LES OUBLIEES
N°XXI : Calixe
La folle indécise
Epilogue


Et voici le dernier chapitre :) ! J'espère qu'il vous plaira^^. On se retrouvera bientôt sur la seconde partie du projet, qui couvrira le séjour d'Alice à Rutledge !


Extraits du journal du monde de Neverland « Les nouvelles de Londres illustrées ».

11 novembre 1863

TROIS PERSONNES MEURENT DANS UN INCENDIE DOMESTIQUE.

Des rapports nous sont parvenues que le Doyen et Mrs Liddell, ainsi que leur chère fille, Elizabeth, 18 ans, ont périt dans un enfer rageur, qui a consumé leur gracieuse maison à Oxford pendant la nuit.

Leur autre fille, chanceuse (nan, courageuse !), Alice, a survécu au feu. Pendant que ses graves blessures sont traitées à l'infirmerie de Littlemore, les perspectives de son rétablissement ne sont pas du tout encourageantes. Aucun visiteur n'est venu, et aucun n'est attendu.

Nous avons appris que les mesures de son cercueil ont été prises, et ses bien-aimés défunts sont stockés dans un casier à glace, dans la probabilité que toute la famille soit rapidement enterrée en même temps.


3 décembre 1863

ALICE ACCUSÉE !

Oui, chers lecteurs, incroyable mais vrai, mais Alice Liddell est accusée de l'incendie qui a ravagé sa demeure et sa famille. Cependant, l'enquête étant encore en cours sur les origines de l'incendie, la base des accusations n'est fondée que sur les on-dits des voisins.

L'enfant, toujours plongée dans le coma, n'a pas repris conscience, et de nombreuses questions restent donc sans réponse. Cependant, les médecins ont l'air optimistes sur ses chances de survie.


14 novembre 1864

UNE PATIENTE ASSEZ RETICENTE

L'adorable petite Alice Liddell, notre orpheline préférée, selon le rapport de ceux qui ont transporté le corps carbonisé, a été transporté à l'asile de Rutledge. Son être cabossé et craquelé a été jugé suffisamment guéri pour ce transfert à Rutledge, qui est considéré comme le mieux adapté pour gérer ses symptômes.

L'enquête sur la cause de l'incendie continue, tout comme les rumeurs impliquant la participation d'Alice.

Les médecins disent qu'elle souffre « d'un sévère traumatisme pervers » – le terme clinique pour dire que ses esprits doivent encore être attachés. D'après notre source à Rutledge, son humeur est volatile et imprévisible, et elle est évidemment un danger pour elle-même et les autres. Nous souhaitons au docteur Hiéronymous H. Wilson, son médecin traitant, la meilleure des chances anglaises [1] – il pourrait avoir besoin d'une armure.


Le centaure sourit légèrement en voyant les titres des journaux, qu'il lisait avec la plus grande attention. En particulier depuis qu'il avait vu que la plus jeune de la famille avait échappé au brasier qu'il avait déclenché pour couvrir ses traces. Il avait longtemps craint que la police ne vienne l'arrêter, mais à part des questions de routine, il n'avait pas été considéré comme un suspect sérieux.

Il allait pouvoir passer outre cette page désolante de sa vie, et devenir un personnage très important et respecté, afin d'assurer ses arrières si Alice parvenait à sortir de Rutledge. Bah, peu importait. Les rumeurs sur son implication dans l'incendie, plus la réputation de folle qu'elle se traînerait à sa sortie l'isoleraient certainement bien plus que lui ne le pourrait le faire. Il allait juste devoir étudier très sérieusement pour être irréprochable.

Il valait mieux prévenir que guérir.


[1] « La meilleure des chances anglaises » : Dans l'article, il est marqué « the best of British luck ». J'ai traduit comme ça^^ .