Hey !

Contente de vous retrouver aujourd'hui pour le dernier chapitre. Hé oui ! Vous avez bien lu c'est le dernier chapitre.

Pourtant il y aura une autre publication, d'ici plus ou moins une semaine, d'un épilogue ! Parce que ça me tenait à cœur de vous narrer un peu le réveil des « autres » Lexa et Clarke du futur.

Toujours un grand merci à Avauk pour ses corrections et ses conseils et à vous pour vos commentaires toujours adorables même si vous aimez bien râler de mes coupures pas sympas de fins de chapitres ;) ça me fait bien rire !

Bonne lecture et n'hésitez toujours pas à me dire ce que vous en pensez, je vous réponds en fin de chapitre chaque semaine !


Chapitre 12 : Jour trente-quatre. Samedi.

- « Clarke ! » n'arrivais-je pas à m'empêcher de sortir sous la surprise.

C'était la panique, des membres du staff rappliquaient de tous les côtés alors que certains fans filmaient la scène.

Un homme était maintenu à terre en beuglant à Raven qu'il l'aimait alors que Clarke se débattait dans tous les sens aux prises d'un autre.

Je commençais à m'avancer pour me rapprocher de Clarke qui se faisait ramener de force en arrière, gesticulant dans tous les sens sans me lâcher des yeux. Je n'avais pas fait deux pas qu'une main m'agrippa le poignet.

- « Tu fais quoi là ? » me stoppa net Costia, me forçant à me retourner pour lui faire face.

- « Lâche moi ! » grinçais-je entre mes dents d'un regard mauvais.

- « Raven est en train d'être secourue de ces deux tarés ! Tu n'as aucune raison d'y aller ! »

- « Clarke n'est pas taré ! »

- « Quoi tu connais la blonde en plus ?! » s'étonnait-elle de mes paroles dans une moue de dégout.

- « Oui alors lâche moi ! » commandais-je en tirant sur mon bras lui faisant lâcher prise.

- « Mais c'est qui ?! » questionnait-elle me regardant stupéfaite de mes réactions.

Sans lui répondre je me retournais précipitamment, me rendant compte que Washington venait de me faire perdre un temps précieux et que Clarke se faisait emmener de plus en plus loin de moi.

Le casting de la série était en train de se faire évacuer dans l'autre sens par le personnel.

La file d'attente n'était plus du tout une ligne ordonnée. Les gens s'étaient éparpillés et en arc de cercle autour de ce spectacle, certains reculant vers nous pour ne pas être pris pour cible des membres du staff.

D'autres poussaient pour venir assister à la scène.

Sans réfléchir je sautais par-dessus la table, faisant tomber au passage ce qui s'y trouvait dessus.

Clarke venait de se saisir, je ne sais comment, des photos de la première table et les jetais frénétiquement sur un deuxième membre du staff qui essayait sans grand succès d'aider son collègue à la maintenir en place.

Même là, elle trouvait encore des trucs à jeter sur les gens.

- « Mais Lexa, c'est qui cette hystérique ?! » recommençait Costia, ne lâchant pas l'affaire dans mon dos.

- « La fille dont je suis amoureuse. » lâchais-je sobrement dans un léger sourire en me précipitant pour combler la distance avec la belle blonde.

Les premiers mètres furent faciles à parcourir. Je zigzaguais rapidement en évitant les deux trois personnes devant moi qui se tenaient en retrait de toute cette pagaille.

En me rapprochant de plus en plus d'elle, je commençais à bousculer les gens qui s'étaient agglutinés les uns aux autres pour mieux distinguer la scène, espérant me frayer un chemin alors qu'un grand costaud m'arrêta net en m'agrippant l'épaule.

- « Mademoiselle Woods par ici s'il vous plait ! » me montrait-il de son autre main un chemin.

- « Non, je dois parler à… »

- « Merci de nous suivre pour votre sécurité ! » me coupait directement un autre homme portant le même tee-shirt au logo de la convention que le premier.

Je n'eus même pas le temps de réagir qu'il me poussait dans la direction opposée à Clarke.

- « Vous vous méprenez sur elle, laissez-moi lui parler ! Je suis sûre qu'elle n'a rien fait ! » répliquais-je vainement.

- « Oui bien sûr ! » n'écoutait-il pas englobant son bras autour de mon épaule en m'attirant ou il le souhaitait.

Je tournais la tête pour essayer de l'apercevoir mais la foule s'était agglutinée et je ne la distinguais plus.

À contre cœur, je suivais le mouvement, franchissant une porte et après avoir marché quelques secondes dans un couloir, je me retrouvais dans une pièce vitrée où se trouvait déjà tout le casting. On aurait dit une salle de briefing. Grande table et Paper-bord la remplissant.

Raven se remettait de ses émotions, assise sur une chaise, une bouteille d'eau à la main avec Costia accroupie devant elle, une main sur son épaule.

Je ne pus m'empêcher de lâcher un soupir de colère et je m'approchais de Reyes.

- « Ça va ? » demandais-je.

- « Ah parce que ça t'intéresse de savoir comment elle va maintenant ? C'est plus la blonde qui t'intéresse ? » coupais Washington dans un rire.

- « Ta gueule Costia. » n'arrivais-je pas à m'empêcher de sortir.

Raven releva la tête d'un seul coup.

- « C'était Clarke ?! » demandait-elle d'un seul coup, comme si l'information dépassait maintenant ce qu'il venait de lui arriver.

- « Oui. » répondais-je en souriant faiblement alors que le visage de la latino s'illuminait comme un sapin de Noël.

- « Et tu nous expliques pourquoi ta meuf a agressée Raven ? » continuait Costia en se relevant de sa position, me faisant face les bras croisées.

- « Elle ne m'a pas agressée ! Au contraire elle essayait d'empêcher Rufus de me sauter dessus. » coupait l'intéressée avant que je ne puisse envoyer paître Washington.

- « Rufus ? » demandais-je surprise.

- « Oui… c'est un fan légèrement… collant mais d'habitude il n'est pas aussi bizarre ! Il est adorable, il m'avait même apporté un immense bouquet de fleurs une fois. Je ne comprends pas ce qui lui as pris de me sauter dessus comme ça. »

- « Peut-être que Clarke lui as dit de le faire. » persiflait Costia en me dévisageant méchamment.

- « Ah bon et dans quel intérêt ? » questionnais-je, de la colère me montant de plus en plus.

- « Je ne sais pas mais vu comme elle a l'air tarée ça ne m'étonnerait pas. »

- « Mais c'est quoi ton problème ? Reyes vient de dire qu'elle a essayée de l'aider. » répliquais-je, le peu de patience restant me quittant.

- « Sûrement que dans la panique c'est ce qu'elle a cru. Vu comme la blonde se débattait, ce n'est pas l'attitude de quelqu'un qui n'a rien fait. » continuait-elle en me toisant l'air triomphante.

- « Tu es idiote où tu le fais exprès Washington ? »

- « Arrête de m'insulter. » ordonnait-elle.

- « Arrête d'accuser Clarke. » sommais-je.

- « Ou quoi ? »

- « Ou je te mets mon poing dans la gueule. » menaçais-je dans un sourire malveillant.

- « Ok ! Ok ! On va se calmer ! » intervenait Raven en se levant brusquement de sa chaise et se plaçant entre nous, ses mains nous repoussant doucement pour nous forcer à nous éloigner.

J'étais déjà assez énervée de ne pas avoir pu rejoindre Clarke alors les moindres mots m'énervaient, encore plus s'il sortait de la bouche de Costia Washington.

Une employée de la convention rentra dans la pièce alors que Raven se tenait toujours entre nous.

Je la remettais tout de suite car depuis la veille c'était elle qui nous avait accueillis et qui nous suivait tout le weekend.

- « Excusez-moi de l'attente ! » annonçait-elle directement.

- « Pouvons-nous reprendre les dédicaces ? » demandait un de mes anciens collègues qui attendait patiemment assis depuis le début.

- « Oui bien sûr tout est rentré dans l'ordre et dans environ un quart d'heure nous reprendrons la séance ! Cela a légèrement décalé le shooting photos de cet après-midi j'en suis désolée. » souriait poliment la demoiselle.

- « La faute à qui. » ne démordait pas Washington.

J'inspirais bruyamment pour me forcer à ne pas m'emporter avant de reporter mon regard sur notre accompagnatrice.

- « Puis-je voir la demoiselle que vous avez emmené ? »

- « Pardon ? » demandait l'employée ne comprenant pas bien ma question.

- « La demoiselle blonde que vous avez emmenée à tort, c'est une amie à moi. J'aimerais la voir s'il vous plait. »

- « Je suis désolée Mademoiselle Woods mais elle est en ce moment même dans le bureau de sécurité pour être écoutée sur son comportement… Mais sachez que ça ne changera pas grand-chose… Elle va être reconduite hors de la convention et sûrement interdite du weekend. »

- « Elle a essayée de protéger Raven, c'est une erreur. » défendais-je.

- « Elle s'est quand même débattue et deux membres du staff ne suffisait même pas à la contenir. » essayait-elle de me faire comprendre que mes paroles n'y changeraient rien.

- « Quand je dis qu'elle est tarée cette fille. » raillait Costia encore une fois.

Raven n'eut pas le temps d'empêcher quoi que ce soit et mon poing s'écrasait dans la figure de Washington qui recula surprise alors qu'elle approchait instinctivement sa main de ses lèvres.

Un mince filet de sang commençait déjà à couler.

- « Je t'avais prévenu Washington. » haussais-je les sourcils dans un rictus mauvais.

Jour quarante. Vendredi.

La neige s'était remise à tomber aujourd'hui et je la regardais s'accumuler dehors à travers la fenêtre de ma cuisine.

- « À quoi tu penses Lexa ? » demandait Raven en secouant sa main devant mon visage.

- « Pardon je pensais à mon taff de lundi prochain… »

- « Hum… et moi à Brad Pitt. » répliquait-elle en me jugeant.

- « Quoi ? » ne comprenais-je pas.

- « Tu pensais encore à elle. »

Je soupirais en reportant mes yeux sur ma tasse de café.

- « Comment ai-je pu la louper à cette foutue convention ? »

- « Ce n'est pas ta faute et tu le sais. Une que tu n'as pas loupée c'est Costia ! » rigolait Reyes essayant de me faire rire par sa remarque.

Une nouvelle semaine était passée depuis l'incident de la convention et je devais avouer que j'avais le moral au fond des chaussettes.

Après avoir insistée lourdement auprès de notre accompagnatrice pour qu'elle nous emmène, Reyes et moi à la sécurité, espérant que nous puissions innocenter Clarke, j'étais encore tombée d'un étage moralement.

Comme elle nous l'avait précisé, Clarke avait rapidement été interrogée sur ses motivations puis gentiment remerciée en se faisant escorter jusqu'à la sortie de la convention où il l'avait mise dans un taxi pour s'assurer qu'elle ne resterait pas là.

Pour la première fois depuis longtemps, les larmes m'étaient montées et j'avais éprouvée beaucoup de mal à les retenir.

J'étais encore une fois passé à côté d'elle.

Le reste du weekend, je le passais en mode « automatique » souriant, prenant des photos et signant des autographes.

Je devais avouer avec le recul que j'avais légèrement surréagi avec Costia mais sur le moment j'avais vu rouge. Elle avait été emmenée à l'infirmerie et s'était trimbalé un vilain hématome, lèvre fendue le reste du weekend.

Au moins elle n'avait plus du tout cherchée à m'adresser la parole.

- « Bon ça suffit prend ton manteau on sort. » me sortait une nouvelle fois Raven de mes pensées.

- « Quoi ? Mais il neige ! » contestais-je surprise.

- « Et depuis quand ça te dérange ? » continuait-elle posant sa tasse et la mienne dans mon évier.

- « Je suis crevée Raven… je n'ai pas envie de sortir. »

- « Tu n'as pas le choix. Dépêche-toi. » poursuivait-elle en commençant à mettre son écharpe.

Je ne démordais pas, ne bougeant pas d'un iota.

- « Lexa bouge-toi ! » haussait-elle le ton.

- « Raven j'ai pas la tête à… »

- « Woods ! » sommait-elle en me jetant mon manteau au visage.

Je soupirais, l'enfilant sans entrain et à contre cœur. Je n'avais pas la force de me battre et encore moins de me battre contre la latino.

Une fois dans sa voiture, je ne prenais même pas la peine de demander où elle souhaitait aller, peut m'importait.

Le trajet se fit sur un grand monologue de Reyes sur le temps et d'autre sujet que j'écoutais brièvement. Elle me fit ensuite marcher quelques minutes avant de s'arrêter en plein milieu d'une rue.

- « Voilà, on y est ! » annonçait-elle fièrement en ouvrant les bras.

Je relevais la tête, ayant quasiment marché tout le long en fixant le sol et j'apercevais une bouche d'égout fumante et la devanture d'un restaurant. Ma bouche s'entrouvrait de surprise.

- « Comment tu sais où… »

- « Où se trouve le resto chinois dont tu m'as tant parlé ? Je ne le savais pas ! Je l'ai cherché pendant longtemps figure toi ! » souriait-elle regardant la vitrine.

- « Mais pourquoi ? »

- « Pour m'assurer que ce que tu me racontais était vrai. »

- « Et maintenant pourquoi on est là ? » questionnais-je perdue.

- « Pour que tu lui parles. »

- « Qu'est-ce que cela va changer… ? » soupirais-je.

- « Je n'en sais rien ! Mais si tu ne le fais pas, tu ne sauras pas non plus ! » expliqua-t-elle fièrement.

Comme pour me faire sortir de chez moi, je savais pertinemment qu'il ne servait à rien de lui tenir tête et qu'elle finirait par avoir gain de cause.

Autant rentrer maintenant dans ce foutu restaurant.

Sous le regard insistant de Reyes, je pénétrais dans la boutique, sursautant au son de la clochette.

Une petite fille d'une dizaine d'années m'accueillit tout sourire. Je n'eus pas à demander quoi que ce soit qu'un homme que je reconnaissais parfaitement passait une porte à ma rencontre.

- « Mademoiselle Woods, bonjour. »

- « Bonjour. » répondais-je simplement.

- « Quel bon vent vous amène ici ? À moins que vous ne soyez là pour manger ? » demandait-il un léger sourire sur le visage alors que je répondais par la négative dans un simple mouvement de tête.

- « Je… je voudrais retrouver Clarke. »

- « Oh vous avez changée d'avis depuis la dernière fois ! Mon cadeau de vie vous a fait réfléchir à ce que je vois ! Vous avez même l'air moins sur la défensive. »

- « Pouvez-vous m'aider ? S'il vous plait. » insistais-je sans relever ses critiques.

- « Malheureusement non, Mademoiselle Woods. C'est à vous de faire vos propres choix dans la vie et je ne peux rien y changer. »

- « Mais j'ai choisi ! Cela fait plus d'un mois que j'essaie de la retrouver en vain. Rien ne fonctionne, je n'arrive pas à la rencontrer. »

- « Vous ne pouvez forcer le destin en effet. »

- « Je ne comprends pas ! Vous me parlez de choix et pourtant vous citez le destin ! Comment puis-je choisir quoi que ce soit si le destin m'impose de ne pas la rencontrer ? »

- « Hum non… vous confondez. Comment vous expliquer simplement... Vous êtes destinée à rencontrer Mademoiselle Griffin mais ce que vous ferrez à ce moment-là ne dépendra que de vous. »

- « Je ne comprends toujours pas… » désespérais-je me concentrant sur ses paroles, fronçant les sourcils.

- « Lorsque vous rencontrerez Mademoiselle Griffin, vous pouvez continuer votre route et ne jamais la revoir où bien faire un bout de ce chemin avec elle comme vous semblez le souhaiter. »

Il marquait un léger temps de pose voyant que j'assimilais ses paroles.

- « Comprenez-moi bien. Vous pouvez être son amie, son ennemie, une connaissance ou même sa femme comme vous avez pu le voir dans ce chemin qu'elles ont empruntées. Mais vous pouvez aussi bien passer votre route et être simplement l'actrice qu'elle continuera de regarder à la télévision. Des milliers de choix seront possibles et ils ne dépendront que de vous deux. » finissait-il son explication alors que je hochais simplement la tête.

Le bruit de la clochette me fit me retourner alors que Raven rentrait.

- « Pardon je ne voulais pas déranger mais il fait froid dehors. » annonçait-elle en se frottant les bras.

Je reportais mon attention sur l'homme qui me souriait alors qu'une voix dans une autre langue se fit entendre de la pièce d'où il était sorti.

- « Si mon explication vous convient je vous prierais de m'excusez Mesdemoiselles mais mon travail m'appelle. » nous saluait-il d'une légère courbette avant de se retourner une dernière fois à mon encontre. « Il vous faut juste de la patience. Attendez et vous la reverrez. »

- « Mais quand ? Dans un jour ? Un mois ? Un an ? » sortais-je sans arriver à m'y résoudre.

- « Arrêtez de forcer le destin. » terminait-il en disparaissant de notre vue.

Je restais plantée là un instant, digérant toutes les informations floues qu'il avait pu m'apporter.

Attendre. Simplement attendre.

Un simple passage chez ce maudit chinois et je m'avouais vaincue.

Il avait réussi à me faire capituler en moins de temps que je ne croyais. Ses paroles m'avaient plus attristées qu'autre chose et j'étais lasse de me battre. Il venait de m'annoncer que je ne pouvais rien y faire et cela me dévastait.

Dans le monde dans lequel nous vivions, internet nous permettait de tout faire. Retrouver quelqu'un qui ne s'éloignait pas de tous ces réseaux était tellement facile.

Mais une force sur laquelle je n'avais aucune emprise en avait décidée autrement.

J'inspirais un grand coup et me retournais vers Reyes.

- « J'ai besoin d'un café et d'une montagne de donuts. » annonçais-je sobrement en sortant rapidement.

Elle eut du mal à me suivre car une fois sortie, je ne m'arrêtais pas et enchainais les pas.

- « Lexa attend moi ! » finissait-elle par crier me forçant à patienter quelques secondes le temps qu'elle se retrouve à mes côtés.

Je reprenais ma route une fois la latino à ma hauteur. Un rapide coup d'œil sur mon téléphone et je trouvais non loin un café qui vendait des pâtisseries.

- « Il ne t'a pas dit ce que tu souhaitais n'est-ce pas ? » engageait-elle la conversation.

- « Non comme tu as pu entendre, il faut apriori que j'attende. »

- « C'est une bonne nouvelle, tu es sûre de la rencontrer du coup. » répliquait-elle toujours positive peut-importe les situations.

- « Hum… » sortais-je seulement n'ayant plus envie de réfléchir.

En arrivant dans une rue assez empruntée je remontais mon écharpe un peu plus haut sur mon visage. Mes lunettes de vue spéciale sortie incognito étaient déjà présentes sur mon nez.

Il ne fallut pas longtemps pour que nous nous retrouvions devant la devanture du café.

La neige avait arrêté de tomber depuis un moment et le soleil commençait à décliner, me laissant parfaitement distinguer l'intérieur de la boutique.

Je voulais m'assurer qu'il n'y avait pas trop de monde et que je pourrais passer rapidement pour commander ce que je souhaitais.

Seulement une personne était en caisse. Parfait.

Je restais bloquée en ne lâchant plus mon regard du comptoir.

- « Qu'est-ce qu'il a ? On y va plus ? » demandait Raven alors que je lui montrais du doigt la personne attendant devant la vitrine des pâtisseries.

- « C'est Clarke… » murmurais-je presque tirant un « oh » de surprise de la latino.

- « Alors qu'est-ce que tu attends ? »

- « Si je rentre… qui sait ce qui va arriver… » continuais-je ne la lâchant pas du regard.

- « Je dirais, probablement rien. A part si tu hurles ton nom en plein milieu de la salle. » taquinait-elle doucement en me poussant avec son épaule pour me motiver.

Mon regard se tournait vers Reyes qui me souriait en me montrant du menton la porte du café.

J'inspirais fortement et ma main se posait sur la barre d'ouverture de la porte.

Jour quarante. Vendredi.

Je cherchais un billet dans mon portefeuille, la vendeuse m'ayant annoncée le prix de mon café. Du coin de l'œil je savais qu'une personne attendait après moi pour être servie à son tour.

- « Où est, ce putain de billet… » marmonnais-je en commençant à fouiller mes poches ne trouvant pas mon argent.

Une main tendit un billet à la barista qui s'en saisissait me regardant pour attendre mon aval.

- « Merci c'est gentil mais je n'ai pas besoin de charité. » répondais-je sans grande gentillesse en faisant non de la tête à la caissière.

- « Ce n'est pas de la charité, je te l'offre. » annonçait une voix qui m'était familière et me fit tourner la tête violement à son entente.

Mes mains ne cherchaient plus du tout quoi que ce soit et je restais figée en la regardant.

Elle me souriait en haussant un sourcil de ma réaction.

- « Elle attend Clarke. » reprenait mon apparition en me forçant à regarder la barista qui s'emblait agacée de perdre son temps.

- « Oui pardon je… » répondais-je perplexe alors que la demoiselle n'attendait pas plus longtemps pour encaisser le café et rendre la monnaie à Lexa.

Je me saisissais de mon café alors qu'elle en commandait deux autres, reportant rapidement mon attention sur elle, n'en croyant toujours pas mes yeux.

- « On dirait que tu as vu un fantôme. » raillait-elle.

- « Oh non juste une actrice célèbre. » répondais-je ayant du mal à croire qu'elle se tenait bien là devant moi.

- « Je t'en supplies ne te met pas à crier mon nom comme la première fois, il y a trop de monde ici. » continuait-elle taquine.

- « Aucun souci, je ne me réveille pas à tes côtés pour prendre aussi peur. » répliquais-je dans la continuité de ses allusions.

Je n'arrivais pas à m'empêcher de sourire alors qu'elle affichait un visage décontracté, payant pour ses cafés et se retournant vers moi.

- « Raven attend dehors. Tu… ça te dit de la voir ? À moins que tu aies autre chose à… » demandait-elle pas très sure d'elle alors que je coupais ne la laissant pas finir.

- « Non ! Non… avec grand plaisir. »

Nous sortions, le froid me saisissant le visage alors que Lexa tournait la tête dans tous les sens.

- « Un souci ? »

- « Reyes n'est plus là. » annonçait-elle en récupérant son téléphone.

Je me réchauffais les mains sur mon café alors qu'elle souriait devant son écran.

- « Bon apriori elle m'a fait faux bond. Je vais donc devoir prendre un taxi pour rentrer. »

Mes pensées furent tellement rapides que je les débitais en même temps qu'elles m'apparaissaient.

- « Je… je n'habite pas loin… si tu veux venir… »

Au fur et à mesure que je débitais mes paroles, je me rendais comptes de ce que je disais, rougissant sous toutes les allusions que je voyais dans une simple invitation.

Je me sentais obliger de préciser.

- « Enfin si tu veux… juste faire le chemin avec moi… mais tu dois avoir à faire peut-être ! » m'enfonçais-je dans mes justifications.

Lexa me sourit tendrement derrière ses lunettes sans m'aider une seule seconde à ne pas paraitre ridicule attendant que je finisse.

Je baissais les yeux sur mon café.

- « Je serais ravie de t'accompagner. Et non, je n'ai rien à faire. » répondait-elle me montrant avec un doigt les deux directions pour que je témoigne de quel côté je souhaitais me rendre.

Nous commencions à marcher côte à côte alors que je ne pouvais m'empêcher de tourner la tête pour la regarder. J'avais du mal à croire que j'étais enfin en train de parler à Lexa Woods.

Un petit gâteau de prédiction l'avait fait rentrer dans ma vie et j'avais l'impression qu'une éternité s'était écoulée depuis.

En seulement une semaine elle était passée de célébrité inatteignable à simple personne faisant partie de mon quotidien. Le retour brutal à la réalité avait peu à peu effacé tout cela.

Le temps passant, elle redevenait cette actrice que je ne pouvais admirer que sur des écrans, mettant mes sentiments à mal et me faisant les trouver de moins en moins légitimes.

La convention m'avait complètement brisée, me faisant perdre totalement tous les espoirs que j'avais nichés au fond de moi.

Tout mon être avait abandonné à partir du moment où il avait fallu que je m'explique à ces hommes en costard sur mon comportement lors de la séance de dédicace.

J'avais beau tourner toute cette histoire dans ma tête, ces gens-là n'était pas Octavia ou même Bellamy. Déjà que j'avais eu le plus grand mal à les persuader eux… alors des inconnus.

Ils ne me connaissaient pas et jamais ils ne croiraient un seul mot de cette histoire à dormir debout.

J'avais simplement dit la vérité sur ce qui m'avait poussée à intervenir. Protéger Raven Reyes de l'homme qui s'était jeté sur elle. Pour le reste de mon comportement je n'avais rien à rajouter et je les laissais me faire la morale avant de me raccompagner à la sortie.

- « Je suis désolée de ne pas être arrivée à temps à la convention. » m'informait Lexa nous sortant du petit silence qui suivait nos pas.

- « Non ce n'est pas ta faute… si je n'étais pas intervenue… »

- « Qui sait ce qui serait arrivé à Raven ! » répliquait-elle.

- « Hum... Trois heures d'attente pour sauver Raven et t'apercevoir ça valait le coup. » rigolais-je tristement en buvant.

- « Quoi ?! Tu as attendu trois heures ?! » s'arrêtait-elle de marcher en me regardant surprise un énorme sourire au visage.

- « Allez voilà moque toi ! » répondais-je ne m'arrêtant pas le moins du monde pour la forcer à me suivre, avant de reprendre. « Oui, j'ai attendu trois heures pour te voir et j'ai même pris l'avion que pour ça, si tu veux te marrer un peu plus ! »

- « Je ne pensais pas mériter autant d'efforts. » sortait-elle simplement me faisant rougir en me rendant compte de tout ce que j'avais en effet déployé pour la voir.

- « Tu t'es rendu au Rock and Coffee et tu as fait face à Bellamy, je te devais bien ça ! » essayais-je de rebondir.

- « C'est vrai ! Un garçon charmant au passage ! »

- « Oh je suis ravie si tu as pu faire connaissance avec lui alors ! » m'amusais-je, nos rires retombants doucement alors que nous continuions de marcher.

- « Comment tu savais qu'il allait l'agresser ? Je parle de l'homme à la convention pas de Bellamy hein ! » reprenait-elle.

- « J'avais compris ! » secouais-je la tête de tant de gamineries de sa part. « Figure toi qu'il a sorti une bague et au lieu de ne pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, je lui ai dit de ne pas faire ça. Bien sûr ça n'a fait qu'envenimer la situation et il a pété un câble. J'ai vu dans ses yeux la détermination de la bêtise qu'il allait faire et j'ai suivi le mouvement. »

- « Oh. » répondait-elle seulement.

- « Oui. Si je ne l'avais pas énervé et attendu patiemment… »

- « Ça aurait été encore plus compliqué pour Raven. » répliquait-elle.

- « En quoi ? »

- « Imagine-le, lui faire sa demande et qu'elle dise poliment non… Qui sait comment il aurait réagi à son refus. Un simple conseil d'une inconnue lui a fait faire n'importe quoi alors se faire refouler par celle qu'il convoite... »

- « Je n'avais pas vu la chose comme ça. Tu t'y connais bien ! On dirait que tu as déjà vécu la chose. » me moquais-je.

- « Oh non ! Merci mon dieu, je n'ai jamais eu à faire à une demande en mariage d'une ou d'un fan. »

Nous rigolions de toute cette situation et je me rendais compte que cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas discuté simplement.

J'avais encore du mal à me dire qu'elle était là, que c'était bien elle et que nous discutions sans qu'un évènement totalement imprévisible ne nous sépare d'un seul coup. Pas d'accident, de déluge, de fan ou même de météorite en vue.

Je prenais simplement plaisir à marcher avec elle, sans voir le temps qui passe alors que nous continuions à parler de la convention.

Elle m'étonna en m'expliquant que Costia était présente et qu'elle l'avait même frappé.

Les débuts de cette conversation qui m'avaient semblés fébriles redevenaient maintenant de plus en plus naturels, rigolant des anecdotes de chacune.

- « Et malgré le fait que Costia m'ait retenue, ça ne m'a pas empêché de te voir jeter quelque chose à la figure de ce pauvre mec qui essayait de te maitriser. Ravie d'ailleurs de constater que tu fais des progrès, je ne suis plus la seule visée. »

- « Mais c'était toi que je visais ! Tu étais seulement trop loin pour que je t'atteigne ! » me défendais-je.

- « Tout s'explique alors ! » rigolait-elle de plus belle.

Je ralentissais le pas, Lexa comprenant et nous nous arrêtions.

- « C'est ici que j'habite. » annonçais-je en montrant ma porte du menton.

Elle regarda le petit bâtiment alors qu'un silence s'installa. Je ne voulais absolument pas couper ce moment. J'avais beaucoup trop attendu de la revoir pour n'avoir le droit qu'à quelques minutes avec elle.

- « Un café ça te dit ? » demandais-je timidement.

- « Peut-être une autre boisson si ça ne te dérange pas. Je viens de me taper deux cafés je te rappelle. » souriait-elle en me montrant les deux gobelets vides qu'elle tenait.

- « Bien sûr ! » admettais-je en montant les deux petites marches cherchant mes clefs.

Elle venait d'accepter et le monde ne s'opposait pas à ce moment que nous pouvions enfin partager.

Je me sentais bête de ma réaction me sentant rougir dans mon écharpe alors que je l'invitais juste quelques minutes de plus pour discuter.

- « Bellamy n'est pas là ? » questionnait-elle légèrement réticente avant que j'ouvre.

- « Non, il ne vit plus ici. »

- « Oh… » exprimait-elle sans savoir quoi rajouter.

- « Il vit chez Lincoln depuis que nous nous sommes séparés et même si c'est compliqué pour le loyer… c'était la meilleure chose à faire. » répondais-je en ouvrant la porte l'invitant à rentrer.

Je posais mes affaires et l'invitait à faire de même.

Elle en profitait pour enlever ses lunettes en posant son écharpe et son manteau. Je ne pouvais m'empêcher de la regarder faire, l'admirant sans bouger et elle le remarqua en me souriant.

Le rouge me montait et je m'activais rapidement en récupérant les gobelets de café pour les jeter, lui proposant autre chose à boire.

Elle s'avançait dans mon salon regardant mon lieu de vie.

C'était un bordel sans nom, mes cours trainants un peu partout mais surtout les dessins que j'avais pu faire lorsque je me perdais à penser. Je priais pour qu'elle ne les remarque pas sans grand succès.

Les mains dans les poches arrière de son jean elle s'approcha doucement de la table et je la vis se saisir délicatement de l'un d'entre eux.

Elle me le montra en haussant les sourcils dans un sourire en coin.

- « Je me suis remise au dessin. » annonçais-je simplement en lui récupérant, mes joues trahissant sûrement ma gêne.

J'assemblais à la vas-vite les amas de papiers qui occupaient ma table basse, regroupant cours comme dessins.

Dans la précipitation, je ne fis qu'en dévoiler plus, faisant tomber une partie qui s'éparpilla au sol. Tous ne représentaient qu'elle.

- « Je vois ça. » sortait-elle simplement en s'accroupissant avec moi pour m'aider.

Elle me tendait ce qu'elle venait de ramasser et nos mains se frôlèrent nous faisant nous regarder alors que je restais bloquée.

- « Je n'arrivais pas à te contacter et… » répliquais-je sans finir ma phrase, ne sachant pas comment justifier tout cela.

- « Et tu t'es mise à me dessiner. C'est flatteur. » souriait-elle sans aucune moquerie dans la voix.

Elle ne me tenait pas rigueur de mes nombreux dessins. Légèrement soulagée de sa réponse, je lui rendais son sourire. Mes yeux ne cessaient de passer de son regard à ses lèvres et je me rendais compte qu'elle aussi.

La sonnette nous fit sursauter autant l'une que l'autre alors que je reposais négligemment toutes les feuilles sur la table basse, Lexa se relevant en même temps.

- « Tu attends quelqu'un ? »

- « Non mais c'est peut-être Octavia… » supposais-je en allant ouvrir.

Moi qui trouvais que le monde n'avait encore rien fait contre notre rencontre, j'étais servie.

- « Bellamy… Qu'est-ce que tu fais là ? »

- « Je suis venu voir comment tu vas ! Octavia m'a racontée que… Oh… » sortait-il la fin de sa phrase avec beaucoup moins d'entrain apercevant Lexa derrière moi.

Voyant qu'il s'avançait dans l'entrée sans me laisser le choix et supposant que je n'allais pas apprécier la longue conversation qui allait suivre, je refermais la porte pour ne pas laisser rentrer le froid.

Lexa et lui se regardaient de travers avant qu'il ne reprenne, déjà très énervé.

- « Je vois que tu ne perds pas de temps. »

- « Bellamy… » soupirais-je en comprenant qu'il recommencerait son petit cinéma.

- « Qu'est-ce qu'elle fait ici ? »

- « Je l'ai invité à boire un café. »

- « À d'autres. » ricanait-il un regard mauvais plein de sous-entendus.

- « Garde tes insinuations pour toi. Et j'ai encore le droit d'inviter qui je veux chez moi. »

- « Chez nous. »

- « Non chez moi Bellamy, tu ne vis plus ici. »

- « C'est bien ce que je dis, tu ne perds pas de temps. »

- « Pfff… Tu sais quoi ?! Pense ce que tu veux... » me désolais-je en secouant la tête.

- « Justement ! Je ne sais pas quoi penser vu que tu ne m'as rien expliqué ! »

- « Je suis juste venue boire un café comme elle vient de te le dire. » répliquait Lexa sans plus d'amabilité dans la voix, d'un sourire froid.

- « Tu ne vois pas qu'elle se fou de toi Clarke ? »

- « Je te demande pardon ? » se braquait Lexa en écarquillant les yeux.

- « Tu n'es là que pour le scandale de Clarke à la convention ! Pour qu'elle ferme sa gueule et te laisse tranquille ! »

- « Non. Je suis bien là pour boire un café avec elle. »

- « Et tu fais souvent ça ? »

- « Faire quoi ? Boire un café avec elle ? » lançait-elle d'un ton ironique.

- « Non. Séduire des filles et les rendre accros pour qu'elles fassent des trucs stupides pour toi. »

- « Non et je n'ai pas la prétention d'avoir ce pouvoir-là. »

- « Pourtant c'est exactement ce que tu as fait avec ma copine. »

- « Tu ne sais strictement rien de ce qu'il s'est passé, alors arrête de supposer. » rétorquait-elle en reprenant un masque de froideur.

- « Mais va s'y je t'en prie ! Raconte-moi ! »

- « Bellamy… » implorais-je.

- « Non Clarke ! J'en ai marre de tout ça ! Qu'est-ce qu'il s'est passé cette putain de semaine pour que tu ne veuilles pas me raconter ? Qu'est-ce qu'il s'est passé que ma sœur ait le droit de savoir et pas moi ! Et pire encore qu'elle te défende et ne veuille même pas m'expliquer ! » hurlait-il les yeux pourtant plein de clémence. « Alors je me dis que peut-être, ELLE, elle voudra bien me le dire ! » reprenait-il en la désignant.

Je ne pouvais pas m'empêcher d'éprouver une certaine tristesse. Rien de tout ce qui pourrait être dit ne le convaincrait ou l'aiderait seulement à passer à autre chose.

- « ... C'est tellement risible ! Lexa Woods qui est à l'origine de tous mes problèmes sera peut-être la seule à me dire la vérité ! »

- « Je ne pense pas être la mieux placée pour te donner les réponses que tu souhaites. » répondait-elle.

Lexa ne savait rien de ce que j'avais bien pu raconter à Bellamy même si elle devait comprendre que je ne lui avais pas dit la vérité sur notre rencontre.

- « Donc personne ne veut me dire ce qu'il s'est passé. » reprenait-il dans une moue à la fois perplexe et dégoutée.

- « Ce n'est pas aussi simple que ça… » essayais-je.

- « Non ça je l'ai bien compris ! Mais je dois accepter le fait que Lexa Woods est apparue on ne sait comment dans la vie de ma copine. Copine qui m'a ensuite menti tous les soirs pendant une semaine pour m'annoncer finalement qu'elle me quitte. Alors oui Clarke je m'interroge vraiment et je fais des suppositions vu qu'il ne me reste que ça ! J'aimerais savoir comment on en est arrivé là en si peu de temps ? »

- « Je ne peux peut-être pas tout t'expliquer mais j'ai été claire avec toi... » hasardais-je en essayant de cacher la gêne qui montait comprenant où allait aboutir la conversation.

- « Claire avec moi ?! C'est la meilleure celle-là ! C'était quoi la partie claire ? Celle où tu m'as évitée pendant trois semaines sans raisons ? Ou alors celle où tu ne m'as juste rien expliquée en m'annonçant en pleurant : Je suis amoureuse de Lexa Woods ! » imitait-il ma voix sur la fin en un sourire mauvais.

Je ne répondais rien, bloquant, ma gêne me montant d'un seul coup au visage. Un immense silence suivit ses paroles alors que je croisais maladroitement les bras en baissant la tête, ne sachant plus où regarder.

- « Oh… parce qu'en plus à voir ta tête tu ne lui as jamais dit. Comme c'est gênant pour toi et pathétique… »

- « Ce sont tes paroles qui sont pathétiques. » ajoutait très méchamment la brune.

- « Tu ne le vois toujours pas qu'elle n'en a rien à battre de toi Clarke ? Elle ne savait même pas et ça ne lui fait ni chaud ni froid. Elle t'a juste baisée pendant une semaine. »

- « Tu vas trop loin là. » sortait-elle d'un ton qui se voulait assassin.

- « Pourquoi ? Parce que je dis la vérité ? »

- « Tu ne sais rien. »

- « Non mais ce que je sais en revanche c'est que tu n'as pas pris la peine de prendre son numéro, ni même de la voir pendant plus d'un mois en la faisant se languir de toi. Tu aurais dû voir la loque qu'elle était. »

- « Ça suffit Bellamy ! » m'énervais-je de ses petites piques sortant sommairement de la gêne dans laquelle il m'avait plongée.

- « Quoi Clarke ? Tu veux que je me taise pour qu'elle ne sache pas ça non plus ? Tu as trop honte d'être devenue une groupie ? »

- « Je ne suis pas une groupie. »

- « Ah non ? Alors explique nous ton passage à cette convention ? Les vidéos de toi qui tournent sur le net alors que tu te fais soulever par un gorille ? C'était pour quelle raison, appart pour elle ? » jubilait-il de tout ce qu'il disait pour me décrédibiliser devant elle.

- « Ça se voit que tu n'as jamais vu de groupie de ta vie. Car je peux te certifier que Clarke est loin d'en être une. En revanche toi tu gagnes largement le prix du connard qui essaie de la rabaisser. » répliquait-elle sans aucune sympathie dans la voix.

- « Oh ! Je suis peut-être un connard mais au moins avec moi elle n'a jamais été blessée. » rajoutait-il alors que Lexa fronçait les sourcils d'incompréhension en me regardant.

- « Ah ?! Ça non plus elle ne te l'a pas dit ? J'étais venu pour ça à la base, savoir comment elle va. »

- « Et je vais bien. » coupais-je.

- « Alors tu ne verras pas d'inconvénient à nous montrer tes côtes Clarke ? » persistait-il dans un sourire qu'il ne prenait que lorsqu'il se sentait vainqueur.

- « Il n'y a rien à voir. »

- « Montre-les-nous alors. » insistait-il toujours souriant.

- « Je te dis qu'il n'y a rien à voir. »

- « À part le résultat de ton entêtement ! »

- « De quoi il parle ? » ne comprenait pas Lexa me regardant perdue, un regard inquiet la gagnant.

- « Je parle, qu'à ta foutue convention lorsqu'elle s'est fait interpeler, elle n'en est pas ressortie indemne, tout ça juste pour tes beaux yeux. »

- « Ce n'est pas de sa faute ! Je me suis débattue trop fort et sur le moment avec l'adrénaline je n'ai pas senti qu'il continuait à serrer…Ce sont juste des bleus… » répliquais-je en secouant la tête.

Lexa me regardait attristée de mes paroles alors que je continuais à secouer la tête voulant lui signifier que : non rien n'était de sa faute.

Bellamy n'avait que faire de mes explications.

- « Allez va s'y ! Montre-nous comment il t'a massacré ! » s'approchait-il d'un coup pour soulever mon tee-shirt alors que je me reculais suffisamment pour qu'il n'approche pas.

- « Il n'y a rien à montrer ! » essayais-je de le raisonner alors que Lexa venait se placer légèrement devant moi, le faisant se moquer.

- « Tu fais quoi là ? Tu crois vraiment que je lui ferais du mal ? » ricanait-il.

- « Non, je ne te pense pas assez idiot pour ça mais ça fait trois fois qu'elle te dit non et tu n'as toujours pas l'air de comprendre alors qui sait. » répondait-elle très calmement.

- « C'est sûr qu'à toi elle n'a pas dû te dire non pour rentrer dans ton lit. » recommençait-il ses insinuations déplacées.

- « Bon ça suffit maintenant. Tu es venu voir si j'allais bien et je vais très bien donc tu peux t'en aller maintenant. » m'énervais-je en ayant marre de son petit baratin.

- « Je vais vous laisser tranquille oui. Comme ça, tu pourras lui montrer comment tu passes ton temps à te languir d'elle en regardant les séries où les films dans lesquels elle joue. » continuait-il à se moquer, désignant la table basse.

Ma colère dépassait maintenant ma gêne et j'inspirais bruyamment, soulée de ses allusions. Son regard n'avait frôlé les dessins qu'un instant mais suffisamment pour qu'il les remarque et bloque dessus.

- « Et tu la dessines en plus… » sortait-il beaucoup plus tristement en s'approchant de la table.

- « C'est quoi le jeu en fait là ? Que tu énumères tout ce qui pourrait la gêner devant moi ? » perdait largement patience Lexa avançant d'un pas vers lui.

Je lui attrapais la main doucement, ce qui lui fit tourner la tête vers moi et indiquais simplement non de la tête en la relâchant.

Elle souffla en serrant la mâchoire.

- « En deux ans tu ne m'as jamais dessiné autant que tu l'as fait en un mois avec elle… » ne prenait-il pas la peine de lui répondre continuant à fixer les dessins.

- « Ce n'est pas un concours et je ne dessine pas pour faire plaisir aux autres mais pour moi. J'avais besoin de la voir et... »

- « Tu n'as qu'à taper son nom sur internet pour la voir ! » me coupait-il tristement en se retournant vers nous.

- « Non, j'avais besoin de voir la Lexa avec qui j'ai passée une semaine, pas celle des photos. C'est ça que j'ai dessiné. C'est cette Lexa. » haussais-je le ton de manière blasée et lassée de devoir me mettre à nue à chacune de ses remarques.

Il haussait le menton à ma réponse, voyant enfin à mon attitude qu'il allait trop loin. Cette conversation n'avait ni queue ni tête et j'en avais juste plus qu'assez. Je n'avais pas tendance à m'énerver mais là s'en était trop.

- « Tu as d'autres questions ou remarques absurdes à me poser tant qu'on y est maintenant ? »

- « Ça va Clarke ne fait pas comme si c'était toi la victime. » répondait-il l'air dédaigneux.

- « Et donc parce que je t'ai quitté, tu as tous les droits ? »

- « J'estime avoir le droit à des réponses, oui ! » continuait-il.

- « Mais je ne peux pas te donner les réponses que tu souhaites ! Peut-importe comment je l'ai rencontrée ou ce qu'il s'est passé cette semaine. C'est juste fini Bellamy et même si Lexa a accélérée les choses, tu sais très bien que tout n'était pas rose entre nous. On aurait tenu combien de temps ensemble encore ? Quelques semaines ? Quelques mois ? »

- « Qu'est-ce que tu racontes ? Tout allait bien entre nous avant qu'elle débarque dans notre vie ! »

- « Ah oui ?! À quel moment tout était parfait ? »

- « Je n'ai pas dit que c'était parfait mais on était bien ! »

- « Non Bell' ! Non ! Ce sont nos études de médecine qui nous ont rapprochés mais quand tu as laissé tomber, un vrai fossé s'est créé entre nous. On s'est éloignés au fur et à mesure, ayant de moins en moins de choses à se dire, se croisant de plus en plus. Tu n'avais que Lincoln et tes potes à la bouche. »

- « Et toi que Lexa Woods dans la tienne mais contrairement à toi, moi je ne couche pas avec mes potes ! »

- « JE. N'AI. PAS. COUCHÉE. AVEC. ELLE ! » hurlais-je.

- « Pourquoi tu t'énerves ? » persiflait-il d'un air dédaigneux mais amusé que je m'emporte.

- « Peut-être parce que tu t'entêtes ? » sortait Lexa pour moi.

- « J'ai encore le droit de poser les questions que je souhaite ! »

- « Mais les seules questions que tu poses sont débiles ! » m'énervais-je encore plus.

- « Ce n'est pas à toi d'en juger. » essayait-il moins convainquant d'un seul coup.

- « La seule chose qui t'intéresse c'est savoir si je couche avec elle et pourquoi je la dessine ! Il est où le rapport avec toi Bellamy ? »

- « J'ai le droit de savoir… » peinait-il d'un coup à me répondre, comme gêné de comprendre que ses interrogations n'étaient pas légitimes.

- « Non tu n'as pas le droit de savoir tout ça ! Ça ne te regarde en rien. » finissais-je alors qu'il entrouvrait seulement la bouche sans qu'un bruit n'en sorte.

Le silence s'installa d'un seul coup, Bellamy me dévisageant alors que rien ne sortait de sa bouche.

Lexa n'intervenait pas, dévisageant néanmoins toujours le jeune homme à l'affut de la moindre méchanceté qu'il pourrait sortir.

- « Je pense qu'il est temps que tu t'en ailles Bellamy. » rajoutais-je en me rapprochant de la porte et l'ouvrant en grand, attendant qu'il sorte.

Après avoir passé son regard perdu de Lexa à moi et d'un pas lent il sortit, se retournant une dernière fois.

- « Clarke je… »

- « Prend soin de toi Bellamy. » coupais-je sans émotion refermant la porte directement derrière mes paroles.

Jour quarante. Vendredi.

Clarke venait de refermer la porte et la tension redescendait légèrement par ce simple geste.

J'avais pris sur moi tout le long, me mêler le moins possible à la conversation et il s'en était fallu de peu pour que je m'emporte.

Encore une fois, comme lors de notre semaine futuriste, un seul effleurement de la belle blonde et je m'étais arrêté net.

- « Je suis désolée de tout ça… » sortait-elle d'un air triste en se dirigeant vers la cuisine.

- « C'est moi qui suis désolée Clarke, je n'aurais pas dû être là. »

- « Ça n'aurait pas empêché la conversation et encore moins tout ce qu'il a pu dire. Au contraire il serait sûrement resté plus encore. » essayait-elle sûrement de me rassurer alors qu'elle ouvrait le frigo, me présentant deux bières.

- « Ça te dit plutôt qu'un thé ? »

- « Après tout ça ? Carrément même ! » m'amusais-je, la pression redescendant encore d'un cran, la faisant sourire de ma réponse.

Clarke ouvrait les bouteilles me tendant la mienne alors que je la remerciais.

Elle fuyait quelque peu mon regard et je le comprenais après tout ce que Bellamy l'avait forcé à admettre devant moi.

Jamais une seule fois n'avait été dit ce que nous pouvions ressentir l'une pour l'autre même si le dernier soir à demi-mot nous nous l'étions fait comprendre.

Elle s'adossait, en buvant, au plan de travail. Un léger silence s'installait et je ne pouvais m'empêcher de penser. Une chose me préoccupait plus que tout.

- « C'est vrai ce qu'il a dit ? » demandais-je sérieusement en montrant du doigt son ventre.

- « Oui mais ce ne sont que des bleus, c'est superficiel, ne t'inquiète pas. » annonçait-elle dans un petit sourire.

- « Je peux voir alors ? » continuais-je doucement ne voulant la forcer en rien.

Clarke me regarda quelques instants cherchant ce qui pourrait la dissuader de me montrer puis de sa main libre elle remonta son tee-shirt sous sa poitrine me dévoilant son ventre et ses côtes.

Je ne pus m'empêcher d'ouvrir la bouche de surprise en me rapprochant d'elle pour m'assurer que je ne rêvais pas. D'énormes hématomes violacés lui recouvraient les côtes comme un bandeau.

On pouvait largement comprendre que quelqu'un l'avait attrapé par la taille dans son dos et avait serré en la soulevant pour qu'elle ne puisse pas s'enfuir. Plus elle devait se débattre et plus il devait resserrer sa prise et lui faire mal.

Mes yeux restaient rivés sur les tâches qui tiraient du jaune au violet par endroit. Sans réfléchir j'approchais mes doigts, effleurant sa peau près des bleus, n'arrivant pas à y croire.

Je lui tirais immédiatement des frissons, voyant sa chair se parsemer de millions de petits picots.

À cause de moi elle devait souffrir le martyr. Je ne pouvais m'empêcher de me sentir coupable.

- « Mon dieu Clarke, dit moi que tu t'es faite examinée par un médecin ?! » paniquais-je légèrement en relevant la tête pour la regarder.

- « Oui, ce sont juste des hématomes, ils vont partir. J'ai déjà beaucoup moins mal. » me répondait-elle les joues rouges.

Je me rendais compte que m'étais énormément rapprochée d'elle et que ma main l'effleurait toujours.

J'effectuais un léger pas en arrière alors qu'elle redescendait son tee-shirt.

- « Je connais un très bon médecin qui pourrait t'ausculter. » ne démordais-je pas.

- « Lexa, je vais bien ! » rigolait-elle doucement.

- « Tu pourrais avoir des côtes cassées ou fêlées. »

- « Non rien de tout ça, j'aurais beaucoup plus mal si c'était le cas et je me suis déjà fait examiner. » continuait-elle en rigolant.

- « Ce n'est pas drôle Clarke. » faisais-je les gros yeux en la pointant du doigt avec ma bière.

- « C'est ton inquiétude soudaine qui est drôle et très mignonne ! »

- « Je m'inquiète et tu me trouves mignonne ! » m'exaspérais-je faussement en sur jouant la chose.

- « Non j'ai dit que « ton inquiétude est mignonne » pas toi. » rectifiait-elle dans le même ton amusé.

- « Donc je ne suis pas mignonne ?! »

- « Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit ! » sombrait-elle dans mon petit manège.

- « C'est exactement ce que tu viens de dire. » continuais-je en exagérant mes mimiques.

- « Ce n'est pas ce que je pense avoir dit ! »

- « Ah mais ça c'est une autre histoire ! Qu'est-ce que tu penses donc avoir dit ? »

- « Que tu es… que je… » bégayait-elle d'un seul coup, ses joues devenant rouges alors qu'elle me regardait ne sachant plus quoi dire.

- « Je te taquine Clarke. » rajoutais-je moins moqueuse alors qu'elle se pinçait les lèvres en me donnant un coup sur l'épaule.

Mon téléphone se mettait à sonner et il nous sorti une nouvelle fois d'une bulle dans laquelle j'aurais voulu rester.

Je m'excusais auprès d'elle devant répondre à cet appel professionnel. Celui-ci ne dura pas plus de deux minutes et presque tout ce temps, nous nous jetions des regards plus ou moins discrets, souriant quand ils se captaient.

En raccrochant notre petit jeu ne prenait pas vraiment fin mais Clarke nous sortait sommairement de là en me demandant directement :

- « Ça te dit de rester manger ? »

- « Avec plaisir. Pizza ? »

- « Je pensais plutôt faire à manger… disons que je… je suis un peu raide ces temps-ci… » osait-elle à peine évoquer.

- « Ce n'est pas un souci je t'invite. »

- « Tu m'as déjà offert mon café… Je ne veux pas abuser et que tu crois que… » se stoppait-elle.

- « Que tu profites de mon argent ? Ce n'est pas un café et une pizza qui vont me ruiner Clarke. » souriais-je alors qu'elle faisait une moue gênée. « Je ne t'offre pas une voiture mais une pizza hein. »

Elle semblait étudier ma proposition alors que je lui sortais mon plus beau sourire commercial attendant sa réponse.

- « Va pour la pizza mais je te revaudrais ça ! » répliquait-elle en se détendant.

Le repas commandé, nous nous remettions à parler de tout ce qu'il avait pu nous arriver depuis plus d'un mois. Nos retours à la vie quotidienne, ses cours de médecine qu'elle n'avait finalement pas arrêtés, mes interviews, les fêtes de Noël aussi loufoques pour elle que pour moi.

Le temps qui m'avait paru si long depuis des semaines, passait d'un seul coup à une vitesse folle, nos pizzas arrivant sans que nous ayons eu l'impression de les attendre.

Nous avions des millions de choses à nous dire, ayant besoin de partager avec la seule personne qui pouvait me comprendre, soulagée de constater que l'on rencontrait les mêmes problèmes lorsqu'on aborda le sujet des réseaux sociaux.

Nous nous mettions à rire de notre impossibilité de nous ajouter alors que seulement quelques heures avant c'était un véritable désespoir pour moi. La curiosité l'emportait, nous poussant à essayer et un « oh » de surprise sortait en même temps lorsque nous constations que tout fonctionnait.

La même chose nous traversa l'esprit et nous échangions nos numéros en vérifiant que tout était enregistré, se faisant sonner pour confirmer, notant même ceux-ci sur un papier.

C'était sûrement un sentiment idiot de ma part mais je me sentais bien pour la première fois depuis longtemps. J'avais l'impression de revivre.

Les conversations étaient simples et légères mais nos regards pouvaient en dire long sur le seul sujet que nous n'abordions pas et je me perdais tellement de fois à contempler ses lèvres.

Il était plus d'une heure du matin quand nous nous rendions enfin compte du temps qui passait.

Nous étions assises toutes les deux sur son canapé de manière décontracté, face à face.

J'annonçais à Clarke qu'il fallait que je rentre.

- « Je te prête mon canapé si tu souhaites. » raillait-elle en me désignant ce sur quoi nous étions installées.

- « Même pas tu me laisserais ta chambre ? À moi Lexa Woods ! »

- « Si je me rappelle bien, le premier soir une certaine actrice m'a fait dormir où elle souhaitait parce qu'elle s'était appropriée une chambre donc… hum… je pense faire la même. »

- « Hum… On ne doit pas se rappeler de la même chose. Tu t'es emportée sans me laisser parler alors j'ai pris une décision ! » réfutais-je ses paroles en réfléchissant tout sourire.

- « Tu étais imbuvable ! Que pouvais-je faire d'autre ! »

- « Et toi impulsive ! Tu ne m'as même pas laissé parler ! » contrais-je, n'arrivant même pas à faire semblant d'être sérieuse dans ce petit jeu.

- « Je n'étais pas impulsive mais juste fatiguée de la journée ! »

- « Oh non, non ! Tu étais bien impulsive ! » taquinais-je.

- « Tu veux que je te montre ce que c'est qu'être impulsive ? » cherchait-elle en zieutant la table basse.

- « Olala ! Tous aux abris ! Clarke Griffin va encore frapper ! Protégez-vous de tout projectile ! »

- « Han ! » feignait-elle une tête surprise de mes paroles, la bouche grande ouverte alors que je pouvais voir l'immense sourire qu'elle essayait de cacher en même temps.

- « Je t'ai vu regarder autour de toi ce que tu pourrais bien attraper pour me le jeter dessus hein ! » continuais-je en rigolant.

- « Très bien, j'avoue c'est ma façon à moi d'être impulsive mais là je n'en vois pas d'autre ! »

- « Moi j'en vois une. » répliquais-je beaucoup plus sérieuse d'un coup sans perdre mon sourire.

- « Ah bon et laquelle ? » ne saisissait pas Clarke s'amusant toujours.

- « Celle-ci. » annonçais-je d'une voix rauque en même temps que je prenais un léger élan posant une main sur sa joue.

Mes lèvres se posaient dans le même temps sur les siennes un peu trop brusquement, ayant donné un peu trop de vitesse à mon geste. Un léger recul de sa part sous le choc nous sépara de quelques centimètres, faisant croiser nos regards et plus aucun amusement n'était lisible dans le sien.

Je pouvais y voir de la surprise.

Ce simple flottement me fit me fit douter de mon geste brusque mais elle ne laissa pas le temps à ce sentiment de se solidifier.

Elle venait reposer ses lèvres beaucoup plus tendrement sur les miennes, me faisant oublier toute autre pensée.

Figées dans nos positions, nos lèvres se redécouvraient timidement alors que doucement sa main montait sur ma nuque, m'amenant des frissons en m'attirant plus à elle. Nos langues n'attendaient pas longtemps pour se mêler, nous tirant des soupirs incontrôlés.

Alors qu'elle était toujours en tailleur devant moi, je peinais à me maintenir droite devant elle sans lui tomber dessus.

L'intensité de notre baiser montait de plus en plus et Clarke tira sur ma nuque me faisant doucement basculer sur elle, la forçant à s'allonger.

Notre mouvement était lent, aucunes des deux ne voulait lâcher les lèvres de l'autre pour le simplifier. Ses jambes se dépliaient alors que je venais m'étendre sur elle, prenant appui sur le canapé.

Plus elle appuyait sur ses mains plus je me laissais aller, me retrouvant complètement collée à elle.

Je n'avais jamais été autant en contact avec elle et cette sensation nouvelle se répercutait dans tout mon corps.

Mes mains s'étaient à peine posées sur ses hanches que j'en voulais déjà beaucoup plus.

Clarke ne lâchait pas ma nuque, passant son autre main dans mes cheveux pour m'attirer toujours plus à elle. Le moindre de ses gestes me tirait des frissons incontrôlés, une chaleur m'envahissant de plus en plus rapidement.

Nos lèvres ne se décollaient que pour mieux replonger à la rencontre de l'autre. Lors de ces moments-là, nos regards se croisaient en se donnant tous les messages possibles. Tous ce que nous n'avions pas eu le courage d'aborder depuis nos retrouvailles.

Le manque de l'autre était transmis par chacune des parties de nos corps. Nos hauts étaient légèrement remontés dans l'opération et le simple contact de nos ventres se découvrant m'envoyaient des millions de sensations.

Je brulais déjà tellement pour elle, ne contrôlant pas le moins du monde mon corps qui me malmenait de toutes ces envies.

Mes mains se perdaient à remonter sous son tee-shirt l'effleurant, ce qui lui tira immédiatement un gémissement, mon bas ventre réagissant tout de suite à sa réaction. Caressant sa peau, je remontais sur ses cotes et Clarke eu un léger sursaut me faisant tout stopper en me rappelant ses blessures, décollant mes lèvres d'elle.

- « Pardon… » sortais-je désolée en la regardant.

- « Ce n'est pas grave… » murmurait-elle dans un souffle.

Pour accentuer ses paroles, elle effectuait une légère pression avec ses mains toujours présentes autour de ma tête alors que je souriais de son geste, lui résistant.

Je savais, rien que dans son regard, qu'elle était dans le même état que moi et qu'elle me désirait autant que je la voulais.

Il n'y avait rien à dire et je ne voulais plus reculer pour mieux sauter. Je m'étais retenue toute la soirée de l'embrasser, trouvant mes envies de ce geste déplacées. Maintenant il n'était plus question de m'imposer des limites.

Pendant plus d'un mois, j'avais tellement regretté de ne pas m'être laissé aller lors de cette semaine. Si seulement j'avais avouée qu'elle ne me laissait pas indifférente.

Non… Si seulement j'avais avouée tomber amoureuse d'elle.

Tout cela n'avait plus d'importance, elle était là devant moi et je ne comptais plus fuir plus mes sentiments.

- « Clarke… on devrait peut-être attendre que ça guérisse… » sortais-je tendrement alors que mes mains redescendaient sur ses hanches.

- « Je vais bien… » répliquait-elle, les yeux pleins de supplications.

Je lui signifiais mon désaccord dans un seul mouvement de tête appuyant mon regard. Ses mains glissaient doucement de ma nuque alors qu'elle replaçait mes cheveux avec celles-ci, un léger air triste apparaissant sur son visage.

Je n'avais aucune envie d'arrêter quoi que ce soit mais je ne voulais pas lui faire mal dans la précipitation.

- « Je le referai, si c'était à refaire… quitte à me faire encore plus mal, juste pour t'apercevoir… » annonçait-elle en regardant ses doigts jouer avec mes cheveux.

Un silence s'installait alors que je ne la quittais pas des yeux, ses joues légèrement rouges, fuyant toujours mon regard.

Mes pensées venaient se bousculer à mes lèvres et les mots sortirent sans que je puisse les contrôler.

- « Je t'aime… » murmurais-je, m'étonnant moi-même de les prononcer alors que ses doigts cessaient de bouger, ses yeux se replongeant dans les miens.

Ces simples mots, je ne les avais prononcés pour personne depuis tellement d'années… mais pour elle, ils n'étaient qu'évidence et ne souhaitaient plus rester bloqués en moi.

Mon cœur s'accéléra en se rendant compte de mes aveux alors qu'elle me souriait tendrement, soulevant sa tête pour venir saisir mes lèvres des siennes quelques instants seulement.

- « Je t'aime. » me répondait-elle sans me lâcher du regard.

Je n'attendais pas plus pour l'embrasser à nouveau mon cœur électrisant tout mon être à ses mots.

Doucement nous replongions dans un baiser qui seconde après seconde s'intensifiait, nos mains n'attendant pas pour se remettre à découvrir l'autre.

Mes défenses étaient mises à mal et je savais que je ne lui résisterais pas longtemps, je ne tiendrais pas sous ses caresses et ses baisers. Mes inquiétudes de ses blessures s'évanouissaient sous son insistance.

Je quittais quelques instants ses lèvres pour découvrir son cou, le parfum enivrant de sa chair, les gémissements que je lui tirais de ces simples gestes.

Nos corps étaient brûlants et doucement les jeans se défirent, les vêtements s'en allèrent faisant monter à chaque bout de tissu perdu un feu de plus en plus puissant.

Là où tout n'aurait pu être qu'un empressement sauvage pour faire taire l'attente qui nous rongeait, tout n'était que douceur et lenteur. Nous prenions le temps qui nous avait été proscrit, sans que l'une ose plus que l'autre, avançant dans notre désir en même temps.

Je découvrais chaque centimètre de son corps comme si je n'avais jamais touché personne, m'enivrant de toutes les sensations que cela me procurait, l'embrassant sans discontinuer à en perdre haleine. Mon être tout entier était en ébullition, me sommant de ne pas la lâcher sous peine de perdre ce doux rêve qu'elle représentait.

Nos mains n'étaient que le prolongement de nos envies faisant monter nos battements de cœur au rythme des gémissements que nous arrachions à l'autre. Plus rien n'existait autour, il n'y avait juste que nos corps se mêlant, cherchant à chaque instant à ne faire qu'un avec l'autre.

Je m'abandonnais totalement à elle comme jamais je n'avais pu le faire, faisant tomber toutes les barrières qui m'abritaient.

Jour quarante et un. Samedi.

Mes yeux s'ouvraient doucement, mes jambes s'étirant alors que je me réveillais complètement reposée. Cette sensation de plénitude, je ne l'avais pas ressentie depuis un bon moment.

Ma chambre était baignée dans la pénombre et je me retournais voulant mettre un visage sur mon bien-être.

J'étais seule.

Un vent de panique m'envahissait alors que je me redressais en regardant le coté vide du lit. Mon esprit me remémorait toute ma soirée de la veille mais l'affolement ne me quittait pas.

Étaient-ce des souvenirs ou… ?

Était-elle partie ? Était-elle seulement venue ici ?

Ce ne peut pas être un rêve…les rêves ne sont pas aussi réalistes…

Je me saisissais de mon téléphone : 14h. Pas de message.

Elle était juste partie.

Elle avait sûrement d'autres choses à faire, pensais-je sans arriver à me rassurer pour autant.

Sans prendre la peine de m'habiller, je descendais les marches en pyjama, arrivant en bas sans grande conviction.

Lexa était là, dans le short et le débardeur que je lui avais prêtée pour la nuit, en train de faire cuire ce que je reconnaissais comme des pancakes.

Elle n'était pas partie.

Un sourire naissait sur mon visage sans que je puisse le contrôler en constatant qu'elle était là. C'était idiot de ma part d'avoir surréagi mais les circonstances de toute cette histoire me faisaient peur de la perdre alors que je venais juste de la retrouver.

- « Bonjour… » lançais-je doucement en faisant un peu de bruit en descendant les dernières marches pour m'annoncer.

Un léger sursaut de sa part à mon entrée la faisait se retourner vers moi.

- « Bonjour. » me répondait-elle dans un sourire alors que je m'approchais.

- « Tu essaies de faire des pancakes ? »

- « Je n'essaie pas, j'en fais ! »

- « Mais seront-il aussi bons que les miens ? » questionnais-je taquine alors qu'elle coupait avec ses doigts un bout de ceux qu'elle avait déjà fait pour me le tendre.

- « Hum… je dois avouer que c'est réussi ! » sortais-je après avoir gouté.

Un air fier se dessinait sur son visage, me faisant complètement craquer alors que je lui souriais.

Nous nous regardions figées dans cette position alors que mon esprit me soufflait de l'enlacer et de l'embrasser mais mon corps ne bougeait pas d'un centimètre.

Si mes pensées avaient pu être visibles alors elle les lisait parfaitement et ses mains vinrent se poser sur mes hanches alors que doucement ses lèvres se posaient sur les miennes.

C'était un geste tellement simple et pourtant je le savourais comme si c'était la première fois que mes lèvres touchaient les siennes.

Une nuit avec elle n'avait pas suffi à m'enlever ce sentiment de timidité et j'avais l'impression de vivre un rêve éveillé.

J'avais passé une nuit magique à ses côtés et après avoir partagées ce moment intime, nous nous étions endormies dans les bras l'une de l'autre. Seulement une fois les tensions et la chaleur de la situation retombés, le froid nous avait vite réveillées et nous étions montées pour nous rendormir dans mon lit.

Une légère odeur de cramé nous revenait et à contre cœur nous nous décollions pour qu'elle puisse sauver le pancake.

Je n'avais aucune envie de me détacher d'elle, je me sentais bien et à ma place dans ses bras en seulement si peu de temps.

Timidement mes bras venaient entourer sa taille me plaçant derrière elle pour l'enlacer sans la gêner, appréciant son odeur, embrassant son épaule. Son bras libre venait recouvrir les miens alors qu'elle penchait la tête en arrière pour essayer de m'embrasser sans succès me tirant un rire.

Elle coupait le feu, saisissant mes mains toujours autour d'elle pour lui permettre de se retourner et venir me faire face. Je ne résistais pas un seul instant à son envie de m'embrasser et lui rendais son baiser alors que mes mains passaient sans retenue sous son débardeur se baladant librement dans son dos.

Le son de quelqu'un frappant à la porte nous sortit d'un baiser qui se transformait déjà en une envie plus grande. Je soufflais de cette interruption en lâchant doucement ses lèvres alors qu'elle posait son front contre le mien.

- « Je te préviens si c'est encore Bellamy, je ne vais pas être aussi gentille que hier soir. » annonçait doucement Lexa.

- « Je ne vois pas ce qu'il viendrait faire une nouvelle fois ici. » répondais-je dans un sourire de sa remarque en m'éloignant à contre cœur.

J'ouvrais la porte légèrement réticente à l'idée de qui pouvait se trouver derrière. Octavia me regarda d'haut en bas en me découvrant en pyjama à cette heure.

- « Clarke je sais que tu te morfonds mais il va falloir au moins t'habiller ! J'ai une autre idée pour que tu la retrouves ! » sortait-elle un immense sourire au visage alors que je restais devant l'entrée.

- « Octavia laisse tomber je… » essayais-je de lui expliquer alors qu'elle me coupait, montrant sa détermination à ne pas rester dehors en forçant le passage.

- « Non, non on ne laisse pas tomber ! On va retrouver Lexa Woods… qui est… déjà dans ta cuisine… » finissait-elle complètement surprise en se figeant.

- « Salut… » répliquait l'intéressée en levant la main.

Octavia passait son regard de Lexa à moi en nous montrant du doigt, remarquant probablement qu'elle portait mes affaires.

- « Tu aurais pu me prévenir que… » essayait-elle de s'exprimer.

- « C'est ce que je viens d'essayer de faire. » me justifiais-je légèrement gênée.

- « Depuis quand vous… »

- « On ne s'est retrouvées qu'hier soir. » répondais-je en comprenant qu'elle ne parviendrait pas à finir ses phrases.

Un silence s'installait.

- « Enchantée de faire ta connaissance ! » proclamait Lexa en s'avançant vers elle, lui tendant la main dans un sourire.

- « Enchantée… » répondait Octavia en lui serrant. « Je… je vais vous laisser je crois ! Vous avez sûrement beaucoup de temps à rattraper ! » rajoutait-elle en se redirigeant vers la porte.

- « Attend ! » l'apostrophait la belle brune alors que ma meilleure amie et moi-même nous retournions surprise de son intervention. « En arrivant, tu lui as dit que tu avais une autre idée pour me retrouver. Juste par curiosité, c'était quoi ? »

- « Oh… euh… j'ai réussi à trouver ton adresse et euh… j'avais prévu qu'on aille faire un tour vers chez toi aujourd'hui… » répondait-elle légèrement gênée de son idée.

- « Vraiment ? » m'étonnais-je en me rendant compte tout ce qu'elle mettait en place pour m'aider.

- « Oui ! Mais tu sais quoi je crois que tu n'as plus besoin de mon aide maintenant ! » me répondait-elle en me faisant un magnifique clin d'œil en nous laissant sans plus attendre.

Je refermais la porte alors que Lexa rigolait de cette intervention.

- « Entre Octavia et Raven, on peut dire qu'on a de sacrées supportrices ! » argumentait-elle.

- « J'avoue ! Elles n'allaient pas lâcher le morceau je crois ! »

- « Pourquoi tu allais abandonner ? » demandait-elle dans un levé de sourcil interrogateur.

- « Je dois dire que la convention m'a donnée un énorme coup au moral… Je commençais à me résoudre à ne plus te revoir. » avouais-je tristement me remémorant le week-end précédent.

- « Comme quoi il nous fallait vraiment abandonner pour nous permettre de nous revoir. » annonçait-elle en hochant la tête.

- « Comment ça ? »

- « Hier soir, avant que je rentre dans ce café où nous nous sommes retrouvées, Raven m'avait amenée de force au restaurant chinois pour que je questionne le gérant. » commençait-elle sont récit avant de reprendre. « Et je dois dire que les réponses qu'il m'a fournies n'ont fait que descendre mon moral au plus bas. Je m'avouais totalement vaincue après. »

- « Et pile à ce moment-là tu m'as vu, n'est-ce pas ? » demandais-je comprenant ce qu'elle voulait dire par « abandonner pour nous permettre de nous revoir ».

- « Exactement. » souriait-elle en se rapprochant de moi pour replacer des mèches rebelles de mes cheveux.

Un geste bien simple mais qui me faisait monter le rouge aux joues alors qu'elle venait m'enlacer. Nous restions un moment sans réellement bouger, profitant de ce moment comme s'il pouvait nous être arraché sans raison.

- « Tu peux rester un peu avec moi aujourd'hui ? » demandais-je timidement, ayant peur qu'elle parte précipitamment et que ce rêve prenne fin.

- « J'allais te proposer de passer le week-end ensemble si tu n'avais pas d'obligations. » me souriait-elle en se dégageant de notre étreinte pour me regarder.

- « J'en serais ravie. » répondais-je alors que je me rapprochais de ses lèvres pour l'embrasser, n'arrivant déjà plus à retenir mon envie de celles-ci.

Jour quarante-trois. Lundi

Notre week-end de retrouvailles passa à une vitesse folle. Nous profitions de chaque instant ensemble comme si celui-ci était le dernier. C'était sûrement idiot de notre part mais autant la belle brune que moi avions peur de ce qu'il adviendrait dès l'instant où nous devrions nous séparer pour reprendre nos obligations. À savoir son travail et mes études dès le lundi matin.

Quand celui-ci arriva, une certaine appréhension transparaissait sur mon visage et Lexa fit tout son possible pour me rassurer alors qu'elle aussi n'était pas sereine.

Nous avions passées tout le weekend chez moi et c'était naturellement sur le pas de ma porte que nous nous disions au revoir, son taxi venant d'arriver, nos journées respectives nous attendant.

Je regardais la voiture s'éloigner, une boule au ventre s'installant rapidement dès que le visuel avec l'actrice s'était coupé, amorçant ma marche pour rejoindre mon sempiternel métro. Pourtant cette gêne en moi ne s'ancra pas longtemps car je recevais quasi instantanément un message de sa part.

Cela était tellement anodin pour tout le monde de recevoir un message de la personne que l'on chéri mais après plus d'un mois de galère ou la technologie n'avait rien fait pour nous aider, je me surprenais à sourire sans discontinuer devant le simple « Hey ! Dis-moi que tu me reçois » qui apparaissait à l'écran.

M'empressant de répondre, je ne me rendais pas franchement compte de mon trajet, arrivant après un moment de messages interposés à ma fac.

La journée qui s'enchaîna fut agréablement légère sans raison apparente et les journées qui suivirent furent du même acabit. Elles n'étaient en rien moins fatigantes et mes cours ne s'allégeaient pas le moins du monde mais dès que nous le pouvions Lexa et moi échangions des messages. Ceux-ci ne baissant pas en taquineries, me faisant sourire presque en permanence à chaque fois que je baissais les yeux sur mon appareil.

Dès que nos journées se terminaient, ou que nos emplois du temps nous le permettaient nous passions tout notre temps ensemble. Comme si la semaine que nous avions passées ensemble n'avait jamais été suivie d'un mois l'une sans l'autre, nous reprenions naturellement nos quotidiens après celle-ci, notre relation s'accentuant rapidement.

Je découvrais rapidement son appartement et nous passions soit du temps chez elle, soit chez moi, rentrant de moins en moins chez nous lorsque nous étions chez l'autre. Je me sentais tellement bien à ses côtés et nous en venions à nous installer l'une chez l'autre comme si notre histoire durait depuis des mois.

Jour cinquante-six. Dimanche.

Après ma semaine futuriste je restais persuadée que la solution pour mes études viendrait d'une discussion avec ma mère mais c'est Lexa qui me permit d'y voir plus clair alors que nous abordions mes finances chaotiques.

Comme je l'avais prévu lors les fêtes de Noël, il ne fallut pas deux semaines de plus pour que mes finances virent au rouge. Je n'avais jamais repris contact avec ma patronne, me laissant happer par nos retrouvailles avec Lexa et le rythme soutenu de mes journées d'études.

Bien sûr Diana ne m'avait pas zappée, je le savais. Elle était toujours à la recherche de serveuses mais elle ne comptait apriori pas me recontacter, ma réaction lui restant sûrement bloquée en travers de la gorge.

Les filles, elle les préférait dociles envers les clients et pas du genre à renverser une carafe entière dessus.

- « La solution est simple, laisse-moi t'aider. » reprenait-elle encore une fois.

- « Il est hors de question que tu payes mon appartement Lexa. » secouais-je la tête fortement pour désapprouver son énième tentative de me persuader.

- « C'est pourtant le mieux à faire. Tu pourrais continuer à étudier le week-end et profiter aussi pour te reposer et faire ce que tu aimes, à savoir peindre. Tu l'as dit toi-même, tu n'avais plus de vie ! Travailler le week-end c'est clairement ce qui t'empêche de faire ce qui te plait ! »

- « Mais j'ai besoin de cet argent pour vivre ! Il est hors de question que je profite de toi et que je me fasse entretenir ! » continuais-je fermée alors que je savais pertinemment que ce qu'elle disait, n'était que la stricte vérité.

L'argent était la clef de tout dans mon cas et mon statut ne me permettait pas de vivre mes études et ma passion en même temps. Dire que j'avais une mère riche comme crésus et que j'étais à la limite d'être à la rue.

- « Alors viens vivre chez moi. » sortait-elle très sérieusement.

- « Qu…quoi ? » balbutiais-je sortant de mes réflexions.

- « Viens t'installer chez moi. D'ici, ta fac se trouve environ à la même distance en transport ça ne te changerai rien et ça résoudrait tes problèmes de loyer. »

- « Tu te rend compte que tu me demandes de vivre avec toi là ? » lançais-je un sourire en coin ébahie de sa demande.

- « J'ai survécu une semaine entière avec une inconnue désagréable alors je suis prête à renouveler l'opération. » me taquinait-elle.

- « Tu sais que je ne vais pas rester qu'une seule semaine cette fois-ci et que ton appartement n'est pas assez grand pour que tu te caches de moi. »

- « Je suis prête à prendre le risque. » répondait-elle tendrement.

- « Complètement accro Mademoiselle Woods à ce que je vois. » continuais-je mes taquineries pour essayer de cacher mes rougissements.

- « Merde, je suis repérée ! » levait-elle les bras en l'air faisant mine de se rendre en rigolant.

Je suivais son amusement, me rendant compte qu'elle était malgré tout très sérieuse dans sa demande.

- « Tu es sûre Lexa ? Je veux dire, peut-être que c'est un peu rapide et en plus ça n'empêchera pas le fait que je n'ai pas d'argent. Je ne pourrais pas participer financièrement... » annonçais-je pour m'assurer qu'elle comprenait dans quoi elle se fourrait en me proposant tout ça.

- « Je suis sûre Clarke. Je ne veux plus hésiter une seule seconde avec toi. J'ai beaucoup trop regretté certaines de mes non-actions pendant cette semaine hors du commun… » secouait-elle la tête presque tristement alors qu'elle relevait son regard vers moi. « Et puis pendant ce mois quasi interminable sans toi, j'ai cru t'avoir perdue et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même de ne pas m'être laissée aller. Je crois que pour une fois, je veux baisser mes barrières et me laisser glisser dans la vie avec toi. » sortait-elle d'un regard franc et plein de sérieux.

Je restais bête de tant de franchise de sa part, le rouge aux joues et la bouche légèrement entrouverte de surprise. Comment refuser sa proposition alors que je ressentais la même chose. Ce sentiment tellement évident que ma place était à ses côtés et que je ne voulais plus reculer pour mieux sauter.

Pour seule réponse je hochais timidement la tête, faisant naître un sourire en coin aux lèvres de la belle brune.

Jour quatre-vingt-quatre. Dimanche.

Diiiinng-doooong… annonçait lourdement la sonnette de l'énorme maison familiale qui s'imposait devant nous.

Un frisson me parcourut tout le long du dos. Il n'était aucunement dû à un potentiel stress de ma part mais nous étions fin février et il faisait toujours un froid de canard.

Ce potentiel stress que j'aurais dû ressentir, mon métier m'avait tellement appris à m'en défaire. À en faire une arme plus qu'une peur et je me jouais déjà de cette journée.

Clarke, elle, n'avait pas l'air sereine du tout. Son regard partait dans tous les sens et elle trifouillait son manteau plus que de raison, ne sachant pas quoi faire de ses mains. Elle passa encore une fois son regard vers moi, me souriant mécaniquement, ses yeux affolés pas du tout raccords avec celui-ci.

J'allais lui dire de se calmer lorsque finalement la porte s'ouvrit.

Abigail Griffin nous accueilli dans un grand sourire, nous invitant à rentrer rapidement pour échapper au temps glacial.

Cela faisait maintenant plus d'un mois que nous nous étions retrouvées avec Clarke et je devais avouer que jamais je n'aurais imaginé apprécier autant ma vie aux côtés de quelqu'un.

Elle était cette bouffée d'air qui me manquait. Cette chaleur douce qu'on ressent lors des premiers rayons de soleil au printemps. Qui réchauffe la peau comme le cœur.

Elle complétait en tout point mon existence sans que je puisse l'exprimer à sa juste valeur. Les mots ne suffisaient en rien.

Mes réticences qui régissaient la partie affective de ma vie, faisant de moi l'handicapée des sentiments comme me qualifiait si souvent Raven, Clarke avait su les faires voler en éclat une à une en si peu de temps, me montrant que peu importe ce qu'il adviendrait, je pouvais lui faire confiance.

Je me sentais roc, quasi invincible. Ce n'était donc pas la rencontre officielle avec sa mère qui allait changer la donne. Pourtant je ne prenais pas celle-ci à la légère car s'il y a bien quelque chose que je ne voulais pas reproduire comme les Clarke et Lexa dont nous avions entraperçues le futur, c'était bien la relation conflictuelle qu'elles pouvaient entretenir avec Madame Griffin.

Le stress de Clarke n'émanait que de ce problème dont nous n'avions pas appris tous les rouages lors de notre bond dans le futur. L'arrêt des études de leur Clarke en était apriori le plus gros grain de sable mais nous n'étions pas sûres.

D'autres points avaient forcément dû noircir leurs relations mais nous ne les connaissions pas vraiment. Pourtant le plus gros semblait évité car malgré ses doutes, ma belle blonde avait choisi de poursuivre ses études et ma proposition, assez rapide je dois l'avouer, de vivre ensemble lui donnait du temps pour elle. Un parfait équilibre qui lui redonnait une bouffée d'air.

Aujourd'hui nous fêtions l'anniversaire de Clarke et lorsque sa mère lui avait demandée si elle comptait venir accompagnée ce jour-là, c'était sans hésiter qu'elle avait répondu oui. Après les fêtes de Noël je n'étais plus une énigme pour la chirurgienne car sa fille lui avait doucement amenée l'idée que je partageais sa vie.

En même temps, il n'avait pas fallu longtemps aux tabloïdes pour prendre de nombreux clichés de nous lors de nos sorties et je ne comptais pas cacher Clarke aux yeux du monde. Notre relation n'était déjà plus un secret pour personne.

Je me sentais confiante et espérait de tout cœur que cette journée nous ferait partir d'un bon pied avec sa mère.

Abigail prenait ma veste pour la déposer sur un porte manteau, me souriant poliment en nous annonçant que nous n'étions pas les premières.

- « Tu aurais pu faire un effort Clarke, je ne t'ai pas apprise à être en retard ! » sermonnait-elle sa fille d'un air sévère alors que je commençais douter que la partie soit si simple que ça.

Elle se pencha soudain vers moi, baissant le ton de sa voix dans un immense sourire.

- « Je suis déçue, j'aurais voulu t'avoir que pour moi ! Ma fille est avare de détails sur votre rencontre et je suis curieuse figure toi. »

J'imitais sa posture prenant également le même ton de voix amusé.

- « Ne vous inquiétez pas, nous trouverons bien assez de temps pour que je vous raconte tout ce que vous souhaitez savoir ! » répondais-je lui tirant un rire franc.

- « Adorable ! J'ai déjà hâte ! » rigolait-elle alors qu'une sonnerie l'interpela lui faisant nous quitter vers une pièce que je comprenais être la cuisine.

Avant de disparaître de notre vue, elle apostrophait Clarke.

- « Chérie, allez dans le salon, on vous y attend ! La tarte m'appelle mais j'arrive tout de suite ! »

Clarke restait déjà bouche bée du petit échange que je venais d'avoir avec sa mère.

- « Tu viens d'ensorceler ma mère ou je rêve ? »

- « Et encore tu n'as rien vu ! » m'amusais-je d'un clin d'œil.

- « Tu peux donc être tout à fait charmante lors d'une première rencontre. » notifiait-elle en me passant à côté d'un air mutin, se dirigeant vers le salon.

Cette simple entrée en matière avait eu le don de diminuer d'un cran la tension présente.

En passant les doubles portes menant au salon je reconnaissais du premier coup d'œil Marcus Kane, qui nous salua poliment en venant faire la bise à Clarke qui restait raide comme un piquet.

Son incroyable don de ne pas arriver à cacher ses émotions me faisait sourire à chaque fois.

Nous avions pourtant pas mal répété ce détail, jouant leur prochaine rencontre depuis qu'elle comprenait que son professeur deviendrait incontestablement son futur beau-père. Rien n'était officiel pour le moment mais Abigail et lui passaient le plus clair de leur temps ensemble. Ma copine le savait car à chaque fois que celle-ci avait sa mère au téléphone ce n'était que du « Marcus par-là ! Marcus par ci ! Marcus et moi… etc. »

Clarke se faisait doucement à l'idée et puis voir sa mère heureuse la comblait plus que ce que Monsieur Kane lui avait fait subir par le passé.

Parce qu'étonnamment, depuis les fêtes de Noël loufoques qu'elle m'avait raconté en présence de cet homme et de son fils adoptif, le retour à ses cours c'était fait dans un calme absolu. Il ne la prenait plus à parti, ne notifiait que d'un léger sermon ses retards et lui souriait même de temps en temps.

De quoi lui faire encore plus peur pour la suite mais finalement cette suite ne venait jamais.

- « Mademoiselle Woods. » me salua-t-il poliment en me tendant la main.

- « Je vous en prie, appelez-moi Lexa ! » répondais-je en m'approchant pour venir lui faire également la bise.

- « Oh ! Si vous insistez ! » rougissait-il en répondant à mon geste, baissant sa main restée en l'air.

Je sentais une légère gêne, commune aux gens qui me rencontraient pour la première fois mais il essayait fortement d'en faire abstraction.

- « Votre fils n'est pas présent ? » demandais-je en regardant autour de nous.

- « Non, il a eu un empêchement. Je m'excuse de son absence d'ailleurs ! » commentait-il peiné à l'encontre de Clarke.

Celle-ci annonça qu'elle comprenait parfaitement, essayant néanmoins de renvoyer un air déçu de l'apprendre. Je savais qu'il n'en était rien et qu'elle était très soulagée de cette annonce. Ce jeune homme n'avait, d'après ses dires, pas vraiment supporté d'être mis sur le banc de touche de la vie sentimentale de Clarke.

C'était même pire, il n'était que simple spectateur mais espérait toujours après elle et lui avait fortement fait savoir à Noël en apprenant qu'elle n'était plus avec Bellamy.

Il attaquait fort et direct malgré les nombreux refus.

Pourtant il n'était pas là aujourd'hui pour renouveler l'opération, ayant sûrement appris qu'elle n'était plus seule dans sa vie et que je serais présente en ce jour.

Un grain de sable en moins, pensais-je.

Je reportais rapidement mon attention sur la deuxième personne présente dans le salon et a qui Clarke avait déjà dit bonjour. Elle se tenait légèrement en retrait et n'osait pas faire un pas dans ma direction.

- « Bonjour Octavia ! » lançais-je en m'approchant d'elle.

- « Bonjour… » me répondait-elle doucement légèrement gênée.

- « Je suis contente de te revoir. »

- « Oui moi aussi… » balbutiait-elle sans savoir réellement quoi me répondre alors que je lui faisais simplement la bise, la faisant se tendre à mon contact.

- « Ça va O', elle ne va pas te manger hein ! » se moquait Clarke en pouffant.

- « Tu veux qu'on parle de notre première rencontre ? » défendais-je la latino en souriant mesquinement à ma compagne.

- « C'était différent ! » se plaignait-elle de ma remarque.

- « Qu'est-ce qui était différent les filles ? » nous apostrophait Abby, revenant de la cuisine tout sourire.

- « Leur rencontre apriori. » souriait amoureusement Marcus à Madame Griffin.

- « Je m'absente moins de deux minutes et je rate déjà la moitié des choses ! » pestait-elle gentiment tirant des rires à son auditoire.

L'ambiance était déjà légère et les discussions suivirent naturellement sans pression de quoi faire retomber les quelques doutes de la part de Clarke. Bien sûr rien n'était fait mais cette Abigaël Griffin ne ressemblait en rien à celle que j'avais pu rencontrer dans le futur.

Elle était bien sûr beaucoup plus jeune mais surtout moins sur la défensive et plus encline à la discussion.
Il y avait une légèreté et une bienveillance dans ses paroles. Aucun jugement n'émanait d'elle lorsqu'elle s'adressait à moi.

Après une bonne demi-heure de discussions, la sonnette retentit à nouveau et alors que nous n'attendions plus personne Clarke se tendit immédiatement alors que sa mère souriait pour aller ouvrir.

- « Mon dieu c'était trop beau pour être vrai… elle l'a invité… » paniquait-elle tout bas à mon encontre et celle d'Octavia qui comprenait d'un air horrifié ce que la mère de son amie venait de faire.

- « Non… tu crois vraiment qu'elle a invité mon frère ? » ajouta-t-elle en paniquant autant que Clarke.

- « Elle en est capable… »

- « Je pense que vous êtes loin du compte. » souriais-je espièglement sachant pertinemment que ce n'était pas Bellamy à la porte.

Pas le temps pour les deux amies de tergiverser qu'Abby revenait déjà accompagnée de Raven.

La belle blonde lâchait un grand « oh ! » de surprise alors qu'Octavia regardait qui franchissait la porte du salon stupéfaite.

- « Joyeux anniversaire Clarke ! » annonçais-je en désignant l'actrice qui venait à notre rencontre.

- « J'espère que je ne suis pas le seul cadeau que tu lui as prévu parce que c'est léger je trouve ! » lançait déjà Raven taquine alors que pour seule réponse je fronçais les sourcils de reproche à son intention.

- « Je…je… enchantée Mademoiselle Reyes ! » se reprenait Clarke en venant la saluer.

- « Mademoiselle Reyes ? Je pense que tu peux m'appeler Raven directement non ? »

- « C'est que… »

- « Je sais ! Je ne suis pas « elle » mais je suis quand même moi ! Et si elle t'a appréciée je pense que je peux lui faire confiance ! J'ai hâte de rattraper le temps perdu ! » lui annonçait-elle en l'étreignant.

Du Raven Reyes tout craché ! Elle ne connaissait pas le moins du monde ma compagne, n'avait eu un portrait d'elle que d'après mes dires mais cela n'entachait en rien son incroyable joie d'enfin la rencontrer.

Clarke rougissait légèrement mais je sentais qu'elle était très émue et heureuse de retrouver Raven même si celle-ci ne la connaissait pas vraiment.

Depuis nos retrouvailles, nous n'avions pas eu l'occasion de revoir mon amie, son travail l'amenant loin de nous. Pourtant elle n'avait pas hésité une seule seconde quand je lui avais demandée, avec l'autorisation de Madame Griffin bien sûr, d'être présente en ce jour.

Jour quatre-vingt-quatre. Dimanche.

Je n'en revenais toujours pas. Raven Reyes était là. Je la retrouvais, ou plutôt je la rencontrais enfin !

Cela faisait des semaines que nous n'arrivions pas à la voir et j'en venais à penser qu'elle ne souhaitait pas me rencontrer mais je me trompais totalement.

Dès les premières minutes le moulin à parole Reyes s'enclencha, nous mettant tous très à l'aise rapidement et les discussions reprirent comme si tout le monde se connaissait depuis des années.

Lexa souriait de la surprise qu'elle venait de me faire et je la trouvais craquante de tant d'attention. Elle qui souhaitait montrer au monde qu'elle n'était que froideur échouait lamentablement en privé car elle n'incarnait rien de tout ça. Si le monde savait seulement à quel point Lexa Woods était adorable.

Octavia n'en revenait toujours pas. Entre Lexa et Raven, elle semblait rêver totalement sa journée. Je la comprenais parfaitement, ayant vécu la même chose à un moment qui me semblait tellement lointain et invraisemblable maintenant.

Après des discussions très animées, les ventres commençaient à se creuser et ma mère annonçait que nous passions à table.

- « Clarke, tu peux venir m'aider chérie ! »

- « Vous souhaitez plus d'aide peut-être ? » demandait Lexa alors que je suivais déjà ma mère à la cuisine.

- « Non merci ! Tu es adorable mais les invités restent à table ! »

- « Vous remarquerez tous que je ne suis donc pas désignée comme invitée ! » taquinais-je ma mère en faisant rire tout le monde.

Celle-ci me désignait les plats à apporter à table. En ce jour particulier elle n'avait fait que des choses dont je raffolais. Je trouvais ça extrêmement adorable.

Ma mère et moi n'étions plus très proches depuis la mort de mon père pourtant sans savoir pourquoi, depuis ce Noël nous nous remettions à plus parler, nous voir et reprendre cette relation mère/fille que nous avions avant.

Je me sentais plus à l'aise avec elle, je ressentais beaucoup moins cette pression de la grande chirurgienne qu'elle était envers sa fille étudiante.

Pourtant rien n'avait vraiment changé, je continuais mes études, travaillant d'arrache-pied pour me maintenir la tête hors de l'eau et sa vie à elle se faisait toujours à cent à l'heure autour de son boulot.

Cependant le facteur Marcus Kane que je pensais au début défavorable pour ma mère, s'annonçait tout autre.

Ma mère était heureuse et cela se répercutait sur de nombreux aspects.

- « Elle a l'air adorable. » me sortait-elle de mes pensées.

- « Qui ? Lexa ? » m'étonnais-je de cette intervention.

- « Non Raven… Mais oui bien sûr Lexa ! Même si Mademoiselle Reyes à l'air charmante quoi qu'un peu bavarde ! » s'amusait-elle alors que je restais un peu bête.

- « Je ne pensais pas que… tu approuverais… »

- « Je dois dire que j'ai eu du mal à m'y faire depuis Noël dernier mais Marcus a su être… convainquant disons ! Je ne sais pas pourquoi mais il t'aime beaucoup et vante très souvent tes mérites. »

La bouche entrouverte je restais bête de toute cette conversation improbable. Que ma mère accepte Lexa était déjà un exploit mais qu'en plus ce soit Monsieur Kane qui l'y ait aidé et qu'il… m'apprécie. Je restais bouche bée.

- « Tu as l'air de beaucoup l'aimer… » souriais-je à ma mère.

- « Oh, n'allons pas aussi vite, je ne la connais pas encore assez mais après quelques… »

- « Je parle de Marcus. » la coupais-je lui faisant lever les yeux de sa préparation de patates douces.

- « Oui… je dois dire qu'il ravive quelque chose en moi… mais tu sais ce n'est pas pour autant que j'oublie ton père Clarke. Je ne veux pas que tu croies que… »

- « Je ne crois rien du tout maman. Je le sais ne t'inquiète pas… Je suis simplement heureuse pour toi, il a l'air génial. » continuais-je à lui sourire sans la lâcher du regard lui tirant un léger rougissement avant qu'elle reprenne les gestes qu'elle avait stoppée.

- « Et il l'est...Allez, nos invités nous attendent, ne les faisons pas patienter plus que ça ! » reprenait-elle les joues pourpres.

Elle allait sortir de la cuisine les bras aussi chargés que moi, lorsqu'elle se retourna manquant de me rentrer dedans, me faisant lâcher un petit cri de panique.

- « Je… tu sais… je suis heureuse si c'est elle que tu veux à tes cotés… »

La voix de Monsieur Kane revint à nos oreilles pour nous proposer de l'aide, ce à quoi ma mère répondit par la négative tout en me regardant d'un air sérieux attendant ma réponse.

- « C'est elle que je veux à mes côtés… » rougissais-je.

Pour seule réponse ma mère me souriait avant de repartir de plus belle vers la salle à manger.

Je me sentais encore plus légère en retournant à table, ayant l'impression qu'après plus d'un mois de galère pour retrouver Lexa, tout se mettait maintenant à me sourire. Ma mère venait de me dire qu'elle acceptait la personne qui partage ma vie et qu'elle la trouvait même adorable.

Je pensais avoir vécu pas mal de chose fantastiques ces derniers mois et ça n'en finissait apriori plus. Le repas se poursuivit dans la bonne humeur et je découvrais un Marcus Kane beaucoup plus sympathique je que n'aurais cru !

Il faisait un très bon duo comique avec Raven, les deux nous faisant beaucoup rire d'anecdotes plus marrantes les unes que les autres.

Le gâteau d'anniversaire et ses bougies arrivèrent finalement. Je n'échappais pas à la chanson traditionnelle récitée tant bien que mal sur un même rythme et une note à peu près juste.

Tout le monde m'observait un appareil photo ou portable à la main attendant que je souffle celles-ci.

- « Allez ma chérie fait un vœu ! » scandait ma mère très enjouée.

Mon regard se leva vers Lexa qui affichait un magnifique sourire ancré au coin de ses lèvres.

- « Oh non plus besoin de vœu…il s'est déjà réalisé… » annonçais-je sans la lâcher du regard.

L'incompréhension de ma phrase pouvait se lire sur le visage de tout le monde sauf sur celui de l'intéressée qui me transperçait de ses yeux émeraudes.

« Votre prochain souhait sera le bon »

Sur le moment celui-ci était absurde et dénué de sens. Il n'avait été que le reflet d'une jeune femme lasse de sa journée, ne prenant jamais ces prédictions au sérieux.

En même temps, qui les prends au sérieux me direz-vous ?

Pourtant contre toute attente, il s'était réalisé. Ce vœu était le bon et je n'avais plus besoin d'un nouveau souhait à présent.

La vie de Lexa Woods, je l'avais à présent et qu'elle soit célèbre ou non je ne souhaitais rien d'autre que de continuer à la partager avec elle et ce toute ma vie.


J'espère que la fin a était à la hauteur de vos espérances, que mon histoire a pu vous transporter et que vous avez pris autant de plaisir à la lire que moi à l'écrire :)

À la semaine prochaine pour un petit bout d'histoire dans le futur…

Edas44 : Un long mois pour finalement se retrouver derrière le seul taré de la file d'attente… Elle n'aurait pas pu se trouver genre 10 personnes avant quoi !? J'espère que ton attente n'aura pas été trop dure :D

RiviereNoire86 : Déjà que c'était compliqué pour elles, si en plus elles n'avaient pas gardées leurs souvenirs… L'HORREUR. J'espère que la fin t'a plu !

Senvrillon : Elles ne sont finalement pas arrivées à se voir à cette convention ! Bellamy est détestable mais qui n'aurait pas réagi comme lui ? Il se fait plaquer et sa propre sœur aide son ex. C'est cruel xD J'espère que la suite t'a plu et que tu as encore eu envie de secouer Bellamy :')

: Merci beaucoup ! Disons pour la dispute entre Bellamy et Clarke que je ne voulais pas particulièrement qu'il soit drôle mais la situation faisait que du point de vue de Bellamy ça avait tout d'un gros sketch ! Du point de vue de Clarke c'était juste une torture honteuse de devoir s'expliquer ^^ Mais tant mieux si tu as bien ris ;) Dans cette réalité elles en parlent à leurs amis oui… donc peut-être que la semaine prochaine tu sauras pourquoi ça ne s'est pas passé pareil pour les autres ;)

Lunedore : Tu as attendu, attendu, attendu et paf ! Finalement j'ai publié ! Tu sais, même si vous réclamez la suite ma correctrice est intransigeante :') J'avais proposé de poster à l'heure mais sans la correction que j'actualiserai plus tard et je me suis fait engueuler xD Je ne voulais pas mourir dans la fleur de l'âge alors j'ai attendu moi aussi xD Elles ont bougé les évènements car ça devait être difficile de supporter la chose sans aide ! Puis elles ont failli y arriver mais ce n'était pas leur destin d'arriver à forcer les choses ;) Bellamy énervant j'adore ! Et dans ce chapitre aussi il était bien énervant hein ? =D J'espère fortement que tu n'es pas décédée suite à l'attente entre le dernier chapitre et celui-ci et que tu auras pu lire la fin ;)

Oros Olympe : Rahhhh je ne sais pas comment j'ai pu couper là ! (Mon côté sadique je pense =D) Désolée encore pour le retard, je me suis fait attendre mais j'espère que ça valait le coup ;)

Vaness : Hey ! Mdr la liste noire des ex des filles donc xD Je ne pouvais pas simplifier la tâche et les faire se rencontrer trop facilement voyons ;) La mère de Clarke abuse un peu je dois avouer et je n'ai finalement pas envenimer les choses entre elles ;) désolée que tu n'aies pas eu ta vengeance ! Octavia n'a pas pu donner le numéro à Lexa mais elle a quand même payé un billet d'avion + une entrée à la convention à Clarke ;) si ça ce n'est pas adorable !

Morgane : Hey ! C'est vrai que j'aurais pu couper le chapitre autre part mais c'était plus fort que moi ! Je trouvais le moment bien choisi ;) J'espère que la fin t'a plu !

Wounaya : Hey ! Cette fin aussi était un peu plus longue que d'habitude ;) Un chapitre entier mais ouais, elles se sont vu deux secondes comme tu dis :') À bientôt !

: Mdrrrr pourquoi couper là ? Parce que franchement le moment était parfait xD Avant il n'y avait pas assez de suspense et après… bin après, vous auriez étés déçus parce que vous auriez eu la confirmation qu'elles n'allaient pas se croiser à la convention ! Alors que là, j'étais pile à la moitié et dans un bon suspense ! Mouahahahhaha ! Par contre bravo parce que tu as deviné qu'il y allait avoir un épilogue ;)

Irschasecb3 : Merci pour ta review ! Elles ont fini par se voir même si c'était rapide à cette convention ;)

Guest : Han ! Mes générations futures sont maudites ! Mais mais mais non…. J'espère que tu vas me dé-maudire avec ce chapitre hein ?

Serieslover44 : Hey ! Contente alors de moins te perturber avec mes chapitres que dans des moments importants de cours ;) Bellamy n'est pas adorable à ton goût ? Je ne comprends pas pourquoi mouahahah ! J'espère en tout cas que je t'ai emmené à une fin qui te plait autant que le reste de la fic ;)

M.L Casper : Hey ! Merci beaucoup ! En espérant que la fin t'ai plu !

Elooo : Merci beaucoup, c'est très gentil ! Ce n'est pas grave, les reviews ne sont pas une obligation (encore heureux xD) c'est déjà très gentil à toi de prendre de ton temps pour m'en laisser une ;) Je suis contente que mon histoire t'ai plu et que tu l'ai trouvé originale ! J'espère que la fin t'a donné satisfaction !

Sarache : Héé noooon je ne pouvais pas couper à un autre moment =D

Danang33 : Le suspense est finalement retombé ;) Merci beaucoup à toi c'est gentil !

Nilame : Merci beaucoup je suis contente que mon histoire te plaise !