Hello les choupinous !
Bonne Lecture !
Le chemin de terre crisse sous leurs pas, tandis que Kanon, en tête du groupe, se tourne vers Sarpédon :
- T'es sûr de ton coup ? Je ne vois rien du tout.
- Je me suis référé à la carte d'Aiacos, mais je nous ai téléporté un peu à distance. C'est pas le moment d'attirer l'attention.
Les Terriens, à l'exception de Minos et d'Aiacos, marchent sur le chemin stérile, en direction de la prochaine zone d'intervention d'Albafica.
Depuis qu'ils ont quitté le territoire de Zanbaât pour se retrouver sur la zone « neutre » - ainsi qu'il la qualifie entre eux - Saga et Kanon ont l'impression d'avoir été allégé d'un poids. Avenir parait également soulagé, bien qu'il le manifeste moins que les deux Gémeaux.
Habillés avec les vêtements Anthémiens fournis par Zeus, ils avancent rapidement en direction de leur destination. Ils sont à la fois inquiets pour Albafica, mais également habités par une forme d'impatience à l'idée que l'ancien Chevalier des Poissons soit enfin libéré de son bourreau.
Habitué à sa routine du matin, Albafica achève de se préparer, avec l'aide de Zeus. Le jeune homme a immédiatement remarqué l'absence de Minos, au moment de son réveil. Malgré lui, il a ressenti un pincement au cœur, de ne pas avoir pu se réveiller dans ses bras, même s'il a bien compris l'explication de Zeus : il valait mieux que le Griffon parte aux aurores, pour éviter de se faire remarquer par Grelhart.
- Tu sais s'il revient, ce soir ? demande-t-il finalement.
Dans son dos, le serviteur l'aide à enfiler sa tunique et arrange un plissé :
- Ne vous inquiétez pas de ça, mon Seigneur. Lui, ses amis et moi-même prenons la situation en main. Il reviendra si tout se passe bien. En attendant, vous avez déjà vos propres soucis, donc concentrez-vous sur vous-même et ménagez-vous dans la mesure du possible. Est-ce que la présence de ce Minos vous a fait du bien ?
Albafica prend le temps de réfléchir en comparant son état de la veille au matin, à celui d'aujourd'hui. Il se sent toujours fatigué, presque à bout de forces, néanmoins c'est moins pire qu'hier à la même heure. A n'en point douter, si Minos n'était pas arrivé entre temps, aujourd'hui aurait pu être marqué par un nouvel évanouissement.
- Oui, répond le jeune homme. Je pense pouvoir tenir le coup à peu près toute la journée.
Zeus le contourne et se poste face à lui.
- Tenez bon, Messire, votre calvaire touche à sa fin, souffle-t-il en serrant ses mains entre les siennes.
Le quatuor est arrivé à destination. Il ne leur a pas fallu longtemps pour se mêler à la foule qui patiente en attendant l'arrivée de leur Dieu. Personne n'a semblé les remarquer. En même temps, même si les Anthémiens sont des personnes chaleureuses, surement ne se connaissent-ils pas tous personnellement. Et les vêtements locaux ont réussi brillamment leur mission en les aidant à se fondre dans la masse. Tout semble donc parfaitement se dérouler, comme ils l'espéraient.
- Le voilà ! s'écrie un homme en tendant soudain un bras en direction de la route.
Immédiatement, tout le monde se rassemblent, animé d'une frénésie et d'une excitation empreintes de joie et de soulagement.
Kanon se faufile le premier, impatient de voir Albafica. Il hausse les sourcils, presque amusé en le voyant juché sur une licorne blanche à la crinière bleue.
Woaw… le pire, c'est que ça lui va bien, comme monture.
Il tourne la tête et rejoint son frère, tout en écoutant les louanges chantées par la plupart des gens présents.
Ils suivent le mouvement de la foule qui s'écarte pour laisser passer le Seigneur Aggelos. Le quatuor reste prudemment légèrement en retrait. Ils préfèrent ne pas être placés en première ligne, pour mieux tout observer tranquillement.
- Il a l'air d'aller assez bien, murmure Sarpédon. Mais je sens quand même qu'il n'est pas au mieux de sa forme.
- Vivement ce soir, répond simplement Avenir.
De son côté, Kanon donne un coup de coude à son frère :
- Regarde, toi qui ne l'as jamais vu. Le beau blond à côté d'Alba, c'est Zeus.
Le Dragon des Mers a beau avoir été mis au courant qu'il se trouvait là, ça lui fait tout de même bizarre de voir le Seigneur de l'Olympe au service de son ami. Il le regarde aider Aggelos à descendre gracieusement de sa monture tandis que Saga, les yeux écarquillés, commente :
- Ah ouais… Il est sacrément canon. Je comprends pourquoi c'était l'un des plus grands coureurs de jupons de notre Histoire.
- T'es en couple, mec, lui rappelle Kanon dans un chuchotis.
- De toute façon, ce n'est pas Zeus qui nous intéresse, leur rappelle Avenir à voix basse. Un peu de sérieux, s'il vous plait. Regardez l'homme qui se tient quelques pas derrière eux, celui qui ne se mêle pas tout à fait à la foule. C'est lui, Grelhart.
Tous les regards se posent rapidement sur le concerné.
- Le grisonnant à l'air séducteur ? demande Kanon.
Le Chevalier venu du futur acquiesce.
Saga croise les bras en soupirant :
- Evidemment. Je n'aurais pas parié sur lui, il a l'air sympa.
Il tourne la tête une seconde plus tard, vers son frère en entendant ce dernier émettre un grondement sourd qui reste coincé dans sa gorge, et constate que l'un de ses avant-bras commence à se recouvrir d'écailles bleues. Le visage crispé, le Dragon des Mers cache son bras dans son dos en marmonnant d'un air furieux :
- C'est tout le danger. Il a l'air sympa, mais c'est un enfoiré.
Fort heureusement, personne n'a remarqué leurs échanges et ne semble avoir entendu le grognement de Kanon. Ils sont tous focalisés sur Albafica dont le Dunamis est en action. Durant quelques instants, ils regardent le spectacle de la reconstruction, malgré tout ébahis de le voir reconstruire entièrement une maison neuve, de la cave au grenier, jardin et meubles inclus. Ensuite, ils portent discrètement leur attention sur son bourreau. Sans avoir besoin de se concerter, ils se font tous la même réflexion : lorsque l'homme ne se sent pas observé, il perd quelque peu son air avenant. Ses yeux sont sans cesse fixés sur Aggelos et non sur ses travaux. Son regard le scrute sans cesse, attentif au moindre de ses gestes. Sarpédon frémit en trouvant cette façon de regarder le Seigneur de la Création particulièrement malsaine et angoissante.
- Il cache ses bras ! déclare soudain Kanon à voix basse.
- Pardon… ? De quoi tu parles ? demande Saga.
- Regarde nos vêtements et ceux des autres Anthémiens. Il fait bon et chaud, tout le monde a les bras nus. Sauf lui.
Sarpédon fronce les sourcils en observant leur cible, puis le gens du peuple. Il note que le Dragon des Mers semble avoir relevé un point intéressant. Tous portent des tuniques avec des bretelles plus ou moins épaisses. Quant à Zeus et Albafica, ils ont même une épaule totalement dénudée. Leur homme est le seul à posséder des manches qui s'arrêtent après les coudes.
Les yeux plissés, Avenir hoche la tête :
- Peut-être est-ce un signe indiquant un rang social, mais j'avoue que c'est troublant.
- On continue d'observer de toute façon, souffle le rouquin. D'ici ce soir, on remarquera peut-être d'autres éléments.
Les puissantes pattes de Griffon se posent sur la terrasse de la chambre d'Aggelos. Aiacos saute agilement de son dos et entre directement dans la pièce en affichant un air blasé :
- Fascinant, rien n'a changé. Ah si, il a changé la coupe de fruits, woaw, je suis impressionné. Ah tiens, regarde Minou, s'exclame-t-il en montrant le sol. C'est là que j'ai tué l'autre Minos ! On dirait que Zeus a changé le tapis, depuis. C'est vrai que le sang, ça part pas trop au lavage.
Redevenu humain, Minos roule des yeux en le suivant et prend tout de même soin de contourner ledit tapis :
- On est pas là pour s'amuser.
- Ouais, ouais, je saiiis.
Sans perdre de temps, Minos traverse la chambre et ouvre la porte donnant sur le couloir.
- T'éloignes pas trop, l'interpelle son frère. Même si on a du temps devant nous.
- Ça va, je compte aller directement à l'endroit prévu et attendre. Je ferai du tourisme plus tard.
Lors de la nuit passée, Zeus lui a donné beaucoup d'informations. Puisant dans ses souvenirs, il se dirige vers l'entrée principale du Palais. Le sous-fifre d'Alba a suggéré qu'ils se mêlent à la foule, pour observer Grelhart, dans l'espoir qu'ils remarquent ce qui lui a échappé à lui. En discutant avec ses frères et les autres, Minos a pris une décision radicale : aujourd'hui serait le dernier jour de vie pour Grelhart. Il faut impérativement le tuer. Et s'il décède brusquement, il n'aura pas le temps de donner le moindre ordre à Albafica. Ce à quoi Aiacos avait répondu alors :
- D'accord, mais il vaut mieux éviter une mise à mort publique et brutale. Les Anthémiens ne comprendraient pas. Ils doivent tout ignorer de nos manigances.
Inquiet de la proposition, Saga avait alors ouvert la bouche :
- Albafica ne craint rien si son bourreau meurt soudainement ? Cette enflure ne va pas l'emmener avec lui dans sa tombe ?
- Une éventualité qui n'a jamais eu lieu à mon époque, rappela alors Avenir. Lucéma a largement survécu au trépas de Grelhart.
- Du coup, on le bute où et quand ?! demanda Kanon en claquant des mains d'un air résolu.
La réponse de Minos ne se fit pas attendre :
- Au Palais d'Albafica. Que je sache, il n'y a pas tout le peuple dedans.
- Et pas beaucoup de serviteurs ! renchérit Aiacos. Ils seront soit tous dehors, soit dans les cuisines.
- Parfait ! On s'infiltre au palais et quand l'autre connard se retrouve à portée de main…
Le Griffon ne termina pas sa phrase, préférant mimer le geste de lui briser la nuque.
Les bras croisés et les sourcils froncés, Avenir soupira, l'air quelque peu tendu :
- J'entends bien tout ce plan, néanmoins… Si on le tue sans savoir comment il fait pour contrôler les Dieux Anthémien, on prend le risque que l'histoire se répète un jour…
- C'est une remarque pertinente, approuva Sarpédon en hochant la tête.
Kanon secoua la tête :
- Si on le bute pas par surprise et qu'on tente de le faire prisonnier pour le faire parler, c'est tout aussi dangereux vu qu'on ignore comment il procède. Il pourrait retourner Alba contre nous.
- Le plus important, c'est la santé de Babafica, on est tous d'accord dessus, décréta Aiacos avec sérieux. Ce soir, il doit être libre, qu'on ait -ou pas- les infos sur la façon de procéder.
Minos acquiesça, l'air résolu :
- Alors on forme deux équipes. Une ira sur le terrain et observe Grelhart. L'autre se rend au Palais, prêt à intercepter ce connard dès son retour.
Tout en avançant dans les couloirs de la magnifique demeure d'Aggelos, Minos observe ici et là les pièces qu'il croise. Il doit bien admettre qu'il trouve l'endroit très agréable.
Dire que je trouvais le Palais de Knossos vraiment beau à son apogée, mais il fait pâle figure en comparaison.
Il tourne la tête pour regarder par-dessus son épaule en entendant trottiner derrière lui. Aiacos le rejoint en petites foulées, tout sourire :
- Tout va bien se passer. Les serviteurs se trouvaient en cuisine, je les ai endormis. Ils seront K.O jusqu'à ce soir, largement.
- Seulement trois… ? relève le Griffon avec étonnement.
- Crois-moi, ça suffit amplement ici.
Un peu perplexe, Minos n'ajoute rien. Arrivé dans le hall du palais, il s'adosse contre un mur en sachant que maintenant il n'a plus qu'une chose à faire : attendre patiemment.
On se retrouve vendredi prochain pour le chapitre 30 !
