Hello, nouveau chapitre qui plaira à ceux et celles qui demandent du pdv de Drago aha, vous verrez... L'histoire se complique !

Enjoy !

-La Fouineuse-


Une fois de retour dans la salle commune des Préfets-en-Chef, Hermione se dirigea droit vers sa chambre avec l'intention de relire les cours qui seraient enseignés la semaine suivante. Elle croisa Drago, allongé sur le sofa, un livre à la main. Elle décida de l'ignorer, même si elle ressentit un pincement au cœur en voyant son ecchymose à l'œil. Il n'était visiblement pas passé par la case Infirmerie…

Hermione s'arrêta, et poussa un long soupir. Décidément, sa gentillesse la perdra.

Elle sortit sa baguette, fit venir la trousse de premier secours, et fit demi-tour, puis vint se planter devant Malefoy.

« Qu'est-ce que tu crois faire Granger ? demanda ce dernier, méfiant.

- Si tu ne fais rien, ton œil au-beurre-noir va empirer. Laisse-moi faire. »

Elle prit dans la trousse la pommade d'atténuation magique et, en mettant un peu sur ses doigts, leva la main vers l'œil du blond. Ce dernier, réticent, fit un geste de recul. Puis, fermant les yeux, il réavança le visage, et Hermione étala doucement la crème autour de son œil. Drago ne dit rien, mais poussa un léger soupir, et Hermione vit ses traits se détendre au fur et à mesure qu'elle le soignait.

« Voilà, ça va mieux ? » s'enquit-elle en s'essuyant la main.

Drago hocha la tête.

« Non mais franchement, qu'est-ce qui t'es passé par la tête ? fit Hermione, ne tenant plus.

- Comment ça ?

- Il fait une tête de plus que toi, et tu t'es juste dit « Tiens, et si je le provoquais avant de le frapper ? » ?!

- Hermione, tu comprends pas… Ce gars, il me sort par les yeux, c'est viscéral !

- Oui, ça je l'avais compris, figure-toi. Notamment quand tu m'as répété je-ne-sais combien de fois de me méfier de lui.

- Et tu l'as fait ?

- Drago ! C'est mon p-petit-ami, pourquoi veux-tu que je me méfie de lui ?! »

Drago ouvrit la bouche mais la referma aussitôt, avant de grimacer. Hermione le fixa quelques secondes.

« C'est ton Serment, hein ? Drago, je suis pas idiote, il se passe quelque chose, et toi et Erwan êtes impliqués dedans.

- Je… Je ne peux pas te dire… marmonna-t-il entre ses dents, le regard baissé.

- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?! »

Drago pinça les lèvres et ferma les yeux. Pendant deux minutes, aucun des deux ne bougea ni ne prononça un mot, avant que le blond ne rompe le silence :

« Attends, il y a peut-être un moyen ! »

Il se leva précipitamment et disparut dans sa chambre. Il revint quelques secondes après, une plume et un parchemin à la main.

« On m'a interdit d'en parler. Mais peut-être pas de l'écrire… » fit-il en commençant à gribouiller un mot.

Seulement, après quelques lettres, il poussa un cri de douleur, et Hermione vit des entailles se former sur le dessus de sa main. Elle poussa une exclamation, et vit les traits de Drago se tordre de douleur pendant que les coupures disparaissaient, ne laissant apparentes que les marques du Serment.

« Bon, je n'ai rien dit, je ne peux même pas l'écrire…

- Et… Tu peux répondre à des questions, à partir du moment où tu ne dis que Oui ou Non ?

- Tu penses bien que si l'on m'a interdit à la fois d'en parler et d'écrire dessus, on s'est aussi attardé sur ce détail là… Mais merde ! explosa-t-il en envoyant valser une table basse. Bordel, je vais devoir passer les prochains mois enfermé dans mes pensées sans pouvoir en parler à personne ?! »

Hermione prit un air compatissant, avant de se figer, les yeux fixes.

« Drago…

- Quoi ?

- Tes pensées ! Il suffit que tu me laisses entrer dans ta tête ! s'exclama-t-elle, soulagée.

- Hors de questions. »

L'enthousiasme d'Hermione retomba face aux traits durs du Serpentard.

« Mais… pourquoi ?

- Parce que, Granger. C'est comme ça. »

Sans lui laisser le temps de répliquer, il partit vers sa chambre et s'enferma, laissant une Gryffondor abasourdie et complètement perdue.

Seulement, elle refusa de s'avouer vaincue. Elle le vit disparaître dans sa chambre avec un sourire en coin, puis regagna la sienne. Elle s'assit sur son lit, en tailleur, et ferma les yeux pour mieux se concentrer. Elle prit de profondes respirations, et tenta de se projeter dans l'esprit de Drago. Petit à petit, minute après minute, elle parvint à toucher les limites de l'esprit du Serpentard. Seulement, à peine l'eut-elle effleuré qu'elle se heurta à une barrière infranchissable. Le choc lui fit rouvrir les yeux, et elle perdit sa concentration. Alors comme ça, tu sais défendre ton esprit, Malefoy ? Attends un peu !

Elle se concentra de nouveau, pendant plusieurs minutes. Elle sentait l'esprit de Drago, dans la pièce à côté. Sous ses paupières fermées, elle vit petit à petit un flou coloré apparaître. Fière de cette avancée, elle se concentra davantage, et d'un coup, l'image devint nette. Mais ce qu'elle vit était loin de tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Elle se regardait dans un miroir, entièrement nue. Seulement, ce n'était pas son corps, mais bien celui du blond ! Ce dernier se regardait, un sourire moqueur sur le visage.

Choquée, elle se retira immédiatement et rouvrit les yeux, la respiration coupée.

« Alors Granger, comme ça, ça veut entrer dans mon esprit ?

- Sale psychopathe, t'étais obligé de me montrer ça ?!

- Oh, Granger, calme-toi. Qui s'y frotte s'y pique, comme on dit, non ?

- T'es qu'un… Un… Raah !

- Un enculé ? Oui Granger, même si tu ne le dis pas je l'ai entendu.

- Va te faire voir ! »

Elle se concentra de toutes ses forces pour ériger une barrière mentale, fixant un coin de son bureau et y consacrant toute son attention. Elle n'entendit plus le blond et, encore passablement sous le choc de sa vision, se changea et se mit au lit.

OoOoO

« Tu sais, tu n'es pas si stupide que ça. »

Hermione se retourna brusquement, et vit à quelques mètres d'elle Drago, qui arborait son sempiternel sourire en coin.

« Aurais-tu l'amabilité de m'expliquer le fond de ta pensée, monsieur l'exhibitionniste ?

- Oh, allons, tu m'en veux encore pour ça ? C'est la seule chose à laquelle j'ai pensé qui aurait pu te faire renoncer à sonder mes pensées. C'est vrai que tu ne devais pas t'y attendre…

Je te le fais pas dire…

- Oui, je sais, répondit-il. Oh, fais pas cette tête Granger, on est dans ton esprit, alors j'entends toutes tes pensées aussi clairement que si tu les disais à haute voix. Ou que tu me les criais.

- D'accord, d'accord, alors dis-moi pourquoi consacre-tu ton sommeil à venir ruiner le mien ?

- Oh, parce que comme je le disais, tu n'es pas si stupide que ça. Seulement, Granger, je pensais t'avoir bien fait comprendre qu'il était hors de question que tu entres dans ma tête.

- Je sais mais… Ecoute Drago, il faut que tu me dises ce qu'il se passe. Je… Je pourrais t'aider.

- Personne ne le peut. » répliqua-t-il en se détournant.

Hermione lui lança un regard compatissant, avant de s'approcher de lui.

« S'il-te-plaît… Il suffira que tu me caches ce que tu ne veux pas que je voie… D'accord ? »

Drago leva les yeux, et croisa son regard suppliant. Pendant quelques minutes, ils se fixèrent, sans rien dire, puis Drago finit par pousser un profond soupir.

« D'accord. Réveille-toi, attends quelques minutes, et retente d'entrer dans ma tête . »

Hermione le vit disparaître, et se sentit elle aussi aspirée. Tout devint noir, et elle rouvrit les yeux, allongée dans son lit.

Elle se redressa, repensant à ce qu'elle venait de voir. Bon, quelques minutes, quelques minutes…

Elle tourna la tête, et vit son bouquin sur sa table de nuit. Elle prit le temps d'en lire un chapitre entier puis, décidant que c'était suffisant, se rassit correctement et ferma les yeux.

OoOoO

« Drago, mon chéri, viens-là s'il-te-plaît… »

Drago leva la tête de son roman, se demandant ce que sa mère pouvait bien lui vouloir. Après tout, depuis que son père avait été emprisonné, elle était tombée dans une sorte de léthargie, et passait ses journées à ruminer sur son défunt mari et la renommée brisée de leur nom de famille…

« Qu'y a-t-il, mère ?

- Viens t'asseoir, s'il-te-plaît. »

Drago, en traversant le salon, vit deux hommes habillés en sombre près de la fenêtre. Leurs larges capuches empêchaient de distinguer leurs traits, mais Drago eut la sensation de se retrouver entourés, une nouvelle fois de Mangemorts…

« Qui êtes-vous, et que faites-vous chez moi ? s'enquit-il, plus durement qu'il ne l'aurait voulu.

- Tu n'as rien à dire Malefoy, cette maison est à ta mère. »

Le sorcier sortit sa baguette et fit s'asseoir brutalement Drago dans un siège.

« Mère, qu'avez-vous fait… Qui sont-ils ?!

- Mon chéri, ton père… »

La voix de Narcissa se brisa à l'évocation de son mari.

« Ton père est mort, tu le sais, n'est-ce-pas ? »

Drago hocha la tête, n'ayant aucune idée d'où tout ça le mènerait.

« Il était… l'incarnation des Malefoy, il les représentait, même quand nous n'étions pas… les favoris, grimaça-t-elle en prononçant le dernier mot. Mon chéri, tu dois comprendre que depuis des générations, les Malefoy règnent parmi les sangs-purs et qu-…

- Mère, sans vouloir vous paraître irrespectueux, je n'en ai absolument plus rien à foutre des sang-purs et des nés-moldus. »

L'un des deux hommes agita sa baguette, et Drago sentit son souffle se couper, incapable de reprendre sa respiration. Il mit ses mains autour de son cou, cherchait à reprendre un peu d'air. Bientôt, il vit de petits points noirs danser devant ses yeux, qui commencèrent à se révulser. C'est à ce moment que le sorcier abaissa sa baguette, et Drago s'effondra au sol en toussant violemment.

« Voyons, Fenwick, calmez vos ardeurs ! plaisanta l'autre sorcier dont la voix trahissait son sourire malsain.

- M-Mèr-… Mère… balbutia Drago tant bien que mal.

- Drago, tu dois comprendre que je fais ça pour ton bien, lâcha-t-elle calmement, le regard fixé sur la droite.

- P-Pour mon b-bien ?! C'est qu-quoi cette hist-toire ?!

- Fenwick est venu me voir un soir, et il m'a appris quelque chose qui a su me redonner espoir ! s'exclama Narcissa d'une voix aigüe, les yeux brillant d'excitation. Mon chéri, j'ai retrouvé le moyen de redorer notre nom ! Notre blason ! Et notre sang !

- Qu'est-ce que… » commença Drago, de plus en plus inquiet de la tournure des événements.

Sa mère se leva et l'aida à se relever puis à se rasseoir sur le canapé.

« Mon chéri, nous allons de nouveau pouvoir servir une juste cause ! Tu te rends compte ?! »

Narcissa avait planté ses yeux dans ceux de son fils, qui dorénavant avait la certitude que soit sa mère avait été envoûtée, soit elle était devenue complètement folle à lier. Mais se souvenant encore des effets du sortilège d'Etouffement, il ne vit pas comme pertinent de l'exprimer à voix haute…

« Mère, je vous en supplie, partons d'ici, je vous en supplie, venez avec moi, partons loin de ces… sorciers, Mère, je vous en supplie ! gémit-il tout bas.

- Partir… Partir ? Mais Drago, je n'en ai aucune envie ! Et toi non plus ! Tu vas rester nous aider, mon chéri, tu veux bien ?

- Si je veux vous aider ? Je ne sais même pas en quoi consiste votre… cause, comme vous l'appelez !

- Oh, c'est très simple, répondit Fenwick. Il y a des années, bien avant l'ascension de Voldemort, un sorcier nommé Grindelwald a voulu rétablir un peu… d'ordre, dans la communauté des sorciers et des moldus. »

Drago, à l'évocation du célèbre mage noir, vit l'autre sorcier baisser la tête soudainement.

« Or, continua Fenwick, il se trouve qu'il fut vaincu par nulle autre que son âme-sœur. Dumbledore était le seul homme capable de le vaincre, et il l'a fait. Et Grindelwald s'est retrouvé enfermé en 1945 à Nurmengard, qu'il avait lui-même érigée pour y enfermer ses opposants. Et les livres racontent maintenant que cinq décennies plus tard, en 1998, il-…

- A été tué, le coupa Drago. Par Voldemort, oui je sais. Tout le monde le sait.

- Bien, je te félicite Drago ! Enfin non, disons que je ne te félicite qu'à moitié. Car, tu n'as pas entièrement raison.

- Comment ça… ? demanda Drago en fronçant les sourcils, méfiant de la suite.

- Eh bien, vois-tu, Voldemort, dans sa quête de pouvoir, a voulu savoir où se trouvait la Baguette de Sureau, car il savait que c'était l'unique objet permettant de régner sur le monde, et qui était assez puissant pour vaincre toutes les autres baguettes et formes de magie. Or, ce que tout le monde aime à dire, c'est que Grindelwald, dans son… amour du pouvoir, a refusé de le lui révéler, et que Voldemort a laissé libre cours à sa fureur en le tuant. »

Drago, voyant où il voulait en venir, sentit son cœur rater un battement.

« Or, comme tu as dû le deviner, ce n'est pas vrai. Grindelwald n'est pas mort ce jour-là. Voldemort a bel et bien essayé de le tuer, mais pas avant d'avoir fouillé son esprit. D'où crois-tu que Voldemort savait que le sang de licorne maintenait un homme en vie ? D'où penses-tu qu'il a appris les propriétés extraordinaires de la Pierre Philosophale ? Et d'où a-t-il tiré autant de connaissances sur les horcruxes ? Oui Drago, tu t'en doutes bien. Si Voldemort a été aussi efficace dans son ascension à l'immortalité, c'est parce qu'il a eu un bon maître. Mais, comme je te disais, il a essayé de le tuer après. Et était persuadé d'avoir réussi. »

Drago fit tout son possible pour conserver un masque impassible, mais il sentait l'angoisse le gagner progressivement.

« Drago, mon chéri, tu comprends ? Nous avons une seconde chance ! » s'exclama sa mère en lui prenant les mains, fébrilement.

Drago, incapable de prononcer le moindre mot, se contenta de regarder sa mère qui était dans un état d'agitation presque angoissant. Il ne l'avait jamais vue comme cela depuis… Très longtemps.

« Mais que… Qu'est-ce que vous attendez de moi, au juste ? parvint-il à dire, tout en sachant pertinemment la réponse.

- Mais pas grand-chose, mon cher. Nous savons que, sous les services de Voldemort, tu as… échoué à exécuter la tâche qu'il t'avait confiée. Mais ne t'en fais pas, nous le savons. Et c'est pour cela que le Lord t'as assigné une tâche tout autre : tu devras simplement retourner faire ta dernière année de scolarité à Poudlard.

- Attendez… c'est quoi cette histoire ? Rien de plus ?! s'exclama Drago, perdu.

- Oh non, ne t'inquiètes pas. Non, tu devras seulement nous faire part de temps en temps des événements qui se passeront là-bas, et également couvrir un de tes frères afin de l'aider au mieux dans la tâche qui lui est confiée.

- Un de mes… Un de.. Hein ?!

- Nous sommes une famille dorénavant, Drago. Nous sommes tous liés par une même cause, un même objectif : redonner au monde sorcier sa juste place. Pour le plus grand bien. »

Drago, cette fois, ne put s'empêcher de tiquer. Il sentit le sang se retirer de son visage, et comprit alors tous les enjeux de ce qu'il se passait. Il savait ce qu'il devait faire. Il ferma les yeux, et prit une grande respiration.

« Très bien, écoutez, vous êtes peut-être tous… frères, ou je sais pas, mais j'ai déjà été sous le joug d'un demeuré, et il est HORS DE QUESTION que ça recommence, est-ce que c'est clair ?! » explosa-t-il.

Sans attendre la monnaie de sa pièce, il sortit rapidement sa baguette dans l'intention de transplaner chez son meilleur ami, qui lui, saurait le conseiller et l'aider. Seulement, c'était sans compter la rapidité de Fenwick. Ce dernier brandit sa baguette, et immobilisa le Serpentard. Le faisant léviter, il l'amena devant lui.

« Parce que tu as cru que tu avais le choix ? » lâcha-t-il sinistrement.

D'un geste, il lui fit lever la main et la saisit. Il commença ensuite à formuler les incantations que Drago reconnut comme celles du Serment Inviolable. Incapable de bouger et de parler, il assista, impuissant, à la formation des filaments qui lui brûlaient la main.

« Jure-tu de faire ce que l'on te dira ? » demanda l'autre sorcier.

Fenwick agita sa baguette, et Drago s'entendit dire, incapable de contrôler ses mots :

« Je le jure.

- Jure-tu de servir notre cause ?

- Je le jure.

- Jure-tu de faire tout ce qui est en ton pouvoir pour aider ton frère dans la réussite de sa mission ?

- Je le jure.

- Et jure-tu de n'informer personne de ta mission et de la cause que tu sers ?

- Je le jure. »

Au grand soulagement du blond, les filaments argentés du Serment s'évanouirent en fumée, et le blond retira vivement sa main. Il réalisait à peine ce dans quoi il s'était embarqué, mais était sûr d'une chose : s'ils avaient réussi à le faire obéir et servir leur cause, ce ne serait jamais de son fait, et dès qu'il le pourrait, il ferait tout son possible pour les éradiquer, et tuer leur « Lord ». Il espérait seulement qu'il ne s'agissait pas, comme il le pensait, de Grindelwald, parce que les choses seraient nettement plus compliquées…

Le décor s'évanouit, et une foule de souvenirs, comme des flashs, apparaissaient et disparaissaient tout autour d'elle. Sur l'un d'eux, elle crut voir Erwan, et immédiatement, elle voulut se diriger vers lui mais Drago le sentit et érigea immédiatement un mur pour l'en empêcher. Hermione se sentit projetée en arrière et, soudainement, fut arrachée de l'esprit du blond.

Elle mit plusieurs secondes à revenir à la réalité, la tête pleine des images qu'elle avait vues. Une bande de dégénérés s'était mis en tête de faire revenir au pouvoir un des plus grands mages noirs que la Terre ait portés, dans le but d'amener une domination sorcière sur les moldus ? Et ce, pour le plus grand bien ?! Et Drago avait fini par être impliqué dedans.

En revanche, ce que son cerveau peinait à imaginer, c'est qu'il n'était pas le seul de leur groupe à espionner au sein du château. Drago devait aider son « frère » à réussir une mission. Quelle était cette tâche ?

Peut-être que Drago le sait ?

Hermione se leva précipitamment, enfila un gilet par-dessus son T-shirt, et se dirigea vers la chambre du blond. Ce dernier, comme s'il avait prévu qu'elle vienne, avait ouvert la porte et était assis contre son lit, à-même le sol. Il ne tourna même pas la tête lorsqu'elle arriva et qu'elle s'assit à côté de lui.

« Tu dois penser que je suis un monstre… D'abord avec Voldemort, et ensuite avec un autre timbré… » murmura-t-il d'une voix brisée.

Hermione ne répondit pas, ne sachant tout bonnement pas que répondre. A la place, elle pencha doucement la tête et vint la poser sur l'épaule du blond. Elle sentit ce dernier frémir à son contact, mais il ne chercha pas à se retirer.

« Tu n'as pas eu le choix, Drago.

- Peut-être que si. Si j'avais compris dès le début, si j'avais pas hésité à sortir ma baguette, si j'étais parti dès que j'avais compris, si j'avais tenté de les attaquer, si-…

- Drago, stop. Pourquoi pas refaire le monde, tant qu'on y est ? plaisanta-t-elle à demi-voix. Non, honnêtement, tu as fait ce que n'importe qui aurait fait. Tu as voulu sauver ta mère, et surtout tu as tenu tête à ces crétins, tu as refusé de les aider.

- Ça faisait déjà quelques semaines que je voyais des gens traîner autour du Manoir et de ma mère. Au début, j'ai pensé qu'ils étaient des anciens Mangemorts cherchant à fuir les Aurors en se cachant dans leur ancien QG, ce qui est profondément stupide, je sais. Mais je savais pas quoi en penser… Si j'avais su. Si j'avais su qu'en descendant de ma chambre, ce jour-là, je serais autant dans la merde, j'aurais simplement continué mon chapitre et j'aurais pu finir la partie sur l'attaque des Uruk-haïs contre Aragorn et Legolas, plaisanta-t-il.

- Tu lisais le Seigneur des Anneaux ?

- Ben oui, j'adore ce bouquin ! »

Hermione ne répondit pas, mais sourit en pensant à Drago lisant un bouquin moldu.

« Je suis un monstre, Hermione.

- Oh, tais-toi, tu dis n'importe quoi.

- Je déconne pas ! Je suis non seulement un monstre, mais aussi un raté ! J'ai été incapable de tuer Dumbledore il y a deux ans, et là j-… »

Il ne finit pas sa phrase, et Hermione choisit de ne pas insister plus. Il lui dirait bien un jour, après tout. La scène dans le salon de Drago ne cessait repasser en boucle dans sa tête et, même si elle se questionnait sur l'identité de ce « frère », également présent à Poudlard, une petite voix dans sa tête lui murmurait un prénom en particulier…

« Drago… ? fit-elle timidement.

- Hm ?

- Tu… Le frère que tu dois aider, il s'ap-…

- Hermione, non. Je t'en ai déjà trop montré, et je ne sais d'ailleurs même pas comment c'est possible. »

Hermione fit la moue.

- J'y ai un peu pensé justement, répondit-elle, et je me suis dit que… Ne le prends pas mal, mais que te connaissant tu ne laisserais jamais personne entrer dans ton esprit. » finit-elle doucement, le regard perdu dans ses pensées.

Drago la dévisagea quelques secondes, sans un mot.

« Oui… Tu as raison, ce n'est pas quelque chose que je ferai avec n'importe qui. Seulement, tu sais que tu n'es pas n'importe qui, Granger, sourit-il.

- Ah bon ? fit-elle malicieusement en lui rendant son sourire.

- Bien sûr que non, tu n'as jamais été n'importe qui, pour moi. » dit-il tout bas.

Hermione ne put alors s'empêcher de rougir. Le blond ne dit rien de plus, et le silence régna quelques minutes.

Sachant qu'aucun des deux ne parviendrait à se rendormir, et que manifestement Drago ne lui en dirait pas plus, Hermione lui demanda :

« Dis-moi, ça te dirait de continuer notre partie du Seigneur des Anneaux sur la Xbox ? »

Elle vit le regard du blond s'illuminer, et sentit son cœur faire un bond lorsqu'un sourire enfantin se dessina sur ses lèvres.

« On verra lequel de nous deux ramasse le plus de pièces, cette fois-ci ! » s'exclama-t-il en se précipitant dans leur salle commune.

Hermione leva les yeux au ciel en souriant, et décida de le suivre.

OoOoO

Il était plus de sept heures du matin lorsqu'ils éteignirent la Xbox, encore souriants de leurs parties en coop. Hermione se rassit sur le canapé, à côté de Drago, et étouffa un bâillement.

« Tu veux aller te coucher ? s'enquit Drago.

- Hmm, oui… » souffla-t-elle en fermant les yeux et en laissant tomber sa tête sur l'épaule de Drago.

Ce dernier eut un infime tressaillement, mais la laissa faire. Ils restèrent ainsi quelques minutes, et Drago sentit que la brune avait fini par réellement s'endormir sur son épaule. Il commençait à ressentir quelques crampes à force de rester comme cela et, le plus délicatement possible, il s'extirpa du canapé et rallongea Hermione dessus. Cette dernière poussa un profond soupir mais ne se réveilla pas.

Le blond l'observa pendant plusieurs minutes, comme essayant de capter chacun de ses traits, chaque rayon de soleil capturé par ses mèches brunes rebelles. Il sentit un sourire s'installer progressivement sur ses lèvres, et à mesure qu'il la regardait, un sentiment de calme l'envahit.

Soudain, quelque toqua à la porte, rompant le charme du moment. Hermione sursauta et sembla perdue l'espace de quelques secondes.

Drago maugréa en se dirigeant vers la porte, avec l'intention de renvoyer celui ou celle qui avait osé troubler cet instant. Seulement, quand il vit qu'il s'agissait d'Erwan, son agacement se transforma en véritable colère. Il serra les poings pour s'empêcher de lui envoyer un coup de poing en pleine figure, histoire qu'ils soient quitte pour son œil.

« Qu'est-ce que tu veux ? gronda-t-il.

- Pas toi déjà. Je viens voir Hermione.

- Il est sept heures du matin, crétin ! Et on n'a pas cours !

- Toi non, mais Hermione a promis de… me donner des cours particuliers, si tu vois ce que je veux dire, sourit Erwan avec un sourire en coin.

- Mais t'es con ou tu le fais exprès ? Il est SEPT HEURES DU MATIN ! Et tu sais parfaitement qu'Hermione ne donnerait jamais ce genre de cours, et encore moins à un triple abruti comme toi ! s'emporta Drago.

- Tiens, on l'appelle Hermione maintenant ? Je croyais que tu la détestais… lâcha Erwan, intrigué.

- Je te jure que si tu lui fais du mal… menaça Drago à voix basse.

- Non, tu sais pertinemment que jamais je ne la blesserai, fit Erwan en faisant mine d'être outré. Après tout, elle fait partie de la famille… »

Drago le plaqua contre le mur, et lui lança un regard furieux.

« Si jamais tu…

- Drago, ça va aller. » fit une voix derrière lui.

Il se retourna et vit Hermione, son sac de cours à la main.

« Salut Erwan ! le salua-t-elle.

- Bonjour 'Mione ! Tu pourrais demander à ton bulldog de se tirer de là, s'il-te-plaît ? »

Hermione leva les yeux au ciel et souffla un coup.

« Erwan, commence pas. Drago, tu peux me laisser passer, s'il-te-plaît ? »

Ce dernier hésita quelques secondes, avant de s'écarter. Hermione, en passant, lui lança un sourire avant de saisir la main d'Erwan. Drago les regarda s'éloigner, les mains entrelacées, avant qu'ils ne disparaissent au détour d'un couloir. Il soupira, puis referma le portrait.


Voilà, alors, vos avis ?

A la semaine prochaine !

-La Fouineuse-