Chapitre plus court, mais je pense que plusieurs d'entre vous attendait la réaction de Voldi :)
Par contre, pour ceux qui chercheraient ce chapitre dans la version anglaise, c'est le 22 (à cause des différents interludes - saint valentin, Fête des mères - entre le précédent et celui-ci).
Merci encore pour vos reviews et bonne lecture!
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Chapitre 29
Du côté de Voldemort
Un cri de rage retentit dans l'entièreté du manoir, arrêtant l'arrogant sorcier aux cheveux couleur de blé dans ses pas. Après une seconde, il se remit en marche, jusqu'à ce qu'il arrive en face d'une imposante double-porte.
Une expression de pure frayeur apparut brièvement sur le visage du blond avant qu'il ne regagne le contrôle de ses émotions. L'inquiétude que lui inspirait l'idée de passer cette porte et de se retrouver face à son maître n'était guère surprenante, étant donné que le cri entendu semblait venir du dit-maître… supposément un expert dans l'art du contrôle de soi. Il devait s'être passé quelque chose de grave, très grave, pour qu'il réagisse de la sorte.
Alors qu'il paraissait avoir enfin retrouvé son courage et s'apprêtait à toquer, les portes s'ouvrirent d'elles-mêmes. Elles révélèrent un homme pâle, attablé derrière un bureau, dont les deux yeux pourpres brillaient de fureur. Constatant la malice dans l'expression de son maître, le blond recula inconsciemment d'un pas.
« Abraxas. » Siffla l'adonis en voyant le blond, Abraxas, d'une voix sèche et froide.
« Maître. » Il s'inclina, formant un angle droit avec son corps. Au diable la fierté des Malfoys. Il la jetterait volontiers aux cochons si cela signifiait qu'il vivrait pour voir un autre jour. Il avait encore un héritier à éduquer et un fils à aimer.
« Entre, installe-toi. »
Il suivit ces indication, entrant et s'arrêtant devant le bureau de son maître, la tête haute et les mains derrière le dos.
Il restèrent tous les deux silencieux. Abraxas fit de son mieux pour éviter le regard de son maître… par respect, mais également afin de ne pas voir l'expression meurtrière qui l'habitait.
« Eh bien? » demanda Tom Riddle, connu sous le nom de Lord Voldemort par ses serviteurs. « Dis-moi ce qui t'amène, rapidement. J'en ai assez d'attendre. Fais attention aux nouvelles que tu m'apportes, cependant… j'admets être… contrarié. » Continua Voldemort, la promesse implicite d'une douloureuse rétribution dans sa voix.
« Je m'excuse pour ma venue soudaine, my Lord, mais j'ai de bonnes nouvelles. Une de vos propositions de lois a été approuvée. »
Voldemort tourna ses magnifiques yeux (qu'Abraxas avait toujours comparés à des rubis) vers lui et le bond faillit fondre sous l'attention. Les membres du cercle privé étaient tous au courant de son intérêt pour leur maître.
« Excellent. Bon travail, Abraxas. Il n'y a pas eu de complication? » Abraxas répondit par la négative, ce qui transforma l'expression furieuse de son maître en un air satisfait. « Lord Voldemort sait récompenser ceux qui mènent leur tâche à bien. Dis-moi, que désires-tu, Abraxas? »
« Merci, my Lord. Vous êtes trop généreux. » Il s'inclina, la main droite sur son coeur, avant de se redresser. « Je ne souhaite que votre bonheur, My Lord, cependant, si j'ose vous demander… qu'est-ce qui vous contrarie de la sorte, Maître? »
Voldemort ne laissa rien transparaitre sur son visage, ce qui lui conféra étrangement l'allure d'une statue grecque, et Abraxas regretta instantanément sa requête. Il avait l'impression d'avoir dépassé ses prérogatives. Pourquoi avait-il ramené à l'esprit de son maître la raison de son mécontentement!? Oh, instinct de survie, où as-tu disparu? Pourquoi était sa curiosité tellement plus forte que son désir?
« Très bien. » En entendant cette réponse, Abraxas faillit laisser échapper un soupir de soulagement. Faillit. Les Malfoys ne soupiraient pas.
« Puisque tu m'as si bien servi, je vais apaiser ta curiosité. Un de mes nouveaux serviteurs a décidé de prendre des vacances et m'a seulement envoyé une note… pas même une lettre… pour m'informer de son départ abrupt. »
La rage qu'émettait son maître fit apparaître des gouttes de sueur dans son dos. Qui que soit cette personne, elle se trouvait dans un sacré pétrin. Personne ne disparaissait de la sorte sans s'attirer le courroux de leur maître. Il hésitait à répondre : une part de lui désirait éviter la colère qui se trouvait dans les yeux de son maître, tandis qu'une autre part souhaitait que ces deux rubis se concentrent uniquement sur lui. De préférence lorsqu'il se tordait de plaisir sous…
Sans mise en garde, le seigneur des Serpentards relâcha sa magie et un frisson de plaisir se répandit le long du de la colonne vertébrale d'Abraxas. Quel pouvoir!
« Aurais-tu d'autres bonnes nouvelles pour moi, Abraxas? »
« Oui, my Lord. Toutes mes excuses pour mon égarement. J'ai découvert que des souvenirs de mon fils avaient été scellés. J'étais curieux et, je l'avoue, furieux, à l'idée que quelqu'un soit entré dans la tête de mon héritier. » Voyant que son maître se faisait impatient, il en vint rapidement au point.
« J'avais les compétences nécessaires pour briser ce sceau mais, ce faisant, je fis une nouvelle découverte. Ma mémoire avait aussi été modifiée, par la même personne. »
« Je ne vois pas en quoi ces nouvelles sont positives, Abraxas. » Voldemort se leva, le dépassant de plusieurs centimètres, sa colère visible aux yeux de tous. « Tout ce que j'entends, c'est qu'un individu a facilement put soutirer des informations de ton cerveau et celui de ton fils. Des informations qui me concernent, ainsi que toutes les tâches que je t'ai attribuées. Des informations vitales, Abraxas Malfoy. »
Il inclina la tête, conscient du risque qu'il prenait. Néanmoins, la récompense… Oui, il était sûr que la récompense dépasserait de loin le risque encouru. « J'ai consulté un soigneur de l'esprit de confiance, my Lord. Elle m'a assuré que seuls mes souvenirs avaient été affectés. Pas l'once d'une information n'a été dérobée dans ma tête. »
Son maître l'observa silencieusement un court instant, avant de retourner s'asseoir et de lui faire signe de continuer. Le bel homme était clairement mécontent, mais Abraxas était néanmoins soulagé d'avoir assuré ses arrières avant de lui faire part de la nouvelle.
« L'homme qui a modifié notre mémoire, My Lord… » Il hésita brièvement avant de poursuivre.
« … s'appelle Marcaunon Gaunt, my Lord. »
Voldemort se redressa instantanément et se pencha vers lui, ses deux yeux pourpres brillant d'excitation.
« Et alors, cher Abraxas quelle sorte de sceau était-ce et qu'en étaient les effets? »
« L'opposé d'un sceau Ne-M'oublie-Pas, Maître. Une fois que mon fils quittait le sol de Poudlard, il oubliait tout de Marcaunon et Marchosias Gaunt. Je trouvais cela suspicieux et, après quelques recherches, me suis rendu compte de plusieurs choses. Professeur Gaunt a jeté ce même sort sur l'ensemble des élèves ainsi que sur plusieurs enseignants. »
« Intéressant… Il se cache donc de la même façon que moi. Mais la question du "pourquoi" se pose. » Murmura Voldemort tout bas avant de continuer à voix haute. « Et toi? Quels souvenirs a-t-il affecté? »
« A peu près les mêmes, my Lord. » Il fronça les sourcils en se remémorant sa découverte. « Une fois qu'il disparaissait de ma vue, j'oubliais tous simplement son existence, jusqu'à ce que quelqu'un d'autre le mentionne ou qu'il apparaisse. »
« Disparaissait de ta vue? » La note de jalousie dans le ton de son maître était évidente. « Tu le vois souvent? »
« Ma femme travaille avec lui, my Lord. Elle l'invite de temps en temps pour souper au manoir. »
« Je suppose qu'elle portait le même sceau que toi et ton fils. »
« En effet, my Lord. »
Un épais silence s'installa dans la pièce. Le sourire de Voldemort alluma un feu dans le bas ventre d'Abraxas. L'homme était tout simplement irrésistible. « Cela ne devrait pas te poser trop de problème de nous inviter tous les deux, le même soir, à ta table, n'est-ce pas Abraxas? »
« Bien sûr que non, my Lord. »
« Qu'as-tu découvert d'autre au sssujet des deux Gaunts, Abraxasss? »
La façon dont son maître trainait les "s" ne faisait qu'alimenter les flammes dans les entrailles du blond. Il fit de son mieux pour chasser les images qui lui vinrent à l'esprit il ne fallait pas que son maître les voit. Voldemort était un expert legilimens, et penser à lui de cette manière serait considéré comme un signe de manque de respect. Dans les confins de propre demeure, cela avait peu d'importance cependant.
« Marcaunon Gaunt, Orphelin de pur-sang, aura vingt-trois ans cette année. Il travaille à Poudlard en tant que Maître et professeur de Potion. » Il sortit une photo de sa cape et la plaça sur le bureau de son maître.
« Il est apprécié de tous les élèves, toutes maisons confondues. Un professeur très populaire et le responsable des Serpentards. Lors de ses propres années à Poudlard, il était chez Poufsouffle et occupait l'une des premières places parmi les élèves. Il a obtenu dix Excellents, à la fois dans ses OWL et NEWTs, et est considéré comme le plus jeune Maître de Potions de l'Histoire. Il parait que ses compétences seraient égales à celles du fameux Ignatius Rose. »
Obtenir cinq Excellents consistait déjà en un exploit en soi. En avoir dix relevait tout simplement d'un miracle. Abraxas ne se souvenait que de deux personnes ayant obtenu plus ou moins les mêmes résultats. Il était sur le point de s'étendre sur les compétences de Rose quand il remarqua l'air irrité de son maître. Il décida donc de poursuivre son rapport.
« Marcaunon Gaunt s'entend particulièrement bien avec Pomona Sprout et Albus Dumbledore. Selon ma source, il se pourrait même que Dumbledore le préfère à McGonagall. Il y a déjà des rumeurs comme quoi il serait le prochain sous-directeur. Son fils, nommé Marchosias, aura bientôt sept ans. »
Le fait que cet enseignant ait mis une femme enceinte lorsqu'il n'avait que seize ans répugnait Abraxas. Il existait des sorts pour empêcher les grossesses. Si des sorciers étaient trop paresseux pour se renseigner à ce sujet, alors ils ne méritaient pas de s'adonner aux plaisirs de la chair.
Gaunt serait une honte pour sa communauté si ce n'était pour son succès académique et professionnel. Malgré cela, Abraxas ne pouvait nier l'attraction qu'il ressentait envers l'homme à cause de sa beauté. L'homme avait une apparence étrangement semblable à celle de son maître, bien qu'il ait une allure et silhouette plus féminine. Il aurait pu croire qu'ils étaient frères, s'il ne savait pas de première main que son maître et Marcaunon Gaunt étaient tous les deux des orphelins.
« Aurais-tu également une photo du garçon… Marchosias? »
Il plaça une photo de l'enfant dans les bras de son parent, souriant tous les deux (enfin, surtout Marcaunon, car Marchosias ne faisait que tordre les lèvres) à l'appareils, à côté du cliché précédent.
« Aurais-tu d'autres informations sur eux, Abraxas? »
« Non, my Lord. »
« Tes découvertes me plaisent beaucoup, Abraxas. Dis-moi, que souhaites tu en guise de récompense ? »
« Si je puis, my lord… »
« Parle sans peur. »
Il tressaillit, hésitant.
« J'aimerai avoir l'honneur de vous tenir compagnie au lit, my Lord. »
L'épais silence retourna et il regretta soudainement sa demande. Son instinct de survie l'avait réellement déserté. Pas pour toujours, avec un peu de chance.
« C'est tout? » Il se contenta d'hocher la tête, fuyant le regard de Voldemort. « Très bien. Approche-toi, Abraxas. »
Il releva soudainement la tête et son cœur manqua un battement. Son ancien camarade de classe, l'homme pour qui il avait le béguin, son Maître, avait déjà commencé à se déshabiller. Abraxas se mit rapidement en mouvement, bien qu'il nierait à jamais s'être mit à courir.
Les barrières magiques autour du bureau brillèrent un instant avant de redevenir invisible, gardant jalousement en leur sein les mots et les bruits qui retentirent dans la pièce.
...
à la prochaine,
Yepmissis
