Chapitre 13 : Quel monde étrange !

En ouvrant sa porte à Billy Masson, ce soir-là, son jeune voisin, Stone ne s'attendait pas à apprendre une chose si troublante. Le jeune homme portait une tenue de jogging, il était en sueurs et semblait s'être brusquement décidé à venir lui parler après sa séance de musculation quotidienne qu'il effectuait dans le garage. Il l'invita à entrer, lui proposa une bière et les deux hommes s'installèrent au bar de la salle à manger. La télévision en sourdine, diffusait le journal télévisé. Billy était en temps normal un homme joyeux qui avait toujours une histoire drôle à raconter mais ce soir-là, il était étrangement silencieux.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Billy ? S'inquiéta l'avocat

- J'aurai besoin de ton avis mais il faudrait que tu me jures de te taire, c'est important, insista Billy angoissé

- Est-ce que tu as fait une bêtise ? L'interrogea l'avocat.

- Normalement non, mais si c'est le cas je n'en ai aucun souvenir, avoua-t-il.

- Je ne te suis pas, reconnut l'avocat. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Insista-t-il.

- Tu vas trouver ça dingue ! S'exclama le jeune homme en se levant brusquement puis en commençant à faire les cents pas dans le salon.

- D'abord calmes-toi, conseilla l'avocat. Ensuite, dis-moi ce que tu as sur le cœur. Si tu es là c'est que tu penses que je vais pouvoir t'aider alors parle !

Le jeune homme se rassit, s'empara de sa bouteille de bière qu'il serra convulsivement.

- J'ai un important trou de mémoire, révéla Billy paniqué. En fait, je me rappelle de tout jusqu'à une semaine avant le départ de la Résistance. Je ne me rappelle rien de cette semaine-là !

Le mode zombie pensa Stone

- Et après ? L'interrogea-t-il.

- Il y a quelques jours, c'était comme si je m'éveillais d'un long rêve et je ne sais pas ça été bizarre…

- Comment ça bizarre ?

- J'ai entendu un message en boucle dans ma tête, quel que soit l'endroit où je me trouvais, je l'entendais.

- Que disait le message ?

- Tu vas rire, il était prononcé par Kimura, affirma le jeune homme en riant d'incrédulité. Peut-être que je deviens fou.

- Je ne pense pas, soutint Stone de plus en plus intéressé par les propos du jeune homme. Donnes moi le message !

- Il a dit, ceci est un message de la Résistance, le Consortium a placé la population sous nanos afin de pouvoir vous contrôler en vue de la guerre à venir qui va opposer De Péhant appuyé du Consortium à Von Kiel. Vous devez continuer à agir comme si de rien n'était pour les aristocrates ne découvrent pas que vous êtes libérés de ces machines. Comme ils ont aussi effacé certains souvenirs de la population, nous laissons des copies des preuves dont nous disposons à disponibilité dans une cache situé à cent quatre-vingt degrés Nord Est de la capitale, elles seront dans un vaisseau dissimulé dans la grotte qui se trouve à ces coordonnées. Elles attendront ceux qui voudront découvrir la vérité.

- La mémoire de la population a été effacée ? Paniqua Stone.

- Je ne sais pas, tout ce que je sais depuis que j'ai entendu ce message, tout est très confus dans ma mémoire, j'ai comme des flashs douloureux par moment comme si en voulant me souvenir j'essayais d'accéder à quelque chose d'interdit, avoua Billy

- Pourquoi es-tu venu me voir ? S'étonna Stone.

- Tu es le seul dont le regard ne reflète aucune peur comme si tu étais le seul à ne pas être perdu, indiqua Billy. Est-ce que tu sais quelque chose ? S'enquit-il angoissé.

- Tu ne dois pas être mêlé à cela, rentres chez toi ! Intima Stone.

- Mais je ne comprends pas d'où venait ce message Arthur ? Il ne venait ni de la télé ni de ma chaîne hi-fi, ni de la radio de ma voiture alors comment ? Paniqua Billy.

Stone réfléchit. Kimura avait travaillé sur les nanos, c'était un informaticien de génie, il avait peut-être trouvé le moyen de libérer la population en contrant l'activité des nanos injectées.

- Est-ce que tu l'entendais n'importe où ? Insista Stone

- Oui, affirma Billy

Le jeune homme pâlit brusquement

- Quoi ? L'interrogea Stone.

- En fait je ne l'entendais que si j'étais à proximité d'appareil comme les télés, les radios et autres en fonctionnement, réalisa Billy d'une voix blanche. Mais ce qui était diffusé c'était les émissions habituelles…C'était comme si ce message se superposait dessus mais directement dans mon cerveau.

- Si je comprends bien tu n'entendais rien au lit, ou au petit coin par exemple, supposa Stone en souriant.

Il eut un petit rire puis il finit sa bière.

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? S'étonna le jeune homme.

- Kimura était un génie ! Complimenta Stone. Il a créé un message subliminal qui lui a permis d'avertir la population tout en désactivant les nanos. Ce qui veut dire qu'il a aussi trouvé le moyen de faire prendre à tout le monde un produit annihilant le médicament anti-rejet nécessaire à ces modules. C'est incroyable !

- Tu veux dire que tout est vrai ? Paniqua Billy.

- J'en ai peur, reconnut Stone redevenu sérieux. Est-ce que tu es allé voir si le mystérieux vaisseau était bien là ?

Billy baissa les yeux.

- Il y est, je l'ai vu et je suis parti aussi vite ! Avoua-t-il.

- Très bien, rentre chez toi, ordonna Stone. Il faut suivre le conseil de Kimura, faire comme si de rien n'était ! Je vais aller voir ce vaisseau !

- D'accord, céda le jeune homme.

Billy Masson ayant quitté sa maison, l'avocat se servit des caméras de sécurité de sa propriété afin de s'assurer que le mystérieux espion avait bel et bien laissé tomber. Une fois rassuré sur ce point, il descendit au garage, prit son véhicule afin de se rendre aux coordonnées indiquées par l'ancien chef du gouvernement. En pleine nuit, localiser la grotte ne serait pas chose aisée mais il était décidé à partir à sa recherche. Il roula tous phares éteints pendant plusieurs heures. Il arriva finalement à l'endroit indiqué. Il s'agissait d'une zone très escarpée, la grotte se trouvait au pied de la montagne la plus haute. Il entra après avoir allumé sa lampe torche qui éclaira de grandes tuyères. Il balaya le vaisseau du faisceau lumineux qui caressa de sa lumière blanche les ailes de l'appareil. Il le contourna par la droite lentement. Il trouva une porte ouverte sur son flanc par laquelle il pénétra à l'intérieur. Il n'y avait qu'un seul ordinateur dans une salle immense. Il l'alluma en s'installant confortablement sur le fauteuil qui se trouvait en face du bureau qui le portait. Un message enregistré se lança. Le visage de Ryo Kimura apparut à l'écran

- Étrange, je ne pensais pas quelqu'un arriverait aussi vite ici, tout ce que j'espère c'est qu'il ne s'agit personne du Consortium mais si tel était le cas, sachez que vous ne gagnerez pas, nous avons ce qu'il faut pour vous faire tomber, trouver ce vaisseau ne nous empêchera pas de faire éclater la vérité. Bien sûr si vous êtes une des personnes qui a subi l'injection des nanos que nous avons réussis à libérer je suis ravi de vous accueillir dans ce lieu de mémoire. A l'intérieur de cet ordinateur est concentré la totalité des documents dont dispose la Résistance sur la chute de Gaïa. Votre mémoire a été affectée par les modules, en théorie elle a été nettoyée pour que certains faits qui feraient du tort au nouveau système en place, demeure ignorés de la population mais sait-on jamais peut-être que tout ce qui se concentre ici vous rafraîchira la mémoire. Prenez tout votre temps, consultez le plus d'archives possibles. En revanche je ne saurai trop vous conseiller une fois que vous retournerez auprès des autres habitants de faire comme si vous ne saviez rien et que votre mémoire était vide. De plus connaissant le Consortium et les aristocrates, ils n'hésiteront pas à se servir de la population comme bouclier c'est pourquoi je pense qu'il serait bon de commencer dès à présent à vous organisez afin de trouver des endroits où cacher la population pendant les assauts.

Le message se coupa, laissant apparaître le bureau où différents dossiers devenaient accessibles en cliquant dessus. Stone s'apprêtait à ouvrir un des fichiers lorsqu'il entendit quelqu'un se racler la gorge derrière lui. Il sursauta, se retourna vivement puis se leva afin de faire face au nouvel arrivant. Il avait en face de lui un homme d'une soixantaine d'année qui portait un Borsalino fatigué sur l'arrière du crâne laissant apparaître des cheveux poivre et sel. Il portait un vieux pardessus gris ouvert sur un pantalon brun retenu par des bretelles ainsi qu'une chemise à rayures fines verticales bleues et blanches.

- Qui êtes-vous ? L'interrogea Stone.

- William Johnson, ancien photographe freelance, se présenta-t-il d'une voix quelque peu éraillée. J'ai travaillé pour Trash TV.

- Que faites-vous ici ? Gronda Stone

- Comme vous il me semble maître Stone, je viens aux renseignements et vous offrir mon aide, proposa William en souriant.

- Vous venez vous rafraîchir la mémoire ? Grinça l'avocat.

- Pas vraiment m'sieur. Contrairement à beaucoup de gens j'ai horreur d'aller chez le médecin, ce qui fait que j'ai oublié l'injection annuelle, révéla-t-il en riant.

- Nous sommes deux à avoir des souvenirs exacts alors, comprit Stone.

- Et peut être deux des rares à pouvoir protéger la population. Kimura et les autres ont fait ce qu'ils ont pu, on doit prendre le relais jusqu'au retour de la Résistance, Affirma le vieux photographe en s'asseyant. Une chance que vous ne soyez plus sous surveillance.

- Vous me suiviez, vous aussi ? S'étonna Stone

- J'étais venu couvrir le procès d'Harlock, je suis spécialisé dans les affaires un peu glauques, je laisse toujours une oreille et un œil traîner dans les couloirs des palais de justice. C'est comme ça que je vous ai vu essayer de prendre la défense du capitaine.

- Vous avez été très discret, je n'ai rien remarqué, le félicita Stone.

- Je ne pense pas m'sieur, vous étiez beaucoup trop inquiet par la présence de ce milicien pour me voir. En plus je suis très passe-partout comme vous pouvez le constater, rit Johnson en sortant un cigare qu'il alluma.

- Pourquoi Harlock vous intéressait ? S'enquit Stone soupçonneux.

- Disons que j'ai fait une grosse erreur de jugement en ce qu'il concerne et que j'espérai pouvoir l'aider.

Stone éclata de rire

- Les fameuses photos où Harlock roule une pelle au duc de Péhant ! Se rappela-t-il en riant.

- C'est exact m'sieur, avoua Johnson en faisant rouler son cigare entre ses doigts, embarrassé. Comment pouvons-nous faire maître Stone ?

- Il faut trouver des endroits capables d'accueillir la population, si possible répartir les gens correctement, prévoir les plans d'évacuations mais le problème est que nous ne pouvons le faire que pour Amos, or, il faudrait le faire sur toutes les autres planètes.

- On peut lancer un appel sur le web parallèle, proposa Stone. Ensuite il faut envisager de préparer une rébellion pour achever celui qui gagnera de Von Kiel ou de Péhant lorsque la Résistance reviendra pour l'ultime assaut.

- En espérant qu'ils reviennent, douta Stone.

- Ils n'ont pas le choix, de Péhant ne les laissera jamais vivre en paix, dès qu'il le pourra il enverra des vaisseaux de guerre les traquer et les éliminer ! Affirma L'ancien photographe.

- Nous ne savons même pas quand Von Kiel attaquera ! Ragea Stone.

- C'est vrai, mais selon toute logique, pas maintenant, expliqua William. A mon avis, il doit s'organiser .Il va faire courir son gendre quelques temps puis il attaquera en le prenant par surprise.

- Bon, céda Stone. Vous et moi, n'avons pas trop le choix. On lance le message, on organise les plans d'évacuation, on balance tous les documents contenus dans cet ordinateur sur le web ce qui foutera en l'air le plan du duc ! Ensuite par le web parallèle, on essaye de trouver d'autres personnes comme nous et on organise la Résistance intérieure. Je n'ai pas le génie de Kimura ni de Nynna Summer ! À croire que ces gens-là avaient la rébellion dans le sang ! S'exclama Stone en riant. Dire que je me prépare à prendre des risques insensés alors que j'ai toujours pensé à mes intérêts personnels jusqu'à présent !

- A Harlock, trinqua Le vieux photographe en levant son cigare pour rendre hommage au capitaine de l'Arcadia.

- Vous en auriez un autre pour que je trinque avec vous ? Proposa Stone en riant.

William en sortit un qu'il donna à l'avocat avec son briquet. Stone l'alluma puis trinqua à son tour

- A Harlock, l'homme qui a changé ma vie et ma vision du monde !

Les deux hommes fumèrent ensemble leur cigare en savourant chaque bouffée, puis ils quittèrent les lieux en emportant l'ordinateur pour éviter qu'au cas où les hommes du duc finissant par le localiser, ne le détruisent. Ils se séparèrent à la sortie de la grotte, William Johnson s'étant mis d'accord avec son nouvel ami pour qu'ils se voient dans un des bars des quartiers mal famés de la ville dès le lendemain soir. Pour Arthur Stone ce choix représentait une série de risques insensés mais il était résolu, tout comme le vieux photographe. Il rentra chez lui le plus vite possible. Il passa ensuite une nuit blanche à étudier la géographie d'Amos afin de trouver l'endroit où la population pourrait se cacher pendant les bombardements. Il devait trouver des endroits surs, que l'on puisse atteindre rapidement mais l'évacuation devait se faire à la barbe du Consortium et des aristocrates ce qui voulaient dire des kilomètres de tunnel destinés à faire sortir les gens des villes en cachette afin que personne ne puisse leur tirer dessus que ce soit les hommes du camp de Von Kiel ou de de Péhant si la planète changeait régulièrement de maître en fonction de l'évolution du conflit. Pour Arthur cela représentait un sacré casse-tête. Il faudrait la collaboration de beaucoup de monde, sans compter le matériel pour creuser, ensuite il leur faudrait trouver des endroits où faire partir les tunnels, des lieux insoupçonnables, oubliés des nouveaux maîtres de la galaxie. Au bout de plusieurs heures à prendre des notes, à faire des listes, sa tête se trouvait au bord de l'explosion aussi fit-il une pause pour prendre une aspirine. Toute cette affaire en promettait des heures de travail. Stone sourit en se disant que ses heures de sommeil allaient être plus que réduites tout le temps de ce conflit. Une fois la douleur un peu calmée, il reprit son étude. A la levée du jour, les zones étaient localisées, les plans établis, il ne restait plus qu'à lancer un appel sur le Web parallèle pour démarrer ce grand projet. L'avocat se doucha puis se rendit à son bureau où il s'occupa de ses dossiers en cours comme si de rien n'était. Il s'assura à nouveau que son espion avait disparu puis il se rendit dans la salle de bain attenante à son bureau où il se déguisa en ouvrier puis une fois sa secrétaire partie, il quitta son bureau en prenant les escaliers. Il descendit jusqu'au parking souterrain qu'il traversa en entier pour sortir dans la rue contiguë à l'avenue principale par l'escalier de service qui servait pour les ouvriers de maintenance. Une fois à l'extérieur, il prit le vieux tramway, vestige du vingtième siècle voulu par la municipalité pour son côté esthétique. Il arriva au bout d'une trentaine de minutes au métro qui desservait les quartiers les plus pauvres de la ville. Il arriva vers les dix-neuf heures au bar indiqué par William Johnson. Celui-ci, était installé à un box du fond pas très loin des commodités mais le plus éloigné possible des baies vitrées pour éviter que qui que ce soit de mal intentionné ne s'aperçoive de leur petite réunion clandestine. Stone le rejoignit rapidement, s'installa en face de lui en sifflant la serveuse pour que celle-ci vienne prendre sa commande.

- On dirait que ce n'est pas la première fois que vous venez dans ce genre d'endroit cher maître, remarqua le photographe.

- C'est exact mais la dernière fois que j'y ai mis les pieds remonte à pas mal d'années lorsque je m'occupais encore des petites frappes, avoua l'avocat en souriant.

Il commanda un red bourbon lorsque la serveuse vint près d'eux puis les deux hommes reprirent leur conversation.

- Alors vous avez étudié les plans de la ville ?

- Oui et j'espère que vous avez du temps libre devant vous car comme on part de zéro on a du pain sur la planche ! S'exclama l'avocat.

- Ce ne sera pas un problème, je viens de perdre ma licence, reconnut William en riant.

- Le duc s'est finalement vengé, se moqua Stone en riant à son tour.

La serveuse amena le verre puis les laissa de nouveau.

- J'ai un contact qui dispose de matériel très intéressant, indiqua William. Du genre illégal si vous voyez ce que je veux dire.

- Il est fiable ? S'inquiéta Stone.

- Le meilleur fournisseur de matériel d'espionnage pour les cocus de la ville ! Affirma William en souriant

- Très bien, on finit nos verres et on y va ! Décida Stone. Je vous laisse gérer ça, vous êtes plus habitué à négocier avec ce genre de personnage.

Les deux hommes sortirent quelques minutes plus tard, dans la nuit glacée. Un vent gelé les frappa de plein fouet. Ils avancèrent lentement à travers la rue en relevant le col de leur veste. William le mena près des quais réservés aux pêcheurs de la ville. Il contourna un des bâtiments, Mastoc était toujours là, il ouvrit la porte en reconnaissant le photographe. Stone malgré le fait que William se portait garant pour lui subit une fouille au corps puis il fut autorisé à entrer. Les deux hommes allèrent dans la zone où étaient empilées les caisses remplies de poissons.

- Pépé ! Salua joyeusement le vendeur.

- Salut Jerry ! Le salua William en souriant.

- Je croyais que tu prenais ta retraite ! Tu t'es remis en selle ! Ne me dis pas que t'as déjà dépensé tout le pognon gagné avec le scandale Harlock/Péhant ? Le questionna Jerry en souriant.

- Non, mais je voudrai faire un dernier gros coup, c'est pour aider un ami ! Révéla William en souriant

- Pépé, je t'ai déjà dit de te méfier. Tu te fais exploiter ! Les vrais amis ils ne te font pas faire des trucs dangereux !

- C'est sans risque ce coup-ci ! Soutint William

- C'est qui le gars avec toi ? L'interrogea Jerry en désignant de la tête Stone dont la casquette cachait la moitié du visage.

- C'est lui l'ami en question, révéla William

- Qu'il retire ce qu'il a sur la tête, je n'aime pas quand on ne me regarde pas dans les yeux ! Ordonna Jerry.

Stone se racla la gorge, puis retira son couvre-chef, gêné.

- Salut Jerry.

- C'n'est pas vrai maître Stone ! S'enthousiasma Jerry.

- Tu le connais ? S'étonna William

- Ouais !g Gâce à lui j'ai évité la taule ! Soyez le bienvenu dans mon humble commerce maître !

Stone s'approcha de son ancien client et lui serra la main.

- A ce que je vois, tu es resté dans les affaires, commenta l'avocat.

- Pas n'importe lesquelles ! Maintenant je fais dans le matos de pointe ! Expliqua Jerry. C'est fini la vente de pièces détachées de bagnoles, c'était beaucoup trop salissant de toute façon.

- Et puis surtout que tu t'es fait surprendre à refourguer des pièces de voitures de polices comme des gyrophares, des radios…Rappela Stone. Ce qui aurait dû te valoir un petit séjour à l'ombre.

- Ouais mais le super avocat de la mafia, des caïds était là et je m'en suis sorti ! Le remerciât Jerry en riant. Alors qu'est-ce qu'il vous faut les mecs ? J'ai ce qu'il y a de mieux !

- En fait il nous faudrait de quoi envoyer sur internet un maximum de dossiers tout en arrivant à bloquer le web pour que les aristos ne puissent effacer les fichiers. Il nous faudrait aussi un appareil qui permette les accès sécurisés comme en disposait la Résistance, tu sais ceux qui font croire que le gars qui se connecte est sur Mars alors qu'il est ailleurs, indiqua Arthur Stone.

- La vache ! Est-ce que j'ai l'air d'être Ryo Kimura les mecs ? Se récria Jerry.

- Pas vraiment, reconnut William surpris.

- Je rigole les mecs ! On se détend, je crois que j'ai ce qu'il faut pour vous dépannez ! Soutint Jerry en riant. Suivez-moi !

Le vendeur se rendit au fond de l'entrepôt accompagné par les deux clients. Il ouvrit une grande mallette métallique.

- Je vous présente le bloqueur universel Delta trois mille, il sert à l'aristocratie pour contrôler internet. Il force les accès, efface ce qu'il veut et sert à bloquer le web lors des opérations de maintenance. De plus il peut envoyer en ligne des milliers de téraoctets en quelques secondes ! Ensuite pour ce qui est du saut entre les adresses IP, j'ai ce petit appareil, proposa Jerry en montrant une petite boite argentée. Il ne paye pas de mine mais il n'y a pas plus efficace, il saute d'adresse IP en adresse IP toutes les deux secondes sans couper le faisceau ce qui fait que vous êtes connecté en permanence mais indétectable !

- C'est parfait ! Accepta William en sortant une liasse de billets.

Les deux hommes s'en allèrent avec la mallette. Une fois qu'ils furent suffisamment éloignés, William confia la mallette à l'avocat. Celui-ci s'y connaissait beaucoup plus que le vieux photographe en matière d'informatique aussi ce fut lui qui se chargea du travail la nuit même à son domicile. Il relia l'ordinateur laissé par la résistance au Delta trois mille qui fut lui-même relié au boîtier argenté puis Stone envoya tous les documents sur le Web. Une fois l'opération faite, il débrancha le tout et cacha le matériel dans son coffre-fort.

Cet afflux d'informations envoyés sur la toile affola les services de censure du Consortium qui tenta en vain de jeter hors du réseau l'importun qui osait révéler à toute la galaxie la vérité alors que les nanos en théorie, avaient lavé le cerveau des gens. Oscar fut averti en pleine nuit par un des responsables qui lui donna le disque des documents désormais disponibles sur le web.

- Que faisons-nous votre altesse ? S'enquit le responsable inquiet.

- Je suppose qu'il est impossible de savoir d'où vient l'attaque, comprit Oscar en refermant son peignoir en velours rouge vif.

- Hélas monsieur, il semblerait que nous ayons la naissance d'une nouvelle Résistance. Il faut espérer qu'elle ne sera pas aussi performante que la première, souhaita le responsable.

- Il faudra voir avec le temps comment réagira la population, ordonna Oscar. Nous n'aurons qu'à faire croire que toutes ses informations viennent des Mazones qui veulent faire une contre-offensive et que pour y parvenir elles tiennent à nous discréditer aux yeux des habitants de la galaxie.

- Bien monsieur. Mais si la population paniquée fuit les villes ? Supposa le responsable.

- Multipliez les patrouilles, mettez en place un couvre-feu, personne n'est autorisé à quitter les villes. Faîtes surveiller toutes les vastes fermes agricoles. Que tout le monde continu à travailler ! Exigea Oscar.

- Quels sont les ordres en ce qui concerne les attaques de Von Kiel votre altesse ?

- Vous enverrez l'ordre aux nanos de bloquer les capacités de leurs hôtes en matière de mouvements, tout le monde devra rester en place !

- Mais, s'il attaque une ville comme la capitale d'Amos cela fera des dizaines de millions de victimes ! S'épouvanta le responsable.

- Je sais mais pendant qu'il sera occupé à massacrer la population en pensant m'affaiblir cela laissera le temps à nos troupes d'arriver !

Stone posa sa tasse à café sur le bureau puis retourna près de la fenêtre observer l'espion. Une fois que les informations furent mises en ligne et l'appel lancé sur le web parallèle, plusieurs comités commencèrent à se former sur les différentes planètes. Certes leur petit noyau de Résistants semblait bien faible par rapport au vaste réseau mis en place par Kimura mais il était efficace. L'ancien chef du gouvernement avait eu des années pour le peaufiner, l'agrandir et ses connaissances en informatique lui avait permis d'entretenir le web parallèle et de le sécuriser pour qu'il puisse y envoyer les directives aux différents groupes répartis sur les planètes du Consortium. Stone et Johnson finirent par trouver des dizaines d'autres personnes qui se trouvaient dans le même cas qu'eux et grâce à ce début de réseau, les machines nécessaires pour creuser les différents tunnels qui partaient de différents accès sous terrain choisis au travers des villes pour faciliter l'évacuation des populations arrivèrent et commencèrent leur ouvrage. Il fallait juste espérer que les attaques ne se feraient pas trop tôt. Lorsque la première attaque de Von Kiel débuta, les tunnels d'Amos étaient presque achevés. Ce fut avec horreur que Stone vit le tir d'énergie surpuissant qui avait embrasé les premiers immeubles, commencer à se répandre dans la ville. Il se croyait perdu comme tout le reste de la population mais un miracle se produisit sous ses yeux qui sauva la capitale mais qui fit aussi comprendre à Oscar de Péhant que les habitants n'étaient plus sous l'influence des nanos. Dès le lendemain, en retournant au bureau, Stone repéra l'homme chargé de le surveiller qui essayait de dissimuler sa présence. En le voyant par le reflet de la porte vitrée du bas de l'immeuble il sourit en se disant qu'il devait être parmi les suspects du duc, voire même le suspect principal. Peu importait, il le sentait, il n'était plus seul à présent. Il fallait encore tenir un peu, la victoire n'était plus très loin.

Milo et Camus, une fois le vaisseau préparé, prirent des cours de pilotage rudimentaires. Shiriyu malgré une profonde étude du vaisseau Mazone n'avait pu que fournir que quelques pistes. N'ayant pu créer un pilotage automatique, il était heureux que ce soit deux chevaliers d'or qui seraient chargés de le manœuvrer jusque dans la zone de la Terre. Le vaisseau à pleine puissance atteignait la vitesse de la lumière et les seuls êtres à pouvoir se mouvoir, appréhender les mouvements des autres et savoir gérer les imprévus à une telle vitesse étaient les chevaliers d'or. Shiriyu leur précisa aussi le fait que pour pouvoir gagner du temps entre deux voyages subliminiques, le vaisseau effectuerait des sauts spatiotemporels et qu'ils ne devaient pas s'inquiéter des phénomènes étranges auxquels ils assisteraient. Il leur indiqua ensuite les différentes commandes, la manière dont le vaisseau décollait ainsi que son accélération, le fonctionnement des boucliers et le système des communications qu'ils devaient utiliser au minimum pour éviter d'être repérés. Le chevalier du dragon savait que son système ressemblait beaucoup trop à l'original ce qui le rendait vulnérable ce fut pourquoi il insista un long moment sur la nécessité de faire des communications courtes. Les deux chevaliers ensuite décollèrent afin de faire quelques manœuvres dans l'espace pour s'entraîner. Le vaisseau était confortable, la zone des commandes était agréable, spacieuse, pourvue de confortables fauteuils. Les cabines elles aussi étaient très bien, le chevalier du dragon s'était arrangé pour que ses amis aient un confort maximum pour leur long voyage. Milo et Camus quittèrent la planète deux jours après l'entraînement. Même s'ils eurent quelques appréhensions au début, ils étaient forcés de constater que piloter à une telle vitesse ne leur posait finalement aucun problème. Le premier saut leur fit un drôle d'effet mais comme cela se passait sans douleur et sans problème, ils s'y habituèrent très vite. Ils se relayaient pour piloter, pour manger, dormir et les autres besoins obligatoires. Ils étaient venus avec différentes tenues civiles mais ils doutaient fortement qu'elles puissent convenir pour l'endroit où ils allaient. Ils risquaient de passer pour deux excentriques ce qui ne faciliterait pas les choses pour passer inaperçu ce fut pourquoi Saori leur remis une caisse complète de pierres précieuses à revendre pour subvenir à leurs besoins. Cela faisait maintenant presque trois mois qu'ils avaient quitté la planète et plus ils se rapprochaient plus le chevalier du scorpion semblait inquiet.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Milo ? L'interrogea Camus à qui c'était le tour de piloter.

- Ca ne t'inquiète pas tout ce qu'Athéna nous a révélé ? S'enquit le chevalier d'or du scorpion en finissant son café.

- Tu veux dire le fait que ce pouvoir soit transmis de génération en génération ? S'étonna Camus

- Depuis le début on nous a fait croire que les futurs chevaliers étaient choisis au hasard et que ce pouvoir pouvait apparaître chez n'importe qui, alors qu'apparemment il se transmet de parent à enfants, commenta Milo

- Et alors ? Insista Camus surpris. Ils ont fait cela en attendant que l'on soit prêt à apprendre la vérité.

- Et jusqu'où est ce qu'ils nous ont menti ? Appuya Milo.

- Comment ça ?

- Réfléchis ils choisissent les gosses, qu'est-ce qu'il te fait croire que l'on était à la base des orphelins ? Ils ont peut-être pioché dans des familles sans vergogne ! Lors de ma première incarnation je n'avais strictement aucun souvenir d'avoir eu une famille, on m'a dit que j'avais été abandonné à la naissance devant une institution religieuse !

- Tu penses qu'ils ont volé des nouveaux nés ! S'exclama Camus.

- Et pourquoi pas ? Insista Milo. On a tous grandi au sanctuaire ! Est-ce que tu as le moindre souvenir d'avoir vécu ailleurs ?

- Tous les souvenirs que j'ai remonte à cette époque, on m'a dit que mes parents s'étaient tués en voiture, révéla Camus. Et c'est vrai que les souvenirs ne commencent pour chaque enfant qu'à partir de l'âge trois ans environs.

- Donc si on a été confié à des institutions de zéro à trois ans il y a très peu de chance qu'on s'en rappelle ! Pas de frère, d'oncles, de grands-parents, de cousins n'est-ce pas ?

- Attends là…Douta Camus, tu oublies que les chevaliers divins étaient eux aussi des orphelins.

- Faux ils n'ont pas été reconnus par le père Kido, nuance, ricana Milo.

- Qu'est-ce que tu veux dire exactement ? S'impatienta Camus.

- J'ai folâtré très souvent avec les filles du village , toi aussi je suppose ? Insinua Milo. J'ai donc probablement semé quelques petites graines sans le savoir, toi aussi certainement. Maintenant je vais te dire ce que je crois, la lignée des chevaliers d'Athéna est surveillée par les gardiens depuis sa création, et je pense qu'ils ont pris les enfants destinés à devenir des chevaliers en les volant dans les familles directement, tout ce que j'espère c'est qu'ils ne les ont pas tué. Ensuite il est fort probable que l'on ait raconté des conneries aux chevaliers de bronze issus du père Kido en leur affirmant que leur famille étaient mortes, aucun d'eux n'a vu les corps de leur parents, aucun d'eux n'étaient présents au moment de leur mort, à part Hyoga mais lui c'est un cas à part, sa mère lui ayant avoué qu'ils partaient en fait rejoindre son père. Kido a très bien pu réclamer ses droits parentaux et payer pour les obtenir. Et pour le coup des cent enfants sacrifiés par le père Kido dont les bronzes nous ont parlé j'ai de sacrés doutes ! Il a sûrement séduit pas mal de femmes mais pas autant que ça ! Il a très bien pu les acheter ou les kidnapper tous ces gosses ! En plus au niveau des chevaliers d'or, si on regarde bien les choses, Shaka est censé être un indien d'Inde on est d'accord ? Tu trouves vraiment qu'avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus il faisait couleur locale lors de sa première incarnation ?

- Il y a eu beaucoup de colonies anglaises en Inde et à l'époque il y avait encore beaucoup d'anglais là-bas, supposa Camus. Il a séjourné dans un temple bouddhiste, il est l'incarnation de Bouddha, il est possible que des moines l'aient recueillis alors qu'il avait perdu père et mère et qu'ils aient compris ce qu'il était.

- Mais il n'y est resté que très peu de temps, juste avant de démarrer sa formation de chevalier d'or ! Et si pour des questions pratiques nous concernant, en omettant le cas des chevaliers de bronze, on ait tous été sélectionné, fait passé pour mort et confié à des institutions jusqu'à ce qu'à l'âge de deux ou trois ans ?

- Ce serait vraiment horrible, reconnut Camus d'une voix blanche.

- N'oublie pas que la survie de l'humanité et de la Terre était en jeu à chaque fois avec de tels enjeux on peut être tenté de prendre des libertés avec sa conscience.

Milo regardait son ami qui avait pâli quelque peu

- Dis-moi, lorsque tu as atteint l'âge de dix-huit ans, lors de l'apprentissage de Hyoga, le pope ne t'avait pas envoyé en mission au Nord de l'Europe ? Questionna Milo. Je me rappelle que tu étais bien embêté car tu t'es retrouvé à devoir confier la formation de tes deux disciples au chevalier de cristal…C'était où déjà ?

- En Allemagne, à Heiligenstadt, avoua Camus d'une voix blanche.

- Et pendant ton temps libre tu n'aurais pas, par hasard, fait quelques rencontres ? Insista Milo

Le chevalier d'or du verseau déglutit difficilement.

- Tu vas vite au niveau des suppositions, se défendit Camus faiblement.

- Tu ne te rappellerais pas du nom de la demoiselle par hasard ? A moins qu'il s'agisse d'un homme et là bien sur mon idée n'est plus valable, sourit Milo.

- Tu as entendu Athéna ? Il n'est pas un parent proche ! Douta Camus.

- Pourquoi t'aurait-elle envoyé sinon ? Le nom de la femme ? Insista Milo d'une voix ferme.

Camus hésitait ce que le scorpion comprenait aisément, la peur commençait à augmenter dans l'âme de son ami.

- Athéna se réincarne parmi nous régulièrement, Camus, il est possible qu'elle ne sache pas tout ou qu'elle mente pour que tu ne t'impliques pas de trop. Mais tu oublies que nous avons tous été réincarnés, les quatre-vingt-huit chevaliers de mille neuf cent quatre-vingt-six. Nos corps sont parfaitement identiques à cette époque à part que nous sommes beaucoup plus grands mais cela doit être lié à l'évolution de la croissance de l'être humain à travers les générations. Ils n'ont pas choisi au sein des lignées disponibles, ils sont favorisés notre arrivée. On a tous pensé que c'était par voie divine mais imagine que c'est plutôt par manipulation génétique…Car comment peut-on expliquer que nos corps soient ce qu'ils sont ? Tout est parfaitement identique dans les moindres détails. A part quelques centimètres aussi gagnés au niveau du pénis ce qui est appréciable…

Le chevalier d'or du scorpion avait tenté une boutade mais Camus restait de glace et palissait de plus en plus.

- Alicia Von Harlock, avoua Camus faiblement.

- Nous y voilà, conclut Milo.

Camus choqué, pâle comme un linge, lâcha les commandes. Milo reprit le contrôle du vaisseau in extremis, se chargeant de piloter le temps que son ami se remette.

- J'avais oublié jusqu'à son nom, reconnut Camus en posant son crâne contre l'appui-tête, perdu dans ses souvenirs. Ça remonte à tellement loin…Je l'ai rencontré dans un bar d'officiers de l'armée de l'air américaine cantonnés dans cette zone, elle faisait partie de leurs pilotes. Une jolie femme avec d'immenses yeux bleus et une longue chevelure blonde. Elle n'avait peur de rien. Elle devait avoir vingt-six ans et elle se débattait dans un monde d'hommes. Elle était le seul enfant issu du duc Von Harlock qui avait été tué en mission. Elle était célibataire et on s'est fréquenté quelque temps…

- Elle ne t'a jamais parlé de l'enfant ? L'interrogea Milo.

- Je n'en savais rien Milo, sans quoi…

- Quoi ? Tu aurais assumé ? Se moqua Milo. Sachant que tu as été tué deux ans plus tard, je ne vois pas comment tu aurais pu ! Est-ce qu'elle savait ce que tu étais ?

- Oui, avoua Camus d'une voix sourde.

- Tu le lui as dit ! S'exclama Milo. C'était contraire aux directives du sanctuaire et tu le sais ! C'est pour cela que le fameux Heinrich Von Harlock n'a pas été surpris par l'étrange pouvoir du grand pope de l'époque ! Tu avais tout avoué à cette femme ! Elle a transmis à son fils l'information qui s'est transmise de génération en génération ! Elle n'a pas demandé de reconnaissance en paternité car le fils que tu lui as donné devenait de ce fait un Von Harlock et non un Camus ! J'ai l'impression que tu as juste été un géniteur pour elle. Tu étais là au moment où elle en avait besoin, au moment où la lignée des Von Harlock allait s'éteindre !

- Elle aurait pu prendre n'importe qui alors pourquoi moi ? Douta Camus.

- Un français en plus…Plaisanta Milo. Vu le passé historique entre les deux pays à l'époque, elle devait avoir l'esprit de contradiction !

- Va te faire foutre Milo ! S'exclama Camus en riant. La seconde guerre mondiale était loin…La France et l'Allemagne s'étaient réconciliées, je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas eu le droit de s'aimer…

- C'était donc plus qu'une passade, comprit Milo. Je suppose que tout s'est arrêté lorsqu'elle a su ce que tu étais…

- Il n'y avait aucun espoir entre nous, je le lui ai dit. Avec ma fonction de chevalier j'avais toutes les chances de me faire tuer lorsque Hadès choisirait d'attaquer, donc on a rompu…

- Et elle a élevé le petit toute seule, conclut Milo.

- Elle n'a rien élevé toute seule, révéla Camus. Elle a été tuée peu de temps avant moi en mission. Elle a été abattue en vol et n'a pas eu le temps de s'échapper de son avion de chasse qui était en flammes. S'il y a bien eu un enfant, il a été élevé par ses grands-parents…

- Si il y a eu un enfant, ricana Milo. Tu en auras confirmation en le voyant !

- Je te signale que le fameux Hans Ludwig Von Harlock ne me ressemble pas ! Se défendit Camus.

- Ça remonte quand même à beaucoup de générations, tu ne peux pas t'attendre à ce qu'il soit ton portrait craché. A mon avis c'est plus subtil comme ressemblance, plaisanta Milo.

- Je sais, le côté glacial, grinça Camus.

- Il semblerait en tout cas que pour un homme qui prêchait à son disciple l'indifférence tu sois assez sensible finalement. Il te ressemble peut être aussi de ce côté-là…Sourit Milo

- Je reprends les commandes ! Soupira Camus agacé car atteint à la corde sensible.

Le trajet se repris sereinement. Milo le sentait, il avait vu juste. Il avait réfléchis pendant des jours avant d'en parler au chevalier du verseau, se posant des dizaines de questions, réfléchissant en permanence aux propos tenus par la déesse. Quinze jours plus tard, un signal d'alarme se manifesta dans la cabine, le radar venait de repérer quelque chose. Camus mit le bouclier occultant en marche pendant que Milo ralentissait progressivement. En s'approchant à vitesse lente, ils regardèrent à travers les baies du poste de commande. Ils aperçurent en premier le nombre important de satellites de communications qui entouraient la planète ainsi que ceux installés à travers l'espace destinés au réseau des télécommunications interstellaires. Plusieurs vaisseaux de guerre sortirent de l'hyperespace alors qu'il passait à côté de la lune bleue. Ils portaient des armoiries aristocratiques sur le flanc et au niveau de leur étendard. Les deux chevaliers observèrent cela le souffle coupé se demandant à la rencontre de quels problèmes ils allaient. Milo évitait soigneusement les appareils en s'approchant de la planète. Ils n'étaient pas près de la Terre, l'astre qui se trouvait devant eux leur était parfaitement étranger.

- Je lance un scan de la planète, décida Camus en appuyant sur la commande du système.

- Je me demande ce que l'on va trouver, s'inquiéta Milo. Tous ces vaisseaux de guerre ! A qui sont-ils ?

- Il y a une guerre en cours en tout cas, c'est certain, les troubles politiques évoqués sont sûrement plus graves que ce que nous pensions, affirma Camus.

L'analyse effectuée l'appareil imprima directement son rapport.

- On n'est pas très loin de la ville la plus importante, révéla Camus. Je pense qu'on devrait aller se poser, se mêler à la population et voir ce qui s'y passe.

- Je veux bien, maintenant voyons le côté pratique. Ils parlent quelle langue ? Questionna Milo.

- Peut être la langue universelle qui a été créée lorsque l'humanité a conquis l'espace, supposa Camus. Ce qui m'inquiète le plus c'est notre look vestimentaire. Même en prenant les tenues les plus simples cela fait quand même très dandy du XIXème siècle, on n'aurait pas dû laisser choisir Saori.

- Elle voulait qu'on soit élégant, sourit Milo. C'est vrai que les fanfreluches au niveau des manches et les jabots c'est quand même exagéré.

- On va avoir l'air fin, commenta Camus. On embarque des pierres précieuses pour s'acheter des vêtements conformes au look du coin !

Milo éclata de rire. Il poursuivit sa route en prenant garde de ne rien heurter afin que leur présence ne soit pas détectée. En approchant de l'atmosphère, Camus commença à chercher un site d'atterrissage qui leur permettrait de cacher aisément leur vaisseau. Il le donna à Milo qui suivit les indications en se référant au scan de la planète. Ils descendirent lentement n'étant pas très bien rodés aux manœuvres d'atterrissage. Ils arrivèrent près de la forêt non loin de la capitale, elle était suivie d'une zone montagneuse. L'endroit indiqué par Camus se trouvait au niveau de celle-ci. Milo repéra une grotte sombre.

- C'est là ! Indiqua Camus en désignant la grotte.

- Tu veux que je le rentre là-dedans ! S'exclama Milo éberlué. Je te signale que je ne suis pas vraiment un pro de ce genre de manœuvre !

- Avances lentement et fais attention de ne rien toucher ! Conseilla Camus.

Milo inquiet regardait sur tous les moniteurs à la fois pour s'assurer que tout se passait bien .Une fois l'appareil posé, les moteurs éteints, il poussa un profond soupir. Les deux hommes s'apprêtèrent du mieux qu'ils le purent puis quittèrent l'appareil. Camus portait un costume complet bleu nuit, Milo quant à lui avait opté pour un costume noir. Ils avaient renoncés aux chapeaux assortis à leur vêtement et s'étaient contenté de cannes élégantes. Ils quittèrent la grotte en vérifiant qu'il n'y avait personne. Ils plongèrent au cœur de la forêt où ils tentèrent de remonter vers la ville en se servant des scans imprimés et de la boussole. Ils arrivèrent à proximité d'un haut mur que les deux chevaliers grimpèrent sans problème pour atterrir au sein d'une usine désaffectée. Ils entendirent au loin de la musique, des cris joyeux et des trompettes. Ils se guidèrent au son pour rejoindre la population. En passant par l'entrée principale de l'usine ils trouvèrent une foule compacte agglutinée aux rambardes qui s'amusaient joyeusement en regardant des chars défiler sur l'avenue suivis à intervalles réguliers par des groupes de personnes déguisées. Les spectateurs étaient eux aussi en costumes bigarrés. Milo et Camus soupirèrent de soulagement, ils étaient arrivés en plein carnaval, ils allaient pouvoir passer inaperçu. La fête était très joyeuse, des marchands ambulants vendaient des gaufres, des pommes d'amour et autres sucreries. Les deux hommes longèrent l'avenue afin de trouver une boutique qui achetait les pierres précieuses. Ils en trouvèrent une au bout de cinq kilomètres sur une place où une restauration en plein air avait été installée. Une fois quelques pierres échangées contre des crédits intergalactiques ils allèrent se restaurer en regardant passer les chars.

- C'est étrange toute cette ambiance bon enfant, s'étonna Milo.

- Peut être que les vaisseaux que nous avons vus sont là pour leur sécurité, supposa Camus. On a pu se tromper aussi.

- Possible mais quelque chose dans mes tripes me dit que non ! Douta Milo.

Les deux chevaliers une fois le repas englouti quittèrent la place. Alors qu'il poursuivait leur route en observant les bâtiments, les systèmes publicitaires plus que criards flottant dans le ciel, les minis vaisseaux qui sillonnaient la ville, ainsi que les gros vaisseaux qui devaient décoller de pas très loin d'ici, ils entendirent un bruit sourd. Étrangement tous les petits vaisseaux s'enfuirent et un vent de panique secoua la population présente. Les deux chevaliers virent les gens se mettre à courir, ceux qui avaient le malheur de tomber se faisaient piétiner. Les deux hommes se tournèrent vers l'endroit d'où partaient les habitants. Un énorme vaisseau dont les canons étaient braqués vers la ville qui portait des armoiries aristocratiques descendait vers la cité. Les hurlements stridents de la population sortirent les deux chevaliers de leur stupeur.

- C'est un des vaisseaux que l'on a vu en arrivant ! S'exclama Milo.

L'appareil s'arrêta brusquement. Une trappe s'ouvrit sous son ventre d'où sorti un imposant canon qui se déploya lentement. Camus senti son estomac se nouer. Il regarda les gens qui s'enfuyaient. Il devait y avoir des millions de personnes dans cette ville. Les deux chevaliers horrifiés virent le canon se charger, un halo rougeoyant envahissant progressivement la bouche de l'arme destructrice. Camus regarda vers la foule, des mères blessées, paniquées se terraient derrière les bâtiments. Il regarda à nouveau vers le vaisseau. Le canon tira. Un large faisceau d'énergie brute frappa une bonne partie de la ville qui s'embrasa. Il frappa à d'autres endroits et un mur de flammes commença à la dévorer.

Le duc de Péhant qui se trouvait sur Mars fut immédiatement averti de l'attaque. Il se rendit directement au centre de commandement suivi par son épouse. Il regarda en ricanant le vaisseau envoyé par Von Kiel embraser la ville.

- Lancer la programmation des nanos ! Ordonna Oscar.

Le responsable entra le code pour que le signal subliminal soit diffusé à travers les hauts parleurs de la ville ainsi que par les radios et les télévisions puis attendit. Oscar un sourire cruel aux lèvres observait la population paniquée qui s'enfuyait. Les techniciens patientèrent quelques minutes que les nanos prennent le contrôle puis, voyant que rien ne se passait, la population poursuivant sa fuite, le responsable regarda Oscar qui serra les poings de colère.

- Ça ne fonctionne pas votre altesse ! Paniqua le responsable. Je préviens le professeur Baudouin !

Oscar vert de rage, s'approcha de l'écran géant. Son plan état en train d'échouer et il se doutait de qui en était responsable.

- Kimura, ragea Oscar.

Le professeur Baudouin entra, se dirigea vers la console de commande et lança une vérification des modules en faisant scanner la planète par un des satellites qui se trouvaient en orbite basse. Elle se leva, blanche comme un linge puis s'approcha d'Oscar de Péhant.

- Il n'y a plus aucun module dans la population, révéla-t-elle paniquée. Je ne comprends pas Oscar, elles devraient être là mais il n'y a plus rien !

Oscar ricana.

- Ta grave erreur va nous coûter cher ! Reprocha Oscar. D'ici quelques minutes, la ville sera vidée de ses habitants et Von Kiel pourra passer aux suivantes sans problème. Mon armée est trop loin et si je ne peux me servir de ses couards pour les ralentir, Von Kiel pourrait bien conquérir Amos ! Ton programme devait être bancal car Kimura avant que la Résistance ne parte a réussi à le contrer !

- Je suis sincèrement désolée Oscar, s'excusa-t-elle en tremblant.

Le duc de Péhant en colère, resta à regarder son ennemi qui semblait destiné à triompher. Et comme tous les autres, il assista à un phénomène fabuleux qui surprit tout le monde. Il ne fut pas long à faire le lien avec les vidéos visionnées chez Sylvidra concernant les mystérieux êtres en armure et ce qu'il vit ne fit que le convaincre de la dangerosité de ces hommes mais aussi l'avantage stratégique important que représentait la possibilité d'utiliser l'énergie contenue dans les armures pour pouvoir fournir aux canons une puissance de feu incomparable.

Non loin d'Amos le vaisseau de Sylvidra croisait tranquillement en cachette sous bouclier occultant. Sa grossesse se passait bien, Isabelle retournée auprès de son époux préparait le terrain en vue de se faire retourner la population contre le vainqueur. La reine était installée dans la salle principale sur son trône, l'écran tridimensionnel avait été allumé dès que l'alerte avait été lancée sur Amos. Harlock contraint à rester auprès de son bourreau regardait horrifié, impuissant le ravage de la ville par le vaisseau envoyé par Von Kiel. Les ordinateurs de la reine commençaient à dénombrer les victimes. Le cœur du capitaine battait la chamade, il voyait le décompte qui défilait à une vitesse folle sur l'écran. Les troupes du duc ne semblaient pas pressées d'intervenir. Oscar se moquait des pertes civiles, pour lui peu importait le nombre de morts tant qu'il battait son ennemi. Le capitaine serra les poings. Sylvidra ricana en voyant que le décompte s'accélérait encore. Le capitaine se retourna et s'approcha de la reine.

- Je t'en prie Sylvidra, tu peux éliminer ce vaisseau et déverser suffisamment d'eau sur la ville pour éteindre cet incendie ! Il te suffit pour cela d'utiliser toutes les réserves d'eau de ton vaisseau.

- Tu retrouves la parole toi ? Se moqua la reine. Serait-ce le sort de ces minables qui t'inquiètent ?

Harlock regarda à nouveau vers l'image tridimensionnelle.

-Je t'en prie, pour une fois dans ta vie, choisi de sauver des vies au lieu de laisser ces monstres les massacrer ! Supplia Harlock au bord des larmes.

- Je n'interviendrai pas Harlock et à ta place je n'insisterai pas trop sauf si tu veux goûter à une nouvelle séance particulière qui t'apprendra à rester à ta place ! Ordonna la reine sèchement. Je me contrefous que des milliards d'humains y restent ! Oscar pense que je suis partie et je tiens à ce que cela continu ! Mon plan en dépend !

Harlock en repensant à la salle des tortures tressaillit. Son âme meurtrie ne supporterait pas une nouvelle séance de ce genre. La fois précédente il avait failli devenir fou tant les douleurs étaient insupportables. La reine y était allée crescendo avec une imagination débordante en matière de sévices. Depuis épuisé, meurtri, il se laissait faire, supportant les caprices de la reine. Celle-ci dès qu'elle était comblée l'envoyait dormir dans ses appartements. Cependant depuis que la grossesse était enclenchée elle avait cessé d'exiger de lui qu'il se donne à elle et il avait pu un peu se reconstruire loin des exigences de son bourreau. Il s'approcha de l'écran. Alors qu'il pensait que le sort de ces gens étaient scellés un étrange phénomène se produisit qui le bouleversa complètement.

Camus regarda vers le chevalier d'or du scorpion. Celui-ci comprit en voyant les yeux du chevalier d'or du verseau que celui-ci avait décidé d'intervenir. Il lui attrapa le bras avant qu'il ne se jette sur les flammes en utilisant toute son énergie.

- Tu n'as pas ton armure Camus ! Rappela le scorpion. Pour contenir une telle chaleur tu vas devoir utiliser tout ce que tu as ! Tu risques même d'y rester !

- Je ne peux pas rester sans rien faire ! S'insurgea Camus. Tous ces gens vont se faire tuer !

- Athéna nous a demandé d'être discrets ! Si tu fais cela notre présence sera connue et n'oublie pas la menace qui plane sur les habitants de notre planète ! Conseilla Milo

- Tu veux les laisser mourir ? Hurla Camus.

Milo lâcha le bras de son ami. Leur regard se croisa. L'un comme l'autre, ils ne pouvaient en supporter l'idée.

- D'accord, accepta Milo. Tu te charges des flammes, je m'occupe du vaisseau.

Le chevalier du verseau sourit. Un halo doré commença à se dégager de son corps tandis qu'il fonçait vers les flammes. Camus une fois près du mur de feu se concentra de toute son âme, chaque particule de son corps devenant sensibles aux éléments de la planète. Son cosmos se déploya en dégageant une lumière aveuglante qui recouvrit la zone touchée par les flammes. Chaque atomes de son corps se mirent à vibrer pour créer un vent glacial qui attira à lui toutes les particules d'eau présentes dans l'air qu'il jeta ensuite sur le mur de flamme qui commença à geler sous le regard ébahi des occupants du vaisseau, du duc de Péhant, de Sylvidra et du capitaine Harlock. Camus devait se concentrer au maximum afin de dégager de plus en plus d'énergie, il ressentit alors une étrange sensation, son esprit semblait ressentir la présence de quelqu'un, un être important. Il intensifia sa cosmo énergie ce qui le rendit presque inconscient son âme entrant en résonance avec celle du gardien. Il sourit lorsque leurs deux âmes se reconnurent et communièrent.

- Hans Von Harlock, je suis Camus chevalier d'or du verseau, je suis venu avec un ami de la part d'Athéna, nous sommes là pour t'aider, tu n'es plus seul à présent, ne perds pas espoir, le bien triomphera du mal, envoya Camus télépathiquement au capitaine de l'Arcadia.

Une larme roula sur la joue du chevalier du verseau. Il n'avait plus qu'envoyer que peu d'énergie, leur communion avait cessé assez brutalement, le gardien n'étant guère habitué à subir le passage d'une telle énergie dans son corps. Il espérait juste avoir pu lui remonter un peu le moral, il avait senti en cette âme une douleur infinie, une terrible tristesse, le cœur d'Harlock était déchiré. La cosmo énergie de Camus termina de geler les flammes tandis que le chevalier du scorpion, installé au sommet d'un des plus haut gratte-ciel de la ville intensifiait à son tour son cosmos, irradiant de lumière le ciel de la capitale. Il ne pouvait utiliser ses attaques contre ce genre d'appareil aussi décida-t-il d'utiliser le même type d'attaque que l'Athéna Exclamation en concentrant toute son énergie entre ses mains avant de la lancer à ce démon de fer qui menaçait la vie de millions d'innocents. Son énergie se déploya tandis qu'une boule se formait entre ses doigts. Une fois son énergie au paroxysme il lança son attaque qui désintégra le bouclier ce qui paniqua les occupants du vaisseau. Milo se jeta sur le vaisseau pour lancer sa seconde attaque qui désintégra une partie du blindage. Ses occupants violemment secoués par cette attaque furent projetés hors de leur siège, ils n'eurent pas le temps de riposter alors que le chevalier les achevait d'un dernier coup qui démantela l'appareil en le faisant exploser. Milo redescendit ensuite à la vitesse de la lumière récupérer le chevalier d'or du verseau qui, inconscient, gisait au pied de la montagne de glaces. Il plaça Camus sur son dos puis s'enfuit loin de la zone des combats sans qu'aucun satellite n'arrivât à le suivre. Stone qui se trouvait sur les collines d'Amos assista à cet étrange phénomène sans pouvoir y croire. La ville était sauvée et avec elle une bonne partie de ses habitants. Il se mit à pleurer de soulagement alors que telles des étoiles filantes les deux êtres disparurent. Beaucoup de gens qui avaient trouvé refuge en ces lieux pleuraient en priant, n'arrivant pas à croire à ce qu'il venait de se produire, pour eux cela tenait du miracle. Stone se laissa tomber sur le sol épuisé. La menace était vraiment immense, il était plus que temps que les tunnels soient prêts.

Harlock à bord du vaisseau de Sylvidra avait du mal à reprendre ses esprits. Il tremblait, pas de peur mais de fatigue. Il avait du mal à croire à ce qu'il venait de se passer et surtout à ce qu'il venait d'entendre. Il assistait impuissant au drame qui se jouait sur Amos lorsqu'il ressentit brusquement une intrusion brutale qui le prit de court. Son corps se mit à vibrer et un étrange halo blanc commença à se dégager de lui ce qui fit paniquer les soldates Mazones présentes à ce moment-là. Elles pointèrent alors leurs armes sur lui tandis qu'il chutait lourdement sur le sol.

- Ne tirez pas ! Ordonna la reine.

Il entendit ensuite le message, n'arrivant pas à y croire. Lorsque tout s'arrêta, il se retrouva allongé sur le sol, vidé de ses forces, son cœur battait à tout rompre, son sang tambourinait contre ses tempes. Ses muscles raidis ne lui obéissaient plus. Il se remémora le message en reprenant son souffle

Camus du verseau, c'est impossible, il est mort en mille neuf cent quatre-vingt-six, cela ne peut pas être le même homme, pensa Harlock complètement perdu.

Il réussit finalement à bouger au bout de plusieurs minutes. Il se releva péniblement en prenant appui sur une des consoles de commandes. La reine le regarda avec mépris. Le capitaine l'observa, son œil semblait toujours vide et triste mais son âme commençait à se réveiller. Petit à petit, le capitaine reprendrait le dessus, il le savait, il le sentait, cette énergie envoyée par le chevalier du verseau avait redonné vie à son âme mais comme tout le reste il garderait soigneusement cette information secrète. Si les chevaliers d'Athéna étaient là, qu'ils étaient revenus dans la galaxie, alors Oscar et Sylvidra perdraient et il comptait bien pouvoir les y aider même si pour cela il fallait qu'Isabelle montât sur le trône. Harlock allait continuer à illusionner la jeune femme puis le moment venu il lui montrait qu'il était loin d'être fini. Il lui fallait juste un peu de temps pour se reconstruire. Sur le plan personnel il était broyé mais sur le plan guerrier, il était intact et il ferait ce qu'il faut pour protéger la galaxie de Sylvidra et des Illumidas et ce même si il devait donner sa vie pour y parvenir.