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Cette nuit-là, Tris fut réveillée par la douleur puisque ses côtes se rappelèrent à son bon souvenir lorsqu'elle avait voulu se mettre sur le côté. Elle s'assit lentement et décida d'aller aux toilettes. Dernièrement, la capacité de sa vessie était grandement diminuée à cause de sa grossesse alors elle se leva en silence mais avant de s'y rendre, elle entendit Tobias qui parlait. Elle se dirigea vers sa chambre et s'aperçut qu'il parlait en dormant. Quand elle écouta plus à même ses paroles, elle comprit qu'il se rappelait un instant particulièrement douloureux de sa vie :

- Je ne savais pas… Quoi ? … Non, Uriah...

Il n'en dit pas plus mais les larmes coulèrent sur ses joues. Elle comprit qu'il revivait leur conversation après l'attentat raté de Nita et son clan, lorsqu'il était détenu. Tris se rappela qu'à ce moment précis, elle en avait voulu à Tobias pour ce qui était arrivé à leur ami mais elle se rappela aussi la culpabilité qui l'avait rongé par la suite. Elle le vit se recroqueviller, comme pour se faire tout petit puis elle décida de le réveiller afin de ne pas lui affliger plus de souffrance.

- Tobias, réveille-toi… Tobias ? dit-elle en le secouant légèrement.

Ce dernier se réveilla, les yeux embués de larmes et s'assit sur le lit, adossé à la tête de lit, se demandant encore ce qu'il venait de vivre. Tris s'approcha de lui comme on pouvait le faire avec un chien prêt à vous mordre. Elle n'était à présent qu'à quelques centimètres de lui et elle aurait pu le toucher si elle tendait le bras.

- Tobias ?

- Tris, qu'est-ce que j'ai fait ?

- De quoi parles-tu ?

- J'ai tué Uriah !

- Ce n'est pas ce qu'il s'est passé.

- J'avais promis à Zeke de m'en occuper et j'ai participé à l'attentat. Je l'ai tué ! continua-t-il, la panique dans ses yeux.

- Tu dois te calmer, tu n'as pas une vision objective de ce qu'il s'est déroulé.

- Toi-même, tu l'as pensé à l'époque, je m'en rappelle ! La façon dont tu m'as parlé, je pouvais sentir dans ta voix que tu m'en voulais.

- J'étais sous le coup de la colère mais j'ai compris que tu avais fait ce que tu pensais être juste.

- Mais Uriah est mort ! Mon Dieu, comment Zeke fait-il pour encore me regarder en face et même m'aider ?

- Zeke ne t'en veut pas, Tobias.

- Je… je ne sais pas.

- Ecoute…

- Tris, je voudrais être seul si ça ne te dérange pas.

- Oh, non bien sûr mais s'il te plait, ne t'en veux pas trop. Ne soit pas trop dur avec toi-même.

- Merci.

Tris l'observa un moment, voyant qu'il s'était recroquevillé, les bras devant ses genoux à se balancer comme s'il était en état de choc cependant, elle comprit qu'elle ne pourrait rien faire de plus. Elle connaissait malheureusement Tobias et dans quel état d'esprit il devait être à cet instant précis. Cela la conforta dans son idée que s'il venait à se rappeler de tous ses souvenirs en même temps avec le sérum de Matthew, cela serait peut-être trop pour lui à supporter.

Le lendemain matin, Tris se réveilla courbaturée. Elle marcha presque au ralenti, afin d'éviter de faire des mouvements brusques, ce qui se répercuteraient dans ses côtes et sa tête. Elle avança donc doucement mais elle se rendit devant la chambre de Tobias avant d'aller prendre son petit déjeuné. Elle constata qu'elle était vide et n'entendit pas de signe de lui dans l'appartement. Elle arriva enfin dans la cuisine et vit que la table était mise, avec une assiette de pancakes et un petit mot :

" Je suis allé courir mais je t'ai fait le petit déjeuné avant.

A tout à l'heure.

Tobias ".

Tris supposa qu'il ne s'était pas rendormi après l'évènement qui s'était passé cette nuit. Elle réfléchit alors un moment afin de trouver un moyen de pouvoir l'aider à soulager sa conscience puis elle prit son téléphone et composa un numéro pendant qu'elle dégustait le petit déjeuner que son homme lui avait préparé.


Tobias était resté dans son lit après la découverte de ce souvenir dont il se serait bien passé. Et s'il avait plusieurs souvenirs du même acabit, voulait-il seulement continuer à recouvrer la mémoire dans ce cas ? Dès les premières lueurs du jour, il avait pris sa douche, décida de faire quelques pancakes pour Tris afin qu'elle prenne des forces puis décida d'aller courir pour se défouler. Même s'il n'était pas à 100% de ses capacités, il fallait qu'il évacue toutes ces tensions qui le parcouraient. Au bout d'une heure de course effrénée, il sentit que ses jambes commencèrent à devenir douloureuses, n'ayant plus l'habitude d'être autant sollicitées. Il s'arrêta donc dans un petit parc à proximité de leur appartement et se coucha sur l'herbe puis réalisa des étirements comme Zeke le lui avait appris. Alors qu'il avait l'esprit toujours dans ce qu'il s'était passé avec Uriah, il se sentit comme épié. Il s'arrêta subitement et regarda autour de lui, tous les sens en alerte. Soudain, il l'aperçut à l'intersection à l'autre bout de l'avenue, l'homme qu'il avait craint depuis tant d'années, juste là, était en train de l'observer. Tobias resta un moment sans bouger, comme pétrifié puis il se releva et se décida à le rejoindre quand son téléphone sonna, signalant un sms. Le jeune homme regarda le message qui venait de Tris, lui demandant où il était. Elle devait probablement s'inquiéter malgré le mot qu'il avait laissé. Il s'apprêta à lui répondre quand il retourna son regard vers Marcus qui avait disparu. Tobias se mit alors à douter, et s'il n'avait pas vraiment vu Marcus ? Et si c'était son esprit qui lui jouait des tours à cause de son manque de sommeil ? Tris lui avait raconté que Marcus avait disparu le jour où Johanna avait pris la décision de l'évincer de la ville pour préserver la paix alors s'agissait-il vraiment de lui à l'instant ? Son téléphone sonna alors et il décida de répondre à Tris puis de rentrer directement, préférant oublier ce qu'il avait vu ou imaginé.

Lorsque Tobias entra dans l'appartement, il trouva Tris assise tranquillement sur le canapé, en train de lire un livre.

- Hey, commença-t-il. Comment te sens-tu ?

- Tant que je ne cours pas un marathon, ça ira. Et toi ?

- Je vais bien, merci.

- Tu t'attends vraiment à ce que je te croie ? demanda-t-elle.

- Si tu veux tout savoir, je ne sais pas comment je me sens.

- Ce doit être troublant.

- Ce n'est rien de le dire. Excuse-moi mais je vais aller prendre une douche.

- Oui, bien sûr. Oh et merci pour les pancakes !

- C'était avec plaisir Tris.

Tobias se rendit donc sous la douche après avoir pris des affaires de rechange et profita du jet brûlant pour lui détendre ses muscles contractés. Une fois fait, il se rendit dans la cuisine afin de prendre un café quand il se stoppa en voyant qui l'y attendait. Tris se leva :

- Je vais vous laisser, dit-elle en posant sa main sur l'épaule de Tobias puis en sortant de la pièce.

Tobias resta un bref instant sans bouger, ce que remarqua son ami :

- Assieds-toi, je t'en prie. Je t'ai servi une tasse de café.

- Merci Zeke, répondit-il en s'asseyant tout en évitant de le regarder dans les yeux.

- Tris m'a appelé et m'a expliqué ce dont tu t'es souvenu cette nuit.

- Elle a fait ça…

- Oui. J'ai alors pensé que nous devrions en parler puisque nous n'avons pas pu le faire avant.

- Je… je suis désolé…

- Ça, tu l'as déjà dit à ma mère et moi lorsque tu es venu nous chercher pour qu'on retourne au complexe afin de le voir une dernière fois.

- Zeke, je ne sais pas quoi te dire.

- Alors laisse-moi parler dans ce cas. Quatre, on se connait depuis plusieurs années maintenant, même si toi tu ne t'en rappelles pas entièrement. Ça veut dire que je te connais un peu, dirons-nous. Je sais donc pertinemment que tu n'as pas voulu ce qui est arrivé à Uriah.

- Mais j'en ai tout de même fait partie.

- Je sais mais je pense que tu t'en veux suffisamment pour ce qu'il s'est passé, inutile d'en rajouter une couche. D'ailleurs, il n'est pas nécessaire de te mettre dans tous tes états. Ma mère et moi ne t'en voulons pas. Nous n'avons pas pu te le dire avant car nous étions bouleversé de l'état de mon frère et puis nous n'avons pas vraiment eu le temps de digérer la nouvelle que nous devions te suivre au plus vite sans oublier ce qu'il t'est arrivé ensuite. Alors je te le dis officiellement, au nom de ma mère et moi-même : nous ne te blâmons pas pour la mort d'Uriah.

- Je ne mérite pas ton amitié.

- Bon, pour commencer, il va vraiment falloir que tu te remettes à parler comme un Audacieux parce que là, j'ai l'impression d'avoir Caleb qui me parle ! Ensuite, je pense que tu as suffisamment souffert dans ta vie. Ce qui est arrivé à Uriah, c'est la vie, il était au mauvais endroit, au mauvais moment, voilà tout. Ces terroristes ont abusé de toi puisque tu ne connaissais pas leur véritable dessein alors arrête de t'en vouloir.

- Merci Zeke, vraiment.

- Tu ne vas pas te mettre à chialer, n'est-ce pas ?

Tobias sourit, amusé de la remarque de son ami. Ce dernier se rapprocha de lui et le prit dans ses bras. Ils restèrent quelques instants ainsi jusqu'à ce que Zeke reprenne la parole en se séparant de Tobias :

- Tris, je sais que tu es là, tu peux nous rejoindre.

La jeune femme pencha sa tête de la chambre et les vit tous les deux, en train de l'observer. Elle sourit puis se rapprocha d'eux. Tobias la regarda revenir puis lui proposa une chaise :

- Merci à toi aussi. Je ne sais pas ce que j'ai fait pour mériter des amis comme vous, dit Tobias.

- Tu sais comment tu peux nous remercier ? demanda Tris.

- Je t'écoute.

- En nous préparant un petit encas !

- Tu n'as pas déjeuné ? demanda-t-il, inquiet.

- Je crois que tu n'as pas bien compris, ajouta Zeke. C'était l'appel de l'estomac d'une femme enceinte qui te parlait, là.

- Oh, je vois ! Oui, ok, d'accord, je m'en occupe !

Ils passèrent ainsi un bon moment ensemble puis le début d'après-midi arriva à grands pas. Tris et Tobias se rendirent à l'hôpital, dans le labo de Matthew. Son assistante les fit entrer en attendant que Matthew revienne d'une réunion. Ils étaient assis l'un à côté de l'autre tandis que Tobias faisait sursauter sa jambe en permanence, signe de stress évident. Tris posa alors sa main sur son genou, le faisant ainsi cesser ce mouvement :

- Il est encore temps de partir, dit-elle.

- Non, je veux en avoir le cœur net.

- Ok. Ne t'inquiète pas, je reste avec toi.

- Merci Tris.

Ils furent rejoint par Matthew qui les salua tous les deux mais néanmoins surpris de voir Tris présente à ce rendez-vous.

- Tris, je suis étonné de te voir ici. Comment vas-tu ? Quatre m'a dit que tu t'étais faite agressée ?

- Je vais bien merci mais si je suis là c'est surtout pour Tobias. Que comptes-tu faire ?

- Oh, euh, il t'a expliqué ce que nous avons mis au point dans mon labo ?

- En effet, ma question est la suivante : quels sont les risques pour Tobias ?

- Comme je lui ai dit hier, étant donné que nous n'avons pas pu le tester en condition réelle, nous ne pouvons pas prédire comment il va réagir au sérum.

- Ce n'est pas une réponse qui me convient Matthew. Tu étais là lorsqu'il était dans le coma alors penses-tu vraiment que tu puisses utiliser ce sérum en toute sécurité sur lui ?

- Tu sais que je n'ai pas de réponse à cette question.

- Alors comment veux-tu que… commença Tris en s'emportant.

- Ok, on se calme, dit Tobias en s'interposant entre eux. Je vous rappelle que c'est moi qui vais prendre ce sérum et j'en accepte les risques, Tris. Matthew, comment allons-nous procéder ?

- Nous allons t'installer dans le fauteuil à côté, je vais te mettre sous moniteur cardiaque et je vais t'administrer une petite dose de sérum pour commencer. Je serai connecté à ton esprit, tout comme c'était le cas pour le paysage des peurs. Ainsi, je pourrais mettre fin rapidement à l'expérience si cela devient trop incontrôlable pour toi.

- Comment peux-tu faire ça ? demanda Tris avant même que Tobias n'ait le temps de le faire.

- Ce sérum va te mettre dans un état de sommeil léger. Nous t'injecterons de l'adrénaline pour te sortir de cet état si nécessaire. Vous avez d'autres questions ?

- Non, c'est bon pour moi. Tris ?

La jeune femme était tendue à cause de cette situation mais elle comprit malheureusement qu'elle ne pourrait rien faire pour qu'il change d'avis. Elle fit donc signe que non de la tête et Matthew les emmena dans la pièce adjacente. Tobias s'allongea sur le fauteuil et retira sa chemise laissant ainsi Matthew installer les capteurs du moniteur cardiaque tandis que Tris s'assit sur un siège à côté et lui prit la main. Matthew prépara l'ordinateur puis prit une petite boite où il en sortit une seringue avec le précieux sérum. Il la remplit au tiers puis se tourna vers Tobias.

- Tu es prêt ?

- Oui.

Matthew prit une lingette désinfectante qu'il passa dans le cou du jeune homme puis le piqua et injecta le sérum. Tobias se détendit et ferma les yeux pendant que Matthew se brancha sur l'ordinateur pour voir ce qui se passerait dans l'esprit de son ami. Tris sentit sa respiration s'accélérer alors qu'elle serrait fort la main de Tobias. Seul le bruit régulier de son rythme cardiaque planait dans la pièce et le jeune homme paraissait serein quand tout à coup, son corps se crispa.