Point de vue : Harry

Le jour J était enfin arrivé. J'étais très impatient de profiter de ce voyage que je préparais depuis le retour du Mexique. Quand j'y repensais, c'était notre vraie première semaine de vacances en 5 ans. Il y avait eu des séjours longues durées entre amis et des festivals annuels pour respecter notre tradition mais aucun moment de cette importance et de cette qualité uniquement tous les deux, et ce depuis le début de ma relation avec Victoria. J'avais ressenti tellement de regrets et de culpabilité en le réalisant que je m'étais jeté corps et âme dans ce projet pour lui offrir un moment digne de son amitié cette année.

Le taxi venait d'arriver, sur ces pensées, et je passais un coup de fil à Mia pour lui demander de me rejoindre en bas.

"Prête ?", je riais de son énergie en la voyant entrer dans le taxi comme une pile électrique.

"Tu rigoles, plus que prête !" et je la regardais se frapper dans les mains et taper des pieds d'impatience. J'étais le plus heureux de la voir partager le même enthousiasme.

"Pourquoi tu ne m'as récupéré sur le palier ?", elle me regardait avec un sourire moqueur.

"Tu sais très bien pourquoi"

"Quel trouillard ! Je te dis que c'est okay"

"Non, Mia, ce n'est pas okay. Avec toi, peut-être mais pas avec moi. Je te le dis, Charlie me fusille du regard à chaque fois qu'il me croise à l'appartement. Je suis tout à fait dans le trip sadique mais masochiste, trop peu pour moi. Ce serait bien d'ailleurs que tu t'arranges pour qu'il déménage définitivement toutes ses affaires pour que je n'ai plus jamais à le croiser", Mia riait et prenait mon bras affectueusement en y frottant ses mains pour me communiquer encore plus sa joie. Elle se fichait pas mal de ce sujet en définitive et toutes ses pensées étaient tournées vers notre voyage, ce qui m'allait très bien.

"Je sens Harry, que ce sera le meilleur de notre vie"

"Je paris dessus aussi", et je l'enlaçais d'un bras en retour, avec un baiser sur son front pour finir le trajet avec elle dans mes bras.

Nous venions enfin d'embarquer dans ce vol qui allait nous mener directement à Las Vegas. J'avais prévu 3 jours de battement avant le festival pour nous remettre du décalage horaire et nous préparer correctement. Mia était rêveuse en regardant à travers le hublot et moi j'étais soulagé. J'avais eu vraiment peur que ce voyage ne se fasse pas après l'incident du jacuzzi mais Mia y avait tenu et ne m'avait pas fait faux-bond.

"Alors, tu as été inspiré pour ma tenue ?", j'étais trop curieux. C'était de coutume chaque année. Nous nous mettions d'accord sur un thème et chacun devait choisir la tenue de l'autre et lui révéler la veille du festival.

"Très, ça va beaucoup te plaire. Et toi ?", Mia me retournait la question avec grande curiosité.

"Aussi et ça risque de ME plaire !", Mia me lançait un regard inquiet et réprobateur.

"Ah non, non, non, non, Harry ! J'espère que tu as pensé à mettre plus de tissu que la dernière fois. Je te préviens, sinon je le brûle, tout simplement. Je préfère aller à ce festival en guenilles plutôt que d'y aller à poil tu m'entends ?", j'éclatais de rire à ce souvenir. Mia m'avait tué cette année-là. Elle avait tenu à peine une minute avant d'acheter le premier tee-shirt à portée de main pour cacher de façon plus décente sa poitrine. Mon dieu comme ça avait été drôle de me faire insulter de tous ces noms d'oiseaux. Je ne lui avais pas fait la blague cette année et j'avais choisi la tenue parfaite, je savais qu'elle l'adorerai et j'étais persuadé qu'elle serait la plus éblouissante de cette édition.

"Donne-moi le programme des trois premiers jours alors !"

"Mmmh"

"S'il te plaît ! Ne me mets pas face au fait accompli, j'ai tenu toutes ces semaines sans rien demander, j'ai été sage", je cédais face à sa moue d'enfant, je savais qu'elle aimerait en rêver pendant le trajet et penser à ses plus belles tenues.

"Okay. On arrive à 13h heure locale. On se prend une petite heure pour s'installer à l'hôtel. Je nous ai réservé la suite royale la mieux insonorisée de Vegas pour ne pas réveiller les voisins", Mia riait de ma bêtise.

"Tu risques de tomber dans les pommes en voyant la piscine et on aura justement toute l'après-midi pour en profiter", Mia frappait dans ses mains d'impatience.

"J'ai trouvé un resto-concert vraiment sympa pour passer la soirée sagement et t'obliger à dormir un peu", elle tournait de l'œil d'ennui face à mon ton paternel mais je lui annonçais le ton directement car Mia était de celle à ne jamais vouloir se coucher avant les premiers rayons du soleil.

"Non négociable Mia ! Ce soir, 2h du matin maximum. Tu n'oublies pas que le clou du spectacle est le festival, ce n'est pas Vegas. On a besoin de sommeil et de prendre des forces avec tous les excès à venir", elle me rendait son air diabolique et je lui recouvrais le visage de mes mains pour la punir de sa tentative de corruption.

"Et les jours suivants ?"

"Ah ah… tu en sais déjà trop"

"Oh ce que t'es chiant !"

Le trajet était passé relativement vite, entre nos séances de bavardage et quelques siestes dans les bras l'un de l'autre. Le vol venait enfin d'atterrir et nous étions immédiatement saisis par la chaleur torride et bienfaitrice de Vegas. C'était le bonheur complet, pour nous deux qui adorions les fortes chaleurs. C'était notre première fois dans cette ville et nous allions déjà de surprise en surprise avec toutes les bizarreries de la ville qui commençaient dès la sortie de l'avion.

"C'est-quoi-cet-endroit ? Oh mon dieu ce qu'on va s'envoyer ici", Mia allait tomber de fatigue avant le couvre-feu à ce rythme là d'euphorie, j'en étais certain. Je m'en amusais et m'en réjouissais déjà alors que nous n'étions ici que depuis 1h. Cette ville de vices et d'audace était incontestablement un choix parfait pour elle et moi et je n'aurai jamais choisi une autre qu'elle pour y venir.

Je remarquais sur ces pensées que le taxi venait de marquer le stop à notre hôtel qui en jetait aussi dès l'arrivée avec ses immenses palmiers, son style très moderne et ce hall luxuriant. Mia avait la bouche grande ouverte et les yeux pétillants. Je gardais la visite des parties communes et de la piscine pour plus tard et l'orientais vers l'ascenseur qui nous amenait aux étages les plus hauts. Je découvrais la suite, avec le même émerveillement qu'elle.

L'entrée se faisait sur un salon entièrement entouré de baies vitrées. La pièce était séparée en deux parties. Il y avait d'un côté un coin détente, au parquet en bois chaleureux, aménagé de pas moins de trois canapés et de ses tables basses design, d'une table à manger très élégante et d'un écran plat super size. Et il y avait un autre côté bar, au marbre italien noir et blanc, aménagé d'un bar digne des plus beaux établissements à la seule exception près qu'il nous était exclusivement dédié.

La visite se poursuivait sur cette salle de bain de marbre absolument ostentatoire dans laquelle nous aurions pu tenir à pas moins de dix, et qui avait même son propre sofa et sa table basse.

Et il y avait les chambres, chacune décorée avec de la moquette chaleureuse. Elles étaient d'une ambiance feutrée, aménagées de lits super king size et de dressings de tailles toute aussi impressionnante, avec cette même vue incroyable par delà les baies vitrées.

Mia avait un sourire comme je n'en avais jamais vu. Elle criait de stupéfaction en découvrant chacune des pièces et me sautait dans les bras de joie comme une hystérique tout au long de la visite.

"PINCE MOI, JE RÊVE !", il ne fallait pas m'en dire plus et c'est ce que je faisais immédiatement sur ses fesses dans un rire renouvelé. Elle ne s'en rendait même pas compte dans son état de transe actuel et s'accrochait à ma nuque en retour, en continuant de regarder autour d'elle avec cet air subjugué.

"Et encore, il y avait une suite playboy et une autre avec un aquarium de requin. Je t'ai épargné ça. Allez avoue-le maintenant", je la regardais taquin.

"Quoi ?"

"Qu'elle est encore mieux que celle de Charlie bien sûr !", elle riait de mon immaturité mais je voyais son air appréciateur qui me confirmait que j'avais visé juste.

"Cette suite est définitivement la plus délirante de toute ma vie Harry. Si c'est un concours, elle est bien mieux que celle de Charlie et je compte sur toi pour ne jamais le répéter !", elle n'avait pas besoin de me le dire.

"Elle n'est pas trop romantique ?", je continuais encore plus taquin en référence à ses récents aveux et me faisait la réflexion en effet qu'un séjour à Vegas, au burning man et dans cette suite était à peu près à l'exact opposé de son dernier weekend à Venise.

"ELLE EST TOUT SAUF ROMANTIQUE ! Et c'est terriblement frustrant de savoir que je vais m'ennuyer ferme d'abstinence dans cet endroit et dans cette ville".

"Peut-être pour toi, mais pas moi !"

"Pas dans l'appartement ! Ma chambre est à deux mètres, c'est dégoûtant. Les règles n'ont pas changé, j'espère que tu n'as pas oublié", non, j'en avais bien conscience. C'était une règle constante depuis le début, si l'un de nous deux était en couple : rien à l'hôtel. Quand ce n'était pas le cas, c'était une toute autre histoire...

"Je peux aussi appeler Ricardo si ça te fait plaisir. Le Mexique est juste à côté. Tu connais le dicton, ce qu'il se passe à Vegas…", Mia ne me laissait pas terminer ma phrase.

"Reste à Vegas…Non merci, Harry", elle gagnait sa chambre en me tournant le dos avec un doigt d'honneur de la plus grande élégance à mon attention. Je souriais en retour mais j'étais plus que sérieux. Je commençais en effet à être passablement fatigué de son Charlie. Ce Ricardo aurait certainement été un meilleur choix pour Mia mais aussi pour moi.

...

Nous avions pris une petite heure pour nous installer dans la suite. Mia n'en finissait plus de s'installer dans le dressing et de se préparer. Je l'entendais chanter à tue-tête et décidais d'aller l'interrompre pour la dépêcher.

"Tu sais qu'à ce rythme là tu vas réaliser l'exploit de faire tomber la pluie à Vegas ?", Mia était de dos et était déjà en maillot de bain. Je la regardais passer sa ravissante robe de plage et finir d'enfiler ses sandales avec la même appréciation que d'habitude face à son corps de rêve. J'étais fier comme un coq à chacune de mes apparitions avec elle à mon bras. Elle était encore une fois splendide.

"Menteur, tu adores ma voix. Je me souviens même très bien du jour où tu me l'as dit, à ce festival à Budapest"

"Tu veux dire celui où j'étais complètement bourré et où j'embrassais chaque arbre qui me passait sous la main ?", je ne retenais pas mon rire à ce souvenir et en voyant Mia se déconfire en réalisant à quel point cet aveu était faux. Je lui tendais mon bras sur cette phrase de conclusion et emportais nos sacs de plage, de ma main libre. Nous étions enfin prêts à profiter de nos vacances.

...

Les parties communes étaient toutes aussi dingues que les chambres et les piscines étaient le clou du spectacle, comme je l'avais promis à Mia. Nous étions justement merveilleusement bien installés au milieu de l'une d'elles, sur un de ces bed flottants, nos lunettes de soleil sur le nez, épaule contre épaule.

"C'est le paradis", j'avais pris la parole le premier avec une voix lente et reposée, les yeux fermés. Je me régalais de cette musique lounge, de cette chaleur brûlante sur mon torse et de la main de Mia dans la mienne.

"Le bonheur ultime", Mia répondait avec le même bien être. Je tournais la tête en même temps qu'elle et croisait délicieusement son sourire tranquille.

"On ne va jamais tenir trois heures sous ce soleil de plomb", Mia avait repris la parole après quelques dizaines minutes supplémentaires à bronzer.

"Définitivement pas", je choisissais ce moment et cette réflexion pour la pousser à l'eau sans préavis.

"Espèce de…", je la regardais s'énerver en sortant la tête de l'eau. Je continuais de la narguer avec un air calme et satisfait, encore confortablement installé sur mon bed bien sec.

"Tuh tuh, pas de vilain mot de la bouche d'une si jolie princesse", elle souriait pour la millième fois de la journée et je la regardais passer sur mon affront et savourer désormais la fraîcheur visiblement agréable de l'eau. Son soupir de bien-être me convainquait définitivement de la rejoindre et Mia finissait rapidement de nouveau dans mes bras.

"Tu sais que je me serais contentée d'une tente aux vieilles charrues ? Partout tant que je suis avec toi. Tu as vu les choses en grand cette année et c'est déjà le meilleur jusqu'ici. Alors merci.", Dieu que je l'aimais, surtout quand elle se laissait aller avec autant de facilité et qu'elle me regardait avec cette lueur indescriptible dans le regard.

"Rien n'est jamais trop beau pour ma Princesse", et elle me rendait plusieurs bisous et câlins en retour.

"DEPECHE HARRY ! J'AI TELLEMENT FAIM ! BON SANG !", Mia avait bien sûr monopolisé la salle de bain une heure durant et je n'avais droit qu'à trente minutes en retour. Je ne me ferai plus avoir une deuxième fois, c'était insupportable de l'avoir sur le dos pendant que je me préparais.

"PRENDS UNE POIRE !", je lui criais en réponse depuis la salle de bain même si je n'avais vu aucune corbeille de fruits dans la suite.

"OU CA ?", Mia me répondait avec intérêt, elle était réellement affamée.

"DANS TON CUL, MIA !", je mourrais de rire en entendant son cri d'indignation et ses insultes. Je choisissais ce moment pour sortir torse nu, ma serviette de toilette encore nouée autour de ma taille. Je me réjouissais du regard appréciateur qu'elle affichait toujours sans gêne en me regardant puis de sa nouvelle indignation qui me procurait beaucoup de plaisir.

"Tu te fiches de moi, tu n'es même pas habillé ?", et elle s'arrachait les cheveux à ce constat. Je restais de mon côté bouche bée une demie seconde en constatant à quel point elle était, elle, sur le départ.

"Et toi, dis moi, Charlie t'as vu partir avec cette robe dans ta valise ?", Mia était époustouflante avec cette robe argentée moulante à bustier, avec sa fente outrageuse sur la cuisse, terminée par des sandales fines à talons aiguilles. Sa tenue était renversante, tout autant que ses boucles parfaites et son maquillage de soirée. Mia était tout à fait prête pour une première nuit à Vegas.

"Non ! Je l'adore ! Et tu ne diras rien à l'ennemi !"

"Jamais. Tu serais obligée de la retirer et ce serait un véritable crève-cœur. Tu es un avion de chasse", elle me souriait en retour et tournait sur elle-même pour me montrer plus largement sa tenue, dans un geste hollywoodien très maîtrisé.

"Je me dépêche, promis", je la quittais sur ce compliment qui la mettait dans d'encore meilleures conditions et je revenais rapidement habillé, en passant devant le miroir du salon pour ajuster ma coiffure et en allant dans la salle de bain pour finir de me parfumer. Mia me collait où que j'aille et me suivait du regard quoique je fasse.

"Tu es vraiment collante, donne-moi de l'air, j'ai bientôt finis", je lui jetais des coups d'œil en biais mi-agacés, mi-amusés.

"Prends tout ton temps, Harry, ça en vaut la peine. Je reluque en silence", je riais encore de son changement d'humeur inopiné et de sa réplique. Je n'étais absolument pas étonné de lui plaire une nouvelle fois ce soir car j'avais inconsciemment adapté mon style à ses préférences depuis toutes ces années. Mia était une référence en termes de bon goût et j'aurai été le dernier des idiots de l'ignorer. J'avais choisi ces rangers noires, ce slim gris foncé et cette chemise légère gris clair que j'avais retroussé sur mes avants-bras pour subir un peu moins la chaleur harassante de la ville.

"C'est bon je suis prêt ! C'est parti".

"Pas trop tôt !", Mia n'avait pas pu s'empêcher de commenter et je poussais un grognement de frustration face à son insolence en lui adressant une claque bien sentie sur sa fesse droite en refermant la porte derrière nous.

...

Notre hôtel était très bien situé sur le strip boulevard, à proximité à pieds de tous les centres d'intérêt. La soirée dans ce resto-concert avait été très réjouissante. La spontanéité et le sens du spectacle des américains étaient tout à fait en harmonie avec nos deux personnalités spontanées et nous avions parfaitement bu, mangé, ri et dansé de toute la soirée. Mia avait un peu forcé sur l'alcool de mon point de vue et je la regardais marcher seule un peu plus loin devant moi avec beaucoup d'amusement.

En temps normal, cette femme ne passait jamais inaperçue avec sa beauté exceptionnelle et son sourire communicatif et c'était encore plus le cas quand nous étions tous les deux ensemble. Je m'amusais donc d'avance des rencontres et des anecdotes supplémentaires qu'avait à nous apporter la ville et je décidais avec une pointe de sadisme non contenue de la laisser poursuivre sa route, seule devant, très naïvement et innocemment.

J'apercevais au même moment avec mon radar redoutable ce groupe d'américains à quelques mètres d'elle qui était sans aucun doute en train de célébrer un enterrement de vie de garçons. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, je la regardais se faire aborder par l'un d'eux, le témoin à en juger par le texte marqué au rouge à lèvres sur son torse nu. Je restais en retrait, suffisamment pour la laisser s'en dépatouiller mais pas trop non plus, pour intervenir rapidement en cas de besoin. De mon côté, j'avais suffisamment donné. A ce niveau du boulevard, les groupes de célébration se multipliaient et ceux croisés jusqu'à présent avait été féminins. Mia m'avait regardé affronter tous ces risques de mononucléose avec beaucoup de satisfaction et j'étais décidé à lui passer mon tour maintenant.

"BONSOIR DÉESSE ! Dieu t'as mis sur notre chemin, tu as deux minutes ? Mon meilleur ami se marie la semaine prochaine. Je t'en supplie. Si cet homme a le droit d'embrasser une dernière femme, il faut que ce soit toi !", Mia avait été surprise mais l'alcool et la perfection de la journée l'aidait à prendre plus que bien cette interpellation. Elle les regardait avec beaucoup d'amusement et c'est vrai que le spectacle était réjouissant. Ces hommes étaient complètement beurrés, le groupe était plutôt séduisant, jeune et vraiment très sympathique. Ils charriaient Mia à n'en plus finir pour la convaincre de se laisser tenter par le panneau "kiss the groom" que portait l'un d'eux. Sa répartie, même en anglais, était parfaite et tordante. Elle faisait mine d'hésiter mais je la connaissais suffisamment pour savoir qu'elle n'hésiterait pas à leur faire plaisir et à embellir leur soirée. Elle l'avait fait un nombre incalculable de fois déjà sous mes yeux par le passé et effectivement je la regardais s'approcher du marié de façon taquine.

"Ca va ! Vous m'avez convaincu !", Mia se décidait enfin à cesser de se faire désirer et je la regardais s'appliquer à donner au marié un beau baiser sous les encouragements bruyants et survoltés du groupe d'amis.

Je m'avançais enfin vers elle pour lui faire quitter ce groupe avant qu'il n'en réclame plus quand Mia me faisait signe de m'arrêter en retour avec son air de malice que je connaissais trop bien. Et effectivement, je la regardais, mes mains dans mes poches, poser une de ses mains sur mon épaule pour prendre appui, puis soulever subtilement sa robe et faire glisser sa lingerie jusqu'à ses talons aiguilles. Cette femme était folle et imprévisible. Elle continuait de me regarder avec un sourire énigmatique et tendait au même moment l'objet du crime au témoin sous les cris et les réactions encore plus détonantes de ces hommes.

"Cadeau pour le marié ! Qualité française ! Toutes mes félicitations et bonne fin de soirée les garçons". Cette femme était incroyable, j'étais absolument conquis et je notais précieusement cette nouvelle anecdote à la liste de celles à ressortir sur notre lit de mort après nos 60 ans ou plus d'amitié. J'entendais au même moment le groupe lui adresser des mots d'adieu idiots en la regardant partir à contrecoeur "Que dieu te bénisse", "tu es un ange tombé du ciel", "le destin va me remettre sur ta route", "abandonne ton beau brun", "rendez-vous à la chapelle à midi demain, je t'attendrai jusqu'aux derniers rayons du soleil" et j'en passe.

"Tu es intenable. Et tu viens de leur servir du rêve pour les 30 prochaines années", j'enlaçais ses épaules au même moment en continuant notre route.

"J'aime répandre le bonheur autour de moi, on peut dire que je suis une sainte en quelque sorte non ?", je riais avec elle de cette réplique absurde. Sainte n'était définitivement pas le mot approprié.

Nous avions préféré marcher plutôt que de prendre le taxi pour profiter de l'ambiance nocturne de la ville. Mia commençait à traîner des pieds à l'approche de l'hôtel.

"J'ai tellement mal, je n'en peux plus !", je n'en doutais pas une seconde avec des talons aussi diaboliques.

"Courage il reste moins de 100 mètres, ma belle"

"Ah non non, je prends un taxi"

"Non, lève la tête on est arrivé", je la connaissais, elle n'allait pas m'écouter et cela m'horripilais d'avance, cette femme était une tête de mule.

"Non !", j'étais obligé de m'arrêter au même moment qu'elle et je me retournais pour la fixer. Elle était irrésistible avec ses cheveux décoiffés et sa moue alcoolisée. Je considérais donc la distance entre elle et l'hôtel et me décidais à passer un bras sous son dos et un autre sous ses cuisses pour la porter.

"J'étais sûre que tu allais faire ça. Merci. Esclave", elle avait ses bras autour de moi et me tapotait les cheveux avec un sourire taquin.

"Tu sais que je tiens plus du Maître que de l'esclave, Mia", elle riait et continuait de me fixer avec un nouvel air insolent.

"Non, avec moi tu es l'esclave. Tu l'as toujours été, tu l'es en ce moment, et tu le seras pour le reste de ta vie", et elle avait surement raison car s'il y en avait bien une à qui je cédais tout et pour qui j'étais prêt à tout c'était bien Mia.

"Vraiment ?", je la toisais avec un regard faussement dur en continuant de marcher en la portant.

"Vraiment !", je la reposais brusquement au sol à sa réponse insolente. Elle allait protester et m'insulter de la laisser remarcher mais je la reposais uniquement pour inverser la position. Je la faisais basculer sur mes épaules de façon beaucoup moins galante et je l'entendais rire largement dans son ivresse du moment.

"Harry ! Tous les Américains vont voir mes fesses ! Tu as oublié que je n'avais plus de culotte ?"

"La faute à qui ?! Grand bien leur fasse, ils pourront tous mourir en paix après avoir vu la plus belle paire sur terre", je l'entendait rire encore plus et recevais sans préavis ses mains délicates sur mes fesses. Elle n'hésitait pas à les palper et les pincer très franchement depuis son stand d'observation.

"Tu veux dire après les tiennes, j'espère ?", j'arrivais au même moment devant la porte tambour et la reposais au sol sans délai, complètement séduit par son humeur joyeuse et décomplexée. Je n'étais absolument pas gêné de son initiative puisque Mia pouvait bien toucher tout ce qu'elle voulait et vice versa. Il ne pouvait pas en être autrement après toutes ces années de danse collés serrés et nos tempéraments décomplexés. Ce genre de tripotage était aussi le genre de choses qui n'étaient réservées que pour ces moments d'intimité.

"Tu es complètement jetée !",

"Merci...Esclave !", je recevais son bisou baveux et souriant sur ma joue et l'obligeais à entrer dans le hall après ça. Elle profitait de la première seconde dans l'ascenseur pour se défaire aussitôt de ses talons.

Un étage plus haut, je regardais cette rousse très attrayante, grande et élégante entrer dans l'ascenseur et me rendre un regard appréciateur qui n'échappait pas à la vigilance de Mia malgré son état.

"Bonsoir. Vous êtes très belle. Vous êtes venue accompagnée, d'un mari, un petit ami, une petite amie ?", Mia s'adressait à cette inconnue sans aucun filtre. Je souriais de son comportement et me disais qu'il fallait vite que je couche cette femme qui devenait incontrôlable.

"Non, je suis ici avec ma soeur. Pourquoi toutes ces questions ?", cette inconnue regardait Mia avec un sourire amusé et intrigué.

"Mmh. Mon ami Harry est seul aussi. Vous devriez boire un verre au bar avec lui avant de considérer l'idée d'aller vous coucher", Mia se rapprochait de moi au même moment en fouillant assez peu habilement dans ma poche pour y récupérer la carte d'accès à la suite.

"Ne t'inquiète pas, je suis en état de retrouver ma chambre", l'ascenseur arrivait à notre étage et Mia sortait sur ces mots en me repoussant à l'intérieur de la cabine après une bise sur ma joue et une caresse sur mon torse. Elle venait de me pousser dans les bras de cette inconnue en bon copilote de soirée et je souriais car cela me ramenait à d'excellents souvenirs vieux de plusieurs années.

L'ascenseur s'était refermé ensuite sur cette femme et moi.

"Elle est toujours comme ça ?"

"Non. Elle fête son anniversaire, elle est un peu alcoolisée", je lui rendais un sourire charmeur.

"Intéressant"

"Quoi ?"

"Vous formez un couple intéressant", et une de plus qui le pensait.

"C'est une vieille amie…", je poursuivais en changeant de sujet pour ne pas avoir à me justifier une énième fois.

"Maintenant que j'ai été mis à la porte de ma chambre, est-ce que vous vous laisseriez tenter par ce verre au bar de l'hôtel avec moi ?", je restais à distance d'elle, dans une posture virile, les mains dans mes poches et en dosant correctement ma proposition pour qu'elle soit intéressée, sans être effrayée.

"Pourquoi pas", mon charme et pouvoir de persuasion payaient une nouvelle fois et n'avaient pas pris de rides visiblement.

La chaleur est montée très vite ensuite avec cette Sofia. Elle n'a pas tenu bien longtemps avant de m'inviter dans sa chambre, ce que j'avais accepté volontier. Il était deux heures du matin et je considérais désormais l'idée d'aller me coucher également. J'entrais dans la suite en silence avec la deuxième carte d'accès que Mia avait pris soin de laisser dans ma poche en me quittant et je ne résistais pas au besoin d'aller voir si tout allait bien pour elle en pénétrant discrètement dans sa chambre. Je m'attendrissais de la voir si paisiblement endormie. Elle avait trouvé la force de prendre une douche et de se changer, comme à son habitude à chaque fin de soirée, et elle était allongée sur le ventre, sur ses draps, dans cette ravissante combishort en satin vert qui mettait en valeur ses formes parfaites et son bronzage doré. J'en profitais pour lui voler un tendre baiser sur la joue et caresser ses cheveux avant d'aller également me coucher.

Point de vue : Mia

J'avais incroyablement bien dormi et je me réveillais avec ravissement dans cette chambre surréaliste, dans une humeur excellente. Je me dépêchais sur cette pensée de courir à la chambre de Harry pour le sortir aussi du lit. J'étais certaine qu'il s'y trouvait et qu'il n'avait pas offert le privilège de ses bras à cette rousse de l'ascenseur. Et effectivement, j'entrais dans sa chambre et le découvrais en boxer, nonchalamment allongé et endormi sur ses draps. J'hésitais entre le réveil en fanfare et le réveil en douceur et tranchait définitivement à la vue de son air innocent et de ses cheveux débroussaillés.

"Debout mon Prince", je venais de regagner le lit d'Harry et je m'étalais de tout mon long sur son dos. Il se couvrait la tête de son oreiller en réaction pour ignorer mes paroles.

"Allez gros paresseux ! Je t'ai offert tes prolongations avec cette rousse hier soir et tu as plutôt intérêt d'assumer ce matin", j'accompagnais mes paroles en couvrant son cou de petits baisers chastes et de légères chatouilles sur ses hanches. Harry ne réagissait toujours pas à mes tentatives de réveil et je décidais de lui accorder quelques minutes de plus de sommeil, en basculant contre son flanc. Je restais silencieuse et admirais la vue remarquable, en gardant le silence et en continuant des papouilles instinctives dans ses cheveux.

J'en profitais pour rêvasser. Je me sentais tellement bien depuis mon retour de Venise. J'étais heureuse d'avoir enfin concrétisé les choses avec Charlie mais aussi heureuse de retrouver un Harry rescuscité, au meilleur de sa forme. Les problèmes de Charlie étaient la seule ombre au tableau et je prenais comme une bouffée d'air frais ce voyage loin des soucis, avec Harry. Ce début de séjour à Vegas était tout bonnement exceptionnel et je m'étais promise d'en profiter très largement, avant le dur retour à la réalité et le déménagement à Londres que j'allais devoir lui annoncer. Je commençais à avoir une boule au ventre insoutenable sur ces dernières idées quand je sentais enfin Harry émerger et glisser son bras autour de moi.

"Ce lit est dingue. J'ai tellement bien dormi", il était définitivement réveillé.

"Tu as une plus belle vue que la mienne, tu m'as bien roulée", je l'entendais me rire au nez et me faire un smack sur la joue en guise de bonjour.

"Quel est le programme aujourd'hui ?", je m'étais relevée légèrement et je regardais Harry avec curiosité, en reposant mes bras sur son torse.

"Encore piscine, puis les boutiques. C'est l'heure de se montrer nos tenues, j'ai besoin que tu essayes la tienne et de boucler les derniers accessoires. Et ce soir : surprise...", Harry avait répondu calmement, avec une voix encore légèrement endormie. Il sursautais de me voir me relever et sortir du lit avec une vivacité qui dénotait de la sienne.

"Oui ! J'ai tellement hâte pour les tenues. Go, on y va !", je m'étais préparée en très peu de temps cette fois et j'avais eu grand mal à tirer Harry de sa paresse pour enfin partir.

...

Nous avions commencé par gagner la terrasse de l'hôtel pour profiter d'un brunch tardif à l'ombre, quand j'apercevais sa rousse des pays de l'est se rapprocher.

"Bonjour Harry. Bien dormi ?", elle avait sorti tous ses atouts et son ton le plus mielleux en se penchant vers lui pour lui faire la bise. Je supposais sans difficulté qu'elle avait passé une nuit excellente en compagnie d'Harry et qu'elle mourrait d'envie de recommencer. Je n'avais aucun problème à cette idée, par contre je détestais le regard hautain et dédaigneux qu'elle me servait injustement à son arrivée , avant de royalement m'ignorer sans aucune salutation ni autre forme de politesse.

"Oui et toi ?", Harry lui répondait sans plus de démonstration ou d'intérêt, en continuant de déjeuner. J'espérais qu'il ait remarqué aussi à quelle point cette femme avait été désagréable avec moi.

"Oui. Dis moi, tu serais libre par hasard cet après-midi ?", j'avais l'impression d'avoir mal entendu. D'abord, cette malpolie s'affranchissait des bonnes manières et ensuite, elle avait le culot de penser qu'elle pouvait se privatiser Harry. Je rêvais et j'attendais de pieds fermes la réponse de Harry, qui n'avait définitivement pas le droit à l'erreur avec moi.

"Non, on a d'autres projets", et bim, je la regardais encaisser le refus sec avec beaucoup de plaisir.

"Ah...ce soir alors, je connais un club très sympa. Tu adorerais ?", mais quel culot, j'étais à deux doigts de lui jeter ma tasse à la figure mais je me taisais.

"Non plus, on a d'autres projets également, avec Mia. Passe une bonne journée", je trépignais de joie et je regardais notre jolie russe repartir penaude après ce recalage dans les règles de l'art. Harry l'avait congédié sans aucune élégance et je ressortais victorieuse de cet affrontement, qu'elle avait débuté.

"Je regrette tellement de t'avoir défendu. J'aurai dû dire oui, juste pour voir ta tête, Mia", Harry souriait largement derrière sa tasse de café. J'étais fière de constater que je pouvais toujours compter sur lui pour me faire passer avant ses conquêtes sans intérêts.

"Tu veux dire pour voir la sienne, quand je lui aurai envoyé cette tasse de thé brûlante au visage ? Non mais elle se prend pour qui ? Je rêve, mais ne dis pas bonjour, et crache moi dessus aussi tant que tu y es. Et ne me remercie pas non plus, c'est un peu grâce à moi si tu as passé une si bonne soirée. Jalouse et connasse, le combo parfait ! J'hallucine ! ", je le regardais rire encore plus de ma petite colère.

"Mmh, pour la bonne soirée, c'est surtout grâce à moi", je lui balançais ma serviette au visage au même moment pour punir sa bêtise et clôturer le sujet.

"Ce n'est pas utile de le préciser, mais je t'interdit de donner de nouveaux orgasmes à cette garce", Harry me faisait un signe de promesse en retour en terminant de rire de cet échange.

Nous avions fini le brunch ensuite par une baignade et une sieste digestive au soleil avant d'aller nous préparer pour la session de shopping.

Harry était dans la cabine d'essayage en train de passer enfin la tenue que j'avais retenue pour lui. Je constatais avec ravissement qu'elle lui allait aussi parfaitement que je me l'étais imaginée.

"Tu t'es appliquée. C'est pas mal du tout"

"PAS MAL DU TOUT ? Tu n'as jamais été aussi paré ! J'adore. Tu es vraiment très comestible dans cette tenue", le thème sur lequel nous nous étions entendu cette année était le noir et c'était la couleur qui lui allait le mieux. Elle accentuait remarquablement sa beauté ténébreuse et mettait en valeur son teint bronzé. Ces rangers montantes et ce pantalon sarouel tombaient impeccablement sur sa taille. J'avais choisi pour le haut un gilet sans manche ni boutons ainsi qu'un foulard qui recouvraient à peine son torse nu impeccablement tracé et bronzé, en laissant en évidence son bras et son épaule tatoués. Harry était douloureusement attirant dans cette tenue et tout à fait dans le thème de ce festival Bien sûr, mon Charlie était absolument magnifique et mes ex l'étaient tout autant, mais les sentiments ou le sexe ne m'ont jamais fait changer d'avis : Harry était une divinité, il était le plus bel homme que je n'avais jamais rencontré. Il correspondait objectivement à tous mes premiers critères de beauté et il avait surtout un charisme et une allure qui achevaient le tout et faisaient qu'aucune femme ne savait lui résister.

"Tu baves Mia !", Harry me sortait de mes pensées. Je réalisais que j'avais continué de le reluquer pendant toutes ces réflexions mais aucun de nous deux n'en ressortait gêné.

"Je note l'esprit revanchard en passant, à moins que tu ais juste oublié le tee-shirt dans ta valise ?", clairement l'idée m'avait effleurée l'esprit de lui faire payer son affront au dernier festival avec ce haut qu'il m'avait sélectionné et qui laissait très peu de place à l'imagination mais c'était une vengeance sans plaisir puisque Harry finissait toutes les éditions torse-nu, de sa propre volonté.

"Du tout, c'est pour ton confort. La chaleur est cuisante au burning man, comme son nom l'indique""

"Mon confort ? Ou ton plaisir ? ", il avait pris mes mains au même moment et les glissait sur son torse de façon aguicheur et commençait quelques pas de danse sexy. Je riais largement de son jeu de charme et le repoussais en riant et en poursuivant.

"Allez c'est mon tour ! Donne-moi ce sac!", je pénétrais dans une des cabines avec l'excitation de découvrir enfin ma tenue. C'était toujours une torture de le laisser faire et de ne pas avoir le plaisir de faire tout ce shopping mais c'était le prix à payer pour avoir moi-même la chance de lui faire porter ce qu'il me plaisait. Après 10 ans de tradition, et outre la blague de la dernière année, je commençais à être très en phase avec ses choix et j'ouvrais donc le sac avec confiance. Et effectivement, je découvrais les différentes pièces avec un émerveillement absolu, je les adorais absolument toutes, avant même de les avoir enfilées.

"C'est bon ? Je peux entrer ?"

"Non pas encore", je n'étais pas encore sortie de la cabine et continuais de me regarder dans le miroir sous tous les angles après avoir passé la tenue. J'étais assez estomaquée de la qualité et de la beauté de l'ensemble que m'avait trouvé Harry. Je ne devinais absolument pas où il avait déniché ça, je savais juste dire qu'il était magnifique et que je serais parfaitement à l'aise et en assurance pour ces deux jours de festival. Harry avait choisi ces collants résilles et ce mini-short taille haute en jean effilé et cloutés qui se terminait sur des bottines aux talons compensés. La première moitié de la tenue était d'un confort optimal et d'un effet des plus sexy, mes atouts étaient parfaitement mis en valeur. Mais surtout, il avait choisi ce haut. C'était un crop-top en dentelle, avec un large dos nu, qui laissait mon ventre partiellement à nu à l'avant. L'effet était déjà magnifique en soit mais ce haut était terminé surtout par des épaulettes en plumes serties de fils de strass qui tombaient avec beaucoup de style sur mes épaules et me donnaient un look complètement royal et dominateur. J'étais absolument fan de cette tenue. C'était la plus belle de toutes et il était certain que je n'envierai aucune participante cette année.

"J'entre, tant pis si tu es à poil, tu es prévenue", et effectivement Harry ouvrait le rideau sans attendre ma réponse. Je le regardais via le miroir et voyait ses hochements de tête complètement approbateurs et stupéfaits à la découverte de ma tenue.

"Je t'ai connu plus loquace", je me saisissais de la main tendue par Harry et faisais quelques tours sur moi-même. Harry était toujours sans voix et avait une lueur indescriptible dans le regard qui me plaisait infiniment.

"Où est-ce que tu as déniché ça ? Cette tenue est incroyable".

"Sortie de mon imagination. J'ai contacté un couturier conseillé par un ami et qui a l'habitude de faire des tenues de scène", il avait répondu péniblement et continuait de m'admirer sous tous les angles. J'étais encore plus folle de cette tenue en apprenant qu'il l'avait faite faire sur-mesure pour cette occasion. Je me félicitais de voir que mes goûts et mes mensurations n'avaient aucun secret pour lui.

"Mia. Vraiment tu es renversante. Mon coeur saigne. Les photographes et organisateurs vont se ruer sur toi, tu vas devenir l'égérie de cette année, c'est certain", j'étais émue par son compliment et je passais mes bras autour de son cou et je l'enlaçais chaudement pour lui faire passer toute ma reconnaissance.

"Merci. Je la trouve aussi parfaite.".

"Il manque juste deux détails, je sais où aller. Suis moi, ce n'est pas loin", j'étais curieuse de la suite car pour moi il n'y avait absolument rien à ajouter à la tenue.

"Quoi comme ça ? on ne se change pas ?"

"Non il faut que tu sois dans le thème pour que je me décide. Il y a des Elvis Presley et des bites géantes à chaque carrefour. On passera presque incognito dans ces tenues", et ça avait été très drôle de parcourir les rues jusqu'à sa destination mystère dans cet accoutrement. Par contre, nous ne sommes pas du tout passés incognito. Les visiteurs nous alpaguaient de façon intempestive et Harry s'amusait à prendre la pause avec moi en s'imaginant dans la peau de ces ambianceurs et artistes mythiques du strip boulevard. Ça avait été très drôle et nous avions réclamé les photos en retour qui étaient tout simplement magnifiques.

...

"Quoi ? Pourquoi là ? Ah non Harry, je t'ai dis non cent fois !", je regardais un peu paniquée par son lieu de destination. Harry venait de me traîner à un salon de tatouage très impressionnant et je le regardais rire de ma réaction.

"Détends toi, je ne vais pas t'en mettre un vrai!", je me détendais en effet immédiatement à sa confirmation parce que Harry me tannait depuis des années pour que je me fasse tatouer avec lui. Je refusais fermement à cause de la peur de la douleur même si j'avais toujours regardé ses tatouages et ceux des autres avec envie.

Harry m'avait traîné à sa suite et je l'écoutais discuter avec le tatoueur et lui expliquer ce qu'il avait en tête. Je le regardais feuilleter les classeurs de création de façon très concentrée et admirative du travail réalisé.

"Tu préfères lequel parmi ceux-là ?"

"Celui que tu préféreras", je ne prenais même pas la peine d'y jeter un œil. Je me concentrais sur la réaction de Harry. J'adorais l'air choqué et heureux qu'il me rendait à cette autorisation. Il avait la tête d'un enfant à qui on promettait d'aller à Disneyland pour la première fois. C'était très attendrissant.

"Où est-ce que tu veux me tatouer ?", j'interrompais Harry dans ses nombreuses consultations. Je le laissais décider certes mais je restais curieuse malgré tout.

"Au dos"

"Mon dos ? Pourquoi ? Je ne verrais rien ! C'est dommage !"

"Parce que tu as le dos le plus délicat et le plus tentateur qui soit. Et je fais ce que je veux, tu viens de me donner carte blanche !", il répondait de son ton faussement autoritaire et rebelle. Je me contentais donc de prendre le compliment et d'obéir à son caprice sans discuter. Le tatoueur était revenu vérifier s'il avait choisi et Harry lui avait demandé en retour s'il pouvait emporter plusieurs des modèles et revenir le lendemain.

"Il te faut tant de réflexion que ça ? C'est un tatouage éphémère, tu n'as pas besoin de te concentrer autant !"

"Quoi ? Ça fait dix ans que j'attends ce moment, je ne vais pas te coller la première rose dégueulasse qui me passe sous la main. Je veux prendre mon temps et choisir le tatouage parfait. Le tatouage de mes rêves !", je le regardais papillonner des yeux en parfait comédien pour tourner sa fin de phrase au ridicule.

"Pourquoi cette idée t'obsède autant depuis tout ce temps ?", je ne comprenais vraiment pas cette idée fixe qu'il avait encore aujourd'hui malgré tous mes refus successifs.

"Parce que ! Tu seras encore plus belle avec et que c'est presque la seule chose qui nous différencie"

"Développe", Harry se concentrait et redevenait un peu plus sérieux pour m'apporter une réponse.

"Tu es chiante et caractérielle au possible. Comme moi", je m'offusquais pour la critique.

"Tu es passionnée, spontanée et loyale, autant que moi", je souriais, c'était vrai.

"Tu es belle à en crever. Bon même si tu l'es un peu moins que moi", je riais maintenant de sa modestie.

"Tu es une grosse vicieuse aussi, peut-être même pire que moi !", je lui mordais l'épaule sur cette réflexion déplacée et le regardais s'amuser de mes réactions.

"Bref, on est pareil, presque en tout point. Il ne te manque qu'un tatouage à toi aussi pour boucler et sceller notre union parfaite", j'étais pensive pendant qu'il me parlait. L'idée était belle, je comprenais un peu mieux sa lubie. Ses motivations étaient profondes et sincères et j'étais convaincue de la réponse même si ce n'était toujours pas une option sérieuse pour moi.

"Tu as dis presque la seule chose qui nous différencie, c'est quoi l'autre ?", j'adorais écouter ses confidences qui lui venaient si naturellement et facilement.

"Tu es généreuse. Tu n'hésites jamais à te sacrifier pour les autres. Alors que je suis le pire des égoïstes"

"Tu es généreux aussi et tu te sacrifies. Tu l'as fait plus d'une fois"

"Oui, qu'avec toi. Donc ça ne compte pas", je ne le contredisais pas puisque je savais que c'était vrai. Harry avait toutes les qualités du monde mais il était complètement égoïste et capricieux sur les bords, même s'il m'en a toujours personnellement ménagée.

"Donc pour en revenir à notre sujet, cette lubie de me tatouer, ça ne te passera jamais ?", je le regardais hocher la tête à la négative.

"Je l'aurai aussi longtemps que je t'aimerai. Donc, oui, jamais !", Harry m'avait rendu sa réponse avec un immense sourire, en me prenant par l'épaule et en nous faisant quitter le salon. Je n'avais pas manqué de lui rendre plusieurs smacks francs sur son visage et sur son cou après toutes ses paroles attendrissantes.

Point de vue : Harry

Nous venions d'arriver à l'hôtel, après avoir terminé d'accessoiriser nos tenues. Il ne me restait que mon choix cornélien du tatouage.

"Je vais me changer et on repart ?", Mia venait d'entrer la première dans la suite et me parlait. J'avais une vue imprenable et vraiment très réjouissante de son dos magnifiquement décolleté et du reste de sa tenue hautement sexy. Je la voyais se diriger vers la salle de bain pour mettre en exécution ses paroles, ce qui allait totalement à l'encontre de mon objectif du moment. J'avais donc réagi sur une pulsion en l'emportant subitement dans ma chambre sans autorisation. Mia me regardait faire choquée, suspicieuse mais docile. Je la jetais sur mon lit à l'arrivée en continuant de la dominer, je la retournais sans ménagement sur le ventre en soulevant son bassin de mes deux mains et je lui adressais pour conclure une claque ferme sur sa fesse droite en m'installant à califourchon sur son magnifique postérieur. Mes gestes étaient absolument virils et tendancieux et je m'amusais très franchement de son trouble et de sa gêne plus que visibles. J'étais certaine que mon initiative l'émoustillait autant que moi et ça ne me posait aucun cas de conscience. Je n'avais jamais eu grand chose à faire des convenances et des bonnes mœurs et je n'allais surement pas commencer à m'en préoccuper aujourd'hui et encore moins avec elle.

De mon côté, je commençais à accepter assez sereinement toutes ces réactions chimiques et hormonales incontrôlées qui se multipliaient ces derniers temps. Nos relations avaient tellement évolué en onze ans que je prenais relativement facilement les nouveaux changements. Je n'avais ressenti jusqu'ici rien de plus que ces montées, je n'avais aucune nouvelle revendication avec elle et je n'en étais absolument pas handicapé dans la reprise de mes activités physiques. Donc tout allait très bien.

"Harry ! Qu'est-ce que tu fous ? Pour ce genre de chose, je retire ce que j'ai dis, tu peux appeler ta pétasse rousse, tu as toute ma bénédiction", les gestes de résistance de Mia et sa vulgarité soudaine m'émoustillaient autant qu'ils me faisaient rire. Je coupais court rapidement à son geste de rébellion en enfonçant fermement mais doucement sa tête sur le matelas en l'immobilisant de mes mains et je me décidais enfin à lui parler de mes projets.

"Je dois choisir ton tatouage, Mia. Tu restes dans cette tenue. Allongée. Et surtout tu te tais. Compte le nombre de petits carreaux sur la moquette pour t'occuper parce que ça risque de prendre du temps. J'ai toutes les peines du monde pour me décider", c'était aussi simple que ça. Elle m'avait donné carte blanche pour réaliser, même de façon éphémère, un de mes plus gros fantasmes et j'étais au paradis. Je la sentais se décrisper après mes explications et je la regardais s'installer confortablement, après un dernier soupir de lassitude pour la forme, en prenant son téléphone pour transférer sa musique sur l'enceinte bluetooth de la pièce. Elle passait encore sur mon caprice et j'étais aux anges.

Mes explications précédentes au salon de tatouage étaient sincères. Mia est merveilleuse et j'ai toujours considéré qu'il ne manquait que cette touche finale sur son corps pour qu'elle ne se transforme en véritable chef d'œuvre. Je trouvais aussi très poétique l'idée qu'elle porte également un tatouage comme moi. Elle a toujours été ma partenaire et mon binôme, je rêvais de l'assortir à mes propres ornements pour marquer encore plus notre relation unique et fusionnelle.

Je m'étais beaucoup renseigné depuis Paris pour trouver ce salon de tatouage renommé et effectivement, le catalogue de création était absolument sublime. J'avais emporté plusieurs options pour prendre le temps de me décider et j'avais même pris le soin de réaliser une commande sur-mesure à distance, que m'avait remise le tatoueur tout à l'heure. J'étais complètement hésitant maintenant et j'avais besoin de tester mes sélections sur Mia pour me décider. Mia qui était en ce moment très paisible et se laissait bercer par la musique en attendant que je la libère.

J'avais donc sélectionné pour commencer des tatouages sophistiqués et très artistiques comme ceux que j'avais sur mon bras mais j'étais forcé d'admettre en les posant en ce moment sur son dos que ça n'allait ni avec sa personnalité ni avec la douceur et la finesse de son corps. Je les écartais donc sans hésiter.

Les modèles intermédiaires consistaient en des mélanges de signes et de dessins moins denses. Ils commençaient à piquer mon intérêt et rendaient plutôt bien sur elle. Je les mettais de côté.

Et puis il restait celui que j'avais fait faire sur-mesure. Je l'avais commandé en monochrome, il commençait par deux hirondelles délicates sur la nuque, censées nous représenter, et se poursuivait tout le long de sa colonne vertébrale, jusqu'à sa merveilleuse chute de rein, par une élégante phrase calligraphiée. J'avais retenu le texte "amarti sempre e non dimenticarti mai", à traduire de la façon suivante "toujours t'aimer et ne jamais t'oublier". J'avais voulu faire honneur à ses délicieuses origines italiennes et inscrire sur sa chair notre promesse éternelle.

"Mon choix est fait ! Tu peux disposer", je terminais par un baiser doux sur son dos et la libérais au bout d'une longue demie-heure de tests. Je voyais à l'horizon que la nuit était sur le point de tomber.

"Dieu que c'était long. Alors tu as choisi lequel, montre-moi?"

"Tu verras demain"

"Oh tu es pénible, c'est mon corps, j'ai le droit de savoir"

"Non, ton corps m'appartient sur délégation de pouvoir, tu te souviens ?", je partais sur ces mots avec un sourire charmeur. Mia m'avait suivi dans la salle de bain.

"Je peux au moins connaître le programme de la soirée ?", oui le temps était venu de lui dire et je savais qu'elle allait adorer.

"Tu repars en Italie ce soir. J'ai trouvé un restaurant qui a l'air fabuleux", je m'autorisais un regard en biais pour confirmer son sourire gourmand.

"J'ai aussi réservé une table de jeu au Bellagio", elle se frottait les mains. Mia était très joueuse et aussi mauvaise perdante que moi, ce qui promettait quelques rebondissements intéressants. Nous avions toujours en commun cette esprit de compétition, qui nous avait amené à gagner de nombreux concours ensemble.

"Et enfin, il y a ce bal masqué grandiose chaque saison au Venitian. J'ai réussi à nous obtenir deux entrées. Tu vas devoir sortir une de ces robes longues vertigineuses que j'ai vu dans ton dressing", j'abattais ma meilleure carte et la regardais se déconfire face à cette nouvelle. C'était tout ce qu'elle aimait, sortir ses plus beaux apparats, aller dans les très beaux endroits, bien sûr danser mais surtout, je savais qu'elle avait toujours fantasmé d'un de ces mythiques bal masqué. J'avais été révolté d'apprendre que Charlie l'avait amené dans la ville des bals par excellence sans l'amener à un de ces événements, cet homme ne connaissait définitivement pas grand chose d'elle. J'avais donc sauté sur l'occasion en voyant ce bal dans la liste des soirées de notre séjour. Mia restait bouche bée, jusqu'à ce que je vois cette lueur de panique passer dans son regard.

"Harry, je n'ai pas de masque !", je l'avais heureusement et bien sûr anticipé et sortais les deux boîtes en velours de mon tiroir. Je la regardais s'émerveiller des masques que j'avais choisis chez cet artisan réputé. J'avais parié qu'elle allait les adorer.

"HARRY, qu'est-ce que tu fous je suis sous la douche ! Sors de là tout de suite !"

"Précisément ! C'est bien tout le problème, tu y es depuis vingt minutes donc je prends de l'avance pour que tu évites de me les briser ensuite pendant deux heures", j'étais plus que ravi de la voir s'énerver. Je m'autorisais un coup d'œil dangereux à la cabine de douche mais n'y voyais absolument rien à cause de la buée sur le pare-douche.

"Ne t'inquiète pas, je ne vois rien avec ton eau à 40°c. Fais comme si je n'étais pas là", son absence de cri et de contestation valait sûrement acceptation et je continuais de tailler ma barbe en essayant de chasser mes pensées qui étaient un peu trop portées sur les jeux d'ombre de ce pare-douche.

Mia sortait quelques minutes après de sa douche en s'enroulant très rapidement dans sa serviette, trop rapidement pour que j'aperçoive quoique ce soit. Je la regardais me rejoindre près du meuble vasque avec humeur et j'en profitais pour lui rendre mon sourire le plus provocant.

"I canapés et un bar de trop dans cette suite, mais pas de deuxième salle de bain. Cherchez l'erreur ! C'est à croire que tu as fait exprès en choisissant cette chambre", elle avait commencé par forcer un peu sur le ton colérique mais je la regardais contenir difficilement son rire face à cette situation cocasse. Je l'admirais en même temps commencer son rituel beauté. Elle était ravissante dans cette serviette blanche à s'étaler ses crèmes devant le miroir. J'en profitais pour prendre le tube de crème en souriant pour l'aider à en appliquer sur son dos à moitié dénudé. Elle me laissait faire en souriant comme une enfant et j'arrêtais ensuite pour continuer la suite de mes préparatifs moi aussi.

"A mon tour pour la douche. Ne te gêne pas pour regarder si ça te fait plaisir, tu as mon autorisation !", j'avais commencé à retirer mon tee shirt puis mon bas sans préavis sur cette réplique quand j'entendais le cri d'effroi de Mia. Elle quittait la salle de bain en courant dans la seconde qui suivait. J'avais définitivement repris le pouvoir de cette pièce ce soir !

Point de vue : Mia

Le manque de pudeur et de complexes habituels de Harry me mettait en grandes difficultés ce soir. Je venais de quitter la salle de bain en courant à la vue de son corps nu de dos. J'avais chassé rapidement la pensée appréciatrice qui s'était exprimée la première et que j'avais trouvé tout aussi indésirable que les frissons d'excitation que j'avais ressenti malgré moi pendant sa pause tatouage virile quelques minutes plus tôt. Ces émotions n'avaient absolument rien à faire entre Harry et moi et me faisaient penser à ce qu'il m'avait dit lors de mes confidences sur Ricardo. Je n'aurai jamais dû me replonger dans ces souvenirs. Harry m'avait prévenu et mon corps réclamait effectivement de nouvelles sensations fortes, que j'avais commencé à perdre il y a deux semaines avec Charlie et qui se perdaient définitivement ces temps-ci avec les drames qui le préoccupaient. Je supposais que le moindre troll un tant soit peu viril pourrait me soutirer en ce moment les mêmes réactions qu'Harry et j'essayais de relativiser et dédramatiser la situation de cette façon.

"JE SUIS COUVERT, TU PEUX REVENIR MIA", ce démon venait enfin de terminer, j'espérais que ce n'était pas une blague et qu'il était redevenu sage. A priori oui, en constatant dès mon entrée prudente cette serviette blanche solidement accrochée autour de ses reins. Je n'avais plus que cette vue sur ce torse nu et ses cheveux mouillés que je connaissais par cœur. C'était redevenu acceptable et je me détendais enfin en reprenant mes rituels de beauté.

...

"J'adore quand tu les coiffes de cette façon", Harry me parlait et me fixait avec douceur pendant que je dégageais ma nuque pour peaufiner ma queue de cheval haute tressée.

"Je sais", je lui avais rendu un sourire tendre et me concentrais ensuite sur mon maquillage. Le voyeur continuait ses observations avec beaucoup d'intérêt. J'avais terminé de m'occuper de mon teint et je me dirigeais vers mon rouge à lèvre marron pour commencer à maquiller mes lèvres.

"Je préfère quand tu mets le bordeaux", je souriais face à sa nouvelle intervention.

"Va pour le bordeaux dans ce cas, pour plaire à notre Maître" , je changeais de cible pour accéder docilement à son nouveau caprice et pouffais face à son haussement de sourcil surpris et conquis.

"Tu peux partir maintenant ? Tu me déconcentres. Je ne peux pas maquiller ma bouche et mes yeux si tu me fais rire et sourire à tout bout de champs !", Harry acceptait de partir en mimant un chagrin, après un geste tendre sur ma taille.

J'étais devant mon dressing et bénissais Harry d'avoir pris l'initiative de ce programme de rêve car j'avais fantasmé de pouvoir sortir une de ces robes longues de soirée pendant notre voyage. J'avais été particulièrement frustrée à Venise de ne pas avoir pu les essayer. Charlie n'était pas vraiment un homme de la nuit, à l'inverse complet de Harry qui ne ratait jamais une occasion de me faire sortir et danser.

J'avais le choix en ce moment entre cette robe sirène en satin émeraude, au décolleté sage, à fine bretelle et légèrement fendue à la cuisse, et cette autre robe bordeaux beaucoup plus couture, qui marquait remarquablement ma taille et était drapée à plusieurs endroits. Elle n'avait aucun décolleté mais ce voile qui partait de ma taille et se terminait autour de mon cou donnait paradoxalement un look beaucoup plus fatale qu'un décolleté révélateur. Elle était fendue également et très fatalement.

J'optais incontestablement pour cette dernière robe, qui s'assortait à merveille avec le choix de rouges à lèvres de Harry, ce masque et mes sandales à talons dorées. Je me regardais une dernière fois dans le miroir et considérais que j'en avais terminé.

Je regagnais Harry dans le salon. La gorge me serrait en le voyant si élégant et sublime dans ce smoking noir de soirée et cette chemise blanche. Il avait sorti également ses plus beaux accessoires pour l'occasion.

"Tu es TRÈS élégant. Et la femme qui t'as offerte cette montre et ces boutons de manchette a beaucoup de goûts", j'étais taquine, Harry m'avait fait le plaisir de porter cette montre suisse que je lui avais offerte pour ses 30 ans ainsi que ses boutons de manchette qui dataient d'un de nos derniers Noël.

"N'est-ce pas ? Et son goût se vérifie encore ce soir avec cette robe et cette allure infernale. J'ai toutes les chances de mettre la concurrence au tapis au Bellagio grâce à cette merveilleuse source de distraction !"

"Tu viens de mettre à nu toute ma stratégie de jeu !", Harry ne pouvait pas s'empêcher de me prendre dans ses bras et de me faire un énième baiser sur le front avant de partir. Je répondais avec plaisir en profitant au passage de l'odeur merveilleuse de mon parfum préféré.

Point de vue : Harry

Ce secteur Italie du strip boulevard était définitivement mon préféré. C'était chic, raffiné et élégant, complètement en harmonie avec l'humeur et l'allure de Mia et moi ce soir. Elle était radieuse dans cette robe couture digne du palais des festivals de Cannes. Tous les passants se retournaient plus ou moins discrètement sur elle, sans qu'elle ne s'en rende compte et n'y prête le moindre intérêt. C'était une des choses que j'adorais chez elle, elle avait cette grâce naturelle et cette simplicité qui ne la quittait jamais, qu'importe ses apparats et le contexte.

...

"C'est bon, je suis repue. J'arrête. Je ne peux plus rien avaler", je la regardais rendre les armes subitement au terme de son dessert gourmand.

"Tu viens de t'empiffrer comme une ogresse. Il était temps que ça s'arrête", je regardais Mia ouvrir sa bouche en grand d'indignation et j'en profitais pour y jeter très habilement et subitement la dernière cerise qu'il restait de sa panacotta. Elle atterrissait parfaitement au fond de sa gorge et lui déclenchait un léger reflex nauséeux qui nous amenait rapidement dans un large fou rire.

"Allez, en route pour le Casino ! Je vais t'offrir quelques coupes de champagne pendant que je termine ces américains au poker", j'attendais impatiemment que Mia s'offusque de ma réplique misogyne pour mon plus grand bonheur.

"PARDON ? Mais tu me prends pour ta potiche ou je rêve ? JE vais t'offrir une coupe de champagne, pendant que JE termine ces américains au poker ! Tu as la mémoire bien courte. Lequel de nous deux a fini nu comme un vers en 2013, rappelle-le moi ?", je regardais Mia croiser ses bras et sourire avec satisfaction à ce souvenir. Elle m'avait terrassé à une soirée strip poker devant la fine équipe de l'école de danse. J'en avais entendu parler pendant toute une année et j'attendais ma revanche depuis.

"Ton règne prend fin ce soir, Mia", je m'approchais d'elle avec un air menaçant et revanchard en la dominant d'une tête.

"C'est ce qu'on va voir, Harry", elle ne s'était pas démontée et s'était rapprochée encore plus sans ciller, puis me tirait fermement par la main de façon dominatrice pour jouer son honneur à cette table de poker. Je m'en frottais les mains d'avance.

Nous avions pris le temps de nous balader de table en table et dans les différents espaces de jeu pour nous enivrer de l'ambiance joueuse du Bellagio. Nous étions en ce moment au bar, à terminer nos verres dans l'attente d'être invités à notre table. Je m'amusais de regarder Mia observer intensément le croupier et les joueurs, elle était déjà plongée dans la compétition et la gagne.

"Prête ?", je toisais Mia avec un sourire provocateur en voyant notre tour arriver.

"Plus que prête", elle me répondait sans un sourire, avec un air hautain qui me faisait mourir de plaisir et d'impatience.

Nous avions tenu trois parties très intenses à cette table intermédiaire. Je m'étais régalé de voir Mia affronter tous ces adversaires masculins et étrangers. Elle avait créé le malaise immédiatement à son arrivée mais était restée imperturbable tout au long des parties malgré les remarques sexistes et déplacées de la plupart d'entre eux. Elle avait brillamment réglé ses comptes en les battant à plate couture et en leur adressant plusieurs réponses bien senties tout au long du jeu.

Mais ce n'était pas ce que je retenais le plus de la soirée. Ce qui m'avait surtout grisé, c'était la main chanceuse que nous avions eu au jeu tous les deux ce soir. Pour mon plus grand bonheur, chacune de ces parties s'étaient terminées en duel entre elle et moi. Nous avons rapidement attiré un public de supporters autour de nous à cause de la tension palpable et de nos jeux d'acteurs éternels. Nous adorons ça avec Mia depuis toujours, attirer l'attention, se donner en spectacle et faire plaisir au public. Ce sentiment nous transportait. Nous étions excellents à ça et nous avions décidé de vendre une ambiance très Golden Eye à cette table ce soir. Je ne savais pas dire si Vegas se souviendrait de notre passage mais de mon côté, je n'oublierai jamais ces trois parties légendaires avec elle.

"Tu peux le dire maintenant Harry", nous marchions en direction du bal et Mia venait de se jeter à mon cou en me regardant avec un air malicieux.

"Non"

"Si"

"Non"

"Dis-le bon sang, je ne te lâcherai pas tu sais ?!"

"Pff tu me fatigues. Tu as cinq ans d'âge mental. Très bien, Mia, je l'admets, tu es meilleure que moi au Poker. Et si on passait à autre chose maintenant ?", j'entendrai parler de toute ma vie de ces deux duels sur trois remportés par elle. J'étais fichu.

"Absolument pas Harry, il va me falloir encore une ou deux vies pour finir de savourer ma victoire. Oh mon dieu, ce que c'est bon de te réduire au silence. C'est une si douce mélodie à mes oreilles et…", je ne la laissais pas finir et recouvrait entièrement sa bouche de ma main en mordillant son cou pour punir son insolence et son nouveau rire qui s'étouffait sous ma paume. Je n'avais pas prévu par contre que le contact de mes lèvres sur sa nuque m'étourdirait autant. Je décidais de classer et d'ignorer très vite cette sensation.

...

Il était cinq heures du matin. Mia s'était endormie dans un taxi en un temps record après cette soirée riche en émotions et en divertissement et j'étais en train de la déposer sans un bruit dans son lit en ce moment pour ne pas la réveiller.

Je m'autorisais une pause à son chevet avant de regagner également ma chambre. Je repensais à cette nouvelle journée qui avait été exceptionnelle en tout point. Ce bal avait été digne d'un conte de fée et j'avais reçu de plein fouet le bonheur de Mia qui s'était montrée très démonstrative et caline. J'avais pris un plaisir particulièrement intense de mon côté à la faire danser dans ce cadre somptueux et j'avais ressenti une fierté immense de l'avoir à mon bras. Je la regardais en ce moment avec une douceur infinie. Je retirais délicatement ses sandales et défaisais le plus doucement possible sa tresse pour qu'elle soit plus à l'aise dans son sommeil. J'aurai pu lui retirer sa robe et l'installer plus confortablement sous ses draps comme je le faisais toujours mais j'y renonçais car mes entrailles se serraient de peur à l'idée de ressentir de nouvelles sensations inavouables. Je gagnais ensuite sagement ma chambre pour cette dernière nuit avant le Burning Man.