Bien le bonsoir tout le monde ! Aujourd'hui, c'est l'heure de l'OS du milieu ! Eh oui, déjà ! Comme chaque année, je suis contente d'avoir atteint ce moment-là, mais aussi un peu triste, parce que ça veut dire que la moitié est déjà passée ! Pour le thème du jour, le chant du coq, sans bien savoir pourquoi, je l'ai lié à un personnage et en partie à un poème de Victor Hugo. Cela se passe certainement après KHIII, et il peut y avoir des spoils du dit KHIII ainsi que de KHUX. Parfois, c'est pas trop le cas mais je préfère prévenir pour rien, on ne sait jamais ! Belle lecture.


« Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. »

Elle n'était pas du genre matinal. Pourquoi se lever tôt lorsqu'on pouvait traîner au lit, entendre tous les bruits au tour et prendre le temps de s'étirer tandis que les rayons du soleil venaient chatouiller son visage ! Puis, comme elle se couchait plutôt tard, cela ne la dérangeait pas trop de dormir alors que tout le monde partait travailler. C'était même agréable pour dire la vérité.

Elle n'était pas matinale, sauf ce matin-là.

Elle avait cette chanson dans la tête, sans même vraiment la connaître. Elle ne savait pas où elle l'avait entendu ni même qui la chantait mais elle n'arrivait pas à se la sortir de l'esprit. Sans trop y penser les paroles tournaient en boucle dans ses pensées tandis qu'elle se préparait. Le soleil n'était même pas levé et déjà, elle avait pris un rapide petit-déjeuner ainsi que sa douche. Elle avait mis une vieille tenue, qu'elle adorait porter mais elle n'en avait pas eu l'occasion depuis bien longtemps. Ce n'était pas un vêtement qu'elle voulait mettre n'importe quand.

« C'est l'heure. »

Puis, elle quitta sa demeure et s'en alla à travers les ruelles de la ville, sans que personne ne la voit. Tout le monde dormait encore, les lieux étaient déserts. Sa mauvaise langue aurait pu dire qu'il n'y avait pas beaucoup d'habitants dans cette ville mais elle n'eut même pas envie de le penser cette fois. Ses pas la menèrent jusqu'à un portail obscur, une ombre dans la nuit claire. Elle le connaissait bien et y pénétra sans un seul regard en arrière. Personne ne pouvait l'avoir suivi.

Pas même lui.

Elle se retrouva alors dans un désert, ce qui changea totalement du décor de la ville précédente. La jeune femme regarda autour d'elle. Rien n'avait changé depuis sa dernière visite. Rien ne changeait jamais désormais. Ce monde n'était plus qu'un grand vide, une terre hostile sur laquelle plus rien ne poussait depuis de longues années. Elle avança un peu au milieu de la poussière, obligée de mettre son bras devant son visage pour se protéger du vent ensablé. Quelques élévations rocheuses venaient modifier le paysage mais c'était tout.

Sauf bien sûr si on comptait les keyblades.

Il y avait un grand nombre de ces grandes clés, plantées dans le sol. Cela permettait de se rappeler que cet endroit était en réalité un immense cimetière, le vestige d'une guerre antique et sans aucun intérêt. La guerre entre les ténèbres et la lumière avait fait rage ici, à tel point que tout avait été détruit. La jeune femme venait ici tous les ans, ce même jour, et rien ne changeait, ce qui était absolument désolant pour dire la vérité. Autrefois, l'endroit avait été si beau, si accueillant. Alors, lentement, elle ferma les yeux et laissa ses souvenirs l'emporter au loin.

« Je voudrais que la maison revienne. »

Quand elle rouvrit les yeux, le désert avait disparu. A la place, il y avait le soleil qui se levait sur une magnifique citée blanche comme la neige et on entendait le chant du coq. Petit à petit, une rumeur se répandait dans les rues. Les habitants se réveillaient et allaient au travail. Comme à chaque fois qu'elle vivait ce moment, elle ne put s'empêcher de sourire, respira un grand coup, et emprunta les ruelles, usant de la force de ses souvenirs pour les parcourir.

Rapidement, elle tomba sur le vendeur de fleurs. Autrefois, elle passait tout le temps devant lui et adorait humer le parfum délicat des roses. Juste un peu plus loin, il y avait le vendeur de bonbons, avec sa vitrine tellement colorée, juste à côté du salon de thé. Elle se rappelait le goût délicat du carotte cake ainsi que des boissons chaudes aux mille saveurs. C'était un quartier de la ville qu'elle avait toujours adoré et le temps n'avait en rien changé cette impression. Le lieu restait encore agréable pour se balader, même dans ses rêves.

« Rien n'a changé. »

Puis, elle remonta la rue, esquivant les habitants qui déambulaient en grand nombre dans cette artère. Au-dessus de la ville, elle apercevait la grande horloge qui surplombait tout. C'était là-haut que vivaient les maîtres et elle ne s'y était jamais rendue très souvent. Ce n'était de toute façon pas sa destination. Au bout de la rue, elle tomba sur une place mignonne sur laquelle se regroupaient de nombreux artistes ainsi que quelques manieurs de keyblade qui s'entraînaient. Un autre lieu chargé de souvenir mais elle préféra prendre une rue sur la droite et ne pas trop s'attarder.

Cette rue-là, c'était celle des bars en tout genre, celle où quiconque voulant boire un coup venait immanquablement. Les lieux n'étaient pas très populaires auprès des maîtres, mais elle se rappelait y avoir passé des heures avec des amis, à parler et à rire jusqu'à très tard le soir. Si elle n'était pas matinale, on pouvait rejeter toute la responsabilité sur cet endroit. Il était absolument coupable. Aussi tôt le matin, rien n'était encore ouvert mais juste prendre par cette avenue et revoir la devanture des pubs lui donna des ailes. L'endroit était si chaleureux, si vivant !

Ses pas la menèrent dans d'autres endroits mais elle ne prenait plus le temps de réaliser de quoi il s'agissait. Maintenant, elle avait une destination bien précise. Dans les quartiers supérieurs, dans un coin d'une rue, elle tomba devant une grande maison qui avait l'air encore endormi. Le toit blanc, les fenêtres bleus, l'olivier qui poussait sur le côté, même le petit flot de fleurs jaunes derrière la fenêtre du premier étage, tout était intact depuis qu'elle était partie, il y a bien trop longtemps pour que cela paraisse possible. Au loin, un coq s'égosilla avec force, en rythme avec l'horloge qui faisait presque trembler la ville. Une émotion incroyable s'empara de la jeune femme et elle s'avança vers la maison, tendant la main attraper la poignée et ouvrir la porte. La respiration lui manquait.

« Elrena ? »

La voix brisa toute la magie de ses souvenirs. Elle lutta pour attraper la poignée de la porte mais une force la retenait figée sur place. Autour d'elle, la ville se mit à disparaître et tout devint petit à petit noir. La rage l'envahissait mais elle ne pouvait strictement rien faire. Le moment magique était terminé. En sombrant dans les ténèbres, elle entendait encore le chant du coq ainsi que l'horloge qui sonnait, montrant que l'heure était maintenant passée.

Quand elle rouvrit les yeux, elle se trouvait à nouveau dans le désert et la ville avait à nouveau disparu. Le soleil était à peine levé et il n'y avait rien d'autres que les keyblades… Et lui. Il était là, comme souvent. Il était le seul à savoir qu'elle venait ici de jour précisément. Cela lui arrivait parfois aussi de revenir là. Elle aurait dû lui en vouloir d'avoir interrompu son moment magique, mais ce n'était étrangement pas le cas. Il la fixait et elle fit de même.

« - Elrena, je suis désolé, mais tu avais l'air ailleurs.

- Tu sais très bien où j'étais, Lauriam.

- Les souvenirs peuvent nous garder prisonniers, tu le sais ?

- Je ne fais de mal à personne. Et de toute façon, même si je me perdais, qui me regretterait ?

- Tu le sais très bien, murmura-t-il, les yeux emplis d'émotions.

- Oh pas la peine de jouer à ça avec moi. Combien de temps, Lauriam ?

- Beaucoup trop. Cent ans au moins. Un peu plus sûrement.

- J'ai du mal à croire que la ville ait disparu. Dans mes souvenirs, c'est encore si réel.

- Dans mon cœur aussi. Tu te souviens encore de la date.

- Je n'ai jamais oublié tout ce que nous avons perdu là-bas.

- Un jour, nous retrouverons nos amis. Si nous sommes vivants, alors eux aussi.

- L'espoir fait vivre, on dirait. Mais moi aussi j'ai envie d'y croire. »

Alors qu'elle regardait le soleil entamer sa course dans le ciel avec lui, elle ne remarquait pas que dans le lointain, on entendait le chant du coq. Le moment magique allait prendre une autre tournure mais ces deux personnes n'avaient pas encore pris conscience de la puissance de leur souvenir. Bientôt, peut-être, Daybreak Town, leur belle ville, allait revenir à la vie sur ce lieu désertique.

« Quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. »


Je me demande comment les intrigues vont se poursuivre dans la suite. J'ai hâte d'en savoir plus, même si je pense qu'on va devoir attendre encore.

Prochain thème : Le maître oublié. De qui peut-il bien s'agir ? J'attends vos suggestions !