Chapitre 15
You and me and Christmastime - Sheffield
Voir partir Edward est à la fois une déception et un soulagement, mais je déteste ça.
Je ne sais pas bien pourquoi ni comment tout cela est arrivé, mais quand je regagne mon appartement, mon corps s'est à peine calmé et mon cœur sursaute à chaque fois que mes pensées convergent vers le baiser que nous avons échangé.
Le baiser… ce baiser.
Celui qui est arrivé sans même que je ne puisse repousser tout ce que je ressens pour Edward Cullen. Cet homme qui m'a demandé de partir avec lui… Cet homme que j'ai regardé s'éloigner sans même réussir à le retenir, ou ne serait-ce comprendre ce qui était en train d'arriver.
Pourquoi est-il parti si vite ? N'aurait-il pas pu attendre encore un peu ? Même une minute ? N'aurait-il pas pu m'embrasser encore une fois ? M'embrasser vraiment ? Et me laisser seule au milieu du trottoir et de la rue enneigée, le souffle court et le cœur prêt à exploser ?
Je soupire en ôtant mon manteau et mon bonnet, prête à m'enfoncer dans mon lit et ruminer jusqu'à ce que le sommeil m'emporte.
Cependant, il ne m'emporte pas. Il m'ignore, volontairement, alors que je tourne en rond dans le noir, les pensées et les sentiments s'emmêlant dans une tornade qui dévaste tout en moi sans aucune compassion.
Je ne sais ce que je ressens réellement pour Edward Cullen, mais, bien que cela me colle une peur bleue, je veux le vivre.
Mais maintenant… à l'heure qu'il est…
Je jette un coup d'œil à mon réveil qui clignote dans le noir et constate qu'il est minuit passé. Déjà… seulement.
À nouveau, je soupire, pour la millième fois depuis que je suis rentrée.
J'ai la sensation que cette journée, que notre soirée de la veille ne sont jamais arrivées… était-ce un rêve ? Était-ce… réel ?
Ma lèvre fait une nouvelle fois office de défouloir alors que mon ventre se retourne au seul souvenir de sa bouche effleurant la même. On ne s'est même pas vraiment embrassé à la finale… si ? Non ?
Je grogne à nouveau en me redressant dans le lit vivement puis j'allume la lumière, finalement incapable de m'endormir ! Comment le pourrais-je ?
Edward Cullen est bien trop présent dans mon esprit, si bien que, si je ferme les yeux, j'ai la sensation de sentir son odeur, sa peau contre la mienne. Je pourrais presque douter de sa réalité ici, là, maintenant, alors que je le sais dans un avion en direction de Miami.
J'ai besoin d'évacuer. J'ai besoin que mon cœur cesse de battre si fort dans ma poitrine. J'attrape mon téléphone sur ma table de chevet et pianote rapidement ce qui me passe par la tête.
Mon message est dépourvu de sens. Je suis ridicule mais mettre ce que je ressens à l'instant par des mots me fait du bien et j'arrive mieux à respirer quand celui-ci est terminé.
Je me relis lentement, essayant de comprendre ce que je viens d'écrire avant de soupirer.
Edward, il y a tellement de choses que j'aimerais être capable de faire, que j'aimerais être capable de même d'envisager. Il y a tellement de choses que je devrais dire, pourtant, je me sens incapable de le faire… même après cette journée, même après ce soir. Merci d'avoir partagé cette balade avec moi. Merci pour tout.
Ça ne veut rien dire. Il va probablement penser que je suis folle, ou que je ne suis définitivement pas assez bien pour lui en lisant ça, mais je ressens le besoin de le faire. Je dois le faire.
Refusant de réfléchir plus, j'envoie mon message en retenant mon souffle. Dès que celui-ci a été distribué, j'ai envie de me cacher sous la couette et de faire complètement demi-tour ! Qui envoie un message pareil à presque une heure du matin ?
Il est six heures quand mes yeux s'ouvrent comme deux soucoupes. J'ai la sensation d'avoir dormi vingt minutes.
Mon corps est douloureux du manque de sommeil et, alors que j'enfonce mon visage dans mon oreiller, je pousse un soupir à m'en fendre l'âme.
Ma nuit n'a été en aucun cas reposante. Mes rêves se sont accumulés de manière horrible incluant tous Edward disparaissant de ma vie de la manière la plus brusque et douloureuse qui soit.
Je tente de me rendormir pendant un long moment mais j'en suis incapable. Mon cerveau bouillonne, je n'arrive pas à refouler mes souvenirs. Je ne suis pas certaine de la tournure que prend notre relation et cela m'effraie plus que je ne saurais le dire.
Au bout d'une demi-heure à tourner dans mon lit, je me lève en traînant des pieds et rejoins la cuisine pour me faire un café.
La tasse fumante entre les doigts je me laisse tomber sur le canapé mollement tout en allumant la télé où un épisode de Friends défile sans que je ne le regarde réellement.
Après une heure dans le silence de mon appartement, je me décide à me bouger pour aller courir, comme la veille. Je ressens le besoin de me défouler, mon corps semble être en pleine ébullition et je n'arrive plus à réfléchir posément. Edward Cullen sera-t-il donc le centre de mes pensées pour le reste de ma vie ?
En sortant de la salle de bain après avoir enfilé mon legging de course, je regagne ma chambre où je récupère mon téléphone rester posé sur ma table de nuit.
Je me fige au milieu de la pièce quand mes yeux tombent sur le correspondant du message qui s'affiche à mon écran. Edward.
Je me force à ne pas trembler quand mes doigts pianotent sur l'écran tactile pour pouvoir ouvrir et lire ce qu'il a bien pu me répondre à mon message aussi désespéré que désespérant.
Isabella, je ne veux en aucun cas t'imposer quoi que ce soit. Je ne veux en aucun cas te faire peur. Mais je saurais d'attendre le temps qu'il te faudra… Miami me paraît bien plus froid que New York désormais. Prends soin de toi.
Le cœur battant, je relis plusieurs fois son message, incapable de détacher mes yeux de l'écran. Edward Cullen veut-il vraiment m'attendre ? Qu'est-ce que cela veut-il dire ? Jusqu'à quand est-il prêt à m'attendre ? Est-ce seulement physique ou est-ce bien plus ? Pourquoi ai-je besoin de me torturer à ce point ?
Je sais à mon cœur battant rien qu'à sa pensée que, malgré tout ce que ma peur aimerait faire contre, tout cela est déjà bien plus que tout ce que j'avais imaginé.
Je suis plus calme après mon footing de presque 8 kilomètres.
Je me force a cessé de me torturer avec la pensée de celui qui est encore mon client. Un contrat nous lie jusqu'à la fin notre projet qui est sa soirée de lancement et je ne sais plus désormais comment me comporter et comment me placer vis-à-vis de cela.
C'est étrange, j'ai la sensation d'être ailleurs et de ne plus être ancré dans ma réalité. Je crois que ça n'est pas dans la mienne qu'il était là hier et qu'il m'a embrassé... Qu'il m'a effleuré ... et qu'il m'a prise dans ses bras.
Je n'ai jamais ressenti ça de toute ma vie.
il est vrai que, hormis Riley, je n'ai connu aucun autre homme… pourtant, ce que je ressens dans les bras d'Edward dépasse l'entendement.
Après douche bien chaude, je récupère mon téléphone et vois que j'ai 4 appels manqués de Jacob. Je suis certaine que ce dernier vient aux nouvelles juste pour savoir comment s'est passé la journée d'hier. Mon meilleur ami est une devenu sorte de groupie de ma vie amoureuse qui a pourtant été l'égal d'un désert depuis le départ de Riley.
Je soupire en le rappelant, finissant par sourire tout de même malgré le trouble dans lequel je suis depuis des heures. Écoutant distraitement les sonneries résonner contre mon oreille, j'observe mon café couler dans ma tasse préférée, emplissant mon appartement d'une odeur délicate.
- Alors ? s'extasie Jacob dans un sourire après avoir à peine décroché.
- Franchement ? T'es flippant !
Ma remarque le fait rire.
- Oh allez Bella ! Ne me fait pas languir ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Vous avez…
- Jake ! m'offusqué-je malgré moi.
- Quoi ?! Il est encore chez toi ?
Je soupire, incapable de repousser ce que je ressens. Mais non nous n'avons pas... Suis-je… déçue ?
- Il ne s'est rien passé… Je…
- Quoi ?! s'égosille mon meilleur ami, visiblement aussi déçu que lorsque la NBA a perdu leur dernier match.
- Jacob ! râlé-je à nouveau, incapable de me taire.
- Vraiment ? Il ne s'est rien passé ? Ou tu me dis ça pour avoir la paix ?
Je ne peux retenir le rire nerveux qui me secoue. Je crois que Jacob me connaît bien trop pour mon propre bien ! Je serre les dents et finit par un soupirer, renonçant à lui cacher quoi que ce soit. De toute façon il se rendra compte bien assez vite que je ne tourne plus rond du tout.
- Il… il m'a embrassé, marmonné-je en me sentant rougir bien que je sois seule chez moi.
Un silence m'accueil à l'autre bout du téléphone. Seulement, j'entends le souffle de Jacob se saccader légèrement. Fait-il une danse de la joie comme il fait toujours lorsqu'il est content ?
- Ne te retiens pas, finis-je par dire en retenant mal un sourire.
Son cri me perce le tympan si violemment que j'écarte le téléphone de mon visage pour qu'il ne me brise pas le cerveau. Pendant quelques secondes, je l'entends s'activer et je l'imagine aisément danser comme un fou -comme toujours.
- Jake, calme-toi c'était… ce n'était même pas vraiment…
- Comment c'était ? s'extasie-t-il, me coupant tout en s'en fichant royalement. Langoureux ? Dévastateur ? Tendre ? Putain j'imagine que c'était…
- Enfaite, je…
- C'était torride avoue !
- Eh bien je… je, à vrai dire on a…
Je ferme les yeux une seconde, ne sachant pas vraiment quoi en dire.
- Il n'a fait que m'effleurer enfin je…
- Oh, me coupe Jake, visiblement déçu.
- C'était déjà… c'était…
Je cherche mes mots pendant plusieurs secondes, avant de me rendre compte que je n'arrive pas à définir ce que j'ai pu ressentir l'espace de quelques instants.
- À ce point ? finit par demander Jacob, un sourire dans la voix.
- Je… oui, soufflé-je en me laissant tomber sur mon canapé, les yeux dans le vide.
Rien qu'ici et maintenant j'ai l'impression de pouvoir encore me perdre dans son baiser. Je ne sais pas comment il fait, ni pourquoi je ressens ça mais une nouvelle fois, en fermant les yeux, j'ai la sensation qu'il est là, à mon côté, avec la chaleur de sa présence m'entourant entièrement.
- Eh bien…
Je me contente de soupirer en me laissant tomber en arrière et je ferme les yeux.
- Et après ? demande Jacob après un silence où mes souvenirs me brule le ventre.
- Il a eu un appel urgent de Miami, il est reparti hier soir.
- Il est parti ? s'étonne-t-il.
- Oui.
- Mais…
- Il m'a dit que s'il avait eu le choix il serait resté mais je crois qu'un truc à vraiment merdé là-bas…
- Ça craint.
- Hum.
Un nouveau silence s'installe tandis que j'ai du mal à réfléchir posément. J'aurai voulu qu'il reste. Qu'il reste, pour moi. Est-ce égoïste ?
- Et alors… il est parti ? Comme ça ? Sans… sans chercher à… plus ? À te…
- Jacob, grondé-je en sentant mon ventre se nouer alors qu'un rire secoue mon meilleur ami.
- Franchement, il aurait pu… marmonne-t-il après une seconde.
- Il a été… un parfait gentleman. Je… je ne sais pas même pas comment le décrire c'était… vertigineux.
Jacob soupire en même temps que moi. Je n'ai certainement jamais autant soupiré de toute ma vie.
- Il t'a dit quand il revenait ?
- Non, avoué-je en me sentant soudain morose. Il… il m'a demandé de partir avec lui.
- Mais… quoi ?! s'écrit à nouveau Jake.
- Il m'a demandé…
- J'avais compris ! Qu'est-ce que tu lui as dit ? Bon sang Bella, j'espère que tu es à Miami actuellement et que tu viens de prendre ton…
- Non ! Je… je suis chez moi, à New York.
- Mais bon sang qui m'a refilé une meilleure amie pareille ?!
- Hé ! m'indigné-je, vexée.
- Le mec de tes rêves t'embrasse de manière vertigineuse et te demande de venir avec lui dans une ville de rêve et tu ne pars pas avec lui ? Mais où es-tu née ma pauvre fille ?!
Je grogne pour réponse, ce qui ne le fait pas taire pour autant.
- Qu'est-ce que tu attends ! Va le rejoindre !
- Il… il va être à son boulot sans cesse je… je ne vais pas y aller pour rester à l'attendre chez lui sans rien faire je… je ne sais même pas…
- Isabella Swan tu vas m'écouter attentivement ! Cet homme… bon sang, la manière dont il te regarde ça me colle la chair de poule !
- Tu crois ? demandé-je d'une petite voix.
- Es-tu totalement aveugle ? Qu'as-tu besoin qu'il fasse pour que tu le rejoignes ? Pour que tu lui laisses une chance ? Qu'il te supplie ?
- Je… non ça n'est pas ce que je veux mais…
- Mais quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu veux vraiment ?
Malgré moi, mon cœur s'emballe alors que la peur me fige légèrement.
Je ferme les yeux, sentant mon ventre se serrer quand le visage d'Edward s'imprime derrière mes paupières closes.
J'ai la sensation que sa présence est là, tout près. Je suis presque certaine que je peux sentir son odeur, la chaleur de son regard sur moi. Est-ce réellement ça que je veux ? Suis-je réellement prête à vivre autre chose avec un autre homme que Riley ?
- Cesse d'avoir peur, reprends Jacob après une seconde où il respire doucement. Écoute, je sais que ton histoire avec Riley a été plus dure que tout ce que je peux imaginer…
- Jake…
- Non attends… Je… Je n'ai pas perdu l'amour de ma vie alors je ne saurai dire que je sais ce que tu ressens. Mais Bella… Ce jour-là, tu n'es pas morte avec lui.
Le chagrin qui me submerge est tellement intense que j'ai brutalement du mal à respirer alors que les larmes roulent le long de mes joues sans que je puisse les arrêter.
- Je sais que tu l'aimeras pour le reste de ta vie. Je sais que tu seras mariée et liée à lui à jamais. Mais tu dois vivre. Pour lui. Pour toi… Tu dois vivre avant qu'il soit trop tard, avant que tu ne sois plus qu'une boule de chagrin et de regrets parce que tu n'auras jamais plus été heureuse. Je… je suis ton ami, c'est mon rôle te dire que, maintenant, à partir d'aujourd'hui, tu dois vivre.
Je mets un moment à réussir à retrouver l'usage de la parole et quand c'est le cas je n'arrive qu'à dire un minable et pitoyable merci qui me semble incroyablement à la fois libérateur et douloureux.
Je fini par raccrocher et pleurer pendant ce qui me paraît une éternité.
À la nuit tombée, les mots de Jacob me sont un peu moins douloureux mais la réalité elle l'est encore.
Je sais je ne suis pas encore prête à prendre cette décision. Je sais que je ne suis pas encore prête à me donner corps et âme à quelqu'un d'autre qu'à celui qui a été mon mari, mon meilleur ami et mon amant pendant 10 ans.
J'aimerais être capable de rejoindre Edward ce soir, j'aimerais être capable de l'appeler pour lui dire que je suis en bas de chez lui, comme dans un de ces romans ridicules que j'adore.
Mais la vérité est que, à l'instant, je ne suis pas prête… Cependant demain, dans deux mois, dans un an, peu importe finalement… mais, bientôt, je veux l'être. Il a dit qu'il m'attendrait.
Quand je me réveille, 4 jours plus tard, la présence d'Edward à mes côtés ne s'est toujours pas estompée.
J'ai le sentiment qu'il est sans cesse avec moi. J'ai la sensation de sentir son odeur à chaque coin de mon appartement.
C'est déroutant et à la fois rassurant. Je ne peux me battre contre. Je ne veux pas me battre contre. Penser à lui me fait du bien. Penser à lui me donne envie de vivre.
Nous nous écrivons entre deux réunions, entre deux rendez-vous et je ne peux nier que je souris chaque fois un peu plus quand je vois son prénom s'afficher sur l'écran de mon téléphone.
Cette étrange relation -que je n'arrive pas à définir, et, peut-être que je ne le veux pas encore- me plonge dans un état de léthargie étrange et presque douloureux.
Chaque soir, chaque matin, chaque instant, je me rends compte qu'il me manque quelque chose… quelqu'un. Je sais ce que cela veut dire je sais que je n'arrive pas à le renier totalement : c'est sa présence à lui et uniquement la sienne qui me manque.
Mes pensées quotidiennes sont ponctuées de son sourire et de son rire, de la façon dont il me regarde et de ce comportement qu'il a avec moi depuis le premier instant.
Il me manque.
Je ne peux plus vraiment faire comme si cela n'était pas le cas ou comme si cela ne me m'oppressait pas la poitrine en rentrant chez moi, quand je constate à quel point ma vie est vide pour la simple et bonne raison qu'il n'y ait pas réellement.
Dans la nuit du jeudi au vendredi 31 décembre, une nouvelle fois, je suis incapable de m'endormir. Bien que je ne sache pas ce que veut dire la relation que nous entretenons, je sais que l'envie, le désir de le voir et te l'entendre rire surplombe absolument tout de mon quotidien depuis plusieurs heures.
Je ne sais pas ce que je veux précisément. Je ne sais pas si je suis prête à faire s'accélérer notre relation et tout ce qui en découle… cependant, je sais que j'aimerais simplement pouvoir m'endormir dans ses bras.
C'est étrange, c'est la seule chose à laquelle je pense depuis des jours : le fait que j'aimerais qu'il soit là, un instant, et que je puisse me blottir dans ses bras et sentir la puissance avec laquelle il pourrait me protéger.
Il est une heure passé quand, incapable de trouver le sommeil, j'allume mon ordinateur portable et ouvre une page internet.
Peut-être suis-je en train de faire une erreur que je regretterais amèrement.
Peut-être suis-je en train de trouver un nouveau sens à mon existence.
Malgré tout, quand je valide mes réservations de billets d'avion pour le lendemain matin, sans même demander à Edward ce qu'il en pense, j'ai la sensation au creux de mon ventre d'avoir fait le bon choix.
Quand j'atterri à l'aéroport le lendemain, je pose à peine un pied sur le sol de Floride que j'ai la sensation que mon cœur va s'arrêter de battre tant il résonne dans mes tempes.
Il est encore tôt, ici, à peine 7h du matin et la chaleur extérieure quand je sors de l'avion est déjà oppressante.
Pourtant, debout au milieu du hall de l'aéroport climatisé, habillé d'un costar taillé parfaitement, Edward m'attends. Dès que cela est possible, alors que j'avance dans sa direction, son regard s'accroche au mien.
Je ne sais comment réagir face à la vague d'émotion que le fait de le voir me procure.
Je suis plus soulagée, plus heureuse que je ne l'ai été depuis des semaines.
Tremblante, je marche jusqu'à lui, ignorant les voyageurs encore peu nombreux autour, me forçant regarder un rythme lent, bien que j'ai juste envie d'aller me blottir dans ses bras et de respirer enfin à plein poumons son odeur si captivante.
Je ne vois plus que lui. Je ne veux voir plus que lui. J'ai la sensation que tout le reste autour disparaît… à l'instant, le monde pourrait bien exploser, s'écrouler, que je ne m'en rendrais pas compte tant le voir me trouble et fait naître en moi des sentiments sublimes.
De nouveau, je le trouve encore plus beau que la dernière fois. Est-ce réel ? Ou est-ce simplement que ce que je ressens pour lui augmente prodigieusement d'heure en heure ?
Je traverse le hall pendant ce qui me semble une éternité avant de me stopper devant lui sans brutalement savoir quoi faire, quoi dire.
Ma décision de venir le rejoindre a été tellement rapide et inévitable… je lui ai envoyé un message en pleine nuit en lui disant que j'arrivais le lendemain et que je ne voulais plus avoir peur.
Le sourire qu'il m'adresse quand je me sens rougir fait décoller mon cœur comme jamais.
- Tu es venue, murmure-t-il d'une voix rauque qui noue mon ventre presque douloureusement.
- Je suis venue, dis-je sur le même ton, la voix tremblante.
Son sourire s'agrandit alors que sa main rejoint ma joue qu'il caresse à peine, me faisant trembler un peu plus. Sait-il seulement ce qu'il provoque dans mon être entier ?
- Ton voyage n'a pas été trop long ? demande-t-il après un instant à me dévisager intensément sans dire un mot.
- Je… non, c'est… c'est passé vite.
En vérité, je lui mens… un peu. Cela m'a paru être une éternité, sachant que j'allais le rejoindre, et cela a été également angoissant. Je ne regrette pas d'être ici, au contraire. La joie profonde que je ressens à être à ses côtés me fait vibrer tout entière et l'étincelle qui brille dans ses yeux ne fait que me confirmer que j'ai fait le bon choix.
- Bien. Je… on doit passer au bureau ce matin, je n'ai pas… j'n'avais pas prévu que…
- Oh non, c'est… ne change pas tes plans pour moi je… je débarque comme ça et…
- C'est parfait, tu as vraiment bien fait de venir, me coupe-t-il en glissant ses doigts jusque dans mes cheveux, me faisant frissonner. Je dois juste récupérer quelques dossiers et on ira chez moi.
Je hoche la tête, largement perturbée par sa proximité, et, en plus, le fait qu'il veuille consacrer sa journée à ma seule personne.
Son regard glisse brièvement sur ma bouche alors que mon estomac fait un bond presque douloureux. Va-t-il m'embrasser, à nouveau ? Là ? Ici ? Maintenant ?
Je n'ai pas le temps de penser davantage que sa main me prend mon sac de voyage et l'autre attrape la mienne pour nous faire sortir de l'aéroport.
En chemin vers son bureau, je me rends compte je ne suis plus aussi angoissée que pendant mon vol. Le fait de le voir me fait du bien, c'est indéniable. Je ne peux non plus ignorer le désir qui longe ma colonne vertébrale sans cesse alors qu'il est là, de l'autre côté de la banquette dans la voiture qui nous mène à son bureau dans le quartier des affaires de Miami.
Pendant qu'il monte à son immeuble pour rejoindre son étage et récupérer quelques affaires pour la journée, je me concentre sur ma respiration et essaie de me détendre.
Je ne peux regretter ma décision de venir ici. J'ai la sensation depuis le départ, et d'autant plus depuis notre Noël ensemble que tout me pousse sans cesse vers lui… chaque événement, chaque instant, chaque minute… tout me ramène à lui. Absolument tout.
Quand on regagne l'immeuble où il vit, dans le quartier de Downtown, je réalise que tout cela est bien réel et, pour la première fois depuis notre rencontre, mon envie d'être avec lui domine largement ma peur, malgré la culpabilité qui me grignote encore le cœur.
Je repense sans cesse à ce que Jacob m'a dit le lendemain de Noël. Je sais qu'il a raison, je sais que je ne suis pas morte. Je sais que je dois vivre et je pense sincèrement que désormais, je veux être heureuse. Le bonheur se décide n'est-ce pas ?
- Tout va bien ? demande Edward quand on se dirige tous les deux vers les ascenseurs quittant le parking de son appartement.
- Oui je… un peu de fatigue, sûrement.
Il se contente de me sourire en me dévisageant encore avec cette intensité folle qui est la sienne depuis le premier jour.
- Tu pourras te reposer si tu le veux. Ma famille ne doit arriver qu'en fin d'après-midi.
Je hoche la tête, acquiesçant un léger sourire qui a l'air de le rassurer. Je sais que sa famille vient fêter avec lui -avec nous- la nouvelle année, et, quand il me l'a dit cette nuit lorsque je lui ai annoncé que je venais le rejoindre, je me suis simplement dit que cela était l'occasion de constater ce qu'il m'a soufflé à Noël.
- Je vais pouvoir voir si ce que tu m'as dit est vrai, m'amusé-je en montant dans l'ascenseur vide.
- Je dis un tas de choses, fait-il remarquer en me jetant un regard mi-amusé, mi-curieux.
- Ta famille, précisé-je en me tournant légèrement vers lui, prenant appui contre la cabine impeccable.
- Ah… ça, marmonne-t-il avant de sourire en secouant la tête, se tournant vers moi pour pouvoir me regarder. Ils sont… réellement fous. Tu ne seras pas déçue.
- J'n'en ai aucun doute.
J'ai la sensation que ma réponse fait tomber une chape de ciment dans ma poitrine qui me cloue au sol.
Un silence s'impose lentement alors que les portes de l'ascenseur se referment. Chaque cellule de mon corps s'affole violemment à la façon dont son regard me brûle tout entière.
Pourtant, aucun de nous ne bouge d'un millimètre. Je dois me battre contre mon corps entier pour ne pas le supplier de m'embrasser, de m'embrasser vraiment.
L'atmosphère est lourde pendant de longues secondes, mon cœur est douloureux de battre si vite, mais, pour autant, je ne suis pas encore prête à baisser les armes totalement, et Edward à l'air de ressentir la même chose que moi.
Le trajet jusqu'à son étage me parait une éternité, et, à la fois, quand la cabine se stabilise, un soupire se bloque dans ma gorge.
Ce que je ressens… Je me suis presque que... déçue. Je crois que j'aurai aimé que ce voyage ne s'arrête jamais. Je crois que j'aurai aimé qu'il m'embrasse... je crois que j'aurai aimé le supplier de le faire.
Quand il jette un coup d'œil à mes lèvres alors que les portes s'ouvrent, je me sens déglutir difficilement.
- Surprise ! s'écrient plusieurs voix d'un même ensemble, nous faisant sursauter mutuellement.
Il ne me faut pas un quart de seconde pour comprendre que sa famille est déjà ici.
Coucou vous !
Oui, je sais, c'était inespéré et je m'excuse pour l'attente... faut dire que la semaine à été une catastrophe mais, hé ! Le chap est tout de même là avant février (croyez moi, c'est un miracle)
J'espère que ça vous plaira toujours autant.
Merci pour tout votre soutien, pour vos mots, bienvenue aux nouvelles !
Laissez moi un mot. A très vite !
J'vous embrasse,
Tied.
