Correctrice : la fidèle Clina, qui fait un travail de ouf quand même et qui tente d'être des plus rapides à chaque fois, même sur les fandom qu'elle ne connait pas. Vous pouvez la remercier aussi, vous lui devez beaucoup à elle aussi.
Note: Comme promis il y a quoi… trois semaines, voici l'épilogue. J'ignore si c'était la fin que j'avais envisagée à l'origine (en même temps si je faisais des plans de mes histoires aussi au lieu d'y aller à l'inspiration du moment…). J'avais promis une fin heureuse donc après le chapitre précédent assez sombre et triste, en voici un beaucoup plus romantique et joyeux. J'avais envie que Stiles voit le loup de Derek une fois, donc je me suis faite plaisir… Il n'y aura pas de suite. Je clôture l'histoire ici. J'en ai fait le tour à mon sens. Je tiens juste à remercier les fidèles lecteurs, les nouveaux lecteurs… En la relisant j'ai constaté que je l'avais commencée en 2012… Alors 10 chapitres en 8 ans, ça fait une moyenne quasiment de 1 chapitre par an. Je ne sais pas qui est le plus endurant entre les lecteurs fidèles ou moi qui prends mon temps à écrire… Bref merci à toutes et tous. Vraiment pour les favoris et commentaires.
Réponses aux reviews :
Je pense avoir répondu à tout le monde, j'espère n'avoir oublié personne.
Freya : Merci pour tes encouragements, joyeuses fêtes à toi aussi !
Visiteuse T : Merci pour ton double encouragement.
Ce fut un peu laborieux, il faut dire que je n'avais plus rien écrit d'aussi long depuis un moment… Mais voilà, j'espère que ça vous plaira !
Bonne lecture. Et bonnes fêtes de fin d'année.
Le silence ne règne pas en forêt. Pas même en pleine nuit. Stiles est déjà venu plus d'une fois dans la réserve naturelle de Beacon Hills. Il la connaît comme tous les habitants de la petite ville paisible. Il enfonce ses mains dans les poches de son jeans. C'est stupide de venir ici de nuit. Surtout une nuit de pleine lune. Il lève la tête et observe le ciel nocturne. Il n'y a aucun nuage pour dissimuler l'astre lunaire, ni ses amies les étoiles. Et si l'Humain arrive à faire abstraction du bruit de ses pas sur le sol, il peut entendre la nature vivre. Parce qu'elle vit même de nuit. Il existe plein d'animaux qui ne sortent que quand le jour s'est éteint. Et en particulier les loups. La pensée lui arrache un sourire amusé. Il n'y a plus de loups en Californie depuis des décennies. Il se demande parfois ce qu'on écrirait dans le journal local, si on remarquait un loup à la fourrure noire qui erre certains soirs dans le bois. Enfin il ne montre son museau que lors des pleines lunes. Stiles se retient de rire pour ne pas briser la paix régnant en ces lieux. Il souffle doucement et observe les sous-bois invisibles à cause des ténèbres. « Je devrais flipper en vrai », murmure-t-il pour lui-même.
Stiles reprend sa promenade. Il essaie de rester discret, de ne pas chantonner ou murmurer pour lui-même. Il ne veut pas être un intrus qui perturbe les habitants de la réserve. Il n'a pas vraiment le droit d'être ici. Et sincèrement, il n'est plus venu de nuit depuis des lustres. Bon peut-être moins en vrai. Il devait avoir douze ans la dernière fois qu'il a eu ce genre de plan un peu foireux pour se faire peur. Sauf qu'à l'époque, il ne savait pas ce que les ténèbres pouvaient dissimuler. Il n'avait aucune idée d'à quel point les mythes et légendes pouvaient être vraies. Finalement, il s'arrête. L'humain observe autour de lui. Déjà de jour ce n'est pas forcément évident de s'y retrouver dans un sous-bois, mais alors de nuit… Un craquement se fait entendre à sa droite. Stiles se tend. Il appréhende ce qu'il va découvrir. Lentement, il se tourne vers la source du bruit et il fouille du regard l'obscurité. Il n'est plus seul. Il le sent. Tout comme il a conscience du regard invisible qui l'épie. Il cherche activement la Créature qui le prend par surprise. Mais lui n'a pas une vue adaptée au manque de luminosité. Il mordille sa lèvre inférieure. Il sait qu'il ne doit pas angoisser. C'est inutile. Il sait que c'est lui.
Il a à peine le temps de remarquer l'éclat rougeâtre dans la pénombre que la masse imposante lui saute dessus. Stiles a un mouvement de recul de surprise. Il tape dans une racine et il s'étale admirablement sur le sol tiède de la forêt. Avant qu'il ne reprenne son souffle ou ne s'assied, la masse énorme de fourrure noire est sur lui. Et il reçoit quelques coups affectueux de langue et de tête. L'Humain rigole un moment en tentant d'éloigner l'animal de son visage. « C'est bon. Arrête ! » Le Loup noir saute sur le côté et recule d'un pas, observant son Humain s'asseoir. Stiles passe rapidement en position à genoux et sans aucune peur, il enlace le cou de l'imposante créature. « Je suis content de te voir aussi. » Il flatte le cou, le haut de la tête et il le grattouille derrière les oreilles. Il obtient un jappement heureux et le Loup remue joyeusement la queue. « Tu sembles te plaire ici. », murmure-t-il en reculant. « C'est assez vaste et grand pour toi ? En plus à part quelques coyotes, il n'y a pas vraiment de prédateurs dans la réserve… » Parce qu'il suppose que Derek chasse les nuits de pleines lunes. En vrai, il n'a jamais demandé. Il devrait le faire.
Lentement Stiles se remet debout et il frotte son jeans pour en retirer la poussière et les feuilles mortes. « On n'est pas très loin de mon endroit préféré dans la forêt. Tu veux le voir ? », demande-t-il au Loup. Ce dernier se contente de pencher la tête sur le côté et de grogner doucement avant de se remettre debout. Il suit fidèlement Stiles, marchant tranquillement à ses côtés. L'animal le colle, protecteur comme toujours. Parfois Stiles se demande à quel point Derek le comprend sous forme lupine. Pour autant, il ne peut se retenir de lui faire la conversation de manière normale, comme s'il pouvait comprendre et répondre. L'Humain les entraîne sur un petit sentier presque invisible qui serpente entre les arbres. Tout semble plus imposant de nuit. Finalement, il arrive près d'un petit lac. Stiles n'est pas certain que c'est un vrai lac, mais c'est comme cela qu'il a baptisé ce lieu quand il l'a découvert. Il avance de quelques pas encore. Puis s'installe près de l'eau, en position tailleur. « Si tu lèves le museau, tu peux voir le ciel. Et donc la pleine lune et les étoiles. C'est mieux ici qu'en ville, parce qu'il n'y a pas de pollution lumineuse », explique-t-il au Loup qui s'installe assis près de lui et lève le museau pour l'observer.
« On est bien ici, non ? » Stiles se laisse tomber sur le sol. Il peut totalement dormir ici. Il fait doux cette nuit. Puis il a son chauffage personnel en quelque sorte. Derek s'allonge contre lui, museau posé sur son torse. Les yeux carmin surveillent les alentours, méfiants. Il ne laissera rien arriver à Stiles. Il est assez heureux que finalement son compagnon a accepté sa part lupine. Il semble même l'apprécier fortement. C'est aussi pour cela que l'Alpha prend forme lupine à chaque pleine lune. C'est pour Stiles qui aime errer en forêt avec lui, qui câline son Loup comme s'il était un chiot inoffensif. Ici, il n'y a pas vraiment de chasseurs. Ils sont en sécurité. La main de l'Humain revient caresser dans un rythme régulier et apaisant l'imposante tête du Loup. Stiles soupire de bien-être. Le calme est revenu en lui depuis quelques jours. Derek ne l'a pas quitté. Il ne manifeste pas son impatience de retourner en Irlande ou à Oxford. Et Stiles ne veut surtout pas envisager cela. L'Alpha lui a promis de rester aussi longtemps que nécessaire après tout… « Je t'aime. », murmure-t-il. Le Lycanthrope bouge et vient donner un coup de langue au visage de son compagnon. « Oui, tu m'aimes aussi. On est totalement fou l'un de l'autre ! », poursuit Stiles avec un léger rire.
Stiles se sent finalement rassuré. Son père est sorti du coma après des semaines d'attente angoissante, mais il est vivant et il guérit doucement. Il ne peut pas encore rentrer à la maison. Il a besoin de soin et de rééducation. C'est presque miraculeux ! Mais après tout, si les Lycanthropes existent, les miracles aussi non ? Du moins, il aime à croire qu'il y a un peu de magie en ce bas monde. Peut-être est-ce naïf et enfantin. Mais Derek n'a pas démenti quand Stiles l'a questionné sur la magie. Enfin il n'a pas confirmé non plus. Il a juste souri, vaguement amusé par toutes les suspicions de son compagnon. D'ailleurs, l'Alpha s'entend plutôt bien avec le shérif. C'est presque étrange. Derek a été poli et amical. Et son père l'a assez facilement accepté. Sûrement parce qu'il a compris que Derek prenait soin de son fils. En vrai, il n'a pas creusé. Il sait que les deux hommes ont eu quelques occasions d'échanger des mots en privé pendant qu'il allait se ravitailler en café à l'hôpital. Même si généralement, Derek attend dans le couloir ou à la cafeteria, laissant ainsi à Stiles l'opportunité de parler en toute intimité avec son père. Ou alors, il profite de ce moment-là pour aller faire des courses et remplir à nouveau le frigidaire. L'Humain ne va pas se plaindre. C'est relativement agréable d'avoir quelqu'un qui prend soin de vous, et qui vous permet de ne pas penser aux choses basiques mais essentielles comme la nourriture. Peut-être même qu'il en abuse un peu en vrai.
Ce qui est étonnant c'est qu'aujourd'hui Derek n'est pas venu avec lui jusque l'hôpital. Non, il a dit avoir des choses à faire de son côté. Stiles est bien sûr intrigué. Sa curiosité prend le dessus. Surtout après avoir quitté son père pour rentrer à la maison. Qu'est-ce que l'Alpha peut bien avoir à faire en ville ? Et surtout seul, sans lui ? Bon c'est vrai qu'il ne fait jamais les courses avec Derek. Il se repose peut-être un peu trop sur le Lycan en réalité. Et il a tellement pris l'habitude de l'avoir avec lui tout le temps, qu'il se sent presque perdu maintenant qu'il est seul. Et peut-être qu'il ne respecte pas trop les limitations de vitesses pour rentrer. Il a envie de retrouver son compagnon, de le questionner sur sa matinée. Tellement d'idées se bousculent dans sa tête. Il chasse les plus sombres et négatives. Il sait que le lien qui l'unit à l'Alpha fait que ce dernier ne pourrait désirer le quitter ou le blesser… Enfin s'il a bien tout compris. Stiles gare sa jeep devant la maison. Il lance un regard à la voiture noire garée juste devant. Tiens, cela lui rappelle la Camaro que Derek possède… Mais qui est à Oxford.
Il ne s'attarde pas plus. Il ne se pose pas plus de questions alors qu'il entre dans la maison presque en courant. « Je suis rentré ! T'es là ? », lance-t-il un peu trop fortement, si on considère que Derek a une super ouïe. Stiles entend du bruit dans la cuisine et il y file, sans vraiment attendre de réponse. Derek lui lance un regard quand il pénètre dans la pièce, un peu essoufflé par sa course. Il manque vraiment d'endurance et d'exercices. « Apparemment tu m'as trouvé », réplique avec un sourire le Lycan. Il finit de préparer le café à son aise, alors que l'Humain approche plus posé et curieux. « Comment va ton père aujourd'hui ? », demanda-t-il en se tournant pour faire face à Stiles. Ce dernier plisse des yeux, et il fronce du nez en l'observant. Il cherche à percer le mystère de cette matinée. Derek se contente de hausser des sourcils avec un sourire amusé. « Il va bien. Enfin mieux, il guérit doucement. Le médecin pense qu'il pourra commencer sa rééducation la semaine prochaine. », répond l'Humain en fixant l'Alpha droit dans les yeux. « Mais il était aussi étonné que moi par ton absence ce matin… Alors dis-moi que fait un Alpha seul en ville durant toute une matinée ? » C'est plus fort que lui. Il doit savoir.
Derek a un léger rire. Il attrape Stiles par la taille pour l'attirer plus près. Et il lui vole un baiser chaste. « Toi aussi tu m'as manqué ! », commente-t-il en cachant son museau dans le creux du cou de son compagnon pour humer son odeur apaisante. Stiles a un sourire léger. Son cœur bat toujours un peu vite, quand l'Alpha agit de manière romantique ou possessive avec lui. Un bref instant, il se demande si cet effet-là s'estompera avec le temps ou non… Puis il enlace la nuque de Derek et il vient glisser ses doigts dans sa chevelure. Il la caresse de la même manière qu'il flatte la fourrure douce et soyeuse du Loup noir. Il sent un sourire contre sa peau et une légère bise se poser là avec tendresse. « Tu n'as pas vraiment répondu… », murmure-t-il toujours la curiosité rivée au corps et à l'esprit. Derek bouge pour venir embrasser son front doucement et le regarder droit dans les yeux. « Peut-être parce que c'est une surprise ? », propose-t-il avec un air mutin. Stiles fait la moue et il soupire un peu. « D'accord… Tiens tu as vu que ta voiture de location s'est transformée en Camaro ? », questionne-t-il avant de voler un autre baiser. « Ils louent des Camaro en ville ? » C'est aussi un mystère à résoudre, non ? Et le Lycanthrope a un léger rire. « Je l'ai achetée. Et j'ai demandé à Lydia de vendre celle que j'avais en Angleterre. », répond Derek.
Stiles se contente de sourire et de se blottir un peu plus contre Derek. Il profite de sa chaleur inhumaine. C'est relaxant. Même si son père est réveillé, qu'il va guérir, il reste quelques tensions, quelques doutes. Et il ne peut se retenir de se demander combien de temps Derek peut rester ici avec lui, avant que son statut d'Alpha ne le rappelle près de sa Meute en Angleterre. Sa vie à lui est là-bas. Et Stiles sait qu'il sera incapable maintenant de l'accompagner pour un retour à Oxford. Pas après ce qui est arrivé à son père. Il a trop peur de le perdre. Le shérif est sa seule famille. C'est donc une histoire impossible qu'il vit avec Derek. Il le sait. Mais il préfère ne pas en parler, ne pas aborder ce moment qui va à nouveau lui briser le cœur. Il préfère profiter de son compagnon. Et il reçoit aussi des nouvelles de la Meute via les réseaux sociaux ou les messageries instantanées. Cela lui a fait beaucoup de bien de leur parler. Il a pu constater qu'ils ne lui en voulaient pas. Ils ont tous compris en vrai. C'est agréable d'être soutenu comme cela. « Attends, si tu as vendu ta Camaro là-bas tu vas faire comment quand… », commence Stiles, mais il s'interrompt. Son corps se tend légèrement d'appréhension. Non, il ne veut pas penser à cela maintenant. Et Derek ne pose aucune question. Il se contente de caresser avec tendresse son dos pour l'apaiser.
Derek sent l'odeur de tristesse de son compagnon. Lui aussi a eu le temps de se poser cette question. Mais il réagit moins à fleur de peau que Stiles. Il n'a pas la même sensibilité. Chez son compagnon elle est exacerbée au maximum. Il dirait que Stiles est hypersensible en vrai. Et il sait que tout ce qui peut perturber moralement, affectivement la routine de Stiles est vécu par moments comme une épreuve insurmontable. Il a au moins appris cela au fil des mois. C'est donc à lui de penser rationnellement, parce que Derek est quelqu'un de très logique et froid dans ses prises de décisions. Il fait au mieux pour sa Meute, pour lui, pour son compagnon. Il se penche pour embrasser le front de Stiles qui ferme un instant les yeux. « Bois ton café, j'ai toujours cette fameuse surprise pour toi », déclare l'Alpha avec un sourire fier. L'Humain fronce des sourcils et il analyse correctement son compagnon. « C'est quoi ? », demande-t-il ne trouvant aucun indice sur le visage du plus vieux. Le Lycan hausse des sourcils avec un sourire amusé. « Une surprise ? », il propose comme réponse avec humour. « Ce n'est pas une réponse ! », objecte Stiles de plus en plus curieux. Derek a un petit rire amusé. « Le but d'une surprise c'est de ne pas être dévoilée en avance. Sinon ce n'est plus une surprise. Bois ton café, mange un bout et tu sauras. » Et l'Alpha n'en démordra pas. Il ne dira rien. Stiles sait qu'il peut être muet comme une tombe d'ailleurs…
Derek gare la voiture sur le parking face à la bâtisse. Stiles observe avec curiosité les alentours. Il sort de l'auto en même temps que le Lycanthrope. Puis il regarde autour de lui. Ils ne sont pas loin de Beacon Hills. Ils ont pris la nationale avant que le Lycanthrope ne prenne un sentier relativement large à droite pour s'enfoncer dans les bois. Ils ne sont pas très loin de la réserve naturelle locale d'ailleurs. Stiles connait plus ou moins la propriété avec son espèce de manoir et son terrain boisé relativement grand. Ils sont encore relativement proches de la route et de la ville, mais suffisamment éloignés pour n'entendre que le calme de la nature qui les entoure. C'est apaisant comme ambiance. Derek s'appuie sur le capot de la Camaro et observe Stiles. Ce dernier s'approche de la maison. Il devine un parterre de fleurs qui n'a pas été entretenu depuis des lustres. Les escaliers mènent au perron protégé d'un toit, sur lequel on peut aisément profiter d'une douce soirée d'été en admirant le décor naturel. Et s'il se souvient bien, il y a un jardin avec une fontaine derrière. Il venait se faire peur ici quand il était enfant avec ses amis. Il ne connaît pas trop l'intérieur. Mais le bâtiment semble bien conservé, quoiqu'il ait besoin d'une bonne couche de peinture fraîche et d'un bon nettoyage ! Si sa mémoire ne lui fait point défaut, cela fait quelques années que la demeure et ses terres sont mises à la vente. Mais personne ne semble vouloir habiter au milieu des bois !
Stiles fait volte-face pour regarder Derek. Il enfonce les mains dans les poches. « Tu m'avais promis une surprise ! », remarque-t-il avec une fausse moue boudeuse. L'Alpha sourit. « On y est à ta surprise. », réplique-t-il un peu mutin et mystérieux. Stiles regarde autour de lui à nouveau. Il se demande un moment s'il doit chercher après quelque chose que le Lycan aurait dissimulé. Est-ce une chasse au trésor ? Il cogite assez vite et il émet mentalement plusieurs hypothèses. Derek hausse à nouveau des sourcils. Et il se met à sourire amusé. « Je t'entends réfléchir jusqu'ici », commente-t-il avec un autre sourire taquin. « Vraiment. », il ajoute quand Stiles lui lance un regard blasé qui signifie qu'il sait très bien que les Loup-garous ne savent pas lire ses pensées. Enfin, il l'espère. Il secoue la tête. « Je connais ce lieu tu sais. J'ai grandi en ville. Je sais même jusqu'où s'étendent les terres de la propriété. Je l'ai toujours connue mise en vente. On y venait, enfants, se faire peur à Halloween. Oh tu vas rire, une fois on est même venu à la pleine lune pour vérifier si ce n'était pas l'antre d'un Lycanthrope. On s'est foutu une de ses trouilles d'enfer au premier bruit … Bon on avait huit ans aussi… », raconte-t-il avec un sourire. Derek le laisse se perdre un moment dans ses pensées sans rien commenter.
Stiles regarde de nouveau autour de lui avec une moue pensive. « C'est une chasse au trésor ? », finit-il par demander, parce que c'est l'option la plus logique dans sa tête. Et il est presque outragé du léger rire de Derek, qui ne tente même pas de cacher son amusement. Il fusille son compagnon du regard, prêt à arguer qu'il ne lui donne aucun indice. « J'ai acheté la propriété. », déclare subitement l'Alpha, conscient que cela peut durer un moment s'il laisse l'esprit hyperactif de Stiles s'emballer. Le silence ne dure pas longtemps. « C'est pas un peu trop loin d'Oxford ? », questionne l'Humain en papillonnant des yeux. Non parce que là, Derek Hale, Alpha d'une Meute anglaise, sang pur digne descendant d'une ancestrale Meute irlandaise, vient de dire qu'il avait acheté une maison en Californie. Stiles se demande un moment si c'est pour les vacances… Enfin il y a mieux que Beacon Hills pour passer ses vacances quand même… Derek fronce des sourcils. « Enfin ta Meute, ta famille, ta vie sont à Oxford… », commence lentement Stiles. Et qu'est-ce qu'il n'a pas envie d'avoir cette conversation. Avec le peu de courage qu'il a, il lève le regard sur Derek. L'Alpha est toujours appuyé contre sa voiture, mains dans les poches de sa veste en cuir. Il semble laisser à Stiles le temps de pleinement comprendre ce qu'il vient de lui dire. Mais le plus jeune regarde à nouveau le sol, qu'il gratte nerveusement de la pointe des pieds.
« Je veux dire… t'es anglais ou irlandais. Ta famille, les Hale, vit en Irlande. Tu as étudié à Oxford et tu as toute une vie là-bas avec les autres. Tu as besoin de ta Meute, tu es un Alpha. Et eux sont toujours en Europe, à t'attendre. Tu as des amis aussi. Probablement même un avenir professionnel et personnel très riche, maintenant que tu as ton doctorat… Attends tu l'as eu hein ? » Stiles s'emballe. Tout sort un peu tel quel sans réflexion. Et Derek se contente de le laisser dire tout ce qui lui passe par l'esprit. Il s'expliquera après, quand la tempête verbale se sera apaisée. « Puis tu as des amis aussi, en dehors de la Meute ! Ils comptent pour toi. Et tu aimes l'hiver, la neige, le froid… Ce que je comprends vu ta super fourrure hein… Ici, il ne neige jamais ! Bon en même temps c'est la Californie… En prime une petite ville paumée, inintéressante sans rien pour attirer les gens… Et tu as ton avenir là-bas… je le sais. J'avais vu les propositions d'emploi avant de… Bref moi je vis ici. Je … » Stiles s'arrête pour inspirer, les muscles tendus. « J'ai toujours su que tôt ou tard … On devrait… » Il fait un vague geste de la main. « Y a un océan entre ma vie et la tienne. Et … » Le silence se fait alors qu'il mord sa lèvre inférieure. Parce que même avec toute la logique du monde, il ne veut vraiment pas penser à cela. « Tu ne peux pas… Tu dois rentrer en Angleterre, pour ta Meute, parce que là-bas tu as un avenir… » Et le silence se fait uniquement perturber par la respiration un peu rapide de l'Humain.
Derek attend un peu pour être certain que Stiles ne désire rien ajouter. « Tu n'as pas tort », commente-t-il. Il ne le niera pas. Il a une vie complète, un futur assuré en Angleterre avec sa Meute. « Mais toi, tu vis ici. Et tu ne partiras jamais. », ajoute-t-il en fixant droit dans les yeux son compagnon. « Et je comprends pourquoi. » Il ne ment pas. Il a énormément réfléchi à la situation. Il a aussi consulté sa Meute, ainsi que sa mère pour avoir son opinion sur son choix. Il ne le fait pas sur un coup de tête. C'est quelque chose qu'il a correctement préparé, en se renseignant aussi, parce qu'il ne suffit pas de le vouloir pour aller s'installer dans un autre pays. « C'est irrationnel. », souffle Stiles. Derek a un léger sourire cette foi-ci. « Quoi ? Vouloir passer ma vie avec toi, rester là où toi tu sens chez toi ? », demande-t-il doucement. « Ne me rends pas altruiste, Stiles. Parce que cela ne l'est vraiment pas. C'est réfléchi, discuté avec les concernés, pensé et préparé. Mais ce n'est en rien généreux et désintéressé. » Il ne veut pas passer pour meilleur qu'il ne l'est. Il le fait aussi assez égoïstement, sachant qu'il entraîne à sa suite sa Meute. « Tu plaques tout pour vivre avec moi et t'es pas généreux ? », questionne l'Humain en relevant ses yeux brillant de larmes et de curiosité.
L'Alpha a un sourire. « Je te l'ai dit. Il est très rare qu'un lycanthrope rencontre son âme-sœur. Et quand on a trouvé notre compagnon ou compagne, rien ne peut nous en séparer. Partir vivre en Angleterre sans toi, c'est comme signer ma condamnation à mort. Et égoïstement, je veux te garder près de moi, parce que je t'aime et que je pense être le seul apte à te chérir, à prendre soin de toi, à te protéger et à te rendre heureux. Et oui, j'ai un énorme égo, je sais. », explique-t-il en se détachant de la voiture lentement. « Alors si tu restes ici pour ton père. Je m'installe ici. J'ai trouvé du travail, j'ai commencé les démarches pour avoir le droit de séjour aux U.S.A. et le droit de travailler. Les autres nous rejoindront durant l'été. Non, je n'ai rien exigé. Ils ont eu le choix. Ils pouvaient rejoindre la Meute de mère. Ils ont décidé de venir ici, parce qu'une Meute ne se sépare pas. » Il fait quelques pas, mais il s'arrête. Il laisse à Stiles le temps de tout assimiler, de tout comprendre et accepter. Il sait qu'il a besoin d'analyser ce qu'il vient de dire. Et il répéterait bien qu'il peut entendre les rouages de l'esprit très vif de son compagnon fonctionner. « Tu es fou. Tu sais ça ? », réplique finalement Stiles. « De toi ? Totalement. Et je l'assume. », rétorque avec un sourire le Lycan. Finalement Stiles bouge. Il rejoint en quelques pas Derek et il se blottit contre lui avec un rire. Le Loup-garou l'enlace avec douceur.
Ils restent silencieux dans les bras l'un de l'autre un long moment. Stiles ferme les yeux et il savoure l'étreinte amoureuse de son compagnon. Derek embrasse le haut de son crane. « Et moi qui croyais que la nouvelle me vaudrait un baiser passionné au minimum ! », déclare subitement le Lycanthrope dans un murmure. Stiles rit un peu. « Ah donc tout ça, c'est juste pour un baiser ? », taquine-t-il son compagnon. Mais le plus jeune se détache un peu pour venir embrasser les lèvres du plus vieux. Ils profitent d'un baiser serein, calme et amoureux pendant quelques minutes. « C'est tout ? », demande un peu provocateur et séducteur Derek. Stiles rit à nouveau. Et il secoue la tête. « Ne rêve pas ! Je ne me roulerais pas sur le sol de la forêt nu pour toi ! », réplique-t-il très sérieusement avec un immense sourire. « Mais je t'aime. Tu le sais non ? » Puis il vient voler un autre baiser plus enflammé cette fois-ci. « J'ai tellement chance d'être avec toi… Même si ton égo n'a clairement pas besoin que je le booste… » La remarque lui vaut une légère pincette sur les côtes. Ce qui provoque un rire, parce que Stiles est chatouilleur. Et Derek le sait.
Il dépose un autre baiser sur le front de son compagnon qui revient se blottir contre lui avec un soupir. Ce n'est pas la fin que Stiles a imaginé. Mais il n'avait jamais osé envisager demander cela à Derek. Il sait que l'Alpha a des responsabilités. « Tu as conscience de la montagne de travaux à faire dans cette maison ? », questionne-t-il en relevant le regard vers le Lycan. Ce dernier sourit. « Bien sûr. Et la Meute sera ravie d'aider. J'attends juste leur arrivée pour commencer la rénovation… », répond-t-il avec un air fier. Et il compte bien attendre qu'ils soient là puisque ce sera aussi leur lieu de vie. « Tortionnaire… », murmure Stiles. « Les pauvres… » Il compatit sérieusement au sort des Bêtas. « Ne t'inquiète pas, je t'ai gardé une partie des travaux… Rien que pour toi. » La remarque vaut un léger coup sur le bras à l'Alpha. Mais l'Humain rit. Finalement, tout se finit mieux que prévu. En tout cas, il n'aurait jamais imaginé arriver à cette conclusion, il y a un an quand il a reçu sa bourse pour Oxford…
Fin.
Et voilà, après 8 ans et 10 chapitres, la fin de cette histoire. C'est presque étrange pour moi de la clôturer. J'espère qu'elle vous a plu.
