Bonsoir, alors voici un chapitre attendu. Non, pas la petite fiesta d'Halloween mais ce qui devait logiquement se produire avant selon moi : quelqu'un comprend enfin pour Harry et Ginny et c'est... allez lire, rendez-vous à la fin pour vos impressions !

x Petite Licorne Arc en Ciel : Merci, tu vas devoir attendre un chapitre de plus pour le bal et la retenue mais promis ça sera amusant ( et M ! )

Quelques précisions d'usage :

L'univers Harry Potter et ses inspirants personnages appartiennent à JK Rowling bien entendu.

Le Rating M sera justifié pour langage, mention de thèmes difficiles et relations explicites de tous ordres donc homophobes goudebaille !

Autre précision : Chaque chapitre comporte un titre se rapportant à une ou plusieurs chansons ayant un lien avec le chapitre. J'ai beaucoup écouté Deezer durant l'écriture, de tout mais principalement du rock et du métal. Vous trouverez donc une playlist dédiée en suivant ce lien en ôtant les espaces : deezer . page . link / ZXLLLWSaGXfqHtjz7 (ou simplement en tapant le titre de cette histoire) qui sera alimentée au fur et à mesure de la publication.


Chapitre 13 : Drown in my mind

Playlist : Drown in my mind – Story Untold

Poison – Alice Cooper

Poison heart – The Ramones

Hermione fulminait en entrant dans la salle commune des 7e années, ses boucles voletant autour d'elle alors qu'elle se jetait dans le fauteuil à côté de Draco. Elle balança rageusement son sac près d'elle sur le sol et ôta ses chaussures de deux coups de pieds bien placés, avant de se tourner vers le blond qui était paisiblement en train de lire lové dans son fauteuil préféré.

« Draco, quelle bande de connards ! Je suis en retenue le 1er novembre. Et c'est Snape qui me l'a donnée. Et Black qui approuve, sale clébard ! »

Ledit Draco, qui était médusé devant tant d'emportement, leva le nez de son livre de manière parfaitement aristocratique et dit :

« Si tu leur parles de cette façon ...

– Un peu que je leur parle comme ça ! Mais ils vont voir ces enfoirés ! Pas de robe de princesse pour moi pour Halloween ! Je vais leur montrer de quoi je suis capable. »

Draco ne voyait pas très bien en quoi l'absence de robe de princesse allait avec la retenue un jour de congé scolaire, mais il préféra ne pas insister. Il sentait bien que ce n'était pas l'unique raison ayant été capable de mettre son amie dans un état pareil, mais avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, le couple Potter entrait, en trombe, et échangeant des éclats de voix, ne se souciant absolument pas d'un quelconque semblant de discrétion :

« Espèce d'immonde petite salope manipulatrice ! vociférait Potter. Il avait les cheveux encore plus en bataille que d'ordinaire si cela était physiquement possible, et ses yeux émeraude lançaient des éclairs furibonds.

– Mais Harry chéri... »

Encore ces couinements plaintifs. Draco sentit la migraine pointer le bout de ses moustaches. La Gryffondor arborait de belles traînées de mascara le long de ses joues et ses cheveux défaits s'ébouriffaient piteusement. Si Draco avait dû la qualifier en cet instant, il aurait opté pour pathétique. Comme sa robe et ses minauderies.

– Tu m'as drogué, Ginny ! Toi ! Quelle petite... Dégage ! Je ne veux plus te voir ! Estime-toi chanceuse que je ne t'expédie pas à Azkaban ! Après tout ce que tu as fait. Disparais ! »

Ginny s'enfuit, humiliée, sous les yeux de toute la salle commune qui chuchotait. Harry plongea dans le fauteuil à côté d'Hermione et de Draco, balançant ses affaires au sol et repliant ses jambes sous lui instinctivement. Il prit ses cheveux dans ses mains, les ébouriffant encore davantage. Les deux élèves le fixaient en silence. Il finit par les regarder à son tour et dit d'une voix basse qui ressemblait à un grondement d'animal :

« Elle me faisait boire de l'Armortentia. Chaque jour. Dans le verre de jus de citrouille qu'elle me servait le matin. Sale pétasse vicieuse ! »

Il était hors de lui, une puissante aura magique semblait littéralement tourbillonner, ou peut-être était-ce la colère. Ses yeux, vus de plus près, avaient presque viré au noir.

Le regard que lui lançaient les deux élèves assis près de lui confirmaient bien à quel point ce que sa désormais ancienne petite amie avait fait était grave. Passible de sanctions très sévères, d'une peine de prison conséquente et d'un paquet d'autres implications qu'il ne saisissait pas encore dans leur globalité. Que c'était un crime à plus d'un titre.

Hermione fut la première à prendre la parole, et dit, horrifiée : « Ce n'est pas ce que ... » Puis elle s'interrompit, incertaine. Elle ne voulait pas en rajouter, Harry était bien assez accablé.

« Ce que la mère de Voldemort a fait à son père moldu ? Effectivement, encore un fait que ce cher Tom et moi avons en commun ! Fit Harry avec amertume. Je n'aurais jamais cru ça d'elle. Je pensais que je l'aimais sincèrement, qu'elle serait la femme de ma vie, que je l'épouserais et qu'on vivrait heureux pour toujours...Je n'aurais jamais cru qu'elle puisse en arriver à de telles extrémités.»

Draco invoqua des tasses de thé, en tendit une à chacun, et sous leurs yeux interrogateurs, dit simplement : « Bienvenue parmi les vivants pleinement dotés de leurs fonctions cérébrales Potter. Tu nous avais manqué. Aux vivants, santé. »

Harry les regardait, l'air perdu. Il but une gorgée de thé. Puis se tourna vers Hermione.

« Tu... Je ...

– Harry, vas-y, parle. On est là pour écouter.

Il semblait prendre conscience de la manière dont il avait agi depuis son retour à l'école, et même avant. Il regardait Hermione avec une expression terriblement horrifiée, et inquiète. Puis il dit :

– Pardon Mione. Pour tout. Son visage confus trahissait son trouble à l'idée que son amie ne veuille tout simplement plus le voir.

La jeune femme sembla passer par des émotions contradictoires.

L'instant qu'elle avait tant espéré depuis deux ans était arrivé : son meilleur ami souhaitait lui revenir, lui présentait ses excuses pour son comportement et lui demandait de lui pardonner ses erreurs. Tant de fois, elle avait imaginé cette scène dans son esprit ensommeillé, tant de fois elle avait espéré de chevaleresques excuses publiques avec reconnaissance par le menu de tous les torts commis et juré tantôt qu'elle se montrerait magnanime, tantôt qu'elle le laisserait supplier pour avoir la satisfaction de lui refuser son pardon.

Mais en plongeant son regard noisette dans les prunelles vertes inquiètes qui la fixaient silencieusement, celles qu'elle avait vues grandir, qu'elle avait appréciées sans réserve dès l'instant où elles les avait rencontrées, égarées, sur le quai voie 9 ¾ un premier septembre de ce qu'il lui semblait une autre vie, celles d'un jeune homme qu'elle avait aimé et protégé tant de fois au péril de sa vie et sans l'ombre d'une hésitation, elle ne put se résoudre à faire semblant.

Son visage trahissait son trouble, qui fut bientôt chassé par une intense vague de tristesse et d'amour alors qu'elle lui répondait :

« Mais oui je vais te pardonner. Pas instantanément mais ça viendra. Tant que tu redeviens le Harry d'il y a deux ans. Et que tu n'embrasses plus de fille en public comme si tu voulais la bouffer.

– Accordé. Sourit faiblement le jeune homme. Son soulagement était clairement perceptible dans sa voix.

Ils burent une autre gorgée de thé, qui leur fit du bien à tous. Harry ne s'était pas aperçu que sa gorge était devenue aussi sèche dans l'attente de la réponse de sa meilleure amie. Ils restèrent un moment en silence à regarder les flammes. Ce fut la jeune femme qui le rompit :

« Alors, comment est-ce que tu as fini par le découvrir ? Dit Hermione prudemment

– En fait, c'est grâce à une chose que Malefoy a dite. Au fait, salut. Fit le brun en se tournant vers le blond

Hermione et Draco le fixaient avec étonnement, impatients d'entendre la suite.

– Euh...Salut. Enfin je crois.

– Tu te souviens, on travaille en binôme en potions... commença Harry hésitant

– Comment pourrais-je oublier la mine de Harry Grumpy Potter durant ces heures merveilleuses...

– Malefoy...

– Pardon, ta charmante attitude...

– Je l'ai cherché, je suppose. Quoi qu'il en soit, tu as dit plusieurs choses … qui ont résonné en moi. Que cette harpie m'avait ensorcelé. Et puis qu' « Un Malefoy ne raterait jamais un Révélateur aussi élémentaire » J'ai eu du mal à me l'avouer mais c'est vrai. Tu es le meilleur de toute notre année en potions.

Hermione toussa, faussement vexée. Il allait sans dire que l'expression de Draco en cet instant était totalement impayable.

– Oui, meilleur que toi Hermione. De peu, mais il est meilleur, tu ne peux pas le nier. Même toi, tu le disais, alors même que tu … le détestais encore... Quoi qu'il en soit, l'idée a fait du chemin dans ma tête. Alors je suis allé voir la personne la plus experte en potions que je connaissais...

– Tu es allé voir Snape...mais...quand ?

– J'ai demandé une audience après un cours de Défense Contre les Forces du Mal avant le déjeuner. Snape m'a reçu de mauvaise grâce mais a consenti à me donner une liste précise de potions révélatrices à prendre. Je les ai commandées et elles viennent d'arriver par Hibou Express. Elles m'ont coûté les yeux de la tête au passage, je pense que Potionniste est clairement un métier d'avenir.

Les deux autres étudiants sourirent devant l'humour dont il faisait preuve même dans les circonstances les plus sombres comme celles-ci. Il semblait redevenir lentement le Harry d'avant.

– Tu es certain de ce que tu as pris ? Uniquement de l'Armortentia ?

– Non, non, cela va prendre plusieurs analyses sanguines pour déterminer la quantité et les différents types de potions que j'ai ingéré. Apparemment, il s'agit au moins d'un mélange d'une dizaine de substances, pas toutes magiques, des plantes, des drogues moldues. Cela va prendre du temps de détricoter tout ce qu'elle m'a fait consommer sans que je m'en aperçoive.

– Et tu en es purgé ? Est ce que les substances ont encore de l'influence sur toi ? Demanda Hermione avec inquiétude

– Non non, je ne suis pas encore débarrassé du poison. J'en ai pris durant plus d' un an quotidiennement, peut-être plus. Je dois prendre des potions d'Expurgo régulièrement. D'ici quelques semaines, selon Snape. A minima.

Son visage affichait un air sombre à nouveau.

– Est-ce que tu veux venir à Pré au Lard avec nous demain ? Dit Hermione pour changer de sujet

– Je ne sais pas, oui si vous êtes d'accord.

– On te le propose. Bon, je vais me coucher moi. Draco, tu viens ?

– Non, je vais dormir dans mon dortoir ce soir, ça changera. Maintenant que le silence sera revenu...

– Comme tu veux. Bonne nuit les garçons, fit Hermione avec un sourire un peu étrange.


Les lumières du dortoir étaient éteintes depuis longtemps, et Harry ne parvenait pas à dormir. Draco non plus, par extension.

Il finit par lancer un faible : « Tu veux en parler Potter ? », tentant de déceler si le brun avait besoin de calme ou de discuter des événements récents. Il devait être totalement sens dessus dessous, tout son monde, toutes ses croyances et ses rêves avaient été saccagés sans hésitation. Son intégrité physique, sa dignité et une bonne partie de ce qui lui restait d'innocence s'étaient définitivement envolés.

« Non Malefoy, pas ce soir. Une autre fois peut-être.

– Comme tu veux. »

Draco se demanda s'il devait dire autre chose, mais Harry le devança :

« Je veux boire.

– Tu boiras bien assez demain. Essaie de dormir. »

Après un long moment.

« Je suis désolé Malefoy. Pour ton agression.

– Tu n'y peux rien.

– Mais j'aurais pu montrer plus de … Être moins...con, ou un truc comme ça...

– Tu étais bien trop ensorcelé par une minette rousse manipulatrice. Tout le monde peut comprendre ça. »

Après encore un moment :

« Tu es ami avec Hermione alors ?

– Oui. On dirait bien.

– Je vais faire un effort, alors. Je sais qu'après tout, on ne se connaît pas vraiment.

– En effet Potter. Sourit Draco dans le noir

– On pourrait apprendre, après tout, on aime la même fille, alors...

– D'accord, on apprendra à se connaître Potter. »

Draco se retint de faire une petite danse, le moment qu'il attendait depuis longtemps venait de se produire. Il mourrait d'envie de bondir dans son lit, de lui faire un simple câlin de réconfort, ou de le peloter sauvagement sur le champ. Merlin, rien qu'à l'imaginer, le goût de sa peau, l'odeur de ses cheveux et l'éclat vert de ses pupilles troublées, Draco en frissonnait.

Il dut faire preuve d'une incommensurable dose de self contrôle pour rester immobile sous ses draps. Il finit par quitter son dortoir en direction de celui des filles en grommelant vaguement une excuse. Il avait décidé de laisser Potter seul avec ses démons, pour une fois.

Il surprit Hermione dans une posture sans équivoque, le souffle court, les joues brûlantes et la main sous les draps.

« M...Malefoy ? Je croyais que tu dormais avec...enfin... au dortoir.

– Je n'y arrivais pas. Mais je t'en prie, termine ton activité. Je peux t'aider ?

– Non. Je pensais à cette journée.

– Et elle te donne envie de ... ? Merlin, que s'est-il passé ? C'est très grave à mon avis, vu que tu m'appelles à nouveau Malefoy »

Hermione attrapa sa baguette, la posa contre sa tempe, et en sortit un filament. Draco le visionna pendant qu'elle finissait. Il allait enfin peut-être connaître la véritable raison de l'emportement de son amie plus tôt dans la soirée. Le jeune homme termina son visionnage et s'allongea à coté d'elle.

« Eh ben, ça c'est du scoop ! Mon parrain est un sacré pervers, même d'outre tombe ! Il a toujours adoré les petites nées moldues futées et canons... »

Devant le regard clairement furieux de la jeune femme, il déglutit. Certes. Elle en avait pris pour son grade. Et vu son attitude, elle n'allait certainement pas en rester là. Alors, naturellement curieux de la suite des événements, il la questionna :

«Et donc, … tu vas faire quoi ?

– Je vais le faire payer à ces deux connards ! Leur montrer qu'on ne se moque pas d' Hermione Granger impunément. Et que je suis autre chose qu'un rat de bibliothèque qui finira vieille fille entourée de chats ! Ils verront bien demain. Enfin Black. Puisque Snape est un vulgaire portrait.

– Tu ne réponds pas à ma véritable question.

– C'est Black. Il ne me fait rien, c'est juste l'idée qu'a émise Snape, totalement indépendamment de leurs personnes respectives...

– De bien grandes phrases pour une réponse qui n'en est pas une.

– Je vais leur en donner pour leur argent. Je veux pousser Black à s'excuser platement de m'avoir considérée comme une coincée, à reconnaître que je peux aussi être le genre de fille que les hommes veulent. Mais Dark Black ne fera rien si il n'est pas ivre mort ou si il ne s'y sent pas autorisé. Snape par contre...

– C'est un portrait Hermione.

– Je sais bien ! Mais il peut encore influencer Black. Je vais achever de l'énerver demain, avec un peu de chance je le ferai sortir de ses gonds.

– Mais alors tu veux que ce que Snape a décrit arrive ?

– Je suis en manque Draco. C'est si dur de savoir ce que l'on perd une fois qu'on y a goûté. Je pense que sur ce coup Black pourrait être … utile et divertissant. Après tout, c'était l'un des plus célèbres Dom Juan de Poudlard dans le temps.

– Tu parles comme si tu avais une folle expérience. Tu n'as aucune idée de comment gérer un type comme Black. Déjà avant, quand il n'était que Black. Mais alors maintenant, avec la Dark side et tout le bataclan qui va avec, tu vas t'en mordre les doigts...

– Peut-être. Ou peut-être bien que non . Après tout, Snape a sous-entendu qu'il pourrait bien être de ta face à toi de la Lune, alors...

– On verra ça, mais sincèrement j'en serais étonné... Il peut être... fluide sur ses préférences mais je pense qu'il est principalement attiré par les femmes. Tu l'as bien entendu...

– Et toi, tu vas faire quoi alors ? Dit elle en esquivant le sujet

– Pour ?

– Ne fais pas l'innocent Draco Lucius Malefoy. Pas avec moi.

– ...Pourquoi est-ce que tu crois que je suis sorti du dortoir... C'est mal de vouloir sauter sur un hétéro deux secondes après qu'il ait largué son ex copine tarée qui abusait de lui ?

– On est vraiment des cas désespérés tous les deux. Bon, quoi qu'il arrive demain tu me laisses faire et tu ne dis rien.

– Tu commences sérieusement à m'inquiéter. Bonne nuit tarée.

– Bonne nuit pervers. »

Les deux jeunes gens peinèrent à trouver le sommeil. Ils y parvinrent finalement en se représentant de jolis rêves.

Draco, en se voyant déjà dans les bras musclés du petit brun ébouriffé qui cogitait dans le dortoir des garçons en cet instant, passant en revue chaque petit moment passé avec Ginny pour décortiquer ce qui était vrai et ce qui ne constituait qu'un effet des substances qu'il avait ingérées.

Et Hermione, composant une liste de moyens d'excéder Black, puis, lorsqu'elle en vint à bout, élaborant un somptueux scénario dans lequel Snape et Black se mettaient à genoux devant elle, la suppliant de leur accorder ses faveurs, avouant à toute l'école qu'elle n'était, tout compte fait, pas une aspirante vieille fille à chats et qu'au contraire, ils succombaient totalement à ses charmes.

Ce qu'ils ignoraient, c'est que Sirius non plus ne parvenait pas à dormir, la perspective de la retenue lui provoquant des frissons, sans qu'il parvienne à déterminer si il s'agissait de frissons d'excitation ou d'angoisse. Peut-être même qu'ils s'agissait des deux.