... mais l'acide si !

On est dimanche, je suis dans les temps et c'est les vacances ! Et presque joyeux Noël à vous :)

RAR :

Korean Panda : quand j'écris le patron c'est mon cerveau démoniaque qui prend le contrôle XD. Vu mes horaires de publications aléatoires, je pense que ça devrait pas tomber en même temps qu'SNK (promis je posterais pas sur ton créneau Wakanim ^^)


- Salut Patron, lança Mathieu en entendant la porte d'entrée s'ouvrir.

- Salut gamin, répondit l'interpellé en le saluant d'un geste on ne peut plus vague en passant devant la porte de la cuisine. Ouch !

Le youtubeur releva la tête de son assiette de pâte pour dévisager l'homme qui se frottait le nez.

- Tu viens de te prendre la porte ?

- Ta gueule, grogna le criminel en partant d'un pas peu assuré vers l'étage.

- Faudrait penser à changer tes lunettes si t'es devenu myope !

- Ta ! Gueule !

- Oh oh, dit Mathieu pour lui-même, il y en a un qui est grognon ce soir.

Puis il replongea dans son assiette. Il n'allait pas laisser un mafieux boudeur lui gâcher ce divin repas de pâtes. De son côté, l'homme en noir grimpait vers sa chambre.

- Salut Patron !

- Salut gamine, soupira-t-il.

Pourquoi y avait-il autant de monde dans cet appartement ? Liana qui dévalait les escaliers s'arrêta pour regarder le mafieux qui montait lentement les marches, une main tenant fermement la rambarde.

- T'as l'air de fonctionner au ralenti aujourd'hui. Journée compliqué ?

- Non mais vous allez tous vous occuper de vos fesses et arrêter de me faire chier ! Je vais à la vitesse que je veux.

- Oh je vois, mauvaise humeur, marmonna Liana avant de sauter allègrement les dernières marches. T'es pas obligé de passer tes nerfs sur nous.

Le patron se retient de lui envoyer quelque chose sur la tête. Pour ça, il aurait déjà fallu qu'il trouve quelque chose à lancer et qu'il soit sûr de toucher sa cible. Or, cette dernière était visiblement dans une période hyperactive et ne resterait certainement pas en place assez longtemps pour qu'il la localise. Mettant de côté son idée d'attaque ninja, il reprit son ascension. Lentement. Prudemment.

Levant et posant doucement un pied après l'autre, le criminel arriva enfin sur le palier. Il posa une main contre un mur et avança lentement jusqu'à sa chambre, évitant presque parfaitement les meubles sur son chemin. Presque parfaitement signifiant dans ce cas précis qu'un idiot avait déplacé un des meubles et qu'il s'était prit un angle dans l'estomac. Après la traversée du champ de mine du couloir du premier étage, il trouva avec soulagement la poignée de sa porte.

Quand le battant fut enfin fermé derrière lui le patron soupira lourdement et se laissa glisser au sol, le dos appuyé contre la porte. Il enleva ses lunettes et se frotta délicatement les yeux avant de les ouvrir. À tâtons — c'est pas comme s'il avait le choix en même temps — il leva un bras et alluma l'interrupteur. Un voile vitreux recouvrait ses yeux bleus et pour lui la pièce était aussi sombre qu'avant. Jurant, il lança sa paire de lunettes quelque part dans la pièce et se leva pour éteindre la lumière. Mafieux mais écolo sur les bords. Il avait beau être un monstre, il ne voulait pas être responsable de la disparition de l'habitat naturel des bébés phoques. Le patron avança prudemment jusqu'à buter contre son lit et se laissa tomber dessus.

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- Patron ? T'es réveillé ?

Le criminel se réveilla en sursaut, paniqué. Il tendit approximativement une main vers sa table de chevet mais cette dernière était vide. Pas de paire de lunettes. Après tout, il ne l'avait pas ramassé hier. Peut être devrait-il prendre note de cet évènement pour comprendre qu'il devrait arrêter de balancer ses affaires partout ? Enfin, cette possible prise de conscience attendrait, il devait trouver une alternative. Forçant son cerveau à réfléchir sans alcool dans le sang (ou en tout cas plus assez) il eut l'idée brillante de fermer les yeux. Mathieu, laissé sans réponse, enfonça l'interrupteur et ouvrit un peu plus la porte.

- Tu fais quoi ?

- Je dormais, grogna l'intéressé en lui tournant le dos.

- T'as vu l'heure ? Je savais pas que tu faisais des grasses mat'.

Mathieu s'avança dans la chambre et ramassa la paire de lunettes sombre.

- Tu les as cassés, remarqua-t-il d'une voix plate. J'en ai marre de te repayer des lunettes. Tu ne peux pas y faire attention un peu ?

Pour seule réponse, le criminel grogna en enfonçant sa tête dans l'oreiller. Mathieu lui lança un regard fatigué.

- Sérieux Patron, il est tard bouge toi un peu... Patron. Patron ?

- Je descends dans deux minutes, finit par répondre l'homme en costume. Le temps de me changer.

- Ok. Attrape, dit Mathieu en lançant la paire de lunettes vers l'homme encore allongé.

Par réflexe, il se releva et ouvrit les yeux en tendant une main devant lui avant de se prendre ses lunettes dans la tête.

- Aie, grogna-t-il en se frottant le front

- Putain, lâcha Mathieu en reculant pour fermer la porte.

Le patron haussa un sourcil. Qu'est-ce que... Oh. Bordel. L'homme mis une main devant ses yeux mais c'était trop tard. Il savait pourtant pertinemment qu'il prenait toujours les pires décisions de sa vie quand il était à jeun ! Plus. Jamais. Sobre. A partir de maintenant il allait stoker des bouteilles directement dans sa table de chevet.

Il entendit les pas du youtubeur se rapprocher de lui, puis le bruissement de ses vêtements quand il s'accroupit devant lui. Le Patron laissa sa main retomber sur ses cuisses et posa son regard dans la direction où lui semblait être Mathieu.

- Patron, murmura doucement l'autre homme. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Le criminel serra les lèvres avant de tourner pudiquement la tête. Mathieu soupira discrètement et attrapa le visage du patron entre ses mains pour le remettre en face du sien.

- Lâche-moi, gronda le mafieux avant d'écarter les mains du youtubeur avec son bras.

- Pas tant que tu ne m'aura pas dis ce qu'il s'est passé, ordonna fermement le petit brun.

Le criminel se mordilla l'intérieur de la joue.

- C'est rien. Vraiment.

- Tu es aveugle. Ce n'est pas rien !

- Je suis pas... 'fin c'est pas... Je...

Le patron se tut et pris son visage dans ses mains.

- Je peux pas rester comme ça gamin, dit-il d'une voix cassée.

- Hey... Ça va aller, murmura Mathieu en s'asseyant aux côtés du patron.

Il posa une main sur l'épaule du criminel qui gardait la tête baissée. Mathieu resta silencieusement à ses côtés et fit mine de ne pas voir que le patron s'essuyait les yeux.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il après quelques secondes d'attente.

- Un connard qui m'a bien emmerdé.

- Tu veux qu'on en parle au prof ? proposa timidement le brun qui s'attendait à une réponse virulente et très négative.

- Pourquoi pas, souffla le patron. Tu peux m'attraper une paire de lunettes ?

Mathieu, un air ahuri collé sur le visage, hocha positivement la tête. Il voulait bien voir le prof, c'était génial ! Et qu'est-ce qu'il voulait d'autre ? Ah oui, ses lunettes.

- Elles sont bousillées, lui rappela Mathieu.

- J'en ai d'autres. Dans le deuxième tiroir de commode à gauche.

Mathieu se leva et ouvrit le tiroir en question pour se retrouver face à une véritable collection de lunettes de soleil. Toutes rigoureusement identique.

- Hum... Crowley n'a qu'à bien se tenir.

Le criminel sourit franchement. Quoi de mieux qu'une petite allusion à son démon préféré pour lui remonter le moral. Il se leva en commençant à déboutonner sa chemise et pensa que c'était tout ce qu'attendaient les fans. Un striptease de Crowley. Devant Aziraphale. Le patron s'arrêta un instant. Il n'y avait que Mathieu dans la pièce. Mathieu pouvait-il... Nan. Le gamin ne pouvait pas être Aziraphale.

- Tu me passes des vêtements ?

Mathieu ouvrit la penderie et en sortit boxer, chaussettes, pantalon, chemise et veste.

- Tu t'es jamais dis que tu devrais essayer de porter une autre couleur ?

- Le patron ne s'habille qu'en noir et en gris très très foncé.

Mathieu lança un regard surpris au criminel.

- Tu regardes les films du geek toi maintenant ?

- Toi aussi, répliqua l'homme en enlevant son pantalon.

- Je l'ai accompagné quand il est sorti au cinéma. Nuance.

- Nuance, répéta le patron d'une voix moqueuse. T'es où ?

- Là, répondit Mathieu en lui lançant sa nouvelle chemise dans la tête.

- T'es un connard.

- Le connard t'aide à t'habiller donc montre lui du respect.

Le patron maugréa dans son coin et enfila les bras de sa chemise, changea caleçon et pantalon (après un essai non concluant car ce dernier était à l'envers). Mathieu mit ses lunettes sur son nez avant de boutonner sa chemise.

- Si quelqu'un rentre ça va jazzer, ricana le criminel.

Mathieu leva les yeux au ciel en remettant le col de la chemise en place.

- C'est pas comme si c'était la première fois qu'on s'aidait pour s'habiller.

- Tu parles de la fois ou j'ai failli perdre mon bras ou quand j'ai du resté allongé pendant un mois ?

- De celle où tu t'es ouvert le torse.

Machinalement, le patron passa une main sur la longue cicatrice qui passait sur ses côtes.

- Effectivement. Elle était mémorable celle là. Mais t'en as fais des pas mal aussi.

- À cause de toi, souligna Mathieu. Et on ne parle pas de ça. Hors de question que les autres l'apprenne.

- J'ai compris gamin, râla l'homme en costume. Tu me l'as déjà dis. Et redis. Et re redis.

- On est jamais trop prudent, sourit malicieusement Mathieu. Je te guide vers la sortie ?

- Je connais ma chambre quand même, s'indigna le criminel avant d'aussitôt se cogner contre le pied de son lit. Putain !

- Tu la connais vachement bien en effet...

- Gamin… C'est vraiment pas le moment.

Mathieu attrapa le bras du mafieux et le guida vers la porte.

- On ne prévient personne, signala le criminel dès qu'ils arrivèrent dans le couloir.

- Qu'est-ce que vous faites tout les deux ?

Le patron soupira. La peluche, évidemment.

- Rien du tout, répondit Mathieu en lâchant la manche du costume. Tout est parfaitement normal. On allait juste discuter de SLG dans mon bureau. Comme d'habitude.

- Ah.

Le panda leur lança un regard suspicieux, surtout au patron qui était raide comme un i et qui fixait le mur droit devant lui, puis descendit l'escalier. C'était l'heure de son petit déjeuner.

- Okay c'est bon, il est parti, souffla Mathieu en reprenant le bras de l'homme en noir.

- Génial, tu as été TELLEMENT naturel c'est sûr qu'il ne va se douter de rien...

- Roh ça va toi, ferme-là et marche.

Mathieu guida l'homme en noir jusqu'à la chambre du prof. La porte était grande ouverte.

- Salut prof. T'es là ?

- Oui ! Oui, oui, je suis là ! Une seconde, grogna une voix étouffée.

Un énorme carton glissa lentement dans le champ de vision de Mathieu qui se demanda comment il avait pu passer par la porte.

- Qu'est-ce que tu fous ?

- Je déplace ce carton. C'est une machine prêtée par un confrère. Je n'en ai plus besoin donc je vais lui rendre.

- Tu as une seconde avant ?

Le prof se décolla du carton et remit ses lunettes en place.

- Bien sûr. C'est pourquoi ?

- Le patron.

- Oh, dit le prof en les dévisageant l'un après l'autre.

- Un problème de mafia.

- Ooh... Encore ?

- Ça faisait longtemps, rappela Mathieu en poussant le patron en avant.

- Quel est... D'accord je vois, dit l'homme au nœud papillon en voyant le patron tendre subitement les bras devant lui. On t'a mis quelque chose dans les yeux ?

- Ouais. C'est pas vraiment le genre de chose qui arrive comme ça sans raison. Ou alors je suis pas au courant.

- Super tu fais de l'humour tes jours ne sont pas en danger.

- Peuh. Il en faut plus pour se débarrasser du patron.

- Mais oui, c'est bien.

Le prof attrapa le patron et le guida calmement jusqu'à une chaise.

- Assis-toi.

Le patron s'installa gauchement sur la chaise et Mathieu s'assit sur le rebord du bureau du prof en balançant ses jambes dans le vide. Le scientifique enfila des gants et ouvrit des tiroirs pour y récupérer différents accessoires. Il sortit entre autre un plateau plastifié sous vide.

- C'est quoi ? demanda Mathieu.

- Des instruments jetables, expliqua l'autre homme en arrachant le film plastique protecteur. Pas très écolo mais parfait pour que ça reste stérile. Enlève tes lunettes et mets ta tête en arrière Patron.

Le criminel obtempéra en silence et le prof se pencha vers lui, une lampe entre les doigts. Il braqua le faisceau lumineux sur sa rétine. Après une petite inspection silencieuse des yeux il attrapa des objets — qui firent déglutirent bruyamment Mathieu — et se repencha vers le criminel qui patientait calmement. Il ordonna ensuite à son patient de ne surtout pas bouger et aussi silencieusement qu'avant, il fit lentement glisser un de ses étranges ustensiles sur la cornée de patron. Mathieu préféra détourner le regard et attendre le feu vert du prof. Qui vient de longues minutes de silence plus tard.

- C'est bon. Ferme les yeux et garde les fermés Patron. Je reviens.

- T'as réussi ? Il est plus aveugle ? demanda Mathieu en sautant sur ses pieds.

- Bien sûr que non, je ne suis pas un magicien. Mais j'ai pu enlever la cornée supérieure qui a été complètement détruite et je vais la remplacer par une synthétique. Donc ça sera une cécité temporaire.

- Heu attends... On peut faire ça ? Depuis quand on peut faire ça ? J'en ai pas entendu parler.

- « On » ne peut pas faire ça Mathieu. Mais moi oui.

- T'es un génie prof. T'es vraiment un génie.

- Depuis le temps que je vous le dis.

- Et moi je fais quoi ? râla le criminel qui se sentait un peu délaissé.

- Toi tu n'ouvres tes yeux sous aucun prétexte ! J'attrape ce que je cherche et je suis à toi.

- T'avais des trucs de prévus pour ça ?

- J'ai des expériences en tout genre et j'essaie d'être prêt face à n'importe quelle situation avec vous.

L'homme en blouse blanche ouvrit un frigo pour en sortir une boîte remplie d'un gel bleu translucide. Il attrapa ensuite ce qui ressemblait à un masque de nuit assez perfectionné et badigeonna l'intérieur du masque d'une épaisse couche de gel.

- Attention ça va être froid mais...

- J'ouvre pas les yeux, je sais...

Le prof posa le masque sur les yeux du patron et glissa l'élastique à l'arrière de sa tête.

- Yeurk. J'ai l'impression d'avoir du lubrifiant sur la tronche.

Le prof leva les yeux au ciel. Comparer son gel tellement efficace qu'il en était miraculeux à du lubrifiant... Mathieu qui était gagné par le stress depuis de trop longues minutes pouffa.

- T'as un super style Patron ! J'adore.

- Haha...

- Tu devrais calmer le jeu Patron. Prendre quelques semaines de repos, conseilla le Prof.

- Mmm... J'y réfléchirai, répondit l'homme en se levant. C'est où la sortie ?

- Sur la gauche.

- Merci Einstein, lança le criminel en partant, les bras tendus devant lui et son masque sur le visage.

- Atten...

- Aie !

- ...tion, finit Mathieu. Laisse, je vais te guider.

- Je maîtrise gamin.

- Oui, à cent pour cent même. J'ai failli croire que le prof t'avais rendu la vue.

- Tu te moques de moi ? Fais attention...

- Toi fais attention, l'interrompit le youtubeur, tu vas encore te prendre une porte.

Mathieu re guida — non sans mal car le criminel n'était pas vraiment coopératif vu qu'il commençait à en avoir marre de dépendre de quelqu'un — l'homme jusqu'à sa chambre, puis à son lit.

- Bouges pas, je t'apporte ton petit déj.

- Nickel. Et surtout gamin n'oublie pas d'être naturel comme avec la peluche parce que t'étais vraiment au top de tes talents d'acteur.

Mathieu pinça l'arrête de son nez en soufflant. Le mafieux était réellement insupportable.