Bon, TW homophobie/biphobie verbale et "ordinaire", c'est surtout des sous-entendus un peu gênés, mais je préfère prévenir au cas où :)
D'ailleurs je tiens à préciser que je ne suis pas juive, et que je ne connais Hanouka que par des ami.e.s qui le sont, ou par Internet, donc j'espère qu'il n'y aura pas d'erreur ! Bonne lecture ;)
Astoria finissait de préparer la valise de son fils quand elle entendit les pas de son mari dans l'escalier. C'était le samedi soir, le dix-neuf décembre, et, cette année-là, Scorpius ne serait pas présent pour la fin de Hanouka. Il était encore en bas, avec ses grand-parents et ses quelques cousins, mais Drago viendrait le chercher avant l'heure du coucher, comme convenu.
— Astoria, je n'aime pas ça, chuchota Noam en entrant silencieusement dans la chambre de Scorpius.
— Arrête, Kissinger. On en a déjà parlé mille fois, Drago a le droit de voir son fils.
— Tu es aussi une Kissinger, maintenant, Astoria, gronda Noam. Et Scorpius...
— Scorpius est un Malefoy, le coupa-t-elle. Tu ne changeras jamais son nom sans mon autorisation, et je ne la donnerai pas. Drago a tout autant le droit que moi de voir notre fils. Fin de la discussion.
Se détournant de son mari, Astoria se remit à la tâche, cherchant nerveusement le pyjama préféré de sa petite tête blonde. Parfois, elle regrettait d'avoir cédé aux pressions de sa famille, et d'avoir demandé le divorce. Elle aimait Noam, mais...
— Astoria, ça n'a rien à voir avec le divorce, continua-t-il à voix basse, comme hésitant, mais... Je ne veux pas que Scorpius soit trop sous son influence, je ne veux pas qu'il dévie du bon chemin, tu comprends ?
— Non, je ne comprends pas, Noam, et la discussion est close. Les bougies ont été allumées, on a lu la Torah, tout a été fait selon les traditions, Scorpius doit bientôt aller se coucher, et ce sera au Manoir. Maintenant, est-ce que tu peux m'aider à trouver son pyjama moldu, le vert forêt ?
— Je ne veux pas que mon fils soit élevé par un déviant et un Mangemort, c'est tout ! finit par craquer le grand brun, se passant une main sur le visage. Je ne veux pas que mon fils s'écarte du droit chemin, c'est mon droit en tant que parent, non ?
— Il serait temps de grandir, Noam ! Drago a évolué, contrairement à d'autres, et tu ne peux pas lui reprocher d'avoir été sous l'emprise de son éducation quand tu n'arrives visiblement toujours pas à comprendre que Drago n'a rien d'un déviant ! Quant à Scorp', tu n'es que son responsable légal !
— C'est moi qui l'élève, qui m'occupe de lui toute l'année !
— Parce que tu refuses qu'il voie Drago ! Vous êtes à quelques escaliers de distance au Ministère et...
— Hermione Granger, je suis venue avec Drago pour récupérer Scorpius. Je crois que la sonnette ne fonctionne pas, alors voilà. À tout de suite.
Ils regardèrent, interloqués, la petite loutre argentée disparaître en volutes brillantes. Leur dispute paraissait déjà loin.
— Hermione Granger ? glapit Noam, se rendant soudain compte que Drago n'était pas si démuni qu'il le pensait.
Après tout, son statut d'ancien Mangemort n'avait fait que porter préjudice au blond. Après la guerre, quand il n'avait rien pu faire d'autre que retourner à Poudlard. Après Poudlard, quand il n'avait rien pu faire d'autre que faire des petits boulots, dans le monde sorcier comme dans le monde moldu. Et même au Ministère, puisqu'il était constamment sous la surveillance étroite d'un Auror, même en montant les échelons grâce à ses compétences. Sans oublier que le Magenmagot avait refusé de lui accorder plus de deux semaines avec son fils, malgré la demande d'Astoria, pendant le divorce. Il paraissait invraisemblable qu'une personnalité comme la future Ministre de la Magie, comme tout le monde l'appelait, l'accompagne pour quelque chose d'aussi anodin qu'aller chercher Scorpius. C'était irréel.
Astoria leva les yeux aux ciel devant l'air hagard de son mari. Elle savait que Drago et Granger étaient collègues, mais ne pensait pas qu'ils étaient amis. Retenant un sourire, elle descendit la petite valise désormais complète, et alla ouvrir la porte. Drago était toujours aussi beau, malgré ses traits tirés et ses cernes. Hermione Granger, elle, resplendissait.
Ils se saluèrent chaleureusement, puis finirent par tous entrer, histoire de se réchauffer avec un bon chocolat chaud le temps que Scorpius dise au revoir à tout le monde. Hermione se fit interpeler par Daphné, qui avait de nombreuses questions à poser quant à législation sur les Elfes de Maison, et Astoria et Drago se tournèrent vers la petite tête blonde.
Scorpius jouait au traditionnel jeu de la toupie avec sa cousine. Il ne comprenait pas les mots hébreux gravés sur les faces de l'objet, mais les mouvements l'amusaient. Quand il tourna la tête vers sa mère, découvrant Drago à côté d'elle, il sourit de toutes ses dents.
— T'es mon papa ! s'exclama-t-il, ravi, en levant ses mains vers le blond.
Drago sentit sa gorge se serrer. Il le reconnaissait. Son fils l'avait reconnu. Son fils... Le père prit le fils dans ses bras, murmurant doucement à son oreille, en boucle :
— Oui, c'est moi, c'est ton papa. Je t'aime.
Astoria se tenait là, à côté de cette scène touchante, observant son ex-mari profiter de ses retrouvailles avec un fils qu'il ne voyait que peu. Elle savait qu'elle avait fait une bonne chose, en ne cessant de parler de Drago à Scorpius quand Noam avait le dos tourné, ou en lui montrant des photos sorcières et des vidéos moldues des rares moments père-fils qui avaient pu être immortalisés.
En jetant un dernier coup d'œil à Hermione Granger, héroïne de guerre, riant doucement en parlant avec sa sœur, journaliste phare de la Gazette, Astoria sut autre chose : la vie de Drago serait meilleure, après la prochaine édition du journal — et celle de Scorpius aussi.
