Toujours là, toujours vaguement à l'heure!On retourne donc dans la ville des jeunes femmes dans ce chapitre.

Disclaimer :

-Mention cigarette.

Merci à MissGrenouille de nous avoir rejoint :)Merci à tous en général ! En espérant que tout va bien pour vous par les temps qui courrent !

Portez-vous bien, plein de soutien et bone bonne lecture à tout.e.s.


Chapitre 15: Crac!

Un homme d'une quarantaine d'années, aux tempes grisonnantes et bedonnant, entra dans la pièce où une dizaine de jeunes sorciers et sorcières étaient réunis. Il s'avança sur l'estrade et contempla son public assis avant d'entamer son discours.

- Jeunes gens, bonjour. Je me présente, je suis Étienne, je serais votre instructeur pour cette session. Cette semaine, je vous enseignerai donc le Transplanage pour, qu'à la fin de celle-ci, vous passiez votre permis. Alors, je me doute que vous avez hâte de vous attaquer à la pratique néanmoins l'examen étant en deux parties, nous allons donc faire de la théorie aujourd'hui,sortez parchemins et plumes.

Il laissa un blanc, habitué, certainement, aux murmures déçus de ses élèves tandis qu'ils s'exécutaient, avant de reprendre de sa voix rauque mais sympathique:

-Donc pour démarrer, nous parlerons du système de permis de Transplanage. Celui-ci est quasiment universel, sauf dans les pays ne participant pas à la Convention Mondiale des Sorciers, tels la Corée du Nord, la Syrie, le Vatican, le Soudan, et quelques autres, qui font obligatoirement parties des pays infranchissable par Transplanage. Pour ce qui est des autres pays, le fonctionnement est très simple. En France, vous pouvez aller où bon vous semble, en prenant en compte divers sortilèges bien entendu, empêchant l'entrée dans la plupart des maisons, banques ou autres bâtiments. Pour aller à l'étranger, il faut au préalable faire une demande au Ministère en indiquant la raison. C'est celle-ci qui déterminera la durée de l'autorisation de déplacement. Une fois l'autorisation obtenue, vous pourrez vous déplacer comme vous voulez sur le territoire. Des questions?

Plusieurs mains se levèrent avant que l'enseignant ne pointe un jeune homme au crâne rasé.

-Que se passe-t-il si on transplane sans autorisation?

-Des sortilèges puissants recouvrent le monde, parmi eux, il y en a un qui avertit les autorités lorsqu'une personne se déplace illégalement.

-Mais comment il marche ce sort? demanda une jeune femme, un peu hautaine, au premier rang. Comment peuvent-ils savoir si on a l'autorisation ?

-Avec ceci! Il sortit d'un geste théâtral un petit parchemin plié en deux. Il s'agit du permis à proprement parler. Pour le coup c'est le mien, faites-le vous passer. Il tendit le parchemin à l'élève qui avait parlé. Vous y trouverez, informations de bases, nom, prénom, date de naissance. Et dans l'encart y figure les autorisations. J'ai, pour ma part la possibilité de me déplacer partout en France et en Angleterre. Mais aussi, comme vous pouvez le constater, un ajout pour la semaine prochaine d'aller en Australie pendant trois jours.

Le premier après midi du stage d'apprentissage des jeunes femmes se déroula ainsi. Étienne parlait et ils notaient. il insista sur les peines et amendes encourues en cas de Transplanage abusif ou illégal. Il évoqua avec amusement l'île Clipperton, qui avait échappé au maillage du sortilège et sur laquelle on pouvait aller sans raison. Enfin, il attaqua la partie sur le fonctionnement même du Transplanage. La concentration sur un point qui doit forcément être connu, la détermination à s'y déplacer et, bien évidemment, les risques de désartibulement. Tout en explicitant que l'apparition était limité dans la distance et qu'ils ne devaient pas espérer aller se balader à l'autre bout du monde en une fraction de seconde. Tout comme lui-même ne pouvait aller en Australie autrement que par avion finalement.

En sortant de là, elles étaient mi heureuses mi déçues. Le potentiel de tout cela était immense mais elles n'avaient fait que l'effleurer. Seul un sentiment d'ennui profond restait de cette séance.

La salle de stage se trouvait au quartier des Écueils, dans le bâtiment administratif, antenne du Ministère. Celui-ci se situait en plein centre, proche de la fontaine à la sirène et était la copie conforme de la préfecture Moldue. À ceci près que la cour était arborée d'Épicafées, un conifère assez rependu ayant la particularité de faire de jolis et odorants cônes qui attiraient beaucoup les fées. Le nom de l'arbre venait du fait que les dites fées risquaient de s'y piquer en allant les chercher.

Marie poussa un soupir en écoutant Caroline réciter son cours d'Herbologie. Elle n'était vraiment pas faite pour s'y intéresser, ainsi elle changea de conversation en proposant de se rendre au Triskell. Maëlla rejoignant l'intérêt de son amie, malgré une légère inquiétude pour les fées, secoua vigoureusement la tête en menant la marche et Caroline, avec un sympa murmuré amèrement, leur emboita le pas.


Être assises à leur table de prédilection, et servies par l'employé, toujours aussi charmeur, de leur première fois au quartier, les fit repenser à leurs baguettes et à ce lien qui revêtait une importance floue dans leur vie. La conversation revenant régulièrement, elle tournait en rond depuis tout ce temps mais, avec la perspective de leur permis et d'un possible déplacement pour aller voir la boutique de Ollivander fils, le débat s'ouvrait à nouveau.

-Est-ce que se demander qui ça peut bien être ne serait pas un peu débile à force, commença Maëlla en sirotant son vin orangée. C'est surtout l'impact que ça va avoir! Si c'est négatif par exemple. Elle ajouta, en voyant le regard irrité de ses amies: ou positif, oui, oui.

-Ah si, si, c'est sur! répondit Marie, je pensais vraiment qu'Amalia, Micca et Samuel… Mais c'est amusant de s'imaginer se retrouver avec quelqu'un qu'on connaît des livres!

-Meh, la probabilité…

Les conversations, à propos du lien, commençaient à se faire de plus en plus rare. Au bout d'un an sans réponse tangible, malgré quelques recherches sur le domaine et un espoir, vite étouffé, que ce soit leurs amis de Beauxbâtons, elles se trouvaient écourtées de plus en plus rapidement. Cette fois-ci ne fit pas exception et le sujet changea rapidement.

Elles évoquèrent leur année avec joie, fierté mais déception. Celle-ci était du à l'échec en décembre qui avait entaché leur second semestre et qui leur donnait des frissons encore aujourd'hui au souvenir de leur état. De plus, cela avait certainement étouffé, avant même d'avoir débuté, la possibilité qu'elles participent à l'échange. Cela faisait une semaine, depuis leur retour chez elles, et elle n'avait pas de nouvelles. Elles en étaient venue à la conclusion que le discours de Caroline au bal et leur comportement exemplaire n'avaient servi à rien.

-Ou, simplement , on a pas été choisit… proposa Maëlla avec une pointe d'amertume.

-Non ça, j'avoue, je veux pas le croire, nos lettres de motivation étaient parfaites. On a eu des bonnes notes aux contrôles dans l'année et je pense pas qu'on ait raté nos examens à ce point. Non si on est pas choisi, c'est juste à cause des Animagi… et je pense qu'on ne l'a pas été.

-Certainement, attendons encore quelques jours et on verra.


Un tapement répété et bien connu retentit dans l'appartement, arrachant Maëlla et Marie à leur petit déjeuner. Cette dernière se leva machinalement pour ouvrir la fenêtre et laisser un petit hiboux blanc pénétrer l'appartement d'un battement d'aile puissant. Il y fit un tour avant de se poser sur le perchoir installé dans le salon, le tout sous l'œil presque envieux des deux frères félins. À sa patte était accroché le Chat noir, qu'elles recevaient quotidiennement mais que seule Marie lisait assidûment. Le hibou s'empara de quelques croquettes, sous le regard mécontent d'Émile, en attendant que la jeune femme glisse quelque noises dans la bourse à sa patte, avant de repartir prestement.

Quelques minutes passèrent, dans un silence relatif, brisé par les bruits animaliers de la pièce et par le gargouillement d'une potion mijotant dans la cuisine. Plus pour elle-même que pour sa colocataire, Marie murmura soudainement:

-Ça n'arrête pas, par la barbe de Merlin! Ça n'arrête pas!

-Hum, de quoi? s'informa son amie, restant néanmoins plongée dans le livre qu'elle lisait.

-Un nouvelle attaque. Mais bien plus violente. Neuf victimes dont cinq Moldus, tous ayant subit le… le baiser. Ça empire.

-Où ça? demanda Maëlla en esquissant une grimace de dégoût et repoussant son assiette.

-Marseille. Dans le centre même au vu et su de tous. Ils ont du Oublietter les témoins, les Moldus pensent qu'ils sont dans le coma et les Aurors sont sur le qui-vive. C'est n'importe quoi. Elle secoua la tête et lança, accompagnée de la voix de Maëlla: Un Patronus!

-Il faut qu'on apprenne faire un Patronus, on a pas le niveau mais bon… enchaîna la plus jeune en reprenant finalement une bouchée de tartine.

-Mais bon, on a pas le choix… compléta Marie. Enfin c'est pas comme si ça me dérangeait d'avoir ce sort en particulier à apprendre. C'est tellement classe en vrai!

-Ouais, fin calme-toi, déjà aujourd'hui on passe notre permis ensuite on voit, on demandera peut être à M.Égide !

La jeune fille répondit par un grognement mi acquiesçant mi déçu, mais n'insista pas. Maëlla se replongea dans son Étude générale sur les créatures magiques marines, peu désireuse de s'appesantir sur un sujet sur lequel elle n'avait aucun pouvoir. Et Marie tourna la page sur la politique, l'ignorant à moitié sachant que cela concernait le Muggle Act. Une proposition de loi du ministère anglais auquel elle ne comprenait pas grand-chose si ce n'est qu'il soutenait une amélioration des relations avec les Moldus.

Elles étaient, par ailleurs, légèrement angoissées par leur examen du jour. En effet, leur semaine d'apprentissage au Transplanage n'avait pas été de tout repos et certains désartibulements, notamment celui de l'oreille de Maëlla, en début de session, avaient laissé un souvenir cuisant. D'autres étudiants avait eu un ongle, quelques cheveux, voire un doigt de perdu dans la disparition, mais rien de plus grave qu'un peu de Pâtàmembre ou d'essence de Dictame n'ait pu soigner efficacement. De leur côté, Caroline et Marie avaient eu des débuts laborieux, tournant sur elles mêmes bien trop longtemps sans parvenir à transplaner. Jusqu'au troisième jour, où elles avaient eu un déclic et avait réussi l'exercice parfaitement en se retrouvant un mètre plus loin dans un craquement caractéristique. À partir de là elles avaient quasiment réussi à chaque fois, contrairement à Maëlla qui ne réussi que le dernier jour, en se désartibulant le matin mais correctement l'après-midi et ce plusieurs fois.

Peu avant de partir pour leur examen, après avoir petit déjeuner et s'être assurées que la potion continuerait de cuire sans risquer d'exploser, un hiboux grand duc au pelage mordoré et au regard presque inquisiteur s'invita dans la pièce, se posant sur une des chaises de la cuisine. À sa patte se trouvaient deux enveloppes cachetées du seaux de leur école que Maëlla détacha avec précautions.

N'ayant pas beaucoup de temps, elle posa les lettres sur la table alors que le hibou repartait et elles se rendirent à la préfecture, devant y retrouver Caroline.

Ayant demandé une autorisation et une installation d'une Porte liée, leur appartement avait la capacité d'être ouvert soit sur le monde Moldu soit, vu qu'elles vivaient en plein centre de celui-ci, sur le quartier des Écueils. Il suffisait pour cela de tourner la poignée dans un sens ou dans l'autre en fonction de la destination choisie.

Une fois arrivées, leur meilleure amie, sans grande surprise, ne s'y trouva pas. En effet, si depuis un an, elle s'était montré plutôt ponctuelle, à peine de retour dans leur ville, elle avait recommencé à arriver en retard régulièrement. Avec un claquement de langue désapprobateur, Marie siffla:

-On ne l'attend pas, rien à faire! L'examen est dans dix minutes, si elle est pas là, tant pis!

-Meh, elle devrait être à l'heure, ça compte autant pour elle que pour nous, mais tu la connais.

Sans répondre son amie s'alluma une cigarette à laquelle elle s'accrocha rageusement d'une main, l'autre s'agitant dans un geste nerveux, devenu habituel, sur sa baguette, attendant de voir la tignasse rousse apparaître sur la place déjà bondée malgré l'heure matinale.

Ce fut pile à la dernière seconde, au moment même où les jeunes femmes allaient entrer dans le bâtiment qu'une vibration émana du gallion qu'elles gardaient toujours dans la poche et qu'une voix essoufflée retentitde l'autre côté de la fontaine :

-Je suis là! Allons-y!

Marie et Maëlla levèrent les yeux vers le ciel mais attendirent leur amie avant de finalement entrer.


Sur les dix-neuf participants au stage, seuls onze attendaient leur tour pour l'épreuve pratique. Cinq n'ayant pas été jugés prêts à passer l'examen et trois ayant raté l'écrit un peu plus tôt.

La pratique consistait en un parcours, qu'ils découvraient à la dernière minute, formé par différents cerceaux dans lesquels ils devaient transplaner dans un ordre précis. Leur performance était chronométrée et jugée jusqu'au moindre demi-sourcil désartibulé.

La boule au ventre, elles passèrent à tour de rôle sans voir les épreuves des autres et sans savoir si elles avaient réussi avant qu'ils ne soient tous retournés dans la salle de classe.

Étienne se tint sur son estrade, les regardant s'assoir calmement. Les doigts croisés, les jeunes femmes espéraient fermement ne plus le revoir aussi sympathique soit-il.

-Jasmine Abil, appela-t-il et la jeune femme hautaine se leva. Reçue!

Elle s'empara avec un sourire du permis qu'il lui tendait puis il reprit sa liste. Deux échouèrent avant que Caroline ne soit appelée. Le Reçue! tonnant fut accueilli avec soulagement. Pareil à ceux qui suivirent les noms des deux autres jeunes femmes.

Ce fut avec une joie non dissimulée qu'elles adressèrent leurs adieux à leur professeur avant de quitter la préfecture pour de bon.


Elles se rendaient au Triskell, prévoyant de fêter leur réussite du jour avec quelques Bièraubeurres et vins de citrouille, quand Marie déclara:

-Au fait Caro, sans vouloir être déprimante, tu as lu le journal ce matin?

-Non, je le reçois pas en fait. Pourquoi?

-Il y a eu une sale attaque, à Marseille, plusieurs victime, c'est moche.

-Non, pas du tout déprimante, intervint Maëlla, ironique. Tu veux pas passer à autre chose juste aujourd'hui?

-Désolé de m'inquiéter, se défendit-elle, irritée.

-Attendez! À Marseille? T'es sûre? Dans quel quartier?

-Je sais pas, c'était pas précisé? Pour… Elle s'interrompit comprenant ce qui était passé par la tête de son amie. Marseille c'est grand! Ne t'en fais pas et tes parents t'auraient appelée!

-Pas tant que j'étais ici… Je… Vous m'attendez au bar? Je sors des Écueils pour l'appeler et je reviens, OK?

-Bien sur, la rassura doucement Maëlla, on t'attendra.

Les jeunes femmes se séparèrent et Caroline prit le chemin vers le parc où se trouvait l'arbre permettant de sortir du quartier. À peine passée, elle s'empara de son téléphone pour le rallumer, priant de ne pas avoir d'appel manqué. Elle n'attendit pas cette confirmation, cliquant sur le nom de sa sœur, une fois… deux fois… trois… quatre. Sans réponse. Son cœur s'emballa, elle manqua de lâcher le téléphone tandis qu'elle tentait de joindre de sa mère.

-Caroline? Alors tu as eu ton….

-Oui mais c'est pas pour ça que j'appelle! Tu as eu Oliveau téléphone aujourd'hui?

- Non, j'ai voulu l'appeler ce matin mais elle n'a pas répondu, elle devait être en classe? Pourquoi? Carolineque ce passe-t-il?

-Rien! Je sais pas! Je te rappelle!

Elle n'attendit pas la réponse, raccrochant et s'engouffra pour la seconde fois dans le passage caché.

Elles comprirent à l'instant même où leur amie apparue en courant, le regard fou d'inquiétude. Elles sautèrent sur leurs pieds et vinrent à sa rencontre. Elles étaient encore loin quand celle-ci cria:

-Elle répond pas! Ni à ma mère! Faut y aller! Faut transplaner là-bas!

-Calmes-toi d'abord! Lança Maëlla. Tu transplaneras pas dans cet état!

-Maë à raison! À part te faire désartibuler tu réussiras pas grand-chose! Donc tu respires et on voit.

-On voit rien! Elle est peut être morte! Ou pire! On y va maintenant!

-Tu te calmes! tonna la plus jeune, inquiète. Ce que tu fais ne sert à rien! Écoute-nous, par Merlin!

L'éclat sembla rasséréner quelque peu la jeune femme mais son visage se tordait toujours d'inquiétude.

-Il faut qu'on y aille… S'il vous plaît! supplia-t-elle.

Les autres échangèrent un regard inquiet mais déterminé.

-On y va seulement si tu es calmée! Mais oui on y va, bien évidemment! Olivia, c'est la famille pour nous aussi! dit Maëlla avec fermeté.

-Oui je sais… ça va mieux… Allons-y!

-Directement à son appartement? demanda Marie, la baguette déjà en main.

-Dans le couloir devant sa porte, non? proposa Maëlla.

Elles hochèrent la tête, résolues et, sans hésiter plus, elles transplanèrent.


Les choses se corsent, l'angoisse est présente...

On se retrouve demain pour le chapitre 16: La petite sœur.

A demain!