Jour 12 – Harmonie
Yunso n'avait pas ce qu'on pourrait appeler la tête de l'emploi. Sous ses attitudes débonnaires, son corps plus rondouillard que la moyenne et son petit visage enfoui sous une montagne de poils roux, elle était en fait un véritable puits de science. La Pandaren avait dédié sa vie à l'étude des Sha, et l'arrivée de tous ces humains sur le continent, si destructrice soit-elle, fut une formidable occasion de les observer d'un peu plus près.
Les scientifiques ne furent pas légion dans son peuple, principalement en raison de l'attrait des Pandarens pour le passé, rabattant en arrière-plan la chimie ou encore les mathématiques au profit de l'histoire et de l'archéologie. Mais elle avait bénéficié du soutien moral du Chroniqueur Cho, qui lui avait aimablement prêté une de ses offices de travail, quand elle avait débuté. Aujourd'hui, elle possédait sa propre maison ainsi que son humble laboratoire dans le Val de l'Éternel printemps : elle fut donc aux premières loges quand le Sha de l'orgueil explosa dans le Val, défigurant à jamais la région. Tandis que les guerriers d'Azeroth partirent à la poursuite de Garrosh et de son horrible armée corrompue par les Sha, Yunso s'était précipitée pour collecter quelques échantillons de terre, d'eau, et capturer quelques insectes. Elle avait alors espéré que les aventuriers qu'elle avait payés respectent leur part du contrat à leur retour de campagne contre l'Orc dérangé.
Quelques jours plus tard, ils étaient en effet revenus, avec Hurlenfer paré à être jugé devant les Astres Vénérables, et avec ce qu'elle leur avait demandé de rapporter : un morceau du Sha de l'orgueil en personne. Malgré son entrainement rigoureux, elle ne put s'empêcher de frémir à la vue de la masse noire qui tressautait dans son bocal de verre. Après l'avoir observé avec dégoût, elle l'enferma dans une caisse en acier dont elle poussa les loquets le plus fort possible. Même isolé de l'extérieur par le métal épais de la caisse, la scientifique put ressentir les fortes énergies négatives du Sha.
« -Avez-vous respecté les consignes que je vous avais donné ? »
« -Oui, oui, » soupira un Nain du groupe, qui avait été excédé par ces dernières toutes plus invraisemblables que les autres. « On a attendu de lui avoir refait le portrait, on a découpé le morceau avec une épée en jade, récupéré avec des gants, et foutu dans ce pot. »
« -Excellent : vous allez faire avancer la science, que Yu'lon vous remercie ! »
Sur le pas de son laboratoire, judicieusement situé à une centaine de mètres de sa maison, et découvrit sur le pas de la porte Hoon, son assistant, occupé à fumer une longue pipe bourrée d'herbes aromatiques.
« -Bonjour, » commença la scientifique en levant la patte. « Tu prends déjà ta pause ? »
Hoon leva la tête, et ses traits fatigués alertèrent Yunso.
.
« -Bon sang, tu en fais, une de ces têtes. »
« -Deux heures, » répondit Hoon en tirant une profonde bouffée sur sa pipe, et de disparaître dans d'épaisses volutes bleues. « Je n'ai résisté que deux heures, dans le sous-sol. Depuis l'arrivée de l'échantillon de violence, tout n'a fait qu'empirer. »
« -Haut les cœurs, mon ami : j'ai récupéré i peine quelques minutes le dernier échantillon ! Nous n'avons plus qu'à mander le Chroniqueur Cho pour lancer notre expérience, et nous aurons accompli le plus difficile ! »
« -C'est ça que tu ne comprends pas, » insista t-il en se tenant la hanche de douleur, « ce n'est pas toi qui passe son temps dans cette salle sans fenêtres, sans air frais, à observer ces bocaux en notant les effets qu'ils ont sur toi, ou que… »
« -Arrête-toi. Prends bien garde aux mots que tu utilises, » l'avertit doucement Yunso, « les Sha sont à l'écoute, sous nos pieds. Je comprends que cette partie du travail… t'angoisse, faute d'autres mots plus précis. Mais nous n'aurons droit qu'à un seul essai, nous devons donc prendre le plus de notes possibles maintenant. Le temps que le Chroniqueur Cho arrive, il se passera bien trois ou quatre jours. Si tu le souhaites, je peux me charger des observations sur le dernier Sha. »
« -Merci beaucoup… Je ne pouvais plus supporter les interférences entre les six résidus de Sha : j'ai l'impression que plus nous amassions, plus ils devenaient forts. Alors faire face à six d'entre eux, c'est de plus en plus difficile ! »
« -Nul besoin d'insister. Je te place en repos jusqu'à l'arrivée de Cho et de ses Chroniqueurs. Je me chargerai du reste. »
« -Merci. Laisse-moi juste finir ceci, » se détendit Hoon tout en désignant sa pipe, « et je me mets en route ! J'ai hâte de goûter à la nouvelle bière qu'expérimente mon mari : il s'enferme dans son atelier dès qu'il le peut, c'est à peine si je le vois encore ! »
Yunso dégusta son en-cas aux côtés de son assistant, lui laissant le temps d'achever sa pipe. Lorsqu'il partit une heure plus tard, elle resta seule sur le pas de la porte, la caisse toujours dans les bras. Le départ de Hoon lui donna le sentiment que le fragment de Sha lui chuchota plus fort à l'oreille. Elle se rendit donc à l'évidence qu'elle devrait vite confiner le bocal dans les tréfonds de son laboratoire.
Elle entra donc dans le bâtiment, constitué d'un seul étage en surface qui tenait lieu de réserve de matériel : le plus gros des locaux se trouvaient en sous-sol, là où elle se dirigea avec une assurance décroissante. Le premier sous-sol, le plus petit des deux, était consacrée aux recherches de son assistant, versé dans la chimie de la combustion. Très logiquement, le sol et les murs étaient renforcés, les meubles enchantés pour résister aux incendies. Mais malgré les efforts tenaces de Hoon pour nettoyer « son » laboratoire après chaque expérimentation, il y régna toujours une infâme odeur de souffre et de brûlé.
.
Tout au fond de la vaste pièce se trouvait une grande porte de bronze, haute comme trois Pandarens. Son élégance jurait avec les lieux, faisant clairement comprendre qu'elle était largement antérieure au reste : ce vieux complexe mogu fut la raison précise pour laquelle elle avait demandé aux Chroniqueurs et aux Pandashan de s'installer ici. Malgré les réticences de Taran Zhu, qui ne put accepter de voir ce caveau antique transformé en complexe d'études, on lui accorda de s'installer au-dessus du monument souterrain.
Yunso posa avec d'infinies précautions la caisse au sol, et s'arqua pour ouvrir la gigantesque porte, rendue encore plus lourde du fait de l'ajout d'un blindage de fer aux battants de celle-ci. Elle l'ouvrit juste assez pour pouvoir passer, puis réitéra l'opération une fois dans le boyau souterrain. Le cadre du portail avait si minutieusement façonné par les Mogus que le filet d'air passant entre le bronze et le sol était quasiment inexistant. Plongée dans le noir presque total, uniquement guidée par les torches placées en bas de l'escalier, elle avança avec d'infinies précautions, marche après marche. Elle avait commis une seule fois l'erreur de rater une marche, et l'avait chèrement payé les huit mois qui ont suivi.
Une fois en bas, en sueur et comme écrasée par la présence des Sha de plus en plus forte, Yunso fit face à la deuxième porte du caveau, encore plus lourde que la précédente, à tel point qu'elle dut se servir d'un pied de biche géant pour ne serait-ce qu'entrouvrir un des battants. Seule une petite porte de bois qu'elle avait elle-même mise en place la séparait de l'ultime salle du complexe. Alors qu'elle eut refermé la porte de bronze et posa sa patte sur la poignée, elle entendit le bocal piégé dans le coffre remuer de son propre chef en sentant la présence des autres fragments de Sha. Elle se figura alors tenir entre ses bras la prison métallique d'une petite bestiole agressive. Ce qui n'était pas si faux que cela, en un sens.
Elle pénétra dans la pièce totalement silencieuse, uniquement éclairée par des sphères de verre qui piégeaient des flammes immobiles. Ces curieuses sources de lumière projetèrent des ombres impressionnantes sur les murs de fer. On aurait cru se trouver au fond d'une cale de bateau, ce qui surprit une fois encore la scientifique, qui ne mettait pas les pieds ici autant que son assistant. D'un pas gauche, elle s'approcha de l'immense armoire blindée au fond du laboratoire, et posa sa caisse juste devant. Elle appréhendait d'ouvrir à nouveau cette armoire. Elle eut quelques difficultés à se souvenir de la dernière fois qu'elle l'avait fait en personne. Ce qui fit remonter de sombres souvenirs : le monastère des Pandashan envahi, Taran Zhu torturé par la corruption du Sha de la haine. Le meuble de confinement lui avait alors paru bien vide. Restant en arrêt devant le complexe système de verrouillage, elle n'arriva pas à se résoudre à l'ouvrir. Elle avait failli être débordée par la puissance du Sha de la haine et de la violence, qu'est-ce qui la protégerait des quatre autres ?
Les bocaux pris au piège tintèrent de plus belle contre l'acier de l'armoire, faisant sursauter Yunso. En découvrant ses mains tremblantes, elle décida de s'éloigner de l'armoire. Avant d'y déposer le fragment d'orgueil, elle devait le sceller pour l'empêcher de se libérer. Elle se dirigea donc vers la fosse qu'elle avait faite creuser de l'autre côté de la salle, pour préparer son fourneau : en attendant que le chaudron chauffe, Yunso enfila sa blouse, ses gants de manipulation et son masque à gaz, en prévision de la manipulation du Sha. On n'était jamais assez prudent.
.
Elle rapprocha donc la caisse du fourneau, et prépara le récipient de stockage définitif du fragment d'orgueil : en sentant le chaudron placé au sommet du fourneau irradier de chaleur et se teindre de rouge, elle sut que le moment était venu. Yunso jeta dans le chaudron le contenu pâteux de plusieurs fioles, ainsi que de grosses poignées de galets de jade. La scientifique se précipita sur le chaudron pour ensuite y ajouter diverses poudres alchimiques de sa conception, afin d'achever la préparation de jade liquide qu'elle avait inventé, dans l'unique but de confiner les essences des Sha de façon durable. Elle mélangea le contenu du chaudron avec une attention redoublée, faisant fi de la chaleur insupportable qu'elle ressentit : le mélange devait être parfait afin de remplir son rôle. Derrière elle, le bocal tressautait toujours plus fort, sans doute sentant ce qu'il allait lui arriver.
Enfin, le jade liquide bouillonnait au fond du chaudron. Yunso sut que l'étape à venir serait la plus dangereuse. Elle déverrouilla difficilement le coffre, et en dépêcha d'en extraire le bocal. Le fragment du Sha tourbillonnait comme une tempête miniature, prêt à s'échapper. Elle fut heureuse de manipuler le bocal avec des gants alors qu'il se trouvait dans un état de colère, mais ne fut pas immunisée par les murmures de la créature.
Vas y, vas y ! Enferme-moi dans ce jade liquide, et tu feras triompher tes travaux ! Sois fière de ce que tu as accompli !
Yunso fixa sévèrement le bocal, et le secoua pour calmer l'agitation du Sha. Dès qu'elle vit qu'il s'immobilisa, et ouvrit d'un seul coup le récipient au-dessus du chaudron pour le noyer dans le liquide vert en fusion. La masse noire heurta le jade liquide en sifflant, et émit une puissante explosion de vapeur noyant tout le sous-sol. L'atmosphère devint encore plus étouffante, et la scientifique brava une ultime fois la chaleur pour brasser le mélange, pour forcer le Sha à s'empêtrer dans le jade, et à constituer une unique masse qu'elle travailla tant que cela s'avéra possible. Quand, enfin, elle eut assez refroidi, Yunso s'en saisit avec des pinces, et la plongea dans un baquet d'eau pour la refroidir. Le morceau de jade solide qui en résulta fut plus sombre, constellé par un réseau intérieur de lames noires et blanches, immobilisées par le matériau de la gemme.
« -Par Yu'lon, j'ai enfin terminé… »
Sans se séparer de ses pinces, Yunso se hâta de déposer le petit bloc de jade dans son nouveau récipient, qu'elle verrouilla. Elle revint ensuite devant l'armoire blindée, et l'ouvrit difficilement. À peine les portes hermétiques qu'elle fut soufflée par la vague de colère des Sha piégés depuis plusieurs mois, pour certains. Elle sursauta d'horreur en constatant que les minuscules fragments s'étaient bâfrés d'énergie négative en son absence. Le Sha de la peur, en particulier, était devenu si gros qu'il avait fait gonfler le jade de l'intérieur, si bien qu'on aurait pu croire qu'il était sur le point de se libérer. La scientifique se maudit de ne pas être descendue plus régulièrement observer leur évolution : elle se dépêcha alors de déposer dans l'armoire avec les autres, referma les lourds verrous du meuble blindé, ôta un de ses gants pour prendre son si précieux carnet de notes, et de frénétiquement le mettre à jour, le tout conduite par l'amertume de ne pas avoir été plus rigoureuse.
Le Sha de l'orgueil ainsi confiné, elle sut que le travail était fini jusqu'à l'arrivée des Chroniqueurs. Malgré sa fatigue, elle avait hâte d'entamer la dernière étape de son projet, la fusion de tous les Sha.
.
Quelques jours plus tard, le grand jour était venu. Yunso guetta toute la matinée l'arrivée du Chroniqueur Cho, déjà en tenue pour gagner du temps. Fébrile, elle n'eut pas une nuit réparatrice, et resta éveillée jusqu'à l'aube, assise sur le parvis de sa maison. Le premier à arriver fut Hoon, sur sa tortue-dragon qui mâchonnait un poisson cru.
« -Bonjour Yunso ! Tu es levée de bonne heure, dis-moi. Prête à marquer l'histoire ? »
« -Pour être levée, il faudrait déjà avoir dormi. »
« -Oh… Tu devrais aller te reposer avant le début des tests, » s'inquiéta Hoon en sautant du dos de sa monture, qui goba les restes de son poisson. « Il ne faudrait pas que tu dérapes pendant le processus de fusion. »
« -Non, non, ça ira, je t'assure. »
Parfait ! Tu sais que tu t'en sortiras parfaitement. Pour la science, Yunso !
« -Viens au moins prendre un café avec moi. J'ai apporté des grains tout récents et une brioche chaude de ce matin. »
« -Volontiers. »
Elle lui ouvrit sa porte, et lui désigna le chemin de sa cuisine.
« -Mon pilon est ici. Je vais faire bouillir de l'eau, ne t'en fais pas. »
Autour d'une brioche et d'un café plus fort que ceux auxquels elle était habituée, ils conversèrent sur leurs expérimentations et de leurs résultats.
« -Tu as bien apporté ton matériel de protection ? »
« -Bien sûr : je m'en serais voulu de rater une occasion pareille ! J'ai aussi lavé avec Hyun les gants et les masques pour Cho et les autres invités. Tout est prêt pour les accueillir. »
« -Hm. J'ai aussi inspecté le blindage de la salle, pour éviter la fuite des Sha à travers le sol. Hum, aucun rapport, mais cette brioche est excellente ! Je peux t'en reprendre ? »
« -Évidemment : bon, je ne vois aucune raison que quelque chose se passe mal. »
Il a raison ! Tout, absolument tout va bien ! Ne pense qu'à la gloire qui t'attend au fond de cette cave.
« -Où as-tu acheté ton café ? Il n'a absolument pas le même goût que ceux que j'ai l'habitude de boire. »
« -Oh ! Il vient de Teldrassil. J'ai découvert avec surprise que les cultivateurs de café kaldorei étaient légion en Kalimdor. C'est une belle découverte : je trouve que le goût change de ce que nous l'habitude de trouver ici ! Donc j'ai pris commande de plusieurs caisses, qui ont commencé à arriver cette semaine. »
« -C'est une excellente nouvelle ! J'avoue avoir du mal à me procurer de nouvelles denrées, en ce moment. Je manque de beaucoup de fruits, mes arbres ont tous attrapé une maladie que je n'ai pas réussi à identifier. J'ai contacté nos confrères pour en avoir plus, mais… »
« -Toujours rien, j'imagine ? »
« -Non, » conclut-elle, affligée par la perte de ses arbres fruitiers. « Je pense juste les abattre et m'en procurer de nouveaux : ne pas avoir récolté de fruits cette année m'ennuie beaucoup, étant donné mes maigres réserves de mon cellier. »
.
Quelqu'un toqua à la porte ce moment, attirant l'attention des deux Pandarens. La scientifique se leva pour leur ouvrir, et le visage apaisé du Chroniqueur Cho apparut dans l'encadrement.
« -Chroniqueur ! Vous êtes bien en avance. Voulez vous rentrer ? »
« -C'est si gentiment proposé ! »
« -Combien des vôtres vous accompagnent ? Que je puisse préparer la vaisselle qu'il faut. »
« -Aucun des Chroniqueurs n'est avec nous, en réalité. »
Alors que Cho entra dans son salon, Yunso découvrit avec surprise que le chef des Pandashan, Taran Zhu se présenta à son tour.
« -Monsieur Taran Zhu ! Je suis surprise par votre venue. »
« -Nous vous remercions pour votre hospitalité. Je suis seulement venu m'entretenir avec vous et votre assistant, au nom des Astres Vénérables. »
Yunso invita ses deux invités à les rejoindre, Hoon les servant tandis qu'elle refermait la porte.
« -Alors, vous êtes venus assister au tournant de notre histoire ? »
« -C'est justement pour cela que nous sommes là : nous vous annonçons que votre expérience ne pourra pas avoir lieu. Les Astres Vénérables s'y sont opposés. »
« -Quoi ? Mais… Nous nous sommes évertués à prouver que tout se passerait dans de parfaites conditions ! Et nous avons travaillé pendant des mois pour rassembler nos échantillons et travailler à la fusion ! »
« -Certes. Mais nous avons statué que le résultat de cette éventuelle fusion, stable ou non, serait bien trop dangereux pour la Pandarie. Mes Pandashan sont en route pour saisir vos échantillons et les résultats de vos expériences pour les détruire. »
« -Vous ne pouvez pas faire ça ! »
Yunso se leva vivement, indignée par la décision sur laquelle elle n'avait eu aucune influence.
Ne te laisse surtout pas faire : c'est un scandale ! Ne les laisse pas saper ta carrière !
« -J'ai voué ma carrière à étudier les Sha ! Je dois faire quelque chose de ses recherches, finir cette expérience me permettra d'enfin publier et de nous faire reconnaître ! Vous n'avez vraiment aucune considération pour notre profession ! »
« -Calmez-vous, Yunso, » intervint Cho, « vous ne devez pas laisser les Sha vous contrôler. »
« -Si vous ne reprenez pas le dessus, nous devrons vous emmener avec nous pour nous purifier !
Ne te laisse surtout pas faire. Le pouvoir est à portée de main !
« -Si vous essayez de me censurer, vous paierez cher votre audace. »
Taran Zhu et le Chroniqueur Cho échangèrent, entendus d'un simple coup d'œil.
« -L'orgueil menace de vous corrompre, Yunso, vous devez dès à présent nous accompagner. »
« -Ne me touchez pas ! »
Viens m'aider à me libérer, tu n'as plus de temps à perdre.
« -Je t'en supplie, Yunso, écoute-les. »
« -Taran Zhu, rattrapez-la ! »
.
Alors que la scientifique se rua hors de chez elle, Taran Zhu, en fin combattant, bondit par-dessus la table, roula élégamment sur le sol pour se rattraper, et faucha le sol pour l'immobiliser. La tête de la Pandaren heurta une racine, et elle tomba, inanimée. Cho vint rejoindre Taran Zhu, affairée à la ligoter pour éviter qu'elle ne lui fasse du mal, une fois éveillée. Il écarta le col de sa blouse, et découvrit d'épaisses cloques noires dépassant de son poil dru.
« -Elle a bien été corrompue par l'orgueil. Elle va avoir besoin d'aide. »
« -Vous pensez que les Astres Vénérables pourront la sauver, » s'approcha Hoon.
« -La corruption ne semble pas trop profonde, elle peut être sauvée, assurément. »
« -Hoon, pourriez-vous m'expliquer le résultat de vos propres travaux, » l'invita Cho, pour détourner son attention du chef des Pandashan qui hissait la scientifique sur son épaule. « Peut-être autour d'une tasse de café, pour apaiser vos émotions ? »
« -Oui, oui, veuillez m'excuser. Je n'avais même pas remarqué ce qui lui était arrivé… Qui sait si j'avais subi la même chose… »
« -Écoutez-moi, » dit le Chroniqueur avec bienveillance tout en l'entraînant dans le salon de Yunso, « rien ne s'est passé, vous et Yunso aviez jusqu'ici admirablement bien travaillé. J'imagine qu'elle acceptera de témoigner une fois qu'elle sera guérie. Mais vous êtes en sécurité, ne vous morfondez pas plus que nécessaire. Et maintenant, parlez-moi plutôt de votre nouvel alliage. Ça me paraît plutôt prometteur ! »
