CHAPITRE 15 – LA JOURNEE DES 1000 DRARRYS
Précédemment
" La Tramontane, faible encore faisait parvenir jusqu'à eux des bouffées d'air aux senteurs de menthe, de romarin… Harry ferma les yeux puis s'assit, Dean était en train de raconter aux français l'un des épisodes les plus mémorables qu'ait connu Poudlard la dernière année."
C'était le jour férié du 17 mars qui célébrait l'anniversaire de la mort de Voldemort. Un jour traditionnellement marqué chez les sorcier par une consommation excessive de boisson alcoolisée. Une fête se préparait le soir même au château entre toutes les maisons. Ç'allait être la débauche la plus complète. Mais un problème se posait à eux. Dumbledore voulait l'inviter lui et Draco à une réception avec d'éminents membres du gratin sorcier et ce dans moins de deux heures. Et vraiment, les repas avec Albus et Gellert étaient les repas les plus malaisants auxquels Harry eut été donné d'assister, en plus il ne s'y trouvaient que des profs c'était très très bizarre comme ambiance. Mais impossible de se défiler. Lucius et Sirius étaient complètement en transe à propos de ce diner et l'annuler revenait pour les deux jeunes garçon à se retrouver desherités sur le champ, voir même maudits. Harry avait donc supplié, à grand renforts de larmes et de regards dans le vide ainsi que d'attitudes borderline pour montrer son mal être (certes il avait un peu abusé mais bon) Hermione de lui trouver une solution. Et cette dernière avait recyclé l'idée – malheureuse - qu'ils avaient eu quelques années plus tôt : Le Polynectar. Elle voulait se transformer en Harry pour profiter de ce diner qui lui semblait, à elle, être une opportunité en or d'en apprendre davantage sur ses idoles.
— Ronald mais tu es nullissime c'est vraiment affligeant, dit Blaise plus fortement que nécessaire dans le but évident d'attirer l'attention d'Hermione. Celle ci resta concentrée sur son chaudron, jetant simplement un petit coup d'œil sur celui d'Harry, mais le Survivant avait fait de gros progrès en Potions. Elle faisait confiance à Blaise pour surveiller le chaudron de Ron.
— Vas y Blaise le cherche pas, fit Draco concentré au dessus du sien.
La préfète de Gryffondor se racla la gorge lorsque les potions eurent pris leur aspect final
— Bon alors vous ne vous trompez pas ok, Draco, tu mets ton cheveu dans le tien et celui de Blaise et Ron, Harry tu mets dans le tien et le mien. Pansy nous attend chez les Serpentard. Ils s'exécutèrent, et, portant chacun leurs chaudrons, se dirigèrent vers la salle commune située sous le lac.
— Brrr fit Ron, je ne sais pas comment vous faites pour vivre dans un lieux si étouffant et humide…
— C'est ta présence qui rend le lieu étouffant !
— Bon fermez là à la fin ! claqua Draco pas vraiment d'humeur à rigoler.
Ils posèrent les chaudrons au milieu de la pièce, des tas de boissons se trouvaient là ainsi que des décorations et mille autres articles provenant de la boutique des jumeaux, la fête allait être déjantée. Heureusement, à part Pansy, la salle était vide, apparemment tous les Serpentards étaient partis organiser ailleurs. Tant mieux.
— Harry, Draco, partez vous cacher.
Les deux hochèrent la tête et Draco fit apparaître un passage secret, qu'ils avaient repéré grâce à la carte du Maraudeur, d'un coup de baguette. Ils disparurent.
— Bon continua Hermione déterminée à mener à bien son opération telle une cheffe de guerre. Ron va surveiller le couloir d'entrée, Blaise va vérifier que le dortoir des mecs est libre. Pansy tu surveilles la potion !
Hermione grimpa quatre à quatre les marches menant au dortoir des filles, elle jeta un coup d'œil rapide pour s'assurer qu'il n'y avait personne et redescendit aussi sec. En tout elle s'était absentée une minute, aller deux maximum.
Pansy se grattait la tête, les chaudrons avaient disparu.
— Y a Draco qui m'a appelé pour que je lui file un pull apparement il fait froid dans les cachots et quand je suis revenue ils avaient disparu. Hermione se tapa le front du plat de la main, elle allait la claquer.
— Mais Pansy c'est surnaturel à la fin ! Merde ! NE PAS QUITTER LE CHAUDRON DES YEUX !
Hermione avait crié tellement fort que les garçons revinrent précipitamment, pour constater les dégâts, Harry se tourna vers son amie qui réfléchissait déjà
— Si les chaudrons ont disparu si vite ce ne peut être que lié à du transplanage.
— Regardez fit Ron, les futs de bieraubeurre ont disparu aussi.
— Oh non !
— Ils ont du croire que c'étaient des préparations pour la soirée !
— Tout n'est peut être pas perdu vite ! Ron, Harry chez les Poufsouffle Blaise les Serdaigle et Draco et Pansy vous faites Serpentard, moi je vais à Gryffondor dépéchez vous et ramenez les chaudrons !
Ils obeirent sans discutailler. Hermione était leur chef à tous. Elle était même le chef de Poudlard tout entier. Mais ils n'eurent pas à fouiller bien longtemps, après avoir peiné, un peu trop à leur gout devant l'entrée des Poufsouffle, Ron et Harry pénétrèrent dans la salle commune semblable à un terrier de blaireau. Tout ici était doux et chaud, de nombreuses plantes agitaient doucement leurs feuilles dans les rayons de soleil descendus des lucarnes. Ron attrapa le bras de son ami
— La !
Les 4 chaudrons étaient posés sur une table. Vides.
— Alerte ! Alerte ! Se mirent ils à hurler en transplanant chez les Gryffondors. MIONE on a retrouvé les chaudrons vides !
— Et vous n'avez croisé personne ?
— Non,
— bizarre tout est désert ici aussi.
L'air se froissa et Blaise apparut dans la pièce,
— Je n'ai rien trouvé, il n'y a personne dans les quartiers de Serdaigle
— Mais quelle est cette diablerie ?
Rapidement suivis de Pansy et Draco ils sortirent dans les couloirs complètement perplexes, ils erraient donc à la recherche de quelqu'un quand ils tombèrent sur Hannah Abbott à la sortie des toilettes des filles
— Où sont passés tous les autres Hannah ?
— Eh bien mais reveillez vous les gars tout le monde est dans la Salle sur demande vous allez voir ça c'est ouuuuf elle est géniale venez !
Elle les guida et une immense porte de métal s'ouvrit dans le mur. Au moment ou ils allaient rentrer les battants s'ouvrirent sur Ginny toute éssoufflée, accompagnée d'une serpentard plus jeune qui se trouvait être son amie
— Ron, Harry ahana t'elle vite c'est la merde
Hermione se précipita dans la salle et faillit tomber dans les pommes, une cinquantaine de Harry et une cinquantaine de Draco se trouvaient là, parmi eux quelques élèves étaient encore normaux et un attroupement vindicatif entourait Fred et Georges à la mine bien déconfite.
— Mais non les gars on a rien fait je vous le jure. Un groupe de Harry furibards s'apprêtait à leur sauter dessus, il fallait intervenir, Hermione s'interposa et expliqua la situation calmement en demandant à chacun de jouer le jeu et de ne pas les trahir, elle révéla leur plan et après quelques minutes de raleries, tout le monde commença à trouver la situation après tout relativement amusante. Et bons joueurs ils firent un pacte de ne pas divulguer Harry et Draco et de les protéger.
Harry était en train de vivre l'unique et étourdissante expérience de se voir répliqué par dizaines voire centaines au vu des élèves qui se prêtaient au jeu de manière totalement consciente.
— Je ne sais pas si c'est un fantasme ou un cauchemard maugréa Draco derrière lui.
— Ron ne va pas boire de la potion ! cria Hermione mais c'était trop tard, il s'était transformé en Harry. Blaise rejoignit la partie et il ne resta bientôt plus dans la grande salle que des Harry et Draco.
— On se sent anonymisé hein… fit Harry amèrement en tenant la manche de Draco
— Mais attend comment je vais savoir qui est le vrai Harry ?
— Mais c'est moi gros débile
— Comment je peux le savoir ?
— Tu as un grain de beauté au bout de ton pénis
— toute l'école le sait ça Potter
— Ben il serait peut être temps de te poser des questions Drake
— ….
— La première fois que tu m'as embrassé c'était dans la forêt en France.
— Mmh… bon okay
— VENEZ ON SOOOOORT ! ON PEUT PAS ÊTRE PUNIS VU QU'ON SAIT PAS QUI ON EST !
— Harry jeta un œil paniqué à Draco, la situation dégénérait complètement, ils allaient être tenus responsables de milliers d'infractions.
Décidé à suivre le mouvement, Harry sortit de la salle sans manquer de voir au passage son double embrasser à pleine bouche son triple. Horreur et Damnation. Dans le tourbillon du mouvement un groupement de Draco le sépara de son amant. C'était définitivement perdu. Les élèves couraient à travers tout Poudlard, ils sortirent même dans le parc, s'amusant sur les rives du lac, quelqu'un soumit l'idée de faire un loup avec une équipe Harry, une équipe Draco et au final ça restait plutôt bon enfant. Jusqu'au moment ou Rogue déboula avec d'autres professeurs en se mettant à hurler
— Les vrais Potter et Malefoy sont priés de se présenter devant nous immédiatement,
— C'est moi ! Hurla quelqu'un
— Non c'est moi hurla quelqu'un d'autre, et ils se mirent à se battre les uns avec les autres. Las Rogue en empoigna deux au hasard
— Vous venez avec moi, comment osez vous vous soustraire à une diner de cette importance.
— Mais non professeur c'est moi hurla une troisième personne Harry James Potter né le 31 juillet, mes parents s'appellent Lily et James la première fille que j'ai embrassé est Cho Chang, et puis Ginny… Et le type continua de déblatérer la vie de Harry avec une précision qui faisait froid dans le dos.
— Eh bien, t'es vraiment une célébrité Potter, fit la voix trainante derrière lui
— Ce n'est pas moi, moi c'est Seamus dit Harry
— Quoi ? mais c'est moi Seamus ! Fit la figure de Draco avec indignation.
— Non je rigole mois c'est Lavande, fit Harry en retropédalant avec frayeur, quelle était la chance pour qu'il tombe pile sur lui. Qu'est ce que tu fais ?
— Je veux essayer de chopper Harry, mais bon vu qu'il y en a douze mille… Tu veux essayer ? T'es belle comme ça et je sais que t'as toujours voulu savoir ce que ça faisait que d'avoir une b…
— Lalalalaaaaaa se mit à chanter Harry du plus fort qu'il put en se bouchant les oreilles pour éviter d'être traumatisé à vie. Il s'éloigna rapidement. Ne. Faire. Confiance. A. Personne.
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ENQUÊTE EN PROVENCE
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Les invités rigolaient tous beaucoup à l'évocation de cette formidable journée qui avait été renommée en leur honneur la journée des 1000 Drarrys. Harry trouvait cela insupportable.
— A cause de cette journée j'ai embrassé Théodore Nott, raconta Ginny, il avait très bien réussi à ma faire croire qu'il était Dean. Le Polynectar s'est estompé au moment précis où nous allions commettre l'irréparable. On était dans le dortoir des Gryffondor, quand j'ai vu qui c'était je lui ai lancé un chauve-furie tellement fort qu'il en a gardé pendant une semaine. Tout le monde y allait de sa petite anecdote, et Harry qui n'avait pas vécu la journée de manière aussi drole que les autres, n'oublions pas que c'est lui qui était cloné, tira sa chaise pour se rapprocher d'Hermione.
— Ça ne devrait plus être très loin, si ?
Harry stabilisa son balai et déploya la carte que lui avait remise Draco au Chaudron Baveur, pour essayer de localiser la maisonnette. Il faisait très chaud, très sec et ils transpiraient à grosses gouttes. Vers là bas, il indiqua en tentant de se repérer parmi les oliveraies et les vignes, la morphologie du terrain se gondolait, les pics des alpilles modelaient la terre créant des petites combes ombragées et des versants ensoleillés. Il naviguaient à vue, la carte étant très vieille et peu précise.
Ils passèrent un petit mas propret, longèrent un terrain poussiéreux et sec, l'été avait été caniculaire cette année, et enfin au détour d'un petit bois de pins tombèrent sur la batisse. Elle correspondait en tout points au dessin qui se trouvait sur le vieux parchemin, sauf en beaucoup plus miteuse. Pas de doute c'était elle. Ils mirent pied à terre et Hermione fit cesser le sort de dissimulation qui les entourait. Elle rabattit un grand chapeau de paille sur son front et lui emboita le pas. Le coin était reculé et désert, assez loin de toute habitation moldue, ils seraient tranquilles.
— Elle ne paye vraiment pas de mine dit Hermione en voyant le toit, effondré par endroits, la porte qui baillait à moitié et le petit jardin devant qui était rempli de broussailles épineuses. Harry essaya de se frayer un chemin jusqu'à la porte sans trop se faire piquer par les ronces qui proliféraient. Le vieux battant grinça mais céda sans trop de difficultés. La maison devait faire maximum quarante mètre carrées, des vieux meubles branlants tenaient encore à moitié debout dans la poussière et gravats, Harry soupira
— Pfff mais c'est vraiment tout moisi. Les trous dans le toit laissaient passer des raies lumière leur permettant d'y voir à peu près clairement.
— On devrait en avoir vite fait le tour c'est l'avantage, fais attention à tout nom, symbole, livre adresse. Tout peut nous servir. Ils commencèrent à fouiller les décombres…
— Dis Mione, je ne t'ai pas demandé hier finalement, pourquoi avoir invité le fils Shacklebolt ?
— Je vais faire un projet de recherche avec lui sur les instances de contrôles des créatures magiques
— Oh c'est super !
— Oui, je pense que ça mélangera réflexions sur la société, droit, mais aussi création magique puisque on doit travailler sur certains sorts, potions etc… J'en discutais avec Kingsley qui approuve vraiment ce projet, tu te doute qu'il va bientôt être ministre de la magie, et il souhaiterait vraiment développer cet axe. C'est lui qui m'a branché avec son fils et il est ultra sympa et très très très intelligent
— Pour que toi tu dises ça ! Harry se pencha sur le bois de la table de la cuisine, il y avait de nombreuses, rayures, graffitis et autre mais rien de lisible.
— Ouh ! Ouh ! Harry fit soudain Hermione, regarde ! Les comtes et comtesses d'Ecosse.
Elle avait tiré d'un vieux vaisselier, un livre tout aussi vieux et vint l'ouvrir sur la table de la pseudo cuisine.
— C'est un livre magique regarde ! Certaines des peintures bougeaient encore, malgré l'état déplorable du livre. Les deux amis se mirent d'accord pour l'emporter et l'analyser plus tard. Les autres livres semblaient être des livres moldus sur la région, sans grande importance sauf un vieux manuel de sorts qu'Hermione décida d'emporter par précaution. Harry se baissa pour ramasser ce qui semblait être une pièce toute rouillée et ce faisant sentit une brise fraiche lui caresser la main. Curieux il s'agenouilla sur le sol, et promena ses mains sur les lattes du vieux parquet.
— Aïe
— ça va Harry ?
— Je me suis pris une écharde. J'ai l'impression qu'il y a une cave ou quelque chose sous le sol je sens de l'air frais qui filtre à travers les interstices.
Hermione s'agenouilla elle aussi et il croisa son regard plein d'amusement et de curiosité
— Je pense aussi, il y a forcément une trappe ou des escaliers qui y mènent. Ils se remirent à fouiller de plus belle mais peine perdue, aucune porte ne semblait mener au sous sol. Ils ressortirent de la maison et c'est en farfouillant sous une vieille brouette complètement rouillée et recouverte de mures que Harry devina une vieille trappe en bois. Ils durent user de nombreux sorts de désherbage et Harry du attraper une barre de fer pour faire levier sur la plaque de bois. Enfin elle sauta manquant de l'éborgner au passage et offrant à leur vue un étroit escalier qui s'enfonçait sous le sol.
— ça devait être l'ancienne cave où ils entreposaient les raisins ou les bouteilles de vin.
Hermione vérifia par précaution qu'aucun sort ne protégeait la cave et Harry se dit qu'à l'avenir il ferait bien de prendre exemple sur son amie en matière de précautions. Un accident était vite arrivé.
— Je descends le premier, il s'arma de sa baguette et avec précaution descendit les marches. La cave n'était pas bien profonde, et effectivement des vieilles bouteilles trainaient sur des étagères complètement recouvertes d'un manteau de poussière.
— Si c'est une bonne cuvée ils ont pu prendre de la valeur
Et comme Harry la regardait avec étonnement elle précisa
— Ron s'intéresse vachement à l'œnologie.
Une grande male de bois, reposait dans un coin de la pièce. Elle mesurait quasiment deux mètres sur un de largeur. Silencieux et attentifs, Harry et Hermione s'en approchèrent, la caisse apparaissait finement ouvragée, et il ne faisait nul doute qu'à l'époque, elle avait du couter une fortune. Des volutes de métal terni en décoraient les bords.
— C'est fermé
— Alohomora, murmura Hermione avec le sentiment d'être sur le point de découvrir un élément capital. Un bruit de rouages ancien, au grincement abominable se fit entendre, et Harry put enfin ouvrir le coffre.
— Oh… Le caisson était rempli, entièrement, de papiers, de centaines voire de milliers de papiers. Hermione s'en saisit délicatement, ils étaient en très mauvais état, et l'encre était parfois très estompée.
— C'est une correspondance Harry, ils fouillèrent un peu davantage
— C'est une très très longue correspondance ça Hermione, regarde j'ai des lettres de 1920 et des lettres de 1960,
— Et à priori toujours les mêmes personnes I.M.R. F.M.R.
— IMR IMR… réfléchit Harry, mais c'est mon aïeule ça ! Ingrid Mac Rowan ! Et il faudrait que je vérifie mais j'ai l'impression que le sceau est celui apposé sur la lettre que j'ai reçu. Ils se tapèrent dans la main. Harry avait bien fait de venir ici, l'enquête avançait.
— Vu la tonalité des lettres il y a des chances pour que ce F.M.R. soit son mari. Je pense qu'on devrait trouver son prénom dans les lettres.
— Eh bien on va avoir de la lecture
— Mais tu te rends compte Harry ! Nous allons avoir un point de vue unique de deux amants de jadis, sur la société ! Elle était en ébullition.
— Oui et on va surtout essayer de trouver où est ce chateau et qu'est ce que je suis sensé faire avec cet héritage !
Ils durent faire preuve d'ingéniosité pour classer toutes les feuilles dans des pochettes ne surtout pas les abimer plus qu'elles ne l'étaient et les ranger dans la besace magique qu'avait emporté Harry. Le temps de faire tout cela et le soleil avait disparu, caché derrière un coteau. Quand ils ressortirent de la cave, fourbus mais contents le paysage était noyé d'un bleu doux, les cigales s'étaient tues et l'on entendait que quelques petits oiseaux ululer parfois, bercés dans la brise fraiche. Ils prirent néanmoins d'ensorceler la maison de protections et repousse moldus pour le cas où ils souhaiteraient y retourner.
— Rentrons dit Hermione, Ron doit commencer à s'inquiéter.
Harry avait encore passé quelques journées avec ses ami, principalement à lire organiser et protéger les pages de la correspondance, à l'aide de moult sorts qu'Hermione était allée dénicher dans - Sorts et sortilèges à l'usage des Archivistes – Ron se montrait très intéressé par la quête mais peu par les lettres. C'était un travail titanesque avait fait remarquer Hermione, pourtant capable d'abattre d'énorme quantités de lecture chaque jour, mais elle allait avoir un projet de recherche et ne pourrait s'y consacrer à plein temps. Harry réfléchissait à l'idée de mettre Draco sur le projet, plus il y aurait de lecteurs, plus ils pourraient rapidement trouver des indices. Vu la quantité de matériel, auquel il faudrait ajouter plusieurs cartes pour pouvoir notifier les terrains inspectés, certainement des livres etc… ils avaient du réfléchir. Harry avait souhaité dédier une pièce du manoir de Sirius aux documents mais, Hermione avait suggéré, pour plus de praticité d'emmener avec lui une mallette dotée d'un charme d'agrandissement, dans laquelle il pourrait d'une part se créer un petit endroit pour dormir s'il ne trouvait pas d'auberge, et de l'autre une bibliothèque avec tout ce donc il avait besoin pour étudier les documents. Si Norbert Dragonneau avait réussi à y faire rentrer des habitats pour animaux ils devraient réussir à créer un petit deux pièces.
La création n'avait pas été facile, ils avaient opté pour un gros sac moldu de randonnée, ce qui le rendrait plus discret pour parcourir la lande, qu'une mallette de gentleman londonien.
C'était l'un des enchantements les plus difficiles qu'Harry ait jamais eu à mettre en place, pas étonnant qu'il soit si peu utilisé malgré les immenses possibilités qu'il offrait. Et vraiment cela lui faisait reconsidérer les prouesses de Dragonneau. Ils avaient eu beaucoup de mal à tisser l'enchantement, Ron n'était pas d'une grande aide et après cinq heures de tentatives acharnée, et à la grande frustration d'Hermione, ils avaient du se rendre à l'évidence qu'ils manquaient un peu de ressources. Ils ne pouvaient pas faire appel à leurs parents, étant donné l'illégalité de la pratique. Le sort étant réservé à certaines manufactures et à l'usage quasi exclusif des membres du gouvernement.
— Il nous faut du renfort, avait fini par avouer Hermione, transpirante essoufflée et complètement ébouriffée après que la valise leur ait sauté au visage à l'issue de leur trente huitième tentative
— Tu as une idée en tête ? Sylvester ?
— Non je ne le connais pas assez bien, il pourrait me dénoncer à son père. Ron tu ne vas pas être content mais…
— AH NON ! PAS BLAISE !
— Mais c'est le sorcier le plus compétent que je connaisse personnellement !
— Je pourrais demander à Draco aussi
— Tu es sûr Harry ?
— Oui oui pas de problème vraiment il a accepté de m'aider dans la quête. Ron excédé sortit en claquant la porte. Hermione entendit les casseroles s'entrechoquer et se leva
— Je vais essayer de le raisonner, quand il se venge sur la cuisine c'est qu'il est très en colère, je te laisse aller convaincre Draco et Blaise ?
Harry hocha la tête, il lança une pincée de poudre dans la cheminée et articula clairement
— Domaine des Malefoy, Conrad Road, Wiltshire, Angleterre. Le réseau se développant, il fallait être de plus en plus précis. Il arriva dans la salle des Cheminettes, les Malefoy avaient eu la pertinence de demander un mot de passe avant de laisser les étrangers débarquer chez eux. Harry stationna donc dans le conduit, nimbé de flammes vertes.
— 2612. Il pouvait se targuer d'être un des rares à connaître ce mot de passe, même Fudge ne l'avait pas, cela datait de l'époque ou Draco et lui sortaient ensemble et où pendant les vacances il avait visité son amant. Le même petit elfe de maison qui l'avait accompagné la dernière fois apparut. Il lui demanda d'aller chercher Draco et ce dernier arriva après d'interminables minutes.
— Eh bien tu en as mis du temps
— Toujours aussi bien élevé Potter
— Non mais sérieux ça fait 45 minutes que j'attends
— Tu m'as interrompu dans ma session de yoga
Harry écarquilla les yeux mais décida de passer sur cette information incongrue.
— Je sollicite gracieusement ton aide.
— Comment ça ?
Harry lui expliqua le projet, et Draco après une moue lassée et quelques râlements accepta de l'accompagner, ils passèrent chercher Blaise, tout aussi disponible heureusement. Décidément.
— Je tiens à préciser que je participe uniquement par amitié pour Granger, précisa Zabini alors qu'ils se trouvaient tous les cinq en cercle autour de la mallette et que Harry leur eut expliqué l'objectif de la démarche. Ron poussa un gros soupir et Hermione prit naturellement la tête des affaires.
— Harry on est d'accord, vous me poussez par votre énergie et moi je modèle l'intérieur. S'en suivit une discussion très laborieuse entre Blaise et Hermione sur des technicités liées à l'enchantement, et cette dernière accepta de céder sa place à Blaise pour qui c'était la discipline fétiche.
Harry regardait du coin de l'œil son ancien amant assis à côté de lui. Comment faisait-il pour être toujours impeccable ? Il se pencha et lui demanda à voix basse
— Tu faisais vraiment du yoga ?
— Ferme-la Potter
— C'est tant mieux par ce qu'aussi bien que je souvienne la souplesse c'était pas ton fort.
Draco riposta par un coup de poing entre les côtes et Harry lui jeta un petit sort électrique
— Eh oh concentrez vous ! S'énerva Blaise. Ils se turent et pointèrent leurs baguettes sur ce dernier.
— C'est bon tout le monde est ok sur le Cogens (1) ? demanda Hermione.
— Je ne suis pas à l'aise avec l'idée que Weasley pointe sa baguette sur moi, souligna Blaise.
— Ouai ben tu fais bien ! aboya Ron
— QUOI ? Granger ! Je ne peux pas travailler dans ces conditions, l'enchantement est un art délicat
— gneugneugneu
— Ron s'il te plait !
Ils finirent par se concentrer et lancèrent tous ensemble le cogens sur Blaise, la baguette de ce dernier se mit à briller de manière aveuglante. Il la pointa sur le sac à dos et se mit à murmurer une douce mélopée en agitant la baguette de manière très subtile. Combien de temps cela dura t'il ? Nul ne le sait mais ils étaient comme hypnotisés par le son sortant des lèvres du Serpentard. Harry sentait doucement ses réserves d'énergie baisser. Ils avaient bien fait de les appeler, ils n'auraient jamais pu faire ça à trois. Ce que faisait Blaise était autrement plus complexe que ce que lui et Hermione avaient essayé de faire. Enfin la mélopée s'arrêta, ils cessèrent le Cogens sur un geste de Blaise.
Harry s'approcha du sac et cria victoire. Il s'empressa de sauter à l'intérieur. Blaise n'avait pas lésiné, il disposait d'une vaste pièce à vivre, et une porte menait à une deuxième pièce plus haute, et déjà équipée de grandes étagères. Le sol et les murs étaient faits de bois, on se serait cru dans un navire. Il ressortit à l'aide d'une échelle que Zabini avait intelligemment pensé à placer là, et se répandit en chaleureux remerciements.
Ron semblait trop fatigué pour continuer ses querelles, et ils se retrouvèrent tous à manger sur la table de la terrasse la délicieuse bouillabaisse qu'il avait préparé. Le temps avait du filer car la nuit était d'un noir d'encre.
La lumière des lampions éclairait doucement la face de ses amis. Draco discutait du dernier match de Quidditch avec Ron, Blaise expliquait à Hermione comment il avait enchanté le sac,
— Il faut que tu te plonges en toi même, que tu ouvres la dimension de l'espace tu comprends ensuite c'est ton esprit qui guide tout ça la voix n'est qu'un instrument. Elle le regardait avec de grands yeux admiratifs, ce qui au demeurant ne semblait pas trop embêter Ron. Il se leva et revint avec un gâteau aux abricots et à la lavande. Draco versa un verre de vin à Harry.
— Tu serais d'accord pour m'aider avec la correspondance ?
— C'est une invitation à visiter le sac à dos ?
— On peut dire ça, répondit Harry avec un sourire.
Draco fit sonner son verre contre celui d'Harry, en guise d'accord.
— Mmmh Weasley ! Mais ce gâteau est un pur délice ! s'exclama Blaise la bouche pleine
— Merci Zabini, fit Ron et depuis les sept ans qu'ils se connaissaient c'était peut être les choses les plus gentilles qu'ils s'étaient dites.
Ils continuèrent à discuter gentiment, Draco argumentait en faveur des Faucons de Falmouth, tandis que Ron lui expliquait que leur jeu n'était pas digne de la première ligue. Harry les regardait, participant par instant à la conversation, un sourire flottant sur les lèvres. Draco était détendu souriant et enthousiasmé. Son ventre faisait de drôles de papillons quand il le regardait mais il se sentait dans cette soirée de fin d'été, encore chaude, encore parfumée des senteurs lourdes de la Provence, parfaitement heureux. L'aventure l'attendait.
Voilààà la suite bientôt ! Bisous 3
