Partie 2 : La ville du Lac
Chapitre 11 : Enfin à la Ville du Lac
Le soleil était haut dans le ciel. Sur son cheval, à vive allure, Aghäte apercevait au loin la Ville du Lac. Après des jours passés tantôt sous la chaleur tantôt sous une pluie torrentielle, elle arrivait bientôt à l'endroit qu'elle souhaitait. Le voyage, qui avait duré plusieurs semaines, l'avait relativement épuisé. Le temps d'arriver aux portes de la ville, la nuit commençait à se ressentir.
Au moment d'entrer, elle dut se présenter. Prouvant qu'elle était une semi-elfe de la Forêt Noire, les gardes la laissèrent passer sans rechigner, trop effrayés à l'idée de se mettre des elfes à dos. Elle chercha une auberge où elle pourrait y laisser son cheval. Une habitante lui conseilla une grande auberge à l'entrée de la ville.
Contrairement aux auberges par lesquelles Aghäte était passée lors de sa traversée, celle qu'elle avait en face d'elle semblait assez calme. Elle déposa son cheval à l'écurie collée à l'auberge, puis elle entra dans le bâtiment principal. Quelques hommes étaient assis à des tables à boire de la bière. Il y avait aussi un groupe de jeunes hommes et femmes discutant et s'amusant autour d'un bon repas. Aghäte s'avança au comptoir.
- Bonsoir, monsieur. Avez-vous une chambre de libre pour plusieurs jours ?
- Bonsoir, mademoiselle ! Bien sûr que nous avons de la place. Très peu de voyageurs viennent dans notre ville. Tenez, voici la clef de la chambre au premier étage - au fond du couloir.
- Je vous remercie ! Je dépose mes affaires et j'aurais besoin d'un bon dîner. Vous auriez cela pour moi ?
- Évidemment ! La cuisinière va vous préparer ça immédiatement !
La semi-humaine déposa ses affaires puis revint prendre son dîner. En regardant les habitants dans l'auberge, elle se disait qu'ils avaient l'air plus pauvres que la dernière fois qu'elle était venue. En mangeant, elle se rappela de Fondcombe.
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Le jour du départ soudain des nains, Aghäte s'était levée tard. Elle avait rangé et nettoyé la salle de la cuisine. Une fois ses affaires prêtes pour son départ, elle alla remercier le Seigneur Elrond pour son hospitalité et sa patience à l'accueillir. Il lui apprit que les nains étaient partis tôt dans la matinée et elle prit un visage surpris.
Le seigneur de Fondcombe avait su dès le début la raison pour laquelle Aghäte était venue étudier dans sa bibliothèque. Il ne se pensait pas un instant que la semi-elfe se mettrait réellement à combattre le dragon. Mais avec la venue des nains et sa décision de partir, il commençait à s'inquiéter. Avant qu'elle ne parte, il lui dit de faire très attention à elle avec un sourire inquiet mais chaleureux.
Une fois qu'elle eut fini d'exprimer ses au-revoir à ceux qu'elle connaissait, Aghäte chevaucha le cheval que son père lui avait offert et débuta son voyage.
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Après un voyage long mais sans avoir eu besoin de se battre contre qui ou quoi que ce soit, Aghäte se retrouvait à dîner dans l'auberge d'une ville où elle n'avait pas mis les pieds depuis plusieurs dizaines d'années. Elle avait terriblement envie d'aller la visiter mais la nuit étant tombée, il valait mieux aller se coucher.
Tôt le lendemain, Aghäte prit son petit déjeuner. En sortant dehors, elle découvrit un temps brumeux. Elle décida quand même de visiter la ville. Plus elle s'y aventurait, plus elle était choquée de l'état de la ville. L'odeur du poisson, l'humidité, la pauvreté des gens et donc de l'environnement, la peur des gens quand des gardes passaient… Aghäte ne savait pas ce qui était le pire dans cette ville. Ah si ! Surement le Maître de la ville et Alfrid, son serviteur, qu'elle avait vu et entendu de loin dans la journée. Elle aurait surement besoin de leur parler un jour mais le plus tard sera le mieux !
Entourée de montagnes, le soleil se couchait relativement vite dans cette ville. La semi-humaine retourna prendre son dîner à l'auberge.
Les jours suivants, Aghäte marcha dans la ville pour essayer de trouver quelqu'un qui pourrait la renseigner sur les informations qu'elle avait entendu de l'homme de Bree ; à savoir que quelqu'un possédait encore une flèche noire, celle qui pouvait tuer un dragon.
Elle devait se faire discrète. Elle ne pouvait pas dire aux habitants qu'elle cherchait une flèche pour tuer le dragon qui dormait juste à côté d'eux. Elle cherchait des informations sur la place du marché ou dans des auberges dont il y avait le moins de gardes.
« Heureusement que les nains ne sont pas avec moi. La discrétion n'est pas leur fort », riait Aghäte intérieurement en pensant à la compagnie de Thorin, avec une pointe de nostalgie. Elle s'était plus attachée à eux qu'elle ne le pensait.
Perdue dans ses pensées, Aghäte ne vit pas la personne qui avançait en face d'elle dans la petite ruelle. Ils se bousculèrent et la personne fit tomber tout ce qu'il avait dans les mains. Tous les deux se baissèrent pour ramasser.
- Excusez-moi ! J'étais perdue dans mes pensées et je ne regardais pas où j'allais.
- Je suis désolé, c'est de ma faute aussi. J'ai les bras tellement chargés que je ne voyais pas où j'avançais.
Ils se relevèrent en même temps et Aghäte put voir le visage de celui qu'elle avait bousculer. Il s'agissait d'un jeune garçon, habillé simplement comme la plupart des habitants. Il semblait gêné d'avoir bousculer la jeune femme.
- Voulez-vous que je vous aide à transporter une partie jusqu'à chez vous ?
- Vraiment ? Oh merci beaucoup !
Le jeune garçon ne se fit pas prier et sauta sur l'occasion. Pendant le chemin jusqu'à leur maison, le jeune lui apprit qu'il s'appelait Bain et que sa sœur lui avait demandé d'aller acheter de la nourriture au marché. Il se plaignait de sa grande sœur qui lui donnait tout le temps des ordres et de sa petite sœur qui ne faisait rien. Aghäte riait à ses plaintes ; des plaintes d'humains ordinaires qui lui rappelait son enfance avec sa mère. À peine arrivée devant la maison qui se trouvait en haut d'un escalier, Aghäte vit la porte s'ouvrir en laissant sortir une jeune femme qui rouspétait.
- Bain, tu en as mis du temps ! Il est presque l'heure de-, gronda-t-elle jusqu'à ce qu'elle voit Aghäte.
- Tu as vu tout ce que tu m'as fait acheter aussi ! Heureusement qu'on m'a aidé à tout porter !, se plaignait-il.
- Excusez-moi, mon frère est un idiot sans aucune galanterie… On ne fait pas porter tout ça à un femme, imbécile !, lui dit-elle en le frappant sur le haut de la tête.
- Ce n'est rien. Par ma faute, je l'ai bousculé et tout est tombé. Et ne vous inquiétez pas, je suis plus costaude que j'en ai l'air, rit Aghäte en montant les escaliers.
La grande sœur de Bain aida Aghäte et la fit entrer dans la maison pour déposer ce qu'elle portait. Elle lui proposa de rester manger pour la remercier mais Aghäte refusa prétextant qu'elle avait à faire. En vérité, elle avait bien envie de rester car l'ambiance de cette famille lui semblait agréable mais elle ne voulait pas manger le peu de nourriture qu'il pouvait se payer.
Avant de partir, la semi-humaine discuta un peu avec la jeune famille. Elle apprit que leur père travaillait comme batelier ainsi que la grande sœur s'appelait Sigrid et la petite Tilda. Si Sigrid n'avait pas demandé à Tilda d'aller se laver les mains avant de déjeuner pour la faire taire, Aghäte aurait pu rester des jours.
