Et nous voilà de retour dans l'histoire principale! :) Voici le chapitre 28 (19 dans la version anglaise sur AO3)
RESUME des évènements précédents: Harry, maître de la mort, est réincarné en Marcaunon dans le passé. Accompagné de Mort (la mort, littéralement) il grandit, voyage dans les dimensions, donne naissance à la réincarnation du Voldemort de sa ligne temporelle originelle, devient professeur de Potion à Poudlard et est engagé (un peu contre son grès) comme Mangemort. De temps à autre, il torture un moldu ou l'autre dans les donjons de Poudlard. Une vie de tout repos quoi. Dans le chapitre précédemment, il a reçu la Marque des Ténèbres... du mois, c'est ce que Voldemort, qui crush complétement sur son nouveau Maître de Potion, croit.
Une bonne lecture!
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Chapitre 28
Tu ne peux pas te cacher pour toujours !
Date: 31 Mai 1967
Localisation: Poudlard, Chambre de Marc
Plongé dans les tréfonds de son palais spirituel, il ouvrit lentement les yeux. Cela faisait un moment qu'il n'avait plus trié ses souvenirs et mis de l'ordre dans son esprit. Il fallait remédier à cela au plus vite. Plus il attendait, plus ses souvenirs risquaient d'envahir ses rêves… ce qui pourrait s'avérer désastreux pour ceux autour de lui.
Son palais spirituel était, comme d'habitude, sombre et rempli d'orbes bleues flottantes. Marcaunon parcouru des rangées et des rangées d'étagères où se trouvaient des milliers d'orbes en verre, contenant chacune un souvenir. La ressemblance avec la salle des prophéties du Ministère était frappante. Les serpents qui gardaient les lieux ne posèrent aucun problème au nouvel arrivant, conscients qu'il s'agissait leur créateur. Quand il trouva enfin une étagère vide, il s'arrêta devant et la fixa des yeux, immobile.
La technique pour créer ses orbes de souvenirs était similaire à celle utilisée pour enregistrer les prophéties, et Marcaunon était le seul à pouvoir les toucher. Si – et c'était un SI majuscule – quelqu'un d'autre tentait de s'en emparer (après avoir miraculeusement survécu aux gardes), la douleur et la haine transmise au toucher par ses orbes rendrait l'intru fou à lier. Il s'enfuirait en courant de son esprit… si ses serpents ne parvenaient pas à le mordre avant ça, bien entendu. Les défenses mentales de Marcaunon étaient parfaites. Ce n'était pas de l'arrogance: c'était la vérité.
Il tendit la main droit, palme vers le haut, et se remémora la fois où il avait assumé l'identité d'Ignatius Rose afin de se rendre à la rencontre de Voldemort.
Il n'avait plus eu le temps de mettre de l'ordre dans sa mémoire depuis lors, ayant été débordé de tous côtés. Il eut besoin d'un instant pour se souvenir des sensations, de son état d'esprit et de son environnement lors des événements. Au bout d'un moment, une orbe d'un bleu brillant apparut dans sa main.
Avec grande prudence, il plaça la nouvelle orbe sur l'un des pieds qui occupaient l'étagère. Il ne souhaitait pas causer plus dégâts dans son esprit par pure maladresse (c'était déjà arrivé). Briser une orbe revenait à briser un souvenir.
« Je dois vous avertir, Maître. » Dit l'un de ses serpents gardiens.
Agacé, il plissa les yeux sans quitter la magnifique orbe bleue du regard.
« Quelque chose ne va pas? »
« Il y a quelqu'un d'autre ici, » Ceci attira l'attention de Marcaunon. « Nous ne savons pas quoi faire, Maître. »
« Qui que soit cet intru, détruis-le, comme d'habitude. » Répondit-il d'une voix dure et tranchante. Le serpent se recroquevilla sur lui-même mais persista.
« Mais Maître… Il est spé… »
« Intéressant. »
Marcaunon tourna la tête en direction d'où venait la voix. Celle-ci avait utilisé la langue des hommes, non des serpents. Le gardien à ses côté siffla afin de mettre l'intru en garde, mais ne fit pas mine d'attaquer, au grand mécontentement de Marcaunon. Contrairement à la façade qu'il présentait à Poudlard, son vrai tempérament n'était ni patient, ni tolérant. Dans son esprit, il ne portait aucun masque ce qui signifiait qu'il pouvait se montrer agressif et colérique, même envers ses propres créations.
Le serpent dut sentir sa colère, car il dévoila enfin deux crocs dégoulinants de venin.
« Qui êtes-vous et comment êtes-vous entré ici »" demanda-t-il en laissant échapper un grognement, ses yeux virant au pourpre sous l'effet de sa colère.
Lorsqu'il s'était retiré dans son palais spirituel, il se trouvait à Poudlard, dans sa chambre par Merlin !
Personne n'aurait osé (et n'aurait pu) entrer dans sa tête alors que Marchiosas se trouvait à ses côté : son fils avait installé des barrières qui le préviendraient dès que quelqu'un entrerait. Marcaunon avait prétendu n'avoir rien remarqué, étant donné qu'un enfant de sept ans n'était pas supposé maîtriser une telle magie.
Les chances qu'il soit légilimensé? Zéro.
Cet homme, car il s'agissait bien d'un homme, était recouvert d'ombres, ce qui n'avait rien de surprenant étant donné que son palais spirituel était plongé dans l'obscurité. Il ne pouvait pas voir les traits du visage de l'intru, mais la voix lui semblait familière. Toutefois, il ne parvenait pas à se souvenir de quand et où il l'avait entendue.
L'homme haussa les épaules. Son audace fit grimacer Marcaunon.
« C'est à cause de toi que je suis là – c'est toi qui m'a appelé. » Fut la non-réponse de l'homme. Selon Marcaunon, il semblait bien trop amusé. Il détestait lorsque les gens lui parlait de la sorte, à moins qu'il ne s'agisse de Mort.
« Je n'ai appelé personne, et vous feriez mieux de déguerpir, à moins que vous ne souhaitiez perdre le peu d'intelligence qui vous reste. »
Car seuls les imbéciles oseraient trépasser dans son esprit.
L'homme rit et s'approcha d'un pas. Les ombres ne recouvraient à présent plus que la partie supérieure de son visage. Le sourire qu'affichait l'intru agaça Marcaunon. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus ressentit une telle soif de sang.
« Je vais vous donner un dernier avertissement. » Les serpents qui les avaient rejoint durant leur conversation entouraient désormais l'homme, prêts à se jeter sur lui. « Partez, ou je vous y forcerais moi-même. »
En un instant, l'intru disparut avant de réapparaître juste devant Marcaunon. Le visage de l'homme lui apparut alors clairement. Marcaunon écarquilla les yeux en le reconnaissant.
L'intru, en revanche, se contenta de caresser tendrement la joue balafrée de Marcaunon du bout des doigts , un sourire triomphant sur les lèvres.
« Je t'ai enfin trouvé, Marcaunon Gaunt. » Dit Voldemort avant de disparaître de son esprit, laissant derrière lui un Marcaunon chamboulé et un groupe de serpents qui s'enfuirent à toute vitesse. Ils savaient que leur créateur ne tarderait pas à leur faire regretter leur incompétence.
Il se réveilla en sursaut et s'assit brusquement sur son lit. C'était un rêve. Un maudit rêve. Il était impossible que Voldemort ait eu accès à son esprit alors qu'une telle distance les séparait. C'était… tout… simplement… impossible… Qui tentait-il de convaincre!? Si quelqu'un pouvait pénétrer dans son esprit, il s'agissait bien de Voldemort, pour la bonne et simple raison qu'il pouvait lui-même entrer dans la tête du Seigneur des Ténèbres ! Quelle naïveté, de penser que leur lien ne fonctionnait que dans un sens…
Il sursauta lorsqu'une petite main se posa sur son avant-bras et la frappa. Une exclamation de surprise lui parvint aux oreilles mais il n'y prêta pas attention, s'éloignant rapidement de la personne qui se trouvait à côté de lui. Son inquiétude l'empêchait de penser clairement.
« Maman? Qu'est-ce qu'il y a? » La voix, aigüe et anxieuse, le ramena à la réalité et il plongea les yeux dans le regard d'un mini Seigneur des Ténèbres très inquiet.
Il ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma aussitôt. Il ne savait pas comment expliquer la situation à son fils. Sans lâcher des yeux ses propres mains, posées sur ses genoux, il eut la soudaine sensation d'être complétement perdu. Il sentit plus qu'il ne vit son fils l'approcher et, quand ce petit corps fut assez près, il le prit dans une ferme embrasse, enfonçant son nez dans le nid de cheveux de Marchiosas. L'odeur de son fils avait toujours réussi à l'apaiser.
Des bras fins entourèrent ses épaules, comme pour le consoler, et il sentit enfin l'anxiété déserter ses muscles.
« Ce n'était qu'un cauchemar. » Il refusait d'accepter que cela puisse être autre chose qu'un cauchemar.
OOOO
Une fois Marchosias enfin rendormi – dieu merci, les jeunes enfants avaient besoin de davantage de sommeil que les adultes – Marcaunon sortit de sa chambre et alla s'installer dans son bureau. La seule manière de quitter leurs quartiers sans alerter son fils était de voyager via les portails de Mort. Les barrières de Marchiosas étaient à la fois rassurantes et ennuyantes.
« Maître. » L'apparition soudaine de Mort le surprit plus qu'il n'était prêt à l'admettre. « Excellent Timing. »
« Un problème? » Il alla s'asseoir dans un fauteuil et se tourna vers l'entité.
« Ma présence est requise autre part. Je dois donc quitter cette dimension pour une durée indéterminée. »
« Quoi!? » Il se leva de son siège, l'air inquiet et confus. Savoir que Mort pouvait apparaître à ses côtés à tout moment avait toujours été une source de réconfort. « Tu ne peux pas utiliser ta magie temporelle, comme lorsque nous avons voyagé dans la dimension avec les zombies? »
« Bien que je répugne à l'admettre, il y a une certaine quantité de dimensions dans lesquelles ma magie temporelle, comme vous l'appelez, ne peut pas être activée – à moins de vouloir détruire cette même dimension. C'est dans un de ces endroits que je dois me rendre. Navré, Maître. » Mort semblait lui-même mécontent de devoir le quitter. Cette information le rassura quelque peu.
Il savait qu'il faisait preuve d'égoïsme en demandant à Mort de rester à ses côtés alors que celui-ci avait un travail plein temps, mais il dépendait bien trop de l'entité. Sans Mort, le simple fait de sortir de cette pièce l'emplissait de terreur. Savoir que Voldemort était à sa recherche n'arrangeait rien. Il ne voulait pas que l'entité parte, mais il ne pouvait pas l'en empêcher.
Tandis qu'il était perdu dans le chaos de ses pensées, le regard de Mort s'adoucit. L'entité s'avança et passa une main dans ses cheveux. Marcaunon se pencha en avant et ferma les yeux, profitant du contact. Plus qu'un serviteur, Mort était à la fois un père et un frère à ses yeux. Autrefois, dans son monde d'origine, il avait considéré Voldemort de la même façon… bien qu'il ne l'avouerait jamais à personne.
« Peux-tu me dire… pourquoi on a besoin de toi là-bas ? »
« Il y a un objet, dans cette dimension, qui pourrait enclencher des évènements catastrophiques. Et avant que mon Maître ne me pose la question j'ai, effectivement, créé une entité qui est en charge de l'équilibre des âmes – et de l'administration. Cependant, celle-ci ne peut pas intervenir dans le domaine des mortels. J'aurais dû m'emparer de cet objet à l'instant même où il a été créé, mais son artisan n'ayant pas l'intention de s'en servir, je le leur ai laissé. À présent, il est tombé entre les mains de quelqu'un qui pourrait bien détruire l'ensemble de cette dimension… et je dois donc le récupérer. »
Un éclat d'intérêt apparut dans les yeux de Marcaunon, au grand effroi de Mort.
« Une fois récupéré, je le détruirai. » Ajouta rapidement l'entité.
En entendant cela, Marcaunon se mit à bouder. Soit Mort pouvait entendre ses pensées, soit il était plus facile à lire qu'il n'imaginait.
« Pourquoi? » Pleurnicha-t-il, sans se soucier de son âge physique ou mental.
« Parce que sinon, Maître risque de s'en servir pour détruire la dimension des zombies. »
« Pourquoi ferais-je une chose pareille? » Il afficha une expression de pure innocence, ses yeux brillant d'une naïveté enfantine.
« Afin de pouvoir passer plus de temps avec le jeune maître… et de se débarrasser d'une quantité considérable de paperasserie. » rétorqua Mort. Comme si les yeux de chaton de son maître avaient un effet sur lui il était immunisé depuis le temps.
« Tu lis mes pensées! » L'accusa Marcaunon.
« Les expressions de Maître sont identiques à celle d'un enfant de bas âge, pour un être comme moi. » Répondit sèchement Mort.
« Et ne tentez pas de changer le sujet. Je connais suffisamment mon Maître et ne saurait être trompé de la même façon que les mortels. »
Marcaunon laissa tomber son masque, révélant du désespoir à l'état pur.
« Je… Je ne veux pas que tu partes, mais je sais que tu dois accomplir tes devoirs… Je le sais, mais… Mais! » Il se tira violement les cheveux. Quel égoïste il faisait.
Mort le prit dans une étreinte qu'il retourna sans hésitation. Il inspira l'odeur de Mort : une odeur de sang, terre et surtout, mort. Il s'agissait d'un parfum familier, qui l'avait bercé durant toute son enfance à l'orphelinat.
« Est-ce que je peux venir avec toi? » demanda-t-il d'une petite voix, tout à fait hors de caractère pour lui, en enfonçant son visage dans la chemise de Mort. Il n'appréciait jamais autant sa petite taille que dans ce genre de situations.
« Et le petit maître? Maître espère que sa progéniture l'attende sagement ici, sans explications, en se tournant les pouces? »
« Je pourrais laisser une note… »
« Il sera fou de rage. »
L'un dans les bras de l'autre, il restèrent silencieux un long moment. Marcaunon savait que son fils pouvait se débrouiller tout seul, Marchosias avait plus de septante ans après tout, mais il savait également que son fils ne le lui pardonnerait jamais s'il disparaissait soudainement de la face du monde.
« Il peut nous accompagner. » Dit-il d'une petite voix, manquant le sourire triomphant qui apparut sur les lèvres de Mort. « Il peut venir avec nous. »
Mort lâcha son Maître et le guida vers le sofa avant de l'attirer sur ses genoux. Il prit tendrement son visage entre ses mains et le força à le regarder dans les yeux.
« Maître devra expliquer au petit maître comment nous sommes capables de voyager entre les différentes dimensions. »
Marcaunon sembla hésiter un instant mais se ressaisit rapidement. Une lueur déterminée apparut dans ses yeux.
« Je trouverai quelque chose. » Il baissa brièvement les yeux avant de les relever vers Mort et de lui demander d'un air timide, « Si ça ne te dérange pas, bien sûr. Je ne voudrais pas te déranger en plein travail. »
« Comme si Maître pouvait me déranger. » Death rit, une expression tendre et amusée sur le visage.
« Je vais informer le Directeur de notre départ dans ce cas. Combien de temps penses-tu que nous mettrons pour retrouver cet objet? »
« Probablement un année, au maximum. »
Il huma d'un air pensif. Mort venait de lui offrir – inconsciemment – la parfaite opportunité pour s'éloigner de Voldemort, bien qu'il ne l'avouerait jamais à l'entité. Celle-ci avait la désagréable habitude de lui dire de faire face à ses peurs. Or, il préférait remettre cette peur particulière à plus tard. Juste… un peu plus tard.
« Pendant que je m'entretiens avec Dumbledore, pourrais-tu informer Chaos de cette escapade familiale improvisée ? »
Convaincre Dumbledore ne serait pas difficile, mais il devait aussi s'assurer de conserver sa position à Poudlard. Il n'avait pas envie qu'on le remplace, après tout. Il aimait cet endroit… et il aimait enseigner. « Oh! Et n'oublie pas Suki et Mana. »
« Très bien, Maître. » Mort déposa un baiser sur son front avant qu'ils ne disparaissent tous les deux.
OOOO
Il entra dans la chambre de son Maître, sachant que les barrières magiques alerteraient le petit maître de sa présence. Comme prévu, l'homme rajeunit se réveilla et s'étira aussitôt que Mort mit un pied de l'autre côté de la porte.
« Mort? » Dit Marchosias d'une voix encore endormie en se frottant les yeux avec ses petits poings. Même Mort devait admettre qu'il faisait un spectacle adorable. Il retint un roucoulement. Il se souciait de sa dignité après tout, contrairement à son maître.
« En effet, Petit Maître. Maître souhaite que vous vous prépariez. »
« Puis-je savoir pour quoi? Il est encore… » Il se tourna vers l'horloge qui se trouvait sur sa table de chevet. « …Si tôt. »
« Mes occupations nous forcent à déménager. »
Ceci suffit à réveiller pleinement Marchiosas.
« Mère a démissionné de son rôle de professeur de Potion? » Demanda-t-il d'un ton soucieux, malgré un visage qui ne laissait rien entrevoir.
« Maître prend un congé sabbatique, et puisque mes devoirs m'obligent à m'en aller, Maître a décidé de me suivre. Voyez ça comme des vacances en famille, Petit Maître. »
Un éclat de suspicion apparut dans les yeux rubis du jeune garçon. Marchiosas était un génie, Mort n'en doutait pas une seconde. Il devait se douter que quelque chose était étrange étant donné que Mort pouvait se déplacer à sa guise grâce à son mode de transport.
« Le Petit Maître désire-t-il de l'aide pour prendre son bain? » Il profita de sa capuche pour dissimuler un sourire. Il savait pertinemment que Marchiosas détestait être traité comme un enfant. Cela le distrairait.
Comme il s'y attendait, Marchosias le fusilla du regard et jeta un coussin dans sa direction. Il l'évita aisément en faisant un pas de côté, les mains dans les poches. Laissant échapper un soupire, le fils de son maître sauta du lit et se dirigea vers la salle de bain.
En l'attendant, l'entité se mit à fredonner une marche funèbre, une habitude qu'il avait acquise en fréquentant son maître. Être immortel faisait des miracles pour la patience de quelqu'un. En ajoutant à cela le fait que Marcaunon faisait toujours toute une scène lorsqu'il devait se charger de l'administration, Mort avait souvent eut l'occasion de mettre sa patience à l'épreuve.
Lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit, un Marchiosas tout frais en sortit. Mort réfléchit au style vestimentaire des membres de la famille Gaunt. Ils avaient tous une préférence pour les vêtements de couleurs foncées qui leur collaient à la peau, sans en révéler un morceau. S'il avait été mortel, il aurait déjà essayé de séduire son Maître. Honnêtement, Marcaunon n'avait aucune idée de son attrait lorsqu'il enfilait autre chose qu'une cape ou une tunique.
L'immortel secoua la tête et se reconcentra sur l'enfant. Marchosias portait un top à manches longues et au col roulé, un pantalon ajusté au millimètre près, une paire de gants noirs et de grosses bottines. Tout était noir.
Presque inconsciemment, Mort claqua des doigts.
Marchosias sursauta avant de jeter un regard noir à son parrain en remarquant l'article supplémentaire qui se trouvait à présent par-dessus son top : un pull à capuche brun clair, décoré d'oreilles d'ours et de la queue qui allait avec.
Mort hocha la tête d'un air satisfait. Si ce n'était pas lui, son Maître aurait ajouté le pull lui-même. Autant régler ça au plus tôt. Ignorant les plaintes de son filleul, il mena le garçon dans le bureau de son Maître. Au passage, il ramassa deux serpents terrifiés et miniaturisés du sol avant de les mettre dans sa poche.
C'était une bonne chose que Marcaunon ait donné à son fils l'habitude de porter des gants. Ils ne souhaitait pas faire pourrir son filleul, après tout. Son Maître était particulièrement sensible à tout ce qui concernait le bien-être de son fils. Stupide maman poule. Mort ne voulait pas être là lorsque le petit maître trouverait un partenaire.
« Pas besoin de me traiter comme un bébé, Mort. »
Mort savait parfaitement faire la sourde-oreille quand cela l'arrangeait.
« … Ne m'ignore pas! »
L'entité se demandait s'il était nécessaire d'emmener des vêtements de rechange avec eux.
La porte s'ouvrit soudainement, révélant un Marcaunon l'air très satisfait. Il avait probablement réussi à avoir le dessus sur Albus. Ce genre de choses ne manquaient jamais de faire sourire Marcaunon – il n'était pas difficile. En voyant le pull de Marchiosas, le sorcier éclata de rire, à la grande exaspération du garçon.
Tandis que son maître était occupé à taquiner son fils, Mort examina ce que le Gaunt adulte portait.
Comme son fils, Marcaunon avait revêtu un T-shirt à manches longues et au col roulé, un jean filiforme et des gants, ainsi que ses bottines militaires habituelles. Le tout en noir. Mort ne décelait pas de glamours sur Marcaunon, mais ses cheveux en bataille couvraient partiellement la cicatrice sur sa joue. L'entité était contente que Marcaunon ait décidé de révéler ses cicatrices à Marchiosas. Cela signifiait qu'il était enfin prêt à aller de l'avant.
Les blessures mentales mettraient plus de temps cicatriser, mais il savait que Marcaunon finirait par aller mieux. Quand ils atteindraient ce point, il pourrait enfin faire disparaître ces marques de la magnifique peau de son maître, en particulier celles autour de son cou. Marcaunon étant son Maître, Mort exécrait particulièrement ce collier de cicatrices. Personne ne pouvait posséder la Mort. Les mortels de l'univers original de son maître ne trouveraient jamais rédemption, étant donné que Mort avait avalé leurs âmes aussitôt qu'ils avaient passé l'arme à gauche.
« Tu ne lui as pas encore expliqué, Mort? » La voix exaspérée de Marcaunon le tira de ses pensées meurtrières.
« Ca ne faisait pas partie des ordres de Maître. » Il voulait que Marcaunon ouvre complétement son cœur à Marchosias. Lui parler de son statut de Maître de la Mort représentait une étape importante, même se ce ne serait pas un pas facile à franchir.
Cependant, les leçons acquises trop facilement s'oubliaient rapidement, car les gens ne se sentaient jamais autant concernés que lorsqu'ils avaient quelque chose à perdre. Une fois qu'ils sortaient de leur zone de confort et découvraient par eux-mêmes leur propre potentiel… cela leur conférait une confiance qui ne serait pas si aisément ébranlée.
Une expression agacée sur le visage, Marcaunon jeta un coup d'œil à Mort avant de laisser échapper un soupir. Le Gaunt adulte s'agenouilla devant son fils afin de pouvoir plus facilement le regarder dans ses yeux. Mort faillit rire tout haut. Il savait que sans ses bottines, Marcaunon serait en fait plus petit que son fils dans cette position.
3Chaos chéri. L'endroit où nous nous rendons se trouve si loin que même les hiboux ne peuvent y aller. Je me suis permis d'envoyer une lettre à ton ami Severus pour le prévenir, d'ailleurs. » dit Marcaunon d'une voix calme et posée en guise de commencement. Mort hocha la tête. Pour l'instant, tout allait bien. « Nous allons visiter une dimension totalement différente de la nôtre. »
…
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La stupidité de son Maître! Si Mort n'avait pas eu autant de dignité, il se serait frappé la tête. Quel genre d'explication était-ce là ?
« Hein? » fut l'éloquente réponse de son génie de fils.
« Maintenant que j'ai dit à Chaos chéri où nous allons, en route! » Marcaunon leva le poing d'un air triomphant en se levant.
Death soupira et secoua la tête d'un air désespéré. Marcaunon avait beau être extrêmement doué en ce qui concernait la politique et l'enseignement, c'était loin d'être le cas en ce qui concernait son fils. Ses talents parentaux laissaient à désirer.
« Attendez un peu un instant! » s'écria Marchosias. Voir l'enfant d'habitude si posé perdre son calme fit sourire Mort. « Qu'est-ce que tu veux dire par une autre dimension!? »
« Mort va ouvrir un portail que nous allons emprunter. Nous allons atterrir dans une autre dimension. Ne t'inquiète pas, il n'y a aucun danger et nous reviendrons ici lorsque Mort aura terminé ce qu'il a à faire. »
« Quel sorte de job demande à quelqu'un de voyager entre les dimensions!? Non, ce n'est pas ce que je veux dire! Comment est-ce que quelqu'un peut ouvrir un portail entre les dimensions!? Ça devrait être impossible. »
« Les parasites considèrent que la magie est également impossible. » Le corrigea Marcaunon. « Il n'y a rien d'impossible, dans le domaine de la magie. Juste des improbabilités. Tu devrais déjà savoir tout ça, Marchosias Gaunt. »
Marchosias en fut réduit à imiter un poisson hors de l'eau, comme s'il ne parvenait pas à croire qu'il recevait une leçon sur la magie. De Marcaunon, de surcroit. De son côté, Mort voyait la remarque pour ce qu'elle était : une simple diversion.
Comme pour lui donner raison, Marcaunon lui fit signe de profiter de l'explosion du cerveau de son fils et d'ouvrir le portail. L'entité laissa échapper un soupire amusé devant le comportement immature de son maître et toucha l'air devant lui. Un portail apparut et, sans un autre mot, Mort saisit le Petit Maître (ignorant son cri de surprise) avant de s'engouffrer dans le passage interdimensionnel, suivi de près par Marcaunon.
Date: Inconnue
Localisation: Inconnue
Dimension: Inconnue
Point de vue: Marcaunon
« GAAAAAAAAAH! ». Le cri surprit les trois voyageurs dès leur arrivé de l'autre côté du portail de Mort (qui tenait encore Chaos dans ses bras). Il tourna la tête en direction du bruit, se demandant qui criait de la sorte dans ce… tunnel… ? Cave…?
Il leva un sourcil en regardant Mort qui se contenta d'hausser les épaules et de raffermir sa prise sur Chaos, malgré les injonctions de celui-ci pour qu'on le pose à terre. Est-ce que Mort s'était encore trompé ? Ils se trouvaient dans une sorte de grotte, traversée par un large tunnel. Cependant, le plus étrange dans tout ça s'avérait être les murs qui les entouraient. Ils étaient mauves et semblaient avoir fondus sous l'effet d'une grande chaleur. Il résista à l'envie d'y toucher. Ces murs étaient peut-être recouverts de poison. Cela ne l'affecterait pas grâce au venin de basilic qui coulait désormais dans ses veines, mais son fils ignorait cela et piquerait probablement une crise s'il se montrait imprudent.
« POURQUOI EST-CE QU'ON DOIT PASSER DE NOUVEAU PAR ICI !? » cria quelqu'un en japonais. Ses tympans résonnèrent et il faillit grimacer à cause du volume. S'il entendait correctement, il s'agissait d'un mâle… un adolescent?
« Officiel mon cul! C'est exactement le même chemin qu'avant! ILS SE PAYENT DE NOTRE POIRE!? » ajouta la même personne, la voix teintée de frustration et d'une note d'agacement.
« Seuls les Shinigami peuvent utiliser le papillon des enfers. » Expliqua ce qui semblait être un homme plus âgé. « Arrête de te plaindre et cours! »
Les voix paraissaient se rapprocher. Tout à coup, devant leurs yeux, un nouveau portail s'ouvrit juste à côté d'eux, à l'opposé de la source de ces cris. Il cligna des yeux, sidéré, et même Chaos cessa de taper la poitrine de Mort afin d'examiner le nouveau passage.
« Eh? C'est qui ça? Qu'est-ce qu'ils fichent ici? » demanda la première personne, confuse.
Ils se retournèrent tous les trois et écarquillèrent les yeux en voyant les parasites étrangement vêtus… Non, pas de parasites. Ils avaient des pouvoirs. Des mortels, dans ce cas. Ils observèrent les mortels étrangement vêtus qui courraient dans leur direction comme si leurs vies en dépendaient.
« Aucune idée, mais regarde! La sortie est juste là! » Répondit… un chat noir en criant. Eh bien, il avait vu des choses plus étranges qu'un félin parlant et, dans cette dimension, il s'agissait peut-être de la norme.
Lorsque le groupe d'adolescents (et le chat) atteignirent leur niveau, le jeune aux cheveux orange s'empara de l'avant-bras de Mort (celui qui ne tenait pas Chaos) et le tira avec lui vers la sortie. Un adolescent aux cheveux noirs et habillé en blanc en fit de même avec Marcaunon. Marcaunon échangea un regard avec Mort avant d'imiter l'entité et d'emboîter le pas à ses ravisseurs. Si Mort ne protestait pas, c'était probablement sans risque.
Ils n'eurent besoin de courir que pour quelques secondes avant de traverser le nouveau portail. Lorsqu'ils ressentirent l'absence du sol, tout le monde regarda vers le bas.
« Eh…? » articula intelligemment Cheveux Orange. Ce qui reflétait vraisemblablement l'état d'esprit de la majorité du groupe.
« WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH! » crièrent d'un air paniqué les mortels alors que le sol se rapprochait. Oh, il deux mots à dire à Mort, si l'entité était à l'origine de tout ça.
Alors qu'il envisageait altérer la gravité autour d'eux, il vit Chaos enfouir son visage contre la poitrine de Mort. Adorable. Ceci distraya Marcaunon, qui décida que s'émerveiller devant son fils était plus important que sauver la vie du groupe.
Tout à coup, ce fut comme si une grande couverture les entourait. La sensation n'était pas très confortable (à la limite claustrophobique) et il pria brièvement pour que personne ne vienne en contact avec la peau de Mort. Ces mortels étaient fascinants et il espérait avoir la chance d'étudier leur énergie (et cambrioler leur esprit).
« Qu'est-ce que c'est que çaaaaaa!? » Entendit-il s'exclamer Cheveux Orange. Cette fois-ci, il grimaça. Qui avait besoin de crier de la sorte quand leurs interlocuteurs se trouvaient juste à côté ? Profitant de la confusion, il donna un coup de pied à la joue de l'adolescent, ressentant un bref éclat de satisfaction se faisant « Gah! Qui m'a frappé!? »
« Okay! C'est parti! » La voix d'un jeune mortel leur parvint de l'extérieur de la couverture et tous les membres du groupe laissèrent échapper une exclamation de surprise. « Jinta… HOME RU– WAH! »
« Tessai Death Catch! »
La blanquette dans laquelle ils se trouvaient semblait être l'objet d'un jeu de passes, à son plus grand effroi. Il sentait monter la nausée.
« Urgh… Je vais vomir! » entendit-il quelqu'un murmurer. Oh, pitié non!
La sorte de couverture disparut soudainement et Marcaunon, soulagé, cligna des yeux en examinant leur environnement.
Ils étaient tous allongés et entremêlés au-dessus de ce qui semblait être un tapis volant. Un homme avec un chapeau vert et blanc souhaita un bon retour aux mortels. Cette dimension était de plus en plus étrange.
Date: 31 Mai 1967
Localisation: Manoir Serpentard
Un hibou déposa une enveloppe sur la table en marbre, avant de s'envoler par la fenêtre ouverte qu'il avait empruntée pour venir. Sur le parchemin, on pouvait lire une note, rédigée de façon élégante et néanmoins pressée dans de l'encre verte.
J'ai pris une année sabbatique.
Je serais probablement déjà parti lorsque cette note arrivera.
-Ignatius Rose
P.S. Je ne m'enfuis pas, et je serai bientôt de retour. Ne me cherchez pas.
...
Pour ceux qui ne connaissent pas, la dimension dans laquelle ils se trouvent est celle du manga/animé BLEACH, lors du retour des héros du domaine des esprits.
à bientôt!
Yepmissis
