Sur la place centrale de la ville de Kadéra, Koro tentait de vendre des galettes. Il les achetait à la boulangerie et allait les revendre sur la place publique un yop de plus que leur valeur. Il gardait la dernière galette pour lui. Il utilisait ses maigres revenus pour payer sa chambre. À 14 ans, Koro se débrouillait seul depuis la mort de sa mère quatre ans auparavant. Il était maigre et petit, alors on ne voulait pas l'engager à la chaufferie de la ville. C'était le seul métier qu'il pouvait espérer faire. Il n'avait pas d'éducation et personne pour payer ses droits d'apprenti.

Il interpellait les passants.

- Hey...

En levant la main, il remarqua une lumière rouge clignoter dans la paume de sa main. Il appuya dessus de façon instinctive. Il entendit une voix.

- Bonjour Koro, je suis le docteur. Tu ne te rappelles pas de moi, mais nous n'avons pas beaucoup de temps, alors je te résume l'histoire et ensuite viens me rejoindre à mon Tardis, de préférence en courant parce que tu seras poursuivi par un orbe de lumière.

- 13 = 13 = 13 = 13 = 13 -

- Avez-vous déjà vu un quadruple couché de soleil, demanda le docteur à ses compagnons?

Puis, sans attendre leur réponse, elle soupira.

- J'en ai assez de toujours dire la même chose.

- C'est la première fois que je vous entend dire ça, dit Graham. Enfin... je crois...

Le docteur regarda son poignet.

- C'est le moment de mettre à jour nos informations.

- De quoi parlez-vous, demanda Yazz?

- Il y a longtemps très longtemps que je voyage dans le temps, alors mon cerveau s'adapte plus vite aux changements temporelles. Nous sommes coincés dans une boucle temporelle et à chaque cycle, je retiens plus d'informations que vous.

- Je ne me rappelle rien, dit Ryan.

- Pour les humains, il s'agit plutôt d'impressions de déjà-vu et d'intuitions. Mais ne perdons pas de temps. Nous devons écouter les informations que nous avons recueillies lors de la dernière boucle.

À ce moment, quelqu'un frappa à la porte. Graham alla ouvrir devant le jeune Koro.

- 13 = 13 = 13 = 13 = 13 -

Koro et le docteur arrivèrent devant l'entrée de service portant un vêtement gris : Une simple tunique courte par dessus un pantalon bouffant. Il y avait une petite bordure blanche sur les manches, contrairement aux tenues des employés de Kerr, mais le détail était à peine visible et l'habit, suffisamment ressemblant.

Quand ils approchèrent l'entré, un des gardes leur demanda leur demanda leurs cartes de travail. Le docteur lui montra son papier psychique.

- Aide buandière et son apprenti, lut-il. Envoyé par la compagnie de personnel... c'est pour ça que je vous ai jamais vus. Très bien, vous pouvez y aller.

Ils entrèrent dans le bâtiment et trouvèrent un long corridor sans portes. Les murs étaient gris métallique et l'éclairage faible lui donnait des allures de film d'horreur.

- Reste près de moi, chuchota le docteur.

Elle sortit son tournevis sonique et scanna les environ.

- Nous sommes presque seuls sur cette étage. Il y a quelqu'un dans les cuisines, au fond à gauche, et il y a un escalier face à la porte, sans doute un escalier de service. Où allons-nous?

- Dans les cuisines, répondit Koro. Nous devons savoir où se trouve Kerr.

- Exactement, approuva le docteur. Nous saurons où aller à la prochaine boucle.

Quand ils arrivèrent au cuisine, il y trouvèrent une femme au cheveux gris et visage rond qui pétrissait de la pâte sous un tablier aussi gris que les vêtements du docteur et de Koro. Quand elle les vit, elle arrêta son travail.

- Je n'attendais pas de nouveaux cuistots.

- C'est l'agence qui nous envoie, répondit le docteur. Nous sommes là pour vous aider. Peut-on faire quelque chose?

- C'est une journée tranquille. Le patron n'est pas là alors, je prépare les pains de la semaine.

- Comment ça, il n'est pas là, reprit Koro?

- L'agence nous avait laissé entendre qu'il y aurait beaucoup de monde, expliqua le docteur.

- L'agence a du se tromper de jour. Le patron est parti en ville, comme il le fait régulièrement depuis quelque temps.

- Où va-t-il?

- Pourquoi voulez-vous savoir ça, demanda-t-elle avec suspicion?

- Pour rien, je suis curieuse, voilà tout.

- Le patron n'aime pas les gens trop curieux. Si vous voulez travailler ici, il faudra apprendre à ne pas vous mêler de ses affaires.

- Nous partons puisque personne n'a besoin de nous. Merci du renseignement.