De retour pour vous jouer de mauvais tours! ... On va s'arrêter là avant que mes commentaires ne dégénèrent ...

Bref, comme d'habitude, bonne lecture!


Chapitre XIV

La détermination du Valet - L'âme d'une lame

Quand Ace et Haku remirent pieds sur le bateau, Deuce s'était approché, un léger sourire amusé sur son visage. Le journal était dans ses mains, à une page bien précise. Celle qui indiquait qu'un groupe de personnes non identifiées avait réussi à vaincre le contre-amiral Gondam et une partie de ses soldats. La femme aux tâches de rousseur avait explosé de rire avant de donner une bande dans le dos de la kagura, la félicitant de son travail. Cette-dernière avait fait la moue, prétextant que l'homme l 'avait énervée, en profitant pour s'excuser de s'être laissée emporter.

Hiver observait cette scène, anxieux. Avaient-elles réussi? Certes, il avait lu le journal et savait que le combat avait été à sens unique, surtout quand le capitaine Julius, un homme connu pour être humble, le confirmait. Mais ne voulait pas dire que cela avait été atteint.

En remarquant son malaise, Haku sortit un objet d'un petit sac en tissu qu'elle avait accroché à sa taille. Il le reconnut immédiatement. Le déclencheur.

- Est-ce le vrai?

Un sourire étira les lèvres de la kagura, bien que ce soit dur à remarquer. Elle avait vraiment du mal à montrer des expressions faciales claires.

- Sans aucun doute. Le sceau du gouvernement était sur la boîte. Et il se trouve également dessus.

Elle le lui montra, confirmant ses dires. Une pression qu'il n'avait pas remarqué sembla libérer ses épaules de son poids. Il se sentit sourire à son tour derrière son masque. Puis, il remarqua le problème.

- C'est quel bouton?

Le déclencheur avait deux boutons. La peur de se tromper envahit les quatre personnes. Un bouton pour tout faire exploser, un autre pour libérer. S'ils appuyaient sur le mauvais, c'était fini. Hiver mourrait devant eux. Deuce le saisit, le tournant dans tous les sens. Une grimace apparut sur son visage.

- Au moins, nous sommes sûrs qu'ils ne peuvent plus rien faire maintenant.

Le cynisme de l'informatrice revint à la charge.

- S'il n'existe pas un deuxième.

La pâleur décolora le visage du second quand il se rendit compte que c'était possible. Il n'y avait qu'un déclencheur dépendant de tous les colliers, mais ils n 'étaient pas à l'abri d'une copie de celui-ci. Ace perdit patience. Elle prit le petit objet pour le fixer avec attention quelques secondes. La minute d'après, un clic sinistre se fit entendre.

Elle avait déjà cassé un collier. Maintenant, elle avait repéré un troisième bouton sur le déclencheur.

Deuce crût qu'il allait s'évanouir de stress. Haku laissa entrevoir sa surprise et sa peur dans un subtil mélange de jaune choqué et de bleu de terreur. Hiver ne réagit même pas. A la place, il se plaça une main sur le cou. Un claquement suivit de près.

Le collier venait de tomber sur les planches du pont, totalement inoffensif.

- Ils étaient assez fourbes pour cacher le bon bouton, maugréa Ace.

Deuce tomba à la renverse, succombant finalement à son surplus de tension. Haku cligna plusieurs fois des yeux, ses mèches prenant une teinte violacée. Elle ne comprenait visiblement pas. Hiver hocha lentement la tête.

- Je ne suis pas sûr que quelqu'un aurait pu le voir en temps normal ...

Il semblerait qu'avoir la jeune femme à ses côtés avait du bon.

Leur discussion, ou malaise pour l'un d'entre eux, cessa rapidement quand un navire de la marine les trouva. Ils n'avaient pas remarqué le photographe qui se cachait à bord, ni le marin qui appelait précipitamment le quartier général.


Dans un coin du monde, trois personnes partagèrent un regard entendu. A leurs pieds, trois colliers de fer blanc reposaient pathétiquement. Nul ne pourrait penser que ces choses avaient manqué de les tuer. L'un d'entre eux désigne le journal. Un nouvel avis de recherche avait été ajouté. Ils ne la reconnurent pas. D'un hochement de tête collectif, ils se séparèrent. La traque commençait, mais pas de la manière qu'attendait le gouvernement. Ils avaient leur fierté.

Et maintenant, ils avaient une dette à régler.


Luffy n'avait jamais été si heureux de sa vie. S'il s'arrêtait pour y réfléchir, il se rendrait compte qu'il l 'avait déjà été, quand ils avaient partagé la coupe de la fraternité. Non, cet événement demeurait occulté par son bonheur actuel. Dans ses mains, sous les regards ahuris de la foule, était dégainé un avis de recherche avec une personne bien connue de tous. Ace avait sa première prime.

Une nouvelle excuse pour faire la fête? Sûrement. Une autre pour appeler la jeune femme? Sans aucun doute. Ils avaient besoin de comprendre ce qu'il se passait.

L'appel d'Ace fut l'occasion pour eux de rire à gorge déployée.


Shanks savait que son ancien capitaine était un drôle d'oiseau. La rencontre avec Rouge avait confirmé le fait que les D avaient un problème. Il était sûr que Baggy n'en pensait pas moins. Luffy n 'avait fait qu'ajouter sa pierre à l'édifice de sa certitude. Et maintenant, la fille de son défunt capitaine avait trouvé le moyen de faire parler d'elle dans ce sens. Si Newgate n'était pas occupé à rire de la nouvelle, il s'en lamenterait. Pour le moment, il était absorbé par la lecture du journal.

- Combattre un contre-amiral? Elle n'a pas usurpé son nom au moins!

Barbe Blanche connaissait bien Roger. Il aurait sûrement été fier des actes de sa fille. Et peut-être aurait-il couru trouver le premier marine pour se vanter d'elle dans son éternelle bonne humeur. Il se demandait tout de même pourquoi elle avait fait cela, mais tant pis. Il le lui demanderait en personne quand ils se rencontreraient.

Car ils se rencontreraient. Il y veillait.


Vingt-millions était une bonne première prime. Rayleigh eu un sourire nostalgique en levant son regard vers le ciel dégagé. Devant lui se dressait une tombe qu'il visitait pour la première fois. Dessus était écrit un nom. Portgas D. Rouge.

- Votre fille n'a pas fini de faire bouger le monde.

Il ricana, se rappelant de sa propre première prime. Roger en avait eu une équivalente, s'il ne se trompait pas. Contrairement à la croyance populaire, les premières fois n 'étaient pas forcément importantes. Ce qui l'était réellement, c'était la suite. Il était prêt à parier que ceux qui accompagnaient la jeune femme n 'étaient pas à sous-estimer.

Il était presque sûr d'entendre Rouge disputer Roger d'être coupable de l'imprévisibilié de leur fille. Cela ne l'étonnerait même pas.


Sengoku se lamentait sur son bureau. Le fait qu'un équipage émerge sur une mer comme East Blue n'était pas ce qui le déstabilisait. Le véritable problème s'était matérialisé sous la forme d'une tempête indésirable dans son bureau, brisant soigneusement la porte sous sa poigne violente, et ne l 'avait plus lâché depuis dix minutes. Maintenant, l'amiral en chef se retrouvait à haïr de toutes ses forces la jeune fille présentée sur l'avis de recherche, alors même qu'elle ne lui avait directement rien fait.

Pourquoi Garp avait-il le besoin de se sentir si fier de ce genre de choses, sérieusement?


Au début, il n'avait pas compris pourquoi ses collègues se passaient le journal, répétant encore et encore qu'ils avaient quelque chose. Quand il avait posé la question, ils avaient répondu qu'ils avaient enfin un visage à mettre sur l'enfant de Roger. C'était une bonne nouvelle, surtout quand il constatait que les marines avaient même pas mis le bon nom aux côtés du prénom. Il en avait ri avec sa meilleure amie. Et il avait vu la photo.

Sabo faisait sa première crise d'identité après six ans d'oubli.


Pendant que les trois autres fêtaient la première mise à prix de la capitaine, Hiver ne pût pas partager leur joie. Son masque retiré, il observait sans vraiment les voir les étoiles. Ses yeux rouges ne bougeaient pas. Quand Haku demanda à voix haute si c'était vraiment une bonne nouvelle, il décida de se joindre à la conversation.

- Puis-je?

Tous se tournèrent vers lui. Il n'avait plus vraiment à se cacher. Sans qu 'aucun des trois n'eu reparlé, il s'inclina respectueusement.

- Je vous remercie.

Ace le tança, lui rappelant qu'il n'avait pas besoin de remercier. Se redressant, il réfléchit quelques secondes. Leur dire? Oui.

- Je me nommes Yukine, commença-t-il.

Ils se calmèrent rapidement, comprenant ce qu'il allait faire. Yukine expira difficilement. C'était plus dur que ce qu'il pensait. Haku, en était-elle passée par là?

- Je possède des origines d'une île du Nouveau Monde, Wano Kuni. Mon père était samurai là-bas. Il a néanmoins quitté son île natale pour voyager, à l'instar de son seigneur. Il a quitté Grand Line pour s'installer et rencontrer ma mère.

Il n'avait aucun souvenir d'elle.

- Je suis né albinos. Pour les habitants du village, les enfants aux yeux rouges étaient maudits. Ils ont donc essayé de nous sacrifier. Cela consistait à nous enterrer vivants.

Il ne remarqua pas la lueur dans les yeux de son auditoire.

- Ma mère a permis à mon père de me sauver. Cela l'a tua malheureusement. Je devais avoir quatre ans, d'après les récits de mon père. Il m'a élevé seul après cela. Jusqu'à ce que j'eu huit ans. Ce jour là, les villageois nous ont retrouvés. Mon père a réussi à les retenir le temps que je m'enfuis. Il n'a eu aucune chance de survie également.

Il se souvint des pelles enterrant son modèle paternel sous plusieurs centimètres de terre.

- Après cela, j'ai fait comme Haku, j'imagine. J'ai marché sans vraiment savoir où aller. Finalement, j'ai rencontré un homme qui m'a placé ce collier autour du cou. C'est ainsi que je suis devenu exécuteur.

A sa surprise, ce ne fut pas une parole de pitié qui lui répondait mais un rire. Mais ce n'était pas moqueur. Il eu l'impression que cela sonnait en réalité la cloche de sa libération.

Ace reposa son avis de recherche.

- Eh bien maintenant, tu es devenu pirate!

Son sourire jovial était lumineux. Yukine pensait qu'il allait devenir aveugle.

- Bienvenue dans l'équipage!


Il y avait beaucoup de non dits dans ses paroles. Il se rappelait avoir couru dans la neige, ses pieds nus brûlant douloureusement contre le sol craquant, fuyant de toutes ses forces les beuglements lointains des hommes le poursuivant. La peur était capable de transformer le plus doux des agneaux en monstre. Les villageois si gentils entre eux étaient devenus des loups lâchés dans la bergerie.

Ce n'était que par chance qu'il réussit à les semer. Ou grâce à la maladresse qui avait empêtré ses membres entre eux, le faisant chuter durement du haut d'une bute tombant droit. Il ressentait encore, des années plus tard, le souvenir de l'atterrissage douloureux quand il se rappelait fort. Pour cacher ses larmes d'enfant, il avait pris le même masque que celle à qui on l 'avait assigné, un Fantôme cachant jalousement son sexe. Dans sa douleur, il était parvenu à deviner celle de sa partenaire. Étrangement, la compagnie de l'autre l 'avait calmé. Peut-être était-ce parce qu'ils partageaient la même souffrance.

Quand Fantôme était devenu Haku, il s'était senti jaloux. Elle avait trouvé le moyen de mettre fin à sa souffrance. Pas lui. C'est pourquoi, lorsque celle qui avait libéré la kagura lui avait proposé de les accompagner, il n'y avait pas cru. Était-ce une blague? Une blague cruelle? Il voulait les croire mais ne pouvait pas pas.

Pourtant, ils avaient tenu la parole et l'avaient libéré.

Son père lui avait raconté maintes et maintes fois la fierté de son peuple. Suivre un maître était la mission de tout bon samurai. Les récits avaient bercé une grande partie de sa vie. Il avait même eu l'idée de l'avouer à Haku. Il voulait un maître. Il voulait être un samouraï.

Il voulait avoir une raison d'exister.

Quand Ace tomba dans les pommes dans une énième crise de narcolepsie, il la retint juste à temps, l'empêchant de rejoindre les poissons. Il la fixa quelques secondes, cherchant quoi faire. Ses souvenirs de la neige glacée d'où il tirait son nom le torturaient. Maintenant, il se demandait si ces mêmes flocons allaient brûler sa peau. S'il allait de nouveau souffrir en voyant ce ciel pleurer sa glace.

Au fond de son cœur, une petite voix lui confirma que non.

Cette pensée rassurante réchauffant son être, il s'inclina légèrement face à l'endormie. Ce souhait qu'il avait formulé des années plus tôt était tout proche maintenant.

- Même si tu n'écoutes pas, je vais tout de même l'annoncer.

Un sourire sincère brisa sa sérénité.

- A partir d'aujourd'hui, je me mets à ton service.

Dans un coin du navire, Haku désigne le Valet de Pique à Deuce qui se contenta de hocher la tête solennellement.


Ils étaient soixante. Ou quelque chose comme cela. Si elle ne se trompait pas, quelques uns d'entre eux se trouvaient dans une caserne quand les colliers étaient tombés. Ils ignoraient s'ils avaient pu s'en sortir. Elle, elle espéra sincèrement que oui.

La femme observe l'avis de recherche qu'elle tenait dans sa main, ses hommes attendant ses ordres. Ses trois yeux se tournèrent vers eux. Elle se demandait négligemment comment des gens comme eux étaient parvenus à accomplir des missions d'infiltration. Entre celui qui possédait des yeux sur les pointes de ses cheveux et celle qui avait littéralement des spirales à la place des pupilles, il y avait de quoi.

Elle sourit en levant le petit tas d'affiches qu'elle tenait.

- Bien, il est tant pour les pirates du troisième œil de revenir dans la course!

Des vivats l'entourèrent alors qu'elle donnait un coup de pied aux colliers entassés. Sa bonne humeur ne parvenait pas à être entachée par leur vue. Elle jeta un nouveau coup d'œil à la photo d'une jeune femme aux yeux gris souriant à l'objectif. Son cœur battit plus fort. Kagura n'était pas morte. Les pirates de cette même île l'avaient découvert en apprenant qu'une des leurs voyageait avec elle. Quand elle tendit l'avis de recherche à ses hommes, ils partagèrent son sourire décidé.

- Nous avons déjà des alliés!

Que ces nouveaux pirates continuent leur aventure. Les anciens agents du gouvernement veillaient à leur survie.


- Et voici mon As le plus fort!

Ace lança sa carte, l'As de Pique, sur le tas, juste au dessus de l'As de Cœur. Deuce haussa un sourcil, se préparant à sortir la sienne.

- Je croyais que les As étaient de valeur égale?

La capitaine parut soudainement fière.

- Mais l'As de Pique est supérieur aux autres, vu que c'est ma carte.

- Elle sort d'où cette règle?!

Râlant, il dégaina sa carte. Un sourire narquois prit place sur son visage.

- Bien, alors moi, je sors ma plus puissante carte! Le Roi de Pique!

Ce fut au tour de sa capitaine de ronchonner.

- Mais c'est pas juste!

- Ce n'était pas juste tout à l'heure!

Yukine tria ses cartes, essayant de se concentrer.

- C'est la première fois que je joue à un jeu de cartes de ce type.

Haku haussa négligemment les épaules.

- Pas étonnant. Ils ont déjà inventé la base. Maintenant, ils ajoutent des règles aléatoires.

A son tour, elle sortit une carte de son tas personnel.

- Voici ma carte alors. La Reine de Pique.

Les deux autres n'eurent pas le temps de se plaindre que Yukine la suivit.

- J'imagine que c'est la mienne alors ... Le Valet de Pique.

Ace fit la moue en constatant qu'ils étaient tous à égalité pour ce tour, avant de tourner vers le dernier joueur. Zip, dans toute sa grâce d'escargot, plaça une carte sur le tas. Le Trois de Pique.

- Zip n'a pas le Joker!

- Normal, je l'ais retiré pour que ce soit plus juste, fit remarquer Deuce.

- Ce n'est pas très juste pour lui alors, commenta la kagura.

- On les mettra à la prochaine partie dans ce cas, proposa le dernier.

Ace soupira avant de reprendre la partie.

- Et j'ajoute au Trois mon Dix!

- Arrête d'inventer des règles!

Alors que le groupe était occupé à créer un tout nouveau jeu de cartes, le Dix s'additionna au Trois pour former un treize.


J'aime terminer sur un cliffhanger ... Vive le suspens!

La suite au prochain épisode!