Bonjour, Bonsoir. Le nom du chapitre, « Initiative », est un terme utiliser aux échecs qui consiste à enchainer les attaques pour mettre son adversaire sur la défensive. Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 14 : Initiative
Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis la réunion des Seigneurs et Jellal avait affermi ses positions depuis. D'une part avec le traité d'alliance entre Edolas et Zendor, mais aussi par la stabilité du gouvernement. En effet, les conseillers du Roi étaient devenus infaillibles dans leur tâche et menaient leurs activités avec beaucoup de rigueurs et de professionnalismes. Mais d'autant plus, les hautes instances d'Edolas détenaient une confiance et une affinité entre eux quasi-immuable. L'armée en entier marchait d'une même voix, sous le commandement de ses supérieurs sérieux et efficaces. Les duos commandants/seconds fonctionnaient parfaitement et avaient construits une relation stable et complice. Mais il existait une chose dans le royaume d'Edolas qui n'avait pas changé. Et à vrai dire tout le monde était persuadé qu'elle ne changerait jamais.
Grey était dans la salle dédiée aux repas. Il prenait son petit déjeuner en compagnie des commandants et de leurs seconds. Même Zeref était présent – celui-ci s'étant installé pour une nuit dans l'aile leur étant réservée – alors que Jellal s'était levé plutôt et avait donc mangé avant eux.
-Bon voilà ce que je sais. Ils sont neuf, si j'ai bien compris, ils ne sont pas tous soldats. C'est étrange, mais c'est ce que j'ai pu deviner en menant mon enquête. Je sais aussi que Jellal leur a désigné un chef, malheureusement je ne connais que son surnom, Shadow. Je sais qu'il existe aussi Iron et Sky. Jellal leur fait énormément confiance. C'est fou comme j'ai l'impression qu'ils vivent quelque chose d'incroyable entre eux. Comme si leurs vies étaient liées d'une manière que nous ne pouvons percevoir, commença Grey sur le ton de la confidence.
-Quoi, c'est tout ? C'est tout ce que La commère d'Edolas a pu trouver ? Se moqua Cobra en retournant à ses céréales.
-On ne le dirait pas comme ça, mais c'est déjà énorme. Ces informations sont les plus protégées du royaume. Estimez-vous heureux que je sois si bien renseigné, se renfrogna le conseiller du Roi.
-Mais oui, mais oui Grey. Tu as raison nous sommes ingrats. Mais évites de répandre ça ailleurs qu'entre nous. Je pense que le Roi n'apprécierait pas trop que son unité secrète ne le soit plus à cause de son conseiller, le prévint Juvia.
-Je sais me taire un minimum tout de même ! S'affola Grey.
Les autres le dévisagèrent lui faisant comprendre leur point de vue sur ses dires. Il soupira alors et se leva de table pour rejoindre Jellal, provoquant ainsi un esclaffement des seconds et des commandants.
*…*
La nuit n'était pas très fraiche mais une brise légère se levait régulièrement permettant à ceux qui profitaient de l'obscurité de se rafraîchir.
Erza se trouvait sur la terrasse d'une des cours du château, elle était assise sur la rambarde en pierre et lisait un livre. C'était devenu un rituel pour elle, de se trouver à cet endroit la nuit. La commandante appréciait le calme du soir mais surtout la vue sur l'une des parties des jardins. Il lui arrivait de s'attarder sur le Chêne Ange qui pouvait compter sur la lumière de la lune pour l'embellir. Et lorsqu'elle se mettait à admirer ce trésor de la nature, un spectacle habituel se présentait sous ses yeux. En effet, le Roi d'Edolas avait pris l'habitude de se promener dans les jardins le soir. Comme elle, il appréciait tout particulièrement ce moment de solitude dans ce silence total. Erza le suivait des yeux, celui-ci arpentait les jardins en sens inverse et semblait se diriger vers le château. Elle reprit sa lecture lorsqu'elle ne le vit plus.
Jellal avait monté la marche séparant le château des jardins, il observait le Chêne Ange qui se dresser fièrement dans les jardins autrefois entretenus par sa mère. Il se disait qu'il ne pourrait jamais trouver une telle beauté ailleurs et qu'Edolas était chanceux d'avoir une merveille pareille en son sein. Mais Jellal savait que ce n'était pas exacte. C'était lui le chanceux. Il savait qu'il était le seul privilégié et le seul pouvant profiter pleinement des richesses que contenait Edolas. Le Roi se tourna avec regret, vers ses appartements. Il prit l'escalier puis traversa l'une des cours intérieures et la vit.
-J'ai comme l'impression que nos escapades nocturnes sont devenues une vraie habitude, commença le souverain.
-C'est certainement le cas pour vous. De mon côté, cela fait un moment que je considère « nos escapades nocturnes » comme une habitude, rétorqua Erza neutre.
-Quoi qu'il en soit, j'espère pouvoir continuer un long moment.
-Considérez-vous comme un chanceux. Il est rare d'avoir autant de répit.
-J'en suis complètement conscient, plus que tu ne le penses. Surtout que demain, un autre conseil royal a été organisé. Cela ne m'a vraiment pas manqué, soupira Jellal.
-Je ne peux vous contredire sur ce sujet. Assurez-vous cette fois que Grey ne s'endorme pas.
-Je te laisse t'occuper de lui. Tu as toujours eu plus d'autorité sur lui que moi. Ha, c'est toujours aussi difficile de l'admettre. Jellal s'ébouriffa les cheveux en pestant sur cette évidence.
De son côté Erza s'attarda sur son souverain qui était, à cet instant, éclairé par les rayons de la lune. La commandante constata, avec beaucoup de difficulté, que le Roi en face d'elle était… be… beau, était beau. Elle en aurait soupiré s'il n'avait pas été là. Ce n'était pas la première fois. Elle le savait. Pourtant il ne faisait rien d'exceptionnel. Il travaillait consciencieusement. Prenait soin de ses sujets et de ceux qui travaillaient avec lui. Mais rien chez lui ne dégageait un charme particulier. Erza n'avait, d'ailleurs, remarqué qu'il était bel et bien un homme, simplement le jour où le Roi s'était mis torse nu lors d'un entraînement. Elle avait, alors, levé les deux sourcils, une première que Juvia ne s'était pas privée de lui faire remarquer. La rousse ferma les yeux un tout petit instant, balayant les pensées qu'elle n'assumait pas, puis dit :
-Je ne lui dirai rien.
-Quoi ? Mais pourquoi ? S'étonna le souverain.
-Parce que moi-même je n'ai pas envie qu'il s'endorme. Si je lui demande de rester éveillé c'est parce qu'il me divertit lors des réunions. S'il est réveillé je serai distraite et ça ne me plait pas.
Jellal se mit à rire après la révélation de sa commandante. Il ne se lasserait jamais de sa franchise piquante.
-Je vois, eh bien je m'en charge pour toi. Nous verrons bien qui sera le plus distrait chère commandante.
-Un défi ? Encore un Majesté ? Je croyais pourtant que vous aviez compris la leçon, sourit légèrement Erza.
-Je continuerai sois-en sur. J'aime beaucoup trop voir ta tête lorsque je te souffle.
-C'est surement dû à la rareté du moment.
Jellal se contenta de sourire. Il s'inclina légèrement puis reprit le chemin de ses appartements. Erza fit de même.
*…*
Ainsi donc la réunion débuta, comme toutes les autres, aux aurores. Chacun se maudissait intérieurement de ne pas avoir plus dormi. Et alors que Grey se mettait en position pour s'endormir, Jellal lui écrasa le pied sous la table. Le conseiller sursauta de douleur et cogna son genou. Il étouffa un juron et lança des regards noirs aux seconds et commandants masculins qui camouflaient leur rire. Mais même si Grey avait mis son petit grain de sel, rien ne semblait détendre l'atmosphère pesante. Erza l'avait remarqué, il y avait plus de nobles qu'à l'accoutumé. Le nombre de participants évoluait toujours lors des réunions royales, pourtant, en ce jour, la commandante était sûre que certains venaient pour la première fois. Elle préféra ne pas en parler au Roi et prit place à sa gauche.
-Toi aussi tu as dû remarquer, chuchota Juvia à l'oreille de la rousse.
Erza se tourna vers sa seconde avec surprise, elle avait un instinct terrifiant qui ne se trompait jamais. La commandante craignait le pire.
-Tu en penses quoi ?
-Je ne sais pas trop, ils ont l'air calme pour la plupart. Mon problème ici, c'est qu'ils sont justement trop calmes, à la limite sereins. Restons sur nos gardes, on ne sait jamais. Surtout que les deux bonhommes n'ont pas l'air de s'en être rendus compte. Juvia pointa de la tête le Roi et son conseiller avec un sourire.
Erza ne répondit pas, mais sourit tout de même. Elle se reprit lorsque la réunion commença.
Une heure était passée et Jellal se disait que les nobles avaient un don pour provoquer le sommeil. De ce fait, il s'était un peu affalé sur son siège. Lui, mais aussi Grey et les quelques membres de guildes présents. Mais bizarrement, les nobles n'avaient pas bougé d'un cheveu. Ils étaient restés droit, à l'affuts d'une chose invisible. Cependant, une intervention inattendue les figea. Ce fut aussi le cas du noble qui lisait, sans conviction, le rapport concernant la production de pommes de terre dans son comté depuis dix minutes. Le bruit à la porte avait même provoqué un sursaut aux autres membres de l'assemblée. La personne n'avait toqué que deux fois, dans un lapse de temps de trois secondes, mais qui parurent des heures pour ceux déjà présents dans la salle. Il entra enfin et déclara d'une manière calme et impériale :
-Bien le bonjour à vous, chers membres du conseil. Je suis profondément désolé pour mon retard irrespectueux. La route était bien longue de ma terre à la capitale, mais je tenais à me rendre à ce conseil en particulier. Il me tardait de découvrir comment le Roi d'Edolas se débrouillait pour gouverner, j'espère même être au première loge.
Jellal s'était figé, rejoignant ainsi les nobles. Alors Il était enfin venu. Le Roi comprit que son règne venait à peine de commencer, et que son adversaire le plus redoutable s'était dorénavant montré. Il se reprit et salua avec difficulté :
-Du… Duc Bastia.
-Ainsi donc vous me connaissez mon Seigneur, c'est un grand honneur pour moi. Je vous présente mes excuses une nouvelle fois, mon retard est inacceptable.
-Vous êtes tout pardonné. Il faut dire que la terre de Déliora est la plus éloignée d'ici. Il serait malvenu de ma part de vous en tenir rigueur.
-Très belle philosophie que voici. Je ne m'attendais pas à une telle générosité de la part du remplaçant de Faust. Toutefois, il est de coutume, qu'un Roi se tienne droit, même lors d'un conseil royal. De même pour son conseiller et les membres qui siègent à cette table privilégiée.
La remarque du Duc eut pour effet de faire que tout le monde se redresse. Même les nobles, qui se tenaient déjà aussi droit qu'une planche de bois, trouvèrent le moyen de se redresser davantage.
Erza observait minutieusement la situation depuis l'entrée du Duc. Et une gêne étrange s'empara d'elle, lorsqu'elle comprit que l'homme qui avait le plus d'autorité en cet instant était ce même Duc et non le Roi. Malheureusement, Erza ne pouvait nier qu'elle comprenait pourquoi. Le Duc Bastia, était un homme d'une allure royale, complémentaire avec son charisme fort et maitrisé. Il respirait l'intelligence et la maîtrise de soi. Mais surtout, le Duc semblait être le seul de la salle du conseil à savoir ce qu'il faisait ici. La commandante en était sûre, si la situation se révélait d'elle-même, le Duc serait un marionnettiste, et les membres du conseil ses marionnettes.
-Je…
Le Duc coupa Jellal sans gêne : -Ne vous en faites pas mon Seigneur, votre père se tenait aussi comme cela à ses débuts. Mais reprenez-vous vite, vous risquez de finir comme lui.
Bouche bée, il les avait tous laissé bouche bée par tant d'affront. Mais le pire, c'est que le Roi ne trouva rien d'autre à redire. Il le regarda sans ciller, mais renonça au combat en baissant les yeux. Grey ne pouvait y croire, il avait envie de dire ses quatre vérités à ce Duc de pacotille. Il n'était d'ailleurs pas le seul dans ce cas, car Cobra, Hughes et Juvia allaient intervenir. Mais Jellal fut plus rapide :
-Duc Bastia, vous êtes le bienvenu ici. Je vous en prie, installez-vous. J'espère que vous avez pour nous de bons conseils, nous qui manquons cruellement d'expérience.
Le Duc ne se fit pas prier et au lieu de s'asseoir sur la longueur de la grande table, il prit son siège et l'installa à l'autre bout de la table, en face de Jellal.
La réunion se poursuivit, et Jellal n'avait pas dit un mot. Seul le Duc Bastia attirait l'attention de tous avec son éloquence captivante et ses conseils avisés. Mais Jellal décida d'intervenir tout de même lorsque l'heure fut venue de faire une pause. Tous les nobles se levèrent et sortirent de la salle du conseil pour se dégourdir les jambes. Seuls restaient, le Roi et ses plus proches conseillers.
-Comment tu as pu le laisser te parler comme ça Jellal ! Tu es le Roi ! Et lui, il se pointe comme une fleur, en retard qui plus est, et te ridiculise sans scrupule ! S'énerva Grey.
Jellal ne répondit rien, alors Grey se leva brusquement et tapant des poings sur la table.
-Grey ! Calme-toi ! Le ton de Juvia était sans appel.
Le conseiller se calma brusquement et se rassit en se renfrognant.
-Majesté, vous devez certainement avoir une explication à cette machinerie. Erza parlait très calmement, mais ne cachait pas son agacement.
-Je suis désolé. Mais je crois bien qu'il a réussi à me déstabiliser. Je me suis senti très faible et il l'a très bien vu. Nous venons de rencontrer notre plus grand adversaire mes amis. Préparez-vous bien, j'ai bien peur qu'il ait toutes les cartes en main pour nous désarçonner, commença le souverain le regard dans le vide.
-Pourquoi dites-vous cela ? Demanda Juvia.
-Cela fait deux ans que j'ai pris le pouvoir. Deux ans d'adaptation pour nous. Deux ans de préparation pour lui. Le Duc Bastia a certainement plusieurs coups d'avance sur nous et pour être honnête avec vous, cela me terrifie.
Ils se plongèrent tous dans un silence profond, comprenant parfaitement le sentiment de leur Roi.
-Mais en tout cas une chose est sûre, le Duc nous sous-estime et c'est exactement cette erreur qui le mènera à sa perte. Grey avait un regard confiant et cette confiance leur redonna le sourire.
Les nobles reprirent places peu de temps après et encore une fois la réunion reprit un rythme monotone. Les sujets étaient redevenus banals et le Duc se tut jusqu'à la fin de la réunion. Pourtant son pouvoir était toujours en place. En effet, le vicomte Bluenote, espion directe du Duc, intervenait très souvent pour donner son avis sur les sujets évoqués. Mais Jellal remarqua qu'il lisait toujours une feuille lorsqu'il donnait son avis. Comme si ce même avis n'était en réalité pas le sien. Et le Roi en fut certain lorsque le vicomte aborda CE sujet-là :
-Majesté je pense qu'il est temps aujourd'hui de vous faire part de notre avis à tous sur un fait en particulier. Vous êtes sur le trône depuis environ deux ans maintenant et à l'approche de vos 21 ans, il est temps pour vous d'envisager une union maritale.
Malgré la tension palpable imposée par l'arrivée du Duc Bastia, Grey ne put s'empêcher de lâcher un ricanement moqueur. Ricanement qui provoqua le rire discret des seconds et des commandants, ainsi que le vacillement de Jellal qui ne s'y attendait pas du tout.
-Je vous… Je vous demande pardon ?
-Il est évident Majesté, que vous devez procréer. La comtesse Ohba ne passait pas par quatre chemins, ça c'était certain.
Nouveau ricanement de Grey, qui n'étouffa même plus son fou rire.
-Ce que veut dire la comtesse, c'est qu'en plus d'assurer une stabilité complète au royaume, vous devez avoir un héritier le plus rapidement possible, continua le baron Rustyrose.
-Je ne vois pas l'urgence. Mon père s'est marié à 26 ans et il m'a eu à presque 30 ans, rétorqua le souverain.
-Vous n'êtes pas votre père et vos conditions sont à l'opposées l'une de l'autre. Comprenez votre Grace, Edolas est tout de même très affaibli comparé au temps de la magie. Le Roi Faust pouvait assurer sa position avec cette ressource. Mais pour vous, seul un mariage royal pourra ajuster votre position. Le vicomte Bluenote ne lâchait pas l'affaire et encore moins la feuille dans ses mains.
-Parce que selon vous, ma place n'est pas déjà affirmée ? Je ne suis toujours pas Roi ? Est-ce bien cela Vicomte ?
-Majesté, ce n'est pas…
Il fut coupé par un Jellal stricte et sans appel :
-Je suis le Roi d'Edolas, mariage ou non, je le resterai. C'est mon dernier mot.
-Mais…
-Ça sera tout ! La réunion est finie pour aujourd'hui.
L'ordre de Jellal ne fit place à aucune protestation. Un à un, les nobles se levèrent et quittèrent la salle du conseil. Le vicomte Bluenote aussi se leva, mais fut intercepté par le Duc qui lui tendit la main. Le vicomte comprit et lui tendit la feuille qu'il tenait depuis le début, puis s'en alla. Le Duc prit la feuille et sans avoir lâché des yeux Jellal une seconde, il plia le bout de papier et le rangea dans sa veste. Il souriait, d'un sourire malicieux et victorieux. Comme si son arrivée avait marqué la défaite imminente du Roi actuel. Le Duc Bastia finit par se lever et quitter la pièce comme tous les autres.
Les sept habitués restèrent en silence toujours assis. Mais l'un d'eux ne tenait plus en place :
-Alors, la marier tu la veux blonde ou brune ? Jellal se leva brusquement en pestant et se dirigea d'un pas rapide hors de la salle. Mais Grey poursuivit en le suivant des yeux et en haussant le ton pour qu'il l'entende : Rousse peut-être !?
-Grey tu ne pouvais pas le laisser tranquille ? Le gronda presque Juvia.
-Tu as peut-être raison. Zut, j'aurais dû lui demander s'il préférait une cravate ou un nœud papillon pour la cérémonie. Grey évita de justesse un crayon jeté, puis décala sa chaise pour se lever. Mais il fut arrêté par Erza :
-C'est bon Grey, j'y vais. S'il te voit, tu risques de recevoir pire qu'un simple crayon.
Grey capitula en souriant comme un enfant. Erza leva les yeux au ciel et sortit de la pièce.
La rousse se dirigea vers le bureau du Roi. Lorsqu'elle entra, elle le vit contempler la vue de la baie vitrée, placée derrière son bureau.
-Votre réaction est excessive, commença-t-elle.
-MA réaction est excessive ? Non, au contraire, je trouve que ma réaction est parfaitement normale. Me marier, n'importe quoi. Jellal n'entendit aucune réponse, mais comprit de ce silence la réaction de la commandante. Encore cet air indifférent !? Alors tu es aussi de cet avis ?
-Pas spécialement. En vérité, j'ai en horreur les mariages arrangés.
-Alors pourquoi j'ai l'impression que tu es venue me convaincre ?
-Je suis navré Majesté, mais plus que d'autre, votre mariage est nécessaire au royaume.
-Je hais ce genre de nécessité.
-Il serait naïf de votre part d'imaginer, ne serait-ce qu'un instant, vous marier par amour.
Cette fois-ci Jellal se tourna vers la rousse et fronça les sourcils :
-Par amour ? Tu parles d'amour Erza ? Je n'ai jamais songé, pas même une seconde, à me marier avec une femme que j'aimerai désespérément. Il marqua un silence puis reprit : Nous sommes au palais, entourés par la fourberie et le pouvoir. Je ne pourrai me résoudre à faire subir une telle chose à celle qui représentera tout pour moi. Si je peux l'éloigner un maximum d'ici, je le ferais. Ce qui, par conclusion, l'éloignera de moi, et c'est exactement ce que je souhaite. Lui épargner le châtiment de la jalousie et de la méchanceté d'autrui.
-N'avez-vous pas confiance en vaux sujets ?
-Évidemment, plus que n'importe qui. Mais mes sujets sont avant tout humains. Et je crains qu'elle y subisse leurs pires côtés. Je ne souhaite à personne d'être Reine, par amour ou non.
Erza l'observa un moment en silence. Il avait repris sa position d'origine et continuait de contempler ses jardins. Erza était frustrée à cet instant. Elle qui était venue le convaincre, c'était lui qui l'avait convaincu. Ce qu'il était énervant !
-Reprenez-vous. Le Duc est maintenant entré dans le jeu. Si vous vous relâchez, vous perdez.
Jellal sourit et hocha de la tête. Oui, il ne pouvait pas se relâcher. Plus maintenant. Le jeu avait commencé. Il était dès à présent face à un adversaire de taille et Jellal se promit de ne pas perdre.
