Bonjour, bonsoir ! Je vous avez bien dit qu'il restait un OS. De quoi conclure cet event de l'été en beauté ! Comment ça ont est en hiver? Comment ça l'event d'été est fini depuis longtemps ? Bah, c'est qu'un détail ça!

Je conclu donc ce recueil avec un OS Western qui correspond à je-ne-sais-plus-quel-défi et qui attendait d'être fini depuis bien longtemps !


L'Ouest, sa chaleur, ses paysages, ses bâtiments, ses cowboys. C'était ce que Kaminari avait toujours connu. Ça et le saloon familial. Un grand saloon, typique de ce qui se faisait dans le coin, le seul de la petite ville. C'était là que le jeune homme était né, là qu'il avait commencé à travailler aux côtés de sa mère, là que son père s'était fait tué, là où tout le monde allait pour se détendre avant ou après le travail.

Oh, il l'aimait ce saloon, de tout son cœur. Un amour qui lui permettait de tenir les journées les plus chaudes, ou les plus longues. Un amour qui lui venait de ses parents, pour qui ce saloon était toute leur vie. Un amour qui lui avait permis de rencontrer des gens formidables, comme Yaoyorozu Momo, actuellement assise au comptoir, une verre du meilleur whisky trouvable dans les environs devant elle.

Elle et Kaminari se connaissaient depuis des années, depuis que la jeune femme était arrivé en ville, en fait. Momo travaillait à la maison close au coin de la rue, et ne manquait jamais une occasion de venir discuter avec son ami dans la journée, lui parlant de tout et de rien.

Et elle n'était pas la seule à le faire. Ainsi, Kaminari était au courant de tous les petits secrets de tout le monde. Et ça, tout le monde le savait. Ce n'était pas étonnant, en tant que barman, il écoutait les lamentations ivres de tous ses clients d'une oreille attentive, proposant des solutions à leur problème ou hochant simplement la tête, du moment que les consommations étaient payés. Et jamais, jamais, il ne répétait ce qu'il entendait.

Face à lui, Momo se pencha en avant sur le comptoir, sa large poitrine se posant sur ses bras croisés. Elle déclara, les yeux brillants de joie.

« Kyoka va bientôt revenir. »

Kyoka Jiro, chasseuse de prime renommé, une as du lasso et de la sarbacane et petite amie de Momo. Les deux femmes s'étaient rencontré quand Jiro chassait un voleur en fuite dans la région et ça avait été le coup de foudre entre elles. Le voleur avait vite été arrêté mais Jiro n'avait pas quitté la ville avant plusieurs mois, préférant rester aux côtés de sa bien aimée. Mais elle finit par repartir en quête d'une nouvelle affaire, promettant de revenir aussi souvent que possible.

Jusqu'à présent, elle avait tenue parole.

Un sourire éclatant prit place sur les lèvres de Kaminari, il savait à quel point Momo attendait le retour de Jiro.

« Elle restera combien de temps cette fois ? »

En parlant, il avait sortit un nouveau verre dans lequel il servit une seconde commande à son amie, identique à la première. L'occasion méritait bien un verre offert par la maison.

Momo prit une autre gorgé de son verre, son sourire s'agrandissant.

« Quatre ou cinq mois, elle n'est pas sûre. D'ailleurs, elle m'a parlé d'un évènement qui allait se passer ici dans environ deux mois. »

Momo n'avait pas l'air très sûre d'elle. Sûrement qu'elle ne savait pas trop de quoi sa moitié voulait parler. Kaminari leva un sourcil.

« Le grand tournoi de tireur ? »

La femme posa sur lui un regard surpris.

« Tu sais ce que c'est ?

- Oui, on en parle de plus en plus en ce moment. All Might cherche un apprenti et il organise un tournoi pour le trouver. Beaucoup de cowboys et de tireurs vont venir pour participer. »

Momo hocha la tête, comprenant mieux la situation. Il fallait dire qu'All Might était sacrément célèbre dans l'Ouest. Un homme d'exception, un tireur vif comme l'éclair qui jamais n'avait manqué sa cible. Tous les criminels craignaient d'un jour devenir sa proie. Pourtant, nul ne connaissait sa véritable identité. Il avait toujours déclaré s'appeler All Might, et ne faisait que rire sans répondre quand quelqu'un lui demandait son nom. La nouvelle d'un tournoi organisé par un homme aussi célèbre aurait tôt fait de faire le tour de l'Ouest.

Momo posa son coude sur le comptoir, appuyant sa joue contre son poing fermé.

« Je risque d'avoir beaucoup de clients avec tout ça. Je ne pourrais pas passer tout mon temps avec Kyoka… »

Kaminari se pencha sur le comptoir.

« Rien ne t'empêche de prendre un peu de congé. Tu es la meilleure fille de ta patronne, ce serait une horreur que tu quittes son business. Et ce sera la première fois que tu le demanderas, je suis sûr qu'elle sera d'accord. »

Momo lui sourit.

« Je lui demanderais demain matin. Et toi, du nouveau ? »

Le sourire du blond s'agrandit et la discussion dériva sur autre chose. De tout façon, le tournoi n'était pas pour demain, ils n'avaient aucun besoin de s'inquiéter avec ça pour le moment.

XxX

Un mois plus tard, Jiro arriva en ville.

Moins d'une heure plus tard, Kaminari apprenait de la vieille femme d'en face qu'elle avait accouru vers la maison close rejoindre Momo. Il éclata de rire puis de remit à son travail.

Puis deux hommes entrèrent dans son établissement. Le blond n'eut besoin que d'un regard pour savoir qui ils étaient. Des cowboys. Tout dans leur tenue le criait, de l'arme à leur ceinture, jusqu'au chapeau sur leur tête en passant par le foulard à leur cou. Ils retirèrent leur chapeau, s'installèrent au comptoir, et Kaminari pu enfin voir leur visage. Ces deux-là n'avaient pas grand-chose à voir, là où le premier était grand, bien bâtit, l'air sûr de lui et une touffe de cheveux rouges dressé sur sa tête, le deuxième était plus chérif, plus petit, moins sûr de lui, ses cheveux bruns aux reflets verts tombant sur son front et chatouillant ses joues aux tâches de rousseurs.

Ils commandèrent et Kaminari engagea le conversation en préparant leur boisson.

« Vous n'êtes pas d'ici, qu'est-ce qui vous amène ? »

Ils répondirent d'une même voix.

« Le grand tournoi de tireur. »

La tête du blond se tourna instantanément vers eux, la surprise marquant ses traits. Il dit, plus pour lui même qu'autre chose.

« Déjà ?! Je pensais avoir encore une semaine ou deux de répit. Ah, mon saloon va être prit d'assaut par de féroces tireurs ! Le stock d'alcool pourra jamais suivre ! »

Dans son excitation, il leva les bras, oubliant qu'au bout de l'un d'eux se trouvait le verre prêt d'un des hommes face à lui. Il ne réussit à sauver le liquide que grâce à des années d'expérience et le posa face au client, commençant à s'occuper du deuxième verre.

Les deux hommes s'amusèrent de son manège, sans que Kaminari ne le prenne mal. Il agissait tout le temps de cette façon, il s'était habitué à être la drôle de bête du coin. Et puis, ces moqueries n'étaient que très rarement méchantes, il n'allait pas s'énerver pour ça.

Il posa le second verre sur le comptoir et s'appuya sur ce dernier. Il détailla ses invités de ses grands yeux dorés. Il serait bien incapable de deviner lequel était le plus habile de la gâchette. Il aurait tout le temps de le constater plus tard vu que ces deux gars participaient au tournoi.

« C'est quoi vos noms ? »

Pendant l'heure qui suivit, les trois hommes discutèrent, bien que Kaminari dû parfois s'éloigner pour réaliser une commande. Il apprit que le roux s'appelait Eijiro Kirishima et le brun Izuku Midoriya. Les deux hommes voyageaient ensemble depuis des années et admiraient beaucoup All Might. Midoriya avait même été capable de cité toutes les villes que la célébrité avait traversé. Kaminari les aimait bien ces deux là. Il espérait que la plupart des concurrents seraient de ce genre là, joyeux et pas prise de tête. Les grosses brutes étaient assez énervantes, en plus de faire des dégâts là où elles passaient.

Puis, alors que la nuit était bien avancée la porte claqua alors qu'une jeune femme se précipitait à l'intérieur.

En un coup d'œil, Kaminari la reconnu. Ochako Uraraka. Une collègue de Momo. Elle n'était pas tout en forme et en sensualité, contrairement à la brune. Ses charmes étaient différents. Elle était adorable, avec ses boucles châtains, ses grands yeux noisettes, sa peau clair. Elle venait visiblement de finir le travail, au vu de sa robe mal remise, dévoilant une épaule où reposait un suçon bien rouge. Elle courut jusqu'au comptoir, se penchant au-delà pour se rapprocher de son ami, et s'écria, la voix pleine d'excitation.

« Je viens d'apprendre pour le grand tournoi ! Je vais y participer ! »

Kaminari n'était pas vraiment surpris de sa décision, ce n'était pas la première fois que la jeune femme se lançait dans ce genre de chose. La dernière fois, c'était pour une course équestre. Cela dit, le blond était certain qu'elle avait ses chances. Elle avait toujours était particulièrement douée avec des armes de jet, comme des couteaux. Elle possédait une précision mortelle. Nul doute qu'elle saurait faire avec un revolver.

« C'est une excellente nouvelle ! Ça mérite un petit verre, je te le fais à moitié prix ! »

Il commença aussitôt à préparer quelque chose, sans même attendre la réponse de son amie. Elle secoua la tête, souriante, et s'assit à l'un des hauts tabourets, remarquant enfin les deux hommes prêts d'elle. Elle leur fit un signe de main, arrangeant correctement sa robe.

Remarquant le regard d'Uraraka vers les deux invités, Kaminari les présenta, les désignant de la main.

« Uraraka, voici Kirishima et Midoriya, des candidats pour le tournoi. Midoriya, Kirishima, voici Uraraka, une vieille amie. »

Aussitôt, un éclat passa dans les yeux d'Uraraka.

« Vous pourriez m'apprendre à tirer ? »

Les deux hommes ne surent quoi répondre. Comment quelqu'un pouvait souhaiter participer à un tel tournoi sans même savoir tirer ? Néanmoins, Midoriya lui sourit et répondit.

« Volontiers. Mais avez vous une arme ? »

Uraraka haussa les épaules.

« J'en aurai une d'ici demain. »

Kaminari éclata de rire. Ça lui rappelait tellement la course de chevaux ! Elle avait dit la même chose et avait effectivement réussit à obtenir un cheval en une nuit. Et elle avait fait un malheur le jour J !

Posant le verre de son amie face à elle, un cocktail à base de rhum et d'orange, il rassura les deux hommes.

« Ne vous en faite pas, elle aura ce qu'il faut. »

Le regard hésitant des deux hommes ne fit qu'entraîner le blond dans un nouvel éclat de rire.

XxX

Trois jours plus tard, un trio fit son entrée en ville, échouant rapidement au saloon de Kaminari. Encore des tireurs, deux hommes et une femme. Le premier homme, le plus grand, avait une sacré carrure et cachait le bas de son visage sous un masque en tissu, tandis que des cheveux blancs couvraient son crâne, le deuxième était plus petit, plus chétif, mais tout de même musclé, des cheveux bruns encerclant son visage, et la femme possédait une courte chevelure rose complètement ébouriffée. Du groupe, elle était la plus petite, mais aussi celle avec le plus d'assurance.

Elle s'affala sur un tabouret au comptoir, laissant tomber son sac au sol dans un inquiétant bruit de verre. Ses deux compagnons s'assirent à leur tour.

Kaminari n'arrivait pas à enlevé ses yeux du sac. Il se demandait ce qu'il pouvait bien y avoir dedans. Avant de laisser le temps aux clients de commander quoi que ce soit, il se tourna vers la femme et posa une question.

« Y a quoi dans vot' gros sac ? »

Elle sourit, se pencha, attrapa quelque chose à l'intérieur et se releva, tendant fièrement une fiole contenant un liquide clair.

Doucement, Kaminari la saisit, la tournant à la recherche d'une étiquette.

« C'est du poison ! »

Le blond sursauta et manqua de faire tomber la fiole, risquant de répandre son contenu dans son saloon. La main un peu tremblante, il reposa la fiole sur le comptoir et la poussa doucement vers sa propriétaire.

« J'espère que vous ne comptez pas vous en servir ici. »

Elle rit franchement, agitant une main devant elle en signe de négation.

« Non, pas d'inquiétude. C'est pour mes balles, je les enduis toujours de poison. »

Les yeux de Kaminari s'écarquillèrent.

« Vous êtes là pour le tournoi de tireur ? »

Elle hocha la tête.

« Ouaip, je manquerais jamais une occasion pareil ! J'ai même réussit à traîner ces deux gars avec moi. »

Les deux hommes ne leur prêtaient aucune attention, discutant calmement entre eux. Kaminari leur jeta un regard.

« Et où comptez vous loger ? Le tournoi n'est pas prévu avant des semaines, ça va vous revenir cher. »

La femme haussa les épaules.

« Pas grave. Arriver plus tard c'était prendre le risque de ne pas pouvoir loger sur place. J'ai assez d'argent de côté, je m'en fait pas. D'ailleurs, j'aimerais vous prendre deux chambres pour le mois. »

Kaminari sourit. Après les deux cowboys de l'autre jour, c'était ce groupe qui allait séjourner chez lui. Il allait devenir riche si tous les intéressés par le tournoi faisaient comme eux ! C'était l'affaire du siècle ! Peut-être qu'il pouvait monter ses prix au passage ? À part son établissement, il y avait aussi un petit hôtel à la sortie de la ville, la concurrence n'était pas trop rude, il n'avait pas grand-chose à craindre.

Son sourire grandissant, il donna ses tarifs à la femme. Comme il avait hâte que d'autres étrangers arrivent !

XxX

Quelques jours plus tard, un nouveau se pointa. Il était complètement caché sous un long manteau noir, ne laissant rien voir de sa personne. Il prit une chambre, mais ne parla presque pas. Kaminari savait seulement qu'il s'appelait Fumikage Tokoyami et qu'il souhaitait assister au tournoi.

Enfin, pas qu'il eut vraiment le temps de s'y intéresser, puisqu'une balle fusa droit dans son mur depuis la porte.

Une seconde plus tard, la voix d'Uraraka se fit entendre, hurlante et lointaine.

« Pardon ! J'ai pas fait exprès ! Je te rembourserais ! »

Un soupire passa les lèvres de Kaminari avant qu'il ne réponde en criant.

« J'espère bien ! »

C'était la deuxième balle de la journée qui finissait dans un de ses murs. Malgré les cours de Midoriya, Uraraka avait encore un peu de mal à se servir de son arme. Et pourtant, elle s'améliorait, elle arrivait déjà à gérer le recul du revolver et sa visée se précisait à une vitesse folle ! Mais ça faisait quand même moins d'une semaine qu'elle s'entraînait, il ne fallait pas s'attendre à un miracle.

« Elle va vraiment finir par tuer quelqu'un… »

La femme qui venait de parler, c'était Tsuyu Asui, elle travaillait comme serveuse ici depuis presque dix ans. Elle et Uraraka étaient de très bonnes amies, elles avaient quasiment grandit ensemble. Cela dit, Asui était beaucoup plus calme et plus posée. Et si elle maniait plutôt bien le lasso, elle ne s'en servait que rarement.

Kaminari secoua la tête.

« À qui le dit tu. »

Puis son esprit passa à autre chose.

« Asui, tu crois que je peux monter nos prix sur les boissons ? »

Elle réfléchit quelques instants, levant les yeux au plafond, puis déclara.

« Pas de plus d'un dollar ou deux, et seulement sur ce qu'on a de plus cher. Tu risques de faire fuir le client si tu vas au-delà. »

Kaminari fit la moue, mais son amie ne lui prêtait plus la moindre attention. Elle était déjà partie servir le repas d'un couple à quelques tables de lui.

Un autre coup de feu, et Kaminari entendit distinctement le cri de victoire d'Uraraka.

XxX

Une semaine plus tard, Kaminari eut le surprise de voir Tenya Iida assit au comptoir du saloon. Iida était un homme de son âge, fils du marshall et travaillant avec lui, comme l'intégralité de sa famille. Il ne venait quasiment jamais pour boire, seulement pour échanger avec Kaminari, étant donné qu'ils avaient grandit ensemble.

Mais ce soir-là, il avait l'air épuisé. Il commanda un verre de cognac. Kaminari haussa un sourcil, le servit et demanda.

« Qu'est-ce qui t'es arrivé ? »

Iida soupira, prit une gorgée de sa boisson, s'accouda au comptoir et répondit.

« Deux gars sont arrivés en ville dans l'après midi. Un type avec la face cramé et un autre avec des explosifs. Il les a fait sauté en pleine rue quand son compagnon lui a fait une remarque. Il a faillit faire sauté une maison et il a refusé de nous suivre au poste. On a finalement réussit à le mettre derrière les barreaux. On a trouvé assez d'explosifs sur lui pour faire exploser plusieurs fois la ville ! Quand je suis partie, il s'énervait encore contre les barreaux de sa cellule. »

Il soupira encore et reprit une gorgée.

De son côté, Kaminari avait stoppé tout mouvement. Des explosifs ?! Mais quel genre de malade se trimballait avec des explosifs ?! Et si c'était quelqu'un venu aussi pour le tournoi ? Oh, non, il aurait dû s'y attendre, évidemment qu'un évènement pareil aller attirer des tarés !

Mais… Et le gars à la face cramé ?

« Vous avez fait quoi de l'autre gars ? »

Iida pointa quelque chose derrière lui.

« On avait rien à lui reprocher, il est avec tes gars. »

Kaminari se décala et se pencha pour voir. Effectivement, au fond de la salle, aux côté d'Uraraka, Kirishima et Midoriya se trouvait un bonhomme aux cheveux blancs et rouges et avec une sacré brûlure sur le visage. Le blond grimaça, ça avait dû faire mal. Mais il avait l'air assez calme, aussi le barman ne chercha pas à se focaliser d'avantage sur lui.

Il reporta son regard sur son ami.

« Et vous allez faire quoi de l'autre ?

- Il est bon pour deux semaine au trou, mais après on devra le laisser repartir. Ça me fait penser, il arrêtait pas de dire qu'il allait tout défoncer pendant le tournoi. »

Kaminari ferma les yeux un instant. Alors ce type allait rester là pour encore un bon mois, ce n'était une idée réjouissante. Il posa son regard sur un table près du comptoir, Ashido et ses camarades jouaient joyeusement aux cartes avec Tokoyami. Il n'avait pas l'air très assuré, Kaminari sentait qu'il était en train de perdre. Plus loin, dans un coin tranquille, Momo et Jiro roucoulaient doucement, si proches que leurs épaules se touchaient. Assit à d'autres tables, les habitués profitaient d'une soirée calme.

Il ne voulait pas que la quiétude de son saloon soit brisé.

« J'espère qu'il ne viendra pas par ici. »

Aucune chance que ça n'arrive pas. C'était le seul saloon de la ville. Évidemment qu'il viendrait dès qu'il serait libéré. Néanmoins, Iida eut la gentillesse de ne pas lui faire remarquer. Il hocha la tête, prenant une gorgée de son cognac.

« Je l'espère aussi. »

XxX

Quatre jours plus tard, Uraraka fit irruption dans le saloon en plein milieu de l'après-midi. Elle avait le souffle court, signe qu'elle avait couru, et elle se précipita vers Kaminari.

« J'y arrive enfin ! J'arrive à viser le centre ! »

Le centre ? Oh, oui, avec son revolver ! Aussitôt qu'il comprit, un immense sourire éclaira son visage.

« Déjà ? Ça alors, ça t'aura pas prit beaucoup de temps ! »

Il rit, réellement impressionné. Ce n'était pas la première fois qu'Uraraka faisait quelque chose d'aussi incroyable, mais c'était toujours aussi surprenant et plaisant !

« Faut fêter ça ! Je t'offre le repas ! Et aussi pour tes entraîneurs tant que j'y suis ! »

Uraraka se mit elle aussi à rire. Elle rayonnait de bonheur. Kaminari était certain qu'elle ferait un malheur pendant le tournoi.

XxX

Plus tard dans la soiré, ou plutôt la nuit, alors que Kaminari allait fermer le saloon, trois étrangers toquèrent à sa porte. Deux d'entre eux étaient des cowboys, et le dernier portait un chiot dans ses bras. Ils avaient tous l'air perdu et épuisés. Sans y réfléchir plus d'un instant, Kaminari les laissa entrer et leur servit de l'eau.

S'ils venaient de passer la journée à voyager sous le soleil de l'Ouest, c'était mieux de leur proposer ça que de l'alcool. Ils engloutirent leur boisson en un instant, et le blond les resservit.

Enfin, ils furent assez hydratés pour raconter leur mésaventure. Ils faisaient route depuis la côte. Ça faisait des semaines qu'ils se contentaient de fins sacs de couchages et de maigres repas pour rejoindre la ville du tournoi au plus vite. Sur le chemin, des brigands leur avaient volé leurs affaires ainsi que leurs chevaux. Ils n'avaient dû leur survie qu'au fait de ne plus avoir été très loin de la ville.

Kaminari eut de la peine pour ces trois pauvres gars. Il réfléchit. Au vu de ses nouveaux tarifs, il pouvait se permettre de ne pas louer une chambre. Même si l'idée de perdre une partie de ses recettes ne l'enchantait pas, il savait qu'il ne serait plus jamais capable de se regarder dans le miroir s'il laissait ses trois là à la rue.

Il se baissa, ouvrit un tiroir et en tira un clé. Il se redressa et la posa face au petit groupe.

« Je vous cadeau d'une de mes chambres. Je peux y ajouter le petit déjeuner, mais pour le reste, faudra voir par vous-même. »

Les trois voyageurs se confondirent en remerciements, promettant de le rembourser dès qu'il le pourrait. Kaminari secoua la main. Il n'avait pas besoin de ça. Il n'était pas dans le besoin. Ils pouvaient garder leur argent.

Un gargouillis sonore résonna dans l'établissement vide. Le blond ne put retenir un gloussement. Sans attendre, il se mit à préparer trois collations. Il espérait que ces trois là pourraient quand même participer au tournoi. Ce serait vraiment trop triste que leur avenir soit ruiné à cause de quelques brigands.

XxX

Presque une semaine plus tard, un prince charmant débarqua. Enfin, il en avait l'air, mais à la manière dont il s'écrasa dans la boue à peine descendit-il de son cheval, Kaminari savait que ce n'était pas le cas. D'autant plus que tout dans son attitude était d'un cliché incroyable, et totalement assumé.

Kaminari sourit et se demanda s'il était là pour regarder le tournoi ou pour y participer. Une vingtaine de minutes plus tard, il confirma la première hypothèse. Et aussi que ce gars devait au moins était le fils d'un duc pour pouvoir se permettre autant de luxe. Il avait recouvert son revolver de paillettes et de pierres précieuses ! Et l'avait accroché à une ceinture tout aussi pailletée et parée ! C'était à se demander comment il avait pu réussir à ne pas se faire voler sur la route.

Eh bien, il n'avait pas pu. Il s'était fait voler, plusieurs fois, et il déclarait à présent être beaucoup trop sobre, moyen et terne.

Kaminari cacha un rire dans une toux et lui donna les clés d'une chambre. Quand il fut partie, le barman secoua la tête, souriant, et se remit à laver ses verres.

Et un énergumène de plus dans son saloon. Le tournoi allait vraiment être très intéressant.

XxX

Quelques jours plus tard, Kaminari rencontra le taré aux explosifs.

Il discutait avec Uraraka quand un blond cendré à l'air renfrogné entra. Il regarda chaque coin de la pièce avant de se diriger aux comptoirs, droit vers Kaminari. Le blond, le remarquant du coin de l'œil, coupa sa discussion avec son amie.

« Bonjour, monsieur. Que puis-je faire pour vous ? »

L'autre blond le fixa quelques secondes avant de répondre.

« Je veux une chambre. »

Kaminari se passa une main sur la nuque, gêné. Il avait donné sa dernière chambre à Yuga Aoyama, le prince charmant. Il n'avait plus rien à offrir.

« Je suis désolé, toutes nos chambres sont occupés Vous pouvez essayer à l'hôtel à la sortie de la ville. »

Le grincheux claqua de la langue et fourra ses mains dans ses poches. Kaminari vit deux revolvers, un de chaque côté de ses hanches, et se sentit se tendre. Heureusement, l'autre ne semblait pas vouloir s'en servir.

« Déjà fait, y a plus rien. »

Mince. Mais ce n'était pas étonnant. Cette ville n'était pas très grande, jamais l'hôtel et le saloon n'avaient été plein. Ils n'étaient pas préparé à accueillir autant de personne. Craignant que le blond ne sorte ses armes s'il n'avait pas ce qu'il voulait, Kaminari lui pointa la salle entière d'un vague geste de la main.

« Tous mes clients sont ici, vous pouvez essayer de vous arranger avec eux si vous voulez. »

Le gars lâcha un « tsk » et se tourna. Puis il se mit soudain à hurler.

« DEKU ! »

Kaminari sursauta, et il ne fut pas le seul. Toutes les personnes présentes se tournèrent. À une table se trouvait Midoriya, Kirishima et Todoroki, face cramé, et le blond colérique avançait vers eux. Ils se levèrent et avant que quiconque n'ai pu réagir, des explosions retentirent. Là, dans les mains du blond, des restes de fumé s'échappait doucement.

Aussitôt, Kaminari comprit qui venait d'entrer dans son saloon. Le taré aux explosifs que Iida avait arrêté. Merde.

Alors que la situation s'envenimait, les hommes tirant leur revolvers, il passa par-dessus le comptoir dans un mouvement souple, attrapant sa carabine au passage. Il cria.

« Asui ! »

La jeune femme réagit dans l'instant. Elle attrapa le lasso attachée à sa taille, le déplia, le fit voler au dessus de sa tête, et l'envoya droit vers le blond. Un instant plus tard, il était prit au piège. Il grogna et se mit à se débattre pour se libérer, mais la carabine de Kaminari se pointa sur sa tête.

Il cessa de gesticuler.

Le barman regarda les clients, en particulier Midoriya.

« Très bien, alors maintenant tout le monde se calme. J'aimerais savoir ce qui se passe. »

Midoriya ouvrit la bouche pour s'expliquer, mais le ligoté fut plus rapide.

« J'ai un compte à régler avec ce putain de nerd ! »

Kaminari haussa un sourcil et tourna son regard vers le brun.

« Tu confirmes ? »

Ce dernier hocha timidement la tête, manifestement gêné par le comportement du blond. Kaminari soupira, baissa son arme et marcha calmement vers son bar.

« Alors allez dehors. Je veux pas vous revoir tant que vous avez pas régler votre problème. »

Sans soucis, Asui mit ces deux-là dehors, rangea son lasso, et reprit son travail. Quelques autres personnes sortirent, pressé de voir le combat qui ne manquerait pas d'avoir lieu.

La seule chose que Kaminari pu entendre avant que le brouhaha ne couvre toutes les paroles, fut le nom du blond.

Kacchan.

Kaminari était certain que ce n'était pas vraiment ça, mais il trouvait ça sympa. Il sourit. Qu'importe son vrai nom, il n'utiliserait jamais que ce surnom enfantin.

XxX

Le jeudi suivant, All Might arriva en ville. Déjà que la ville était en total effervescence, ça devint encore pire. Le fameux tireur était en permanence suivit par plusieurs personnes, presque comme un armé de gardes du corps.

Le saloon de Kaminari se trouva soudain étrangement calme avec tout le monde dehors. Même Asui avait prit sa journée pour rencontrer l'homme. Le blond aussi aurait aimé pouvoir le faire, mais il ne pouvait pas quitter son établissement, encore moins à cette heure de la journée, ou bien quelqu'un viendrait à coup sûr le voler.

Il soupira.

Puis les portes grincèrent et quelqu'un entra, la robe flottant légèrement sous la brise d'été.

Kaminari tourna la tête et son visage se para de surprise. Toru Hagakure était là. Une jeune femme, une avec qui il avait grandit dans cette ville. Elle était toujours pétillante et pleine de vie. Mais elle était aussi marié, et était partie avec époux des années auparavant. Le blond ne l'avait plus revu depuis. Un sourire prit place sur ses lèvres.

« Los Angeles n'est plus assez bien pour toi ? »

Elle pouffa en s'installant au comptoir.

« La ville n'a pas vraiment d'importance, tu sais. »

Le sourire du blond s'agrandit. Son amie lui avait beaucoup manqué. Elle reprit.

« Tu comptes passer ta journée ici ? Alors qu'All Might est là, dehors ? »

Il haussa les épaules.

« J'ai pas vraiment le choix. Quelqu'un doit bien s'occuper du saloon.

- Ta mère peut pas te dépanner pour une journée ? »

Silence. Long silence. Lourd silence.

« Elle a attrapé la tuberculose, il y a deux ans. »

Il n'en dit pas plus, il ne pouvait pas. Face à lui, Hagakure avait très bien comprit le sous entendit. Elle couvrit sa bouche d'une main.

« Je-Je suis désolée. Mes condo-condoléances. »

Elle bégayait, elle n'avait pas les mots. La mère Kaminari avait toujours été une femme forte, une force de la nature. Elle avait survécu à trois balles dans l'estomac, aux étés caniculaires, aux voleurs et autres brigands de bas étages, même à la perte de l'un de ses yeux dans un combat contre un soûlard. Pour Hagakure, elle avait toujours dégager cette aura de toute puissance, d'une montagne imprenable, mais pleine de douceur et de bonté.

Kaminari secoua la tête.

« Ça va, j'aurai dû te prévenir. Elle n'aurait pas voulu qu'on s'apitoie sur son sort. »

Hagakure hocha la tête. Puis, ses yeux retrouvèrent leur éclat, elle se leva et passa de l'autre côté du comptoir. Elle attrapa son ami par les épaules et se mit à le pousser vers la sortie.

« Dans ce cas, c'est moi qui vais garder ton saloon ! Profite de ton après-midi ! »

Et il fut dehors. Il resta un moment figer, puis il se mit à rire. Il se retourna, commençant à marcher à reculons, et s'exclama.

« Surtout, ne touche pas aux verres !

- Ni aux assiettes, je sais ! »

Son sourire s'agrandit. Il espérait qu'elle n'aurait pas de client ou elle risquait de briser tout ce qui pouvait être briser avant son retour.

XxX

Il ne fallut pas plus d'un quart d'heure pour que Kaminari trouve All Might. Cela dit, il ne put s'approcher, All Might était complètement inaccessible. Ses fans ne lui laissaient pas un instant de répit, mais l'homme avait l'air de s'en accommoder plutôt bien.

Au final, Hagakure aurait mieux fait de le laisser à son saloon. Enfin, il reconnaissait que ça faisait longtemps qu'il n'avait plus prit de journée de repos.

Il tourna la tête. À quelques mètres de là se trouvait une boutique de vêtements, c'était là que travaillait un ami. Minoru Mineta. C'était le dernier garçon de leur groupe, avec lui, Momo, Uraraka, Iida, Hagakure et Asui. Ils avaient tous le même âge, et dans cette petite ville, ils avaient très rapidement fait connaissance. Ils s'étaient entendu et depuis, près de vingt ans avaient passé.

Kaminari sourit et se dirigea vers la boutique. Il entra et salua Yoko, grand-mère de Mineta, qui gérait la caisse depuis plus de cinquante ans.

« Bonjour, madame ! Mineta est là ? »

La vieille femme lui sourit et hocha la tête.

« Il est dans l'arrière boutique.

- Merci ! »

Kaminari avança à grands pas entre les rayons, arrivant face à une porte étroite à moitié dissimulé derrière une bande de tissu. Il abaissa la poignée, mais il ne parvint pas à ouvrir. Puis, il se souvint que le battant avait toujours tendance à coincer. D'un coup d'épaule, il se fraya un chemin et referma derrière lui.

Effectivement, Mineta était là, assit sur un tabouret, une robe sans manches sur les genoux, une aiguille et du fil dans les mains. Il s'était retourné en entendant le bruit de la porte, et ses yeux s'étaient agrandis de surprise.

« Kaminari ? Qu'est-ce que tu viens faire ici ? »

Le blond haussa les épaules et se mit à vadrouiller dans la pièce.

« Hagakure m'a foutu dehors, et je passais par là. »

Mineta eut un arrêt, comme s'il n'était plus qu'un bloc de pierre. Kaminari se dit que mentionner la jeune femme n'était pas la meilleure des idées.

« Toru est de retour ?! Elle est revenue ! »

Mineta s'était levé d'un bond, abandonnant complètement son ouvrage. Oups. Lui et Hagakure était sortit ensemble pendant quelques temps, puis elle avait rencontré l'homme de sa vie et l'avait quitté. Deux ans plus tard, elle partait pour Los Angeles. Mineta ne l'avait pas vraiment bien prit, et, même après tout ce temps, il ne désespérait pas de récupérer sa bien-aimée, pour qui il nourrissait toujours un amour profond.

« Je savais que ce type n'était pas fait pour elle ! Ma princesse, ton sauveur arrive ! »

Sur ces mots, il disparu en courant.

Kaminari cligna des yeux. Il se sentait un peu idiot pour le coup. Vraiment, il serait temps qu'il apprenne à réfléchir avant de parler. Ou à tourner sa langue dans sa bouche, il était certain qu'il finirait par la mordre et donc par se taire. Si seulement il pouvait penser à ça quand il l'ouvrait.

Il grimaça. Il espérait que Hagakure ne lui en voudrait pas trop d'avoir parlé d'elle à Mineta.

XxX

La semaine suivante, le saloon de Kaminari était plein à craquer. Tous ceux qui logeaient chez lui étaient réunit dans la salle principale. C'était bruyant, c'était joyeux, c'était vivant. Et Kaminari ne pouvait empêcher un grand sourire de dévorer tout son visage.

Le tournoi commencerait d'ici une heure ou deux et tout le monde n'attendait plus que ça. Tous les tireurs avaient déjà chargé leurs armes avec les cartouches d'encre réglementaire et quelques disputes menaçaient parfois d'éclater, mais la tension finissait par redescendre avant que quelque chose de grave ne soit arrivé.

Plusieurs paris sur le gagnant avaient aussi été lancé, et c'était Kaminari qui était chargé de tenir le compte de tout cela. Il savait donc que les favoris étaient Midoriya, Kacchan, Todoroki et Uraraka. Ça pouvait paraître surprenant de voir le nom d'une novice près de ceux d'hommes bien plus expérimentés, mais en fait, pas vraiment. Tous les locaux se souvenaient de la course équestre. Si elle avait pu tenir tête et gagner face à des purs sangs et leurs dresseurs surentraînés, elle pouvait battre trois tireurs de son âge.

Kaminari était certain qu'elle se ferait remarquer, mais il doutait un peu de sa victoire. Vu la récompense, ses adversaires seraient tous à leur maximum. Elle risquait de ne pas faire le poids en final ou demi finale. Mais elle arriverait jusque là. Aucun doute la dessus.

Puis l'heure sonna, et tout le monde sortit.

Là, au milieu de la rue, sous le soleil brûlant de l'été, se tenait All Might, les cheveux aux vents et un sourire éclatant aux lèvres. Il rit, les poings sur les hanches, et s'écria.

« Je vois que tous nos concurrents sont présents ! Nous pouvons donc commencer ! »

À ces mots, une vingtaine de tireur descendirent dans le rue, tous en face d'All Might. Ils étaient une vingtaine et Kaminari n'en connaissait que la moitié. Puis, la vieille Yoko Mineta descendit à son tour, portant un tableau dans lequel figurait le nom de chaque participant. Tous les duels avaient été décidé à l'avance, mais c'était seulement maintenant que les tireurs découvraient leurs adversaires.

Yoko désigna le premier binôme sur le tableau et la rue se vida, ne laissant qu'une jeune femme rousse et Kirishima.

Kaminari, appuyé contre le mur de son établissement, sourit. Une certaine tension prenait place dans l'air, sans que le moindre son, si ce n'était le souffle du vent, ne vienne la perturbé.

Les cowboys se mirent face à face puis se tournèrent le dos. Ils commencèrent à avancer. Cinq pas. Pas un de plus. Le son de leurs bottes contre la terre sembla résonner. Ils s'éloignaient.

Soudain, dans un mouvement sec, ils se retournèrent et deux coups de feu résonnèrent.

Sur le torse de la femme, juste au-dessus de sa poitrine, une tâche rouge grandissait. Kirishima, lui, n'avait pas la moindre goûte d'encre sur le corps. La balle l'avait manqué.

Aussitôt, il cria de joie et leva les mains au ciel. Les clameurs de la foule firent écho à son cri.

Le sourire de Kaminari s'agrandit. Il adorait sentir le tension monter encore et encore pour être complètement dispersé en une fraction de seconde, au son assourdissant d'un coup de feu. C'était complètement grisant !

Puis les participants du second duel prirent la place dans la rue. Uraraka et un homme d'une quarantaine d'années. Dos à dos, cinq pas, deux coups de feu.

Pas la moindre égratignure pour la jeune femme, mais l'homme arborait une tâche rouge en plein milieu du ventre.

Encore et encore, jusqu'à la fin des dix premiers duels, le même schéma se répéta. La seule chose qui changeait était les réactions du gagnant ou du perdant, mais ce n'était pas très important.

C'était tout pour aujourd'hui. La moitié des participants quittait la compétition. Kaminari était presque déçu que le spectacle soit déjà finit pour le journée, mais il avait surtout hâte de sentir de nouveau cette tension parcourir son corps.

Dans la rue, tout le monde était en ébullition. Les tireurs se félicitaient ou se donnaient des conseils, le public venait leur parler maintenant qu'il les avait vu à l'œuvre, mais pas Kaminari. Il rentra dans son saloon et repassa derrière le comptoir. Les embrassades, c'était pas pour lui. Ça remuait trop de souvenirs.

XxX

À la nuit tombée, les bars et autres saloons s'étaient remplis. Enfin, les deux deux bars et l'unique saloon que comptaient la ville. C'était peu mais heureusement assez pour accueillir tous les fêtards.

Chez Kaminari, les éclats de voix se faisaient entendre jusque de l'autre côté de la rue. Les commandes s'enchaînaient si vite que la vaisselle sale commençait à ne plus tenir dans l'évier. La plupart de ses clients étaient passés au second tour. Les quatre favoris, sans surprise, mais également Ashido et Kirishima, bien qu'il ait fallu deux salves pour que ce dernier obtienne la victoire. Ce qui signifiait donc que le gagnant se trouvait probablement dans cette salle. Ça, ce serait un coup de pub du tonnerre. Venez goûter la bière qui donna sa force au protégé d'All Might ! Effet garantit !

Alors que Kaminari avait les mains prise par la préparation de trois Bahama Mama, il se demanda s'il était temps de commander des écriteaux ou non. Bon, il aurait l'air du plus gros imbécile de la ville si aucun de ses clients ne gagnaient mais autrement, il pourrait gagner un peu de temps. Et le temps, comme chacun le sait, c'est de l'argent.

Puis Asui passa récupérer les commandes et les servir et Kaminari se demanda ce qu'elle lui répondrait s'il lui posait la question. Elle lui dirait sûrement de prendre l'argent nécessaire sur sa propre paie et d'attendre qu'il n'y ait plus que ses poulains en lice. Ce à quoi il aurait probablement répondu un brillant, quoi que bref, marmonnement.

Il allait attendre un peu dans ce cas.

Plus tard dans la soirée, après que les uns soient montés dans leur chambre et les autres se soient endormis sur les tables, Kaminari fut témoin d'un étrange spectacle. Il s'était quelques fois demander si Todoroki et Kacchan s'entendaient bien et s'ils avaient fait la voyage ensemble ou si leur arrivée à la même heure ne relevait que d'une coïncidence. Eh bien, il avait maintenant sa réponse.

Dans le saloon presque vidé, seuls les deux hommes étaient encore assit à leur table et à peu près lucides. L'un plus que l'autre. Kacchan avait les joues rougie par l'alcool et appuyait sa tête dans le creux de sa main, les yeux dans le vague. Todoroki était dans un état encore moins honorable. Ses bras pendaient mollement le long de son corps et sa tête avait trouvé sa place sur l'épaule de son ami. Il avait l'air de raconter quelque chose mais honnêtement, Kaminari ne pouvait rien entendre depuis le comptoir. Tout ça n'aurait pu être qu'une de ces scènes que l'alcool créaient si souvent, si la main de Kacchan ne passait pas sans arrêt dans les cheveux de Todoroki.

Kaminari en avait vu des couples atypiques mais celui-là battait tous les records.

XxX

Le lendemain se tenait la deuxième manche du tournoi. À nouveau, la rue était noir de monde et Yoko annonçait les duels. Premier de la journée : Kirishima contre Midoriya. Les clameurs s'élevèrent de la foule alors que les deux hommes s'échangeaient une poignée de main avant de se retourner.

Les coups retentirent presque au même instant, impossible pour beaucoup de savoir qui avait tirer le premier. Les regards passèrent sur les deux hommes, s'arrêtèrent un instant sur la tâche rouge que tout deux arboraient et dérivèrent sur All Might. L'homme était assit à l'ombre, à côté de Yoko. Il ne prononçait pas le moindre mot pendant les duels. Il accoudait ses bras sur ses jambes et aiguisait son regard, presque comme s'il ne faisait soudainement plus partie de l'agitation autour de lui. Silencieusement, il leva un bras et pointa le vainqueur, un sourire au coin des lèvres.

Midoriya sentit les larmes lui monter aux yeux.

Il y eut un instant de flottement puis la foule se mit à hurler son nom en cœur. Face à lui, Kirishima avait l'air déçu mais aussi heureux pour son camarade. Il rengaina son arme et alla félicité le brun.

Ce fut le meilleur duel de la journée. En tout cas du point de vu de Kaminari. Les autres duels étaient entre ses clients, plus Uraraka, et les autres compétiteurs. Sans surprise, ils gagnèrent. Oh, il aurait pu raconter le magnifique pas de danse qu'Uraraka avait fait après sa victoire ou les cris de rage pure de Kacchan alors même qu'il n'avait pas perdu mais il n'en voyait pas l'intérêt.

Ce qu'il pouvait dire, c'était qu'il avait fallu tirer au sort un nom pour aller directement en final. Il devrai y avoir un duel à trois à un moment ou à un autre mais c'était bien plus exaltant de la voir en dernier. En conséquence, l'un d'eux allait échapper à l'épreuve du lendemain.

Kaminari se souviendrait toujours du hurlement de Kacchan en voyant que le nom sur le papier était le sien. Il avait juré d'exploser le crâne du gamin qui avait tirer au sort et s'était mis à courir vers lui. Il avait été attrapé avant d'atteindre sa cible mais il avait fallut trois hommes pour le maîtriser.

Au final, le blond passerait la journée du lendemain avec un chaperon et aurait interdiction de sortir pour regarder les demies-finales.

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Bien sûr, ça aurait été beaucoup plus simple si le dit chaperon n'était pas Kaminari. Déjà parce que Kaminari aurait bien aimé les voir ces demies-finales mais avec la foule devant ces vitres, c'était peine perdue. Ensuite parce que Kacchan était vraiment d'une humeur de chien.

C'était à peine s'il avait parlé depuis qu'ils s'étaient retrouvé seuls. Bon, avec le bruit qu'il y avait dehors, il aurait sûrement dû crier pour se faire entendre alors peut-être qu'il ne voulait pas se casser la voix. Hmm, mouais, Kaminari n'y croyait pas trop. Ce mec criait presque tout le temps.

Le chahut se tari soudainement, seul restait le son du vent frappant les bâtiments et envoyant voleter tout ce que n'était pas assez lourd pour lui résister.

Ses yeux dérivants vers le plafond, Kaminari ne put s'empêcher de se souvenir d'une nuit froide où le vent soufflait ainsi. Ses yeux passèrent sur les contours de cette endroit qu'il connaissait comme le fond de sa poche. Les impacts de balles jamais réparés sur le mur du fond, les marques de couteau sur la table à gauche, la chaise à trois pieds asymétrique, l'horrible broderie étendu au mur. Puis ils se posèrent sur une tête blonde ronchonne.

Malgré lui, Kaminari se mit à penser à une autre tête blonde, plus petite, plus ronde, plus familière.

Deux détonations.

Kaminari cligna des yeux.

Il y avait eut des coups de feux cette nuit là aussi. Dix ou cent, impossible de savoir. Leur écho était longtemps resté dans ses oreilles et aujourd'hui encore il lui arrivait d'entendre ces sons fantômes.

Des clameurs.

Il n'y avait pas eut à l'époque.

À nouveau le silence.

Le silence et le froid.

Les détonations.

Les détonations et le sang.

Les clameurs.

Les cris et les larmes.

Deux vainqueurs.

Un tombe.

XxX

Kaminari ne fut pas vraiment surprit d'apprendre que la finale se jouerait entre Todoroki, Midoriya et Kacchan. Bien sûr, c'était triste pour Ashido et Uraraka mais finalement, c'était assez attendu. Pour Uraraka du moins. Kaminari n'avait aucune idée du véritable niveau d'Ashido. Peut-être était-elle bien plus douée en situation réelle ou peut-être pas. De toute façon, il ne le verrait jamais.

Cependant, si le veille, il avait cru que son saloon était plein, il avait terriblement tort. Une trentaine de personnes supplémentaire avaient réussit à venir s'entasser dans son modeste établissement. Il avait donc une trentaine de bouche supplémentaire à nourrir et une trentaine de gosiers à remplir.

Les commandes s'enchaînaient si vite que Kaminari et Asui s'étaient retrouvé complètement débordé et qu'Uraraka était venue en renfort. Et encore, même comme ça, ils avaient eut du mal à tenir la cadence.

Alors quand aux dernières heures de la nuit les clients étaient monté dormir et les autres étaient eux aussi aller se reposer, Kaminari s'écroula presque sur le comptoir.

Dans la salle, Asui et Uraraka étaient encore en train de nettoyer les tables et de remettre les chaises en place.

Kaminari admirait sincèrement leur courage. Il jeta un cou d'œil à la pile de vaisselle et ne put retenir un geignement. Était-ce seulement humainement possible ? Ça allait lui prendre la nuit entière !

Au prix d'un immense effort de volonté, il se redressa et entama sa tâche.

Une demi heure plus tard, les filles partirent en le saluant et trois heures plus tard, il s'endormait sur le plancher du saloon.

XxX

Le jour de la grande finale était enfin arrivée. Aujourd'hui était le jour où le grand All Might choisirait quelqu'un à qui transmettre tout son savoir.

La foule s'était amassée en plus grand nombre encore que les jours précédents et ne cessée de héler le nom des favoris. Dans le brouhaha général, il n'était même plus possible de discuter. Pas qu'il y ait grand monde pour discuter cela dit.

Trois personnes se tenaient en faces les unes de autres, chacune avec une attitude bien différente. Midoriya suait de stress, Todoroki semblait parfaitement indifférent et Kacchan hurlait diverse chose mais personne n'y comprenait rien.

Puis, comme chaque jour, le silence. Les participants qui s'éloignent, qui se retournent d'un mouvement souple, qui se jauge, qui dégaine, qui tire. Trois balles. Toutes droit vers le cœur.

La foule retenait sous souffle. Pour elle, chaque attaque avait été parfaitement identique mais aux yeux de quelques experts, ce n'était pas le cas. L'un avait été plus rapide.

All Might se leva et se dirigea vers les trois garçons. Il dépassa le premier. Il dépassa le deuxième. Il s'arrêta devant le dernier. Le dernier garçon tout tremblant dont il attrapa un bras et le leva haut dans le ciel.

La foule comprit et la foule se mit à scander avec ferveur.

« Midoriya ! Midoriya ! Midoriya ! »

De sa place, Kaminari sourit sournoisement. Le petit sur qui il avait parié venait de remporté le tournoi. Il sentait que le garçon n'allait plus avoir un instant pour lui pendant les prochains jours. Il entendait aussi les plus pressés demander où aller fêter ça.

Avant qu'ils ne puissent se glisser dans son saloon, Kaminari s'y faufila et le ferma à clé. Hors de question de subir le même ras-de-marée que la veille et tant pis pour ses recettes. Il avait déjà largement dépassé ce qu'il gagnait mensuellement.

Il réouvrirait quand ceux qui lui avaient prit une chambre auraient envie d'aller dormir et pas une seconde plus tôt.

XxX

Deux jours plus tard, à l'aube, Midoriya et All Might quittaient la ville, suivit par un cortège de fans et d'admirateurs des plus conséquents.

Il suffit ensuite de quatre jours pour que les touristes aient presque tous désertés la ville. Maintenant retourner à son calme habituel, cette endroit semblait soudain presque trop vide ou trop silencieux. L'agitation des dernières semaines étaient encore bien présente dans les cœurs et les esprits.

C'était aussi le cas dans le saloon de Kaminari. Retrouver seulement les quelques clients qu'ils connaissaient depuis tant d'années laissait une drôle d'impression en bouche. Ni vraiment désagréable, ni vraiment agréable. Il ne saurait pas comment la décrire mis à part que c'était bizarre. Certainement pas quelque chose qu'il ressentait souvent. Un drôle de cocktail entre manque et soulagement.

Pendant les quelques heures creuses que comptaient sa journée, il se permit de se prendre un verre. Du whisky à bas prix qui n'avait pas franchement de succès, ce qui expliquait qu'il en ait encore dans ses placards.

Accoudé au comptoir, sirotant tranquillement sa boisson, il se demanda distraitement quand viendrait la prochaine distraction dans cette petite ville de l'Ouest.