*DOUCE BRISE*
BLANCHERIVE
BORDECIEL
« Je dois aller au nord, » souffla Llewellyn Né-Dragon, des perles de sueur froide coulaient sur son front. « …à Solitude. Tullius et la Légion seront mobilisées. Ils auront besoin… »
« De rien de vous, » remarqua Lydia, repoussant l'homme sur les coussins. « Vous venez tout juste d'aller au Sommet d'Apocrypha combattre Miraak et Hermaeus Mora. »
« Le Temple d'Havreciel… » insista Llewellyn, borné. « Et les Lames… »
Sarai Gellarus posa une main pour retenir le guerrier.
« Je sais, je sais, » l'apaisa-elle. « J'ai reçu un message ce matin : Vorstag a réussi à contourner les patrouilles Parjures. Delphine dit qu'en plus de maintenir les gardes à Karthecime, les Parjures ne les ont pas dérangés, ou tentés d'interférer avec leurs allées et venues. »
« Les enfants… »
« J'ai envoyé Iona les chercher et les ramener ici. Jordis ira avec eux. Ils sont en sécurités et cela fera du bien, à vous et à eux, de vous voir. »
Llewellyn se repencha en arrière avec un soupire exaspérer, semblant admettre sa défaite. Sarai observa l'Huscarl de l'Enfant de dragon.
« Lydia… Je dois parler avec votre seigneur… seule. »
La femme aux cheveux sombres acquiesça.
« Je vais voir si je peux disperser cette populace qui s'agite à la porte d'entrée, » répondit-elle en se tournant et fermant la porte de la chambre derrière elle. Dès que le loquet s'enclencha, Sarai prit sa tête dans ses mains, la frottant furieusement.
« Comment n'a-t-on pas pu le voir venir, Lewis ? » demanda Sarah Geller de Los Angeles, en Californie, d'une voix épuisée.
« Parce que ça n'était pas dans les jeux, Sarah, » répondit Lewis Heron de Dallas, au Texas. « J'ai bu toute la potion de mémoire que j'avais avec moi à Solstheim : il n'y avait aucune mention d'une « Tala Niwot » ou de la Chute de Markarth dans toutes mes parties et en particulier pas dans la mission de la Grotte du crâne de loup. J'ai été stupide, stupide de ne pas l'avoir réalisé ! »
« Eh bien, » dit Sarah. « Pour ta défense, tu étais plutôt occupé avec tout le truc du « Premier Enfant de dragon » et pour esquiver les tentatives d'assassinats des cultistes les autres jours. »
Lewis secoua la tête, ne semblant pas résolu.
« Même si tu libères Madanach dans le jeu, rien ne change vraiment avec les Parjures. Tout ce qui se passe c'est qu'il te donne une armure. »
« Et le roi en Haillons est mort, » haussa Sarah des épaules.
« Oui, » admit Lewis, en se tenant la tête. « Et tout cela est de ma faute. »
« Non, » insista la femme. « Tu étais jeune. Tu étais dans Skyrim depuis près de dix ans. C'est assez de temps pour avoir oublié son ancienne vie. Tu te comportais comme n'importe quel membre de la Guilde des Voleurs le ferait. »
Lewis ouvrit la bouche pour répondre, mais une autre quinte de toux s'empara de son corps. Sarah posa une main derrière sa tête, le laissant se reposer doucement contre le coussin et invoqua un sort de soin de l'autre main. Les dommages n'étaient pas tant au niveau de l'enveloppe physique, bien qu'il y ait eu plus de côtes cassées qu'autre chose et que le coup de l'épée de Miraak ait presque brisé tous les os du bras gauche. Les vraies blessures étaient plus difficiles à voir : le tourment d'un corps ayant passé de multiples fois dans les Livres Noirs d'Apocrypha. Les sorts de soin ne pouvaient accélérer le processus qu'un petit peu, mais au moins ils servaient à apaiser la douleur. Lewis sourit à peine à la femme qui le tenait.
« Tu te rappelles de notre première rencontre ? »
« Oui, » acquiesça Sarah. « J'ai été sauvée par la star, le célèbre Enfant de dragon. »
« Et tu m'as pris à part et demandé… demandé… »
« Arena, Daggerfall, Morrowind, Oblivion… qu'est-ce qu'il vient après ? » se souvint Sarah, avec un sourire amusé.
« Je pouvais à peine le croire. Probablement toujours pas, s'il n'y avait pas eu tes potions de mémoire. »
Le sourire devint à nouveau sinistre alors que l'Enfant de dragon se reconcentrait sur l'instant présent.
« J'ai envoyé un mot à Brynjolf afin de contacter Endon… s'il est toujours en vie, » dit-il. « S'il l'est, nous disposerons au moins d'yeux et d'oreilles dans Markarth. »
Sarah acquiesça, mais l'expression sur son visage restait inquiète.
« Lewis… si c'est une Autre… nous devons assumer qu'elle sait qu'il est avec la Guilde. »
Les yeux de Lewis s'agrandirent alors que toutes les conclusions de la déclaration de l'Archi-Mage le frappaient de plein fouet.
« Douce Nocturne, alors elle sait… l'Autel de Molag Bal… si elle est encore nouvelle, elle pourrait… elle pourrait… »
« Elle pourrait encore penser que tout ça n'est qu'un jeu, oui. Si Calcelmo a raison, elle a déjà des vampires et des loups-garous avec son armée Parjure. Elle pourrait aussi être alliée avec Harkon, pour ce que nous en savons. »
« Poursuivant la suite de quêtes du Seigneur Vampire. »
« Exactement, » acquiesça Sarah. « Nous devons savoir. C'est pourquoi je vais m'y rendre. »
L'inquiétude sur le visage de l'homme blessé s'accrut.
« NON ! Tu pourrais… tu… »
« Je suis l'Archi-Mage de Fortdhiver, » ajouta Sarai Gellarus. « La Reine Tala a envoyé des messagers dans chaque châtellerie. Techniquement, je suis l'émissaire du Jarl Kraldar. »
« Mais si elle EST une Autre… elle saura que tu n'appartiens pas… »
« De toute façon, c'est une conversation que nous devrons avoir. Je dois la prévenir des conséquences de ses actions. Ce n'est peut-être pas trop tard. »
Llewellyn Né-Dragon bougea à nouveau et essaya de s'asseoir.
« Je… Je… ne peux pas… »
« Shhh… » apaisa la mage. « Repose-toi ici, Enfant de dragon. Récupère tes forces. »
Elle invoqua un sort avec ses deux mains cette fois, l'Enfant de dragon fut frappé par des vagues de lassitude et s'enfonça sur les oreillers, mais pas avant d'avoir donné un coup d'œil inamical à la femme.
« Oh… ce n'est… pas… juste… »
Sarah sourit, puis se pencha et embrassa tendrement le visage endormi.
« Dors maintenant… mon amour. »
Doucement, elle se retourna et descendit les escaliers, où Lydia était assise avec une femme Dunmer vêtue d'une armure complète. Elles se levèrent toute les deux alors que la mage rentrait dans la pièce.
« Irileth ? » demanda Sarai avec un air de curiosité non-dissimulé.
« Archi-Mage, » la salua la Huscarl de Blancherive dans une demi-révérence. « Le Jarl demande humblement votre présence à Fort-Dragon. »
Sarai acquiesça.
« Absolument, » répondit-elle, montrant la porte. « Bien que je craigne que nous devions nous battre pour traverser la foule. »
« Plus maintenant, m'dame, » intervint Lydia. « Farkas, Vilkas et quelques autres Compagnons sont arrivés et ont clairement fait savoir que leur Sauveur avait besoin de repos. »
« Je n'ai aucun doute que même les plus courageux d'entre eux ont été renvoyés effrayés, » gloussa l'Archi-Mage avec les deux autres femmes. « Alors allons-y, Irileth. »
Le Jarl Balgruuf se tourna vers les deux femmes qui montaient les escaliers menant à l'étage de Fort-Dragon.
« Ah, » dit-il, hochant la tête à son Huscarl et à l'Archi-Mage. « Comment va-t-il ? »
« Il est encore faible, » répondit Sarai, sans besoin de clarifications. « Il a besoin de temps pour se reposer et récupérer. »
« Il aura les deux à Blancherive, » déclara Balgruuf. « Irileth, quelles nouvelles des patrouilles ? »
« Les camps de bandits Horme sont vides. »
« Vides ? »
« Oui, mon seigneur. Nos patrouilles ont remarqué de la fumée dans les lieux suivants. »
La femme Dunmer plaça des tentes miniatures sur la carte pour indiquer les camps.
« Cours Dormant, Croc cassé, le Refuge de Redoran : ils ont été brûlé et abandonné. Toutes les traces mènent à l'ouest, vers la Crevasse. Nous avons repéré de nombreux convoies traversant la plaine. Des adorateurs de Daedra, des cultistes et oui, des vampires ou des loups-garous. »
« Adieu et malheurs aux Hormes, » railla le Légat Quentin Cipius. « Des adeptes délirants de la lignée Septim, éteinte depuis longtemps. »
L'Archi-Mage commença, comme si elle se souvenait soudainement de quelque chose. Le légionnaire continua, pointant les petites icônes de forts sur la carte :
« Maintenant que la Tour de guet Ouest est réparée et que Fort Mauriart fonctionne avec un effectif complet, nous aurons au moins un avertissement préalable de toute approche ennemie. »
Balgruuf ruminait aux nouvelles, puis se tourna vers l'homme à l'autre bout de la table.
« Commandant Caius, quelle est la force de la Châtellerie de Blancherive ? »
Le commandant de la garde de Blancherive s'éclaircit la gorge, mais bougea pour se tenir à côté de son Jarl, pointant les lieux en question.
« Près de cinquante de mes meilleurs hommes ont été réassigné de Rivebois à Rorikbourg, laissant seulement environ une douzaine d'hommes derrière. » dit-il, changeant trois icônes du sud de Blancherive à l'ouest. « Ici, dans la ville, nous avons trois-cent cavaliers et plus de deux fois cela à pied, si nous incluons les légionnaires du Légat Cipius. »
Le Légat devint soudainement très mal-à-l'aise.
« Nous défendrons la cité, bien sûr, » répondit-il. « Mais j'aurai besoin d'une autorisation écrite du Général Tullius avant que je puisse engager des troupes Impériales dans une invasion de Markarth. »
« Malgré cela, ça pourrait être fait, » insista Caius. « Nos guerriers sont prêts et sont tous des vétérans de la campagne Sombrage. Ces bâtards de Parjures n'ont aucune chance contre nous dans un combat frontal. »
« Ils n'auront pas besoin de s'opposer à nous, capitaine, » intervint Irileth, plaçant un drapeau noir sur une autre icône à l'ouest. « Fort Gardesol est tombé et même si nous sommes capables de reprendre cet endroit rapidement (ce qui serait un miracle), nous serions harcelés par toute les grottes, vallons et vallées avant même que nous puissions voir la Cité de Pierre. Nous perdrions la moitié de nos hommes, serions dépassés et encerclés au milieu du territoire Crevassais. Nous perdrions l'autre moitié en tentant de se battre pour sortir de l'antre de ce troll. »
Les militaires plissèrent les yeux et toisèrent la carte en face d'eux, mais aucun ne contredit ou soutint la logique militaire présentée par la Huscarl du Jarl. Proventus Avenicci, le chambellan de Blancherive, s'éclaircit la gorge.
« Je sais que cela va créer un débat, » commença l'Impérial, lançant un regard dans la pièce remplit de Nordiques. « Mais le fait est que nous n'avons pas le nombre d'hommes suffisant pour une invasion directe. Pas sans une mobilisation générale de Solitude. Et avec la nouvelle expédition de Tullius pour humilier Laila Juste-Loi à Faillaise, il y a peu de légionnaires restant épargnés. »
Des hochements de têtes firent le tour de la pièce.
« Alors que proposez-vous, Proventus ? » questionna Balgruuf.
Sarai sourit. C'était pour cela qu'elle aimait tant le Jarl de Blancherive : il n'avait pas peur de demander l'avis des autres et s'ils étaient en désaccords, il écoutait toujours ce qu'ils avaient à dire.
« Gagner du temps, » répondit le chambellan. « Cette « Reine Tala » est seule et sans alliés. Elle détient la châtellerie la plus riche de Bordeciel sous son contrôle, mais sans marchés où vendre l'or et l'argent de ses mines. »
« Suggérez-vous que nous commercions avec elle ? » demanda Irileth, incrédule.
« Pourquoi pas ? Le temps est de notre côté, jusqu'à ce que la Légion soit mobilisée pour marcher contre elle, nous pouvons nous assurer que les raides Parjures ne touchent pas Rorikbourg ou Blancherive elle-même. »
Cela sonnait vrai, même aux oreilles des commandants chevronnés. Ils connaissaient tous les horreurs des alarmes de minuit et des gorges de sentinelles trouvées coupées d'une oreille à l'autre, aux premières lueurs du matin.
« Je ne souhaiterais pas laisser Rorik et Jouane seuls et sans défense, » admit difficilement Balgruuf.
« Eh bien, oui, la prudence seule dicterait une augmentation de la garnison sur place, » continua Proventus, acquiesçant au commandant de la Châtellerie de Blancherive. « Mais pourquoi ne pas assurer leur sécurité de manière permanente en envoyant des émissaires à Markarth ? Du moins, cela serait un marché pour nos céréales et l'or Parjure est aussi bon que l'or Impérial. »
« On a l'impression… d'avoir deux visages, » déclara Balgruuf, encore incertain.
« Ce n'est pas une alliance, mon seigneur, » clarifia Proventus. « Simplement un accord de non-agression… ce que nous ne sommes pas capables de faire, de tout manière. Quand il sera temps, nous enverrons la Hache et il y aura assez de guerre pour tout le monde. »
Il y eut un moment de silence, puis Sarai vint à la rescousse du chambellan :
« Mon seigneur, » dit-elle, mettant à l'œuvre sa voix de chanteuse barytonne. « Je dois aller faire une course à la Reine Tala pour le Jarl Kraldar de Fortdhiver. Je serais honorée de porter vos paroles à la Cité de Pierre en même temps. »
Balgruuf leva son regard et donna à l'Archi-Mage l'un de ses rares sourires.
« Mes remerciements, Dame Sarai, mais avec tout le respect que je vous dois, vous ne pouvez pas parler au nom de la Châtellerie de Blancherive. Je suis sûre que la Reine aura beaucoup à dire et beaucoup à demander en retour. Irileth, allez chercher Hrongar. »
« Pensez-vous que cela est… sage, mon seigneur ? » questionna Proventus à voix basse alors que la Huscarl se tournait pour appeler le Thane.
« Envoyer mon frère montrera que je suis sérieux dans mon offre, » insista Balgruuf. « Et Hrongar a la tête sur les épaules. Je sais qu'il agira pour les meilleurs intérêts de Blancherive. »
« Oui… mon seigneur, » reconnut le chambellan, alors que le jeune frère du Jarl émergeait.
« Vous m'avez fait demander, mon Jarl ? » déclara le guerrier Nordique.
« Vous accompagnerez l'Archi-Mage et son groupe à Markarth, » répondit Balgruuf.
Hrongar regarda Sarai, puis Balgruuf.
« Bien sûr, mais puis-je demander : pour quoi, frère ? »
Balgruuf leva une main, pour que son Thane et frère approche.
« Venez, frère, » dit-il doucement, plaçant un bras par-dessus son épaule et l'emmenant dans les appartements privés du Jarl. « Nous avons beaucoup à discuter. »
Alors que le groupe se dispersait, Irileth se dirigea vers l'Archi-Mage de l'Académie de Fortdhiver, toujours contemplative.
« Quand avez-vous l'intention de partir, Archi-Mage ? » demanda-elle gentiment. « Le Thane Hrongar aura besoin d'une escorte digne de son titre et rang. »
« Je compte partir cet après-midi », dit Sarai. « Mais je suppose que demain à l'aube serait mieux. Et ca nous épargnerait de devoir camper sur la route. »
Irileth acquiesça.
« Oui. Vous devriez passer la nuit à Rorikbourg et ensuite vous diriger à Markarth le jour suivant. J'aurai des chevaux pour nos hommes et les vôtres. »
« Nul besoin, Irileth, » protesta Sarai. « Il y a seulement J'zargo, Brelyna et Onmund avec moi et notre charriot nous transportera tous suffisamment bien. »
Irileth essaya fort de cacher de son visage son opinion de voyager en charriot et échoua misérablement.
« Très bien, » rétorqua-t-elle, puis la Huscarl se tourna et quitta la pièce pour préparer le nécessaire. Sarai se retourna et observa longtemps la carte, avec les pièces variées et les drapeaux couvrant la province.
Qui es-tu, Tala Niwot ?
Et que veux-tu ?
« De Tala, par le don des dieux, par élection, par prescription et par conquête, Reine de la Crevasse, Dame des Parjures, Gardienne du Trône Endeuillé et Haute-Mère du Vodahmin à Servetus Tullius (Fils de Publius Tarquinius), Commandant des Légions Impériales de la Province de Bordeciel, Imperator de la 9ème et 12ème Légion, salutations.
Cette lettre vient des mains de votre espion de confiance Margret, qui est restée plus longtemps que prévu dans la Cité de Pierre, et des légionnaires qui ont survécu à l'attaque contre Markarth et Fort Gardesol. Le Légat Emmanuel Admand pourra témoigner que les blessés ont reçu tout le confort et les soins dont ils avaient besoin en tant que prisonniers de guerre.
Aussi regrettables que soient les pertes subies par la Légion, nous ne souhaitons pas que l'état de guerre se poursuive entre nos deux peuples. Vos hommes ont été empêtrés, par les mauvais conseils des autres, dans un conflit interne à la Crevasse. Maintenant que ce conflit est résolu, il n'y a pas de raisons que l'Empire souffre de toute autre victime dont nous savons tous deux que la Légion ne peut se permettre.
C'est notre vœu le plus cher, Général, que nous soyons dorénavant amis. La prudence et la sagesse devraient triompher sur la rage et les instincts les plus vils de colère et vengeance, cela serait un plaisir d'accueillir des émissaires Impériaux ici à Markarth ou d'envoyer des émissaires sous la promesse d'un sauf-conduit vers un lieu de votre choix.
Une guerre arrive, Général, contre un ennemi qui profiterait grandement de l'épuisement de nos forces et de l'effusion du sang des uns et des autres. Si tel est votre souhait, nous pouvons gaspiller des soldats que nous ne pouvons pas épargner et le temps que nous n'avons pas pour nous battre, ou nous pouvons nous unir et rester fort ensemble lorsque les chiens de la guerre seront lâchés sur nos terres et nos peuples.
Nous attendons votre message en signe d'amitié, puissiez vous agir avec sagesse, ou avec vos épées, si vous choisissez la voie des fous.
Tala Niwot
Reine du Vodahmin »
*LE PALAIS BLEU*
SOLITUDE
HAAFINGAR
BORDECIEL
« Eh bien, » s'étonna Elisif alors que Tullius déposait le parchemin enroulé. « Elle ne fait certainement pas de coups politiques. »
« C'est un défi de taille, » lâcha Bolgier Griffedours. « Cette pute nous met au défi de venir et reprendre Markarth. »
« Pas juste Markarth, mon ami, » soupira Falk Barbebraise. « Avec la chute de Gardesol, « la pute », comme vous l'avez nommée si élégamment, a le contrôle de presque l'entièreté de la Crevasse. »
« Qu'est-ce que signifie… Vodahmin ? » demanda Tullius.
« D'après Sybille Stentor, ma mage, » commença Elisif. « Cela veut dire « Oubliés » en ancien Thu'um. »
« De l'or, du sang et de l'argent coulent à flot à Markarth, » cita la Légat Rikke depuis sa place. « Si cela est une guerre, nous sommes à la hauteur de la tâche : les nouveaux légionnaires ont besoin de sang, de tout manière. »
« C'est pourquoi la plupart d'entre eux ont été envoyé à la Brèche, pour aider la 9ème à chasser Laila et ses Sombrages de la châtellerie, » le Capitaine Aldis secoua la tête. « Ceux qu'il reste ? Ils sont loin d'être prêts. Des buveurs de lait, pour la majorité. »
Margret éclaircit sa gorge et tous les regards se tournèrent vers l'agent futé de Tullius.
« Elle dit qu'elle ne veut pas la guerre avec Bordeciel, » intervint-elle. « Pendant que j'attendais son… jugement, elle envoyait des messagers à chaque Jarl, les invitant à envoyer des émissaires à sa cour. Elle dit qu'elle veut seulement assurer un foyer pour les Parjures et son peuple. »
« Comment a-t-elle même su que vous étiez un agent Impérial ? » questionna Falk.
« Kleppr, sans doute, » railla le Légat Admand. « Ce maudit blaireau ne pouvait pas s'incliner et se rabattre assez bas pour cette pute. Il a même renommé sa maudite auberge, maintenant que les patrons Sang-d'Argent ne sont plus là. »
« En quoi ? » se demanda Falk.
« L'Auberge du Diamant Rouge, monsieur, » répondit Margret. « Pourquoi, je ne le sais pas exactement. »
« Reprendre la Crevasse ne sera pas aisé, » continua Emmanuel Admand, en faisant un geste vers le bras pansé. « Ses soldats sont bien équipés et disciplinés. »
« Et vous êtes positif que des soldats Thalmor étaient parmi leurs rangs ? » ajouta Rikke.
« Exactement comme je l'ai dit dans mon rapport, » insista Admand. « Il y avait définitivement des troupes Altmer et Bosmer. Je n'ai absolument aucun doute là-dessus. »
« Raerek et le reste des survivants ont dit la même chose, » confirma Elisif. « Ils sont encore au Palais Bleu en tant qu'invités, si vous souhaitez parler plus en détail avec eux. »
Tullius grommela, sans que cela soit dirigé contre quelqu'un en particulier.
« Général Tullius, » l'interrogea Rikke. « Cela pourrait être la première frappe du Domaine Aldmeri. »
« Peu probable, » répliqua Falk. « Avec ce décret de liberté religieuse ? Tous les ex-Sombrages vont affluer vers la Crevasse pour avoir la chance de pouvoir prier Talos en paix. Cette « Reine Tala » est dans une position parfaite. »
Le Chambellan d'Haafingar bougea jusqu'à la table, pointant avec la main d'un politique confirmé les divers cités et provinces de Tamriel.
« Elle est à une courte distance de Taillemont et des clans anarchiques du nord de Haute-Roche. Nombre de Parjures peuvent remonter leur lignée dans cette région et ont encore des parents là-bas. Sans mentionner qu'elle peut rediriger sa production d'or et d'argent des mines de Markarth à la cité-état de l'Etoile du Dragon, en Lenclume. Avec Lenclume toujours en ébullition après le Second Traité de Stros M'Kai, ils sont avides d'alliés et de partenaires commerciaux, et peu amical avec l'Empire. »
« Pas après le Traité de l'Or Blanc, » acquiesça Rikke. « Ils pensent encore que l'Empereur les a trahis. »
« Le traité nous a fait gagné du temps, » insista Tullius, mais sans enthousiasme. « Le temps dont nous avions besoin pour se reconstruire et se regrouper. Mais je ne suis pas encore certains que Lenclume voudra aliéner complétement l'Empire. Si le Domaine attaque à nouveau, ils auront besoin de nous avant la fin. »
« Eh bien, il y a une chose qui est certaine, » soupira Aldis, se penchant en arrière sur sa chaise. « Cela va définitivement faire s'organiser à nouveau une Assemblée. »
« Non, » intervint Falk. « Le cas échéant, nous devrons faire pression pour que l'Assemblée se réunisse le plus tôt possible. Maintenant, plus que jamais, nous avons besoin d'une Haute-Reine pour nous diriger et répondre à cette menace. »
« Ou d'un Haut-Roi, » corrigea modestement Elisif.
« Oui, bien sûr, » admit Falk. « Ou d'un roi. »
Elisif sourit à son fidèle et loyal chambellan.
«Du moins, nous devons avoir une réponse commune à cette crise, » agréa-elle.
« Très bien, » concéda Tullius. « Nous convoquerons l'Assemblée à… où pensez-vous que cela serait approprié, Jarl Elisif ? Ici, à Solitude ? »
« Non, » répliqua gentiment la femme. « Ca doit être en un lieu neutre, où aucun Jarl ne peut avoir l'avantage. Que dites-vous du… Haut Hrotghar ? »
« Ca peut marcher, » accorda Falk Barbebraise. « Peu importe quelle châtellerie, les Grises-Barbes sont universellement respectés en Bordeciel. »
« Alors nous devons envoyer un message à Maître Arngeir, » statua le Légat Rikke. « A la tête de son ordre, il doit donner la permission pour l'utilisation du Haut Hrotghar. »
« J'enverrai des messagers immédiatement, » dit Elisif. « Veillez à ce que cela soit fait, Falk ? »
« Tout de suite, ma dame. »
« Eh bien, c'est un véritable bo… une situation… délicate » se corrigea Tullius, lançant un regard à la Jarl de Solitude.
« Je ne suis pas une enfant, général » roula des yeux Elisif. « Je connais un bordel quand j'en vois un. »
Tullius éclairci sa voix et bafouilla des excuses tandis que la Légat Rikke sourit d'amusement.
« Nous devrions contacter Siddgeir d'Épervine, » continua Elisif, épargnant les ressentis du général. Elle bougea la carte et pointa la province de Bordeciel la plus au sud. « Les nouvelles troupes de cavaleries de Balgruuf serviront à garder l'ouest de ses terres et il a une garnison Impérial à Blancherive. Mais Épervine n'a pas une telle force et une telle garnison. »
Tullius donna à Elisif l'un de ses rares sourires. La fille avait encore beaucoup à apprendre, mais elle était loin de la beauté aux yeux de biches donnée en mariage à Torygg lors d'une cérémonie politique soigneusement calculée. Le mariage avait été aussi court que triste (à cause des préférences sexuelles de Torygg). Mais désormais, Elisif était déterminée à régner en son propre nom et non pas uniquement en mémoire de son mari décédé.
Elle est une battante, pensa-t-il fièrement. Elle sera une bonne Haute-Reine pour Bordeciel.
Le moment passa et son regard dériva vers l'icône noire marquant Markarth.
Qui êtes-vous, Tala Niwot ?
Et que voulez vous ?
Voilà un petit aperçu de ce qu'il se passe en Bordeciel et les premières réactions à la Chute de Markarth. En plus, nous avons aussi un aperçu sur les deux autres OC/SI dans ce monde : l'Enfant de dragon et l'Archi-Mage.
Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il y a d'autres lieux que vous aimeriez voir ?
Merci et à la prochaine !
Nephariel
La fanfiction originale appartient à Tusken1602.
