Cette histoire est une traduction de Blood Is, d'eiahmon, traduite et publiée avec son accord.
Bonne lecture !
A/N : Mesdames et Messieurs, bienvenus à la partie 3 de Blood Is. Veuillez vérifier que vos sièges et vos petites tables sont relevés et verrouillés, et gardez vos membres à l'intérieur du wagon tout au long du voyage. Je vous souhaite un agréable moment.
1.
Trevol Belmont riait tout seul en trottinant le long du couloir animé qui menait à l'aile privée de la maison où vivaient les adultes. Il jeta un petit regard en arrière pourvoir John, qui le suivait à un rythme plus lent, et gloussa à nouveau quand l'homme lui sourit. Il regarda devant lui…
… pour rentrer dans une paires de jambes. Trevor trébucha alors que le propriétaire des jambes s'arrêtaient.
« Fais attention, Trevor. » Dit Julia, la femme de Cousin Adelar, avec un sourire amusé. Trevor lui sourit et la dépassa, l'écoutant saluer John alors qu'ils continuaient leur chemin.
D'ici il était rapide d'atteindre les appartements de Papa, et les hommes à la porte lui sourirent en le laissant entrer. John resta dehors dans le couloir, et Trevor se glissa avec joie à l'intérieur vers la chambre à coucher. Papa dormait la journée pour quelques raisons, mais il se réveillait toujours quand Trevor lui rendait visite, sans jamais se mettre en colère. Parfois, les autres adultes de la maison étaient fâchés quand il les dérangeait, mais jamais Papa, il était toujours heureux de le voir.
Trevor passa la porte de la chambre, et Papa remua, se tournant vers lui, et sourit en ouvrant les yeux. Il ouvrit les bras, et Trevor ravi se dépêcha de grimper dans le lit et de se coller contre lui. Le bras de Papa l'entoura, et Trevor savoura la sensation. Il adorait faire des câlins à son papa, qui le lui rendait bien.
« C'est mon anniversaire aujourd'hui ! » Annonça-t-il.
Papa lui sourit à nouveau. « En effet. »
« J'ai cinq ans maintenant Papa, et Grand-Papa dit qu'on faire une fête plus tard. »
« Je sais. Il me l'a dit avant de te le dire. »
« Tu seras là, pas vrai Papa ? »
« Bien sûr que oui. » Papa lui tapota le nez, lui tirant un gloussement. « Je ne raterais ça pour rien au monde. »
Les mots de Papa rendirent Trevor tout guilleret. « Gramma dit que je commence les leçons demain. » Il fronça les sourcils avec confusion. « Que sont les leçons ? »
Papa rit. « Tu le découvriras demain, Trevor. »
« Mais Papa, je veux le savoir maintenant. »
Papa se contenta de rire à nouveau. « Ce n'est rien de méchant, je te le promets. Je les ai eu, tout comme tes grands-parents. »
Pourquoi papa riait ? Faisait-il une blague ? « Arrête de te moquer de moi, Papa. »
Papa cessa lentement de rire. « Oh, enfant, je ne me moque pas. Les leçons sont ce qui te permet d'apprendre des choses, comme lire et écrire. »
« Comme toi et Grand-Papa ? »
« Tout à fait. Tu vas apprendre beaucoup de choses grâce à ça. Elles peuvent être un peu ennuyantes, mais je suis sûr que tu les aimeras. »
« Les as-tu aimé ? »
« Quelques unes. Maître Liam faisait de son mieux pour rendre les choses intéressantes, mais je préférais de loin mes leçons de combat. »
« Quand est-ce que j'aurais celles-là ? »
« Je ne sais pas. » Papa fronça les sourcils. « Je vais devoir en parler à ton grand-père. Maintenant, je suis certain qu'il y a d'autres choses que tu pourrais être en train de faire. »
« J'aime être avec toi. »
Papa sourit encore. « Et j'adore quand tu viens, mais tu devrais être dehors et t'amuser, pas rester allonger ici avec moi. Je te verrai ce soir. »
Papa l'embrassa, et Trevor prit soin d'en profiter un maximum avant de faire un bisou sur la joue de Papa. Papa lui fit un geste pour qu'il déguerpisse, et il descendit du lit et sortit de la chambre. Il verrait Papa à la fête de ce soir.
Delilah couinait et gazouillait, depuis son perchoir sur le bras et l'épaule de Gabriel, alors qu'il marchait dans les couloirs en direction du petit salon, où tout le monde allait se rassembler pour l'anniversaire de Trevor. Déjà, il percevait les battements de cœur de sa famille, ainsi que ceux des nombreux serviteurs qui offraient des boissons et de la nourriture. Il pouvait également entendre des vois discutant, ainsi que des rires et des bruits de toasts. Avaient-ils commencé sans lui ? Les journées devenaient progressivement plus longues avec l'arrivée de l'été, mais elles étaient toujours suffisamment courte pour qu'il soit debout avant que tous n'aillent au lit. Il pencha la tête en marchant pour écouter. Le battement de cœur de Père, à côté de celui de Mère et de Trevor. Tobias, Kritina, leur fille Anna et leur fils de deux ans, Mathew, étaient aussi présents, près de Mère et Père. Peter et Sonja étaient plus loin. A la surprise de Gabriel, Cordrin et Eva étaient là aussi, ainsi que Cousin Stefan et sa femme, Dania. Il s'attendait à ce qu'ils utilisent la moindre excuse pour ne pas se présenter, puisque Cordrin ne dissimulait nullement son dégoût quant à la présence de Gabriel et de Trevor dans la maison. Évidemment, Julia et Adelar étaient présents, ne serait-ce que parce que Julia adorait Trevor et aurait forcé Adelar à marquer l'occasion qu'il le veuille ou non. En revanche, leur fils et leur fille de 15 mois étaient sereinement endormis dans la nurserie.
Gabriel secoua la tête, faisant couiner d'agacement Delilah quand ses cheveux lui fouettèrent le visage. Elle avait grandi depuis qu'il l'avait ramené ici, et elle faisait aisément deux fois la taille de sa main sans les griffes. Il la caressa en continuant son chemin, mais marqua une pause quand deux battements de cœur se mirent à accélérer. Il fronça les sourcils en les écoutant : l'un appartenait à un serviteur, qui allait vers une crise cardiaque à ce rythme. Le second était celui de Cordrin, mais l'homme ne bougeait pas et il n'entendait aucune dispute. Pourquoi le rythme cardiaque de son oncle augmentait ? Était-il anxieux ? Que pouvait-il… ?
Le cœur de Père accéléra.
Et quand les premiers cris atteignirent les oreilles de Gabriel, il courait déjà à toute vitesse vers le salon.
Wolfram riait aux blagues de Peter quand il tendit son verre de vin pour que le serviteur à côté de lui le remplisse. Il sentit, sans regarder, que son verre lui était pris des mains, et quelques secondes plus tard il lui fut rendu, bien qu'il remarqua que la main du serviteur tremblait tellement que des gouttes de vins débordèrent. Il fronça les sourcils en prenant son verre et en le portant à ses lèvres : les contours du verre étaient humides, comme si l'homme suait énormément. Etait-il malade ? Il prit une gorgée de vin et remarqua qu'il semblait plus amère que d'habitude, mais l'ignora et prit une nouvelle gorgée.
Il cilla, surpris, alors que la pièce semblait tourner sur elle-même. Il ferma les yeux et secoua la tête, mais cela ne fit qu'empirer. Il sentit que son visage chauffait en prenant une nouvelle gorgée de vin. Peut-être devait-il s'excuser et aller s'allonger ? Il n'était plus tout jeune après tout. Mais non, c'était l'anniversaire de Trevor, et son unique petit-fils serait déçu s'il partait aussi tôt. Il avala une énième gorgée pour apaiser sa tête, mais son cœur sembla soudainement vouloir abattre ses côtes, et la pièce et les gens devinrent flous et déformés autour de lui.
« Wolfram ? » La voix d'Edeline venait de sa gauche, et il se tourna vers elle. « Wolfram, tout va bien ? »
Il sentit sa respiration ralentir. Qu'est-ce… Que se passait-il ?
« Wolfram ! »
Il ne parvenait pas à répondre : ses pensées s'égaraient dans tous les sens sans qu'il puisse les exprimer. Ses yeux errèrent autour de la pièce, et bien que sa vue soit brouillée et que tout semblât tanguer et tourner autour de lui, il parvint à voir le sourire satisfait de son frère.
Il bondit sur ses pieds, mais sa tentative de crier le nom de Cordrin s'étouffa en un magma de bredouillis. Son verre à moitié vide glissa de ses doigts et se brisa au sol, et le son lui sembla plus fort que son cœur battant la chamade alors que les ténèbres envahissaient sa vision. Tombait-il ? Il ne savait plus. Il ne voyait plus la pièce. Tout ce qu'il entendait était son cœur, qui ralentissait, ralentissait, ralentissait…
« Père ! » Gabriel ouvrit les portes avec suffisamment de violence pour les sortir de leurs gongs, alors que le cœur de son père luttait pour continuer de battre. Père était allongé sur le sol, Mère pleurant à ses côtés. Le reste de la pièce était debout, immobile, horrifié. Gabriel bondit et se retrouva au sol à côté de ses parents.
« C'est trop tard, Gabriel. » Sanglota Mère. « Nous ne pouvons plus rien faire. »
Le cœur de Père rata un battement, et celui de Gabriel se glaça. « Non ! » Cela ne pouvait arriver ! Trois ans, trois ans avec les parents qui l'avaient perdus, qui avaient traversé Château Bernhard seuls pour le récupérer. Il ne pouvait pas perdre l'un d'entre eux aussi vite !
Quelqu'un tenta de le tirer loin de son père. « Gabriel, » il reconnut à peine la voix de Tobias, « il n'y a rien à faire. Trevor a besoin de toi maintenant. »
Gabriel repoussa brusquement Tobias et ne prêta aucune attention au bruit de l'homme qui s'écrasait contre le mur derrière eux. « Non ! Je ne le laisserai pas mourir ! » Son sang, son sang pouvait aider ! Sans réfléchir ni hésiter, il mordit profondément dans son poignet droit et porta la blessure sanglante contre la bouche ouverte de Père. L'épais liquide rouge ruisselait de la morsure et éclaboussait les lèvres et le menton de Père, mais la majorité entrait dans sa bouche. « Vis ! Ne me laisse pas ! »
Les yeux de Père étaient écarquillés et le marron effacé de ses iris était à peine visible autour de la pupille dilatée. Sa poitrine se soulevait à peine, et Gabriel se concentra sur le cœur chancelant, le sommant de continuer, de ne plus ralentir, mais alors que son sang ne cessait de couler, le coeur de cessait de ralentir. Il rata un battement, ralentit, tressauta, reprit quelques secondes, tressauta à nouveau, avant de cesser. Gabriel attendit, le suppliant silencieusement de se remettre à battre comme l'avait fait le sien après avoir bu le sang de Laura, et il se blessa l'audition en cherchant le moindre bruit, mais il n'y avait rien. Père était immobile et silencieux, et Gabriel secouait la tête de déni tandis que sa vision devenait flou et que quelque chose d'humide dégoulinait le long de sa joue.
« Père ? » Murmura-t-il. « Père, je t'en prie. »
Rien, Rien, sauf les lamentations de Mère à côté de lui.
« Meurtrier ! » cracha une voix derrière lui, et Gabriel tourna la tête vers son oncle qui le foudroyait du regard.
« Quoi ? » Il était confus : il avait essayé de sauver Père, pas de le tuer.
« Ton père a tout risqué pour te ramener à la maison, et ce n'était pas assez pour toi ! » Gronda Cordrin, Gabriel se relevant lentement pour lui faire face. « Tu voulais plus ! Tu voulais ce que tu ne pouvais pas avoir tant qu'il se tenait sur ton chemin ! Alors tu l'as empoisonné de ton sang maudit pour te débarrasser de lui ! »
« Quoi ? Non ! J'essayais – »
« N'essaie pas de le nier, vampire ! Nous savons tous ce qui s'étend dans les ténèbres de ton cœur ! Tu as assassiné ton propre père pour obtenir son pouvoir ! Pour toi et ton engeance ! »
« C'est faux ! Je ne l'aurais jamais fait ! » Gabriel n'arrivait pas à en croire ses oreille. Pourquoi personne ne le défendait-il ? Il n'avait pas tuer Père en essayant de le sauver, n'est-ce pas ?
Cordrin lui cracha au visage, et Gabriel recula devant son oncle. « Mon frère est mort ! Par ta faute ! »
Les yeux de Gabriel quittèrent son oncle pour chercher le reste de la famille, ses cousins, sa mère. Mère était toujours au sol, effondrée près du corps de son mari, en larmes. Tous les autres fixaient Père en silence, et lentement, leurs yeux effarés le fixèrent lui. Personne ne dit rien, et Gabriel tressaillit sous le poids de leurs regards.
Derrière lui, le son d'une épée que l'on tirait. « Maintenant, » continua la voix de Cordrin, « il est temps de faire ce que ton père n'a pas eu le courage de faire quand il t'a trouvé dans ce château. »
Dans la foule, Gabriel trouva le visage terrifié et en larmes de Trevor, et il réagit sans réfléchir. « Non ! » Il courut en avant, repoussant les autres de son passage sans s'en soucier, attrapa Trevor dans ses bras et se précipita hors de la pièce. Delilah parvint à s'accrocher à sa manche alors qu'il fuyait.
« Arrêtez-le ! » L'ordre retentit derrière lui, et Gabriel ne ralentit pas alors que le bruit de plusieurs pairs de jambes le suivait. Sa rapidité vampirique le servit bien, et il n'était qu'une ombre alors qu'il courait dans les couloirs vers l'entrée principale. Les derniers vestiges des rayons solaires disparaissaient de l'horizon et Gabriel fuyait à nouveau un endroit qu'il avait appelé maison.
Cordrin combattait un sourire en regardant son neveu fuir la pièce en emmenant Trevor. Il ordonna aux gardes de le pourchasser, bien qu'il sache qu'il serait impossible de rattraper le vampire. Toutefois, cela le chasserait de la maison. Il observa la pièce, silencieuse mis à part les pleurs pathétiques de sa belle-sœur, et rencontra le regard de son fils. Comme toujours, le faible garçon fana sous son regard et s'approcha de sa tante.
« Ma tante, » dit Adelar du ton doux qui faisait grincer les dents de Cordrin. Quand donc cet enfant inutile cesserait d'être aussi tendre ? « Ma tante, il est parti. Lâchez-le, que l'on puisse s'occuper de lui. » Kristina et Sonja s'avancèrent, et ensemble elles arrachèrent Edeline au corps ensanglanté de son mari et l'emmenèrent hors de la pièce. Un ordre rapide d'Adelar fit se secouer les serviteurs qui s'affairèrent pour obéir. Wolfram fut porté hors de la pièce sur une litière, et Cordrin se sentit sourire à cette vue.
« A présent, », dit-il à Adelar, « ce vampire est hors de notre chemin. Que vas-tu faire à son sujet ? »
Adelar le fixa stupidement. « Quoi ? »
« Tu es le Seigneur Cronqvist désormais, garçon ! » Siffla-t-il. « Et ce vampire vient d'assassiner ton oncle ! Que vas-tu faire à ce sujet ! »
« C'est n'importe quoi, et vous le savez ! » la voix de sa belle-fille était stridente, et Cordrin grinçait encore des dents en se tournant vers elle. Elle le foudroyait du regard, ses yeux marrons étincelants. « Gabriel ne ferait jamais une chose pareille ! » Il lui lança un regard terrifiant, mais au contraire de son lâche de mari, elle n'avait jamais reculé face à lui, quelque chose qu'il allait devoir changer dans le futur prochain. Il ne pouvait permettre que son fils écoute qui ce soit sauf lui. « Il essayait de le sauver, pas de le tuer ! »
Cordrin se contenta d'observer son fils, et le garçon céda et entraîna sa femme hors de la pièce.
« Ce n'est pas juste, Adelar ! » continua-t-elle alors qu'ils sortaient, et Cordrin se mit une note mentale pour s'occuper de son cas le plus tôt possible. Il serait suspicieux d'avoir deux morts aussi rapprochées, mais il avait enfin Adelar là il le voulait, qu'il soit maudit s'il la laissait interférer. Lorsque leurs voix eurent disparues, Cordrin sortit enfin. Il avait une lettre à écrire, puis il devait s'assurer que personne ne pourrait intervenir.
