29 et fin...

- Alice….

- Quoi Alice ! Il faut que j'apaise ta conscience Laurence ! C'est ça ?

- Non, je m'inquiète pour toi !

- Mais tout va bien Laurence, tu as tout résolu, pas de raison de s'inquiéter , ironisa Alice.

- Alice…..

- Ben oui, tout finit bien, j'ai retrouvé mon père, non tu as retrouvé brillamment mon père ! bon c'est une belle saloperie mais il est retrouvé !

- Alice….

- Et puis tout est bien qui finit bien, qu'est-ce que je me plains !

- …..

- Sauf que mon mari me ment depuis le début , faut quand même pas que je me plaigne, il a décidé à ma place, pauvre gourde que je suis, petite chose à protéger !

- Alice….

- Heureusement j'ai de la chance, mon mari sauve le monde entier et comble de tout il m'aime ! Pourquoi je devrai aller mal cria t-elle.

Laurence voulait se rapprocher d'elle , sans trop savoir que faire. La colère s'Alice progressant, elle s'était retrouvée face à lui.

Elle finit par se rapprocher de lui, poings en avant, et se mit à le frapper de toutes ses forces laissant enfin éclater son mal-être et sa détresse.

- Pourquoi ? Pourquoi ? Ca devait pas se passer comme ça !

Laurence la laissa faire, soulagé qu'enfin elle puisse exprimer sa colère. Peiné de la voir aussi mal.

Les coups cessèrent et enfin il put l'approcher et la prendre dans ses bras, de la même façon qu'elle l'avait soutenu quand il s'était écroulé devant elle, vaincue. Elle se laissa aller sur lui de tout son poids et ils se retrouvèrent par terre, calés près du canapé.

Laurence laissa les larmes couler, aucun mot ne pouvait aider Alice et elle ne pouvait en entendre aucun.

Prostrée contre lui, elle ne réagissait pas du tout, engourdie dans sa détresse.

La radio jouait en sourdine. A ce moment, passa une chanson d'Aznavour qui résumait leur histoire et leurs tourments réciproques :

Par la peur de te perdre et de ne plus te voir

Par ce monde insensé qui grouille dans ma tête

Par ces nuits sans sommeil où la folie me guette

Quand le doute m'effleure et tend mon cœur de noir

J'en déduis que je t'aime

J'en déduis que je t'aime

Par le temps que je prends pour ne penser qu'à toi

Par ces rêves de jour où tu règnes en idole

Par ton corps désiré de mon corps qui s'affole

Et l'angoisse à l'idée que tu te joues de moi

J'en déduis que je t'aime

J'en déduis que je t'aime

Par le froid qui m'étreint lorsque je t'aperçois

Par mon souffle coupé, et mon sang qui se glace

Par la désolation qui réduit mon espace

Et le mal que souvent tu me fais malgré toi

Par la contradiction de ma tête et mon cœur

Par mes vingt ans perdus qu'en toi je réalise

Par tes regards lointains qui parfois me suffisent

Et me font espérer en quelques jours meilleurs

J'en déduis que je t'aime

J'en déduis que je t'aime

Par l'idée que la fin pourrait être un début

Par mes joies éventrées par ton indifférence

Par tous les mots d'amour qui restent en souffrance

Puisque de te les dire est pour moi défendu

J'en déduis que je t'aime

J'en déduis mon amour

Doucement Laurence se releva et emmena Alice dans leur chambre pour qu'elle trouve un peu de repos. Il n'osa pas la toucher. Il se mit à ses côtés et la veilla toute la nuit. Il la recouvrit de la courtepointe pour la réchauffer.

Les choses étaient enfin dites mais le désarroi d'Alice n'était pas surmonté. Son rêve était brisé.

Toute la nuit Laurence scruta Alice, qui s'était endormie d'un sommeil agité, plongée dans des cauchemars dont il imaginait sans peine les tourments.

En se réveillant, elle se découvrit tout habillé. Seule dans le lit.

Elle se remémora la soirée non sans tristesse.

- Bonjour.

Elle leva la tête et vit Laurence qui était assis dans un fauteuil en train de l'observer. Ses yeux rougis par le manque de sommeil qui ne la quittaient pas. Elle pouvait y lire une grande inquiétude.

- 'jour….

- Comment vas-tu ?

- Je ne sais pas trop…..

- Je comprends….

Elle sourit ironique.

- Ah Laurence, tu comprends toujours tout….

En toute honnêteté, il se sentait le dernier des imbéciles mais Laurence se fit silencieux sachant que tout ce qu'il dirait reviendrait comme un boomerang.

Il se leva pour se rendre à la salle de bains et prit une douche.

Alice se savait vindicative et déchaînée contre Laurence de façon irrationnelle mais accablée par son mal-être.

Il revint une dizaine de minutes plus tard, frais, rasé et habillé de façon décontractée. Une gravure de mode.

Il la regarda.

- Si tu veux, je pars m'installer quelques jours ailleurs, et je te laisse tranquille.

- Pourquoi ?

- J'ai fait ton malheur, j'ai brisé ton rêve, et je suis ton bourreau. Il vaut mieux que je m'éloigne peut-être.

- Tu te défiles ?

Laurence ne voulait pas rentrer dans sa provocation.

- Ça ne marchera pas Alice, ça ne sert à rien, tu sais. Il faudra que tu y arrives toute seule.

- A quoi ?

- A quoi ? A arrêter de culpabiliser, tout simplement !

- Je culpabilise, moi ! Mais moi je n'ai rien caché, je n'ai jamais menti !

- Je ne parle pas de ça…

- De quoi ?

- Tu n'es pas responsable de ton père, de ses actes ! cria t-il.

- Ah non, mais tu ne l'aurais pas trouvé on n'en serait pas là !

- Ah enfin tu l'as dit !

Alice exprimait tout haut ce qu'elle n'arrivait pas à exprimer jusque là. Son imaginaire avait dessiné un père idéal, éloigné d'elle par les aléas de la vie. L'idée que son père se refusait à elle par désintérêt lui était cruel. Ce comportement ne pouvait venir que d'elle. Cette théorie ne la quittait pas depuis sa rencontre avec Colbert.

- Mais c'est vrai, on n'en serait pas là …. Dit elle malheureuse de voir son rêve brisé.

Laurence se doutait de cette ambiguïté qui taraudait Alice.

- J'ai bien compris…. Je pense que je ne peux pas t'aider et tu m'en veux…. Il faut qu'on voie la vérité en face, il y aura toujours ça entre nous. Je t'ai demandé de me pardonner mais tu ne peux pas et tu n'y arrives pas et je te comprends. Je voudrai que tu me comprennes aussi. Qu'aurais tu fait à ma place, ne pas essayer de le trouver ? Tu l'idéalisais tellement ! Je ne pensais pas rencontrer un individu pareil !

- Tu as tout gâché !

- Oui je sais , j'ai bien compris. Mais quand j'ai retrouvé la mère de Baptiste et Louison, ça m'a donné de l'espoir que ton père aurait la même attitude que Mme Sauvage. Elle avait tout perdu, elle n'y arrivait plus et avait peur de mal élever ses enfants. Elle avait juste besoin qu'on l'aide et qu'on lui redonne confiance.

Alice avait eu la même idée quand Mme Sauvage avait fait son mea culpa devant ses enfants. Elle avait fait un parallèle avec sa situation et imaginait un père cherchant la rédemption. Erreur.

Il se rapprocha d'elle. Il caresse son visage d'une main douce et tendre.

- Alice, regarde-moi, s'il te plait. Allez regarde-moi !

Alice levait la tête, une mine affreuse.

- Tu n'es pas comme eux, tu ne seras jamais comme eux, comme tes parents, tu m'entends ! Tu n'as pas ce venin, au contraire. Tu t'es construite toute seule, tu t'es élevée , tu n'as pas ça en toi. Toi tu ne feras jamais le mal, tu n'es pas égoïste,. J'ai ouvert la boîte de Pandore qui t'oblige à affronter des parents sans cœur et tu en es meurtrie. Mais tu ne leur ressembles pas. Jamais.

Alice renifla. Elle essaya enfin d'exprimer ses véritables tourments.

- Mais j'ai leurs gènes en moi. Un jour je peux devenir mauvaise. Je peux porter malheur !

Laurence la regarda avec stupéfaction.

- Jamais de la vie, regarde tous ceux qui t'aiment et qui ont besoin de toi, combien tu es importante. Et moi, tu m'as rendu meilleur, sans toi, je ne suis rien !

- Mais imagine, un jour peut-être je peux devenir comme eux !

Laurence voyait qu'elle tournait autour du pot n'arrivant pas à exprimer clairement ce qui l'a rongée.

- Mais qu'est ce que tu racontes ! Qu'est ce que tu veux me dire ?

- Je suis enceinte…..

Laurence était bouche bée de surprise. Il sourit puis reprit sa concentration tant il comprenait enfin l'extrême sensibilité d'Avril.

Il chercha la provocation sachant qu'il jouait à quitte ou double.

- Tu veux l'abandonner cet enfant ?

Alice le regarda consternée.

- Mais bien sûr que non, t'es fou !

- Tu n'en veux pas ?

- Mais ça ne va pas !

- Tu ne veux pas de moi pour l'élever avec toi ?

- Mais tu racontes n'importe quoi !

- Ce que tu es en train de me dire, c'est que tu vas tout faire pour lui transmettre une certaine idée de la vie, tu vas l'aider à faire ses choix, tu vas lui faire confiance ?

- Oui enfin je crois, je n'ai pas réfléchi à ça.

- Tu vas lui donner une famille, qui va l'aimer l'accompagner le protéger ? Tu vas t'engueuler avec lui ?

- Moui…..

Laurence prit son souffle.

- A un moment, quand je ne pensais plus qu'à toi, je savais que ma vie ne serait réussie qu'avec toi, mon plus grand souhait était d'avoir des enfants avec toi. La mère de mes enfants, ça ne pouvait être que toi. Même si ça n'irait pas tout seul toi et moi. On sera toujours d'accord là-dessus toi et moi. Mais ils seront plus importants que tout.

- Mais si on fait mal les choses ? C'est ma naissance qui est la cause du comportement de mes parents. Ca pourrait m'arriver à moi aussi !

- Tes parents n'ont jamais assumé leurs responsabilités face à toi. Tu as été leur instrument de chantage l'un envers l'autre, ils t'ont tourné le dos. Mais je crois en nous.

Laurence prit son visage entre les mains. Son regard essayait de faire comprendre à Alice combien elle ne leur ressemblait pas. Il reprit.

- Ce sont nos échecs et nos malheurs, toutes ces épreuves qui nous ont construit, qui nous ont rapproché. Ce n'est pas la méchanceté ou l'égoïsme qui te guide, loin de là. Nous on aspire à jamais ne plus revivre le passé Quant à nos enfants, ils ne connaîtront pas le malheur de ne pas être aimés ou abandonnés On fera mal certaines choses. Mais …. Ils auront un foyer, ils seront attendus, protégés et bienvenus.

Bien que rassurée par Laurence, Alice doutait de ses capacités face à son enfant.

- Oui mais on peut se tromper !

- Et bien on se trompera. Qu'est ce qui pourrait leur arriver de pire ? Devenir journaliste ?

- Ohhh c'est drôle ça….

La tension commençait un peu à descendre. Alice n'était pas convaincue de tout cela mais les paroles de Laurence l'apaisaient.

- Depuis combien de temps ? demanda Swan ?

- Quoi ?

- Depuis quand sais tu pour le bébé ?

- Une sensation m'a traversée quand j'étais aux urgences à t'attendre. C'est bizarre…. Mais j'étais presque sûre .

- Alice ?

- Mmmmm

- Est-ce que tu me pardonnes ?

Alice réfléchit.

- Pardonner oui, mais je veux plus que ça, c'est insupportable de devoir vivre tout cela.

- Je sais, je te promets que plus jamais je ne te ferai cela.

- Ya intérêt !

- Alice ?

- …

- Tu dois te protéger de toute cette histoire, je pense qu'il faut en parler et je ne suis pas la bonne personne qui peut t'aider.

- Ouh la j'en parle pas à ta mère ! ni à un curé !

- Non, je parle à un professionnel, un psychologue, quelqu'un qui écoutera, il parait que ça marche.

- Pfffff….

Swan prit Alice dans tes bras, fier d'elle de la savoir si courageuse. Il s'écarta juste le temps de la regarder et prendre ses lèvres dans un baiser où se scellait le premier jour du reste de leur vie. Alice lui répondit en passant ses bras autour de lui et le serrer si fort contre sa bouche pour prendre la force de cet homme, si vital, si important.

- Swan ?

- Mmm ?

- J'ai très très envie de toi ….

Alice avait un regard coquin, alors que ses mains se glissaient sur les boutons de la chemise, en l'écartant pour promener sa bouche sur ce torse encore meurtri

Swan loupa une respiration en sentant les douces caresses de sa femme.

- Tu sais, je ne suis pas encore, comment dire, … complétement rétabli.

- Ne t'inquiète pas, laisse moi faire….

Volontaire, Swan se laissa allongea sur le lit pour sentir sa femme le déshabiller, le caresser, et surtout guérir…..

N'y tenant plus, il prit le contrôle des opérations pour satisfaire également Alice. Lentement et passionnément, ils se retrouvèrent pour réapprendre à se connaître et se reconnaître.

Quelques heures plus tard, ils étaient partis se promener dans ce coin de forêt qu'ils avaient tant aimé en discutant de leurs tourments respectifs, des décisions prises, sans colère mais avec la nécessité surtout pour Alice, de mettre des mots sur ses émotions et rancœurs passées. Construire un futur sur un passé apaisé mais qu'ils n'oublieraient jamais. La cicatrisation était en chemin.

Au hasard d'une consultation chez un médecin, Alice se prit d'intérêt pour un magazine traitant de psychologie. Cela lui rappelait ce que lui avait dit Laurence sur la nécessité de parler. Elle avait traité le sujet à la légère peut être par esprit de contradiction vis-à-vis de Laurence mais en en discutant avec son médecin qui la suivait pour sa grossesse, elle se rendit compte qu'il fallait parfois poser ses bagages selon l'expression du magazine.

Le médecin l'orienta vers une femme, psychologue dont la sensibilité conviendrait mieux à l'état d'esprit d'Alice.

Le premier rendez-vous fut assez bizarre. Le médecin lui conseilla de façon inattendue d'écrire. Un monde de ne pas y avoir pensé pour une journaliste !

Au fil du temps et de leurs échanges, l'aide de cette personne lui fut d'un grand secours pour exprimer ses complexes, son sentiment d'infériorité, le double abandon de ses parents, la peur de s'ouvrir aux autres, de souffrir, le refus de l'engagement, la quête d'affection, la répétition des amours d'un soir, la place de Laurence dans sa vie, dans ses tourments. La nécessité de se faire sa place tout en acceptant l'idée du couple, de la famille, sa peur de devenir mère. Pour accepter aussi, sa place dans la vie des autres, l'importance qu'elle avait dans le regard de Laurence.

La place de l'enfance était fondamentale dans la construction d'Alice comme lui avait dit son médecin. - « On ne guérit pas de ses années d'enfance »

- Oui, lui avait répondu la psychologue mais on s'adapte et on avance et vous êtes un beau spécimen ! L'engagement que vous avez longtemps refusé vient de là notamment. Être abandonné sous quelque forme que ce soit n'aide pas à avoir confiance en l'autre quand bien même cet autre vous attire. On n'a pas envie que cela recommence.

C'est sans doute ce point qui, avec Laurence, les avait éloignés avant de les rapprocher.

Alice se rendait compte que sa vie professionnelle devait prendre un virage également. La tentation de la télévision l'avait titillée mais cela aurait obligé à partir pour Paris. Laurence était prêt à l'accompagner. Cependant instinctivement, elle sentait que ça n'était pas le sens qu'elle voulait donner à sa vie.

Elle était à la fin de son parcours à la Voix du Nord. Enceinte, Laurence ne tenait pas particulièrement qu'elle court la campagne dans cet état. Et Jourdeuil allait encore la mettre dans un placard sans intérêt à faire l'horoscope.

Après en avoir discuté avec Swan et au fil de son analyse, elle sentit le besoin d'écrire sur son vécu, de partager cette expérience, de poser les mots sur des douleurs mais surtout la capacité à apprivoiser le passé. Jourdeuil ne voulait pas se séparer de son Tintin féminin et voulait s'appuyer sur ces compétences. La Voix du Nord développait des suppléments autour des questions féminies face au monde moderne. Jourdeuil voulait qu'Alice conduise ce supplément avec malgré tout l'angoisse de ne pas pouvoir tout contrôler.

Laurence était très fière d'Alice. Elle était enfin convaincue de sa valeur, de sa place dans la vie de ses amis et surtout dans sa vie.

L'arrivée d'un petit Laurence nécessitait quelques changements logistiques. La famille s'installa dans un bel appartement en ville, leur appartement.

Alice s'occupa avec envie à organiser cette nouvelle vie pour sa famille en attendant cet enfant dont elle appréhendait tellement la venue.

- Et s'il ne m'aime pas !

- Alice, attendez l'adolescence pour la haine ! lui dit un jour Alexina.

Une nuit de décembre se pointa, Benjamin Timothé Laurence. En effet, Alice tenait absolument à donner à son fils le nom de son parrain qui l'avait mis au monde au commissariat, dans le bureau de son père !

Benjamin fut baptisé à l'occasion du mariage de son parrain et de sa marraine, Marlène. Il fut également présent au mariage à l'église de son père et de sa mère le même jour. Ils souhaitaient toute leur famille autour d'eux pour partager ce moment de joie et sacraliser solennellement leur union. Alexina était aux anges tenant son petit fils dans ses bras. Son grand frère Thierry, était le témoin de leur père, très élégant dans sa tenue militaire, heureux d'être associé à ce moment.

La naissance de Benjamin avait rassuré Alice sur sa capacité à aimer son fils, comme une évidence. Elle ne se rappelait plus sa vie avant Laurence et désormais avant lui. Grâce à lui, elle puisait une force qu'elle n'aurait imaginé.

Elle partageait ce sentiment avec Laurence. Les prises de bec ne manquaient pas mais les fondations étaient solides.

Elle comprit qu'elle avait construit un foyer le jour où entrant dans leur chambre, elle vit son mari, l'homme de sa vie, cette grand carcasse en admiration devant leur fils lové tranquillement sur sa poitrine, la petite main solidement accrochée aux doigts de son papa.

En levant son regard, Laurence vit dans les yeux d'Alice, le bonheur sur terre et entre eux.

Garçon d'honneur, Benjamin, eut la joie d'ouvrir la marche nuptiale de son oncle Tricard et de sa tante Arlette, élargissant le cercle Laurence. Tante Carmouille était embobinée par le charme du petit hérité de ses parents, mais qui avait échappé jusqu'alors à Tata Arlette !

La photo de famille prise ce jour là trônait encore dans le bureau d'Alice quelques années après avoir été prise. Elle se voyait attendant un troisième Laurence avec dans ses bras sa petite fille, Justine, gigoter et essayer de voler le bouquet de la mariée sous le regard horrifié de son père.

Alice avait désormais trouvé sa voix dans l'écriture, dont le succès se dessinait, très attachée à l'enfance. Elle avait aussi voulu s'intéresser à la cause des juifs spoliés, voulant réparer les errances. Avec l'aide de Gilbert, elle sut raconter l'histoire des familles martyrisées et du devoir de mémoire. Une vie à se réconcilier avec le passé, à se pardonner.

Chaque personne sur cette photo composée le cercle, la famille Laurence, Marlène et Tim et leurs filles, la pimpante Alexina , Tricard et Carmouille, les épouvantails, Thierry son grand fils, bel homme aux traits si proches de son père. Et le noyau dur de sa vie. Les enfants et Swan.

Au même moment, elle entendait arrivait la meute de ses trois enfants, courir vers elle pour l'embrasser.

- Maman, Maman, on a battu Papa à la course !

Le Papa en question était lessivé par le dynamisme de sa progéniture. Le sourire qui lui jeta trahissait son bonheur d'avoir lui aussi fait face au démon du passé.

Il se rapprocha d'elle pour l'embrasser intensément.

- Les enfants t'ont épuisé, semble-t-il….

- Ne t'inquiète pas, je te montrerai combien je tiens la forme dit il d'un sourire coquin. Elle le retint pour l'embrasser.

Swan et les enfants…. Que de chemin parcouru porté par cet homme et sa foi en elle.

On est l'artisan de sa vie se dit Alice. A condition d'avoir les bons compagnons pour y arriver. …..

NB : Voila la fin de cette histoire, j'ai fait du père d'Alice un être tellement abject que je n'ai pas pu le rattraper malgré mes efforts. Mais cela correspond à mon sentiment quand on abandonne ses enfants….

Merci de vos retours. Je n'ai pas la culture de l'écrit, cela a été très pédagogique pour moi. Ca aurait pu certainement être mieux mais avoir conduit l'histoire au bout est une grande fierté pour moi.

A bientôt , peut être….