Chapitre 12 : Voyages, voyages
Logan, Chloé et Thea furent les premiers à partir. Le jeune homme disparut une première fois pour emmener leurs bagages, puis revint plus tard pour chercher ses sœurs. Tous les trois dirent au revoir à leur mère et au reste de la famille, puis l'aîné des enfants transplana.
À dix-sept ans, Logan était tout juste majeur et avait son permis de transplaner depuis très peu de temps. Il ne pouvait pas le faire trop souvent, ni sur de trop longues distances.
Ainsi, il les emmena à quelques kilomètres de la maison. Alterner la marche et le transplanage leur permettait également de brouiller les pistes. Après tout, le ministère savait probablement que deux d'entre eux étaient scolarisés à Poudlard. Ils ne s'attendraient pas à les voir se déplacer de façon moldue.
Ce fut ainsi que commença leur périple à travers l'Angleterre, afin de rejoindre la côte pour ensuite trouver un moyen d'aller en France.
Durant les jours qui suivirent, ils continuèrent d'avancer à un bon rythme. Logan utilisait régulièrement le sort des quatre points pour éviter qu'ils se perdent. Il leur fallut toutefois près d'une semaine pour rejoindre la ville côtière et portuaire de Folkestone.
Lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée de la ville, il fut décidé qu'ils s'arrêteraient quelques jours, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, parce qu'ils avaient tous trois besoin de repos. Mais également parce qu'ils devaient se renseigner afin de savoir s'il existait un moyen de rallier la France.
Ils se séparèrent en deux groupes. Logan alla essayer de récupérer les informations qu'il leur fallait, tandis que de leur côté les deux filles cherchèrent un endroit où loger pour les quelques jours qu'ils allaient passer ici.
L'avantage d'avoir grandi en partie dans un monde qui se cachait depuis des siècles étaient qu'ils avaient appris à mentir sur commande. Ou à dire des demis-vérités. Ainsi, lorsqu'elles eurent trouvé un hôtel, Chloé n'eut aucun mal à faire croire à la réceptionniste - qui n'avait toutefois pas l'air d'être une flèche - qu'elle avait dû fuir pour sa sécurité avec son grand frère et sa jeune sœur. L'état pour le moins déplorable de leurs vêtements à toutes les deux ajouta du crédit à son histoire, qui n'était au final pas si éloigné de la vérité. Prise de pitié, la femme leur proposa une chambre « le temps qu'ils trouvent un point de chute ».
Elles rejoignirent ledit grand frère à l'endroit où ils s'étaient quittés. Il fut content qu'elles aient atteint leur objectif. Et lui aussi avait du nouveau. En interrogeant les habitants, il avait appris qu'un tunnel sous-marin partant du port et rejoignant la ville de Calais, en France, avait été achevé l'année précédente. La traversée durait 35 minutes. Ce n'était pas gratuit mais les prix étaient hors de leur portée. Ils devraient donc traverser par leurs propres moyens. Son « enquête » lui avait également appris que la traversée pouvait se faire en bateau - donc sur l'eau et non en dessous -. En bateau le trajet durait 1h30 et n'était pas non plus dans leurs moyens.
Une fois qu'ils furent installés à l'hôtel, ils purent prendre une décision concernant la façon dont ils joindraient la France.
Finalement, la décision fut assez facile à prendre : ils iraient - clandestinement, certes - en bateau. Il leur serait plus facile de s'y cacher que dans un tunnel qu'ils ne connaissaient pour ainsi dire pas.
Au cours des quatre jours qui suivirent, Logan et Chloé observèrent discrètement à tour de rôle le va et vient des bateaux jusqu'à en trouver un qui allait en France. Tandis que Thea restait principalement à l'hôtel. Ce fut quatre jours plus tard, donc, qu'il trouvèrent ce qu'ils cherchaient.
Pendant que son frère alla se cacher dans un coin où il passerait inaperçu, Chloé retourna à l'hôtel où elle récupéra Thea et leurs quelques affaires et partit ensuite le retrouver.
Il rétrécit leurs bagages d'un coup de baguette, prit ses sœurs chacune par un bras et transplana dans un endroit discret du bateau.
Logan jeta des sorts tout autour de l'endroit où ils s'étaient cachés, de sorte que personne ne puisse remarquer leur présence.
Ils n'avaient rien pour s'occuper, si bien que l'heure et demie que dura la traversée leur parue très longue. Un immense soulagement s'empara d'eux lorsqu'il fut annoncé que le bateau arrivait en vue du port de la ville de Calais.
Dès que le bateau stoppa, ils disparurent de leur cachette pour réapparaître dans un coin reculé du port.
Logan fit ensuite apparaître un morceau de papier, un stylo et écrivit : « On est arrivés. On est sur le port de Calais. »
Il l'envoya ensuite d'un coup de baguette directement à l'adresse de sa tante. La réponse ne se fit pas attendre : « J'arrive. Patientez dans un coin tranquille, je saurais vous retrouver. »
Une dizaine de minutes plus tard, un bruit près de leur cachette attira leur attention. Logan demanda aux deux filles de ne pas bouger et alla voir de quoi il retournait. Le jeune homme revint peu après avec une femme qu'elles reconnurent comme étant leur tante Maria.
La femme les prit tous les trois en transplanage d'escorte et ils disparurent avec elle. Le petit groupe atterrit devant une maison de campagne.
Les enfants Potter échangèrent un regard. À compter de ce jour, une page de leur vie se tournait, faisant place à une nouvelle.
OoooO
Harry, une dizaine de jours plus tôt
Lorsque sa mère l'eut déposé devant chez Sirius, Harry frappa contre la porte. L'adolescent n'eut pas très longtemps à attendre avant de voir apparaître la tête de son parrain. Il ne put retenir un éclat de rire en le voyant arriver au moins aussi décoiffé que lui. Ce qui n'était pas peu dire, le jeune homme ayant, comme ses frères, hérité de la tignasse désordonnée des Potter.
En voyant son parrain arriver hirsute et débraillé, Harry n'eut pas besoin d'explications pour savoir dans quel genre d'activité il l'avait dérangé… et devint tout rouge.
L'adulte se moqua gentiment en le voyant rougir comme une tomate trop mûre puis lui dit :
- Ne bouge pas, je reviens tout de suite, j'en ai pour une minute.
Et il disparut dans la maison. Comme il l'avait dit, il revint très rapidement et fit signe à Harry de le suivre à l'intérieur. Tandis qu'il indiquait à l'adolescent qu'il pouvait « faire comme chez lui », il se rendit présentable d'un coup de baguette.
Il s'installa ensuite à table et invita Harry à faire de même. L'adolescent s'exécuta, intrigué. Sirius lui expliqua comment allait se dérouler leur voyage. Pour des raisons de sécurité, ils se déplaceraient exclusivement de façon moldue. Ils prendraient les transports en commun pour être sûrs de ne pas être repérés. Sirius expliqua à Harry qu'ainsi personne ne penserait à aller les chercher. Ils allaient retourner à leur avantage la tendance qu'avaient les sorciers à mépriser les moldus et tout ce qui s'en rapprochait.
Grâce à l'aide de la magie, emballer leurs affaires et vider la maison ne fut ni très long, ni très compliqué. Ce qui le fut un peu plus, ce fut quand Sirius dut faire ses adieux à la maison où il vivait depuis près de dix-sept ans.
En effet, il n'avait pas l'intention de revenir vivre en Angleterre dans un avenir proche, ce qui signifiait qu'il ne reverrait probablement jamais cette maison.
Ils partirent donc à pied dans un premier temps. Ils marchèrent jusqu'à la grande ville la plus proche, où ils purent trouver un aéroport. Là, Sirius, pour plus de sécurité, pris des billets pour différents vols en direction d'un peu partout dans le monde tandis qu'eux mêmes montaient dans un avion qui allait dans le sud de la France, avec deux billets au nom de Carl et Mark Regulus, se faisant passer pour un père et son fils qui voyageaient autour du monde.
Quelques heures heures plus tard, leur vol se posa sans encombre et ils descendirent. Ils se trouvèrent ensuite face à un problème de taille : ils ne connaissaient rien de la ville où ils venaient d'atterrir, même pas son nom, et ignoraient où trouver la gare. Heureusement pour eux, ils demandèrent à une hôtesse qui accepta de les renseigner.
Une petite demi-heure plus tard, ils étaient arrivés à destination. Sirius demanda à Harry de l'attendre ici le temps qu'il aille voir s'il y avait des navettes pour l'Espagne. Il revint peu après avec l'information : oui il y en avait, elles étaient gratuites et la suivante partait dans 1/4h. On lui indiqua également où il pourrait les trouver.
Peu de temps après, ils montaient dans le véhicule qui allait les conduire à leur nouvelle vie.
OoooO
Harry fut réveillé par une secousse à l'épaule et il lui fallut un moment pour se rappeler qu'il était avec son parrain, dans un bus en direction de l'Espagne. Il ouvrit difficilement les yeux et les frotta. Il mit quelques minutes à émerger complètement et vis son parrain en face de lui. Il en déduisit que c'était lui qui l'avait sorti du sommeil. Il demanda :
- Sirius ? Qu'est ce qui se passe ?
- On est arrivés mon grand.
- Oh.
Son regard se posa alors sur son parrain et il vit que celui-ci tenait leurs affaires à tous les deux.
- Merci, murmura-t-il.
Sirius l'aida à se lever et ils descendirent du bus. Son parrain l'emmena dans un coin isolé de tous et lui dit :
- Maintenant qu'on a mis près de deux mille kilomètres entre nous et l'Angleterre, on va pouvoir transplaner.
Et il joignit le geste à la parole, les faisant tous les deux disparaître.
Le duo réapparu quelques minutes plus tard, une cinquantaine de kilomètres plus loin, devant une petite maison située en bord de mer.
OoooO
Thomas et Sarah (et Colin), un peu plus de 24h plus tôt.
Dès que le blond eut l'accord de ses parents, les jumeaux dirent au revoir à leur mère et le couple emmena le trio à l'aéroport le plus proche. Là, ils leur prirent 3 allers simples pour le Japon puis le père de famille prévint son frère de leur arrivée prochaine. Ce dernier accepta de les accueillir, et avait hâte de revoir son neveu.
Les parents de Colin restèrent avec eux jusqu'à ce qu'ils soient dans l'avion, puis jusqu'à voir l'appareil s'éloigner dans le ciel pour ne plus être qu'un point noir de plus en plus petit qui finit par disparaître totalement.
OoooO
Chacun de leur côté, ces trois groupes démarrèrent une nouvelle vie à différents endroits de la planète. Sans savoir que, dans un avion pour les États Unis, la vie de certains de leurs proches était peut-être bien en danger...
