Chapitre 16 : Involvement

— Bonjour, mon ange, salua Maxime en montant dans la jeep avant de poser ses lèvres dans un baiser chaste sur celles du conducteur.

— Bonjour… euh…

Le châtain éclata de rire face au flottement de son petit ami, et ne quitta pas son sourire tout en s'attachant.

— Ne te sens pas obligé de me donner un surnom parce que je t'en donne un.

Stiles hocha la tête, et se sentit plus léger. Il aimait cette facette de la personnalité du jeune homme. Quand il n'était ni dans la possessivité, ni dans la demande d'affection. Il avait besoin de temps, mais il s'était promis de s'investir plus dans cette relation et c'est pourquoi il était venu récupérer son copain devant chez lui ce matin-là.

La route vers le lycée se fit dans un calme et un silence que seule la musique qui sortait des haut-parleurs de la voiture venait troubler.

L'hyperactif avait beau être concentré sur la route, il ne pouvait ignorer le comportement inhabituel de son passager.

Celui-ci n'avait pas posé la main sur sa cuisse comme à son habitude, trop occupé à se les torturer sur ses genoux, le regard tourné vers l'extérieur, tout en martyrisant sa lèvre inférieure.

— Eh ! Quelque chose te tracasse ? s'inquiéta-t-il attirant sur lui l'attention de l'adolescent.

— Oui, enfin…

Maxime soupira bruyamment et recommença à se mordiller la lèvre nerveusement.

Stiles termina de se garer sur le parking du lycée avant de se détacher pour se pencher vers le jeune homme.

Il emprisonna la lèvre maltraitée entre son pouce et sa main pour faire lâcher les dents avant d'y déposer un petit baiser papillon qui sembla surprendre le jeune homme.

Voir son petit-ami si nerveux, lui qui était habituellement si sûr de lui, était comme une révélation pour l'hyperactif qui se sentit plus en confiance.

— Cette pauvre lèvre ne vous a rien fait, très cher ! Veuillez la laisser en paix !

— Ah, mais c'est vraiment ta façon de parler, en fait ? Moi qui croyais que le « Fichtre » d'hier était une blague, s'amusa le châtain.

— Ne me sous-estime pas, je suis plein de surprise, répliqua Stiles avec un clin d'œil avant de sortir du véhicule.

— Ça je le sais bien ! répliqua Maxime sans que le propriétaire de la Jeep ne l'entende.

Une fois sortis à son tour, il sursauta en sentant les doigts du brun s'entrelacer aux siens.

Le fils du shérif se contenta de lui faire un large sourire en réponse.

C'était la première fois que le jeune homme prenait une telle initiative, mais, après tout, il se doutait que la rumeur comme quoi ils avaient été vus au bowling en train de s'embrasser avait déjà dû faire le tour de l'établissement.

— Tu ne cesses de me surprendre !

— Prions que ça ne cesse pas alors.

Ils avancèrent ensemble vers les portes battantes du lycée, bien vite rejoins par Scott puis Lydia qui passa aussitôt sa main autour du bras droit de son ex.

Scott engagea la conversation avec Maxime à propos des sélections qui auraient lieu le soir même et le châtain recommença à se torturer la lèvre et à se torturer les mains.

C'était donc ça !

Allison rejoignit son copain et ils s'embrassèrent langoureusement au su et vu de tous.

— Euurrrkkkk ! Il y a des hôtels pour ça, se plaignit Lydia.

— Ouais, c'était totalement indécent, rajouta Stiles plus amusé qu'autre chose quand le bruit du moteur d'une voiture sportive leur fit tourner la tête à tous les cinq.

Isaac s'extirpa de la camaro noir avant de se pencher à la fenêtre côté conducteur pour échanger quelques paroles avec son mentor. Enfin, avec un dernier geste de la main, il s'approcha d'eux.

Derek posa le regard sur le groupe, et son visage se para d'un petit sourire. Il leur offrit un clin d'œil avant de repartir comme il était venu.

— Salut les Loosers !

— C'est plutôt à nous de dire ça, répliqua Lydia amusée.

— Pas trop nerveux pour les sélections, Greenie ? continua Isaac en attrapant Maxime par les épaules avec énergie comme si Lydia ne l'avait pas interrompu.

— Tout doux, ne va pas me le casser, s'interposa Stiles en posant une main sur l'épaule d'Isaac.

Ils s'affrontèrent légèrement du regard jusqu'à ce que le jeune loup se décide à abdiquer avec un léger rire arrogant.

Scott et lui échangèrent un regard appuyé avant que l'Alpha n'interroge son meilleur ami du regard.

Depuis quand ces deux-là communiquaient-ils par simple regard ? se demanda Stiles avec une pointe de jalousie.

Il hocha néanmoins la tête pour répondre à l'interrogation muette du chef de meute.

Oui, il avait bien placé un pied d'Aconit Tue-loup dans sa jeep afin qu'Isaac et lui ne souffrent pas des effets de la plante. Maxime, à part sa nervosité, n'avait montré aucun signe de trouble. Il était donc bel et bien humain.

La cloche sonna le début des cours et le petit groupe dut se séparer.

— Merci de m'avoir… euh ! Protégé ? T'es mignon quand tu t'énerves ! On se voit à la pause ?

Sans attendre sa réponse, Maxime posa ses lèvres rapidement sur celles de Stiles, devant les casiers, avant de filer vers son cours tandis que l'hyperactif rejoignait Lydia pour l'option qu'ils avaient en commun.

— Tu crois vraiment que c'est une bonne chose de sortir avec quelqu'un pour oublier quelqu'un d'autre ?

La question de Lydia fit retomber la bonne humeur de l'adolescent comme un soufflé. Il poussa un soupir désabusé avant de se tourner vers la blonde vénitienne.

— T'es jamais sortie avec quelqu'un pour lequel tu n'avais aucun sentiment ?

Lydia ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortie. Sans la refermer, elle le toisa du regard, fronça les sourcils puis referma ses lèvres pastel pour faire une petite moue qui semblait vouloir dire : « je t'accorde le bénéfice du doute ! »

Stiles secoua la tête, amusé des mimiques de son amie, avant de se concentrer sur son cours.

Finalement, le reste de la journée se déroula dans une drôle d'ambiance. Isaac semblait s'être donné pour mission de séparer systématiquement Stiles de Max ce qui n'aidait pas ce dernier à gérer sa nervosité. Aussi, lorsqu'ils arrivèrent tous les quatre dans les vestiaires, l'ambiance était tendue.

L'hyperactif lança un regard implorant à son meilleur ami, qui montra son agacement, mais accepta de s'éloigner avec son Bêta pour se changer un peu plus loin.

— Sois pas si nerveux, ça va bien se passer !

Maxime se laissa tomber sur le banc et ses jambes tressautèrent nerveusement tandis qu'il se torturait une nouvelle fois les mains, le souffle profond.

— Eh, détends-toi. Tu vas très bien t'en sortir. Tu me fais confiance ? reprit Stiles en s'accroupissant devant son petit ami, posant ses deux mains par-dessus celles du châtain pour les empêcher de trembler.

Le jeune homme daigna lever les yeux vers lui, le regard incertain.

— Je me suis jamais senti si stressé, avoua-t-il dans un souffle.

Stiles lui offrit un sourire réconfortant.

— Dis-toi que je serais sur le banc de touche à te soutenir. Fais de ton mieux, c'est tout ce qui compte !

— C'est pas ce que disent les perdants ? répliqua le lycéen avec amusement.

Stiles hocha lentement la tête de droite à gauche sans se défaire de son sourire étincelant.

— Je sais que tu feras des merveilles, ajouta-t-il en posant ses lèvres doucement sur celles de Max qui sembla se détendre sur le coup.

— Je ne sais pas ce qui s'est passé entre samedi soir et aujourd'hui mais j'adore le nouveau toi !

— Hmm, fit semblant de réfléchir le fils du shérif ! Peut-être bien que j'aie décidé de nous laisser une chance…

— C'est la plus belle motivation que tu pouvais me donner.

Sur ces mots, il se leva et entreprit de se délester de son t-shirt. Quand les yeux miel tombèrent sur le torse fin du châtain une pointe de chaleur prit possession de son être.

Il avait pourtant l'habitude des vestiaires et des douches communes.

Plus de deux ans qu'il faisait partis de l'équipe — oui, même sur le banc de touche, ça compte — et il ne s'était jamais senti gêné de cette proximité et intimité avec les autres garçons de l'équipe. Il n'y avait aucun sous-entendu, aucun regard déplacé… Mais, là, c'était différent.

Il se sentait intimidé de découvrir le corps de l'autre garçon de cette manière et préféra détourner le regard, le rouge aux joues !

— Wow, c'est à ce point-là ? Je ne pensais pas t'intimider.

Il avait fallu que le châtain remarque son trouble.

Stiles se mordit la lèvre supérieure comme chaque fois qu'il était stressé.

— C'est juste…

Stiles soupira, incapable de trouver les mots justes.

— Eh, je trouve ça mignon ! rassura à son tour son petit ami. Va rejoindre tes amis si tu préfères, je n'en ai pas pour longtemps.

Le blessé lui fit un petit sourire, et son regard tomba sur la peau pâle de son copain, il secoua la tête en déglutissant avant de s'empresser de rejoindre Scott sous le sourire mi-moqueur mi-heureux du nouvel élève.

Quand il arriva près des deux loups, ils arrêtèrent brusquement de parler pour se tourner vers lui.

— Eh, Bro', tu as abandonné ton petit-ami ? s'empressa de demander Scott pour combler le silence.

Stiles fronça des sourcils. Il connaissait trop bien le nouvel Alpha pour que celui-ci puisse lui cacher quelque chose, et là, c'était clairement le cas.

— Qu'est-ce que vous manigancez ?

Isaac et Scott se jetèrent un coup d'œil avant de faire une moue innocente en haussant les épaules. Le Coach arriva, les sauvant d'un interrogatoire en règle. Stiles n'était pas le fils du shérif pour rien !

— Wow ! Que faites-vous tous là ? Vous êtes jeunes, ce n'est pas bon pour vous de rester enfermer… Allez prendre l'air, draguer les filles… Enfin, non pas toi Danny ! Mais il y a aussi des gars à draguer ! Aller oust, libérez-moi le plancher, surtout toi Greenberg. Part, vite… très vite !

— Et les sélections, Coach ?

— Quelles sélections, McCall ? Les sélections ont eu lieu en septembre…

— C'est qui ce gus ? chuchota Maxime à Stiles tandis que Scott tentait de rendre la raison à l'entraîneur.

— Oh ! Lui ? Je te présente le pire coach du continent nord-américain !

— Stilinski ! hurla Finstock en le pointant du doigt

— Oui, Coach !

— Tu passes les sélections, toi aussi ?

— Bien sûr que non Coach, je fais déjà partis de l'équipe !

— Hmm !? Eh bien, qu'est-ce que vous attendez, tous ? Sur le terrain, plus vite que ça ! Vous croyez que je n'ai que ça à faire ? J'ai une vie en dehors du lycée ! Une vie… vide, inutile et pathétique, mais… c'est la mienne et j'ai rendez-vous avec ma bouteille de whiskey, alors plus vite que ça ! Ma grand-mère est plus vive que vous et elle est morte ! Sérieusement…

Stiles suivit ses coéquipiers, mais ne chercha même pas à courir avec eux, rejoignant aussitôt le banc de touche qu'il avait dû polir avec ses fesses tant il était resté assis dessus !

Il observa l'entraînement avec intérêt, remuant à chaque action comme s'il la vivait lui-même, poussant des petits cris enthousiastes quand ses amis marquaient ou réceptionnaient une passe.

Maxime avait l'air d'avoir recouvré son calme et semblait serein maintenant qu'il était sur le terrain. Il se débrouilla merveilleusement bien malgré les coups bas d'Isaac.

— Il s'en sort bien !

— Wow !

Stiles venait de décoller de son banc dans un sursaut violent et douloureux tant tout son corps et son cœur s'étaient contractés sous la surprise.

— T'es pas bien de faire ça… T'es au courant qu'avancer à pas de loup, c'est une expression ?

Derek eut un énorme sourire à cette remarque et s'installa à coté de Stiles qui se décala vers l'extérieur discrètement.

— Alors ? demanda Derek sans lâcher le terrain du regard. Humain ? ajouta-t-il devant le silence de Stiles.

—Oh ça ! Comme tu peux le voir, il a passé le test de l'Aconit brillamment ! expliqua Stiles sans quitter le concerné des yeux.

Une fois de plus Isaac le plaqua un peu violemment et Stiles grimaça en portant les mains à son visage, légèrement inquiet du choc.

— Si tu pouvais dire à ton louveteau de lui foutre la paix…

Leurs regards se croisèrent et l'adolescent se hâta de les détourner, incapable de soutenir les yeux vert-pâle de l'adulte.

— Je lui redirais ! affirma le lycanthrope en hochant la tête.

Le silence retomba entre eux jusqu'à ce que le coach siffle la fin de la session, quelques minutes plus tard.

Stiles se leva et s'approcha de son équipe en trottinant.

Finstock renvoya sans tact les élèves qu'il trouvait les moins bons avant de donner la parole à Scott.

— C'est ton équipe, gamin, prouve-moi que tu peux faire de bons choix. Ils sont trois, nous n'avons de la place que pour deux joueurs ! Alors : Summers, Rosenberg ou Carter ? Lequel tu élimines ? Auquel des trois brises-tu les rêves de gloire et l'espoir de fierté ?

Le capitaine pâlit à vue d'œil face aux mots de l'entraîneur et il observa attentivement les trois lycéens.

— Summers, tu as marqué le plus de but, et tu as fait plusieurs très bonnes passes… Félicitation, tu fais partis de l'équipe ! commença Scott avec un sourire tandis que le garçon se faisait acclamer par l'équipe.

Maxime tourna un regard incertain vers Stiles et, malgré la distance celui-ci pouvait sentir le retour de sa nervosité.

C'était communicatif car l'hyperactif se sentit stressé à son tour. Il tenta de ne pas le montrer et envoya un sourire au jeune homme avant de se tourner vers son frère de cœur, angoissé.

— Ensuite…

Scott était clairement mal à l'aise, il se gratta la tête en regardant tour à tour les deux lycéens. Rosenberg, tu as très bien joué, tu ferais un bon défenseur et toi Maxime… Tu t'en es très bien sorti même si tu as eu du mal à franchir la défense d'Isaac…

— Aller McCall ! Décide-toi… Je te rappelle que j'ai rendez-vous avec Jack Daniel, et bon sang, j'en ai bien besoin !

Le capitaine de Lacrosse soupira.

— Maxime… Je…

Isaac fit un coup dans les côtes de Scott et lui lança un regard noir que Stiles ne manqua pas…

Depuis quand Scott était ami avec le louveteau ? Ils faisaient partie de la même meute, mais pour autant n'avaient jamais eu ce genre de rapport avant… Il y avait définitivement quelque chose de louche.

Son meilleur ami capta son regard miel et il détourna les yeux avant de se reconcentrer sur les deux personnes qui attendaient le verdict.

— Maxime… Bienvenue dans l'équipe !

Les réactions s'enchaînèrent.

Le dénommé Rosenberg fut, malgré tout, félicité par l'équipe pour sa performance bien qu'il ne soit pas retenu dans l'équipe, il avait toutes ses chances pour l'intégrer l'année suivante.

Isaac serra les poings en se tournant vers son alpha avant d'ouvrir la bouche pour lui parler, mais Stiles ne vit pas la suite.

Maxime avait sauté de joie avant de courir dans ses bras et, sous la violence du choc Stiles était tombé en arrière et avait heurté le sol dans un bruit sourd peu viril. Tout l'air avait été expulsé de ses poumons quand son dos avait heurté la pelouse.

Maxime était tombé à califourchon sur ses hanches, entraîné dans sa chute et riait son euphorie sans réserve.

Les lèvres du châtain se posèrent sur celles de l'homme à terre et leur baiser se fit plus langoureux, plus passionné.

D'abord trop surpris, Stiles laissa ses yeux ouverts avant de décider de se laisser aller et de fermer les yeux tout en enroulant ses mains autour de la nuque de son petit-ami.

Après les émotions de la journée et son stress d'intégrer l'équipe, il avait bien le droit d'exprimer et de partager sa joie.

— Wow ! Qu'est-ce que c'est que ça ? Stilinski ? Pourquoi personne ne m'a mis au courant qu'il y avait un deuxième Danny dans l'équipe ? Enfin trois maintenant ! Oh et puis zut ! Filez tous aux vestiaires et rangez moi tout ce bordel ! Je ne veux rien voir traîner…

Il partit en frappant l'air avec sa main et en grommelant tandis que Stiles, toujours sur le dos, l'observait du coin de l'œil à l'instar de Maxime.

— Et il a le droit d'enseigner à des adolescents ? demanda Maxime septique !

— Apparemment, répondit Stiles en riant.

Maxime reposa à nouveau ses lèvres sur les siennes, plus doucement, plus chastement, plus tendrement…

— Désolé pour tout à l'heure ! souffla-t-il contre ses lèvres. Je ne t'ai pas fait mal ?

Stiles se passa la main derrière la tête !

Il aurait sûrement une belle bosse, mais il avait l'habitude avec Derek qui s'amusait à passer ses nerfs sur lui dans le passé.

En pensant à l'homme qui était quelques minutes plus tôt sur le banc, Stiles se figea et se sentit aussitôt gêné.

Il tourna la tête vers les gradins, mais Derek avait disparu.

— Ne t'en fais pas pour ça, je suis heureux pour toi ! Aller, file à la douche, je vais aider à ramasser l'équipement et on se retrouve à ma voiture ?

Maxime hocha la tête avec un énorme sourire et après avoir aidé Stiles à se relever, partit en trottinant derrière les autres membres de l'équipe qui rejoignaient le vestiaire.

La plupart de ses nouveaux coéquipiers étaient déjà sous les douches, certains en étaient même déjà sortis, d'autres étaient en train de se déshabiller pour s'y rendre et le jeune homme se hâta de les imiter. Il n'avait qu'une hâte rejoindre Stiles.

Un sourire se plaça sur ses lèvres en pensant au garçon et il soupira de contentement.

La soirée de samedi avait mis à rude épreuve leur jeune histoire et Maxime avait remis sérieusement en cause sa décision.

Sortir avec un garçon qui en aimait un autre n'était peut-être pas la meilleure idée de sa vie, mais il n'y pouvait rien.

Le brun avait fait une entrée fracassante dans son cœur dès le premier regard et dès lors, il n'avait eu qu'une envie : entrer dans le sien en retour.

Le jet d'eau chaude le fit frissonner quand il entra en contact avec son corps frais et il se frictionna vivement avec le savon pour faire partir la chair de poule qui l'avait recouvers de toute part.

Face au jet, il se coupa du monde extérieur, n'ayant plus aucune considération pour les autres lycéens.

Une fois propre et réchauffé, il se sécha grossièrement avant d'enrouler la serviette humide autour de ses hanches pour rejoindre son casier.

— Salut !

Il sursauta légèrement avant de faire face au garçon qui était déjà habillé et qui arborait un léger sourire sur les lèvres.

— Félicitations pour ton entrée dans l'équipe. Je m'appelle Danny, je suis le gardien de but, se présenta le jeune brun.

— Merci ! Euh, Maxime… Maxime Carter !

— Tu…

Danny sembla hésiter et Maxime enfila son T-shirt avant de s'asseoir pour enfiler son boxer sans quitter sa serviette, mal à l'aise d'être face à l'autre garçon si peu vêtu.

— Je ? encouragea-t-il une fois fait.

Il dénoua la serviette et attrapa son pantalon, captant au passage le regard de Danny sur ses fesses, il se sentit rougir.

Le gardien de but se reprit en secouant la tête et reporta son attention sur le visage coloré du nouveau.

— C'est un peu indiscret… Est-ce que tu sors avec Stiles ?

Maxime venait de finir d'enfiler son jean et prit le temps de le boutonner avant de relever le regard, légèrement hautain, sur son nouveau coéquipier.

— Ça me semble plutôt évident, non ?

— Oui, oui… Désolé ! Je… Il a beaucoup de chance, c'est tout ! Je… Bon ok, alors à jeudi soir pour l'entraînement !

Maxime resta perplexe face à ce qui venait de se passer. Il resta un instant figé en fixant la porte avant de secouer la tête pour reprendre ses esprits. Le vestiaire s'était considérablement vidé. Il ramassa ses affaires de sport à la va-vite et sortit à son tour rejoindre son petit ami.

Chanceux ? C'est lui qui l'était !

oOo

Stiles fit le tour du terrain pour ramasser les crosses abandonnées un peu partout. Il récupéra ensuite les balles et rangea le tout dans la réserve. Après un dernier tour d'horizon, il se permit un sourire satisfait avant de se diriger vers le parking où l'attendait sa voiture.

Il repéra aussitôt la camaro garée à coté de sa jeep bleue.

Le parking s'était pourtant bien vidé à cette heure tardive de la journée !

Le loup était adossé contre sa carrosserie, les bras croisés, lunettes de soleil vissées sur le nez, il attendait de toute évidence Isaac avec impatience.

Stiles s'approcha de lui et s'installa à ses côtés, imitant sa position.

Derek ne daigna pas lui parler, renfrogné comme à son habitude ce qui fit sourire Stiles qui se pinça la lèvre inférieure pour ne pas rire.

— Mode Sourwolf activé ?

Le loup soupira.

— Ça faisait longtemps, grogna-t-il face au surnom !

— Je me disais la même chose… Ça faisait un moment que tu n'avais pas fait ta mauvaise tête !

Cette fois, Derek se retourna vers lui, et malgré les lunettes, Stiles aperçut un sourcil se soulever dans une expression dubitative.

— Tu ne te demandes pas pourquoi ?

La question prit, cette fois, Stiles de court et il ouvrit la bouche d'un air interrogateur.

— Laisse tomber, Stiles !

Derek se remit dans sa position initiale avant de se redresser en apercevant Isaac courir vers lui, Scott sur ses talons.

— J'ai fait au plus vite, on peut y aller, expliqua le châtain avant de suivre son mentor dans la voiture.

— Et moi, Allison m'attend, à demain, Bro' !

— Euh… ok… Salut tout le monde ! marmonna Stiles en ressentant un léger sentiment d'abandon.

Heureusement, Maxime ne tarda pas et, malgré son incompréhension face à ce qu'il venait de se passer avec Derek et ses soupçons concernant Scott et Isaac, Stiles reposa sur son visage un masque détendu pour accueillir le nouveau joueur de Lacrosse de l'équipe de BHHS !

— On fête ça ? Je t'offre une gaufre ! proposa Maxime en montant dans la voiture.

— Si tu me corromps avec de la bouffe, je suis forcément partant, riposta le conducteur, amusé, avant de prendre la route.

oOo

— Tu vas bien ? s'inquiéta le jeune louveteau après plusieurs longues minutes de silence pesant.

Derek lui lança un coup d'œil sans desserrer les dents.

Non, vraiment, il n'avait aucune envie de parler.

Il avait pensé que plus les jours passeraient plus ce serait facile d'affronter Stiles et son nouveau copain, mais non… C'était même plutôt tout l'inverse !

Samedi soir, il avait su garder le contrôle de ses émotions, mais, voir Stiles rendre son baiser à l'autre garçon lui avait brisé le cœur !

Égoïstement, il ne supportait pas de les voir ensemble sans pour autant être prêt à renoncer à sa décision.

Le pire était de voir à quel point le comportement de son humain évoluait rapidement dans cette relation nouvelle.

S'il s'était montré plutôt neutre et distant samedi soir, aujourd'hui, il avait accueilli avec bonheur le roulage de pelle public qu'avait initié l'autre garçon.

— Tu vas faire la gueule toute la soirée ? Non, je préfère savoir… Si c'est le cas, tu peux me ramener tout de suite chez ma tante !

Isaac croisa les bras et se tourna vers la vitre, lui aussi de bien mauvaise humeur. Il avait pourtant l'habitude de ce genre de comportement chez l'adulte.

Ce dernier soupira et tenta de faire fi de ses émotions négatives.

Il avait déjà fait une croix sur Stiles, il ne pouvait pas se permettre de perdre son louveteau encore une fois.

— Mauvaise soirée toi aussi ?

Isaac lui lança un regard perplexe avant de se détendre un peu.

— Ouais, c'est le moins qu'on puisse dire ! Bordel ! Je suis tellement énervé contre Scott ! Ce crétin n'est même pas capable de suivre un plan simple…

— De quoi tu parles ? Quel plan ?

Isaac ouvrit la bouche avant de la refermer et de se reconcentrer sur la fenêtre, mais son air paniqué n'était pas passé inaperçu.

— Qu'est-ce que vous manigancez tous les deux ? insista Derek en se garant devant le centre commercial.

— Qu'est-ce qu'on fait là ? demanda Isaac au lieu de répondre.

L'ancien alpha le fixa quelques secondes comme s'il pouvait trouver la réponse à sa question par cette méthode, mais finit par capituler.

Si Isaac voulait garder son jardin secret, il ne pouvait l'en blâmer, il était le premier à refuser de se confier.

— J'ai pensé qu'il serait plus simple d'avoir une télévision et quelques meubles supplémentaires pour vendredi soir… et puis… Je me suis dit que tu serais mieux si tu avais ta propre chambre ! Enfin… si tu souhaites passer plus de temps au loft, bien sûr, tu n'es pas obligé ! Je comprendrais…

Isaac le regarda les yeux ronds et brillants et parcourut le visage de son mentor à la recherche d'un signe de plaisanterie qu'il ne trouva pas.

— Tu me proposes de revenir vivre avec toi ?

— Je me doute que c'est sûrement trop tôt, après la manière dont je t'ai viré la dernière fois mais… Si tu es d'accord et quand tu seras prêt…

— Imbécile, cria Isaac en lui frappant l'épaule les lèvres pincées comme pour se retenir de pleurer. Bien sûr que je le veux !