Oliver s'était arrêté à la pharmacie afin d'obtenir les vitamines prescrites par Trenton. Il voulait que sa femme aille mieux, il détestait la voir comme cela, mais plus encore il se sentait coupable. Si elle était exténuée c'était en partie sa faute. Deux ans qu'elle était sur tous les fronts et gérait leur famille seule. Elle portait tout sur ses épaules, et jamais il n'avait fait l'effort de l'aider, alors la voir dans cet état l'avait dégoûté de lui-même et il voulait à tout prix l'aider à aller mieux.

Ils avaient repris la route une fois les vitamines ingurgitées. Ça faisait maintenant près de trente minutes qu'il roulait dans un silence quasi religieux s'il enlevait les dix premières minutes où Lucas avait refait son match, s'extasiant de ses six buts et heureux de constater que son père avait tout suivi avec grand intérêt. Lucas lui avait demandé s'il viendrait voir le dernier match qui avait lieu le week-end suivant et Oliver lui avait assuré qu'il serait présent même si cela le stressait. Le match avait lieu en dehors de la ville et Oliver n'était pas serein quant à cette situation. Tout pouvait arriver dans cette ville où la sécurité n'était pas primordiale.

Un travail avec son thérapeute serait nécessaire pour lui ôter toutes ses craintes, et Oliver souhaitait qu'il parvienne à le rassurer. Il ne comprenait pas pourquoi il réagissait ainsi. Il n'était pas contre le fait que ses enfants quittent la ville et s'épanouissent ailleurs, ni même Felicity, même s'il avait failli avoir une attaque quand il a découvert qu'elle s'était envolée vers un autre pays. Au final tout s'était bien passé, et ils étaient revenus sains et saufs, des souvenirs pleins la tête qu'Oliver aurait aimé partager avec eux. Un jour ça arriverait de nouveau. Il s'en fit la promesse.

Il regarda Felicity et constata qu'elle s'était endormie. Un coup d'œil dans le rétroviseur lui confirma que Lucas avait emprunté le même chemin. Le match plus la chaleur avait dû l'épuiser. Il baissa un peu le volume de l'autoradio pour ne pas qu'ils soient dérangés puis il se concentra sur la route. Felicity se réveilla quand il commença à grimper la montagne. Elle se redressa sur son siège et se massa la nuque, douloureuse à cause de la position dans laquelle elle était tombée endormie.

- Oliver ? Est-ce que tu pourrais ralentir un peu ?

- Je ne roule pas vite Felicity.

C'était vrai, il roulait dix kilomètres en dessous de la vitesse autorisée et avait l'impression de se traîner, mais il ralentit encore un peu, non pas pour lui faire plaisir mais parce qu'il vit qu'elle n'était pas du tout rassurée. À chacun des virages en tête d'épingle elle avalait durement sa salive et fermait les yeux, les ouvrants que lorsqu'elle sentait la voiture se redresser.

- Je suis désolée. Je ne suis pas rassurée si ce n'est pas moi au volant. Je déteste cette route avec tous ces virages. J'ai toujours peur de finir dans un ravin et qu'on ne retrouve jamais mon corps. Tu sais, parce qu'il pourrait être en charpie, écrasée par la tôle de la voiture... et je vais arrêter de parler.

Oliver sourit. Ce n'était pas très agréable comme sujet de conversation mais ça faisait une éternité qu'il ne l'avait pas entendue babiller.

-Ça te faire rire ?

Oliver hésita à répondre avec honnêteté, ayant peur qu'elle l'envoie une fois de plus sur les roses, même si selon lui, tout ce qu'elle lui répondrait serait justifié.

-Non ! Bien sûr que non. C'est juste que... ça m'avait manqué... tes babillages.

Felicity se retourna et constata que Lucas était endormi. Elle ne voulait pas régler ses problèmes devant leurs enfants, même si ces derniers temps elle avait laissé la colère l'emporter sur son raisonnement.

-Pourtant je n'ai jamais arrêté... ça fait trop partie de moi. C'est juste que tu étais trop occupé pour les entendre.

-Je sais, et encore une fois je suis désolé pour tout le mal que je t'ai fait. Je m'en veux. Énormément.

-Cette fois, les excuses ne suffiront pas Oliver. Je... je ne veux plus souffrir, je ne veux plus me sentir seule. Je ne veux plus être un meuble dans la maison, ni même une traînée.

Sa voix vrilla un peu mais elle retint ses larmes qui avaient déjà trop coulées à son goût. Elle détourna la tête et regarda par la vitre. De grands séquoias s'étendaient à perte de vues. En contrebas les maisons semblaient minuscules, encore plus petites que des maisons de poupées. Felicity savait qu'une fois au camping elle aimerait admirer les lumières de la ville depuis la montagne. Chaque fois, elle avait l'impression de voler, et le plus beau à ses yeux c'était le matin, lorsque la ville était en dessous des nuages et que le soleil se levait donnant l'illusion d'être dans un autre monde, une autre terre.

C'était magique, magnifique, reposant, et c'était pour cette raison aussi qu'elle ne pouvait pas ne pas se rendre au camping. C'était un moyen pour elle de s'évader de son quotidien, de voir autre chose et passer un moment avec ses pseudos amis. Elle n'était plus vraiment certaine d'en avoir encore, mais le temps d'un week-end, elle prétendait que c'était le cas. Une pause avant de repartir dans sa vie qu'elle détestait plus que tous ces dernières années.

Oliver serra fortement le volant en entendant le mot qu'elle venait de prononcer. D'où sortait-elle ça ? Pourquoi pensait-elle ça ? Jamais il ne lui avait donné l'occasion de la faire se sentir ainsi. Il ne se le serait pas permis. Il avait fait des erreurs, mais jamais une de celle-là. Et pourtant elle semblait le croire. Il vit une aire de chaînage à quelques mètres devant lui et s'y arrêta. Ils devaient s'expliquer avant d'arriver au camping, mais ils ne pouvaient pas le faire en conduisant. Il savait qu'il y aurait probablement des cris et il ne voulait pas être plus déstabilisé qu'il ne l'était à ce moment même.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Je crois que nous devons parler.

Il maîtrisa sa voix afin de ne pas crier. L'arrêt n'avait pas réveillé Lucas et c'était mieux ainsi.

-Je n'en ai pas envie.

-Mais moi si. J'ai besoin de savoir pourquoi tu t'es sentie de la sorte alors s'il te plaît, viens marcher avec moi.

-Non. Lucas est là.

-Il dort et je te promets qu'il ne lui arrivera rien. S'il te plaît Felicity. J'ai besoin de savoir.

Elle capitula. Elle ouvrit la porte et descendit du SUV. Elle s'en éloigna un peu et s'appuya contre un séquoia, croisant les bras. Elle n'avait aucunement envie de parler de ça, et elle se maudissait d'avoir ouvert sa bouche. Mais c'était sorti tout seul, elle l'avait pensé et prononcé à haute voix, chose qui lui arrivait très souvent à son grand regret car ça lui causait souvent des problèmes.

Oliver la rejoignit après avoir verrouillé la voiture. Lucas n'aurait pas chaud, il faisait bien plus frais dans les hauteurs qu'en ville. Il était proche d'elle mais lui laissa quand même de l'espace. Il savait qu'elle en avait besoin et ce n'était pas le moment de la pousser encore plus à bout qu'elle ne l'était déjà. Mais il avait besoin de savoir où il avait encore merdé, et elle seule pouvait lui dire après l'énorme bombe qu'elle venait de jeter entre eux. Le pire c'est qu'il était sûr qu'elle n'avait pas eu envie de lui dire, mais comme souvent elle avait pensé tout haut. Il croisa les bras à son tour et attendit qu'elle prenne la parole, mais rien ne vînt si ce n'est le bourdonnement de son téléphone qu'elle sortit de sa poche.

-C'est John.

Les battements de son cœur tambourinèrent dans sa poitrine. Que voulait-il ? Mia allait-elle bien ?

-Hé John ?

-Maman c'est moi. Tu arrives bientôt ?

-Oui chérie nous sommes en chemin. Est-ce que tout va bien Mia ?

-Je... je ne sais pas trop maman. J'ai besoin de te parler. Dans combien de temps tu seras là ?

Felicity regarda autour d'elle, mais rien ne lui indiquait où elle se trouvait.

-Je ne sais pas. Mais je vais faire au plus vite d'accord ?

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

Oliver s'était approché de sa femme et entendit à la voix de Mia que quelque chose clochait.

-Papa est avec toi ?

-Oui... c'est une longue histoire chérie. Nous arrivons rapidement d'accord ?

Le couple se dirigea vers la voiture. Oliver démarra la voiture dès que Felicity ferma sa porte et s'engagea sur la route avant même qu'elle n'ait attaché sa ceinture de sécurité.

-Le GPS indique qu'il nous reste dix petites minutes. Est-ce que ça ira jusque-là Mia ?

-Oui... je pense maman... À tout de suite.

Felicity attacha machinalement sa ceinture tout en contemplant l'écran de son téléphone. L'inquiétude la gagna. Mia n'avait rien dit, mais Felicity avait pu entendre qu'elle retenait ses larmes. Elle était certaine qu'elle n'était pas blessée sinon elle aurait eu à faire à John.

-Est-ce qu'elle va bien ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

-Rien... elle n'a rien dit. Mais elle semblait triste. Qu'est-ce qui a pu la mettre dans cet état ?

-Une dispute sûrement. Tu sais comment sont les gamins non ? Surtout les filles.

-Elles ont quoi les filles ?

-Hé chaton tu es réveillé ? Tu as bien dormi ?

-Oui... On arrive bientôt ? Et elles ont quoi les filles ?

-Elles se chamaillent pour pas grande chose champion.

-Oh ça c'est bien vrai.

Lucas rit. Il détestait le comportement des filles notamment lorsqu'elles étaient super amies et que la minute d'après elles se détestaient pour redevenir meilleures amies dans la foulée. Il ne comprenait pas qu'elles puissent agir de la sorte. Les relations entre les garçons étaient plus faciles, réglant leur différents d'une manière totalement contraire à la leur, mais bien plus efficace selon Lucas. Ceci dit il ne s'était jamais bagarré et n'avait aucune envie de tenter l'expérience. Il n'était pas un dur à cuire et préférait éviter les situations délicates.

-Oh c'est le camping. Super génial.

Oliver se gara sur l'une des places disponibles et alla s'identifier à l'entrée avec Felicity et Lucas. Le gérant du camping leur demanda de presser leurs doigts sur le scanner digital, puis les autorisa ensuite à entrer. Cette étape était obligatoire. Elle était utilisée dans chacun des lieux de Starling. Avant d'entrer dans un magasin chaque client devait presser son majeur sur le scanner avant que la porte de celui-ci ne s'ouvre. Pour ce qui était des écoles, c'était la même chose, sauf que les enfants passaient en plus dans un portique de détecteur à métaux.

Oliver ne rigolait vraiment pas avec la sécurité de ses habitants. Chaque étranger devait se recenser sur le site du camping et demander un accès auprès de la mairie avant d'entrer en ville facilitant ainsi la gestion des étrangers et pouvant ainsi se concentrer sur ceux y entrant de façon presque illégale. Leurs profils étaient analysés et ils recevaient une réponse dans les trois jours pour savoir si oui ou non ils pouvaient entrer. Si c'était positif ils étaient inscrits dans la base de données du serveur Xxcity, et ainsi la police n'avait pas à les poursuivre. Oliver avait pensé que personne ne jouerait le jeu, mais à sa grande surprise ça fonctionnait plutôt bien. Évidemment il y avait quelques récalcitrants, mais ça n'était rien en comparaison du nombre de touristes que Starling accueillait chaque année.

Ils empruntèrent le chemin qui les mèneraient au fond du camping. Dan le père de Lara réservait chaque année les deux terrains se situant à côté de l'air de jeux, des sanitaires, de la piscine chauffée et de l'accès aux autres activités, comme le kayak sur le lac, la pêche et bien d'autres choses. Mr Blues le gérant du camping était habitué. Après tout ça faisait maintenant 6 ans que la famille de Lara réservait.

Felicity descendit de voiture avant même qu'Oliver n'ait éteint le moteur, Mia se dirigeant déjà vers elle. Elle courut dans les bras de sa mère et s'y réfugia. Elle posa sa tête contre sa poitrine et Felicity sentit les larmes de sa fille percer son tee-shirt. Elle pleurait silencieusement.

-Mia, qu'est-ce qui se passe ?

Mia renifla. Elle ne releva pas la tête.

-C'est Connor. Il... Il a une copine... et je ne veux pas... je veux être la seule fille dans son cœur maman. Ça fait trop mal.

Felicity la serra contre elle et frotta son dos d'un geste apaisant. Elle ne savait pas vraiment comment la consoler. Elle ne savait même pas que Mia avait de quelconques sentiments, hormis une solide amitié pour Connor. Elle n'avait que onze ans, c'était trop jeune pour être amoureuse. Mais qu'est-ce que Felicity en savait ? Elle n'avait eu aucun ami à l'âge de Mia. Personne ne lui parlait, elle était même plutôt la risée de l'école qu'elle fréquentait et se sentait totalement en marge des autres enfants. Sa passion pour les ordinateurs et sa maturité lui avaient porté préjudice. Lorsqu'elle s'était rendue compte que Mia était très mature, elle avait eu peur que sa petite fille vive la même situation, mais heureusement pour elle, Mia était aimée et appréciée de tous.

-Chérie. Ça ne changera rien entre vous. Je veux dire que tu es sa meilleure amie et le restera.

-Bien sûr que ça va changer maman. C'est déjà le cas. Il... il ne m'a parlé que d'elle et je la déteste rien que pour ça. Il ne m'a pas dit que je lui avais manqué alors qu'on ne s'est pas vu depuis deux semaines, ni même parlé.

Oliver était un peu retrait écoutant la conversation des filles et il avait très envie d'avoir une discussion avec Connor qui avait blessé sa petite fille, mais c'était absurde, il le savait. Il n'allait quand même pas attraper ce pauvre gamin par le col et le forcer à quitter une fille qu'Oliver savait n'être qu'une amourette de passage. Connor avait quatorze ans et devait faire ses propres expériences. Contrairement à sa femme, Oliver avait vu que Mia développait des sentiments autres qu'amicaux envers le jeune homme. Elle grandissait, c'était normal, même s'il détestait l'admettre.

-Du coup je ne lui ai pas offert son cadeau.

-Mia. Je pense que tu devrais vraiment discuter avec Connor de ce que tu ressens. Je ne peux pas vraiment t'aider et tu sais que parler avec lui est ce qu'il y a de mieux à faire. Connor est un garçon intelligent qui sera te rassurer.

-Mais je n'ai pas envie de lui parler maman. Je ne veux pas l'entendre me dire qu'il ne veut plus où ne peut plus être mon ami.

-Mais pourquoi voudrais-tu qu'il ne soit plus ami avec toi ? Il a juste une petite amie.

Ça sonnait bizarre dans la bouche de Felicity. Mia haussa les épaules ne sachant quoi répondre. Elle avait détesté chaque moment dans la voiture. Elle s'était assise entre Sarah et Connor et elle avait de suite sentie que quelque chose n'allait pas, que les choses étaient différentes. Connor ne l'avait pas serrée contre lui et ne l'avait pas câlinée comme il avait l'habitude de le faire. Elle avait mis ça sur le compte de la présence parentale à l'avant du véhicule bien que John et Lila étaient habitués à leurs élans affectifs.

Connor avait regardé par la fenêtre un moment avant de se tourner vers elle et lui chuchoter à l'oreille qu'il avait une petite amie. Après ça, il avait sorti son téléphone et lui avait montré des photos d'eux. Mia avait refoulé ses larmes. Elle s'était sentie trahie par Connor, ce qui était insensé étant donné qu'ils n'étaient qu'amis. Mais elle l'aimait beaucoup, et elle avait senti qu'elle le perdait. Durant l'heure et demie de trajet, elle n'avait entendu que ses histoires avec Chelsea. Elle n'avait écouté que d'une oreille. Elle aurait aimé partager avec lui ses vacances, et ce qu'il s'était passé depuis son retour, notamment la séparation de ses parents. Elle n'en avait parlé à personne, mais elle savait que Connor l'écouterait. Elle s'était trompée, et elle était déçue.

-Mais parce qu'il s'en fiche de moi maintenant maman. Je... je veux rentrer.

-Quoi ? Mais enfin Mia tu as tes autres amis. Nous ne sommes pas venus pour Connor mais pour Lara. C'est son anniversaire et je pense qu'elle sera déçue si tu lui fais faux bond.

-Et moi je ne veux pas partir. En plus papa est là Mia, il est venu comme il a promis de le faire. On s'en fiche de Connor. Il est nul. Allez viens on va s'amuser.

Mia sourit à son petit frère. Elle l'aimait inconditionnellement, et détestait le décevoir. Lucas avait raison, Connor ne méritait pas qu'elle manque l'anniversaire de Lara et toutes les aventures qui les attendaient. Elle ébouriffa ses cheveux et le serra contre elle.

-Alors ce match ?

-J'ai mis six buts. Mais je te raconterai plus tard. La tyrolienne m'attend.

Et ils partirent ensemble bras dessus, bras dessous, en direction de la plaine de jeux laissant Felicity et Oliver comme deux idiots.

-Hé bien on peut dire que son frère a réussi à détourner son attention.

-Oui. La prochaine fois on laissera Lucas gérer les peines de cœur de notre fille. Il semble bien meilleur que nous à ça.

Ils rirent de leurs analyses.

-Felicity.

-Pas maintenant Oliver, d'accord. Je... je veux passer un bon week-end. Je ne veux pas parler de nos problèmes.

-Alors quand ? Ce que tu m'as balancé plus tôt me trotte dans la tête. Je n'ai pas eu l'impression de t'avoir manqué de respect de ce côté-là..

-Hé bien si tu n'en as pas eu l'impression tant mieux.

Elle tourna les talons et alla rejoindre le groupe d'adultes qui s'affairaient à monter les tentes.

-Felicity te voilà enfin.

Gabrielle s'avança vers elle et la serra dans ses bras.

-Bon dieu ce que tu m'as manquée. Ça fait des mois qu'on ne s'est pas vue. Où étais-tu passé ? Tu as maigri non ? Et tu es cernée ! Tu vas bien, tu n'es pas malade au moins ?

-Je ne suis pas malade, juste fatiguée.

Elle salua ensuite Dan, ignorant les autres questions.

-Oliver bon sang tu es enfin là. Je n'y croyais pas tu sais quand Lara m'a dit que tu viendrais.

Gabrielle se tourna vers Felicity.

-Qu'est-ce que tu lui as promis pour qu'il daigne enfin sortir de son bureau deux ans après s'y être terré ?

-Absolument rien.

Felicity sourit à son amie puis salua les autres convives. Stella, la maman des jumelles Candace et Krystal. Stella avait perdu tragiquement son mari d'une rupture d'anévrisme la laissant seule avec ses petites princesses qui n'avait que six ans à l'époque. Depuis elle s'était remariée avec Rhys qui était un excellent beau-père pour les jumelles.

Ensuite elle salua Jason et Jay, un couple gay qui avaient quant à eux adopté deux enfants sur le continent asiatique. Jia-Li qui avait douze ans et Tenshi leur petit garçon qui allait fêter ses quatre ans.

Puis la famille W comme se plaisait à les appeler Felicity. Wesley le père, Wendy la mère et les enfants William, Willow et Willa pour leurs trois enfants. Et pour finir elle finit enserrée dans les bras de Dig avant d'être enlacée par Lila.

Oliver fit le tour également des personnes présentes et fût accueillit comme s'il n'avait jamais manqué un rendez-vous. Ça lui fit du bien de se sentir entouré de la sorte alors qu'il n'avait fait aucun effort pour revoir cette bande de joyeux lurons depuis des lustres. Pourtant il les appréciait tous autant qu'ils étaient, et à ce moment il s'aperçut qu'il était passé à côté de beaucoup de bons moments, que ce soit avec sa famille où ses amis.

Après les salutations, Oliver déchargea le coffre avec l'aide des papas venus l'aider. Ils déballèrent la nouvelle tente que Felicity était allée acheter avec les enfants et la montèrent.

-Franchement Queen, c'est vachement pratique ce système de montage. Une tente à gonfler. Je pense investir. Ça prend quatre fois moins de temps que de monter une tente classique. Très bon choix.

Oliver regarda la tente qui avait fière allure. Ils ne leurs avaient fallu qu'une demi-heure pour la monter. Ils leur avaient suffi de gonfler les quatre boudins qui servaient à dresser et tenir la tente en hauteur, puis de tendre les ficelles et les arrimer correctement au sol avec des sardines.

-Honnêtement les gars je n'y suis pour rien. C'est Felicity qui est allée l'acheter.

Il n'allait pas s'accorder les mérites. De plus il avait été aussi surpris qu'eux lorsqu'il avait vu que la tente n'avait pas d'arceaux comme toutes les autres. Une fois que tout fût en place pour tout le monde, les papas se mirent à cuire la viande au barbecue tandis que les femmes coupaient des morceaux de pains et disposaient les diverses salades sur la table. Le dîner s'était passé sur le ton de la bonne humeur et des rires des enfants. Même Mia semblait s'amuser, bien qu'elle n'eût pas adressé une seule fois la parole à Connor lors du repas, ni même lorsque Lara avait soufflé ses bougies.

Elle était vraiment très en colère contre le jeune homme qui semblait totalement dépassé par la situation. Il s'était installé à ses côtés, mais elle avait changé de place avec Lucas sans rien lui dire ce qui avait suscité de l'intérêt chez Dig qui avait demandé à Felicity si elle savait ce qu'il se passait entre eux. Elle lui avait alors rapporté les craintes de sa fille et Dig avait levé les yeux au ciel se doutant que rien de ce que pensait Mia n'était avéré. Mais tout comme les Queen, il laisserait les enfants vivre leurs propres expériences et apprendre de leurs erreurs. C'était ainsi qu'on avançait et qu'on grandissait.

Oliver était assis avec les papas buvant sa bière tandis que les femmes étaient entre elles, buvant et discutant également. Il se redressa sur sa chilienne et chercha sa femme du regard mais ne la vit pas parmi les autres. Il se demanda où elle pouvait bien être. Depuis la discussion qu'ils avaient eue, ils ne s'étaient pas adressés la parole. Personne n'avait relevé, tout le monde était très occupé par l'organisation et si les souvenirs de Oliver était bon, c'était ainsi chaque année. Les papas d'un côté, les mamans de l'autre, et les enfants jouant, venant de temps en temps se plaindre de l'un ou l'autre avant de repartir s'éclater sur les jeux.

Ce fût quand les enfants revinrent de la plaine afin de se coucher qu'il s'inquiéta vraiment de ne pas la voir. Les autres mamans s'occupaient de leur progéniture mais ses enfants semblaient seuls. Il se leva et les rejoignit à la tente.

-Où est maman ?

-Oh elle est sûrement à son spot favori. Tu sais celui un peu plus haut. Là où elle peut admirer Starling depuis les sommets. Elle fait ça chaque année papa.

-Ok et... elle vous laisse vous débrouiller seuls ?

-Hé bien oui. On est plus des bébés. Oh, avec qui tu veux dormir ? Lucas où moi ? Maman nous a dit de choisir mais peut-être que tu as une préférence !

-Oh, euh... non Mia, qu'importe ce sera bien.

-Ok, alors dans ce cas, ce sera Lucas et moi. On va laisser maman se reposer. Par contre attend-toi à ne pas avoir beaucoup de place.

Elle rit puis poussa son père en dehors de la tente.

-Allez papa va t'amuser. Profite de ta soirée. On se débrouille. Pas vrai Lucas ?

Son petit frère acquiesça. C'était la première fois que Felicity les laissait se débrouiller seuls mais elle leur avait donné les consignes à suivre, et elle savait qu'elle pouvait faire confiance à Mia pour que le coucher se déroule sans incident.

Mia aida son petit frère à passer son pyjama, puis elle l'installa dans son sac de couchage. Elle vérifia qu'il était bien emmitouflé, puis elle ferma la fermeture. Ensuite elle prit son matelas gonflable qui était dans la seconde chambre et le glissa dans la chambre de son père. Elle se changea puis s'installa à son tour dans son duvet. Elle raconta une histoire à Lucas pour l'aider à s'endormir puis elle s'endormit à son tour, épuisée par sa journée.

Oliver remonta le petit chemin qui le mènerait à Felicity. Il la trouva exactement là ou Mia l'avait orienté. Elle était assise, un plaid posé sur ses épaules, les genoux remontés contre sa poitrine, son menton posé dessus. Elle contemplait la vue en contrebas. Les lumières de la ville qui d'ici semblaient briller de mille feux. Oliver s'avança et s'assit près d'elle. Elle tourna la tête vers lui avant de reporter son attention sur la vue qui s'étalait devant elle.

Ils restèrent un moment sans rien dire, regardant les immeubles plonger dans l'obscurité à mesure que leurs habitants coupaient les lumières. Bientôt il ne restait plus que quelques lumières qui brillaient encore, celles des bars, des discothèques, des couches tard, et le phare qui éclairait la baie de Starling.

Oliver avisa sa montre connectée. Il était pas loin de minuit. Il allait se lever afin de laisser l'intimité que sa femme était venue chercher en s'installant ici, mais elle interrompit son prochain mouvement.

-J'avais vraiment l'impression d'être traitée de la sorte tu sais. Tu... entrais dans la chambre, tu te déshabillais puis tu te collais contre mon dos. Tu me touchais un peu, me caressais les seins et quand j'émettais des bruits d'excitation tu te glissais en moi et... et tu faisais ton affaire puis tu m'embrassais l'épaule, allais te rafraîchir et repartais travailler.

Oliver l'écoutait. C'était vrai, il lui faisait l'amour de cette façon, pas forcément parce qu'il aimait le faire ainsi mais il n'avait pas le temps de s'éterniser. Il pensait que le fait qu'elle ait un orgasme était suffisant. Qu'elle était aussi satisfaite que lui. Elle ne s'était jamais plainte après tout, alors il avait pensé que ça lui convenait.

-Ok... mais Felicity tu prenais du plaisir aussi. Je l'ai ressenti.

-Ça n'empêche pas que je me sentais de la sorte, parce que quelque part c'était ce que j'étais.

-Non ! Non, ça n'était pas ce que tu n'étais, ni même ce que tu es. Putain Felicity je t'aime. Jamais je n'ai eu l'intention de te faire te sentir ainsi et je suis... je ne sais même pas comment je me sens face à tes mots.

Le silence se fit après ces quelques phrases échangées. Lui ne savait comment s'en sortir avec ça et Felicity était profondément blessée par ses actes.

Plus tôt, Dig lui avait dit qu'il devait lui parler, qu'il ne devait pas laisser le fossé qui les séparer se creuser plus qu'il ne l'était déjà, que ça les mènerait à leurs pertes. Après cette révélation, Oliver se demandait s'il ne l'avait pas déjà perdue. Elle se leva et le quitta, le laissant seul avec ses pensées et ses regrets.

Il se coucha trente minutes après son départ. Il s'allongea entre ses enfants, les embrassa sur le sommet de leur tête et attendit que le sommeil le gagne. Il se réveilla quelques heures plus tard alors qu'un orage éclatait au-dessus de leurs têtes. Depuis quand tonnait-il ? Il regarda ses enfants qui dormait à point fermé puis il sortit de son sac de couchage et dézippa doucement la fermeture éclair de leur chambre. Il se glissa en dehors puis referma avec précaution avant d'ouvrir la chambre de Felicity. Sa femme était en boule, les mains sur les oreilles afin de ne pas entendre l'orage. Elle était terrorisée et à la minute où Oliver avait ouvert les yeux, il n'avait pas réfléchi.

Il savait que sa femme était terrifiée par l'orage. C'était le cas depuis qu'elle était enfant et elle n'avait jamais surmonté sa peur. Il s'allongea contre son flanc et la serra dans ses bras afin de lui donner un peu de réconfort. Elle ne le repoussa pas, au contraire elle s'agrippa à son tee-shirt, tremblant entre ses bras. À chaque coup de tonnerre elle tremblait un peu plus fort et lui, il resserrait sa prise sur elle pour lui apporter du soutient.

-Ça va aller Felicity. Je suis là. Tu n'es pas seule chérie.

Il frictionna son dos et posa des baisers dans ses cheveux. Il la réconfortait et ça lui faisait un bien fou de l'avoir dans ses bras même s'il savait que ça ne voulait rien dire, que rien n'était arrangé entre eux. Il était là pour elle et pour le moment c'était tout ce qui comptait.

L'orage dura une bonne heure avant qu'une pluie diluvienne ne s'abatte sur leur tente. Au loin Oliver entendit un papa crier que leur tente prenait l'eau.

-Je vais aller voir. Est-ce que ça va aller si je te laisse seule ? L'orage est parti maintenant.

-Oui... je crois. Merci d'être venu.

-Tu n'as pas à me remercier. Je sais que je n'ai pas été un bon mari, mais Felicity je serai toujours là pour toi. Pour n'importe quoi. Et je suis... désolé ça me paraît tellement petit ce mot quand je vois tout le mal que je t'ai fait. Bref je vais me reprendre et je vais te montrer que l'homme que tu as aimé est toujours là. Il faut juste que je le retrouve.

-Je... je t'aime toujours tu sais.

Elle serra sa main entre les siennes et lui fit un petit sourire emplit de tristesse.

-C'est juste que... que je ne peux pas continuer cette vie qu'on menait. C'est impossible Oliver.

-Je le sais Felicity. Je l'ai compris. Il me faudra du temps. Il nous en faudra, mais je te promets que la flamme qui existait entre nous brillera de nouveau de toute sa splendeur. Je ne la laisserais pas s'éteindre. Je vais raviver les flammes de notre amour.

Et avec ses belles paroles, il sortit de la tente pour venir en aide à Wesley. Il rapatria les matelas gonflables de Willow et Willa dans la chambre de Felicity après qu'elle eut donné son accord. Puis Dig accueillit William et Wesley alors que Wendy atterrit dans la tente de Lara.

Au petit matin, ils durent remballer leurs équipements sous la pluie que ne cessait de tomber. Leur week-end camping c'était terminé plus tôt que prévu à cause de la météo, mais Oliver n'était pas mécontent d'y être allé. Il avait passé un bon moment et plus que tout il avait réussi à discuter un peu avec sa femme.

Un petit espoir pour notre couple préféré !

Lâché vos reviews si ce chapitre vous a plu et même si ce n'est pas le cas. La critique est toujours bonne à prendre si elle est constructive.

Pour Elisa, la suite ce week end.