Chapitre 13 : Un Cadeau d'Anniversaire

Harry était perché sur un toit d'une usine désaffectée un peu à l'extérieur de Moscou sous un sortilège de désillusion. Il tenait un AX50, le vieux fusil de précision anglais de son père mais qui était toujours en excellent état de fonctionnement. Il suivait l'évolution de Regulus à travers sa lunette et abattait ses ennemis pour que son père économise un maximum ses munitions pour quand il serait hors de son champ de vision.

Depuis qu'il avait tué pour se défendre, Harry avait pris conscience d'une chose. Maintenant, il faisait partie intégrante du monde de son père et pouvait l'aider. Il avait bataillé longtemps pour convaincre ce dernier qu'il pouvait l'aider à distance. Il était excellent avec un fusil. Et avec la magie pour le protéger et le dissimuler, il serait un fantôme aux yeux de leurs cibles, au même titre que son père. Et ainsi, il ne craindrait pas de ne pas savoir où il était, lui pourrait le voir ou le sentir, sachant exactement où et comment chercher. Et il pouvait se soigner avec ses connaissances en sortilèges de soins et en potions.

Regulus avait fini par accepter, d'abord avec réticence avant de remarquer qu'il se sentait en effet plus à l'aise maintenant qu'il avait toujours son fils à proximité. Il avait même ensorcelé deux médaillons pour qu'ils puissent savoir plus ou moins dans quel état se trouvait l'autre et s'il était en danger. Cela et Raven qui volait au-dessus du terrain pour toujours avoir une vue d'ensemble. Le Fantôme n'avait plus de raison de refuser à son fils de participer activement dans le tas merde dans lequel il avait de toute façon mis les pieds quelques semaines plus tôt.

Cette nuit était la pêche à un gros poisson. Un type qui venait d'être excommunicado par les hautes sphères, les personnes siégeant à la Haute Table. Son sort était la mort quoi qu'il arrive. Et sa tête valait très cher. Sans compter quelques têtes parmi ses sbires sans doute ... Les Black allaient toucher le pactole avec tout cela.

Soudain, Harry vit son père tomber à terre et son médaillon chauffa. Il souffrait énormément. Il se cacha à l'abri, hors de vue de quelques ennemis qui venaient justement vers lui. Le jeune sorcier les liquida les uns après les autres avant d'appeler son père.

« Est-ce que ça va ? » demanda-t-il après avoir placé son oreillette pour rester attentif au terrain.

« Ca va ..., » siffla Regulus dans le téléphone. « Juste la Marque des Ténèbres. »

« Ce que tu redoutais ? »

« Oui, il est de retour. »

Harry entendit son père reprendre son souffle et tira deux fois. Deux morts. Il réfléchit quelques secondes sur cette dernière information avant de la mettre dans un coin de son esprit, professionnel. Ils travaillaient tout de même !

« Tu penses pouvoir terminer ou on évacue ? » s'enquit-il.

« Non, ça va. J'ai été surpris sur le coup. On termine la mission. »

« Okay. Sois prudent. »

Le jeune homme coupa la communication pour ne pas distraire plus son père et tira encore sur un homme. Il vit son père se remettre sur pied deux minutes plus tard et reprendre le chemin vers l'intérieur du bâtiment. De là, il ne pouvait plus vraiment l'aider lui directement mais il tirait encore sur les hommes qui tentaient de pénétrer dans le bâtiment et ainsi surveiller partiellement les arrières de son père.

Il ne lui fallut pas longtemps à attendre que son père ressorte de là. A peine une demi-heure. Raven vint se poser à côté d'Harry et croassa doucement.

« Okay, j'arrive, Papa, » murmura l'adolescent en rangeant son arme dans son étui.

Ils retournèrent ensemble à l'Hotel Continental et Harry s'occupa de soigner les quelques plaies et ecchymoses de son père. Elles étaient minimes.

« Alors ? Le Seigneur des Ténèbres ? »

« Est de retour, » confirma l'ancien Mangemort dans un soupir.

« Tu retourneras en Angleterre ? »

« Non. J'ai trahi le Lord Noir en m'emparant de son horcruxe. Il en est parfaitement hors de question. »

Le ton était calme mais catégorique.

« Okay... »

« Et Joyeux Anniversaire, Harry. »

« Oh ! Hmmm ... » L'adolescent fixa l'horloge de la chambre, un peu perdu. « Merci, Papa ! »

« Je t'emmènerais quelque part pour ton cadeau dans la semaine par contre. »

« Okay... Tu me connais. »

« Oui, je sais, tu n'es jamais pressé. »

« Je suis pour une bonne douche et un repos bien mérité pour l'instant, » ajouta Harry avec un sourire alors qu'il glissait son doigt sur l'arcade sourcilière de son père pour y appliquer le baume de soin.

« Soit ! Je m'occuperais des réservations à dîner et de la prime. »

Harry lui fit un sourire encore plus grand avant de poser le baume sur la table de nuit et se diriger vers la salle de bain.

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Harry s'avançait dans le couloir sombre jusqu'à une salle où un vieux sorcier l'attendait avec une cage voilée. Les lieux étaient glauques, à peine éclairés par quelques bougies.

« Etes-vous prêt, Mr Black ? » s'enquit l'homme d'une voix rocailleuse.

« Oui, monsieur. »

« Votre père vous a tout expliqué ? »

« Oui, monsieur, » répondit Harry.

« Bien. Alors installez-vous et détendez-vous. »

L'adolescent se dirigea vers la table de pierre où il pouvait voir un léger support pour maintenir sa tête immobile. Il ôta sa chemise et s'installa dos contre la pierre. Il inspira profondément alors qu'il observait l'homme tourner autour de lui pour disposer différents objets et herbes sur la table et appliquer différentes substances sur son corps, traçant des runes sur sa poitrine.

Son père voulait lui offrir un Ombr'Lune pour son anniversaire. Il aurait un compagnon lié totalement à sa magie avec lequel il aurait une conscience commune. C'était de la magie de sang et comme le nom de la créature l'indiquait, ils étaient créés sous les rayons de la lune. Il entendit le sorcier agiter sa baguette pour ouvrir une trappe en fer. Cette dernière était rouillée et grinçait désagréablement sur ses gonds, faisant mal aux oreilles sensibles d'Harry. En voyant l'astre lunaire au-dessus de lui, il respira encore une fois profondément pour se détendre et ferma les yeux. Il sentit la morsure du fer sur sa paume et son sang couler dans un récipient. Il était nécessaire pour la création de son compagnon.

Le vieux sorcier se mit à incanter dans une langue qui était inconnue de l'adolescent. Ce n'était même pas du latin. Cela ressemblait plus à un très vieux chant venu d'un passé lointain et inconnu. Progressivement, dans son esprit, il sentit une connexion se faire et il commença à voir une obscurité différente, celle que l'on voit sous un tissu. Il se mit à rouler sur lui-même et à siffler, perturbé. Il voyait très peu. Vaguement la cage mais cette dernière était recouverte par quelque chose de presque totalement opaque. Du tissu. Harry s'en souvenait.

Durant toute la nuit, il se familiarisa avec la sensation de son Ombr'Lune dans son esprit et chercha à découvrir ce que c'était réellement, sa forme ... Il n'entendait rien mais percevait des vibrations. Pourtant, la part de son esprit toujours dans son corps entendait toujours le vieux sorcier incanter.

Il resta ainsi toute la nuit avant d'être récupéré au petit matin par son père. C'était là qu'il se rendit compte qu'il s'était endormi. Pris en faute, il baissa la tête. Regulus rit doucement.

« Ne t'inquiète pas, Fiston. C'est normal. Je me suis endormi moi aussi. Cela permet à l'Ombr'Lune d'être connecté à la part subconsciente de ton esprit. »

Harry se redressa en position assise et posa son regard sur la cage toujours voilée. Il percevait toujours de l'obscurité dans son esprit depuis cette dernière. Il s'approcha doucement, mu par la curiosité, et retira le tissu, faisant apparaître une petite vipère noire.

« Hmmm ... Toi, tu ferais un vrai Serpentard, » nota le père avec un sourire amusé.

« N'ai-je pas été élevé par un Serpentard ? » demanda l'adolescent à son tour en ouvrant la cage.

Il se concentra sur son Ombr'Lune afin de le faire se déplacer et il eut pas mal de difficultés.

« Tu t'y habitueras, » rassura son père en posant une main sur son épaule. « C'est comme si tu avais un nouveau membre. C'est une question d'habitude. Il m'a fallu ... deux mois avant d'avoir le parfait contrôle de Raven. »

Harry caressa les douces écailles de son nouveau compagnon, appréciant le toucher lui-même.

« Comment comptes-tu l'appeler ? »

« Je ne sais pas, » avoua l'adolescent. « Je vais y réfléchir. »

« Rentrons à la maison alors. Tu as besoin d'une douche et de repos. »

Regulus passa un bras autour des épaules de son fils et l'amena vers l'extérieur avant de transplaner pour leur petite maison de Vladivostok.