HEYYY :D
Me revoilà avec un nouveau chapitre, à nouveau point de vue Taha Aki (l'avant dernier). Je tenais à vous remercier pour vos retours concernant le chapitre 14, ça m'a fait vraiment plaisir que ce petit changement vous ait plu.
Je tiens à remercier particulièrement Morgane451 pour m'avoir signalé mon accrochage linguistique. J'ai pu modifié cette erreur grâce à toi ^^ Tellement l'habitude de penser à la manière de Jacob ou d'Hermione, que les mots crochent par moment. En tout cas merci beaucoup ! =)
Je tiens à remercier lesaccrosdelamerceri pour chacun de ses commentaires depuis le début de cette fanfiction. Toujours la première à venir mettre un petit mot qui réchauffe ma créativité. Merci 3
Et je tiens à remercier, ce qui suit, met en favori et lise chaque chapitre. J'espère pouvoir apporter un peu de douceur dans cette situation.
Je ne vais pas vous retenir plus longtemps car ce chapitre 15 vous attend.
Bon lecture !
Avec amour, Sirphil.
Chapitre 15 (Taha Aki)
Briser la montre n'arrête pas le temps qui fuit. Les grains de sable s'écoulent du sablier sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit.
Hermione Granger a peu de patience. Elle fait les cents dans son salon sous le regard calculateur de Drago Malfoy. L'apprenti Auror s'était installé il y a plusieurs heures dans le canapé confortable de la sorcière et n'avait prononcé aucun mot. Mais le comportement du dragon avec lequel il est en train de cohabiter commence à ronger ses nerfs. Ses mâchoires se serrent et il inspire de grands coups afin de garder son calme olympien.
— Quelque chose ne va pas, laisse échapper Hermione pour la vingtième fois en moins d'une heure. Non, quelque chose ne va pas. Je suis certaine que nous avons oublié un truc, continue-t-elle de délirer.
Le serpentard hisse les yeux au ciel. Cette fille va le rendre fou. Si le seigneur des ténèbres n'avait pas réussi, elle, elle pourrait aisément !
— Je me demande comment Potter et Weasley ont réussi à survivre à ton comportement de maniaque parce qu'à peine une journée avec toi et déjà je suis prêt à me faire interner à Sainte Mangouste pour ne plus jamais avoir à supporter cette attitude de psychopathe du contrôle, déclare-t-il dans un grincement.
— Ah très drôle ! Si tu avais réussi à me battre à Poudlard peut-être que ta parole aurait un quelconque impact sur moi, mais tout le monde sait que je suis plus intelligente que toi, tête peroxydée, argue-t-elle avec sarcasme.
Un sourcil haussé et un baissé, le serpentard exécute un rictus de dédain. Il se cale à nouveau dans le fond du canapé et tente d'oublier la présence de la sorcière.
" Pourquoi dois-je être celui qui se coltine Granger ? À croire que Potter souhaite me bizuter ! Moi qui pensais qu'on était en bon terme et que notre partenariat se déroulait bien ! Potter... Tu vas morfler. J'écraserai ta tête dans une bouse de troll à notre prochaine mission " s'insurge-t-il mentalement.
— Il est 20 h 55, murmure la gryffondor.
Malfoy ne préfère pas objecter. Si les sautes d'humeur de la jeune femme peuvent être contre un objet, un mur ou même l'ennemi tout lui conviendrait... Tout tant que ce n'est pas contre lui qu'elles sont dirigées.
Tic.
Tac.
Tic.
Tac.
Tic.
Tac.
BOUM !
Une déflagration importante fait trembler les murs de la maison. Malfoy se lève d'un bond, baguette tendue. Hermione sursaute et se positionne instinctivement près du serpentard. Ils se jettent près d'une des fenêtres du salon afin d'avoir un aperçu sur ce qui se passe dehors. Cependant l'obscurité environnante ne leur permet pas d'avoir une perspective de ce qu'i l'extérieur.
BOUM !
— P'tin j'espère que Potter a raison en disant que tes barrières sont les meilleures parce qu'ils n'y vont pas de main morte, marmonne-t-il.
— Grâce à qui crois-tu qu'on a évité les rafleurs pendant de nombreux mois, lui répond-elle avec sarcasme.
— A Trelawey ? Répond-il avec ricanement.
Mais le son de raillerie du blond se stoppe net quand une troisième détonation ébranle la demeure. Puis pendant plusieurs secondes, plusieurs minutes aucune explosion ne vient déranger le calme qui s'est imposé.
— Tu ne bouges pas d'ici. Je vais jeter un coup d'œil à l'extérieur, ordonne-t-il.
Malfoy disparaît du périmètre de vision d'Hermione. Son cœur bat la chamade. Elle se retrouve seule dans le salon et son intuition continue à lui hurler qu'il y a une anomalie dans leur plan.
— Malfoy ? Appelle-t-elle.
Mais l'obscurité ne lui répond pas. Elle grince des dents, se retenant de se frapper la tête contre le mur. Bien évidemment qu'il y avait une faille dans leur stratégie !
Harry et Malfoy avaient convenus de réaliser des barrières spécifiques autour de la réserve puisqu'ils n'étaient pas capables de rivaliser avec la qualité et la force des boucliers de la gryffondor. Cependant les protections choisies avaient un point négatif et un point positif. Leur but est d'éloigner des individus prédéfinis... Un peu comme les barrières anti-moldu. Le bouclier mis en place permet ainsi d'empêcher toutes créatures surnaturelles d'entrer... Mais également de sortir du périmètre sécurisé.
Les deux aurors avaient choisi cette stratégie défensive car le MACUSA n'avait pas encore donné son accord au Ministère de la magie britannique pour que les deux garçons passent à l'action sur le territoire américain. Bien que séparé, Harry était persuadé qu'Hermione serait protégée entre ses défenses et la présence de Malfoy. À première vue, tout aurait pu se passer à la perfection. Sauf qu'il n'avait pas pensé à protéger Claire...
Claire Young, l'empreinte de Quil, n'habite pas à la Push. Elle fait partie de la réserve Makah. Loin de la Push, les loups et les deux aurors n'ont pas pensé que la petite fille de deux ans serait en danger... Et pourtant.
— Malfoy ? Retente-t-elle.
Mais à nouveau aucune réponse. Hermione se décolle du mur et avance dans le couloir, puis jusqu'à la porte d'entrée. Quand elle passe devant la porte de la cuisine, l'horloge du four moldu lui apprend qu'il est un peu plus de 21 h 10. Seulement dix minutes d'horreur, de néant. Cela ressemble à une éternité pour Hermione.
" Les garçons sont-ils en sécurité ? Mes parents sont-ils en sécurité ? Que vais-je faire ? Malfoy où es-tu ? Aurait-il fui ? Jacob... Harry..." Pense-t-elle.
Avalant difficilement la salive qui s'est installé dans sa bouche, Hermione continue son chemin et sort de la maison. Comme à l'intérieur, le silence est roi. Aucune trace de Malfoy. Elle commence vraiment à croire que le serpentard a préféré sauver sa peau plutôt que la sienne.
Seulement trois pas après, un sifflement aigu et une lumière rouge défile à quelques centimètres au-dessus de sa tête alors qu'une masse imposante s'écroule sur elle. À l'odeur de l'eau de Cologne, elle reconnaît automatiquement le blond. Un second sifflement se dirige droit sur eux et Malfoy attrape violemment son poignet pour l'éloigner de plusieurs mètres. De nombreuses explosions se déclenchent simultanément, et ça n'a rien de magique !
— Ils nous envoient de la dynamite?! Hurle-t-elle horrifiée.
— Qu'est-ce que c'est ?! S'égosille le blond.
Hors de portée, Hermione se retourne précipitamment vers Drago Malfoy. Elle s'apprête à lui envoyer une réplique cinglante toutefois le visage noir de suie du sorcier l'en dissuade.
— Tu as lancé un charme de silence pour pas que j'entende que tu étais en difficulté.
Ce n'est pas une question. Hermione a parfaitement compris que le sorcier ne souhaite pas qu'elle se lance dans le combat. Drago lui répond en haussant vaguement les épaules.
— Pour répondre à ta question, la dynamite est une arme moldue. C'est un bâton qui explose quand il entre en contact avec le feu. Je ne pensais pas devoir mettre des protections contre des armes moldues.
— Par Salazar, comment un groupe de sorciers peut-il avoir amené cette ressource horrifique avec eux ? Les suppôts de Satan que tu portes la poisse Granger. Et dire que tout le monde a mis la faute sur Potter...
Elle arque un sourcil et approche sa baguette du visage de Malfoy. Le foudroyant du regard, elle l'incite à continuer mais bizarrement le jeune homme n'a plus rien à dire.
— Oh mais c'est l'éclate ! Grogne-t-il en imitation presque parfaite du professeur Rogue.
Plusieurs minutes passent. Hermione et Drago restent sur le qui-vive. Le jeune homme ne pense pas que le groupe de sorciers réussirait à passer les barrières. Les trucs explosifs ne sont qu'un moyen de les dissuader de quitter la zone. De plus, le fait que l'assemblé ait pensé à jeter des sorts de dissimulation et d'assourdissement prouve que tout est prémédité.
— Ils ont dû t'espionner. Car pour savoir que la seule faille dans tes barrières est la possibilité de faire passer des objets moldus, comme un journal, une lettre ou une bombe n'est pas facile à repérer. De plus, tes voisins n'ont pas appelé les urgences moldus, alors soit tout ton quartier s'est fait zigouiller, soit ils savaient quels charmes lancés pour que la scène de combat n'apparaisse aux yeux et aux oreilles indiscrètes.
— Drago ?
— Quoi Granger ?
— Mes parents... Mes parents sont des moldus et si ce que tu dis est vrai, alors mes parents n'ont personne pour les protéger.
— Tu me demandes d'aller protéger des moldus ? Des moldus qui n'ont même pas conscience du monde magique en plus ? Demande-t-il sa voix partant dans les aigus.
La demande de la jeune femme a pris de court l'auror. L'horreur se lit sur son visage alors qu'Hermione le regarde suppliant.
— S'il te plaît... Drago, je ne bougerai pas d'ici. Je te le promets.
À contre cœur, l'ancien serpentard accepte d'aller jeter un coup d'œil. Avant de transplaner, il ordonne à nouveau à la sorcière de ne pas bouger d'ici, ajoutant qu'il sera de retour dans dix minutes tout au plus. Car Drago est persuadé que les parents de la jeune femme sont hors de danger.
C'est en entendant le bruit du silence que l'on prend conscience de la pression que l'on subit dans ce monde. Mais Hermione aurait préféré que le silence ne laisse pas entendre les hurlements d'une petite fille apeurée.
"Nonnnn ! Maman ! Maman !" Se projette la voix de la petite fille.
Le cri est déchirant. Le ventre d'Hermione se noue. Clouée contre le mur de son salon, ses doigts se crispent sur sa baguette. Sa poitrine se soulève au rythme intense de ses respirations. Son cœur palpite et son cerveau tourne à plein régime.
"Maman ! Maman !" Pleure la petite-fille.
Hermione ne peut pas tenir sa promesse. La vie de Claire en dépend. De plus, la vie de Quil est également menacé car s'il arrive malheur à la petite fille, le loup ne survivra pas à sa perte. Hermione n'est pas non plus certaine que la meute puisse supporter la mort de l'un des siens. Le lien cognitif qui existe entre les loups leur confère un avantage lors des batailles, mais les fragilise quand l'un des loups se blessent ou tombent au combat.
— Désolé Malfoy, murmure-t-elle.
La jeune femme pousse sur ses jambes. Elle se lève et se met à courir. Elle dépasse les protections et se trouvent nez à nez à deux sorciers. Hermione se stoppe net en croisant le regard d'un des hommes.
— Zabini, persiffle-t-elle. Tu as évité Azkaban et c'est comme ça que tu mènes ta vie.
— Je n'ai jamais été pour la cause du seigneur des Ténèbres. Qu'avais-je à faire d'un sang mêlé ? Se croire tout puissant alors qu'un sur-homme existe réellement, c'était vraiment pathétique de sa part.
Les mots la choquent. Son équilibre s'en trouve instable. Son pied droit recule légère et son centre de gravité reprend sa stabilité.
— Je veux que vous m'ameniez à Claire. J'irai voir votre nouveau maître, déclare-t-elle.
— Très bien, nous t'amenons à la pleurnicheuse. Encerclez-la, ordonne-t-il à ses deux frères d'arme. Et prenez sa baguette. Cette chose peut se montrer enragée.
Pour avoir vu les compétences d'Hermione lors de la grande bataille, Zabini n'est certainement pas prêt de laisser une arme de destruction entre les mains de la jeune femme. Les deux hommes, avec une carrure plutôt massive, l'encerclent. Ils mettent leurs mains crasseuses sur ses bras, serrant avec plus de nécessité ses membres. Elle retient une grimace alors que ses bras la brûlent, comme s'ils étaient plongés dans de l'acide. Escortée, ils la transplanent directement dans leur camp. Il faut plusieurs minutes à Hermione pour exécuter une reconnaissance des lieux. À la végétation, elle sait qu'ils sont toujours dans l'état de Washington. Peut-être à quelques miles de chez elle et de la Push.
— Zabini ! Je vois que tu as ramené le bijou de notre maître. Nous allons être chaudement recommandé ce soir, dit avec une joie névrotique un homme de 1 m 85 aux cheveux blonds et aux yeux d'un noir profond.
Une longue cicatrice sépare son visage en deux parties. Bien qu'elle ait vu la cicatrice de Bill et d'Émilie, voir celle de cet homme l'a met mal à l'aise. Hermione a du mal à le regarder et elle ne sait pas si c'est à cause de la balafre ou à cause de ses yeux. C'est comme s'ils allaient l'aspirer en enfer.
— Je veux voir Claire et sa mère, dit-elle avec fermeté.
Soudain, sa joue brûle sous le coup de la paume de son interlocuteur. Du sang se répand dans sa bouche et ses yeux la brûlent. Mais Hermione n'a pas l'intention de pleurer devant cet homme. Elle n'a pas l'intention de crier de douleur.
— Je veux voir Claire et sa mère, répète-t-elle.
Le bras se soulève à nouveau, prêt à asséner un nouveau coup. Mais Zabini stoppe le sorcier en retenant son membre.
— Il n'appréciera pas, murmure l'ancien serpentard.
— Lâche-moi, grogne-t-il.
Il tire brusquement sur son bras pour se libérer. Ses globes la fusillent hargneusement.
— Ne pense pas être sortie d'affaire. Le maître sera t'inculquer le respect de tes supérieurs.
Hermione se mit à ricaner et à pouffer. Elle s'approche de lui et encre ses pupilles dans ses yeux obscurs. Elle ne compte que sur son courage de Gryffondor car au fond, elle est morte de peur.
— Vous devriez tous revoir votre discours. Il n'y a pas de supériorité et la défaite de Voldemort l'a prouvé grandement.
— Amenez la gamine et la moldue ! Hurle-t-il. Tu n'es pas en position de me faire la morale.
Le cœur d'Hermione fait un bond dans sa poitrine. Deux mains se posent avec force sur ses épaules et l'obligent à s'accroupir sur le sol humide de la forêt. Le choc sur ses genoux la fait légèrement divaguer. Pendant plusieurs secondes ou minutes, elle revoit les bois de la forêt de Dean. Et soudain, Claire et sa mère ont disparu. À la place, une hallucination sur Harry et Ronald se crée. Son rythme cardiaque accélère. Elle entend vaguement les bruits alentours.
— Maman ! Maman ! Pleure une enfant.
Hermione ne se rappelle pas qu'une enfant se trouvait dans les bois quand les rafleurs sont arrivés.
— Aide... Maman. Non...
Par-dessus les pleures, un hurlement strident qui lui rappelle sa propre plainte sous la dague de Bellatrix la ramène à la réalité. Devant elle, un des hommes lance un doloris sur le corps pris de convulsions de la mère de Claire. La petite fille est à l'autre bout, tenue par une femme aux cheveux violet. Elle regarde sa mère subir la pire des douleurs. Son visage est couvert de taches de terre dans lesquelles ses larmes tracent des sillons. À première vue, la petite fille de deux ans ne semble pas blessée... Tout du moins pas physiquement.
— Arrêtez ! Arrêtez ! Hurle Hermione.
La jeune femme se débat mais les mains la tiennent au sol.
— Libérez-les ! Un "oubliette" et elles n'en seront rien. Je partirai avec vous, supplie-t-elle.
— Te proposes-tu gentiment pour le faire ? Commente sombrement le chef.
Hermione hoche la tête. Elle se porte volontaire pour effacer la mémoire de l'enfant et de sa mère. Douée en charme, elle préfère que l'action soit réalisée par ses soins plutôt que ceux sans scrupule de ces hommes. Elle inspire et tend sa main dans le vide. Ses doigts s'agitent signalant par là qu'elle a besoin de sa baguette pour ça. Un long ricanement obscur éclate dans la nuit américaine. Ce rire lui soulève les poils et la fait frissonner d'une manière désagréable.
— Ah ! Ah ! Ah ! Tu pensais vraiment que nous allions te rendre ta baguette et laisser ces monstruosités de la nature s'en aller sans une petite compensation à notre manière ?
Le visage d'Hermione perd de sa couleur. Instable, elle lutte pour garder un équilibre. Les mots restent coincer dans sa gorge alors que les larmes manquent de s'échapper.
— Prends la gosse, ordonne-t-il à la mère. Et cours !
La cousine d'Émilie prend son enfant et regarde Hermione, espérant avoir les réponses à ses interrogations. Mais Hermione n'a aucune idée de ce qu'y les attendent.
— COURS ! Proclame avec fureur le chef.
L'indienne ne se fait pas prier une troisième fois et se met à courir. Hermione voit sa forme floue s'éloigner rapidement, avec l'enfant dans les bras. Après quelques minutes de silence, la forêt commence à s'animer. Un loup hurle au loin. La meute, se dit-elle. Mais une lueur dans le ciel accroche son regard... Une pleine lune.
— RAAAAAAAAAAAA ! Hurle-t-elle en courant droit sur le sorcier.
Elle lui fonce dessus avec une telle force qu'ils tombent tout deux à terre. De ses petits poings, elle le frappe au visage. Pris au dépourvu, le sorcier met plusieurs secondes avant de reprendre ses esprits et de l'éloigner de lui d'un coup de pied dans le ventre. Son visage balafré saigne à plusieurs endroits. Il se relève d'un bond, crachant du sang sur le sol alors qu'Hermione à bout de souffle tâtonne pour chercher la baguette du sorcier qui est tombée au sol.
— Espèce de pute ! Persiffle-t-il en l'attrapant par le col de son pull. Si tu crois que tu es intouchable, crois-moi tu vas bien le regretter, l'avertit-il.
Il la jette au sol et projette son pied droit dans sa mâchoire. Hermione est envoyée à plusieurs mètres. Sa tête tambourine et sa vision devient flou. Une douleur lancinante se fait ressentir à la base de sa nuque. Ses lèvres bavent un liquide rouge qu'elle essuie à l'aide sa manche pleine de terre. Au loin, elle entend les jappements de loup et ses pensées rejoignent Claire et sa mère. Sur son dos, un pied s'appuie l'obligeant à avoir la tête dans la terre humide. Sa respiration est difficile. Ses poumons ont dû mal à trouver de l'air et celui qu'elle respire est rempli de poussière. Ses bras battent dans les airs, alors qu'elle tente de se libérer de l'emprise qu'il y a sur son corps. Elle étouffe. Brusquement de nombreux sortilèges et maléfices sont échangés dans le camp et la pression exercée sur Hermione disparaît.
— Vas-y Granger ! Tonne Drago Malfoy. Va les sauver !
Dans la réserve Quileute, le groupe de métamorphe accompagné des deux sorciers attende qu'une attaque ait lieu. Pendant de longues minutes aucun mouvement est à vérifier. Harry se frotte le front. Jacob fait les cent pas.
Le groupe imposant s'est placé devant la maison de Sam puisque le terrain vague devant permet une attaque ouverte, tout en étant proche de la forêt. Alors situé devant la maison de Sam, Harry réfléchit au plan qu'ils ont mis en place. Il reformule dans sa tête la délimitation du périmètre. La zone est assez large autour de la réserve.
Plusieurs petits groupes d'auror avait prêté main forte pour sécuriser les lieux, restant à des postes définis en cas de faille. Ils avaient décidé de jeter un charme anti-moldu, forçant les personnes à rester à l'intérieur de la réserve, mais également les empêchant de rentrer dans le périmètre. Il en était de même pour les créatures magiques. Cette solution avait été émise par Sam qui connaissait Jacob. Si le loup a la moindre ouverture, il ne réfléchirait pas plus de deux secondes pour s'engouffrer à l'intérieur. Hors, ce comportement irréfléchi de foncer dans le tas mettrait toute la meute en danger.
— Vous pensez qu'ils ont abandonné ? Demande Brady l'un des louveteaux.
— Non. Ils sont là tout autour de nous. Ils attendent la bonne ouverture, que ce soit de notre côté ou du côté d'Hermione, affirme l'auror. Ne sous-estimez pas les sorciers sombres, ils peuvent être de véritables terroristes de la magie.
Tic.
Tac.
Tic.
Tac.
Le temps fuit et emporte avec lui tout ce que nous laissons échapper. (proverbe arabe)
— Malfoy aurait dû m'envoyer un patronus depuis plusieurs minutes, dévoile Harry.
— Tu crois qu'ils ont d'abord attaquer de plein front là-bas, grince son ancien camarade gryffondor.
Jacob s'immobilise et se tourne vers les deux sorciers dont le regard est rivé vers la forêt.
— Jacob, tente de désamorcer Sam.
Mais le loup tremble. Son corps convulse et ses yeux s'assombrissent. Sam se positionne devant lui, se grandissant pour faire valoir son pouvoir d'alpha. Parce que Jacob n'a aucune raison valable de défier son alpha, il se tasse et arrête la transformation qu'il a entamée.
— Hermione est forte Jacob. Quoi qu'il est en train d'arriver là-bas, elle ne se laissera pas faire. J'ai plus peur de ce qu'il peut leur arriver, qu'inversement, tente-t-il d'ironiser.
Cependant l'ironie d'Harry ne passe pas auprès du loup. Jacob reprend ses cents pas, commençant à former un véritable sillon dans l'herbe fraîche du terrain.
— Jacob, soupire le garçon qui a survécu. Je pense que tu sais qu'Hermione a vécu la guerre, commence-t-il son attention focalisée sur le loup.
Le loup s'arrête et fusille du regard le sorcier. Harry ne se rend pas compte que Neville essaye de l'empêcher de dire un mot de plus. Car il est évident que le brun à la cicatrice va dire quelque chose qu'il ne devrait pas.
— Elle a combattu à mes côtés et avec Ronald nous avons déjoué les plans du plus grand sorcier sombre que l'Angleterre n'est jamais connu. Si j'ai pu tuer Voldemort et arrêter son règne, c'est parce qu'elle était à mes côtés. Parce qu'elle est ma meilleure amie, elle...
Harry perd son souffle quand Neville met un coup de poing dans le ventre du sorcier.
— Tu devrais te taire, grogne Neville. Elle n'a pas tout expliqué, siffle-t-il les dents serrées.
Les yeux du sorcier s'écarquillent. Le visage de Jacob est serré de colère, mélangé à de la tristesse. Harry comprend rapidement sa bêtise et laisse échapper un "merde". Neville inspire un grand coup et soupire en se reculant d'un pas. Il passe sa main sur son visage et tente d'évacuer la tension que son corps engloutit depuis plusieurs heures. Il garde les yeux fermés pendant plusieurs minutes et quand il finit par les rouvrir, il croise le regard de Leah. À l'intérieur de ses iris dorés, il sait que la louve est assaillie de sentiments divers et variés. Neville n'avait pas encore pu lui parler de la guerre et il savait que Jacob avait gardé cette partie de la vie d'Hermione en sécurité.
" Super ! Merci Harry d'avoir craché une partie de notre vie " médite-t-il.
Moi, Taha Aki regarde la scène. Mon esprit se délecte des non-dits qui circulent entre mes descendants et les deux sorciers. Leur visage change de couleur à plusieurs reprises, blanc, rouge, vert, blanc. Mais au-delà de la tension soudaine qui s'étend sur le groupe, un autre accident se produit coupant court aux interrogations actuelles.
" Votre destin va bientôt changer mes frères. Embrasez votre pouvoir. " Ai-je désigné.
Le vocifération d'une femme fait s'envoler une nuée d'oiseaux. Un grognement animal suit. Le groupe se tend derrière les barrières magiques. Harry et Neville plissent des yeux pour tenter d'entrapercevoir quelques choses dans la nuit. Baguette tendue, ils ne voient rien sur le terrain vague. Les sons proviennent de la forêt.
— Vous voyez quelque chose ? Demande avec hâte Harry.
— Rien, lui répond Sam.
Plusieurs secondes s'écoulent sans qu'aucun bruit n'émerge de l'obscurité. Puis un second cri, des pleurs et pour Quil le temps bascule dans un espace temps différent. Les secondes s'allongent inlassablement. Son cœur fait une embardée dans sa poitrine. Son corps convulse. Il ne lui faut pas plus de deux secondes pour perdre le contrôle et se transformer.
— Quil ! Rugit Sam alors que le loup se déchaîne sur les barrières.
Sans effet, ses griffes battent dans le vide. La meute devient instable. Dans les bois, des mouvements deviennent perceptibles ; même à la vue des deux sorciers. Les loups lâchent un juron en regardant l'indienne courir avec l'empreinte de leur frère dans les bras.
— Abaissez les protections, ordonne Sam.
— Je ne peux pas, atteste avec sévérité Harry.
L'alpha se dresse de toute sa hauteur devant le sorcier mais le britannique ne bouge pas d'un iota. En tant qu'auror, il a l'habitude de se confronter au dilemme du tramway. D'un côté, des centaines de personnes en bonne santé et de l'autre une mère et sa fille... Et entre les deux, un embranchement. S'il abat le levier, alors tous les Quileutes seront en danger, à l'inverse s'il laisse le levier tel qu'il est alors il y a de grandes chances pour que deux personnes innocentes meurent. C'est un choix compliqué et probablement que d'autres n'auraient pas le même raisonnement que lui.
Sam tremble de rage. Les Quileutes remuent nerveusement. Brusquement, la femme sort de la forêt et le hurlement d'un loup rugit, appelant la lune à bien regarder sa chasse.
— Fais chier, persifle Neville tandis que son visage perd toutes nuances.
Les deux sorciers échangent un regard qui ne passe pas inaperçu à Jacob et Sam.
— À part nous, il n'y a pas de loups dans la région, argue l'alpha légitime.
— Je... Commence Neville.
Une masse informe sort à son tour de la forêt juste après les deux moldues. La meute hoquette et Quil perd encore plus la tête. Derrière son empreinte, un monstre à l'allure lupin court avec euphorie. La satisfaction que la chasse lui prodigue est parfaitement visible pour les modificateurs. Quil couine contre la barrière invisible. Il griffe le sol, ses yeux fixant avec angoisse son empreinte prise au piège derrière le mur imperceptible.
Ce qu'il arrive à mon descendant est la pire des tortures. Se sentir piégé. Être dans l'incapacité d'intervenir pour sauver la personne qui régit notre monde. Mon cœur saigne pour Quil. Mon esprit est avec la meute tandis que la femme continue de courir pour sauver sa vie et celle de sa fille. Un optimisme gît dans ses iris bruns, mais rapidement elle prend conscience qu'elles sont prises au piège. La meute ne peut pas l'aider. Sam continue à beugler sur Harry, l'empoignant par le col et le soulevant à plusieurs centimètres au-dessus du sol. Mais Harry reste sur ses positions. Il a pris sa décision, raisonnant comme l'auror qu'il est.
— Greyback...
Le murmure s'envole vers la pleine lune. Le loup-garou ne met pas longtemps pour atteindre sa proie. Erratique, il saute sur le dos de la jeune femme et plante ses crocs dans son épaule. Claire tombe au sol et pleure avec plus de force. La petite fille se lève sur ses deux jambes frêles et voit le corps de sa mère être projeté à plusieurs mètres d'elle. La bête monstrueuse se déchaîne sur sa chair, la mordant, la griffant jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de souffle.
Plus aucune respiration. Plus aucun battement de cœur. Le temps est suspendu. Impuissante la meute regarde l'horrible spectacle qui défile devant eux. Quil hurle à la morte alors que la bête délaisse le corps pour se tourner vers la petite fille. Toute la meute psalmodie après Harry et le sorcier commence à craindre qu'il soit également bouffé.
— Greyback !
Quil voit une lueur d'espoir. Jacob est horrifié et panique. Harry est dépité. Il le savait. Il a envie de se frapper la tête contre un mur et de se terrer sous des couches épaisses de couverture pour ne plus revoir la lumière du jour pendant une éternité.
Sachez que je ne voulais pas couper ici ! Mais il y a l'équivalent de 5000 mots supplémentaires. Le prochain chapitre apportera un dénouement particulier qui j'espère vous plaira. En vous disant à dimanche prochain. Des bisous !
