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Chapitre 15
Le professeur Iruka n'avait jamais été aussi nerveux de toute sa vie. Pourtant, il se souvenait avoir crevé les plafonds du stress son premier jour de classe, encore plus quand il avait changé d'école pour basculer vers le privé.
Il avait également eu quelques rencards qui l'avaient poussé vers les sommets de l'anxiété – et qui s'étaient pour la plupart soldés par des échecs cuisants. Cependant, il maintenait, il n'avait jamais été aussi nerveux.
C'était depuis la rentrée des classes, le souvenir humiliant de sa rencontre avec le cohabitant du père de Mikan le frappait de temps à autre, et il s'était souvent pris à espérer ne plus jamais avoir à le revoir, enfin, si, un peu quand même, mais de loin et sans être obligé de lui parler.
Alors quand il avait reçu un appel de Monsieur Uzumaki à la pause déjeuner, pour lui annoncer que ce soir-là, ce serait son colocataire qui passerait chercher Mikan à la fin de l'étude, Iruka avait senti toutes les couleurs quitter son visage. Allait-il réussir à croiser le regard de l'homme sans se trouver affreusement nul et pathétique, sans bafouiller ? Parviendrait-il à rester professionnel, cette fois ? Pourrait-il simplement dire à Mikan qu'il était arrivé ? Il ne connaissait même pas son prénom !
Il savait qu'il avait été prononcé à un moment de la conversation, mais il n'avait pas fait attention, il n'avait pas pris la peine de le faire répéter pour le retenir et il se sentait incroyablement gêné à l'idée de se retrouver face à l'acteur, de devoir lui demander comment il s'appelle « je ne peux tout de même pas vous nommer par votre pseudonyme ».
L'après-midi, il s'était trompé sur la poésie et avait mal conjugué l'auxiliaire être au tableau, tellement il était nerveux.
Alors, bon, il s'était encore assis sur son professionnalisme et avait laissé ses élèves à son assistante, le temps d'aller acheter des trucs et des machins, pile à l'heure supposée où devait venir le colocataire. Culpabilisant tout de même, il avait réussi l'exploit d'être à la fois lent et empressé pour faire ses courses.
Cependant, ça n'avait pas suffi. Quand il était sorti de la boutique, il avait vu, quelques mètres devant lui, le fameux colocataire qui se dirigeait vers l'école, perdu dans ses pensées, semblait-il. Il avait donc ralenti l'allure pour ne pas le rattraper, pour essayer de ne pas avoir à le saluer – il ne pouvait malheureusement pas prétendre ne pas l'avoir reconnu puisque c'était justement tout le problème qu'il avait, l'avoir reconnu.
S'il devait être honnête avec lui-même, il devait bien admettre que l'homme était séduisant. Il ne dégageait pas du tout la même chose dans ses films et dans sa vie privée, mais les deux auras étaient puissantes et bouleversantes. Il avait beaucoup d'allure et c'était difficile de ne pas être captivé, se rassura Iruka. Ce n'était pas lui qui était totalement pas professionnel, c'était cet homme qui possédait cette présence hypnotisante.
Il accéléra de nouveau légèrement, sans vraiment s'en rendre compte, se mettant presque à la hauteur du colocataire, au niveau du croisement depuis lequel on percevait les bâtiments de Naka. Relevant la tête, Iruka aperçut Mikan qui trépignait derrière la vitre de l'école.
Il leva les yeux sur le feu de circulation et, par réflexe, il étendit son bras devant l'acteur pour l'empêcher d'avancer, le forcer à reculer loin du bord du trottoir. Il allait ouvrir la bouche pour enguirlander longuement l'homme, lui spécifiant de ne pas faire ce genre de choses si les petits pouvaient le remarquer, qu'il donnait un mauvais exemple, qu'il ne fallait pas faire ça, mais à l'exact moment où il parvenait à le faire s'écarter, une voiture fila à toute allure, les jantes mordant l'angle du trottoir, manquant de peu de les percuter et il écarquilla les paupières, incapable de prononcer le moindre mot de son sermon.
Itachi papillonna des cils puis se dirigea vers Iruka.
— Vous êtes le professeur de Mikan, reconnut-il.
— Vous êtes passé à deux doigts de mourir, jappa Iruka en l'observant de haut en bas, se tournant finalement pour essayer de voir où avait disparu le chauffard. Quelle idée de vouloir traverser quand le petit bonhomme est rouge ! Je devais insister davantage auprès des services municipaux pour faire poser des ralentisseurs, j'en étais certain ! Cette avenue est trop longue, ils roulent comme des fous !
Itachi sourit, leva les yeux et désigna le bonhomme vert.
— On peut traverser maintenant. Je vais bien, vous pouvez me laisser, je vous assure que je sais emprunter un passage piéton sans aide.
Sans s'en rendre véritablement compte, Iruka avait saisi Itachi au coude pour le guider sur la route et, quand ils parvinrent de l'autre côté le professeur le lâcha, prenant quelques instants pour l'observer avec un air contrarié. Si l'enseignant fut surpris de voir l'acteur chausser une paire de lunettes aux verres suffisamment épais pour révéler des problèmes de vue relativement lourds, il n'en montra rien.
— Non mais vraiment, qu'est-ce qu'il vous a pris de vouloir donner un si mauvais exemple à mes gosses ? demanda-t-il, plein de reproches. Quand le petit bonhomme est rouge, on ne traverse pas ! Enfin, vous n'avez plus huit ans, tout de même, je ne devrais pas avoir à vous mettre une fessée pour que vous compreniez une chose aussi simple !
Il reprit le cours de son sermon, les poings fermés sur les hanches, usant de sa grosse voix fâchée, sans remarquer l'amusement contrit qui vibrait le long des lèvres de son vis-à-vis.
— Si je n'avais pas été là, la voiture vous aurait percuté, souffla Iruka avant de se calmer, croisant les bras sur son torse.
— Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas fait gronder comme un petit garçon, commenta Itachi en portant sur le professeur une œillade rieuse.
Réalisant ce qu'il venait faire de faire, Iruka s'horrifia un instant :
— Je suis vraiment navré, vous n'avez rien de petit, en plus, d'un petit garçon, je veux dire… Vous êtes sûr que vous allez bien ? s'attarda-t-il en scrutant le visage de l'homme.
— Je suis seulement un peu préoccupé, confessa Itachi en tournant ses rétines vers l'école.
— Que se passe-t-il ?
Iruka avait tout oublié de la gêne qui l'avait hanté toute la journée dès l'instant où le colocataire avait montré des signes d'inquiétude envers Mikan. Ils marchèrent de concert jusqu'à la porte de l'école et s'arrêtèrent devant pour terminer la discussion.
— La première audience pour le divorce était ce matin. Je n'en ai pas eu les détails, mais… Enfin, peu importe, j'imagine que vous vous devez d'être neutre dans ce genre d'histoires.
— Effectivement, attesta Iruka.
— Nagato et moi allons faire au maximum pour épargner Mikan, précisa Itachi. Cependant, ça risque d'être difficile, les prochaines semaines.
Iruka hocha la tête avec vigueur, portant la main à la poignée de l'entrée.
— Je serai vigilant. Merci de m'avoir prévenu. Faites attention aux bonhommes rouges !
Il ouvrit la porte, lâchant le fauve et Mikan se jeta littéralement sur le colocataire de son père en scandant son nom avec impatience, déjà prête à raconter l'ensemble des enseignements qu'elle avait reçus, de façon décousue, commençant par la fin, revenant au début, ponctuant de détails le reste de la journée.
Iruka regarda les deux silhouettes s'éloigner avec un sourire attendri, répétant mentalement le prénom que Mikan avait donné à l'homme. C'était certain, plus jamais il n'oublierait, à présent.
— Papa !
Mikan n'avait pas attendu que son père franchît le seuil de la porte pour se jeter sur lui, impatiente de lui dire tout ce qu'elle avait fait à l'école. Nagato était surpris de la trouver en pyjama, déjà lavée, les cheveux propres. Itachi était particulièrement humide, notamment au niveau de sa chemise, il y avait encore une trace de mousse sur ses cheveux miraculeusement secs, compte tenu du reste de sa personne passablement trempée.
Nagato réceptionna sa fille dans un « Oof » légèrement endolori, tentant de suivre le babillage très rythmé qui s'échappait de ses lèvres, sentant la fatigue de la journée et le poids de l'enfant peser sur ses lombaires.
— Alors ce matin on a vu comment les glaçons ils fondent sur le radiateur, et Maître Iruka, il nous a donné une poésie avec plein de couleurs, et y a une voiture qui a voulu écraser Itachi et Maître Iruka, mais Maître Iruka il est trop fort alors il l'a sauvé, et Kyoshiro il m'a tiré les cheveux et il a dit que mon hérisson il était pas bon, mais c'est pas vrai, tu sais, Papa, il était super bon, ton hérisson, mais je préfère les belettes, parce que Itachi il m'a dit que son prénom, ça veut dire belette et c'est trop cool les belettes comme Itachi et…
Elle reprit son souffle bruyamment et Nagato, fatigué, observa sa fille, un peu perdu dans toutes ces informations.
— Quoi… ? Attends, mon cœur, laisse-moi rentrer, tu parles trop vite… Qu'est-ce que… Revenons sur la voiture, lança-t-il en portant un regard à son colocataire qui s'approchait pour récupérer Mikan pour qu'il pût se déchausser et retirer son manteau.
— Trois fois rien, j'étais plongé dans mes pensées, je n'ai pas fait attention à où j'allais…
— Elle faisait un bruit comme si elle criait, informa Mikan en boudant, et ça m'a fait peur. Mais Maître Iruka il est trop fort ! Et Itachi il m'a promis que tu me lirais l'histoire du vieux monsieur dans la montagne, pour dormir.
« Désolé » marmonna silencieusement Itachi quand Nagato lui lança une oeillade harassée.
— D'accord, ma chérie, l'histoire du vieux monsieur dans la montagne, mais tu me laisses manger, d'abord ?
L'enfant accepta, signalant avec emphase qu'elle allait jouer dans sa chambre et son père s'assit finalement sur une chaise, portant un regard fatigué sur l'autre homme qui s'installa près de lui.
— On en parle demain, jura-t-il. Aujourd'hui, j'ai pas envie.
— D'accord, approuva Itachi en contemplant la main de son coloc qui se levait.
Il écarquilla les paupières en observant la trajectoire des doigts, légèrement paralysé, puis ils s'emmêlèrent dans ses cheveux avec douceur, récupérant de la mousse qui était toujours dessus.
— Merci de t'être occupé de Mikan. Tu n'étais pas obligé de sauter sous la douche avec elle, toutefois, tu es trempé.
L'amusement qui pétillait dans la voix de Nagato se reflétait étrangement sur ses yeux violets au coin desquels quelques pattes-d'oie se dessinaient, arrachant un battement de cœur désordonné à Itachi qui finit par se relever un peu plus précipitamment qu'il ne l'aurait voulu.
— Tu as raison, je vais aller mettre des vêtements secs, choisit-il comme prétexte pour opérer un repli stratégique dans sa chambre.
Pourtant, il ne se détourna pas, continuant d'épier les expressions de lassitude qui passaient sur la figure du policier qui s'était avachi sur la table dans un soupir, contemplant la cuisine comme s'il espérait que le dîner viendrait à lui tout seul.
— Penses-tu qu'il y ait la moindre chance que les nouilles instantanées que tu aimes tant atterrissent miraculeusement devant moi ? questionna finalement Nagato en glissant son regard vidé de toute énergie sur son colocataire.
Il ne nota pas le trouble d'Itachi qui esquissa un sourire.
— Je te fais ça, s'empressa-t-il de répondre en rebroussant chemin vers la cuisine.
« C'est tout à ton avantage qu'il perde »
La voix de Madara se rappela à son bon souvenir, prenant une signification étrange sur laquelle il ne souhaita pas réfléchir.
Il secoua la tête pour la chasser, laissant le silence envahir la pièce, bien après que l'eau eut été versée sur les pâtes.
Trois coups frappés à la porte interrompirent Tenten qui observa tour à tour l'avocat et son client, avant de scander une autorisation d'entrer. Yahiko se glissa à travers l'ouverture, en s'excusant à voix basse pour le retard, refermant le battant derrière lui. Il tendit la main pour presser l'épaule de son meilleur ami, signalant sa présence et son soutien et la jeune femme lui désigna une chaise en reprenant sa phrase.
— Avec une procédure pour faute, là, on ne va pouvoir qu'imaginer ce qui va vous être reproché… Je dois bien avouer que je n'avais pas anticipé une telle chose. À vrai dire, je m'attendais à un divorce pour adultère.
Nagato s'étrangla avec sa salive, toussant amèrement sous l'honnêteté grinçante de l'assistante juridique et Ebisu hocha la tête.
— Dans 80% des divorces pour faute, il s'agit d'une infidélité de l'homme, conduisant à une paternité illégitime.
— Ce n'est pas mon cas, siffla-t-il, offensé par les insinuations. Je… Je comprends à peine comment elle peut me reprocher d'avoir abandonné le domicile conjugal alors que…
Fermant les yeux, il se força à souffler profondément, avec le plus grand calme possible.
— Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
— Y a-t-il quelque chose dans votre vie qui mérite d'être soulevé ? Un point de détail ? Une femme dans votre répertoire qui pourrait être utilisée comme simulacre d'infidélité ?
Yahiko fronça les sourcils.
— Attendez, pourquoi vous demandez ça ?
— Nous allons adopter la stratégie de l'homme respectable.
Les deux amis échangèrent un regard étonné, ne comprenant pas vraiment le charabia qui sortait de la bouche d'Ebisu.
— C'est très simple, expliqua Tenten. L'abandon du domicile est avéré : vous n'habitez plus avec votre épouse depuis août et elle vit toujours à votre adresse commune. Vous dites que c'était dans le but d'une réconciliation et nous vous croyons sur parole. Le problème, c'est que le juge, lui, ne vous croira pas sur parole, il faudra fournir des preuves. Et vous n'en avez pas.
Abattu, Nagato confirma. Il avait épluché l'intégrale de ses conversations SMS avec Konan, tous les courriels qui étaient arrivés pour lui, rien ne pouvait aller dans son sens. Ce qui était encourageant, c'est que rien n'allait non plus dans l'autre sens et Maître Ryôtenbin serait bien en peine de justifier l'abandon de domicile pour une raison répréhensible.
— Donc nous allons jouer la carte de l'exemplarité : un père aimant, présent et à l'écoute, un mari dévoué et surtout un officier à la carrière exceptionnelle.
— Vous ne pourrez pas parler de ma carrière, grimaça Nagato. Vous le savez aussi bien que moi.
Tenten se fendit d'un sourire incroyable qui lui redonna un peu d'espoir.
— Bien sûr que je le sais. Et le juge Sarutobi n'est pas sans connaître la signification de ces lignes noires, il suffira donc d'y faire une vague référence, sans entrer dans les détails.
Yahiko hocha la tête avec enthousiasme, saisissant le poignet de Nagato qui s'autorisa une ébauche de rictus. Ce n'était pas une contre-attaque, loin de là, ça n'avait pas le mordant qu'il aurait voulu, mais c'était un début de quelque chose.
Il suffisait de montrer qui il était. Il n'avait pas besoin de stratégie, d'offensive, de penser dix mille coups pendables qui pourraient lui être faits, ce n'était pas nécessaire.
Ebisu l'avait immédiatement rassuré quand il était entré dans le bureau. L'amitié entre le juge Sarutobi et Maître Ryôtenbin n'avait jamais influencé les verdicts prononcés par le haut magistrat, aucun des deux n'aurait toléré une telle chose.
Onoki Ryôtenbin adorait gagner pour la justesse de ses plaidoyers, l'amour de la belle langue et ses argumentaires implacables. Hiruzen Sarutobi mettait un point d'honneur à ne jamais laisser un sentiment orienter ses décisions.
— Pas de femme dans mon répertoire, répondit Nagato. Littéralement. À part ma mère.
Yahiko s'agita un peu, il savait que Nagato mentait. Il y avait au moins Rin et Ino, mais ce n'étaient absolument pas de possibles amantes, alors il choisit de suivre la même version que son meilleur ami.
— Ça va vous paraître triste, mais il n'y a rien d'extravagant à raconter sur ma vie. Je fais mes heures au bureau, je vais faire du sport, je rentre chez moi, je prends soin de ma fille, je vais me coucher.
— Et quand elle n'est pas là ? questionna Tenten.
— La même chose, sauf que je m'occupe de mon colocataire. Il m'oblige à regarder des thrillers tout le temps, c'est un passionné de cinéma, expliqua-t-il avec un sourire tendre.
— Cette ligne de défense tiendra face à tout ? demanda Yahiko, bien plus méfiant que son meilleur ami.
Konan avait beaucoup trop d'assurance. Elle ne doutait pas un seul instant que son mari allait perdre, elle devait donc détenir une information cruciale, avoir une stratégie si culottée que personne ne pourrait y penser.
Le froid qui s'était abattu sur la ville à cette mi-novembre forçait tous les festivaliers à s'entasser dans le palais des congrès, créant une masse compacte et suffocante qui vagabondait entre les stands en piétinant.
Itachi n'avait pas voulu suivre ses amis qui étaient partis déambuler parmi le public pour prendre un bain de foule. Il était un peu anxieux : l'annonce de l'arrivée d'Akatsuki Productions sur le marché de la réalité virtuelle approchait et il devait se présenter auprès des spectateurs dans peu de temps.
Il tournait en rond, attendant l'heure avec une pointe d'angoisse. Il était prêt, bien entendu, et ce n'était pas comme si c'était une conférence de presse, se morigéna-t-il en mordillant sa lèvre.
Sakura franchit les portes, tirant sur l'ourlet de sa jupe pour couvrir un peu plus de peau. S'il faisait très chaud à l'extérieur, l'intérieur des loges était presque glacial et elle sentit le froid agresser ses cuisses nues.
— Des gens m'ont reconnue ! annonça-t-elle avec un peu d'excitation dans la voix en s'approchant d'Itachi pour lui tendre la boisson qu'il lui avait demandée.
— C'est bien, félicita Jiraiya qui relisait son discours, assis dans un fauteuil.
— Ça m'avait semblé étrange, la première fois, se rappela Itachi en souriant à son assistante quand il saisit le gobelet.
— Étrange, oui, mais plaisant, taquina la jeune femme en s'installant près de Jiraiya pour examiner le favori.
Son pantalon en coton épais tombait sur ses hanches, son sweat-shirt frappé du logo d'Akatsuki Productions paraissait chaud et confortable.
— Tu devrais peut-être te préparer, suggéra Sakura et Itachi baissa les yeux sur sa tenue.
— Ça ira vite, je suis dans les temps.
Il avait totalement oublié de prévenir Nagato qu'il serait absent ce week-end. Il l'avait fait par texto, s'attirant une réponse un peu agacée qui ne l'avait pas inquiété : depuis la première audience pour le divorce, son colocataire était tendu en quasi-permanence, accumulant le plus de preuves possibles qui pourraient aller en son sens.
Si Ebisu était toujours d'une parfaite inutilité, Tenten se démenait pour essayer de faire croire à Nagato qu'il avait une chance de s'en sortir contre l'avocat de Konan. Itachi le laissait faire, parce qu'il aimait mieux son colocataire agressif et battant qu'apathique et abattu, mais il se fiait totalement à Madara. Si ce dernier avait tranché comme il l'avait fait, il ne faisait aucun doute que ce divorce se terminerait mal pour le policier.
« C'est tout à ton avantage qu'il perde »
Il secoua la tête pour éloigner les mots que son oncle avait prononcés et qui poussaient si souvent contre son esprit et il s'avança pour s'installer près du miroir, retirant ses lunettes et saisissant la boîte de ses lentilles de contact.
— Comment sont les stands ? demanda-t-il à Sakura.
Elle grimaça d'un air coupable avant de lever un sac de courses noir légèrement déformé tant elle avait forcé pour faire entrer la marchandise. Plongeant la main dedans, elle en sortit un objet en silicone de forme cylindrique qui paraissait mou.
— J'ai pas pu résister. Je ne l'avais pas, celui-là.
— Moi non plus, s'étonna Itachi en clignant des paupières pour s'assurer que ses lentilles étaient bien en place.
Lui tirant la langue, elle reposa l'objet dans son sac.
— Je sais, mais je te le prêterai pas.
— Non, confirma Itachi, mais tu peux me dire sur quel stand tu l'as trouvé et j'irai voir tout à l'heure, quand j'aurai fini.
Jiraiya put presque sentir sa nuque claquer quand il releva la tête vers Itachi, presque choqué.
— C'est rare quand tu décides de te mêler à la foule, je pensais que tu n'aimais pas mélanger ta vie privée et ta vie professionnelle.
— C'est vrai, approuva Itachi. Cependant, je souhaiterais trouver quelque chose qui pourrait détendre Nagato, il est très contrarié, ces temps-ci, donc je voudrais lui faire un cadeau.
Sakura lui porta une œillade étonnée avant d'éclater de rire.
— Tu comptes ramener quelque chose d'ici à ton colocataire ?
Semblant comprendre quel était le problème, Itachi grimaça.
— Peut-être pas, tout compte fait, soupira-t-il.
Tout se passa bien pour Akatsuki Productions. L'annonce de la sortie en réalité virtuelle de Time Travel mit la salle en émoi, réjouissant grandement aussi bien les gens de la société de production que les partenaires commerciaux d'Akatsuki Productions pour cette innovation dans l'industrie du cinéma.
Quand Itachi revint chez lui, ce soir-là, l'appartement était plongé dans le silence et dans le noir et il y avait un petit mot de Nagato sur la table, déclarant qu'il était parti avec Zetsu pour faire un tour et qu'il ne rentrerait probablement pas de la nuit.
« C'est tout à ton avantage qu'il perde »
Épuisé par sa journée de travail, sachant qu'il recommençait le lendemain, Itachi ignora la recommandation inscrite sur le mot de son colocataire « mange quelque chose avant d'aller te coucher ! » pour traverser l'appartement et se laisser tomber dans son lit.
À bientôt !
