DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3

Cette traduction est aussi disponible sur AO3.

Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte


« Alors quelle route prenons-nous pour aller au Mordor ? » Demanda Tauriel alors qu'ils commençaient leur marche le long de la rivière.

Bilbo sortit la carte volée à Rivendell et l'ouvrit pour lui montrer. « Nous suivons la rivière jusqu'à trouver un moyen de la traverser. Puis nous pouvons marcher aux bords de Mirkwood, avant de couper à travers les Terres Brunes jusqu'au Mordor. »

« Les Terres Brunes sont désolées et sans vie, » Pointa Tauriel, levant un sourcil. « Comment sommes-nous censés traverser une terre pareille avec nos provisions limitées ? »

« Nous allons rassembler de la nourriture sur le chemin, » Répondit-il, haussant les épaules. « C'est ce que nous avons fait après avoir traversé Mirkwood. Nous pouvons le refaire. »

« Tu réalises qu'ils vont nous voir approcher de la Porte Noire à des kilomètres, » Pointa Bard. « Il n'y a aucun endroit où se cacher dans ces plaines. »

Bilbo renifla et poussa ses tresses en arrière. « Tu as une meilleure idée ? Parce que je ne connais pas d'autre moyen d'entrer au Mordor. »

« Non, » Admis facilement l'homme, « mais nous avons assez de temps pour penser à une meilleure approche. »

Tauriel hocha la tête en réajustant son arc sur son dos. « Je suis plus inquiète au sujet des saisons. L'hiver va rendre ce trajet plus dur qu'il ne devrait l'être. »

« La neige n'était pas ma première inquiétude lorsque j'ai prévu d'entrer au cœur d'un volcan, » Marmonna Bilbo, donnant un coup de pied dans un caillou.

Beorn renifla et secoua sa tête massive en ce qui semblait être une affirmation ou du mépris. Il n'était pas sûr. Lire les gestes des ours n'était pas un de ses talents.

« Eh bien c'est une inquiétude pour moi, » Rétorqua Tauriel en fronçant les sourcils. « La nourriture va se faire rare, les nuits seront plus longues et le froid pourrait nous tuer avant d'atteindre les Terres Brunes. »

Bilbo se mordit la lèvre inférieure et hocha la tête. Il savait que l'elfe avait raison de s'inquiéter. La nature était contre eux et ils avaient un temps limité pour arriver au Mordor avant que le pire de l'hiver ne s'installe. Il avait vraiment choisi le pire moment pour quitter Erebor, mais le temps n'avait jamais été un ami.

« Tu peux repartir si tu es si inquiète, » Dit Bard, repoussant quelques boucles brunes derrière son oreille. « On ne te blâmerais pas. Ce n'est pas une tâche facile pour une femme. »

Tauriel prit une expression renfrognée et lança un regard noir à l'homme par-dessus son épaule. « Je ne suis pas celle qui a besoin d'aide pour marcher, Maître Bard. »

L'homme foudroya à son tour l'elfe du regard et croisa les bras. « J'ai dit que je n'avais pas besoin d'aide. C'est vous trois qui avez insisté pour que je monte sur le dos de ce cheval poilu. »

Beorn souffla et bouscula délibérément l'homme sur son dos. Bard jura et attrapa rapidement l'ours pour ne pas tomber. « Mince ! Ne fais pas ça, espèce de menace poilue ! Je ne peux pas me permettre plus de blessures. »

« Si tu ne peux pas supporter la chevauchée, alors je frissonne à penser à ta survie au Mordor, » Commenta Tauriel, ses lèvres se tordant en un sourire mauvais. « Peut-être que nous aurions dû te laisser derrière après tout. »

« Je me suis occupé d'Azog. Je pense que je peux m'occuper d'un volcan, » Dit Bard d'une voix monotone.

L'elfe secoua la tête et lui lança un regard condescendant. « Pourquoi ne pas apprendre à t'occuper d'un ours avant le Mordor ? Une fois fini, nous te trouverons un cerf à conquérir. Ou peut-être un lapin ou un écureuil. »

« Est-ce que je vais avoir besoin de vous séparer ? » Se demanda Bilbo à voix haute alors que le regard noir de Bard devenait encore plus sombre.

Tauriel renifla et leva la tête. « Il a commencé. Je ne faisais que terminer. »

« C'est ma patience que tu termines, » Répondit Bard.

« Ca va être un long voyage, » Déplora Bilbo à Beorn alors que Tauriel et Bard continuaient à se disputer. « Un très long voyage. »

En réponse, Beorn lui lécha la joue en ce qu'il espérait être de la sympathie et pas de la moquerie. Mais considérant sa chance, c'était probablement la deuxième possibilité.


Il leur fallut la matinée pour atteindre une partie de la rivière assez fine pour pouvoir la traverser. Malheureusement, même si l'eau était assez basse pour pouvoir marcher, elle était toujours assez profonde pour les tremper. Bilbo se retrouva enfoncé jusqu'à la taille, luttant pour maintenir son sac au-dessus de sa tête en faisant de son mieux pour ne pas glisser sur les pierres sous ses pieds. Tauriel marchait juste derrière lui ; l'eau atteignant le milieu de ses cuisses et lui facilitant la marche à travers la rivière. Beorn prit les devants avec un Bard tout sourire, qui ne se plaignait plus de sa monture. Quand ils eurent traversé la rivière, ils étaient tous mouillés et gelés.

« Nous devrions faire une pause ici pour sécher nos vêtements, » Suggéra Tauriel en essorant la pointe de ses cheveux. « Pas besoin de tomber malade si vite. »

Bard hocha la tête et vida l'eau de ses bottes ; la seule partie de lui qui était mouillée. « Oui. Gardons ça pour les Terres Brunes. »

Bilbo leva les yeux au ciel mais alla chercher du bois pour faire un feu. Tauriel le rejoignit et rapidement ils eurent un petit mais fort feu entre eux quatre. Ils se rapprochèrent le plus possible et partagèrent un petit repas de pain et de fromage dur. Même Beorn était revenu à sa forme normale pour les rejoindre. Ce fut durant cette brève pause que Bilbo se retrouva forcé de révéler sa véritable histoire.

« Alors, lapin, j'ai une question pour toi, » Commença nonchalamment Beorn alors qu'il était assis torse nu avec les jambes tendues devant lui. Le changeur de peau n'avait pas l'air d'avoir froid et avait l'air parfaitement heureux avec sa tenue.

Bilbo leva les sourcils en mâchonnant son morceau de fromage. « Oh ? A quel propos ? »

« Ton esprit, » Répondit l'homme, s'appuyant sur ses mains et penchant la tête sur le côté. Ses longs cheveux emmêlés lui tombaient sur le visage mais Bilbo pouvait toujours voir ses yeux noirs le fixer. « Il est plus vieux qu'il ne devrait l'être ; comme s'il avait déjà vécu complètement. Cela irait si ton corps était vieux mais tu ne l'es pas. Tu peux nous expliquer pourquoi ? »

Bilbo se figea. « Quoi ? »

« Je suis d'accord : de quoi tu parles ? » Demanda Bard en regardant les deux. A côté de lui Tauriel resta silencieuse ; les fixant avec un sourcil levé.

« Bilbo, tu sais de quoi je parle, » Réprimanda gentiment Beorn, ses yeux ne le lâchant pas. « Maintenant dis-nous la vérité : qu'est-ce que tu es ? »

Il fixa le changeur de peau alors que son cœur battait de plus en plus vite. Jamais en un million d'années s'était-il imaginé être confronté par Beorn à ce sujet. Comment est-ce que le changeur de peau avait même deviné ? Et comment pouvait-il lire l'âme de Bilbo ? Même Gandalf ne pouvait pas faire ça !

« C-Comment ? » Murmura-t-il, fixant le géant alors que ses mains commençaient à trembler.

Beorn haussa les épaules. « J'ai un pied dans chaque monde, lapin. Un être pareil peut voir des choses que les autres manquent parfois. »

« Alors… tu es en train de dire que Maître Baggins n'est pas ce qu'il semble être ? » Questionna Tauriel en plissant les yeux.

« Je suis un hobbit, » Déclara-t-il rapidement, sa voix tremblant légèrement. Il serra son pantalon pour empêcher ses mains de trembler. « Je suis né en tant que simple hobbit et je mourrais comme tel, même si mon âme est différente - »

« Je sais ça, » Rassura Beorn, le coupant. Il lançant à l'elfe et l'homme un regard ferme avant de se tourner vers Bilbo. « Tu es un hobbit. Je n'en ai jamais douté. C'est ton esprit qui est différent. »

« Et pourquoi ça ? » Demanda Bard en pinçant les lèvres. « Pourquoi est-ce que son âme est vieille ? Est-ce que tu en connais la raison, Bilbo ? »

Il hésita un moment avant de hocher la tête, défait. « Oui. Mon esprit semble vieux parce que… parce qu'il l'est. C'est la deuxième fois que je vis cette vie. »

Ses trois compagnons le fixèrent.

« Quoi ? » Dit Tauriel d'une voix monotone. « Est-ce que tu peux répéter ça ? »

« Ouais, je ne suis pas vraiment ton train de pensées là, » Admis Bard, se grattant le côté de la tête. « Qu'est-ce que tu veux dire par c'est ta deuxième vie ? Est-ce que tu as été réincarné ou un truc du genre ? »

« Non. J'ai toujours été Bilbo Baggins dans les deux vies, » Corrigea-t-il doucement en regardant ses genoux. « Ce que je veux dire c'est que, d'une manière ou d'une autre, j'ai été envoyé quatre-vingts ans dans le passé pour revivre ma vie. »

Les trois continuèrent à le fixer.

« Je pense que tu devrais reprendre depuis le début, » Suggéra doucement Beorn alors qu'il fixait le hobbit avec quelque chose de dur dans les yeux.

Bilbo soupira mais le fit. Il leur raconta sa première vie, son voyage avec les nains et la récupération d'Erebor pour finir par voir le roi et ses héritiers mourir sur le champ de bataille. Il parla de sa trouvaille de l'anneau, de son retour dans la Comté avec, et comment il avait vécu avec pendant des années sans savoir de quoi il s'agissait réellement. Il leur parla de Frodo et comment il avait donné l'anneau à son neveu avant que Gandalf ne découvre qu'il s'agissait de l'Anneau Unique. Il expliqua brièvement la guerre qui avait suivi, les batailles gagnées et perdues, et leur victoire finale quand l'anneau avait été détruit pour de bon. A la fin de son récit, chacun de ses camarades le regardaient en silence jusqu'à ce que Tauriel le brise en se levant.

« Pourquoi est-ce que tu n'en as pas parlé plus tôt ? » Demanda-t-elle foudroyant le hobbit du regard. « Est-ce que tu as une idée de l'importance de ces informations ? Tu as la connaissance de ce qui pourrait possiblement être la plus grande guerre de notre monde et tu l'as gardée ! Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »

« Parce que je ne voulais pas risquer de changer les choses trop drastiquement, » Répondit-il, rendant son regard à l'elfe. « J'ai appris à la dure dans les Montagnes Embrumées que le plus petit des changements peut grandement altérer les choses. »

Tauriel n'avait pas l'air convaincue. A la place, elle serra la mâchoire et redressa ses épaules en continuant à lui lancer un regard noir. « Et les risques que tu as pris ? Je t'ai vu combattre, Maître Baggins, et je t'ai entendu parler de sacrifice plus d'une fois. Tu aurais pu mourir pour l'un de tes camarades pendant ce voyage imprudent et toute ta connaissance aurait été perdue à jamais. »

« Je sais. C'était un risque que j'étais prêt à prendre, » Admit-il, levant la tête. « Je préfèrerais mourir à la place de mes amis plutôt que de les voir tomber à nouveau. »

Bard laissa échapper un bruit étranglé alors que les yeux de Tauriel s'enflammaient presque face à sa confession.

« Tu aurais sacrifié le monde pour trois nains qui étaient censés mourir ? » Dit-elle durement alors que sa bouche se tordait en une affreuse grimace. « Comment as-tu pu faire une chose pareille ? Comment as-tu pu mettre tes désirs au-dessus du destin du monde entier ?! Comment as-tu pu être aussi égoïste ?! »

« Parce que je suis égoïste ! » Cracha Bilbo en retour en se levant enfin. Du coin de l'œil, il remarqua Bard et Beorn se lever à leur tour, mais il ne fit pas attention à eux alors qu'il continuait à fixer l'archère devant lui.

« Je suis égoïste et égocentrique et possiblement le pire mortel à jamais avoir foulé cette terre, » Admit-il alors que ses mains continuaient à trembler, « mais je ne regrette pas ma décision. Je choisirais Thorin et les autres encore et encore si besoin est ! »

« Bilbo - » Essaya de dire Bard, mais le hobbit le coupa avant qu'il ne puisse continuer.

« Non ! Vous ne savez pas ce que c'est de vivre pendant des décennies en se demandant pourquoi quelqu'un que vous aimiez était mort d'une mort injuste ! » Cria-t-il, se tournant vers les deux autres. « Ce n'était pas juste ! Thorin n'aurait pas du mourir ! Aucun d'eux n'aurait du mourir dans cette bataille ! J'ai passé des années à vivre avec cette pensée et quand j'ai enfin eu la chance de les sauver, comment aurais-je pu l'ignorer ? Comment pourrais-je refuser à mon cœur son plus grand désir alors qu'il était en face de moi ?! »

« Cela ne justifie pas tes actions ! » Cracha Tauriel, son beau visage se transformant en quelque chose de dur et impitoyable. « Tu as mis tes sentiments avant ce qui était juste et nous a presque tous condamnés ! »

« Je ne pouvais pas m'en empêcher, » Répondit-il alors que les battements de son cœur accéléraient. « Je sais que c'est horrible et égoïste de ma part de choisir une personne plutôt que des milliers, mais je n'ai pas pu résister ! Je ne suis pas assez fort pour les regarder mourir à nouveau ! Je ne suis pas assez fort pour être le héros que tu penses que je devrais être ! »

Tauriel le foudroya du regard. « Que ton choix vienne de l'amour et de la dévotion n'a pas d'importance ! C'était quand même mal ! »

« Assez, » Ordonna Beorn, interrompant la dispute en s'interposant. Il se redressa et les regarda tous les deux avec des yeux qui reflétaient une sauvagerie prudemment contrôlée. Pour la première fois depuis longtemps, Bilbo se souvint que Beorn n'était pas vraiment un homme, peu importe le visage qu'il portait.

« Assez. Ce qui est fait est fait et il est temps de se calmer, » Gronda le changeur de peau.

Tauriel secoua la tête ; ses mèches rouges créant un tourbillon autour de son visage. « Pas avant - »

« Non, ma belle, assez, » Coupa l'homme, son ton s'adoucissant légèrement alors qu'il regardait l'elfe. « Oui, Bilbo a été assez stupide et égoïste dans ses actions, mais ce qui est fait est fait. Se disputer à ce sujet ne changera pas ce qu'il s'est passé. Tout ce que nous pouvons faire maintenant c'est empêcher la guerre à venir en détruisant l'anneau pour de bon. »

L'archère continua à fusiller le changeur de peau du regard puis Bilbo avant de tourner les talons et de s'enfoncer dans la forêt. Tout trois la regardèrent jusqu'à ce que sa silhouette disparaissent entre les arbres. Une fois partie, Beorn et Bard se tournèrent vers le hobbit.

« Eh bien. C'était inattendu, » Commenta Bard en clignant des yeux. « Je n'avais jamais vu un elfe en colère. Je pensais qu'ils étaient au-dessus des crises de colère. »

« Cela ne marche qu'avec Thranduil, » Marmonna Bilbo en s'effondrant sur le sol en croisant les jambes. Il se frotta le front d'une main et fit de son mieux pour calmer son cœur.

« Je ne m'attendais pas à cette réaction, » Admit-il doucement à ses compagnons restants.

Bard hocha la tête et alla s'asseoir à côté du hobbit en train de broyer du noir. « Moi non plus. Elle a toujours l'air si calme. Même pendant la bataille elle n'a pas perdu le contrôle de ses émotions. Mais là encore, personne ne s'attendait à ton histoire. »

Il regarda l'homme du coin de l'œil. « Est-ce que tu es de son avis ? »

Bard haussa les épaules et leva les mains. « D'un côté, oui, je comprends sa colère. Tu as pris un grand pari en gardant ce secret et en tentant de changer le destin de la lignée de Durin. Ton plan aurait pu se retourner contre toi avec ta mort et rendu les choses pires. Mais en même temps, je peux comprendre tes actions. Si quelqu'un me donnait une chance de sauver ma femme, je ne peux pas dire que je ne le ferais pas. »

Bilbo hocha la tête et lança un regard au changeur de peau. « Et toi, Beorn ? Que penses-tu maintenant que tu connais la vérité derrière mes actions ? »

Beorn haussa les épaules et s'allongea sur la terre froide avec les bras croisés derrière la tête. « Je ne suis pas la personne à qui il faut poser la question, lapin. Je déteste tout le monde équitablement. »

Bard ricana. « Menteur. »

« Non, c'est vrai, » Insista le géant, pliant une jambe pour pouvoir poser l'autre sur son genou. « Les gens rendent toujours les choses plus compliquées qu'elles ne le sont. C'est fatiguant après un moment. C'est pour ça que je les évite et que je reste avec mes animaux. Beaucoup plus faciles à supporter. »

« Mais tu n'es pas en colère contre moi pour vous avoir presque tués ? » Appuya le hobbit, se frottant les mains.

« Tu vois, c'est de ça que je parle, » Répondit le changeur de peau, levant les yeux au ciel. « Dramatique, vous tous. Pourquoi est-ce que je serais en colère contre toi ? Personne n'est mort et la guerre n'a pas encore commencée. Oui, tu aurais pu te foirer au point d'entraîner notre mort et la montée de Sauron au pouvoir, mais tu ne l'as pas fait. Tu as survécu, as sauvé tes nains fous, et maintenant tu vas sauver le reste du monde. Pas besoin d'être en colère. »

Il ne se sentit pas mieux. « Tauriel est furieuse. »

« Notre dame a un code moral très fort, » Pointa Beorn en fermant les yeux. « Bien sûr qu'elle est en colère. C'est une femme noble et forte, mais elle doit réaliser que tout le monde n'est pas aussi honorable. Tout le monde ne peux pas placer ses devoirs au-dessus des sentiments. »

« Personnellement, je suis plus inquiété par la manière dont tu es revenue dans le temps, » Admis Bard en se grattant la mâchoire. « Voyager dans le temps n'est pas vraiment quelque chose de normal. »

Bilbo haussa les épaules. « Tes idées sont aussi bonnes que les miennes. La seule référence que j'ai, c'est l'histoire d'une hobbit qui a revécu le jour de la mort de son fiancé encore et encore jusqu'à pouvoir le sauver. »

« Je n'ai jamais entendu parler d'un état pareil, » Admis Beorn. « Pas d'histoires, pas de légendes, rien. Mais j'ai aussi passé la majorité de mon temps avec des cheveux et des abeilles, alors qu'est-ce que j'en sais ? »

« Tu penses que quelqu'un d'autre est revenu ? » Demanda Bard, se tournant pour faire face au hobbit à ses côtés.

« Je me suis posé la question, » Confia-t-il en se mordant la lèvre. « Mais rien n'est sortit de l'ordinaire – attendez, c'est faux ! Radagast le brun – un sorcier comme Gandalf – il était censé nous avertir de l'arrivée d'un mal à Dol Guldur, mais il n'est jamais venu ! »

Beorn ouvrit un œil. « Un mal ? Quel genre de mal ? »

« Le Nécromancien. Enfin, c'était Sauron qui se faisait passer pour un Nécromancien pour cacher sa véritable identité, » Expliqua-t-il lentement en se rappelant de tout ce qu'il pouvait. « Gandalf est ensuite aller enquêter à Dol Guldur et l'a vaincu la première fois, mais cette fois il n'y a eu aucune indication de son arrivée. Je ne sais pas ce qui est arrivé à Radagast ou au Nécromancien. »

« Ca… n'est pas une bonne nouvelle, » Dit lentement Bard. « Si ce Radagast n'est pas arrivé, alors soit il n'a pas remarqué le Nécromancien ; s'est fait tué avant de pouvoir en parler à qui que ce soit ; ou ne nous a pas informés de ce qu'il a vu. »

« Radagast n'est pas la menace ici, » Pointa Beorn en s'asseyant et en posant ses coudes sur ses genoux. « C'est le Nécromancien. S'il n'est pas à Dol Guldur comme il est censé l'être, alors où pourrait-il être ? Pourquoi ne s'est-il pas montré comme dans ton histoire ? »

« Est-ce que tu… Est-ce que tu penses qu'il est revenu aussi ? Avec moi ? » Demanda doucement Bilbo alors que quelque chose de froid parcourait sa colonne vertébrale. Il pensa entendre l'anneau ricaner, mais il ne savait pas s'il s'agissait de son imagination ou non.

Beorn échangea un regard sombre avec Bard avant de hocher la tête. « Je pense que c'est quelque chose que nous devons garder à l'esprit. Après l'histoire que tu nous a racontée, je suis prêt à croire que tout peut arriver. »

Il frissonna et remonta ses genoux jusqu'à son torse. Si leurs soupçons était corrects à propos de Sauron, alors leur voyage avait l'air beaucoup moins réjouissant.


Tauriel revint après quelque temps ; retournant au camp silencieusement, avec un air renfrogné sur son beau visage. Ses yeux brûlaient toujours mais la ligne de ses épaules était détendue et les rides autour de sa bouche avaient diminuées. Elle ignora Beorn et Bard et se dirigea vers Bilbo pour la regarder depuis sa taille impressionnante.

« Je suis toujours en colère contre toi, » Dit-elle franchement en croisant les bras. « Mais ce n'est pas dans ma nature d'être rancunière. Alors je vais te pardonner pour ton égoïsme et tes choix idiots tant que tu me promets de ne pas refaire une chose pareille. »

« Je ne peux pas te le promettre, » Répondit-il parce qu'il se connaissait assez pour s'avoir que s'il se retrouvait à choisir entre quelqu'un qu'il aimait et le monde – eh bien, désolé le monde, mais il choisirait ceux qu'il aimait. Eru pourra le punir après sa mort.

Les yeux de l'elfe s'enflammèrent à nouveau mais elle n'essaya pas de le frapper. « Bien. Alors je vais t'observer et m'assurer que tu ne détruise pas le monde par ton égoïsme. »

Sur le côtés et hors de la zone de danger – parce qu'il était clairement lâche – Beorn ricana. « Ton travail est facilité. »

Bilbo le foudroya du regard avant de se tourner vers l'elfe en face de lui. « Ne m'empêche pas de protéger mes amis. »

« C'est comme si je regardais un jeu ou une bataille. J'ai l'impression que je devrais avoir à manger entre les mains, » Confia Bard sans baisser la voix parce que les pêcheurs de Lake-town n'étaient pas connus pour leur intelligence.

« Il devrait rester des fruits séchés dans le sac du lapin, » Répondit Beorn, pointant le sac en cuir sans détacher les yeux du drama en face de lui.

« Je vais vous poignarder l'entrejambe, » Promis Tauriel sans regarder les deux hommes.

« Je peux toujours vous laisser derrière et continuer seul, » Ajouta le hobbit alors que Bard prenait ses fruits.

« Non tu ne le feras pas, » Dit Beorn en levant les yeux. « Nous t'entendrions t'enfuir avec toutes ces cloches dans tes cheveux. »

« Et tu t'inquièterais trop pour nous pour partir, » Ajouta Bard, mordant dans sa nourriture volée et signant son arrêt de mort.

« Je vous déteste tous, » Déclara-t-il en les foudroyant du regard.

Bard hocha simplement la tête en continuant à manger son fruit volé. « Nous t'aimons aussi, Bilbo. »