre une intimité qu'ils croyaient perdus.
Alice mit fin à ce baiser à regret, un grand sourire aux lèvres en voyant l'état dans lequel elle avait mis Laurence.
- Ouh la la ! dit il essouflé.
- C'est un remède très puissant sourit Alice, il faut l'utiliser avec précaution.
- Ah ça c'est sûr !
Elle l'embrassa une dernière fois sur les lèvres plus chastement pour le quitter.
- A demain dit Laurence a regret.
- Je t'aime… répondit Allice.
Retrouvant assez rapidement ses moyens, Laurence sortit de l'hôpital deux jours plus tard. Il avait usé les patiences des infirmières et des médecins qui délivrèrent le bon de sortie moyennant une convalescence de quelques jours. Ils admiraient tous Alice et sa capacité à le canaliser.
En rentrant chez eux, ils avaient l'impression d'être partis depuis des siècles alors que moins d'une semaine avait passé.
Concentré à se rétablir, Laurence était malgré tout très attentif à Alice. Elle faisait face comme un bon petit soldat mais il la sentait soucieuse et perturbée bien qu'elle essayât de le cacher concentrée à voir Laurence se rétablir.
Les deux marchaient sur des œufs comme au premier temps de leur mariage, les colères et la frustration rentrée commençant à revenir. Tout était superficiel, tous deux étaient décidés à ne pas parler des sujets qui fâchent quand bien cela les empêchait de vivre.
Malgré tout, Alice n'avait pas digéré d'avoir été dupée par Laurence mais son triste état la retenait. Mais une parole fut le détonateur.
Alors qu'il était toujours en convalescence, Laurence ne voyait pas rentrer Alice du travail et s'inquiétait. La porte s'ouvrit sur une rousse passablement énervée.
Depuis quelques temps, Alice se sentait fatiguée, mal dans sa peau, de plus en plus à fleur de peau.
- Bonsoir ça va ?
- 'Soir, mouais…. !
- Tu rentres tard …..
- C'est un reproche ?
- Non c'est jusque que tu rentres tard, je m'inquiète pour toi.
- Non rien c'est Jourdeuil, prétexta Alice, par facilité.
Laurence se leva, boitant encore des coups reçus et se fixa devant elle sentant que le moment était enfin venu pour qu'elle lui parle.
- Alice, on peut parler ?
- Oui bien sûr de ce qu'on fait ce weekend ? J'irai bien prendre l'air, pas toi ? s'éloignant du sujet volontairement.
Laurence était soucieux et irrité de la voir éviter le sujet depuis qu'ils s'étaient retrouvés.
- Non je pensais à parler de ce qui est arrivé.
Alice fit l'étonnée.
- Mais le sujet est clos, il n'y a rien à dire.
- Quand j'étais à l'hôpital tu m'as dit plus tard…
- Mais il n'y a pas de raison tout est rentré dans l'ordre….
- Je vois bien que non….tu m'en veux, je le sais bien, je m'en doute….
- Ah parce que c'est vrai toi tu sais tout, tu penses à la place des autres ! explosa Alice.
Nous y sommes, se dit Laurence, plus trop certain que la conversation tant voulue allait bien se passer.
... Suite et fin ... bientôt!
