La routine s'était installé au château. Aiden avait trouvé un job de barista qui lui permettait d'acheter de quoi manger, et un frigo pour tout stocker, plus quelques affaires comme ses vêtements. Elle avait nettoyé le plus gros de la serre, elle allait bientôt commencer à la décorer. Elle draguait un étudiant en médecine qui lui fournissait des poches de sang régulièrement. Malgré ça, le sang manquait régulièrement, Vladimir ne pouvant tenir sans plus d'une grosse heure avant de commencer à agoniser franchement. Aiden avait alors commencé à ajouter un peu de son sang dans chaque bouteille qu'elle lui amenait, de plus en plus, jusqu'à finalement en remplir approximativement la moitié. Le traitement de Carlisle faisait son office à la perfection, et Vladimir reprenait des forces, malgré qu'il restait toujours affaibli. Il ignorait tout de cette combine, sans quoi il serait devenu furieux, ainsi il refusait toujours de voir la jeune femme, la laissant déposer le sang devant la porte et le récupérant quand elle était partit. Cependant, au bout de plusieurs mois de ce régime, voyant qu'il allait de mieux en mieux, il commença à se questionner. Il rejoignit Aiden dans la serre. Elle était en train de nettoyer le fond de la fontaine.

-Tu me donne ton sang sans que je le sache ?

La blonde se redressa, pas rassurée.

-Non... ?

Vladimir grogna.

-Aiden.

-Peut être...

Il leva les yeux au ciel.

-Je pouvais pas te laisser mourir !

-Pourquoi pas ?! Ça te ferais quoi d'enfin me laisser rejoindre ma famille ?!

-Vladimir, il te reste une famille ici. Que tu le veuille ou non, tu fais partis de la grande famille Volturi maintenant. Et puis tu as Stefan, et Valeria.

-Je déteste les Volturi, et ils me détestent. Stefan se remettra de ma perte. Et Valeria... Je suppose qu'elle n'attend que ça que je meurs.

-Dis pas ça. Et puis moi, tu fais partit de ma famille, et je veux pas te perdre.

-Ta vie serait plus simple sans moi.

-Je suis une princesse hybride avec des parents incapables de parler sans se crier dessus. Ma vie ne sera jamais simple.

-Aiden... Laisse moi les rejoindre... Mes enfants me manquent...

-Mais moi j'ai besoin de toi... Et je supporte pas de te voir souffrir comme tu le faisais...

-Accroche toi à d'autres gens. Sors avec quelqu'un, attache toi à tes parents, à ton frère. Rentre chez toi si ça rend les choses plus simples.

-C'est un peu chez moi ici aussi...

Il soupira doucement.

-J'ai perdu toute ma famille il y a des siècles. Mes enfants, et ma femme, mes parents. J'étais animé par ma haine des Volturi pendant tout ce temps. Maintenant que je ne peux pas les blesser sous peine de te blesser toi, je n'ai plus rien dans ma vie pour me faire tenir.

-Moi... ?

-La relation qu'on a est certes forte grâce à notre lien d'âme soeur, mais elle ne remplace pas tout ce que j'ai perdu. Je vis depuis tellement longtemps, laisse moi mourir s'il te plait.

Ils se regardèrent de longues secondes avant qu'Aiden ne hoche la tête. Vladimir soupira de soulagement.

-Merci...

-Mais il y a des conditions. Je refuse de juste te laisser agoniser comme ça.

-Je t'écoute.

-Je veux que tu boive mon sang, au moins suffisamment pour rester en vie, jusqu'à ce qu'on trouve un vampire qui accepte de te tuer. Et on demande au Volturi de le faire avant tout. S'ils refusent on avisera. T'es pas obligé de mourir par un pur inconnu.

-On va devoir se battre pour faire valoir mon droit à mourir.

-Je sais. Et je veux que tu boive mon sang sur moi directement. Les aiguilles, ça va deux minutes mais j'aime vraiment pas. En plus mes bras ressemblent à ceux d'un drogué.

-Ça non.

-C'est non négociable. Une morsure de vampire ça guérit plus vite que des piqûres. Et j'aime pas le faire moi même. On fera attention.

-Je veux pas prendre le risque de te faire mal.

-On saura faire attention. Vladimir, j'accepte que tu meurs, alors tu peux bien faire ça pour moi.

Il soupira et hocha la tête.

-Très bien. Mais alors je bois moins souvent.

-Ça me va.

-Tu voudras que je laisse mon venin à Carlisle pour qu'il te transforme ? C'est moins douloureux si c'est avec ton âme soeur, et tu seras plus puissante.

-Non. Je veux pas devenir un vampire. Ton absence sera déjà suffisamment violente pour moi pour pas vivre l'éternité.

-Très bien. Mais promet moi de ne pas faire exprès de mourir. Ne te suicide pas, et sois toujours prudente.

-Alors laisse moi profiter des jours qu'il te reste pour essayer de te convaincre de rester, pas avec des mots mais... Je veux juste qu'on agissent comme deux âmes soeurs. Qu'on laisse pour une fois nos sentiments ressortir, on verra bien ce qu'il se passe. C'est ma dernière carte, j'en suis conscient, mais si à la fin rien ne te retiens vraiment en vie, alors je te promet de te laisser partir.

-Tu vas juste te faire encore plus de mal.

-Ça fera mal de toute manière. Je veux être sûr que j'ai fais ce que je pouvais pour te garder.

-Très bien... Si c'est ce que tu veux.

-C'est ce que je veux.

-Et comment on applique ça ?

-On essaye de passer du temps ensemble. Genre ? On lit ensemble ? Par exemple. On discute.

-D'accord.

Ils ne bougèrent pas.

-T'es pas obligé de rester là maintenant non plus, je sais que ça t'intéresse pas.

Il lui sourit de soulagement.

-Effectivement. C'est Crina qui s'occupait de ça. Elle adorait cette serre. On a renouvelé nos cent cinquante ans de vie commune ici, avec notre fille et nos amis.

Elle l'écouta en silence. Il montra l'allée qui menait au fond de la serre.

-L'autel est quelque part sous les plantes. Le soleil était magnifique ce jour là, ça illuminait toute la serre. La plupart des fleurs étaient ouvertes. Stefan nous à marié. Valeria à amené les nouvelles alliances.

Il regarda son âme soeur, qui l'écoutait religieusement.

-C'était il y a très longtemps... La serre était encore en simple bois.

-Vous deviez être magnifique...

-Crina l'était.

-A quoi elle ressemblait ?

Vladimir soupira tristement et s'assit sur le rebord de la fontaine.

-Elle était rousse. De grands yeux bruns. Très grande. A mes yeux l'une des plus belle femme du monde. J'ai dû me battre pour l'avoir. Elle était enjouée, son sourire était magnifique. Son rire aussi. C'était une très bonne guerrière. Une fois que j'avais écarté tous ses prétendants, avant de l'épouser, j'ai dû me battre, elle ne s'est pas laissée faire.

Il capta le regard choqué d'Aiden.

-Je l'ai pas forcé hein. Elle voulait juste vérifier que j'étais convenable pour elle.

-Et c'était le cas je suppose.

-Oui. Au bout de six mois à me faire tourner en rond et à rire de moi, elle m'a embrassé. J'ai compris que j'avais réussi ses épreuves, et je suis allé demander sa main à son père. Il a dit oui, et on s'est marié.

Il se tut et regarda plus loin. Aiden prit sa main.

-On sent que vous vous aimiez vraiment beaucoup...

-C'était le cas. Je n'ai jamais aimé comme je l'aime. Du moins, pas de manière naturelle on va dire.

Elle ouvrit la bouche pour parler mais il la coupa.

-Ne me dit pas qu'elle aurait voulu que je sois heureux et que je trouve l'amour de nouveau. Je le sais très bien. Mais je suis incapable de l'oublier.

-Personne ne te demande de l'oublier...

-Je suis censé être avec toi, pas penser à une autre femme.

-C'est difficile d'oublier son premier amour. Encore plus quand il nous a rendu vraiment heureux.

-Pour ce que tu dois en savoir. tu me connaissais déjà quand tu as commencé à sortir avec Klaus.

-Sympa de croire que c'est lui mon premier amour. Y a eu quelqu'un d'autre avant.

-L'un des fils des loups ?

-Nan, eux c'était des amoureux de bacs à sable. Je parle d'Irina.

-Et tu ne l'oublie pas elle ?

-Non. Elle a été là pendant assez longtemps, et on s'aimait vraiment fort. Puis elle a rencontrée Louise, et on s'est séparé. Je suis heureux de la savoir avec son âme soeur. Je sais qu'elle est heureuse.

-Mon âme soeur n'est pas heureuse, elle est morte. Enfin non, mon âme soeur c'est toi mais... Enfin tu as compris.

-Ouais...

-Si je me remariais de nouveau, je pourrais dire adieu à Valeria pour toujours. Même si un jour elle revenait, ça, elle ne me le pardonnerais pas.

-T'en sais rien.

-On était une famille vraiment très soudée. Et elle adorait sa mère plus que tout.

-Bon, certes... Peut être qu'elle me détesterais profondément. Mais peut être qu'elle accepterais de te parler à toi. Et ce serait le plus important.

-Je doute qu'elle accepterait. On peut dire qu'elle a mauvais caractère. Et elle est vraiment têtue.

Aiden se tut, ne sachant que répondre, et Vladimir se leva.

-Tu viendras me voir quand tu auras fini si tu veux. J'en profiterais pour boire.

Elle hocha la tête.

-A tout à l'heure.

Il quitta la serre.