- Merci à KillerNinjaPanda pour sa review : nous sommes vraiment contente que la fin de "l'arc des vipères" t'ai plu ^^ héhéhé ! Pauvre Luffy XD je pense que sur le moment son cerveau a fait des montagnes russes ^^ ! * pousse Akiki vers Ace et dégaine son appareil photo *. Merci en tout cas d'avoir effectivement spamé nos boites mails XD mais c'est du pur bonheur !

Hello les loulous, ici Tartinette ! Nous voici nous voilou pour un chapitre spécial familly ! Il est assez crucial pour nos poulettes et pour la dynamique de leurs proches. Ce chapitre sert également de transition entre l'arc Hancock eeeeeet... AAAAAH je ne peux rien dire mais mon nez saigne déjà ! * tamponne ses narines *


Chapitre vingt-huit

Nous réparer

Point de vue d'Akira :

– Mais consulte ce fichu portable! rouspète Nami.

– Je. Ne. Peux. Pas ! j'articule fermement.

– Tu n'es pas possible... Oh, regarde ça ! Un albatros en forme de montgolfière qui joue de la guitare !

– Où ça?

Je me tourne vers le ciel et dans la seconde je sens mes mains affreusement vides. Mon portable. La rouquine m'a fauché mon portable ! Je m'époumone comme un putois et me jette sur ellefaçon catcheuse pour... euh...

BAM !

Pour lui faire un plaquage au sol. Si ses seins démesurés m'ont servi d'airbag, la chute de Nami fut également amortie par les feuilles automnales. Elle ne prend pas la peine de m'enguirlander, ses prunelles chocolat furètent déjà sur l'écran de mon téléphone.

– Et ben dis donc ! s'exclame-t-elle. Tu n'es pas la Reine du lycée pour rien, c'est que tu es très demandée !

– Rends moi mon portable !

– Dix-neuf messages en absence et quatre appels manqués. Laisse-moi devinez, ils proviennent tous d'Ace ?

Elle est déjà en train de s'activer sur mon bien. Malheur ! J'aurais dû écouter Vivi et placer un code de verrouillage ! Je me tortille mais la rouquine est bien plus réactive que moi. Ses doigts pianotent à toute vitesse, j'ai beau la supplié d'arrêter rien n'y fait. Cette fois je ne la ménage pas. Je prends appui sur son visage râleur et allonge le bras pour enfin récupérer mon bien. Les badauds alentour nous scrutent comme si nous sortions d'un zoo. La vérité n'est pas bien loin. Une mouette et un chat, ça n'arrête pas de se chamailler. Comme nous en ce moment. Je me redresse, la jupe de travers, certaines mèches se sont même emmêlées autour des boutons de ma chemise. Nami se lève à son tour, et ses mains sur les hanches connotent le mauvais quart d'heure que je vais passer.

– Les jours passent et je t'avoue que je comprends de moins en moins ta fuite. Qu'est- ce qui ne tourne pas rond dans ta tête ?

Je détourne la tête vers le bout de la rue. En cette fin de journée, elle est constellée de collégiens, lycéens et bureaucrates qui rentrent chez eux. De lourds nuages chargés de pluie alourdissent le décor. L'hymne de Rough Tell retentit, attribuant une empreinte à la péninsule. Je marmonne :

– Il doit me détester.

– Pardon?!

– J'ai repoussé Ace, je l'ai tenu à l'écart du conflit avec Hancock. Je n'ai même pas su me justifier. Tu aurais vu sa tête peinée, il...

PAF ! Je me masse l'arrière de la tête et dévisage Nami, incrédule.

– Ça y est ma grande ? Tu as les idées remises en place ?

– Quoi?

Ses sourcils se froncent et je vois bien qu'elle se retient de m'en coller une deuxième.

– Ne me dis pas que tu l'évites pour ces broutilles?

Cette fois c'est moi qui me rembrunis.

– Ce ne sont pas des sottises.

– Que tu crois! Alors que ça marche enfin super bien entre le garçon que tu aimes et toi, tu es là à ruminer dans ton coin et à fuir la confrontation !

Les civils s'écartent de plus en plus. Je ne suis plus étonnée, c'est devenu un réflexe fréquent chez eux depuis que je fréquente le lycée Grand Line. Nami poursuit sur le même ton :

– Mais sans confrontation il n'y a pas de confiance ! La vie ce n'est pas attendre que l'orage passe, c'est apprendre à danser sous la pluie !

Les mots de mon amie sont magiques. Au moment où elle appose un point à sa phrase, les larmes du ciel viennent abreuver la route. Je ne peux m'empêcher de sourire malgré ses réprimandes.

– Tu es une vraie météorologue.

– Je sais, je sais ! se vante-t-elle la main dans les cheveux mais son expression se métamorphose rapidement. NE CHANGE PAS DE SUJET !

Ma tête se renfonce entre mes épaules et mon air penaud doit avoir raison de son irritation car un sourire mutin vient enjoliver ses lèvres.

– Quoi qu'il en soit, si on considère le message que tu viens de lui envoyer, tu ne vas plus pouvoir te cacher longtemps.

– Un message ? Quel message ?

Je me souviens alors. Des doigts fins de Nami qui virevoltaient sur mon écran. Je dégaine mon portable en poussant cette fois un cri de marmotte terrifiée et retrouve rapidement la conversation avec Ace.

De Akira :

« J'ai envie de toi. »

J'en perds mon téléphone. La rouquine avait prévu le choc car sa main rattrape habilement le mobile avant qu'il n'explose au sol. J'ai. Envie. De. Toi. Nom d'un petit Joseph, je ne vais plus pouvoir... Mes joues rougissent violemment lorsque je nous imagine tous les deux. Tous nus. Dans un lit. Je me rappelle de la fermeté de son ventre. Quand j'y pense trop, ce qui est le cas en ce moment, je perçois des sauterelles danser la Macarena dans mon... hrm mon minou. Nami pouffe en rejetant la tête en arrière, ce qui fait voler quelques petites gouttes dans les airs.

– Ton expression trahit ta libido !

– Ma « libi-quoi » ?

– ... Tu apprendras ce que c'est en temps et en heure. A présent rentre chez toi, tu

risques d'avoir de la visite. J'arque un sourcil, peu convaincue.

– Pourquoi Ace viendrait-il me voir ? C'est à moi de renouer le contact. Elle glousse de nouveau et me pince gentiment la joue.

– Tu es si naïve. Tu verras, l'appel du cul est un facteur convaincant chez les mecs.

L'appel du... Oh la la je n'arrive même pas à le penser sans que mes pommettes n'arborent la même teinte que ma crinière.

– Je suis rentrée!

Pas de réponse, ce n'est pas bon signe. Je retire mes chaussures mouillées, essore mes cheveux dans un seau prévu à cet effet et fais quelques pas dans le hall. J'appelle doucement ma mère mais ne discerne aucun son. A cette heure soit elle est dans son atelier, soit elle... Un grognement provenant du salon attire mon attention. Je pénètre dans la pièce et la retrouve allongée sur le canapé. Avachie dessus un peu n'importe comment, je sais d'office qu'elle aura des courbatures en se réveillant. La couverture est rejetée à ses pieds, un verre s'est à moitié renverser et le reste d'un cake aux fraises attend impatiemment d'être ingéré. Je reste un moment à observer ma mère, ses beaux cheveux lisses et incarnadin. Je ne me sens plus du tout effrayée par sa maladie. Cela fait des semaines que je ne la fuis plus, que j'essaie d'avancer avec elle.

La fuite.

Nami a raison. Je dois prendre les rênes de ma vie. J'ai fauté avec Ace, je l'ai sûrement blessé, mais ça ne signifie pas pour autant qu'il éprouve de l'aversion pour moi. Ça ne peut pas finir comme ça. Je plisse le nez. Je ne le permettrai pas. Je veux Ace, je veux tout de lui. Alors il faut que j'arrête de croire que nous vivons dans un conte de fée. Nous faisons tous des erreurs, ça ne signe pas la fin de l'histoire pour autant. Alors que la nôtre vient à peine de commencer...

Je nettoie prestement le bazar environnant, embrasse ma mère sur le front, la borde et cavale jusqu'à ma chambre. J'ouvre la conversation avec Ace et m'empresse de faire défiler la page pour retrouver ses premiers messages qu'il m'a envoyés et auxquels je n'ai pas répondu. Les yeux rivés sur l'écran, j'actionne la poignée avec mon coude. Nami n'a pas menti, il m'a envoyé dix-neuf...

– Salut.

– RYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!

Je sursaute si violemment que le téléphone réalise un magnifique plat contre le plafond et finit sa course sur le tapis. Le cœur me sort de la poitrine, je frôle la crise cardiaque. Qu'est- ce que... ?

Ace.

Il est adossé à la traverse de la fenêtre que j'avais laissé ouverte avant de partir. Il l'a refermée derrière son passage pour éviter que la pluie ne rentre. Ce qui ne sert pas à grand chose étant donné que c'est lui qui est en train de tremper le sol. Mon gène de Mère Teresa se réveille avant que je ne comprenne ce qui se passe.

– Oh non ! Tu vas attraper froid !

J'ouvre un tiroir, en sors un mouchoir et me rue vers lui. Je suis déjà en train de lui essuyer ses taches de rousseur que mes pensées s'activent de nouveau. Ace est là. Il est juste devant moi. Dans ma chambre qui plus est. Je déplie le tissu et recouvre ses cheveux avec. Des petites mèches rebelles rebiquent dans tous les sens, s'extrayant du mouchoir, et je trouve ça adorable. Les bras croisés sur son ample poitrine, il n'a pas remué d'un pouce depuis que je l'ai découvert. Ah, je crois que j'ai parlé trop vite. Il penche la tête et me révèle un œil qui vient se planter dans les miens.

– Tu me cocoones ? J'en déduis que tu ne m'en veux plus ?

Je suspends mon geste et le tissu quitte sa chevelure de jais pour enorgueillir le sol. Lui en vouloir ? C'est vraiment ce qu'il a cru ?

– Je ne suis pas en colère.

– Ah bon ? Pourquoi tu m'évites alors ?

Ça ne semble pas être une remarque désobligeante mais plutôt une véritable interrogation de sa part. J'inspire longuement pour me remettre les idées en place et désigne le lit :

– Je vais t'expliquer. Assieds toi...

Oh oh. Le lit. Le message qu'a envoyé Nami me revient brutalement en mémoire. « J'ai envie de toi ». Ou la la, ça devient beaucoup trop équivoque. Mon doigt dévie largement pour présenter le lino.

– ...ici.

Il n'émet aucune objection et s'affale à l'endroit que j'ai indiqué. Je me gratte l'arrière de la tête. Que suis-je censée faire ? Je n'ai jamais invité personne chez moi, pas même Lilly. Comment ai-je été reçue chez Vivi déjà ? Ah oui...

– Tu veux prendre un bain ? je demande.

– Quoi?

Ah, visiblement ce n'est pas ce que j'étais censée proposer. Pourtant chez Nami aussi nous nous sommes lavées avant de faire autre chose. Et chez la fratrie, la première pièce que j'ai découverte était... la salle de bain, mes yeux se souviennent encore du corps de Monsieur Tout-nu. Voyant ma mine déconfite, Ace explose de rire et tapote le sol à côté de lui. Mes yeux repèrent sa chemise un peu translucide à cause de la pluie. Je pars en quête d'une couverture dans une armoire et en déniche une assez grande. Je reviens vers lui et la déploie comme précédemment avec le mouchoir.

– Enlève ta chemise, je vais l'étendre pour qu'elle sèche.

Chose que je fais avec ma mère quand elle est en phase dépressive, qu'elle a renversé une boisson sur elle et qu'elle ne parvient pas à s'entretenir toute seule. Il paraît un peu décontenancé, mais la pudeur ne fait pas partie des principes de la fratrie la plus célèbre de la ville.

Lorsque j'ai étendu son linge, je reviens enfin vers lui pour m'asseoir à ses côtés. Nous nous observons un moment, un léger sourire affiché sur nos lèvres. C'est rassurant, je perçois toujours cette alchimie entre nous. Mon attention bifurque vers ce qui remue tout plein d'insectes dans mon bidou, j'ai nommé : le torse d'Ace. La couverture recouvre son dos et encadre ses bras. Le brun est légèrement penché en avant, d'ici j'ai une vu prenante sur l'un de ses tétons. Je me demande s'il a également des taches de rousseur sur son buste ? Il finit par remarquer l'insistance de mon regard dessus et déclare :

– Ça te gêne que je sois dans cette tenue ?

– Non. Je me disais qu'il avait l'air de faire chaud à l'intérieur de tes bras.

Aaaaaah... Akira championne de la boulette est de retour, et en grande pompe ! Il paraît un peu surpris, comme s'il méconnaissait toute la beauté que dégage son corps. Il hésite, se frotte la joue, puis ouvre ses bras.

– Tu veux venir ?

J'affiche un immense sourire. C'est vrai ? Je peux ? Je me faufile entre ses membres et viens me placer sur l'une de ses cuisses, mon corps perpendiculaire au sien. Il se tâte à esquisser le moindre geste mais finit par m'encercler avec ses bras. Ça fait du bien de l'avoir près de moi. Quelle idiote immature j'ai été de le fuir. Nami a totalement raison. Il n'y a pas de confiance si on passe son temps à esquiver les confrontations. J'ai foi en Ace, en son jugement, je me dois d'être franche avec lui.

Et alors je lui explique tout. Je lui parle de Hancock, de ses sœurs, de mon envie de me venger de celles qui avaient causé tant de torts à Lilly. J'évoque ma colère indomptable, de cette émotion si vive qui est survenue brusquement pour voiler ma raison. Je cite Amerika qui m'a conseillé l'écoute plutôt que la déroute, les explications plutôt que l'agression.

Et alors il y eut la rédemption. Luffy, Lilly, moi-même, et probablement les autres élèves aussi, nous avions tous une part de responsabilité dans cette affaire. Confrontation.

Lilly et les sœurs Boa.

Tellement de choses à exposer, à éclaircir, à communiquer. Des mots échangés qu'elles seules partagent le secret. Et enfin le départ de Lilly pour guérir de ses blessures. Elle me manque un peu plus à chaque seconde, mais je sais que c'est pour son bien.

Tout le long de mon discours, j'ai observé les réactions d'Ace avec attention. Son inquiétude quand j'ai évoqué ma colère, son imperceptible froncement de sourcil lorsque j'ai mentionné Amerika, la tension dans sa mâchoire durant le passage dans la maison de Hancock, et enfin le soulagement quand je lui ai narré le fin mot de l'histoire. Il reste un moment silencieux, ses billes de jais perdues dans la banalité sans nom qu'est ma chambre. Après ce qui me semble une éternité, il finit par dire :

– Luffy, Sabo et toi furent impliqués quasiment jusqu'au bout. Alors ...pourquoi m'as- tu tenu à l'écart de tout ça ?

J'abaisse les yeux avant de les relever vers son visage. Voilà, on y est, on entre dans le vif du sujet. Je réponds dans un chuchotis :

– Pour pas que tu ne te détestes encore plus.

Il ouvre la bouche, la referme et attend. Que répondre à ça ? Il faut que je développe.

– Tu aurais probablement voulu régler ça par la violence, je me trompe ?

– ...Sûrement, admet-il dans un souffle.

– Là, ça n'aurait pas été la solution au problème. Il y a des situations où nous n'avons pas à interférer car notre postulat ne concorde pas avec les personnes concernées. Si j'y suis allée, c'est pour écouter et observer, pas pour agir. Et je ne voulais pas que tu culpabilises pour ce que tu es.

Par le biais de son expression, je devine tout le ressentiment qu'il se porte. Il n'essaie plus de croiser mon regard. Du bout des doigts, je décale son menton pour entrer dans son champ de vision. Je susurre :

– Tu ne t'aimes pas?

Il paraît un peu ébranlé par ma question. Pourquoi... Pourquoi se déteste-t-il autant ? Je passe mes bras autour de sa taille. Sa peau frémit lorsqu'elle entre en contact avec la mienne. La joue contre l'un de ses pectoraux, je poursuis :

– Je suis désolée si je t'ai blessé, ce n'était pas intentionnel. Je ne veux pas que tu te détestes...

Il m'observe un instant et son début de sourire qui fleurit me fait chavirer. Ses phalanges s'activent et viennent attiser ma joue. Il répond affectueusement :

– Je crois que j'aime ce que je suis quand je me tiens à tes côtés.

Oh... Mon cœur. Il est en train de fondre dans ma poitrine. Mon aveu et ses mots réparent ce qui s'était fragilisé entre nous. Mes doigts remontent légèrement pour jouer avec ses lèvres. Il comprend le message, sa bouche vient aussitôt embraser la mienne. C'est nettement plus doux que lors de l'anniversaire de Hancock. J'aime aussi quand c'est délicat comme ça. Sa frénésie et sa tendresse. J'aime tout de lui. J'oublie tout. Qu'on pourrait nous surprendre dans ma chambre, que je pourrais me faire enguirlander. Tout ce qui reste est cette chaleur qui me désintègre lorsqu'il m'étreint un peu plus contre lui. Sa peau est brûlante, et moi aussi je commence à m'enflammer. Le gang de fourmis dans mon ventre devient incontrôlable, je ne me reconnais plus. Il...

Vacarme. On aurait dit de la vaisselle qui se brise, ça provient de l'étage inférieur. Nous nous arrêtons et Ace me lance un regard interrogateur. Ma mère a dû se réveiller et a dû faire tomber l'assiette comportant le cake aux fraises.

Je me statufie. Mais non, ça ne peut pas être ça, je l'avais remise au frigo.

– Ça ne va pas ? s'enquiert Ace.

– Il faut que j'aille voir.

Il acquiesce et nous nous levons. Il ouvre la fenêtre, ce n'est pas deux étages qui impressionnent ses chevilles musclées. Avant de sauter, il lance :

– Tu as des nouvelles de Newgate?

– Je lui écris tous les jours. Je suis sure qu'elle est sur la pente guérissante.

– Elle doit beaucoup te manquer, c'est vrai que ce n'est pas pareil quand elle n'est pas là. Luffy est en train de devenir fou d'impatience.

Je lui souris un peu tristement. C'est vrai que ma vie n'a pas la même saveur quand il manque ma tête blanche préférée dans mon quotidien. Ace tends le bras pour décrocher les mèches écarlate qui s'étaient coincées dans les boutons de mon uniforme.

– Tu n'as qu'à venir dormir chez nous le week-end prochain.

– Oh ! je m'exclame totalement emballée par l'idée. C'est vrai ? Je peux venir ?!

– Évidemment.

De nouveau un tintement de vaisselle qui me fait perdre ma jovialité. Ce n'est définitivement pas normal. Les billes de jais d'Ace sont empreintes de curiosité et de préoccupation. Il nous reste tellement de choses à découvrir l'un sur l'autre.

Ma mère. A terre dans la cuisine. Les assiettes brisées autour d'elle. Ses paumes entaillées et baignées de sang. Le hurlement se bloque dans ma gorge.

– Maman..., je peine à articuler.

Elle lève ses yeux amorphes vers moi et peste :

– Va-t-en. Laisse-moi tranquille.

La porte d'entrée se claque et la voix de mon père retentit dans la maison. Les traits de ma mère se crispent un peu plus.

– Allez-vous en..., bredouille-t-elle d'un ton réfrigérant.

Je n'ose plus bouger, pas avec tous ces morceaux coupants autour d'elle. Qui sait ce qu'elle serait capable de faire dans cet état ? Quelques secondes plus tard, mon père fait son entrée dans la cuisine. Le choc est tel qu'il en perd sa serviette en cuir. Il me jette un coup d'oeil et déduis la même chose que moi lorsque je suis rentrée tout à l'heure. Phase dépressive élevée. Il esquisse quelques pas et murmure :

– Stella...

– N'approche pas ! s'époumone ma mère en dardant sur lui un regard fielleux.

Elle trébuche entre tous les tessons en porcelaine. La mort dans l'âme, j'analyse ses genoux pour repérer d'éventuelles estafilades supplémentaires, mais heureusement elle n'a rien. D'un mouvement brusque, elle désigne la direction de l'entrée de la maison :

– Qu'est-ce que tu fiches ici d'abord ? Retourne à ton travail ! Cela a toujours été nettement plus important que ta famille !

– C'est faux.

Ma bouche a remué toute seule. Je ne pouvais pas laisser passer ça, pas après avoir renoué contact avec lui. Pas après qu'il ait risqué sa vie pour moi sur l'île de Banaro, pas après avoir assisté à son évolution affecitve. Sauf que c'est bien la première fois que je prends la défense de mon père devant maman. Et visiblement ça ne plaît pas du tout à cette dernière...

– Alors toi aussi tu... tu m'abandonnes et tu te rallies à sa cause..., crache-t-elle durement.

– Je ne suis du côté de personne, je me défends aussitôt. Papa a changé, il fait des efforts pour que nous redevenons une famille et...

– NOUS N'AVONS JAMAIS ÉTÉ UNE FAMILLE! s'égosille-t-elle.

Mon sang tressaute dans mes veines mais ma posture reste inébranlable. Je ne fuirai plus. Plus jamais. Il reste quelque chose à réparer chez nous trois, j'en suis convaincue. Papa et moi avons commencé à assembler les morceaux, mais pour les coller il nous faut également le soutien de maman. Elle ne peut pas penser ce qu'elle dit.

Nous sommes les Crimson.

Nous sommes une famille. Et même si en ce moment nous n'en portons pas encore la signification, je suis persuadée que ce sera le cas un jour. J'ai foi en chacun de mes parents. Et il y a mon père qui s'avance vers ma mère. Celle-ci lui hurle de reculer mais il n'écoute plus. Il n'a pas peur d'elle, de sa maladie, de ses cris. Chacun de ses pas est un pas vers son cœur enfermé à double tour. Il s'accroupit devant elle, se fichant bien que le sang et les débris abiment son costume hors de prix. Il mumure :

– J'ai tellement de choses à te dire Stella que je ne sais par où commencer.

– Alors tais-toi..., grommèle-t-elle.

– Non. Non, permets-moi de ne plus museler tout ce que j'ai sur le cœur.

Cette fois ma mère ne rétorque rien mais elle détourne son visage furieux, ce qui n'est pas bon signe. Cependant, mon père ne se laisse pas abattre pour autant. Il enchaîne :

– Notre merveilleuse fille m'a ouvert les yeux sur ce qui se situait pourtant devant mon nez depuis des années. Mon acharnement au travail, mon besoin d'être parfait m'a détourné de ce qui comptait le plus pour moi. J'étais tellement obnubilé par la quête malsaine de l'excellence que je vous ai abandonnées, toutes les deux.

– Tu nous as abandonnées, répète ma mère comme pour bien creuser cette vérité dans l'esprit de son mari.

– Oui, je vous ai totalement délaissées. Aujourd'hui, je comprends que tu te sois enfuie avec Akira quand elle était petite. A l'époque, je t'en ai énormément voulu, mais cette rancoeur fait partie du passé.

Il allonge le bras et saisit délicatement la main ensanglantée de ma mère pour l'entourer avec un torchon propre.

– Cela a pris du temps, une éternité même, mais je suis là présent. Je me mets à genoux devant toi pour te présenter tous les pardons du monde et pour annihiler ta solitude.

Le menton de maman se décale légèrement pour pouvoir observer le visage de son mari. A l'aide de ses doigts libres, il dégage la figure pleine de cheveux emmêlés de ma mère. Ils restent longuement là, à s'étudier. C'est comme si leurs prunelles se redécouvraient pour la première fois après des années. Les larmes aux yeux, je contemple la scène que j'escomptais depuis tellement, tellement, tellement longtemps.

– Tu ne seras plus jamais seule, conclue mon père en souriant timidement.

Je les rejoins, me penche pour enlacer étroitement ma mère et chuchote au creux de son oreille :

– Plus jamais.

Les minutes défilent et elle ne s'exprime plus, ce qui est plutôt bon signe si on considère son état précédent. Je la berce et elle finit par s'endormir. Mes larmes intarissables viennent arroser ses joues creusées par la fatigue. Je suis tellement heureuse que nous ayons eu cette confrontation. L'avenir est encore incertain pour les Crimson, mais je sens que les brèches occasionnées quand j'étais petite sont en train de se résorber. Mon père nous couve de son regard bourré de tendresse. Son air me donne envie de geindre encore plus fort mais j'ai peur de réveiller maman. Sa douce voix finit par briser le silence :

– Il y a quelque chose que je dois t'avouer, mon trésor.

– Quoi donc ?

– C'est au sujet de ton inscription au lycée.

Étonnée, je papillonne des paupières.

– Commentça?

– Nous t'avons fait croire que c'était l'administration de Grand Line qui t'avait envoyé le dossier d'inscription. Mais en fait il n'en est rien.

– Quoi?

– C'est ta mère.

Mes lèvres tressautent, mon cœur vacille. Je vais vraiment finir par inonder le lino.

– C'est... c'est maman qui... ? je bredouille.

– Oui. J'y étais formellement opposé à cette époque mais elle se fichait bien de monavis. Tes fugues intempestives l'ont fait cogiter et elle a compris avant moi qu'en essayant de te surprotéger, nous n'avions fait que te priver de vivre. Notre peur après ton enlèvement était devenue irrationnelle avec le temps, mais je ne me rendais compte de rien. Heureusement, elle était là. Elle se juge comme étant fragile et faible, et pourtant c'est elle qui trouva la force de briser la dans laquelle nous t'avions emmurée.

Son pouce passe inlassablement sur le dos de la main de maman, et le regard qu'il lui porte conote tout l'amour qu'il lui voue encore. J'enserre encore plus celle qui m'a mis au monde et qui a veillé sur moi plus que sur elle-même. Je l'aime. Je les aime tellement.

J'ai longtemps cru que nous ne pouvions plus rien faire pour notre famille. Que tout était fini. En fait, ce n'est que le début de quelque chose de mieux.

Point de vue de Lilly :

Les couloirs de ce bâtiment sont infinis.

J'ai beau être dans la partie résidentielle, j'ai vraiment l'impression d'être dans un labyrinthe ! Notre cottage est toooout au bout de l'île et je dois me faire escorter en voiturette à chaque fois que je me rends à mes séances de rééducation. Enfin, c'est beaucoup plus des séances de sport que de kiné, j'ai déjà récupéré. Mais mon père a insisté pour que je me renforce et que j'apprenne de nouvelles techniques.

Il était ... arf.

Le vent matinal sème le bazar dans mes cheveux pourtant attachés et je déloge certaines mèches collées à mes lèvres.

- Votre père m'a confié votre planning pour la journée. Ce matin vous êtes dans l'Aile dédiée au sport. Mais ce que je ne comprends pas c'est ce qui a été rajouté à la main pour l'après-midi. Le conducteur de la voiturette me tend la tablette numérique et je zoom sur l'écran pour lire. C'est évidemment l'écriture de ma mère, balancée à la sauvage (même numérique) en travers de la colonne de cet après-midi.

« TVPNFCL »

- Oh... c'est une abréviation familiale pour dire « quartier libre ».

Le conducteur hoche la tête.

- Très bien.

Ce n'est pas si loin de la vérité, puisque cette abréviation, ma mère l'utilise comme une formule magique qui contraint mon père à pousser son bouton « stop ».

TVPNFCL : Tu Vas Pas Nous Faire Chier Lord.

Je souris légèrement dans la manche de mon sweat « Dragon Céleste » et guette du coin de l'oeil la mine du conducteur, il est quand même sceptique mais n'ose pas poser de question. C'est rigolo.

Dans l'enceinte professionnelle, je n'ai pas le droit d'utiliser mon portable, ce site est classé secret défense par le gouvernement mondial et la géolocalisation est une crainte pour eux. De ce que j'ai compris, Dragon Céleste y mène ici, des recherches et des prototypages pour leurs innovations de santé. Je ne sers pas de cobaye, les maladies et pathologies qu'ils cherchent à soigner sont beaucoup plus graves qu'un simple passage à tabac dans un lycée. Mais je dois me plier aux règles et j'ai laissé mon téléphone à mon père, ce qui a rajouté une sorte de punition sur l'auto-exclusion. Déjà que je ne suis plus avec mes amis, mais en plus je ne peux même pas communiquera avec eux... ni même avec Akira qui me manque terriblement.

Le conducteur tourne et stationne la voiturette devant l'entrée du sas, il se lève et se charge de mes affaires jusqu'aux portes. Je récupère mes sacs d'entrainement et pénètre dans les couloirs aseptisés. Je n'entends rien et tout est lisse, interminable, sans odeur ni surface. Les premières fois c'est déroutant, j'avais l'impression d'être dans un monde en seulement 2 dimensions, sans profondeur. Mon père m'a expliqué que c'est un processus cognitif, pour mettre le cerveau en conditions. Moi ça m'a juste filé le vertige, je ne savais plus si je mettais les pieds sur les murs, le sol ou le plafond ...

A force ça va ... mais ce n'est toujours pas un plaisir. J'en viens à regretter les casiers un peu craignos de Grand Line et les toilettes des trois fr... ah, ça nan, faut pas abuser.

Je passe mon badge sur le boitier caché dans le mur et les portes coulissent pour s'ouvrir. Ce vestiaire là est parfaitement lisse, d'un seul tenant comme tous les fantasmes mobiliers de mon père. Il voue un culte aux meubles faits d'un seul bloc. Dans notre ancienne maison je me faisais toujours agresser par des tiroirs planqués dans les murs, à peine je posais mes coudes qu'une armée de tiroirs sortaient. Le pire c'est qu'à chaque fois j'avais l'impression qu'ils étaient foutuent dans des endroits différents ... C'était épuisant.

Une fois que mes chaussures sont changées pour des espèces de patins lumineux, je retire mon sweat et réajuste les bretelles de mon débardeur aux couleurs de la compagnie. Il faudrait que je parle avec la personne en charge du stylisme, ces fringues sont d'une banalité affligeante.

Je sors ma raquette de sa housse et vérifie que sa batterie est bien chargée, je l'ai laissé branchée toute la nuit, ça devrait être bon.

Normalement on fait sa rééducation avec le tennis. Chez Dragon Céleste, on s'entraine avec le Laser Tennis ! En vrai, c'est amusant.

Mais quand même étrange à assumer.

« Bonjour, je m'excite contre une balle holographique et mon terrain de tennis ressemble à une boite de nuit avec tous les lasers qui mitraillent de partout ». Nan, pas moyen que j'assume ça, si on me demande comment j'ai récupéré aussi vite, je dirais que ... que ...

Je soupire en enfilant mes lunettes aux larges verres lumineux, ils sont connectés aux raquettes et au terrain, ça me permet de voir la balle.

- Pas si vite jeune fille.

Hé ?! Même en hologramme mon papa-chéri vient me surveiller ?

- Désactivation de l'adversaire.

J'ordonne à la machine centrale de changer de partenaire et elle ne cesse de me répéter : « Je n'ai pas compris votre demande »... Il doit y avoir un bug dans le système.

- Chérie, c'est moi.

Les hologrammes ne peuvent pas sentir bon la pomme et la cannelle, il n'y a que mon père qui sente ainsi, après qu'il ait englouti les gaufres de la ma mère.

- Papa ?

Mes lunettes holographiques coulissent sur mon petit nez et oui, aucun hologramme ne pourrait rendre hommage au physique de mon père. Je renifle les goûtes de sang obligatoires qui s'écoulent de mon nez et essuie les autres sur le tissu éponge noué à mon poignet. Ses cheveux sont encore un peu humides et tiennent en arrière (il les a recoupés ! Sacrilège !). Mais je dois raviser mon insulte mentale auprès de la chargée de stylisme, le polo blanc Dragon Céleste est fait d'un tissu qui moule parfaitement les trésors de ma mère.

C'est en les énumérant qu'elle m'a apprit à compter.

Le « 1 » c'est pour ses épaules bien dures, le « 2 » c'est pour ses biceps bien durs, le « 3 » c'est pour ses pecs bien durs ... et ainsi de suite jusqu'au « 10 » qui est souvent lui aussi ... bien dur... Heureusement que je n'ai que dix doigts.

- Quelque chose ne va pas mon trésor ?

Ses sourcils parfaits s'arquent et je vois une pointe d'inquiétude dans son regard. C'est normal après tout, il était si triste de me voir amochée, il ne l'a jamais supporté. Ma mère a plus d'endurance sur mes blessures alors qu'elle vit dans sa cuisine, mon père qui combat les guerres du monde est une vraie pleureuse quand ça touche à sa fille.

- J'ai les mains vides, mon téléphone me manque ...

Ayé, fini l'inquiétude. Il attrape sa raquette et l'allume avant de se placer de son coté du terrain.

- Ton téléphone. Je peux te le rendre.

La première balle apparait de mon coté, à moi le service. Les écouteurs déployés dans mes oreilles simulent jusqu'au bruit de la balle holographique. J'ai du calculer la trajectoire et l'angle avant d'entamer l'échange, ça m'a fait réviser mes maths tient.

- Eteint et sans la batterie ça ne compte pas, papa.

Agile de ses jambes, mon père interrompt la trajectoire du projectile irréel et me renvoi une salve qui fait rougir la jauge de vitesse sous mon oeil droit. Il est en forme le filou, je suis qu'il n'y a pas que les gaufres de ma mère qu'il a dévoré !

L'hologramme vert revient à toute allure et je dois choisir une nouvelle trajectoire, cette fois j'opte pour une frappe courte. Puisqu'il est en forme, je vais le faire courir. En espérant qu'il ait un minimum d'empathie pour mon anémie.

- Alors de quoi d'autre as-tu besoin ? Dis moi.

La gomme de ses baskets crisse sur le terrain lisse et son short se soulève, me laissant apercevoir un bout de cuisse tout à fait réel. Il frappe un revers des plus parfait et je peste entre mes dents.

- De mes amis !

Mes lunettes m'ont proposé plusieurs scénarios et je choisi le plus direct pour en renvoi de balle immédiat. Aucun rebond et cette fois je lance dans le fond du court laser.

- Ceux qui t'ont laissé te faire battre ? Tu appelles ça des amis Lilly ?

Ayé, il est énervé.

S'en suit une salve à grande vitesse. Le logiciel n'arrive même plus à coordonner nos tirs avec la détonation artificielle et c'est comme si nous frappes avaient brisé le mur du son. Tout ce que j'entends ce sont les mots peux glorieux qu'emploie mon père pour désigner les autres élèves de Grand Line. Pour parler d'Ace, de Nami, de Vivi et de tous ceux que j'ai côtoyé depuis la rentrée, cette bande de fous furieux sans limites. Et j'ai beau terriblement aimer mon père, aussi fort que ma propre vie, ça ne passe pas.

Mon épaule toute neuve se contracte et j'en oublie les trajectoire balisées par l'ordinateur et commence à frapper avec ma rage.

- Je n'ai aucune confiance en le fils Monkey. Que sais-tu vraiment de lui Lilly ?

Je perds le point tellement je suis choquée.

- Comment ?

Alors je comprends. Mon papa d'amour est en train de me tester. Une autre de ses manies en grand maniaque du contrôle qu'il est, ce papa chéri.

- Tu as raison.

Je joue un peu avec l'hologramme avant de visser mes yeux dans leurs jumeaux, ceux de mon père. Aucun goute de sueur ne perle sur son front, il est vraiment endurant.

- J'ai toujours rais...

- Luffy n'est pas simplement mon ami.

Son adorable visage se crispe et j'ai mal au coeur l'espace d'une seconde à voir sa grande beauté blessée ainsi. Mais il m'a cherché et n'aura que ce qu'il mérite, papa d'amour. Je prépare mon service lui sers mon meilleur sourire, celui-la même qu'il m'a appris.

- Luffy est mon petit-ami.

Et BOUM, je récupère l'avantage.

Héhé.

Petit papa n'a pas bougé.

J'entends déjà la voix de ma mère « Lilly ne sois pas trop dure avec ton père, il a beau régner sur le monde, il est aussi sensible que la neige quand il s'agit de toi ». Alors je soupire et traverse le terrain pour venir déposer un baiser sur sa joue chaude et douce. Il y a un mélange de tristesse et de fureur dans ses yeux, un mélange là encore « made in Ablydan ».

- Je plaisantais, on ne sort pas encore ensemble.

Le système s'arrête et mon père retire ses lunettes pour me considérer avec un air légèrement refroidis.

- Encore ? Tu crois que je vais te laisser fricoter avec lui ? Déjà que tu t'es entêtée à aider le fils de Gold D. ... Qu'est-ce que ça va être la prochaine fois Lilly ? Tu m'annonceras que tu es devenue copine avec une Silver D. Gray ?

L'incompréhension qui se traduit sur mon visage rassure légèrement mon père. Je n'ai pas une once d'idée de qui sont les Silver-quelque-chose. Il soupire et ébouriffe ses cheveux (j'aime bien quand il est décoiffé). J'attrape son bras et me libère l'espace nécessaire pour que je me blottisse contre lui. Gêne koala un jour ...

- Dis, et si on faisait une balade en famille aujourd'hui ?

- Tu dois t'entrainer.

Je soupire et dégage ma tête de son corps.

- Papa ! J'ai déjà suffisamment récupéré ! Et je ...

- Qu'est-ce que ce sera la prochaine fois hein ? Tu ne comprends pas Lilly, à chaque fois qu'il t'arrive quelque chose je ... J'en viens à me dire qu'il vaudrait mieux que tu ne sois jamais allée dans ce lycée. Même en changeant de nom et en prenant toutes les précautions, l'issue t'es toujours défavorable. Il nous faut peut-être changer de méthode.

Je repousse son étreinte et commence sérieusement à m'énerver car je n'aime pas du tout la tournure que prend cette discussion.

- Parce que tu crois que j'étais mieux à Mari Geoise ? Tu sais très pourtant très bien ce qui s'y est passé !

- Justement Lilly ! Mari Geoise et maintenant Grand Line, c'est toi qui est déraisonnable ! Ce monde est déjà dangereux, et toi, tu t'approches de trublions ! Tu provoques délibérément et je me retrouve, bouffi d'angoisse à craindre qu'un jour on ne m'appel pour me dire que tu ... que je ... ne suis pas arrivé assez tôt pour te sauver !

Les yeux marrons de mon père se remplissent de larmes et en bons jumeaux qu'ils sont, les miens les accompagnent.

- Eh bien comme ça tu comprends un peu mieux ce que je vis, ce que maman et moi on vit à chaque fois que tu cours te jeter dans les abîmes ! A chaque fois que tu pars j'ai peur que ce soit la dernière fois, ou que tu m'oublies, je ne sais pas ce qui me fais le plus peur ! Alors ne viens pas me faire des reproches pareils ! Qu'est-ce que tu crois ? Qu'à cause de tes choix je vais accepter d'être enfermée dans un placard pour être loin du monde ?

- Ooolà ! Baissez d'un ton vous deux !

Les larmes coulent sur mes joues tandis que ma mère fait résonner son timbre sur les murs immaculés.

- Qu'est-ce qui vous prend à vous chamailler comme ça ?

J'essuie mes larmes et fusille mon père du regard, il ne vacille pas, sur de lui comme toujours.

- Papa veut m'envoyer à Impel Down !

Ma mère se fige lorsque j'évoque cette prison déguisée qu'est le lycée (ultra) privé d'Impel Down. Je voulais bluffer et je manque de m'évanouir quand je vois mon père soupirer, il y a vraiment pensé ?

- N'importe quoi Lilly ... tu sais très bien que jamais tu n'iras là-bas.

Les épaules de mon père s'affaissent.

- Pas de mon vivant, ça c'est certain.

Ah, cette fois ma mère a son air sévère. Je suis peut-être allée un peu loin en évoquant cette satanée prison. Elle reste un élément douloureux du passé de ma mère...

- Posez-moi ces machins et venez prendre l'air.

Les talons de ma mère claquent sur le sol et sa haute silhouette disparait derrière les portes coulissantes.

- Lilly ... comment oses-tu parler de ça devant ta mère ? Je ne ...

Il ne termine pas sa phrase et s'en va rejoindre son épouse adorée.

Seule dans la salle vide, je me sens un peu nulle, voire même très nulle. J'aime merdé, c'est clair. Impel Down... quelle idée débile d'en parler devant maman. Mais tout cet environnent m'angoisse et je vais finir par devenir cinglée à rester cloitrée.

Je renifle mes dernière larmes et file rejoindre mes parents à l'extérieur. Dans les bras l'un de l'autre, ma mère me voit arriver du coin de l'oeil. Elle hésite à me tendre le bras et l'espace d'une seconde j'envisage ce que serait ma vie sans elle. Mon coeur se sert, sur le point d'exploser et je fond en larme en me jetant dans ses bras.

- Paaaaardooooooon ...

Mes larmes dégoulinent dans sa poitrine parfumée et si je le pouvais, j'enfoncerai mon crâne jusqu'à son coeur pour le maintenir en vie pour toujours. Ma mère enfonce ses doigts dans mes cheveux et se sens la main de mon père sur mon épaule.

- Ce n'est pas grave mon poussin, je t'assure. Par contre, je n'avais pas réalisé à quel point l'isolement sur l'île te pesait ...

Je relève la tête et regarde mes parents. Ils sont inquiets et cette fois c'est moi qui réalise à quel point ils ont eu peur et doivent être fatigués de toutes mes bagarres. Quelque part, mon père doit avoir raison, j'ai provoqué délibérément Boa de nombreuses fois, en me disant qu'il n'y aurait que moi qui aurait à en souffrir. Mais c'était visiblement une erreur. Mes parents, mes amis, ils ont tous souffert avec moi.

J'attrape ma main de mon père et m'enroule dans son bras. Il m'accueil avec sa douceur habituelle et je me loge contre lui.

- Je suis désolée d'avoir eu à vous infliger ça.

Ils ont vraiment du avoir peur cette fois pour m'exiler au fin fond du Nouveau Monde sur une île qui n'est probablement pas répertoriée.

Les bras forts de ma mère nous rejoignent et je suis saisie par la puissance de ses muscles. Jamais je ne voudrais faire de mal à ma géante de maman.

- Que veux-tu Lilly, avec le temps nous sommes parvenus à être plus prévoyants, mais pas pour autant insensibles...

Ses boucles d'oreilles tintent et je m'écrase encore plus contre mon père.

- Je ne veux pas que tu m'enfermes dans un placard ...

- Et moi je ne veux pas que tu ai de petit-ami.

Je bave légèrement et proteste.

- C'est stupide.

- Bah oui ... tu vois, aussi stupide que l'idée de vouloir t'enfermer dans un placard.

Dans mon cou, je sens le menton de ma mère remuer.

- Qui a parlé de petit-ami ? Luffy a changé de grade ?

Le rire nerveux de mon père m'arrache un sourire. Peut-être qu'il faudrait que je commence à l'écouter, je sais tout de ce qu'il est, mais j'ai encore beaucoup à apprendre de lui. De cette manière qu'il a d'être fort, tout en protégeant ceux qu'il aime.

Exactement comme ma mère.

- Quelqu'un a parlé d'une balade en famille tout à l'heure.

Je relève la tête vers mon père qui a retrouvé son sourire tandis que ma mère dépose un baiser dans mes cheveux. J'hoche vigoureusement la tête et frotte ma joue contre le torse de mon père.

- Elle sera longue cette balade.

- Pourquoi ?

Les yeux de mon père glissent doucement vers les miens.

- Parce qu'après je te dépose au train pour Rough Tell ...

Pas le temps de lui sauter au cou que ma mère nous a gratifié à tous les deux d'une claque cosmique sur les fesses en sanctionnant son geste d'un « pas de dispute dans ma famille ».

/

J'ai vérifié plusieurs fois que la prise fonctionne car mon téléphone ne s'allume toujours pas. Le train a démarré et fend déjà les flots pourtant mon écran est toujours noir !

La balade familiale a bien été longue et pourtant j'en ai savouré chaque seconde. A vrai dire, elle a été ponctuée d'appels téléphoniques du quartier général de Dragon Céleste qui frémissait à cause d'un crocodile visiblement, et d'un drôle d'oiseau, mais je n'ai pas tout compris.

Mon coeur n'est plus meurtri et j'ai l'impression d'être plus légère maintenant que j'ai pu leur parler. Il fallait que je leur confie cette idée qui me trottait dans l'esprit depuis un moment, sur ces satanés choix d'avenir. Mes parents sont un couple unique, mais ce sont aussi deux individus si complets et forts, ils m'ont ouvert une route et j'ai de plus en plus envie de la saisir. C'est pourquoi je devais leur dire. L'été prochain, je veux travailler chez Dragon Céleste. Je veux pouvoir y entrer et peut-être que la prochaine fois que j'aurai en face de moi quelqu'un qu'y s'y oppose, l'un de nous ne terminera pas aux urgences. Car ça aussi, il faut que ça change !

J'en ai assez de mettre en panique mes parents et les forcer à assumer mon égo, je dois trouver d'autres manières. Tout comme mon père le fait, il détourne les armes pour en faire des remèdes. Et surtout, je veux pouvoir avoir mes deux jambes pour courir retrouver mes amis. Mes amis, Akira et Luffy.

- Aaaaah ! Enfiiiin !

Je plaque mes mains sur ma bouche après avoir crié (très malin) et compose mon code sur l'écran tactile (j'ai l'impression que ça fait 100 ans que je ne l'ai pas eu entre les mains). L'écran d'accueil charge me dévoilant le magnifique corps de mon sempaï et ... le torrent de notifications arrive ...

73 appels manqués.

104 messages non lus.

Et ... beaucoup trop de chiffres qui s'allument de partout.

J'étais certes, protégée dans une bulle avec mes parents, mais à en croire toutes les sonneries de mon téléphone, le monde lui, m'appelle !

« Beule Beule ...

- GOTCHA !?

Je retiens un couinement rien qu'en entendant la voix d'Akira.

- Akikiiiiiii

Elle renifle à l'autre bout de la ligne.

- Lilllllyyyneeeeette !

Nous gloussons toutes les deux et épongeons nos petits coeurs.

- Prépare toi !

- Bourkoua ?

J'agrippe le bout de ma robe et remue mes fesses impatientes.

- JE RENTRE CE SOIR ! »

Il y a un léger silence de son coté de la ligne, puis j'entends de l'agitation. A la base je devais rentrer dans plusieurs jours.

J'espère qu'elle n'avait rien de prévu.


Yo la compagnie ! ici LCDAH ^^. la partie de Lilly est un peu courte, mais c'est pour vous montrer la daaaalle qu'elle a de retrouver ses amis XD ! C'est aussi pour vous préparer en douceur à ce qui va suivre... owiii vous n'êtes pas prêts XD * salive *, faites nous confiance XD ! on va débarquer avec du lourd !