Chapitre 16
Do you hear what I hear ? - Whitney Houston
- Vous êtes déjà là ? s'étonne Edward après une seconde.
- Désolé de bousculer tes plans, lui sourit un grand brun que je devine être Emmett, son frère.
- Em... sourit une petite brune alors que mon voisin de cabine lève les yeux au ciel.
Je tente de ne pas me sentir gêné et de n'y voir aucune allusion, pourtant, je me sens rougir malgré moi lorsque Edward nous fait sortir de l'ascenseur.
- Vous devez être Isabella, intervint à nouveau la jolie brune.
- Je... juste Bella, approuvé-je dans un sourire.
- C'est vrai ! sourit-elle gentiment, je suis Alice, nous nous sommes déjà présentées au téléphone. Je suis contente de vous voir en vrai !
- C'est réciproque.
- Je comprends pourquoi tu voulais la garder que pour toi ! marmonne-t-elle à son frère qui me jette un regard.
Le regard.
Bon sang !
- Vous allez la lâcher un peu ? s'irrite Edward en posant sa main dans le bas de mon dos pour me faire avancer dans la pièce. Qu'est-ce que vous faites là si tôt ? Vous ne deviez pas arriver qu'en fin de journée ?
- On devait, sourit un grand blond que je reconnais comme étant Jasper, l'homme de la suite au Plaza que j'ai déjà rencontré une fois. Mais ta chère sœur avait bien trop envie de te voir pour attendre toute la journée ! Content de voir que vous avez survécu au vertige Bella, sourit finalement ce dernier en s'adressant à moi.
- Ça n'a pas été de tout repos, marmonné-je en réprimant un rire nerveux aux souvenirs que l'évocation de cette journée créée en moi.
Rien n'a plus jamais été pareil pour moi après ce rendez-vous avec Edward, et la soirée qui a suivi. Edward me glisse un regard qui nous fait sourire mutuellement. Non, rien n'a jamais été plus pareil.
- En vérité, reprend Alice en reportant son attention à Edward, on a commencé à cuisiner pour ce soir.
- Il n'est que 8h ! se lamente ce dernier.
- Et nous avons des milliers de choses à faire !
- Chloé n'est pas là ? demande-t-il en ignorant sa sœur.
- Elle est partie faire une course ou deux avec Rose, nous informe Jasper avant de repartir vers la cuisine.
- Tu n'avais pas de caviar d'aubergine, ça a été un drame !
- J'vous en prie, faites comme chez vous !
- Oh je t'en prie, ne commence pas !
Je ne peux m'empêcher de sourire devant leur petite querelle avant qu'Alice déclare que nous avions assez perdus de temps à bavasser.
- Bella, tu viens nous aider en cuisine ?
- Avec plaisir, oui !
- Bien ! Ed ?
- Je vais avoir mon dossier à boucler...
- Évidemment...
Le regard que lui lance Alice me fait rire doucement, ce qui détourne l'attention de l'homme de mes tourments qui m'examine à nouveau, un sourire aux lèvres.
- Je t'avais dit que ma famille était dingue, souffle-t-il en se tournant totalement vers moi.
- Je t'entends ! s'écrit Alice en partant vers la cuisine d'un pas gracieux.
Je hausse les épaules en souriant malgré moi. Je me sens à l'aise, bien que je ne connaisse aucun d'entre eux.
- Ça ne me fait pas peur.
Son sourire se fait plus grand alors qu'il s'approche un peu plus, nous entourant délicatement dans une bulle tendre et chaude où je ne vois plus que lui.
- Je suis désolé je... je ne pensais pas qu'ils seraient là dès ce matin, avoue-t-il après quelques secondes à m'observer avec une attention singulière.
- Ça n'est rien, balayé-je d'un geste de la main. C'est bien qu'ils soient là, ça va me permettre de les connaitre un peu.
Ma réponse semble le satisfaire, ce qui nous fait sourire d'un même ensemble. C'est fou, même ici, maintenant, avec sa famille autour de nous et le flou qui entoure la relation que nous entretenons, je me sens bien. Juste... bien.
Quand il s'approche un peu plus de moi et repousse une mèche de cheveux de mon visage du bout des doigts, je sens mon cœur sursauter dans ma poitrine.
- Je suis vraiment content que tu sois là, finit-il par chuchoter à l'instant où ses doigts trainent sur ma joue qui se colore face à l'intimité de son geste, et de ses mots.
- Je... je suis contente aussi, réussi-je à dire, tentant d'ignorer tout ce que sa proximité me fait ressentir.
La couleur de ses yeux est incroyable ce matin, et j'en oublie même sa famille quand il se penche vers moi pour embrasser mon front du bout des lèvres.
Je tente de rester droite, de ne pas défaillir quand sa main remonte à mon visage pour caresser ma joue, une nouvelle fois. Mon cœur s'accélère tout seul alors que je me maudis de réagir si vivement quand il ne fait que m'effleurer.
L'électricité parcours ma peau de la manière la plus douce qui soit quand il pose son front contre le mien l'instant d'après et soupire, semblant savourer ce geste d'une tendresse boulversante.
- Mon dossier va pouvoir attendre un peu, murmure-t-il, son regard envoutant sondant le mien avec patience.
- Je... je peux rester seule avec eux si tu as trop de boulot.
- Hum… J'ai envie d'être avec toi... et je dois avouer que je ne leur fais pas confiance.
Je retiens mal un rire qui se coince dans ma gorge tandis que ses doigts survolent le dessin de ma mâchoire lentement, me faisant frissonner tout entière.
- Vous venez où je viens vous chercher ? S'écrit la voix puissante d'Emmett, nous faisant sursauter d'un même ensemble.
- J'aurai dû fuir cet endroit et te rejoindre à New York, soupire sérieusement Edward face à moi.
Cette perspective me fait sourire et me laisse rêveuse… mais c'est moi qui suis venue. J'ai pris la décision de venir… du moins, j'n'ai pas eu envie de rester sans lui. J'n'ai pas eu envie de rester seule à New-York sachant qu'il avait dit m'attendre…
- Mais je suis ici… chuchoté-je, faisant écho à mes pensées.
- Tu es là.
Comme la semaine précédente, son sourire me trouble et me revigore avec force avant qu'il ne me sourit une dernière fois puis ne m'entraine à sa suite pour rejoindre sa famille positionnée autour de l'immense îlot de l'appartement. Les rideaux ouverts laissant une vue imprenable sur Miami me donnent la nausée mais je concentre mon attention sur Edward, dont le sourire ne disparait pas.
- On a failli vous attendre ! Lâche Emmett en ne quittant pas des yeux la carotte qu'il épluche lentement -très lentement.
- Concentre-toi avant de te couper un doigt, lui ordonne Alice en se tournant vers nous, nous fourrant deux tabliers dans les bras. Enfilez-ça vous deux !
- Alice...
- Pas de "Alice" s'exclame-t-elle en faisant les gros yeux à Edward. Tu enfiles ce tablier Cullen et vous ramenez vos jolies fesses ici.
Je me pince les lèvres à la façon dont Alice ose parler à Edward. L'homme puissant qui m'impressionnait -m'impressionne toujours quelque part- à l'air d'un enfant devant sa sœur, et la scène est vraiment distrayante. Je note dans un coin de ma tête ce détail pour pouvoir m'en servir au moment opportun.
Jasper, qui découpe avec attention un poireau nous lance un regard qui me parait à la limite de l'inquiétude.
- Je sens que cette journée va être mémorable ! S'acclame Alice avec entrain.
J'attrape le tablier qu'Edward me tend et l'enfile distraitement.
- Est-ce que je dois savoir quelque chose à propos de ta sœur ? Finis-je par demander discrètement à l'homme à mon côté.
- Quelque chose comme ? Demande-t-il, enfilant son tablier lui aussi.
Le voir enfiler ce tablier par-dessus sa chemise me fait sourire. Cet homme... mama.
- Un penchant pour la torture ? Ou… un homicide ?
Son rire clair résonne dans la pièce, me donnant soudainement du mal à penser correctement.
- Je ne crois pas que ça ait été le cas mais...
- Mais ça pourrait le devenir, assène-t-elle dans un sourire machiavélique, penchée sur une petite casserole de l'autre côté de l'îlot.
- Et elle a des yeux et des oreilles dans toutes les pièces de cet appart, commente Emmett sérieusement en attaquant une nouvelle carotte.
Pendant une seconde je me demande si je dois le croire.
La main d'Edward se pose dans mon dos, puis il y exerce une petite pression pour me faire avancer dans la pièce.
- Bienvenue chez moi, s'amuse-t-il en me poussant vers l'îlot et sa famille qui, finalement, me rappelle la mienne.
- Isabella ?
La voix d'Edward me fait sursauter vivement, faisant retomber le bol de tomates cerises entre mes doigts qui roulent sur l'îlot impeccable de la cuisine.
- Désolé.
- Ce n'est rien.
Je m'applique pendant plusieurs secondes à ne pas le regarder et à ramasser les fruits devant moi sans prononcer un mot.
- Tout va bien ? reprend-il après un instant, ramassant une tomate à son tour qu'il remettre dans le bol entre mes mains, se retrouvant maintenant tout près de moi. Son parfum m'envahit, et j'ai du mal à rester de marbre.
- Oui.
- Et en vérité ?
Je me pince les lèvres en me sentant rougir alors que son corps se rapproche du mien. Suis-je aussi transparente ?
Les rires de sa famille dans le salon me paraissent bien loin quand ses doigts effleurent ma joue brulante lorsque je retrouve son regard profond.
- Je... je crois que Rosalie ne m'aime pas.
Ses sourcils se froncent légèrement.
- Elle... elle fait comme si je n'existai pas depuis notre rencontre, poursuivi-je, ne comprenant pas pourquoi cela m'atteint à ce point.
J'ai déjà eu affaire à des personnes qui n'appréciait pas ma compagnie. Cela ne m'a jamais perturbée plus que ça devrait... mais là... ai-je besoin de l'approbation de la famille complète d'Edward pour le sentir légitime de ce que nous... vivons ? Que vivons-nous au juste ? Pourquoi ai-je constamment besoin de tout compliqué ? D'avoir des réponses tangibles ?
- Ah Rosalie... soupire-t-il en souriant doucement alors que je m'appui contre l'îlot dans mon dos. Je l'ai détesté quand Emmett me l'a présentée.
Son aveu me fait froncer légèrement les sourcils. Ils ont pourtant l'air extrêmement proches et complices aujourd'hui... savoir qu'Edward l'a détesté me parait impossible.
- Je la trouvais futile, glaciale, rigide là où Emmett était gentil, convivial et chaleureux... Ses cheveux blonds décolorés, son air pincé et sa façon de me parler comme si j'étais le pire goujat que la Terre ait porté... Ça a donné lieu à quelques disputes mémorables dont Emmett a toujours été l'arbitre !
Sa révélation, finalement, me fait sourire.
- Et puis... j'ai appris à la connaitre. Elle n'est pas si pimbêche qu'elle en a l'air, souffle-t-il, se voulant rassurant. Ne te laisse pas impressionnée. Quand elle t'accordera sa confiance, tu verras que c'est la personne la plus gentille que la Terre est portée.
- Vu d'ici, c'est difficile à imaginer.
Un hochement de tête me prouve que j'ai raison. Je soupire, puis tente de rester neutre. Je ne la connais pas… et elle ne me connait pas non plus.
- Mais je suppose que tu as raison…
- C'est toujours le cas, s'amuse-t-il, souriant un peu plus.
enfin trouvé un domaine dans lequel Edward n'excelle pas : la cuisine. Il est pire qu'un enfant, et ne cesse de tout faire tomber. Savoir qu'il y a au moins une chose sur Terre qu'il ne sait pas faire à la perfection est presque rassurant. Après à peine une heure où il a cassé un bol, brulé une sauce et éclaté deux œufs sur le sol, Alice l'a supplié de quitter la pièce. Le soulagement a été commun aussi bien à elle qu'à Edward quand il franchit le salon.
Je ne l'ai vu que trop peu cet après-midi. J'ai passé mon temps avec sa famille, et j'ai eu la sensation d'avoir retrouvé la mienne.
Je ne peux pas dire que je le regrette totalement : je ne suis pas réellement apte à me concentrer quand il est si près de moi. Être seule avec sa famille m'a bizarrement fait me sentir bien. Alice est un amour, comme je l'avais pressentie. Jasper est égal à l'homme que j'ai rencontré au Plaza et, Emmett me fait penser à Leah, en homme.
Seule Rosalie apporte de l'ombre à ce tableau idyllique. Cette femme m'a à peine regardé -et salué- quand elle est revenue chez Edward avec Chloé -qui est une petite fille aussi adorable que sa mère. Je ne suis pas la plus à l'aise devant le regard perçant de Rosalie qui me dévisage sans cesse. Finalement, j'ai décidé de l'ignorer le reste de la journée mais cette situation ne me met pas à l'aise.
Ce qu'Edward me raconte d'elle me fait du bien… Je ne sais pas quoi penser d'elle. Elle est froide, presque malaisante mais j'imagine que lorsqu'elle aura compris que je ne suis pas un danger pour Edward, ou pour qui que ce soit, elle finira par cesser d'être aussi coincée.
La main d'Edward atteint mon visage, me reconnectant à la réalité dans laquelle son corps est tout -trop- près du mien.
Pendant quelques secondes, on se dévisage, puis quelque chose change.
Je crois que, à l'instant, c'est quelque chose en moi qui change. L'intensité me fait trembler quand je comprends que, désormais, tout a changé, réellement.
Je ne sais pas ce que nous sommes... mais je veux le savoir. Je veux comprendre.
Mes pensées se mêlent alors que son regard glisse sur mon visage dans une caresse silencieuse.
Je n'entends brutalement plus les conversations dans la pièce d'à côté. Je n'entends que les battements de mon cœur qui s'accélèrent par l'intimité que dégage notre position, et la façon dont son regard me transperce.
J'aime ce que je ressens quand je suis près de lui. Je ne peux plus lutter contre mais, surtout, je veux me battre pour.
Pendant un instant, un court instant, je ne pense qu'au fait que je ne veux pas quitter la chaleur de son regard, et la douceur avec laquelle il glisse une mèche de cheveux derrière mon oreille.
- On rejoint les autres ? reprend Edward après un silence apaisant.
- Oui.
Sa proximité est toujours aussi perturbante, et intense. Mon cœur s'accélère brutalement quand je prends conscience que la seule chose que je veux, maintenant, à l'instant, c'est être plus proche de lui encore.
Ses yeux où l'incertitude mêlée au désir brille font s'accélérer mon souffle et trembler mes mains sans même qu'il ne me touche.
Quand mon regard tombe sur sa bouche, je ne peux plus prétendre ne pas le vouloir ; ne pas le vouloir au point d'être incapable de penser, de voir autre chose que ça, que lui. Je veux l'embrasser. Je veux me perdre dans le désir qu'il provoque en moi, et en prendre toute la mesure. Je le veux, réellement, du plus profond de mon ventre. J'ai la sensation de l'avoir toujours voulu.
Son regard brulant ne quitte pas le mien quand je m'avance d'un pas, collant mon corps au sien.
C'est moi. C'est mon geste, mon envie, mon initiative. Je dois le faire. Je veux le faire. Je veux qu'il comprenne à quel point tout ça me bouleverse et me donne la sensation d'être pleinement vivante.
Je cesse alors de penser et fais la seule chose dont j'ai réellement envie depuis des semaines : je me hisse sur la pointe des pieds et pose enfin ma bouche sur la sienne.
Ça n'est qu'un effleurement, pourtant, tout le désir que je ressens pour lui explose de manière brutale, presque douloureuse.
J'ai du mal à savoir comment réagir quand sa main glisse dans ma nuque pour me maintenir contre lui lorsque je veux reculer, ne sachant plus si ce que je fais est bien, ou si je franchis bien trop de limites.
Son regard n'a pas quitté le mien de toute la manœuvre, et le désir qui y brille me tue. Ses yeux maintenant assombris sondent les miens plusieurs secondes avant qu'il ne serre les dents, faisant sursauter mon cœur.
Puis l'effleurement recommence.
Cette fois, c'est lui qui m'embrasse doucement, soupirant contre mes lèvres alors que je suis secouée d'une vague de frissons incontrôlables.
Je tente de sourire doucement quand il se recule à peine une seconde plus tard, mais je suis incapable de paraitre légère alors que tout en moi s'affole de manière violente. Le désir boue dans mes veines, et je n'ai de cesse de sentir la brûlure de la caresse de bouche sur la mienne… J'avais raison… c'est vertigineux.
Sa main revient caresser ma joue, alors que le sourire presque invisible revient éclairer son visage parfait, illuminant son regard où un désir profond brille, augmentant la pression en moi. Les rires éclatent dans le salon, me reconnectant difficilement avec la réalité : celle où sa famille est juste là, à coté.
- On devrait rejoindre les autres, finis-je par dire après quelques secondes où l'on se dévisage avec une intensité inédite.
Il hoche la tête, puis, après un instant encore, noue ses doigts aux miens pour m'entrainer à sa suite.
Quand nous regagnons le salon et sa famille assise autour de la table basse, j'ai du mal à penser à autre chose que l'envie qui m'a dévorée et que je n'ai su combattre… désormais, je veux recommencer. Pour de vrai… à jamais. C'est fou non ? Comment un simple effleurement peut-il me mettre dans un état de léthargie pareil ? J'ai l'impression déboussolante d'être totalement déconnectée de la réalité, de flotter au-dessus de mon corps, incapable de redevenir une personne sensée et normale ? Qu'en sera-t-il quand il m'embrassera pour de vrai ? Quand il… non, je ne préfère même pas y penser !
- Tonton ! s'écrit Chloé en se relevant du canapé pour courir jusqu'à nous quand elle nous aperçoit.
- Dis-moi que tu as mangé toutes les olives ! supplie Edward en attrapant sa nièce pour la prendre dans ses bras, lâchant ma main dans son geste.
- Presque tout, promet-elle dans un grand sourire.
Elle balaye ses longs cheveux bruns de sa main avant de me jeter un regard et de me sourire grandement.
Ses yeux aciers ont l'air de pouvoir lire en moi aussi facilement que dans un livre. Je n'ai rien contre les enfants, au contraire, je les ai toujours trouvés mignons mais, cette enfant, je la trouve extraordinaire. Depuis son retour avec Rosalie au milieu de la matinée, elle me parle comme si j'étais déjà un membre de sa famille. J'ai même la sensation qu'elle me connait depuis des années.
- Un problème avec les olives ?
Edward m'adresse un regard lumineux, la petite toujours contre lui.
- Une guerre effroyable.
Chloé lève les yeux au ciel en riant.
- Tonton en a peur, lâche-t-elle en se penchant vers moi, comme si ce dernier ne pouvait pas l'entendre.
- Je n'en ai pas peur ! se défend-il en reportant son regard sur sa nièce. Je les déteste !
- Il en a peur, confirme Emmett assis sur le canapé.
Je ne peux que rire, à l'instar du reste de sa famille.
- Ne crois pas un mot de ce qu'ils diront sur moi ce soir, reprend Edward en regardant noir l'ensemble des personnes dans le salon, ce qui provoque des rires, à nouveau.
On s'installe dans le canapé alors que je souris encore, maintenant plus détendue. Edward prend place à mon côté, avant de me ramener contre lui d'un bas autour de mes hanches. Son geste fait s'accélérer mon cœur malgré moi alors que son visage se tourne vers le mien. Son sourire est franc, rassurant. Mes peurs me semblent alors tellement, tellement dérisoires ! Son regard clair s'illumine d'autant plus quand je lui souris doucement après avoir inspiré lentement. Je suis heureuse d'être ici, d'être venue, d'avoir osée. Vraiment heureuse.
- Quand je serai grande je vais m'épouser avec tonton ! me déclare fièrement Chloé au milieu de l'apéritif.
- Oh ! Vraiment ?
Elle hoche la tête avec force et souris grandement, créant une jolie fossette au milieu de sa joue droite.
- Ma robe sera rose, me précise-t-elle résolument. Et elle tournera comme ça !
Je l'observe tourner à côté de la table basse, le sourire aux lèvres. Sa jolie robe bleu nuit flotte autour d'elle, lui donnant l'air d'une princesse.
- Tu seras merveilleuse, c'est certain !
- Tu viendras ? m'interroge-t-elle en revenant vers moi.
- Si tu m'invites oui, avec plaisir !
Ma réponse la fait sourire encore plus avant qu'elle ne décide de venir s'installer sur mes genoux.
- Chérie, n'embête pas Bella !
- Ce n'est rien Alice, souris-je en gardant Chloé contre moi. Elle ne m'embête pas du tout.
On échange un sourire avec Alice, ma réponse à l'air de lui faire plaisir. C'est étrange, j'ai la sensation de la connaitre depuis longtemps, alors que cela fait seulement depuis le matin que nous nous connaissons réellement. De bien des manières, elle me fait penser à Angela.
Un instant, je sens le regard d'Edward bruler mon visage mais je l'ignore volontairement, tentant de rester de marbre et être assez concentrée sur Chloé qui m'explique comment elle a dit à sa copine Betti qu'elles ne pouvaient plus être amie si cette dernière lui piquait sans cesse son amoureux.
- Comment il s'appelle ton amoureux ? m'intéressé-je alors que les conversations tournent autour du dernier match de football Américain.
- Arthur, m'apprend-elle fièrement. On se tient la main.
- Tu as de la chance ! J'espère que Arthur est gentil avec toi.
Elle hoche la tête puis observe Edward, qui, une nouvelle fois, a les yeux rivés sur nous.
- Je crois que tonton n'aime pas que je parle de mon amoureux, murmure-t-elle à voix basse après un instant.
- Il doit avoir peur que tu ne l'épouse pas, me moqué-je quand Edward lève les yeux au ciel.
Il y a un court silence où Chloé réfléchit à toutes vitesses.
- Et toi ? Tu voudras m'épouser tonton ? demande-t-elle finalement.
Bordel.
Je me sens rougir furieusement. J'adore les enfants, vraiment. Mais je déteste la façon dont ils disent tout ce qu'ils pensent sans aucun filtre...
- Je... et bien je...
- Respire Bella, se moque Emmett assis en face de moi.
- Allez princesse ! intervient Jasper après une seconde à me voir peine comme rarement. Viens par ici !
- Mais papa... Bella...
- Tu ne veux pas manger d'autres olives ? propose-t-il dans un sourire qui sent déjà la victoire.
La petite saute de mes genoux avant même que je ne puisse respirer.
J'ose jeter un regard à Edward qui, le sourire aux lèvres, m'observe en avalant la fin de sa coupe de champagne. J'ai presque envie de lui tirer la langue tant je me sens idiote. Ça n'est qu'une enfant ! Pourquoi ai-je besoin de réagir si violemment pour tout ce qui le concerne ?
- J'aurai adoré voir quelle réponse tu allais dire, souffle Edward en se penchant vers moi alors que les conversations reprennent autour de nous.
La façon dont ses yeux brillent me donne le tournis. Je tente de repousser ce que sa proximité me fait ressentir mais j'en suis incapable. Son visage est si près du mien qu'il me faut quelques secondes pour réussir à articuler un mot.
- Tu... tu deviens présomptueux.
Ma réponse le fait éclater de rire, ce qui me fait rougir, à nouveau. Son bras, qui n'a pas bougé d'autour de moi, me rapproche un peu plus de lui, collant sa cuisse à la mienne.
Quelque chose de léger et d'incroyablement intense flotte dans son regard ce soir. Est-ce ma présence ici ? Notre petit intermède dans la cuisine ? Je donnerai tout pour pouvoir lire le fond de sa pensée, et savoir ce qu'il se passe exactement en moi, et en lui à l'instant.
- Alors... c'est quoi cette aversion aux olives ? demandé-je distraitement pour réussir à canaliser les battements de mon cœur au simple souvenir de sa bouche contre la mienne.
- Moi vivant, je ne raconterai jamais ça.
Sa réaction me fit rire, ce qui fait briller ses yeux.
- Même à moi ?
- Surtout à toi.
Sa main libre dégage à nouveau une mèche de mon visage avant d'effleurer ma mâchoire d'un geste lent.
- Les tourtereaux ? D'autre champagne ? demande Jasper, interrompant ma contemplation divine.
- Volontiers !
J'ai vraiment besoin d'une distraction avant que mon désir pour lui ne me fasse imploser.
Pendant plusieurs minutes, je tente de me concentrer sur la conversation autour de moi, qui tourne autour du garage à Emmett et Rosalie, mais je n'arrive pas à ignorer le regard d'Edward qui revient sans cesse sur moi et qui a l'air de me réchauffer le corps entier dans de longues vagues de désir.
Après un moment, je finis tout de même par le regarder, accrochant son regard où flotte un tas d'émotions qui me noue la gorge.
- Quoi ? demandé-je de ma voix la plus neutre, tentant de ne pas trembler.
- Rien, répond-il dans un léger sourire.
Le reste de l'apéritif, j'ai du mal à décrocher les yeux de son visage.
Plusieurs fois ses doigts dessinent distraitement des arabesques sur ma hanche, accentuant le désir flottant en moi, et autour de nous. Je ne peux pas le nier, il est là, sur ma peau frissonnante, dans mes doigts tremblants, dans mon souffle qui se coupe malgré moi chaque fois qu'Edward rit.
À la fin du repas, j'ai la sensation d'étouffer.
Voilà des semaines que je connais Edward. Des semaines que le désir que je ressens pour lui ne fait que s'accroitre, et, ce soir, j'ai la sensation qu'il prend toute la place en moi, ne me laissant plus respirer sereinement. Il est presque une heure du matin, mais je n'ai pas vu la soirée passée. La nouvelle année a commencé et, avec elle, une nouvelle certitude est née en moi : je veux vivre tout ce qu'Edward a à m'offrir. Le vivre pleinement, quoi que cela soit.
Je remonte la couverture sur Chloé qui s'est endormi dans le canapé pendant que les autres finissent de débarrasser la table et caresse sa joue distraitement.
Elle est belle, vraiment belle. Ses traits sont fins, son nez légèrement retroussé et un léger sourire étire sa bouche quand elle sent ma caresse.
Je finis par jeter un coup d'œil circulaire à la pièce, cherchant Edward des yeux un instant avant de deviner sa silhouette sur la terrasse, sa carrure se dessinant au milieu des lumières de la ville.
Je m'avance silencieusement vers la baie, comme attiré par lui sans pouvoir lutter contre. Mon vertige brule cependant mon ventre quand je m'arrête devant la baie ouverte, m'empêchant d'avancer plus. La peur me tétanise légèrement et j'inspire profondément en reportant toute mon attention sur l'homme devant moi qui, me tournant le dos, s'abime dans la contemplation de la vie qui s'étale gracieusement devant lui.
- Tu vas rester planté là à me regarder ? murmure la voix rauque d'Edward après plusieurs secondes, me faisant sursauter.
Surprise, je me sens rougir légèrement alors qu'il se tourne vers moi, un sourire aux lèvres.
- Tu es très beau.
Je me sens rougir à nouveau d'oser dire une telle chose avant de soupirer. Je suis ridicule ! Il secoue la tête dans un léger sourire, comme si je racontais des bêtises, puis revient vers moi pour me tendre la main quand il arrive à ma hauteur.
Toute la soirée, tout le repas, ça n'a été que ça : il m'a effleuré, caressé sans même sembler s'en rendre compte.
Toute la soirée, j'ai savouré chaque geste, chaque souffle, chaque rire en me disant que j'ai rarement été aussi bien avec qui que ce soit. Me l'avoue me fait presque mal… je n'ai jamais ressentit ça. Jamais.
Le cœur battant, je m'avance pour attraper la douceur qu'il me tend, restant tout de même dans l'encadrement de la baie. J'ai la sensation que je suis incapable d'aller plus loin.
Quand nos doigts se mêlent, je lutte pour ne pas fermer les yeux devant l'apaisement que je ressens dans mon corps entier. Il fait bon. La température extérieure est tellement agréable que j'ai du mal à croire que nous sommes la nuit du nouvel an.
- Tu es fatiguée ? demande-t-il en repoussant mes cheveux du bout des doigts par-dessus mon épaule, faisant frissonner ma peau.
- Je... un peu, avoué-je le souffle court.
- Je pense qu'on ne va pas tarder à aller se coucher. Tu vas pouvoir aller dormir.
Je hoche la tête lentement, luttant contre mon envie de lui dire que, ce soir, j'ai plus envie de me blottir davantage contre lui que de dormir.
Une question me trotte en tête mais, à l'instant ou j'ouvre la bouche pour parler, Edward tire sur nos doigts liés pour m'entrainer avec lui sur la terrasse.
- Edward… murmuré-je, soudain tétanisé par les lumières autour de nous et la peur qui revient plus fort.
- Respire, chuchote-t-il dans un sourire confiant. Fais-moi confiance.
J'avale difficilement ma salive, incapable de rester de marbre face à la peur qui me broie le ventre sans ménagement.
Au milieu de la terrasse, mon cœur bat la chamade et l'envie de vomir qui enserre ma gorge me donne envie de le supplier de cesser de bouger.
- Ne me lâche pas, paniqué-je quand je le sens légèrement s'éloigner.
Son corps revient contre le mien la seconde suivante, anéantissant mon souffle face à ce que sa chaleur provoque en moi.
- Jamais, promet-il d'une voix sérieuse.
Mon ventre se noue, mais, cette fois, ça n'est pas mon vertige. C'est lui… juste lui. Ses mots, sa présence, sa chaleur… c'est la profondeur de son regard et la tension qui remonte vivement en moi quand ses mains lâchent les miennes, remontent le long de mes bras puis de mes épaules pour atteindre ma nuque dans un geste lent, accélérant mon cœur.
Il n'y a plus de ville autour de nous, plus de hauteur et tout, tout à part lui disparait quand il se penche vers moi pour effleurer mon nez du sien et qu'il ferme les yeux, ses doigts faisant pression contre ma nuque pour m'approcher un peu plus de lui.
Mes paupières se ferment lentement, me laissant seulement savourer le désir, l'envie que je ressens de me fondre en lui et qui domine brutalement tout le reste.
Plus rien au monde ne compte alors que ça, que lui.
Puis, tremblante, je me redresse sur la pointe des pieds et mes lèvres se posent sur les siennes.
Mon contact provoque une plainte qui s'étrangle dans sa gorge, alors que mon cœur loupe plusieurs battements. Ca ressemble à une explosion. Une délicieuse explosion.
Sa bouche est douce, brulante, légère et pourtant impétueuse, avide. Je m'accroche à sa veste de costume en m'entendant gémir quand je nous sens bouger et que son corps s'appui contre le mien, me poussant contre la rambarde de la terrasse. J'ai la sensation vertigineuse de m'enfoncer tout entière dans de la lave bouillante quand Edward approfondit notre baiser, laissant libre court à son désir de s'exprimer alors qu'il grogne contre ma langue, me faisant totalement perdre pieds.
Mes doigts s'enfoncent dans son costume quand je me rends compte à quel point mon désir pour lui dépasse absolument tout ce que j'ai pu vivre par le passé.
Je veux que ce baiser ne s'arrête jamais.
Je veux que cet homme m'embrasse pour toujours comme il le fait à l'instant.
Je tire légèrement sur sa veste de costume, le rapprochant davantage de mon corps. Je me fou de ma peur. Je me fou du vide. Je me fou de tout, totalement. Je le sens légèrement sourire contre ma bouche quand il s'appuie un peu plus contre contre moi, me faisant prendre la mesure de tout ce que ce baiser provoque entre nous.
Il n'y a plus de barrières. Plus de limites, plus de contrats, plus de clients, plus de soirée de lancement. Il y a lui, et moi. Edward et Isabella, s'embrassant sur le toit de cette immeuble beaucoup, beaucoup trop haut.
Son pouce caresse ma mâchoire, me faisant trembler davantage. Tout me semble alors tellement évident… tellement dérisoire. Je n'ai pas d'explication, et je n'en veux pas. Je veux vivre tout ce qu'il a à me donner.
J'ai envie de me fondre en lui, physiquement. J'ai envie de ressentir encore plus fort cette façon qu'il à de me désirer, de m'embrasser, de me maintenir fermement contre lui, empêchant la moindre fuite : qu'il se rassure, je n'en ai aucune intention... plus maintenant, plus jamais.
Quand ses mains entourent mon visage avec douceur alors que son baiser se calme lentement, j'ai la sensation d'être la chose la plus précieuse de sa vie.
A bout de souffle, je finis par m'écarter pour poser mon front contre le sien et savourer le désir qui boue dans mon corps et me fait mal tant il est puissant et dévastateur.
- Je rêve de t'embrasser depuis des semaines, souffle-t-il d'une voix rauque qui me fait frissonner de la tête aux pieds.
Sa bouche effleure la mienne à nouveau, avant que son nez ne caresse le mien lentement.
- Je… je marche à deux à l'heure, arrivé-je à dire idiotement, la respiration courte.
Un léger rire le secoue, me faisant rouvrir les yeux. Son regard est sombre malgré la lumière puissante de la ville autour, d'une profondeur inédite et mon souffle se coupe. Personne avant lui ne m'a regardé comme ça… personne.
- Je sais m'adapter, se contente-t-il de répondre sérieusement, le souffle rapide.
Il est parfait... il est... vertigineux.
Mes doigts tremblants remontent à son visage et caressent sa mâchoire taillée comme à coups de serpe, faisant naitre lentement un sourire qui fait brûler mon corps entier. C'est celui qui est presque invisible. Celui qui fait sursauter mon cœur et qui me donne la sensation d'être aussi importante pour lui qu'il l'est pour moi.
Hello !
Je sais, on n'est pas vendredi... et je sais, j'ai vraiment du mal avec la ponctualité ^^
J'fais ce que je peux -et visiblement je ne peux pas grand chose- mais j'espère que mon chapitre vous fera me pardonner de mon retard et que vous aurez aimé !
J'vous laisse avant de dire trop de bêtises... En passant, Ed, je t'aime !
Laissez-moi un mot que je sache ce que vous pensez après votre lecture parce que je vais avoir besoin de vraiment beaucoup, beaucoup d'encouragement pour réussir à poster sans avoir trop de retard. (si c'est le cas, ne m'en veuillez pas please !)
J'vous embrasse, à très vite :)
Tied.
