Chapitre 12.

Snape avait pris un peu de la potion qui était en stase depuis deux longues semaines dans une pipette qu'il versa ensuite dans un flacon.

Hermione observa le liquide rouge vif tournoyer, à la fois effrayée et un peu impatiente. Le maître des potions se tourna vers elle, embêté.

« Nous allons devoir tester son efficacité.

_ Je connais l'adresse de mes parents. Ils sont en Australie.

_ Non. On ne peut pas donner ça à des moldus sans être sûrs que ça marche. »

La jeune femme papillonna des paupières avant de secouer la tête.

« On ne peut pas la tester sur nous, lâcha-t-elle.

_ Si, c'est possible. En se lançant un sort d'oubliette. »

Hermione ouvrit, puis ferma la bouche. Elle prit une profonde inspiration en faisant tourner ses méninges à la vitesse de l'éclair.

« Un sort d'oubliette est extrêmement risqué, se défendit-elle.

_ Pas s'il est correctement lancé, et il semblerait que vous l'ayez fait à merveille.

_ Que proposez-vous ? Vous pourriez à la rigueur, me faire oublier la façon dont nous sommes arrivés jusqu'ici car je ne suis pas sure de pouvoir supporter encore longtemps la façon dont mes élèves nous ont regardé, rit-elle jaune.

_ Ce serait avec joie, mais c'est loin d'être assez puissant, grimaça le maître des cachots. Vous ne vous êtes pas contenté d'effacer un court épisode d'une vie à vos parents, mais bel et bien votre existence toute entière. Alors, si vous voulez voir si la potion marche, il n'y a pas 36 solutions. »

Hermione observa le professeur avec des yeux ronds. Elle se recula en se protégeant de ses mains, son visage montrant une foule de sentiments intenses : la peur, la panique, l'angoisse.

« Non. Non, non, non.

_ Il vous suffit de me faire oublier votre existence, entama le sorcier.

_ Je ne peux pas faire ça, se braqua-t-elle.

_ Bien sûr que vous le pouvez, contra l'homme fermement.

_ Non. Non, j'en suis incapable. Pas vous, pas moi, pas comme ça, décida-t-elle.

_ Alors je vous ferais oublier la mienne, ce sera une moindre peine.

_ Une moindre peine ?! »

La jeune femme manqua de s'étrangler, et émit un rire cassé avant de s'asseoir sur un des tabourets prés des paillasses.

« Une minute, lâcha la jeune femme en dressant son index vers lui sans toutefois le regarder. Je crois que vous ne réalisez pas…

_ Je suis certain que cette formule marche.

_ Je vous parle du sort. »

Hermione l'observa de nouveau, et ce que vit Snape dans ses pupilles manqua de le faire tomber à la renverse. Elle paraissait anéantie, comme si elle s'apprêtait à mettre fin à son existence, ou à celle de quelqu'un de proche.

L'homme se ressaisit en tentant de rester le plus droit possible. Il se fourvoyait forcément.

Elle était paniqué par le sort. Juste le sort.

« Vous n'avez pas signé pour ça, je n'ai pas signé pour ça, trancha la sorcière.

_ Certes… Mais vous saviez que nous allions devoir la tester tôt ou tard.

_ Je ne pensais pas que cela prendrait cette envergure !

_ La science des potions est quelque chose de pointilleux Miss Gr… Miss. Il n'y a pas la place pour les approximations et je sais que vous voulez retrouver vos parents, coute que coute.

_ Pas à ce prix, lâcha-t-elle en secouant la tête.

_ Quel prix ? S'étonna Snape. Le prix de mon existence ? Oh je vous en prie, elle ne vaut aucun de vos proches et ce serait un tel soulagement que vous me supplierez de vous oubliettez de nouveau une fois votre mémoire retrouvée.

_ Vous divaguez ! »

Hermione se leva après avoir presque hurlé sa dernière phrase. Elle se tourna dos à Snape, les bras croisés sur sa poitrine. Elle était sidérée et abattue comme elle ne l'avait jamais été.

« Vous êtes complètement fou, murmura la jeune femme.

_ C'est la meilleure des options. »

Hermione tourna sa tête vers la gauche sans bouger de sa position alors que son interlocuteur se mit en travers de sa vision.

« Je ne peux pas vous demander d'oublier vos amis, un autre collègue ou pire encore n'est-ce pas ? Quant à faire subir le même sort à un sombre inconnu, je doute que cela fasse parti de vos valeurs.

_ Je peux oublier le conducteur de bus que j'ai croisé la semaine dernière, tenta-t-elle.

_ Ce ne sera pas assez puissant, murmura à présent le maître des potions. Et pour ma part, je n'ai malheureusement personne de… si important que cela à oublier, avoua-t-il.

_ Personne et pourtant, vous voulez m'oublier, moi, lâcha la jeune femme en un reniflement. »

Snape prit une profonde inspiration. Il croisa lui aussi ses bras avant d'éviter son regard.

« Parce que vous êtes la seule avec assez de… valeur à mes yeux pour que le sort fonctionne. »

Hermione leva ses iris timidement vers le maître des cachots qui resta impassible. Il était impossible de lire en lui et pourtant, le sorcier était en train de vivre une véritable tourmente intérieure. Il se sentait prit au piège.

En fait, l'issu de cette expérience devait forcément aboutir à ce test. C'était fatalement ce qui aurait du arriver, et il avait pensé, naïvement, que Granger avait accepté son aide justement pour cela.

Et pourtant, elle semblait brisée par cette annonce. Comme si cela avait une quelconque importance.

Snape avait du mal à le concevoir. Son existence ne pouvait pas avoir autant de puissance dans sa vie, c'était tout bonnement impossible.

« Je ne peux pas, murmura-t-elle.

_ Je le ferais à votre place. Je ferais le sort.

_ Je ne veux pas vous oublier, se mit-elle à dire d'une voix plus brisée encore, au bord des sanglots.

_ La potion marchera.

_ Et si elle ne marche pas ? »

Il était vrai qu'il y avait toujours une part de risque, c'était indéniable. Et Snape ne voulait pas lui mentir.

« Alors nous continuerons à travailler ensemble et séparément. Je n'abandonnerais pas ce projet pour autant, tenta-t-il de la rassurer.

_ Vous êtes con ou quoi ? »

Le sorcier leva un sourcil, prêt à l'envoyer sur les roses. Hermione venait de passer d'une tristesse profonde à une rage indescriptible en un quart de seconde, tant et si bien que cela le stupéfia et l'empêcha de donner une réponse quelconque.

« Je me fiche du projet, lança-t-elle, catégorique.

_ C'est faux, vous ne vous en fichez pas, je le sais.

_ Non, je ne m'en fiche pas, mais… se mit-elle à bégayer.

_ Souhaitez-vous discuter de cela encore longtemps ?

_ Oubliettons quelqu'un d'autre. McGonagall. On peut lui faire oublier mon existence, induit-elle.

_ On ne peut pas faire ça, vous allez perdre votre travail.

_ Mon job a moins d'importance que mes souvenirs, s'emporta-t-elle.

_ Oui, sauf que vous n'êtes pas assez importante dans la vie de Minerva. Mais de toute façon, je vous ai déjà dis que vous pouvez prendre les miens.

_ Ecoutez moi bien. »

Hermione se planta devant Snape qui la jaugea, décontenancé. La jeune sorcière porta ses poings sur les hanches d'un air ferme et indéfectible.

« Je ne ferais pas oublier de nouveau le souvenir de mon existence à quelqu'un de cher. Est-ce clair ?

_ De cher ?

_ Oui, de cher !

_ Je ne suis pas quelqu'un de cher.

_ Vous n'êtes surtout personne pour clamer qui a le droit de compter mes yeux ou non, trancha la jeune femme. »

Alors celle-là, il ne s'y attendait pas ! Snape fut si soufflé qu'il en perdit ses mots et fut incapable de poursuivre sa tentative de persuasion.

« Alors je ne vois qu'une issu. Il faut que vous m'oubliiez. »

Hermione soutint son regard en silence durant plusieurs secondes, une trentaine environ avant de vite le détourner lorsqu'elle sentit des larmes menacer de couler sur ses joues.

Snape était déboussolé. Jamais il n'avait imaginé que cette expérience prendrait cette ampleur. Jamais il n'avait imaginé que Granger réagirait ainsi. Il avait même pensé qu'elle s'en réjouirait…

« Et si le remède ne marche pas, répéta-t-elle en un sanglot, cette fois bien réel. »

Snape ouvrit la bouche, sans sortir un seul mot. Il sentit son coeur, qu'il pensait mort d'ailleurs, se serrer si fort dans sa poitrine qu'une douleur bien réelle se manifesta. Sa gorge se serra et il déglutit pour faire partir cette sensation désagréable.

« Her-

_ Ne dites pas mon nom, murmura la jeune femme. »

Elle se retourna, et son visage liquéfié par l'abattement eut fini de l'anéantir. Le moral de Snape toucha le fond, et il eut l'impression de mourir sur place.

Oh Merlin.

Il avait oublié ça. Il aurait préféré continuer de vivre en oubliant.

« Je ne sais même plus comment tout ça à commencer, lâcha-t-elle en reniflant. »

Le sorcier savait ce dont elle parlait. Et lui aussi, avait étrangement omit comment leurs querelles et cette relation si particulière s'était tissée. Cela s'était juste… fait.

« Pourquoi est-ce que ça a de l'importance ? osa-t-il demander.

_ Car si la potion ne marche pas, alors vous auriez pu de nouveau me tourmenter pour… renouer quelque chose, soupira-t-elle en avalant un spasme.

_ Ne soyez pas stupide, vous me détestiez bien avant. Une horde de psychiatres damneraient pour faire de nous un sujet d'études histoire de comprendre comment diable nous en sommes arrivés à ce point bien précis. Dieu lui-même ne pourrait pas reproduire cette chose.

_ Et quel point, mmmh ? Quel point, gronda-t-elle.

_ Celui où j'en viens à vous haïr alors que vous prenez la place la plus essentielle de mon existence. »

Hermione renifla une fois encore en calmant peu à peu ses larmes. Elles ne servaient à rien, elle le savait. Sa sensibilité s'était pourtant calmée après la guerre, après toutes ces pertes et ces expériences vaines pour retrouver ses parents.

Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas pleuré ainsi. Elle resta silencieuse, si longtemps que le sorcier pensa qu'elle était sur le point d'abandonner pour de bon.

« D'accord, murmura-t-elle. »

Snape prit une profonde inspiration avant de déglutir. Il n'était plus bien sûr de vouloir le faire lui aussi, mais il ne s'écouterait jamais. Parce que cette expérience était importante, plus encore que sa propre vie.

Elle était importante pour elle.

Hermione s'approcha de nouveau de Snape pour se planter devant lui.

« D'accord. Je vais le faire, décida-t-elle en un murmure se voulant courageux. »

Cette fois, la respiration du maître des potions se coupa. Il prit sa baguette, et l'observa alors que des larmes commençaient de nouveau à naître sur le coin de ses yeux. Elle les ravala, tant bien que mal et elles restèrent longtemps juchées au bord de ses paupières sans tomber.

Il soutint son regard, et avança sa baguette jusqu'à sa tempe.

Il n'avait pas envie de faire ça. Il n'avait pas envie qu'elle l'oublie. Le sorcier resta figé un long moment, suspendu au visage détruit de la jeune femme qui continuait régulièrement de contenir ses larmes, jusqu'à ce qu'elles coulent sur ses joues sans discontinuer.

Et pourtant, elle ne cédait pas, mettant son fameux courage avant tout le reste.

Il n'y avait plus qu'elle et lui, tentant de sortir ce sortilège qui ne voulait pas s'échapper de sa bouche.

Plus il attendait, pire c'était. Les sanglots de la jeune femme se firent un peu plus sonore, alors qu'elle se retenait de ne pas s'effondrer. Et qu'il se sentait prête à la rattraper.

Snape pressa sa baguette sur la tempe de la jeune femme qui ne trouva rien d'autre à faire que d'observer ses yeux. Ces pupilles si sombres qu'elles finiraient par s'évanouir de son esprit pour toujours.

Soudain, le maître des cachots jeta sa baguette sur le sol avant de prendre le visage de la jeune femme et de l'embrasser avec passion. Hermione fut surprise, mais ne put contenir un gémissement alors qu'elle sentait cette étreinte si providentielle réchauffer un peu son coeur meurtri.

Elle s'appuya sur les épaules du maître des potions pour se hisser à sa hauteur, jusqu'à ce qu'il finisse par la porter en enflammant sa bouche d'un baiser violent. La fièvre de ce geste fit monter un peu plus sa température.

Elle pressa ses mains dans ses cheveux maintenant secs alors qu'il posa ses fesses sur la paillasse juste derrière eux.

« Je ne veux pas vous oublier, répéta-t-elle entre deux baisers.

_ Moi non plus, avoua-t-il enfin en faisant passer le t-shirt de la jeune femme au dessus de sa tête. Je ne veux pas vous oublier. »

Débordant de sentiments bien trop contenus, Snape et Hermione continuaient de se jeter l'un sur l'autre comme deux assoiffés venant de trouver une oasis en plein désert.

Et c'était fou. Juste, fou.

Le maître des potions se détacha un peu d'elle alors que ses jambes ouvertes les faisaient déjà s'imbriquer dans une position plus qu'équivoque.

Hermione était en soutien gorge et jogging alors qu'elle lui avait retiré son t-shirt noir à peine quelques secondes après qu'il le lui ait ôté. Et même s'il la trouvait belle, magnifique même, ses cheveux retombant ainsi autour de son visage en plusieurs cascades de boucles, il éprouva l'envie viscérale de la détester.

Car cette jeune femme réveillait quelque chose qu'il pensait mort. Elle l'avait fait peu à peu, à travers ses vacheries et son attention, à travers ses souvenirs, ses regards noirs, ses paroles, sa façon de dire son nom.

Il avait tant envie de la haïr, comme il pensait le faire depuis tout ce temps. Elle le rendait aussi vulnérable qu'il avait pu l'être dans le passé, peut-être plus encore… Car cette étincelle qu'il devinait présente dans ses yeux se reflétait aussi dans les siens. Et elle n'avait pas le droit de faire un truc pareil.

Presque de rage, l'homme saisit sa mâchoire pour lui offrir un baiser plus brutal encore que les précédents.

Il avait envie de la haïr, mais il n'y parvenait tout simplement pas.

Hermione s'accrocha à son cou en suivant son mouvement. Elle pressa sa main sur sa joue, dans ses cheveux, son cou. L'idée de perdre « ça » lui donnait envie de mourir.

Jamais encore elle ne s'était sentie si profondément meurtrie.

« Je vous aime, lâcha-t-elle contre son gré. »

Snape l'entendit à peine… Ou choisit de ne pas l'entendre. S'il choisissait de l'écouter, alors jamais il ne trouverait la force de la lâcher. Jamais.

Ses gestes encore désordonnés le conduire à baisser le pantalon de la jeune femme qui se contorsionna pour le laisser tomber par terre. Elle se hissa sur ses coudes pour faire de même avec le sien alors qu'il attaquait son cou en mordant sa peau.

Il avait envie d'elle. Il avait envie de la dévorer, de la consommer jusqu'à la folie.

Snape plaqua les mains de la jeune femme sur la table, et il était si essoufflé qu'il fut contraint de reprendre sa respiration. Son nez était collé à sa joue et leurs deux respirations étaient si erratiques que de minces gouttelettes de sueurs commençaient à perler de leurs pores. Leur coeur battaient à l'unisson et d'un rythme si intense qu'ils purent tout deux sentir les palpitations de l'autre à travers leur poitrine.

« On doit le faire, murmura-t-il, le visage près du sien.

_ Faites moi l'amour avant. »

Troublé, Snape ferma les yeux. Il les ouvrit de nouveau et déglutit devant la vision juste enchanteresse qu'elle lui offrait. Sa beauté en cet instant n'était en rien équivalente à tout ce qu'il avait pu voir d'elle jusqu'alors.

Hermione le dévorait littéralement des yeux. Ses joues étaient rouges, et sa chevelure désordonnée. S'il la plantait là, elle en mourrait, c'était certain.

Pour une fois, il se sentait important aux yeux de quelqu'un, autrement que par la terreur ou l'admiration. Comme si elle embrassait à cet instant chaque parcelle de son être, même les plus sombres, mauvaises et détestables.

« Vous ne pouvez pas, murmura-t-il, déstabilisé. »

Hermione se redressa un peu, et lui accorda un baiser. Un baiser sincère. Un vrai baiser, le plus véritable qu'il ne lui ait jamais été accordé. Et cela les bouleversa. Leurs lèvres ne se quittèrent plus d'un iota alors qu'Hermione sentit une bosse titiller son entrejambe. Elle soupira d'aise en glissant sa main contre le boxer devenu trop serré de son amant de fortune.

Ce dernier prit une inspiration plus profonde en glissant sa longue main le long de sa taille. Snape mordilla sa lèvre inférieure alors que ses doigts s'aventurèrent sur sa culotte dont il sentit les bords de dentelle. Hermione se détendit et ses caresses si délicates migrèrent dans le sous-vêtement même du maître des potions.

Elle sentit sa respiration s'accélérer alors qu'il la plaquait plus durement contre le bureau peu confortable. Mais qui cela importait-il ?

Hermione quitta enfin sa bouche pour mieux se concentrer. Bien sûr, ce n'était pas la première fois qu'elle avait un rapport. Elle avait tout de même bien 25 ans et avait connu plus d'hommes au lit que ce qu'elle voulait bien admettre.

Mais cette fois…

Merlin.

C'était plus intense, et surtout, sa main n'était même pas assez grande pour entourer tout à fait ce qu'elle s'apprêtait à recevoir… Si toutefois, elle y arrivait sans que cela ne lui fasse un mal de chien. Ce dont elle doutait sérieusement.

Et c'était fort dommage car le doigté de Snape était… indescriptible. C'était bien le seul mot qui lui venait à l'esprit. Il était en train de cajoler l'intérieur comme l'extérieur de son entrejambe comme s'il prenait soin du bijou le plus précieux de l'univers.

Et cela avait bel et bien l'effet escompté, même plus encore.

Hermione en était si déstabilisée que ses mains ne s'activaient plus du tout alors qu'il s'affairait à lui offrir les préliminaires les plus euphoriques de toute son existence. Sans s'en rendre compte, elle laissa tomber sa tête en arrière en gémissant.

Ses yeux clos lui permettaient de se concentrer sur son toucher expert qui l'amenaient presque au 7ème ciel. Sa voix de plus en plus forte en témoignait d'ailleurs, et elle sentit le sourire satisfait de Snape sur sa joue alors qu'elle n'eut même pas le coeur de lui faire rabattre son caquet.

Non, qu'il ne rabatte rien du tout car cet enfoiré était foutrement doué !

Il calma le rythme, et la jeune femme ouvrit enfin les yeux pour tomber sur son visage passionné qui lui mordillait à présent la naissance de sa mâchoire. Elle était un peu effrayée à l'idée d'avoir mal, mais les baisers et la passion de Snape eut bon de ses inquiétudes.

Hermione fit glisser le caleçon des jambes de Snape grâce à son pied. Une fois entièrement nu, elle leva ses fesses pour qu'il ne lui enlève lui aussi sa culotte.

Snape grogna en attrapant fermement ses hanches pour les amener au bord du vide. Hermione s'agrippa à la table, essoufflée tant par l'excitation que par leurs gestes vifs.

Il jeta un dernier regard à ses yeux fiévreux avant de se pencher sur elle pour l'embrasser. Hermione soupira et son gémissement se fit des plus langoureux alors qu'il s'introduisit en elle avec une extrême lenteur. Une lenteur telle qu'elle eut envie de le supplier d'y aller plus fort. Enfin imbriqué l'un dans l'autre, Hermione attarda ses mains dans son dos alors que ses jambes entouraient la taille de son amant.

Il entama alors un mouvement profond, s'accrochant lui aussi à la table afin de la pousser encore plus dans ses derniers retranchements.

Et Merlin. Merlin, c'était parfait.

Sa taille n'avait aucune importance, il savait juste s'y prendre à la perfection.

Hermione sentit un orgasme fulgurant l'envahir à une vitesse folle alors qu'elle contenait son prénom du bout des lèvres.

Il était hors de question de déclencher la malédiction maintenant, quelle qu'elle soit. Et Snape se contenait d'autant plus en serrant le bord de la table si fort qu'il lui semblait capable de l'arracher à mains nues.

« Merde, se contenta-t-il de répéter.

_ Taisez-vous, murmura la jeune femme, au bord d'un second orgasme tout aussi fulgurant. »

Snape l'attrapa complètement. A présent debout, Hermione manqua d'en faire une crise cardiaque véritable. Jamais un homme ne l'avait prise avec autant de passion et de ferveur.

Snape l'embrassa à pleine bouche avant de s'asseoir en l'entraînant dans son mouvement. Alors, Hermione prit une place plus confortable a califourchon sur lui et entama un va et vient pénétrant.

Plus rien ni personne n'existait d'autre.

Il pénétrait son intérieur avec tant de vivacité qu'elle n'avait plus l'impression d'appartenir à ce monde alors même qu'elle était la seule investigatrice de leur mouvement. Il lui semblait qu'elle pouvait à tout moment s'échapper de son corps et flotter dans un espace de plaisir infini. Snape laissa tomber sa tête en arrière. Il n'allait pas tarder à céder si elle continuait de l'utiliser ainsi.

« Professeur, gémit-elle en boucle alors que son corps entier tremblait d'excitation. »

Snape se redressa et accompagna son mouvement. Il avait son corps pressé contre le sien avec tant de force.

« Miss Gr… Taisez-vous. Honnêtement, taisez-vous, gronda-t-il. »

Mais elle ne lui obéit pas. Elle en était de toute façon incapable. Elle n'était même plus elle. Juste une chose, sa chose. Un corps qui ne vivait que pour vivre cet instant, que pour servir son plaisir et combler le sien.

Snape serra la jeune femme avec tant d'intensité que des marques se formèrent sur ses épaules et sa taille. Il lui mordit alors la peau alors qu'elle cria son énième orgasme et qu'il se déversa en elle en un râle écrasant.

Figé, ils attendirent un très long moment dans cette même position afin de reprendre une respiration normale. Snape, l'oreille collé à sa poitrine, se contentait d'écouter ses pulsations. Hermione finit par remuer un peu pour passer ses mains délicates dans sa chevelure noire en plusieurs caresses douces qu'il apprécia tant qu'il en ferma les paupières.

S'il pouvait s'endormir là, tout de suite, il le ferait sans hésiter.

« Et si on faisait un marché, murmura-t-elle. »

Snape ouvrit doucement les paupières avant de se reculer pour mieux l'observer.

« Si la potion ne fonctionne pas, vous allez trouver un autre remède. Et quand je retrouverais la mémoire, lâcha-t-elle d'une voix à présent cassée. Vous savez ce que vous devrez faire ?

_ Non, répondit Snape, suspicieux.

_ Me chanter une déclaration devant tout le monde, lâcha-t-elle avec fierté. Parce que ça voudra dire que vous avouez votre défaite.

_ Vous êtes foutrement sérieuse ? gronda le maître des cachots.

_ Extrêmement sérieuse.

_ Putain j'espère que cette foutue potion marchera. »