Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Envie''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.
Contexte : Pre-série, avant la naissance de Joffrey, Myrcella et Tommen.
Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.
Bonne lecture !
Il est de notoriété publique que toutes les femmes veulent ressembler à Cersei.
Cersei est belle. Cersei est jeune. Cersei est riche.
Mais, par-dessus tout, Cersei est reine.
Et cela, toutes les femmes en rêvent. Être reine, accéder au pouvoir suprême, être désirée par tous les hommes et enviée par toutes les femmes, être vêtue des soies les plus fines et les plus chères et posséder des bijoux d'or et d'argent, de pierres précieuses et de diamants.
Oui, cette vie-là, toutes femmes la veulent.
Enfin, presque toutes. Sauf une.
Plus les jours passent, plus Cersei se dit qu'elle n'a plus envie d'être la reine.
Les dames de haute naissance et les roturières qui le veulent ne savent pas ce qu'elles désirent.
Bien sûr, Cersei aussi a, comme toutes les petites filles de son âge, voulu être reine. Elle en était même plus proche que la plupart d'entre elles. Après tout, son père avait pour intention de la marier au prince Rhaegar, et son père, en tant qu'homme le plus puissant du royaume, peut-être même plus puissant que le roi lui-même, obtenait toujours ce qu'il voulait.
Si son père voulait qu'elle soit reine, alors elle serait reine.
Seulement, elle, ne le voulait pas pour la même raison que toutes les autres enfants.
Cersei avait voulu être reine, parce qu'elle pensait qu'en devenant l'épouse du roi, en offrant sur un plateau à son père le pouvoir auquel il aspirait tant, peut-être qu'il la traiterait un peu mieux qu'il ne le faisait, peut-être qu'il s'intéresserait un peu plus à elle, au moins autant qu'à Jaime.
Elle n'avait pas compris, à l'époque, que jamais son père ne la traiterait comme étant l'égale de Jaime.
Jaime était un garçon. Jaime était son fils. Jaime était son héritier.
Jaime deviendrait un jour le seigneur de Castral Roc et des Terres de l'Ouest, prendrait un jour la tête de l'immense fortune des Lannister, la plus grande fortune de tout le royaume. Cersei, elle, était seulement une femme, une femme dont Tywin Lannister pourrait disposer à sa guise, qu'il pourrait vendre sans plus de considération qu'une jument, destinée à se reproduire, un simple pion dans un immense échiquier.
Elle n'avait pas compris, à l'époque, que quoi qu'elle puisse bien faire, elle n'aurait jamais de valeur aux yeux de son père que pour ce qu'elle avait entre les jambes et les héritiers qu'elle pouvait produire, et la couronne qu'elle avait sur la tête.
Jamais il ne la verrait pour ce qu'elle était réellement, jamais il ne la verrait comme son héritière, comme une élève à qui il avait réussi à enseigner bien plus de choses qu'il ne le pensait.
Quand elle avait épousé Robert, sur les instances de son père, elle avait encore cette part d'innocence, d'inconscience qui lui avait permis de croire que ce mariage qu'il désirait tant, ce mariage qui devait faire de sa fille une reine et de lui un des hommes les plus puissants du royaume lui aurais permis à elle de lui faire voir sa valeur, sa vraie valeur, et la place de choix et le rôle qu'elle pouvait occuper dans la prospérité de la maison Lannister.
Mais ce mariage ne lui avait apporté que du malheur, du malheur et de la douleur.
Les autres femmes voulaient absolument toutes être reine, eh bien, Cersei leur laisserait bien volontiers sa place.
Elle aurait donné tout ce qu'elle avait pour échanger sa couronne et ses diamants contre la liberté.
La liberté de pouvoir aimer Jaime, sans avoir besoin de se cacher, sans avoir besoin de se contenter de profiter de la présence l'un de l'autre seulement quand ils étaient sûrs d'être seuls, et que personne ne pouvait les voir ou les entendre.
Cersei n'avait plus envie de vivre cette vie-là.
Mais elle s'en était rendue compte trop tard, beaucoup trop tard.
Elle s'était rendu compte qu'elle aurait dû fuir avec Jaime dès qu'elle en avait eu l'occasion au moment même où cette couronne qui faisait l'objet de la volonté de chacune des femmes de ces damnées Sept Couronnes avait été posée sur sa tête, et les diamants étaient entrés en contact avec sa peau blanche.
Mais ça, personne ne le comprenait.
Personne à part Jaime. Lui seul savait et comprenait ce qu'elle ressentait. Après tout, ils étaient un seul être, une seule âme, les deux moitiés d'un même tout. Il était parfaitement logique que lui seul puisse comprendre. Il était le seul qui lui restait au milieu du Donjon Rouge.
Avant, il y avait bien eu une servante, une vieille servante, qui s'appelait Hannah, si Cersei se souvenait bien, et qui s'occupait d'elle comme si elle avait été sa propre fille.
Mais même cette domestique-là n'avait pas pu la comprendre comme Jaime la comprenait.
Un jour, elle l'avait trouvé en train de pleurer, sans même que Cersei ne sache réellement pourquoi les larmes coulaient librement sur ses belles joues ivoires.
Elle les lui avait essuyées avec un mouchoir, avant de lui prendre la main, de l'amener devant un miroir, de la faire asseoir, et de lui parler.
Cersei se rappelait encore leur conversation :
''Regardez-vous. Vous êtes belle. Vous êtes jeune. Vous êtes reine. Grâce à cela, vous donnez de l'espoir et de la force à des milliers de gens, des milliers de femmes.''
Elle se souvenait avoir levé ses yeux émeraudes aux coins desquels perlaient encore quelques larmes, et s'être retournée vers la vieille femme debout derrière elle pour pouvoir la regarder dans les yeux.
''Et moi, qui m'en donne ?''
Bien sûr, elle n'avait pas répondu. Elle n'avait pas su que répondre. Personne n'aurait su que répondre à cela.
Cersei n'avait plus envie d'être reine. Cersei voulait juste pouvoir aimer l'homme qu'elle voulait. Mais cela, personne ne le comprenait. Personne, à part Jaime, parce qu'il voulait la même chose.
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